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La derni√®re danse de la lune : Chapitre 1 : Elisa

la derniere danse de la lune

 

Elisa marchait le long de la plage de sable fin tout en chantonnant son air pr√©f√©r√© : « Wonderful life » du chanteur Black.
Une bien jolie chanson qui √©tait tout √† fait en ad√©quation avec ce moment de pur bonheur qu’elle √©tait en train de savourer sans se soucier du temps qui passe.

Ce fameux temps qui nous fait tant d√©faut dans notre monde moderne actuel et qui nous emp√™che d’appr√©cier les joies simples de la vie.
Elisa avait conscience qu’elle avait beaucoup de chance d’√™tre ici ; seule au monde (enfin presque) et loin de tout.

Elle avait enfin r√©alis√© son r√™ve : celui de se promener bien tranquillement sur cette immense plage d√©serte car jamais, auparavant elle n’aurait cru cela possible et pourtant c’√©tait bel et bien r√©el et ce pour son plus grand plaisir.
Et comme le disait si bien la chanson : la vie est merveilleuse !

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Elle se souvenait encore de son inoubliable p√©riple en catamaran avant de d√©barquer ici sur cette jolie petite √ģle qui portait le nom de « Diamond » en raison de la puret√© de son lagon et de son sable si blanc.

La veille, elle se trouvait √† Bambousya (un village touristique et baln√©aire de la c√īte ouest de l’√ģle Epic√©a) dans un charmant h√ītel-restaurant, le « Paradise Beach » situ√© en bordure de mer avec un acc√®s direct sur une plage priv√©e.

L’h√ītel disposait de 40 chambres √©quip√©es de la climatisation, minibar, t√©l√©phone, ect, sans oublier l’acc√®s gratuit √† internet, ce qui n’√©tait pas n√©gligeable √©tant donn√© qu’Elisa avait du mal √† vivre sans son smartphone ou sa tablette.
Mais pas pour aujourd’hui o√Ļ elle avait bien volontiers ranger toutes ces technologies modernes dans le placard de sa chambre afin de profiter pleinement de ce moment de libert√© et d’√©vasion !

Et puis de toute fa√ßon, la petite √ģle « Diamond » √©tait situ√©e dans une zone blanche donc il n’y avait pas de r√©seau internet et encore moins de wifi.

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Le « Paradise Beach » proposait diverses activit√©s tels que : Golf, bodyboard, Planche √† voile, Kayak , Voile, Sentier de randonn√©e √† pied ou √† bicyclette, Parachutisme ascensionnel, Cours de golf y compris des excursions en bateau (catamaran ou grands voiliers) tout autour de la c√īte, vers de magnifiques √ģlots.

Son Guide touristique qui s’appelait Philippo lui avait d√©crit qu’il y avait pr√®s d’une centaine de petits √ģlots dont certains √©taient proches de la c√īte et d’autres plus loin et plus difficiles d’acc√®s et que quelques-uns d’entre eux seulement √©taient des r√©serves naturelles avec une faune end√©mique exceptionnelle o√Ļ l’on pouvait y croiser quelques sp√©cimens d’animaux tout en se baladant.

Leurs eaux cristallines √©taient id√©ales pour y faire de la plong√©e en apn√©e ou encore du scooter sous-marin avait-il pr√©cis√©. Plusieurs activit√©s s’offraient aux touristes s’ils le d√©siraient car tout √©tait possible selon lui si l’on souhaitait r√©aliser un r√™ve bien pr√©cis.

D’ailleurs, il lui avait fortement conseill√© de visiter l’un d’entre eux : « Diamond », r√©put√© pour √™tre plus au calme car moins fr√©quent√© et qui d’apr√®s lui √©tait un v√©ritable paradis terrestre qu’elle ne serait pas pr√®s d’oublier et que l’occasion ne se pr√©senterait pas deux fois si elle voulait en avoir plein la vue et vivre enfin une aventure extraordinaire √† la Robinson Cruso√©.
En effet, un bien joli programme en perspective…

Elisa avait donc fait son choix : elle avait opt√© pour deux jours et une nuit √† Diamond en incluant les d√©jeuners/d√ģners, pique-niques, barbecues y compris quelques activit√©s telles que : Kayak, plong√©e sous-marine dans l’oc√©an Pacifique, farnientes et balades dans l’√ģlot inhabit√©.

Le p√©riple s’effectuerait en catamaran de croisi√®re priv√©e en compagnie de son Guide Philippo qui serait le navigateur.
Mais ce qui l’enthousiasmait le plus dans toute cette exp√©dition de r√™ve √©tait de dormir une nuit dans une cabane qui se trouvait en haut d’une montagne, au coeur de la for√™t luxuriante de Diamond et √† quelques m√®tres d’une chute d’eau qui portait le nom du « Voile de la Mari√©e » et qui d’apr√®s son Guide √©tait d’une beaut√© exceptionnelle √† couper le souffle.

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Et voici qu’elle √©tait en train de marcher sur cette magnifique plage de sable fin qui ressemblait √† de la poudre de diamant tellement son √©clat √©tait intense et d’un blanc immacul√©.
Diamond portait vraiment bien son nom ! Tout √©tait sublime ici. Un vrai paysage de carte postale et d’un calme olympien…

Le soleil √©tait √† son z√©nith, il lui mordait la peau mais qu’importe puisqu’elle avait pris le soin de bien s’enduir le corps et le visage de protection solaire qui sentait agr√©ablement bon la fleur de Tiar√©.
De plus, elle portait une casquette et par dessus son maillot de bain deux pièces, une tunique de plage en voile soyeux de couleur bleue ciel, agrémentée de manches courtes chauve-souris joliment fendues sur les épaules.

Cette tenue fluide et a√©rienne √©tait bien appropri√©e √† la chaleur intense d’aujourd’hui.
Et pour ne pas d√©plaire, il y avait m√™me une l√©g√®re brise qui venait lui caresser le visage, les cheveux ; ce qui rendait agr√©able sa marche, sous le soleil ardent de cette belle matin√©e de ce samedi 26 Ao√Ľt 2015.

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Cela faisait d√©j√† une bonne vingtaine de minutes qu’elle se promenait tranquillement sur cette plage et pas un seul chat √† l’horizon.
Son Guide Philippo ne lui avait pas menti ; cette petite √ģle √©tait encore m√©connue des touristes car difficile d’acc√®s et seuls les insulaires et les guides exp√©riment√©s tel que lui pouvaient conna√ģtre cet endroit b√©ni des Dieux !

Elisa ne regrettait vraiment pas cette excursion ; elle se sentait bien ici, elle était heureuse et parfaitement en osmose avec la nature.

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Philippo ne tarderait pas √† la rejoindre, il √©tait rest√© sur le catamaran qui √©tait amarr√© non loin d’ici afin d’y prendre quelques √©quipements pour cette nuit et ramener le repas et les boissons pour le d√©jeuner de ce midi.

Le menu pr√©vu par le restaurant de l’H√ītel √©tait des plus all√©chants :

РSalade de crudités variées et sambos au poisson,
– Langoustes grill√©es au beurre d’ail accompagn√©es de riz blanc, de curry de courgettes et d’aubergines avec du bon pili-pili (piment). Et pour terminer ce repas, en guise de dessert : Des bananes flamb√©es au Rhum des √ģles avec boules de glace au coco. Un vrai festin !

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Elisa avait h√Ęte de d√©jeuner car elle commen√ßait √† avoir faim.
Elle regarda sa montre bracelet waterproof qui avait √©t√© d’une tr√®s grande √©tanch√©it√© lorsqu’elle avait fait de la plong√©e sous-marine il y a une heure de temps d√©j√†, en compagnie de son Guide.

Il était 10H55.
Elle s’arr√™ta un instant, se retourna, mit sa main en visi√®re √† cause du soleil √©blouissant et regarda au loin.
Elle avait d√Ľ beaucoup marcher car elle ne voyait plus du tout le catamaran. Mais que pouvait bien faire Philippo ? Il n’√©tait toujours pas revenu la rejoindre.

Sans doute qu’elle s’inqui√©tait pour rien. Il n’allait plus tarder √† pr√©sent alors en attendant son retour, Elisa d√©cida de faire une petite halte ici.
Elle d√©posa son sac de plage qu’elle portait en bandouli√®re puis en extirpa une grande serviette qu’elle √©tala sur le sable chaud.
Avant de s’allonger dessus, elle fouilla √† nouveau dans celui-√ßi et en sortit une petite bouteille d’eau dont elle but quelques gorg√©es qui la d√©salt√©r√®rent aussit√īt tellement c’√©tait bien frais.

