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À toi, l’amour de ma vie đŸ’˜

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Voici un texte que ma Maman a Ă©crit pour rendre hommage Ă  mon pĂšre Guy ❀ :

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À toi, l’amour de ma vie :

Mon coeur est parti avec toi et dans l’immensitĂ© du ciel Ă©toilĂ©, mes yeux se brouillent de larmes et l’Ă©motion m’envahit…

J’ai perdu mon pilier d’amour, si grand, si fort, si protecteur et toujours lĂ  Ă  mes cĂŽtĂ©s, un matin du 15 Novembre 2017.

On se prĂ©pare Ă  toutes Ă©ventualitĂ©s et malgrĂ© tous les remparts pour me protĂ©ger, ta prĂ©sence me manque…

Le passĂ© est devant moi et je m’accroche Ă  tous nos souvenirs pour avancer…

Ils seront mes piliers…

Pour ton anniversaire, ce 22 Mai 2018, je te dĂ©die ces trĂšs belles musiques et chansons qui retracent ton arrivĂ©e Ă  Madagascar, Ă  Namakia le 26 FĂ©vrier 1968 et le dĂ©but de notre histoire d’amour en Juillet 1968 scellĂ© par un mariage le 26 FĂ©vrier 1972 Ă  Namakia, suivi de deux naissances : CĂ©cile en 1977 Ă  Namakia et Olivier en 1978 Ă  Antananarivo.

Ce matin-lĂ  du 15 Novembre 2017 qui devait ĂȘtre une journĂ©e ordinaire et lĂ©gĂšre, tu nous as quittĂ©s…

DĂ©sarmĂ©e et dĂ©semparĂ©e, je me suis effondrĂ©e devant cette fatalitĂ© dont personne n’est jamais prĂ©parĂ©…

Je m’allonge, je t’enlace et je m’endors contre toi…

Notre amour sera toujours Ă©ternel.

Ton HĂ©liette qui t’aime… tout simplement.

HĂ©liette Vidal

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GUY (33 ans) ET HÉLIETTE (16 ans) EN 1968 ❀

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LE BONHEUR EST LÀ ❀ :

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TOUT EST BEAU ❀ :

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LES JOIES ET LES SAVEURS ❀ :

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UNE TRÈS BELLE JOURNÉE ENSOLEILLÉE POUR TON ANNIVERSAIRE, CE 22 MAI 2018 ❀ :

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DÉTENTES ET SORTIES ❀ :

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JE TE GARDERAI TOUJOURS DANS MON COEUR ❀ ❀ :

HĂ©liette Vidal

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L’Alien đŸ‘œ

L’amitiĂ© n’est pas chose facile dans la vie. Elle peut s’en aller en un rien de temps ; un simple claquement de doigt ; sans crier gare ; sans que vous n’ayez strictement rien fait pour en arriver là


L’humain est dĂ©cidĂ©ment complexe et compliqué 

Du jour au lendemain ; la personne en question s’Ă©loigne de vous et essaye de vous le faire comprendre par certains actes en espĂ©rant que vous finirez par avoir la puce Ă  l’oreille
 ; histoire de vous titiller et de vous entraĂźner dans sa rĂ©flexion qui n’est autre que sa vĂ©rité  Une vĂ©ritĂ© qui veut tout dire pour elle et absolument rien pour vous


Vous ne savez alors plus trop quoi en penser et vous essayez de ne pas trop rentrer dans son jeu quelque peu machiavĂ©lique, histoire de vous dire que tout ceci n’est peut-ĂȘtre que le fruit de votre imagination et que vous exagĂ©rez votre impression de distance et de mĂ©pris


Mais au fur et Ă  mesure du temps qui passe, vous vous rendez vite compte que vous Ă©tiez dans le vrai et que cette impression n’Ă©tait pas si disproportionnĂ©e que ça…

Alors, pour ce faire, vous vous laissez un ultime sursis qui en fait n’est qu’un leurre ; histoire de vous dire : « Je pense que tout finira par s’arranger et qu’il vaut mieux la sagesse Ă  l’anticipation »