Jamais elle n’aurait pu faire ce petit voyage sans son fid√®le sac de plage. En effet, il y avait pas mal de choses qu’elle avait transport√©es √† l’int√©rieur : une petite glaci√®re isotherme souple contenant trois petites bouteilles d’eau glac√©es et une canette de jus d’orange Minute Maid, un paquet d’une dizaine de petits pains aux raisins qu’elle avait achet√© ce matin √† la p√Ętisserie de l’H√ītel, ses tennis pour la promenade de tout √† l’heure dans la for√™t tropicale de Diamond pour y voir « le voile de la mari√©e », sa grande serviette √©ponge et une autre plus petite pour s’essuyer apr√®s ses baignades, un maillot de bain une pi√®ce de couleur bleu marine, des v√™tements de rechange, un gros tube de cr√®me solaire, une trousse de toilette et sans oublier sa grosse lampe de poche √©tanche pour ce soir.

Et pour je ne sais quelle raison, elle avait aussi pr√©vu d’emmener avec elle, un briquet offert par l’h√ītel (non pas qu’elle fumait, bien au contraire mais juste au cas o√Ļ) ainsi que son couteau Suisse 21 pi√®ces multifonctions ultra compact que son p√®re lui avait offert pour son anniversaire, il y a 6 mois de √ßa et qu’elle avait dissimul√© dans un mouchoir en tissu fleuri afin de le prot√©ger des intemp√©ries. Un accessoire id√©al pour les d√©placements en ext√©rieur lui avait-il soulign√©. Elle le revoyait encore en train de lui rab√Ęcher, dans un large sourire :

« Et surtout ne te d√©place jamais sans lui, il pourrait t’√™tre utile et ce √† n’importe quelle occasion. C’est un couteau magique qui te simplifiera la vie…Je t’assure Elisa ! Prends en bien soin »

Et elle lui répondait invariablement :

« Oui, d’accord Papa c’est not√© ! Je le garderai bien pr√©cieusement avec moi et je l’emm√®nerai partout o√Ļ j’irais… »

Et c’est ce qu’elle avait fait aujourd’hui.
De toute fa√ßon ses parents lui avaient appris √† devenir une personne tr√®s pr√©voyante et ce depuis sa plus tendre enfance alors disons que c’√©tait presque inn√© chez elle de se d√©placer avec pas mal de choses dans son sac afin de ne rien manquer.

Et comme disait un certain proverbe : « Mieux vaut trop que pas assez ».
C’est pourquoi, m√™me si son guide √©tait chevronn√© dans son domaine et qu’il avait tout pr√©vu pour ces deux jours, elle pr√©f√©rait faire confiance √† son instinct.

Quoique pour l’instant tout allait pour le mieux ; pas le moindre nuage en vu, au sens propre comme au sens figur√©.
Tout s’√©tait parfaitement bien d√©roul√© jusqu’√† pr√©sent ; alors aucune inqui√©tude √† avoir se dit Elisa en esquissant un demi-sourire.

****

Allong√©e sur sa serviette, sa casquette √† visi√®re lui couvrant le visage ; Elisa ferma les paupi√®res et commen√ßa √† s’endormir tout en √©coutant paisiblement le doux murmure du vent et le ressac incessant de la mer.
Et le temps s’√©coula, s’√©grena…
Elisa venait de s’assoupir et n’avait pas vu le temps passer…

Il était déjà 12H15.

****

Soudain, des petites gouttes d’eau froides lui tomb√®rent sur la jambe et le pied droit.
Oh non ! Se pourrait-il qu’il pleuve ?? Pourtant il faisait un temps si radieux !
Que c’√©tait d√©sagr√©able ! Si bien qu’Elisa commen√ßa √† se r√©veiller peu √† peu.

Elle retira sa casquette qui lui bouchait la vue puis avec effroi et stup√©faction vit une jeune femme qui se tenait l√†, debout juste √† c√īt√© d’elle, le dos l√©g√®rement courb√© en avant avec de longs cheveux noirs √©parses et d√©goulinants d’eau…

La jeune femme grelottait de froid ; sans doute d√Ľ √† cause de l’humidit√© de ses v√™tements qui lui collaient √† la peau.
Elle avait le visage tuméfié avec un énorme bleu violacé sur le front et des traces de griffures sur la joue gauche.
Un petit filet de sang lui coulait le long de la narine droite jusqu’au menton et ses grands yeux noirs √©taient rougis par des larmes incessantes.

Elle portait un t-shirt blanc cass√©, d√©chir√© √† l’encolure et t√Ęch√© d’aur√©oles de sang d√©lav√© au niveau du ventre. Son bermuda bleu ciel √©tait macul√© de traces de sang comme si elle s’√©tait essuy√© les mains dessus quant √† ses baskets, on ne distinguait plus vraiment leurs couleurs tellement elles √©taient sales.

Elle √©tait vraiment dans un piteux √©tat et n’arr√™tait pas de pleurer.
Elisa se redressa rapidement √† l’aide de ses coudes et se mit debout face √† la jeune femme puis lui demanda :

« Que vous est-il arriv√©e ? vous √™tes bless√©e…qui vous a fait √ßa ? »

« J’√©tais dans la montagne l√†-bas, avec mon mari et… »

La jeune femme renifla puis d’un revers de main essuya le petit √©coulement de sang qui lui sortait de sa narine droite. Les mots ne sortaient plus de sa bouche et elle semblait t√©tanis√©e alors Elisa s’approcha davantage d’elle et lui pressa gentiment l’√©paule pour l’encourager √† parler.

« Continuez, je vous prie…Que s’est-il pass√© ? »

La jeune femme cessa de pleurer et dit d’une voix √©teinte :

« On √©tait dans cette for√™t l√†-bas… »

Elle désigna du doigt une étendue de verdure luxuriante qui se trouvait au loin, juste après la plage.

« J’√©tais en train de pr√©parer des sandwichs. On se trouvait pr√®s de notre cabane. Mon mari discutait avec notre Guide Batisto et je coupai du pain. Soudain, j’ai vu un homme qui venait vers nous. Il √©tait sorti de nulle part et il avait l’air tr√®s mena√ßant. J’ai cri√© tr√®s fort pour avertir mon mari et Batisto mais subitement je ne sais pas pourquoi notre Guide s’en ait pris √† mon mari. Il le battait tellement fort qu’il s’est retrouv√© par terre. Batisto n’arr√™tait pas de lui taper dessus sans fin. Oh mon Dieu ! mon pauvre mari ! Je le voyais qu’il souffrait mais j’√©tais impuissante, incapable de l’aider. J’√©tais terrifi√©e. Subitement, l’autre homme s’est retrouv√© pr√®s de moi. Je ne l’avais pas vu venir car j’√©tais pr√©occup√©e par mon mari. J’ai tent√© de m’enfuir mais il m’a rattrap√©. Ensuite, il n’a pas arr√™t√© de me battre ; il me donnait de violent coups sur tout le corps mais le pire fut lorsqu’il me donna un violent coup de poing au front. Je pense que j’ai d√Ľ m’√©vanouir car je ne me souviens plus de rien. je ne sais plus ce qui s’est pass√© en ce qui concerne mon mari. Et je…. »

La jeune femme s’arr√™ta de parler. Des larmes lui coulaient √† nouveau le long de ses joues et tout son corps √©tait secou√© de tremblements tellement elle devait avoir froid mais malgr√© le choc qu’elle avait subi, elle continua son histoire :