Puis le temps s’Ă©coule irrĂ©mĂ©diablement


Vous vaquez Ă  vos occupations qui effacent un peu le chiffonnement et la tristesse qui vous nouent l’estomac


Pendant ce temps-là, la personne en question joue avec vos nerfs mais vous, vous faßtes semblant que cela ne vous atteint aucunement et vous essayez de vous changer les idées


Toute idĂ©e est d’ailleurs bonne Ă  prendre du moment que cela vous permet d’oublier


Le travail est un excellent remĂšde
 Il vous accapare l’esprit et vous permet de rester fidĂšle Ă  vous-mĂȘme : joviale et souriante car vous aimez votre mĂ©tier…

Puis lorsque vient le moment de rentrer chez vous le soir ; vous vous dßtes : « Tiens, je vais me plonger dans un bon bain bien moussant et bien parfumé dans lequel je me délasserai enfin de toute cette journée »

Vous exaucez alors ce doux rĂȘve facile Ă  rĂ©aliser en ayant bien Ă©videmment une baignoire Ă  portĂ©e de main


Vous bĂ©nĂ©ficiez ensuite de tous les bienfaits de cette dĂ©licate mousse onctueuse qui enveloppe tout votre ĂȘtre…

Vous vous sentez bien
 TrĂšs bien mĂȘme
 et c’est Ă  ce moment-lĂ , comme par hasard que votre esprit commence Ă  vagabonder un peu dans tous les sens


Vous soufflez sur les bulles de savon qui volĂštent de-ci delĂ  devant votre visage et vous revoyez Ă  travers elles de merveilleux souvenirs qui vous font sourire puis vous finissez par en Ă©clater une de votre doigt et c’est alors que vous changez radicalement de sujet en revenant hĂ©las sur la « fausse amie » ; celle qui vous a trahie.

De toute façon, vous vous doutiez bien que vous auriez fini par y repenser alors Ă  quoi bon y rĂ©sister


Et c’est prĂ©cisĂ©ment lĂ , que vous vous demandez : « Mais comment est-ce que cette personne a pu oser me traiter de la sorte ? Que lui ais-je donc fait ? »

Tout se bouscule alors dans votre tĂȘte et vous ne comprenez toujours pas le pourquoi du comment…

Vous n’en revenez pas encore de son attitude dĂ©sinvolte et cruelle envers vous comme si elle n’avait jamais eu l’ombre d’une conscience ; pas la moindre parcelle d’Ăąme en elle ni mĂȘme ne serait-ce qu’un petit soupçon de remord ou de regret Ă  votre Ă©gard


Non, il n’en est rien


C’est le vide


Vous ne reconnaissez plus cette personne…

Une personne qui se serait subitement transformĂ©e comme ces aliens que vous apprĂ©ciez tant mais seulement dans les films futuristes, pas dans la rĂ©alité 

Une alien sous une apparence humaine qui cachait bien son jeu et qui du jour au lendemain vous a crachĂ© son venin, sa haine et tout son mĂ©pris parce qu’elle vous dĂ©testait


En fait, cette alien souhaitait en arriver là car elle ne pouvait plus vous supporter. Pourquoi ? La réponse est pourtant simple


L’alien voulait vous tester durant quelques temps
 Vous Ă©tiez devenue son rat de laboratoire


Elle voulait juste vous analyser sur toutes les coutures
 Une simple curiosité de sa part


Mais pourquoi ? La rĂ©ponse est pourtant claire comme de l’eau de roche


C’est que pour elle ; vous n’Ă©tiez absolument rien ; juste sa petite chose, sa petite souris entre ses grandes pattes acĂ©rĂ©es de griffes crochues…

Mais vous ; vous ne l’aviez pas vu venir avec ses faux airs de courtoisie


Pire, vous ne l’aviez encore jamais vu sous cet angle lĂ  ; celui de l’alien dĂ©nuĂ©e de tout sentiment qui ne ressent vraiment rien lorsqu’elle bave toute sa noirceur, son aciditĂ© sur votre personne…