« Lorsque j’ai repris connaissance et que je me suis relev√©, j’ai vu √† nouveau cet inconnu qui m’avait frapp√©. Il riait avec notre Guide mais par contre je ne voyais plus nulle part mon mari. J’avais tr√®s mal √† la t√™te. Je titubais puis √† un moment donn√© j’ai vu par terre mon couteau de cuisine alors je m’en suis vite empar√© et je l’ai cach√© derri√®re mon dos. C’est alors que Batisto s’est avanc√© vers moi. Il n’arr√™tait pas de rire puis il m’a dit qu’il avait tu√© mon mari et qu’il avait ador√© lui faire du mal. Il me disait que mon Mari avait cri√© comme une gonzesse. Ce sont ses propres mots. Cette ordure me d√©bitait √ßa avec le plus grand m√©pris alors comme j’avais beaucoup de haine √† ce moment l√† et qu’il se rapprochait de plus en plus de moi, je n’ai pas h√©sit√©, je me suis jet√©e sur lui et je lui ai enfonc√© le couteau dans le ventre, au plus profond que j’ai pu puis je l’ai vite retir√© pour le garder avec moi. Il a cri√© tr√®s fort et ensuite il est tomb√© par terre. L’autre type a vu son acolyte au sol et il a couru vers moi. J’√©tais effray√©e. J’ai tent√© de me sauver mais il a finit par me rattraper et il m’a donn√© une grande gifle. J’avais tr√®s mal mais je ne sais comment et par quel miracle j’ai r√©ussi √† lui donner un coup de pied dans les parties. C’est √† ce moment l√† que j’ai vite ramass√© le couteau que j’avais perdu et lorsqu’il s’est approch√© √† nouveau de moi, je le lui ai enfonc√© dans la poitrine. L’homme criait de rage et il m’insultait en me regardant d’un air mena√ßant. Puis il a retir√© le couteau qui √©tait toujours plant√© dans sa poitrine et l’a jet√© par terre. Il y avait une grosse t√Ęche de sang sur son t-shirt. Je me souviens ensuite qu’il m’avait menac√© en me disant qu’il reviendrait me tuer puis il a couru et a disparu dans la for√™t. Depuis, je ne l’ai plus jamais revu. Je ne sais pas ce qu’il est devenu mais j’aurais voulu qu’il meurt … »

Elisa en avait la chair de poule. Ce que venait de vivre cette jeune femme était insoutenable.

« Mon Dieu ! Mais c’est terrible ce que vous venez de vivre ! C’est inimaginable ! Je suis vraiment d√©sol√©e. Et qu’est devenu votre Mari ? Et ce guide qui l’avait battu ? »

La jeune femme continua son histoire :

« Lorsque cet homme qui m’avait frapp√© s’est sauv√©, j’ai essay√© de rechercher Batisto car je ne le voyais plus nulle part alors je suis all√©e vers la chute d’eau qui se trouve √† quelques m√®tres des deux cabanes. C’est l√† que je l’ai revu. Il rampait tout pr√®s du bassin de la cascade. Je l’ai vu se redresser et marcher avec difficult√© vers l’avant de la for√™t ; il voulait sans doute s’enfuir lui aussi comme l’avait fait son acolyte, alors sans h√©siter, je me suis pr√©cipit√© vers lui et je l’ai violemment pouss√© dans le bassin. Il est tomb√© dedans et lorsque je me suis rapproch√©, j’ai vu qu’il se d√©battait dans l’eau pendant un certain temps puis plus rien. J’ai constat√© alors qu’il √©tait mort. »

Elisa n’en revenait toujours pas. Quelle √©pouvantable histoire !!

« Et donc ce Batisto s’est noy√© dans ce bassin. Mais en ce qui concerne votre mari ? qu’est-il devenu ? »

« Mon mari est mort et je… »

« Mon Dieu ! ce n’est pas possible ! Mais o√Ļ l’avez-vous retrouv√© ? » dit Elisa totalement affar√©e.

« Je l’ai cherch√© partout et j’ai fini par tomber sur une de ses baskets que j’ai trouv√© √† c√īt√© d’un ravin, pas tr√®s loin de notre cabane. C’est l√† que j’ai revu mon mari au fond de ce pr√©cipice. Il y avait plein de sang autour de lui…
« Mon Dieu ! mais c’est abominable ! Je suis tellement d√©sol√©e que vous ayez perdu votre mari… »

Elisa √©tait abasourdie par ce qu’elle venait d’entendre. Elle commen√ßait √† avoir de plus en plus peur mais elle ne pouvait pas se permettre de perdre son sang-froid face √† cette jeune femme qui √©tait en √©tat de choc et de d√©tresse. Alors elle se ressaisit et lui demanda :

« Comment vous appelez-vous ? »

« Tamara »

« Moi c’est Elisa. Encore d√©sol√©e Tamara de vous rencontrer ainsi, en de telles circonstances. C’est si triste pour votre mari. Vous √©tiez ici en excursion ? »

« Oui, mon mari Juanes et moi √©tions venus ici pour notre voyage de noces. Je ne comprends pas pourquoi il y a eu tout √ßa. J’ai tout perdu √† cause de ces deux hommes. Ces monstres… »

Elisa n’avait plus de mots et ne savait comment consoler la jeune femme qui avait tellement subi alors elle fouilla dans son sac de plage et en sorti une petite serviette qu’elle tendit √† la jeune femme.

« Tenez, vous devriez vous essuyer. Vous √™tes tremp√©e. Vous devez avoir froid. J’ai aussi des v√™tements de rechange. Vous devriez retirer les v√ītres et enfiler ceci. Je pense qu’elle vous ira »

« Merci. C’est vrai que j’ai froid… »

La jeune femme s’ex√©cuta. Elle retira son t-shirt t√Ęch√© de sang ainsi que son bermuda qu’elle jeta en boule, √† ses pieds. Elle √©tait en petite tenue mais ne semblait pas trop √™tre g√™n√©e devant Elisa. Elle commen√ßa √† s’essuyer fr√©n√©tiquement le corps puis les cheveux.

En la regardant faire, Elisa remarqua qu’elle avait quelques bleus au niveau de la poitrine et des √©paules. Ces individus avaient d√Ľ beaucoup la brutaliser d’o√Ļ l’apparition de ces marques. Cette femme avait vraiment beaucoup souffert mais elle avait r√©ussi √† se d√©fendre face √† ces deux tortionnaires et Elisa trouvait qu’elle avait eu beaucoup de cran et de courage pour se sortir de cet enfer.

Lorsque Tamara eut terminé de se sécher, elle enfila la tunique en voile imprimée de couleur fushia qui ressemblait à celle que portait Elisa à la seule différence du coloris.
En les voyant habill√©es ainsi, on aurait dit deux soeurs jumelles √† part que l’une √©tait blonde √† la peau claire et l’autre brune √† la peau ambr√©e.

« Vous √™tes plus au sec ainsi et la tunique vous va bien » lui dit Elisa. Elle s’approcha de Tamara et lui toucha doucement le front.

« Est-ce que c’est encore douloureux ? »

« Un peu, mais √ßa va. Et je me sens beaucoup mieux dans ce v√™tement. Merci beaucoup Elisa »

« De rien. Et votre nez ? J’ai vu que vous saigniez tout √† l’heure… »

« Non, ce n’est rien. J’ai parfois des saignements de nez et ce depuis mon enfance mais √ßa n’a rien √† voir avec ces sales brutes. Mais √ßa va maintenant, je ne saigne plus du tout »

« Alors je suis rassur√©e »

Elisa avait remarqué que les cheveux de Tamara étaient très emmêlés alors elle lui proposa son peigne à larges dents pour les discipliner.

« Auriez-vous aussi un √©lastique pour que je puisse les attacher ? Je ne les supporte plus comme √ßa » demanda Tamara, tout en coiffant sa longue chevelure √©b√®ne.

« Oui, biens√Ľr »

Elisa fouilla dans sa trousse de toilette et en sorti un chouchou en velours noir.

« Tenez, c’est un chouchou. Je n’ai pas d’√©lastique »

« √ßa ira tr√®s bien. Merci Elisa »

Tamara √©tait en train de nouer ses cheveux en une haute queue de cheval. Coiff√©e ainsi, elle √©tait compl√®tement diff√©rente. Cela lui donnait un air dynamique et encore plus combatif que jamais, pr√™te √† affronter n’importe quel adversaire. Du moins, c’est l’apparence que lui donnait cette nouvelle coiffure. En l’observant dans les d√©tails, Elisa avait encore une question qui lui br√Ľlait les l√®vres ; un √©l√©ment qu’elle n’arrivait pas √† comprendre, alors elle se lan√ßa :

« Je me posais une question Tamara… »

« Oui, allez-y »

« Pourquoi √©tiez-vous toute tremp√©e lorsque vous √™tes venue vers moi ? »

« Heu…Oui c’est vrai, j’ai oubli√© de vous dire. Lorsque j’ai vu mon mari en bas dans le pr√©cipice avec tout ce sang autour de lui, je ne pouvais plus supporter d’avoir le sang de ces sales types sur les mains alors j’ai d√©cid√© d’aller me les laver √† la cascade. En marchant, j’ai aper√ßu mon couteau de cuisine par terre qui √©tait plein de sang alors je l’ai ramass√© puis je me suis dirig√© √† la source de la cascade. Je me suis d’abord lav√© les mains puis j’ai commenc√© √† rincer la lame du couteau. Mais c’est √† ce moment l√† que je n’ai pas fait attention et que j’ai gliss√©. J’ai perdu l’√©quilibre et je suis tomb√©e dans le bassin o√Ļ se trouvait le cadavre de cette ordure de Batisto. Heureusement, j’ai r√©ussi √† me sortir de l√† tant bien que mal car le bassin est tr√®s profond. J’√©tais enti√®rement mouill√©e et je venais de perdre mon couteau alors j’ai voulu quitter cet endroit de malheur au plus vite. Au cours de mon trajet pour retourner √† la plage, j’avais beaucoup transpir√© et je me sentais toute poisseuse et sale, alors lorsque je me suis retrouv√© face √† la mer, j’ai vite retir√© mes baskets et sans r√©fl√©chir je me suis jet√© √† l’eau. Je voulais me laver de toute cette crasse. Et c’est vrai qu’√† un moment donn√©, lorsque je nageais sous l’eau, j’ai repens√© √† mon mari. J’√©tais √† nouveau boulevers√©e et tr√®s en col√®re. Alors j’ai voulu mourir…mais… »

Les yeux de Tamara √©taient embu√©s de larmes qu’elle ne pouvait r√©fr√©ner. Emue par ce qu’elle venait de lui r√©v√©ler, Elisa eut un geste de tendresse envers elle. Elle lui prit les mains et les enserra tout doucement dans les siennes puis constatant qu’elle ne portait pas d’alliance, elle ne pu s’emp√™cher de lui dire :

« Je viens de remarquer que vous ne portez pas d’alliance √† votre doigt ? »

Tamara regarda un instant sa main gauche qui √©tait effectivement d√©nud√©e. Elle resta un instant sans voix comme si elle se sentait fautive puis se remit √† pleurer si bien qu’Elisa regrettait d√©j√† de lui avoir pos√© cette question.

« Vous allez trouver √ßa compl√®tement idiot de ma part mais je vous assure que c’est la v√©rit√©. Lorsque je prends ma douche, j’ai pour habitude de retirer ma bague pour ne pas l’ab√ģmer. Mais cette fois-√ßi j’ai d√Ľ oublier de la remettre √† mon doigt. La bague est donc rest√©e chez nous dans notre maison √† Antin√©a. Biens√Ľr lorsque mon mari et moi sommes venus √† Diamond, je m’en suis aper√ßu mais c’√©tait d√©j√† trop tard. Vous pensez que c’√©tait un mauvais pr√©sage ? C’est vrai maintenant que j’y pense. Comment ai-je pu oublier mon alliance… » dit-elle les yeux noy√©s de larmes.

« Non, Tamara. Ne vous m√©prenez pas. Si je vous ai pos√© cette question, ce n’est pas pour vous accabler. Vous ne devez pas vous sentir coupable par rapport √† cette bague, cela n’a rien √† voir du tout ! C’√©tait juste un oubli. Rien de plus. Ce n’√©tait en aucun cas un mauvais pr√©sage comme vous venez de le dire. Non, rien de cela. Et puis, vous ne pouviez pas pr√©voir ce qui allait se passer sur cette √ģle »

« Je ne sais pas mais tout ce que je sais, c’est que j’ai perdu mon mari… »

« Oui et c’est vraiment tragique ce que vous avez v√©cu mais je vous en prie Tamara, chassez de votre esprit cette histoire de mauvais pr√©sage. Vous n’y √™tes absolument pour rien. Et moi, je suis l√† avec vous. Et je voulais vous dire aussi que lorsque vous m’avez racont√© tout √† l’heure que vous vouliez vous suicider, eh bien, j’ai √©t√© tr√®s √©mue d’apprendre cela. Je suis sinc√®re Tamara. Et sachez une chose, votre mari n’aurait jamais voulu que vous fassiez ce geste. Vous √™tes en vie et c’est tout ce qui compte. Vous m’avez entendu ? Vous √™tes une personne tr√®s forte. Et vous avez tout mon soutien »

« Merci Elisa. Vous √™tes si gentille avec moi. Mais vous savez, c’est gr√Ęce √† vous si je ne suis pas pass√©e √† l’acte »

« Gr√Ęce √† moi ? »

« Oui, gr√Ęce √† vous. Lorsque je nageais sous l’eau et que je suis remont√©e √† la surface pour reprendre une derni√®re fois mon souffle, j’ai remarqu√© au loin une petite t√Ęche bleue sur la plage. Je n’en croyais pas mes yeux alors je suis vite sortie de l’eau, j’ai enfil√© mes baskets et j’ai couru sans m’arr√™ter vers cette t√Ęche. Puis au fur et √† mesure que je m’en rapprochai, j’ai constat√© que c’√©tait bien une personne qui √©tait allong√©e sur une serviette. Et √† partir de ce moment l√†, vous ne pouvez pas savoir √† quel point ce fut une v√©ritable d√©livrance pour moi lorsque je suis tomb√©e sur vous et qui plus est une femme. Je n’aurais sans doute pas eu confiance si j’√©tais tomb√©e sur un homme. C’est pourquoi je tenais √† vous remercier Elisa. Encore merci d’√™tre l√† et de me soutenir »

« Mais c’est tout √† fait normal Tamara. Et je vous soutiendrai encore jusqu’au bout »

****

Elisa jeta un bref coup d’oeil √† sa montre. Il √©tait d√©j√† 13H20.

Les sourcils fronc√©s, elle regarda au loin l’imposante montagne qui se dressait juste apr√®s la plage puis avec une certaine anxi√©t√© dans la voix, s’empressa de dire √† Tamara :

« Je voulais vous demander. En ce qui concerne l’homme qui s’est enfui. Il pourrait revenir ici pour nous faire du mal ? Il doit sans doute nous √©pier au moment m√™me o√Ļ nous parlons. Vous ne pensez pas ? Et si jamais il vous avez suivi ? »

« Non, il ne m’a pas suivi et j’en suis certaine car je n’ai eu de cesse de regarder autour de moi avant de venir sur cette plage »

Pourtant, il y avait quelque-chose qui clochait se dit Elisa dans son for int√©rieur. Une chose qui la tracassait encore. Mais quoi donc ? Soudain elle fut prise de panique. Elle l’avait compl√®tement oubli√©. C’√©tait son Guide Philippo. Mais qu’√©tait-il devenu depuis tout ce temps ??

Avec affolement, elle fit part de son inquiétude à Tamara et sans plus attendre commença à lui raconter le début de son histoire :
« Moi aussi j’√©tais en excursion sur cette √ģle. Mais avant de me retrouver ici √† Diamond, j’√©tais en catamaran avec mon Guide.

C’est lui qui naviguait le bateau et au cours de notre p√©riple, on avait fait de la plong√©e sous-marine ensemble. Ensuite on a d√©barqu√© sur cette plage, il a amarr√© le bateau puis il m’a dit que je pouvais aller me promener un peu plus loin si je le souhaitai pendant qu’il d√©chargerait nos affaires. Je me suis donc balad√© puis j’ai d√©cid√© de m’allonger un peu en l’attendant. Je me suis endormie et vous √™tes apparu. Et depuis notre rencontre, je n’ai plus jamais revu mon Guide qui s’appelle Philippo…Je me dema.. »

Soudain Tamara lui coupa la parole.

« Vous d√ģtes qu’il s’appelait Philippo ? Ce pr√©nom me dit vaguement quelque-chose. C’est encore flou mais il me semble que j’ai entendu ce pr√©nom lorsque j’√©tais √©vanouie. J’entendais des bribes de voix. Oui, j’en suis certaine maintenant. Je me souviens de ce pr√©nom… »

Elisa n’osait y croire. L’id√©e m√™me de penser que Philippo pouvait avoir un lien avec toute cette sordide histoire lui fit dresser les cheveux sur la t√™te. Pour en avoir le coeur net elle posa la question cruciale qui √©clairerait enfin sa lanterne :

« Vous souvenez-vous des v√™tements que cet homme portait ? »

« oui, je m’en souviens clairement » s’empressa de dire Tamara. « Il portait un t-shirt jaune avec une inscription dessus. Attendez, √ßa va me revenir. Oui voil√†, c’√©tait √©crit : Black and White »

Mon Dieu ! c’√©tait donc son Guide Philippo. Elle n’en croyait toujours pas ses oreilles et pourtant c’√©tait bien lui. Il n’y avait plus aucun doute l√†-dessus. Elisa en avait la naus√©e.