Vous ne connaissiez pas sa nature, sa double personnalité, son cÎté bestial, animal, cruel et sans pitié puisque vous aviez confiance en elle


Alors certaines personnes vous diront : « Mais tu ne voyais pas son petit jeu machiavĂ©lique ?? Moi, je savais qu’elle t’aurait fait ce mauvais coup »

Et vous, vous les regarderez avec de grands yeux tristes ; les implorant de se taire car ils vous feront passer pour une personne naĂŻve et stupide alors que vous ĂȘtes loin de l’ĂȘtre…

Non, je ne savais pas que cette alien m’aurait un jour crachĂ© au visage ; je me disais en fait tout le contraire.

Je pensais qu’elle m’apprĂ©ciait


Oui, biensĂ»r que je me trompais mais je ne pouvais pas encore prĂ©dire ses mĂ©faits ; ses jets d’acide dĂ©sintĂ©grant toute amitiĂ©.

Comment aurais-je pu concevoir un seul instant que notre amitié se serait effondrée en une petite fraction de seconde ?

L’alien, elle, le savait dĂ©jĂ  puisqu’elle essayait de me le faire comprendre depuis quelques temps par des traces de crachats acides de-ci delĂ .

Ce n’est pas que je voulais fermer les yeux
 Non, ce n’est pas ça du tout


Je voulais juste ĂȘtre tolĂ©rante envers elle et lui donner la chance de se ressaisir
 ; qu’elle prenne conscience que j’Ă©tais quelqu’un de bien et de profondĂ©ment sincĂšre et surtout d’HUMAINE


Vous savez, ce genre d’humaine avec une certaine sensibilitĂ© qui veut croire que ses semblables lui ressembleraient un temps soit peu


Vous savez, ce genre d’humaine qui a le cƓur sur la main, sans ĂȘtre Ă  tout prix parfaite mais qui a certaines valeurs en elle


Vous savez, ce genre d’humaine qui


Mais suis-je trop innocente dans ce monde pour me laisser envahir par cet esprit de bienfaisance que j’ai tout au fond de moi ? Il semblerait que oui


Alors fallait-il que je devienne Ă  mon tour une redoutable alien sans cƓur qui dĂ©goulinerait de venin en mĂ©chancetĂ©s ?

Cesser d’ĂȘtre bienveillante, complaisante, gentille, altruiste, sympathique et j’en passe et des meilleurs…

Cesser d’ĂȘtre tout simplement moi-mĂȘme ?

Je voulais juste qu’elle s’aperçoive que j’étais une vĂ©ritable amie


Mais l’amitiĂ© est ainsi
 ça va, ça vient
 ; ça ne dure jamais longtemps


Pourquoi ? Mais tout simplement parce que l’autre fini par se lasser de vous


Il ou elle ne supporte plus votre gentillesse, votre loyauté 

Toutes ces qualités lui donnent le tournis, la nausée et il ou elle en a assez de vous


Pire, il ou elle vous jalouse


Et tout le monde sait Ă  quel point la jalousie peut ĂȘtre dĂ©vastatrice si vous en ĂȘtes la cible


L’alien en question en avait marre de moi et c’est pourquoi, elle a eu cette frĂ©nĂ©tique envie de me briser, de me casser en mille


Le simple fait d’entendre ma respiration ; mon cƓur battre d’un rythme rĂ©gulier Ă  l’intĂ©rieur de ma poitrine, l’importunait, l’exaspĂ©rait au plus haut point.

Elle n’aimait pas ma joie de vivre et encore moins ma spontanĂ©itĂ© qui l’étonnait et l’agaçait…

Si au moins, j’avais pu ressentir tout ce mĂ©pris
 Tout ce grondement intĂ©rieur qui lui taraudait l’esprit et qui finirait par se dĂ©verser tĂŽt ou tard sur moi alors j’aurais pris les devants


Mais voilà, j’ignorais ses agissements envers ma personne


La tempĂȘte a fini par bel et bien me balayer d’un revers de main


Je suis tombĂ©e de haut mais je me suis dĂ©jĂ  relevĂ©e…

Étrange, non ? !