« C’est bien lui » dit-elle avec d√©go√Ľt. « C’est mon Guide. Il portait effectivement un t-shirt de cette couleur avec l’inscription que vous venez de mentionner : Black and White. Mon Dieu, et dire que j’avais fait de la plong√©e avec lui. Il semblait si gentil. C’est totalement insens√© ! Mais pourquoi aurait-il fait tout √ßa ? »

« Je ne sais pas. Mais en tous cas, il avait l’air de bien conna√ģtre notre guide Batisto. Je me rappelle encore de leurs satan√©s rires !! Moi aussi je n’aurais jamais cru que notre Guide nous aurait fait du mal. Et comme vous d√ģtes, lui aussi il paraissait √™tre tr√®s gentil. Les apparences sont parfois trompeuses. On croit conna√ģtre une personne mais c’est tout l’inverse et j’en sais quelque-chose. A cause de ces deux hommes, j’ai tout perdu. Finalement, mon mari et moi n’aurions jamais d√Ľ venir sur cette fichue √ģle de malheur. Il serait encore en vie maintenant. Je regrette tellement qu’on soit venus ici ! »

« Vous avez raison Tamara. A cause d’eux, vous avez perdu votre mari. C’est tellement horrible ce que vous avez v√©cu ! Qu’allons nous faire maintenant ? On se retrouve toutes les deux seules sur cette √ģle perdue. Qu’allons-nous devenir ? Qui va venir nous sortir de l√† ? »

« Je ne sais pas Elisa mais on va tout faire pour pouvoir s’en sortir. Et puis heureusement nous sommes deux »

« Oui, c’est vrai mais ce n’est pas rassurant avec ce sale type qui est dans les parages. J’ai quand m√™me peur. Vous auriez un plan en t√™te pour se sortir de cette gal√®re ? »

« Oui j’ai un plan qui pourrait √™tre possible. D√ģtes-moi, quelle heure est-il ? »

Elisa regarda sa montre. Et dire qu’en venant sur cette √ģle, elle se disait qu’elle oublierait les heures qui passent ; eh bien ce n’√©tait plus le cas √† pr√©sent, au contraire le temps √©tait compt√© plus que jamais…

« Il est exactement 14H00 »

« Il faudrait quitter cet endroit au plus vite » dit Tamara.

« Mais pour aller o√Ļ ? »

Tamara regarda la for√™t luxuriante qui √©tait √† environ 3 kilom√®tres de l√† o√Ļ elles se trouvaient puis elle dit :

« Je pense qu’on devrait aller l√†-bas dans la for√™t. Ici on est trop en vue. Et la nuit va vite tomber. En haut de cette montagne, il y a deux cabanes qui se trouvent l’une √† c√īt√© de l’autre. La deuxi√®me qui √©tait juste derri√®re la premi√®re √©tait ferm√©e √† clef car elle √©tait inoccup√©e. Mon mari et moi dormions dans la premi√®re cabane. Ces cabanes sont des sortes de refuge pour les rares touristes qui s√©journent ici. On pourrait vous et moi, s’enfermer √† clef dans la cabane que je connais. Je me souviens que la porte d’entr√©e √©tait rest√©e entrouverte avant que les deux hommes nous attaquent mon mari et moi. Je le sais car j’√©tais en train de pr√©parer des sandwichs et que je faisais des all√©es et venues entre la cabane et l’ext√©rieur. Moi, je ne vois que cette solution pour nous prot√©ger de cet homme »

« Mais o√Ļ se trouve cette clef pour pouvoir s’enfermer dans cette cabane ? »

« Lorsque mon mari et moi dormions dans la cabane, nous nous y enfermions √† clef pendant que Batisto de son c√īt√© dormait sous sa tente √† quelques m√®tres de nous. Je me rappelle que tous les matins, il avait pour habitude de nous r√©clamer √† chaque fois la clef de notre cabane et j’avais remarqu√© qu’il la rangeait toujours dans l’une des poches ext√©rieures de son sac √† dos. Et quand votre guide nous avait agress√©, le sac se trouvait √† l’int√©rieur de notre cabane. Il √©tait pos√© sur la table √† manger. Et je suis certaine qu’il doit toujours y √™tre. Il faudrait absolument mettre la main dessus et r√©cup√©rer la fameuse clef. Et √† ce moment l√†, on serait sauv√©es vous et moi ! Du moins, on serait beaucoup plus en s√©curit√© qu’√† l’ext√©rieur. Je ne vois que cette solution pour l’instant. Ensuite, on verra bien ce qu’on pourra faire pour la suite des √©v√®nements »

« Mais, vous oubliez un d√©tail Tamara ? Et si jamais ce Philippo √©tait revenu sur ses pas pendant que vous √™tes venue sur cette plage ? Il pourrait alors se trouver dans cette cabane et avoir la fameuse clef avec lui ! C’est vraiment trop dangereux et risqu√© d’aller l√†-bas ! »

« Oui c’est vrai que c’est risqu√© ! Mais nous n’avons pas le choix ! On ne peut pas rester ici ind√©finiment. Personne ne viendra nous chercher. Mon mari et moi avions opt√© pour 4 jours d’excursion √† Diamond et depuis notre arriv√©e ici, nous n’y avons dormi que 2 nuits. Alors vous comprendrez que dans l’imm√©diat, personne ne viendra s’inqui√©ter de notre sort. Et en ce qui vous concerne, c’est pareil puisque vous venez √† peine de d√©barquer aujourd’hui sur cette √ģle. Rappelez-moi Elisa, vous deviez s√©journer ici durant combien de jours ? »

« 2 jours et 1 nuit » dit-elle avec amertume.

« Vous voyez bien ! Personne ne viendra nous sauver avant ! Croyez-moi Elisa, il faut absolument rejoindre cette cabane si on veut s’en sortir ! »

Elisa constata avec effroi, qu’effectivement personne ne viendrait les secourir tant que ces jours d’excursions n’auraient pas √©t√© √©coul√©s. Et donc cette nuit promettait d’√™tre longue et angoissante…

« Qu’en pensez-vous Elisa ? Il faut se d√©cider maintenant. Le temps est compt√© ! »

« Vous avez sans doute raison mais c’est effrayant de savoir que ce type est toujours l√† quelque part… »

« Oui, c’est vrai. Mais il est bless√© √† la poitrine et il perdait d√©j√† beaucoup de sang lorsque je l’ai vu s’enfuir. Il est donc en √©tat de faiblesse. Et n’oubliez pas, nous sommes deux ! On a un avantage sur lui ! on pourra mieux se d√©fendre si jamais √ßa tournait mal »

Elisa √©tait tout de m√™me perplexe mais ce que disait Tamara n’√©tait pas d√©nu√© de sens, bien au contraire. En effet, comme elle venait de le souligner √† l’instant, Philippo √©tait bless√© mais elle ne savait pas pourquoi, elle avait tout de m√™me peur de devoir s’aventurer dans cette for√™t.

« Et si on tentait d’aller plut√īt l√† o√Ļ le catamaran est amarr√© ? » dit-elle.

« Surtout pas ! et pour y faire quoi ? Il pourrait m√™me d√©j√† y √™tre pendant que nous discutons. De plus on n’y serait pas √† l’abri vous et moi. Il faut au contraire partir d’ici et se diriger vers la cabane o√Ļ l’on pourrait s’y enfermer √† clef. On y serait beaucoup plus en s√©curit√©. Je vous assure. Et comme je vous l’ai d√©j√† dit, je connais bien l’endroit »

« D’accord, vous devez sans doute avoir raison. Il vaut mieux s’en tenir √† votre plan. Je pense effectivement qu’on serait beaucoup plus en s√©curit√© √† l’int√©rieur de la cabane »

« Oui, je le pense aussi. Il vaut mieux se d√©p√™cher Elisa car la nuit tombe vite ici. Ne perdons plus un instant. Allons-y »

Sur les conseils de Tamara, Elisa √©changea sa paire de tongues par ses tennis puis ramassa le reste de ses affaires qu’elle rangea √† l’int√©rieur de son sac de plage. Elle √©tait fin pr√™te mais elle avait peur. Pourtant, il fallait bien qu’elle fasse confiance √† Tamara qui avait l’air d’√™tre une personne combative et tr√®s d√©termin√©e. Ce qui √©tait rassurant en un sens mais voil√† elle doutait encore et ne pouvait s’emp√™cher d’avoir de l’appr√©hension.