Et pourtant ce fut facile de le faire car j’ai cette capacitĂ© et cette force en moi


Et puis, comme on dit la vie continue alors je vais tourner dĂ©finitivement la page de ce vieux roman d’amitiĂ© qui ne valait rien et qui finalement n’Ă©tait pas si terrible Ă  lire


Une autre personne remplacera cette alien sans cƓur


Meilleur(e) ou pas ? Telle est la question mais c’est ça aussi la vie avec son lot de bonnes ou mauvaises surprises…

Tomber sur une personne sincĂšre ; c’est si rare de nos jours mais si jamais celle-ci l’Ă©tait vraiment alors pourquoi ne pas lui accorder votre confiance ?

Alors vous me direz : « Mais  pourquoi cet article aujourd’hui ? Parce que tout simplement, j’avais besoin de l’Ă©crire


Ce n’est pas un dĂ©foulement que celui de mettre Ă  l’Ă©crit ses Ă©tats d’Ăąmes


Ce n’est pas non plus une rage


J’avais juste besoin de partager ce que d’autres ont dĂ©jĂ  connu, connaĂźtront tĂŽt ou tard (ce que je ne leur souhaite pas) et que j’ai moi-mĂȘme subi il y a quelques temps dĂ©jĂ  et Ă  plusieurs reprises…

Eh oui ! Les trahisons de faux amis, ça me connait…

Mais alors, je devrais donc m’y habituer Ă  force, n’est-ce pas ? Oui et non


Ça fait toujours mal et je ne suis pas un bloc de ciment immunisĂ© contre ce type d’aliens…

Alors, cela ne sert sans doute Ă  rien d’en avoir fait un article : je suis totalement d’accord avec vous ; quoique, pourquoi pas ?

Mais c’est ça aussi les blogs ; un vĂ©ritable melting pot bon Ă  lire ou Ă  jeter


Disons que j’ai Ă©crit cet article pour moi-mĂȘme, pour que ma conscience se sente mieux


Plus ou moins rĂ©ussi, je vous l’accorde
 Mais j’avais besoin de le faire


Dans ce monde, il y a pas mal d’aliens qui sont dĂ©guisĂ©es en humains pour se donner une belle apparence et ainsi pouvoir exercer leurs mĂ©faits sur vous si jamais elles devenaient votre ami.

HĂ©las, on ne pourra jamais savoir Ă  quel moment elles vont un jour vous attaquer, vous frapper et cracher leur venin en plein cƓur


Vous n’aurez donc d’autre choix que de les subir si elles en arrivaient lĂ .

Par contre, une douloureuse question vient s’insinuer dans mon esprit :

« L’amitiĂ© existe-t-elle vraiment ? N’est-elle pas qu’une chimĂšre inaccessible ? »

Pour ma part, je sais dĂ©jĂ  la rĂ©ponse. BiensĂ»r qu’elle existe vraiment mais il faudrait que L’autre vous apprĂ©cie rĂ©ellement pour ce que vous ĂȘtes
 Et surtout que vous ne deveniez pas son petit rat de laboratoire
 ; son petit jouet qui l’amuserait quelques temps seulement puis hop ! Bon Ă  la casse


C’est une histoire de feeling, de partages et de rĂ©ciprocitĂ© sans avoir forcĂ©ment les mĂȘmes goĂ»ts ou passions.

Il faut nĂ©anmoins savoir l’entretenir pour la prĂ©server et ainsi pouvoir la garder le plus longtemps possible


C’est ça l’amitiĂ© ; rien de plus et rien de moins.