****

Et voici que les deux jeunes femmes couraient vers la grande étendue de forêt verdoyante qui se trouvait droit devant elles.

Tamara avait pr√©venu Elisa que la cabane se trouvait tout de m√™me assez loin et qu’il faudrait acc√©l√©rer le pas afin de ne pas se faire prendre par la nuit.
Et c’est ce qu’elles faisaient √† cet instant l√†. Courir sans s’arr√™ter.

****

Enfin arriv√©es √† l’or√©e de la for√™t, toutes deux s’immobilis√®rent.

Elles √©taient essouffl√©es par leur course alors avant de continuer leur chemin, Elisa proposa √† Tamara de boire un peu d’eau afin de reprendre des forces.
Une fois après avoir étanché leur soif, elles étaient prêtes à se remettre en route.

« Allons-y Elisa !! et surtout faites attention o√Ļ vous mettrez les pieds. C’est assez caillouteux par certains endroits… »

« OK. Merci Tamara. Je ferai attention »

**** 

Découverte de Conakry

Arrivée à Conakry :
Lorsque nous nous retrouv√Ęmes moi et ma famille √† l’int√©rieur de l’a√©roport de Conakry ; mon p√®re cherchait des yeux notre chauffeur de voiture qui s’appelle « Momo »…

Petite parenthèse :
Auparavent, mon p√®re avait d√©j√† effectu√© une p√©riode de travail (p√©riode d’essai de 4 mois) en tant que contr√īleur de gestion dans la soci√©t√© « SOGUICOM » (une soci√©t√© commerciale de transport qui √©tait charg√©e de fret a√©rien et de fret maritime) et c’est pourquoi il connaissait d√©j√† assez bien la ville de Conakry et ses alentours (restaurants, h√ītels, ect…)

Durant sa p√©riode d’essai, mon p√®re habitait donc dans une maison de fonction situ√©e en plein centre-ville de Conakry…
Dans cette maison, mon p√®re avait du personnel dont notamment : – un cuisinier et un « boy » (un boy d√©signe en Afrique francophone, tout employ√© salari√© de maison) et en ce qui concerne l’ext√©rieur de celle-√ßi, il avait √©galement : 1 chauffeur de voiture, 1 gardien de jour et 1 gardien de nuit…

Découverte de Conakry :
Parmi la foule qui se trouvait √† l’int√©rieur de l’a√©roport ; mon p√®re cherchait des yeux notre chauffeur « Momo »….
Puis soudain mon p√®re s’√©cria en d√©signant une personne qui se tenait pr√®s de la porte de sortie de l’a√©roport : « Voici, notre chauffeur, vite allons vers lui… »
Nous all√Ęmes donc vers « Momo » qui venait de nous aper√ßevoir et qui nous souriait au loin…
Mon p√®re dit : « Bonjour Momo, tu vas bien ? Nous venons √† peine d’arriver…C’est bien que tu sois d√©j√† l√†…je te cherchai…Je te pr√©sente ma famille ; voici mon √©pouse et mes enfants… »
Ma m√®re, mon petit fr√®re et moi le salu√®rent puis Momo nous dit : « Bienvenue √† vous et bienvenue √† Conakry…Je suis content de conna√ģtre la petite famille de Monsieur et j’esp√®re que vous vous plairez dans notre pays, en Guin√©e… »
Puis apr√®s ces paroles chaleureuses, Momo nous aida √† ranger nos valises ainsi que nos bagages √† main dans le coffre de notre voiture puis nous commen√ß√Ęmes √† entreprendre notre trajet direction notre maison de fonction…
Durant le trajet, je ne cessai de regarder tous ces beaux paysages que je n’avais jamais encore vu…
Nous √©tions en p√©riode de saison des pluies ; et le temps √©tait tr√®s nuageux ; ce qui rendait encore plus belle toute cette atmosph√®re africaine…

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On aurait dit un magifique tableau enchanteur !!!
Puis √† un moment donn√©, ma m√®re aper√ßu au bord de la route, des √©talages de fruits et de l√©gumes qui √©taient dispos√©s sur de grandes nattes √† m√™me le sol, tels que : Mangues, ananas, goyaves, papailles, bananes, ect…
Ma m√®re s’√©cria : « Regardez les enfants ; vous avez vu les mangues, les avocats ? et regardez, il y a m√™me des ma√ģs grill√©s ; hum, les bons ma√ģs grill√©s… »
C’est alors que Momo lui r√©pondit : « Ah oui Madame, je vois que vous connaissez bien. Monsieur m’a dit que vous √©tiez n√©e √† l’√©tranger… Ici, en Guin√©e, il y a beaucoup de marchands sur le bord des routes, qui vendent souvent des ma√ģs grill√©s et toutes sortes de fruits… »
Maman lui dit : « Eh oui…effectivement, je connais bien car je suis n√©e √† Madagascar. Momo, ton pays est vraiment tr√®s beau et de plus quand je vois tous ces fruits et l√©gumes exotiques ; √ßa me rappelle vraiment mon pays natal.
Momo, tu pourrais t’arr√™ter ici, s’il te pla√ģt ; j’aimerai acheter quelques ma√ģs grill√©s pour les faire go√Ľter aux enfants… »
Momo dit : « Mais biens√Ľr Madame, pas de probl√®me ; j’allais vous le proposer… »

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Une fois la voiture arr√™t√©e devant l’√©talage de ma√ģs grill√©s ; ma m√®re ouvrit sa porti√®re et une marchande Guin√©enne vint √† elle en lui disant : « Bonjour Madame, tu veux ma√ģs grill√©s ? Tu veux combien ? j’ai d’autres fruits aussi si tu veux…C’est pas cher… »
Ma m√®re dit √† la marchande : « Je voudrais juste 3 ma√ģs grill√©s, s’il te pla√ģt… » puis la marchande enroula alors dans du papier journal, 3 ma√ģs grill√©s et les tendit √† ma m√®re avec un large sourire.
Puis ma m√®re r√©gla la marchande en lui donnant les premiers billets de banque Guin√©en, (le franc CFA) qu’elle d√©couvrait pour la premi√®re fois…
Une fois apr√®s avoir achet√© les ma√ģs ; Maman nous les donna et nous continu√Ęmes √† nouveau notre trajet vers notre maison ; direction Madina Corniche, tout en mangeant tranquillement nos fameux ma√ģs qui √©taient vraiment tr√®s bons…
Notre maison située à Madina Corniche :

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Arriv√©s devant le haut portail de notre maison, Momo klaxonna 3 fois (c’√©tait un code pour le gardien) et le gardien de jour nous ouvrit…
Une fois la voiture gar√©e dans l’all√©e ; mon p√®re nous pr√©senta le gardien de jour qui s’appellait « Bah » et qui avait l’air tr√®s sympathique…
Puis nous entrepr√ģmes enfin de faire le tour du propri√©taire…
C’√©tait vraiment une maison magnifique et n’en parlons pas du jardin qui se trouvait en bordure de mer…
D’ailleurs, de l√† ou je me trouvais, je pouvais entendre le ressac…
Le jardin √©tait cl√ītur√© par de hauts murs infranchissables…
En effet, par dessus ces murs, on pouvait aperçevoir des rangées de verres de bouteilles incrustés à même le ciment afin de pouvoir dissuader les voleurs.
Le seul mur qui √©tait ajour√© et qui se trouvait √™tre en fa√ßade de notre maison, donnait sur la mer…
Je d√©cidai alors, de m’en approcher et √† travers les alv√©oles, j’aper√ßu toute l’immensit√© de l’oc√©an Atlantique…
Quelle merveille !!! quel plaisir de regarder cette superbe vue et de sentir tous ces embruns…

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J’√©tais tout simplement sous le charme de ce magnifique spectacle et je me disais en mon fort int√©rieur, que j’avais √©norm√©ment de chance de me retrouver ici, en famille et qui plus est dans un tr√®s beau pays tel que la Guin√©e…
Dans ce jardin, il y avait également, 3 immenses manguiers et une charmante gloriette qui se trouvait non loin de la véranda extérieure de notre maison.
Tout √©tait si beau et si parfait que j’avais l’impression de r√™ver mais pourtant j’√©tais bel et bien en train de vivre ce joli r√™ve…
Apr√®s avoir fait le tour du propri√©taire, nous visit√Ęmes enfin l’int√©rieur de la maison…
Tout ce que je peux en dire en me souvenant de cette visite int√©rieure, c’est que je trouvai une fois de plus que tout √©tait parfait.
En effet, mon fr√®re et moi avions chacun notre chambre et notre salle de bain…
Alors que demander de plus ?
La chambre de mes parents se trouvait non loin de la n√ītre et ils avaient eux aussi leur propre salle de bain, attennante √† leur chambre.
Le salon √©tait immense et la salle √† manger se trouvait pr√®s de la cuisine…
La maison √©tait vraiment bien agenc√©e et tr√®s agr√©able…
Bref tout √©tait parfait √† part quelques r√©novations qui √©taient d√©j√† pr√©vus tels que : peinture des murs du salon et des chambres ou encore changement du carrelage de la salle √† manger et de la cuisine puis pose de la moquette dans les 3 chambres…
La visite de notre maison termin√©e, et pour nous remmettre de notre long voyage, mon p√®re d√©cida de nous emmener d√©jeuner dans un restaurant qui √©tait tr√®s r√©put√© √† Conakry et qui s’appellait : « Chez Papy »…

Un repos bien mérité :
Arriv√©s au restaurant, mon p√®re nous pr√©senta « Papy », une figure de Conakry et qui avait la r√©putation de faire de la bonne cuisine…
Et je peux vous dire que cette halte au restaurant f√Ľt de tr√®s bonne augure √©tant donn√© que nous √©tions tous les 4 tr√®s fatigu√©s de notre voyage…
La cuisine √©tait vraiment excellente…
Je me rappelle encore de ce fameux steak √† cheval (un oeuf sur le plat pos√© dessus) accompagn√© de savoureuses frites fa√ģtes maison…
Un pur régal des papilles !!!
« Papy » m√©ritait vraiment sa r√©putation de bon cuisiner √† Conakry…
Et ce f√Ľt donc, le ventre bien rempli que nous quitt√Ęmes ce si bon restaurant, direction notre maison…
Arriv√©s chez nous ; Maman d√Ľ nettoyer rapidement la partie de nos chambre afin que nous puissions vite nous reposer…

****

Les jours suivants d√©but√®rent les premiers travaux puis ainsi de suite jusqu’√† ce que notre maison soit totalement habitable…
Il est vrai que lorsque les travaux furent termin√©s ; nous v√©curent, tous les 4 ; vraiment tr√®s heureux dans cette si belle et vaste maison…
J’ai gard√© de tr√®s bons souvenirs de notre vie pass√©e en Guin√©e √† Conakry…

Mon bapt√™me de l’air

Dans les ann√©es 87, nous part√ģmes de nouveau en Afrique ; direction : La Guin√©e, √† Conakry (La Capitale)…

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A cette √©poque l√†, j’avais 10 ans et je peux vous dire que ce f√Ľt pour moi le plus beau et le plus m√©morable des voyages africains…
En effet, √©tant donn√© que je n’avais gard√© pratiquement aucuns souvenirs de la C√īte d’Ivoire ; ce fut donc avec d√©l√®ctation que je profitai pleinement de mon premier voyage Africain et disons-le ; de mon premier bapt√®me de l’air et ce ; m√™me si j’avais d√©j√† pris plusieurs fois l’avion avec mes parents lorsque j’√©tais encore un b√©b√©…
Mon premier bapt√®me de l’air :

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J’ai eu vraiment beaucoup de chance de pouvoir d√©couvrir la Guin√©e √† l’√Ęge de 10 ans !!! et d’y vivre en famille, durant 2 belles ann√©es !!!
Mais je dois avouer que l’un de mes plus beaux souvenirs restera tout d’abord et avant tout, mon voyage en avion…
L’un de mes tr√®s grands moments √† mes yeux…

A présent, je vais vous raconter mon histoire :

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A l’int√©rieur de l’a√©roport de Paris, Roissy Charles de Gaulle ; mes parents, mon petit fr√®re et moi attendions notre tour dans la file d’attente des passagers en partance pour la Guin√©e…
Lorsque vint enfin notre tour de remettre nos billets d’avion √† l’h√ītesse d’accueil ; ce f√Ľt dans une d√©marche assez rapide que nous commen√ß√Ęmes √† marcher dans l’interminable couloir d’embarquement qui menait √† l’entr√©e de notre boeing…
Et je dois dire qu’√† partir de ce moment-l√† tr√®s pr√©cis, je commen√ßai √† me dire : « C√©cile !!, √ßa y est, tu vas bient√īt te retrouver √† l’int√©rieur de l’avion et ce ; dans √† peine quelques minutes… »

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A l’int√©rieur de l’avion :

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La premi√®re fois que je suis mont√© dans un boeing ; ce fut pour moi une v√©ritable d√©couverte…
Je reviens donc √† mon histoire ou je me retrouvai enfin √† l’int√©rieur de l’avion…
Il devait bien √™tre 21h00 du soir…(C’√©tait en juillet et donc il faisait encore jour…)
Lorsque nous entr√Ęmes enfin, √† l’int√©rieur de l’avion ; ma famille et moi, f√Ľmes accueillis par 2 h√ītesses de l’air et 1 stewart qui nous dirent : « Bienvenue √† bord de notre Compagnie « Air Sabena ». Nous vous souhaitons un agr√©able voyage Madame, Mademoiselle et Messieurs… »
Pendant que je suivai mes parents et mon petit fr√®re dans l’√©troit couloir, j’observai aux alentours tous ces gens qui rangeaient leur affaires dans des compartiments qui se trouvaient au dessus leurs fauteuils ou encore des passagers qui commen√ßaient √† s’installer dans leur si√®ges respectifs…
J’adorai d√©j√† toute cette effervescence…

Puis mon p√®re s’arr√™ta de marcher et nous dit : « Voici nos places et vous les enfants, vous √™tes plac√©s juste devant nous ; donnez-moi vos sacs, je vais les ranger en haut dans les compartiments… »
Une fois d√©barrass√©e de mon sac je m’installai dans mon fauteuil et je commen√ßai √† d√©couvrir avec mes yeux d’enfant √©merveill√©s tout l’int√©rieur de l’avion tels que : les si√®ges, les hublots, le personnel naviguant, ect…
J’√©tais totalement fascin√©e par toute cette ambiance…
Il faut dire que c’√©tait vraiment une premi√®re pour moi….
Mon petit fr√®re aussi √©tait aux anges car il d√©couvrait tout comme moi, l’int√©rieur de l’avion.
Mais ce qui lui plaisait le plus, vraisemblablement ; c’√©tait de regarder √† travers le hublot, la piste de l’a√©roport…

HUBLOT
D’ailleurs, lorsque nous √©tions rentr√© √† l’int√©rieur de l’avion ; mon fr√®re m’avait dit d’embl√©e : « C√©cile, je voudrais √™tre plac√© pr√®s du hublot, s’il te pla√ģt… »
Et comme je suis d’une nature g√©n√©reuse ; je lui disais que je n’y voyais aucun inconv√©nient…bien au contraire puisque je souhaitai moi-m√™me, √™tre plac√©e pr√®s du couloir afin de mieux regarder les all√©es et venues du personnel naviguant….(√† cette √©poque l√†, c’√©tait un m√©tier qui me plaisait beaucoup : √ßa me faisait r√™ver…)

D√©collage de l’avion :
Je parlai tranquillement avec mon fr√®re, lorsque soudain je ressenti des vibrations sous mes pieds…
En effet, l’avion commen√ßait √† rouler doucement sur la piste…
Puis il se mit peu √† peu, √† acc√©l√©rer sa vitesse…
A pr√©sent, l’avion roulait tellement vite que je ne distinguai m√™me plus l’a√©roport √† travers le hublot…
Puis ce f√Ľt √† partir de ce moment que l’avion d√©colla…
Et je ressentis alors, comme une dr√īle de sensation : C’√©tait comme si une lourde pesanteur s’abattait sur mon corps ; avec cette impression √©trange de m’enfoncer litt√©ralement dans mon fauteuil…

La tête dans les nuages :
Mon petit fr√®re me regarda et me dit : « Wahou !!! t’as vu C√©cile…√ßa y est on est dans le ciel…. »
Et je lui r√©pondis aussit√īt : « Oui, √ßa fait bizarre…mon dieu, √ßa fait peur…t’as vu…regarde par ton hublot…on ne voit presque plus la terre…on est vraiment tr√®s haut dans le ciel…maintenant… »
Olivier me r√©pondit : « Oui c’est vrai…je ne vois plus la terre…√ßa y est…regarde les nuages…Wahou !!! c’est beau…t’as vu ? »
Je me penchais davantage pour pouvoir aper√ßevoir √† travers le hublot ; les jolis nuages qui ressemblaient √† du coton tr√®s vaporeux…

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Puis je dis √† mon fr√®re : « C’est beau…on dirait des morceaux de coton g√©ants… »
Puis je sentis une main qui me touchait l’√©paule : C’√©tait ma Maman qui √©tait juste install√©e derri√®re moi …
Je me retournai et aper√ßu son sourire…
Puis elle me dit : « T’as vu C√©cile…on est dans les nuages maintenant…t’as vu par le hublot ? »
« Oui, j’ai vu Maman…C’est vraiment trop beau…et je suis contente d’√™tre dans cet avion… »

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Et Maman me dit « Je savais que tu aurais aim√© prendre l’avion…et tout √† l’heure on mangera le repas…tu verras comment c’est…surtout profite bien de ce voyage ma poupoule… »
et je lui r√©pondis : « Merci Maman…bisous »
Les h√ītesses de l’air :

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Alors que je discutais avec animation avec mon fr√®re, j’entendis une voix, √† ma droite me dire : « Bonsoir les enfants, vous pouvez d√©tacher votre ceinture √† pr√©sent… »
C’√©tait une h√ītesse de l’air qui s’adressait √† nous avec un large sourire et qui avait stopp√© devant elle un gros chariot dans lequel je pouvais aper√ßevoir des boissons et des petits sachets de cacahu√®tes ap√©ritifs…
Puis, elle nous dit :  » Les enfants, vous d√©sirez boire quelque-chose ? »
Je lui r√©pondis timidement : « heu oui… »
L’h√ītesse de l’air dit : « Il y a du jus d’orange ou du jus de pomme ? »
Je lui dis : « Je voudrais un jus d’orange s’il vous pla√ģt »
L’h√ītesse dit : « Et vous jeune homme ? »
Mon fr√®re r√©pondit : « moi je prendrais aussi un jus d’orange s’il vous pla√ģt… »
Aussit√īt dit et aussit√īt fait, l’h√ītesse nous donna nos boissons accompagn√©s de petits sachets de biscuits ap√©ritifs…
J’adorai vraiment toute cette ambiance et je me sentais tr√®s bien dans ma peau…
Bref, j’√©tais heureuse !!!
Quelques instants plus tard, une autre h√ītesse de l’air nous donnait √† moi et √† mon fr√®re des trousses de toilette (de la Compagnie a√©rienne « Sabena »), des couvertures pour dormir, des masques de nuit, des jeux pour enfants (puzzle repr√©sentant l’avion « Sabena » ; jeu de l’oie, et jeux de dames) ainsi que des casques d’√©couteurs pour pouvoir √©couter de la musique ou encore √©couter le son du film que la Compagnie « Sabena » diffuserait ce soir…
Inutile de vous dire que mon fr√®re et moi √©tions ravis d’avoir re√ßu des jeux pour s’amuser…
Et sans plus attendre, on commen√ßa √† jouer au jeu de dames…ce qui nous permettait de passer un peu le temps…
Visite du cockpit :

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Durant ce voyage, mon fr√®re et moi avions eu l’opportunit√© de visiter le cockpit ….
Mon fr√®re et moi regardions avec des yeux √©merveill√©s, tous ces boutons (certains √©taient lumineux et d’autres pas) et ces petites loupiotes qui n’en finissaient pas…..si bien que je m’√©tais demand√© comment pouvaient bien faire le pilote et le copilote pour ne pas s’y perdre…
Je me souviens m√™me que j’avais dis √† haute voix : « Il y a beaucoup de boutons !!! »

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Et le commandant de bord m’avait dit en souriant : « Eh oui, vous avez vu les enfants !!! c’est vrai qu’il y a beaucoup de boutons mais mon coll√®gue et moi ; on est tr√®s habitu√©s alors √ßa ne nous fait pas peur du tout…et peut-√™tre qu’un jour le m√©tier de pilote de ligne vous plaira √† votre tour et qui c’est vous serez vous aussi peut-√™tre amen√©s √† conduire des avions ? »
Et Olivier lui avait r√©pondu sans grande conviction : « Peut-√™tre, je sais pas encore…en tout cas √ßa a l’air difficile… »
Puis ce fut sur ces derni√®res phrases prononc√©es ; que notre visite du cockpit s’acheva…
Et inutile de vous dire que ce fut une tr√®s belle exp√©rience pour moi et sans aucun doute, √©galement pour mon petit fr√®re…

Le d√ģner :
Je me souviens encore du repas qui n’√©tait pas si mal que √ßa puisque je l’avais appr√©ci√© :

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– Carottes r√Ęp√©s, oeufs mimosas et petits canap√©s de p√Ęt√©,
РCuisse de poulet accompagné de coquillettes au beurre,
– Une petite assiette de fromages,
– un bol de salades de fruits.

Je me souviens encore de ce menu car je l’avais not√© dans mon journal intime de l’√©poque…
Diffusion d’un film :
Je me rappelle que j’avais regard√© un bout de film ( je ne me souviens plus du tout du titre de ce film) mais qu’ensuite je m’√©tais endormie devant…
Puis je me souviens que mon p√®re m’avait r√©veill√© et chuchotai : « Tiens, C√©cile, Mets ton masque de nuit, tu seras mieux avec…et comme il fait froid, tiens ta couverture…. »
Puis mon p√®re d√©ploya la couverture et me la d√©posa sur les √©paules car il est vrai qu’il faisait l√©g√®rement frisquet √† l’int√©rieur de l’avion…
Il fit de m√™me avec mon fr√®re puis nous souhaita une douce nuit et de beaux r√™ves car √† partir de demain matin on se retrouverait tous les 4 en Afrique : En Guin√©e…
Le lendemain matin :
Ma Maman nous r√©veilla et nous dit d’aller faire rapidement un brin de toilette avant qu’il n’y ait trop de monde…
Ce que l’on f√ģt….
Et je peux vous dire que je garde un souvenir m√©morable des toilettes…
En effet, ils sont extr√™mements petits et ce ne f√Ľt pas si √©vident que √ßa de me laver le visage, de me brosser les dents ou encore de me coiffer les cheveux….
Mais bon…il fallait bien faire avec…
Quelques instants apr√®s, mon fr√®re et moi prenions un petit d√©jeuner √† base : de lait, de biscottes, de confitures et de jus d’orange…
Puis le temps passa et soudain on entendit dans un micro ; la voix du Commandant de Bord qui annonçait à tous les passagers :
« Bonjour, je suis le Commandant de bord « X » ; et je vous annon√ße que nous approchons des c√ītes Guin√©ennes et que nous allons entamer notre descente vers Conakry, la capitale ; dans quelques minutes…
Veuillez donc regagner votre si√®ge et attachez votre ceinture…
La temp√©rature ext√©rieure est de 28 degr√©s celsus et il exactement 6h00, heure locale de Conakry et √† Paris il est exactement 8h00…
J’esp√®re que votre vol aura √©t√© agr√©able aupr√®s de notre Compagnie « air Sabena » et esp√©rons vous revoir tr√®s prochainement √† bord de notre ligne. Merci √† vous et tr√®s bon s√©jour √† Conakry. »
L’atterissage :

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Ce fut au moment de l’atterissage que je d√©couvrai pour la premi√®re fois que j’avais « le mal de l’air »…
Et je peux vous dire que durant quelques minutes ; (pour moi, cauchemardesques) j’√©tais devenue toute verte car j’essayai de me contr√īler afin de ne pas vomir…
Mais d√®s lors ou les roues de l’avion touch√®rent le sol Guin√©en ; je me senti de plus en plus mal….
Et ce qui devait arriver ; arriva… (si vous voyez ce que je veux dire)
Mais heureusement qu’il y avait le fameux sac en plastique, destin√© sp√©cialement, pour ce genre de d√©sagr√©ment ; et qui √©tait pla√ß√©, juste l√†, devant moi ; √† l’int√©rieur de la housse, au dos du fauteuil avant…
Mais tout de m√™me ; quelle plaie, que celui d’avoir le mal de l’air !!! surtout si on aime les voyages en avion…
Mis √† part ce d√©sagr√©ment ; je garderai toute ma vie au fond de mon coeur, un tr√®s bon souvenir de ce merveilleux voyage en destination de la Guin√©e… car c’√©tait mon premier bapt√®me de l’air en quelque sorte ; m√™me si j’avais d√©j√† voyag√© en avion √©tant tout b√©b√©…