En ce qui me concerne, il est clair que cette mĂ©saventure amicale m’a quelque peu Ă©chaudĂ©e mais je tiens Ă  dire Ă  cette alien qu’elle n’aura pas rĂ©ussi Ă  dĂ©pecer tout ce que j’ai de meilleur en moi et que justement elle jalousait


Mon cĂŽtĂ© bon enfant, ma spontanĂ©itĂ©, ma bienveillance
 ; toutes ces qualitĂ©s qu’elle mĂ©prisait resteront toujours en moi


Eh oui ! C’est comme ça car j’ai la peau dure
 Je suis une coriace…

Et si un jour une autre alien venait Ă  croiser mon chemin ; sans doute que je ne la verrai pas venir vu sa facilitĂ© Ă  se fondre dans le dĂ©cor pour piĂ©ger toutes ses victimes mais par contre j’arriverai Ă  dĂ©celer son cĂŽtĂ©  malveillant Ă  mon encontre au moindre crachat subtil et dĂ©guisĂ© qui sortirait de sa bouche venimeuse.

Ce n’est pas la premiĂšre fois qu’une alien me crache son venin Ă  la figure et ce ne sera sans aucun doute pas la derniĂšre mais au moins j’aurai appris une chose


Laquelle me direz-vous ?

Il faut savoir tourner la page trĂšs vite et recommencer Ă  lire sans attendre un autre chapitre d’un nouveau roman qui vous mĂšnera ou pas vers une vĂ©ritable amitié 

Je ne suis pas une idĂ©aliste pour rien ; n’en dĂ©plaise Ă  certaines aliens…

La suricate que je suis finira toujours par les fatiguer, par les déstabiliser


Elle continuera d’avancer et Ă  sourire Ă  la vie pendant que l’alien, elle, se morfondra dans la tĂ©nacitĂ© de sa mĂ©chancetĂ©, dure comme ses crocs d’acier…

Avis aux autres aliens qui voudront m’affronter ; vous n’ĂȘtes pas prĂȘt de gagner


CĂ©cile, la Suricate qui embrasse tous ses amis(es) de wordpress et en particulier sa petite MA SOLIPLUME D’AMOUR  qui est actuellement triste. Suricate te serre dans ses bras et te dit que tu es une merveilleuse amie 💜💜💜. Le soleil rentrera de nouveau dans ta vie… En attendant ce jour, Ă©coute cette petite chanson que je te dĂ©die. Je t’adore et je t’embrasse bien fort 💜💜💜

Concours d’Ă©criture : Le message đŸ“–

J’ai participĂ© Ă  un concours d’Ă©criture qui avait Ă©tĂ© proposĂ© par le site The Millennials stories et je dois bien avouer qu’au dĂ©but j’Ă©tais un peu intimidĂ©e par ce genre de dĂ©fi puis je me suis dis : « Pourquoi pas ? ». 

J’ai dĂ©jĂ  participĂ© Ă  des concours d’Ă©criture mais pas avec des images comme support.

J’espĂšre que j’aurai relevĂ© le dĂ©fi ! car j’ai vraiment apprĂ©ciĂ© y participer.

C’Ă©tait un peu comme un jeu… Une envie de me dĂ©passer…

Merci encore Ă  toi Andy !

Voici les images que j’ai choisi d’utiliser pour construire mon histoire : elles m’ont beaucoup inspirĂ©es. Elles proviennent de l’article d’Andy qui parle de son fameux : Concours d’Ă©criture

En espérant que vous apprécierez lire mon histoire qui porte le titre suivant :

LE MESSAGE : 

23H45. Jessica dormait Ă  poings fermĂ©s dans son lit. Elle Ă©tait en train de rĂȘver Ă  son chat « Tootsy » qu’elle avait perdu tragiquement, il y a trois ans, Ă©crasĂ© sur la route, tout prĂšs de sa maison de campagne, par un de ces chauffards inconscients sans scrupules, avides de vitesses et se fichant bien d’îter une vie animale


Elle le revoyait avec une nettetĂ© prĂ©cise dans diverses scĂšnes qu’elle avait toujours gardĂ© en mĂ©moire et qu’elle n’avait jamais oubliĂ© malgrĂ© le temps passĂ©.

TantĂŽt il Ă©tait en train de se caresser contre ses jambes tout en faisant ses pattes de velours, tantĂŽt il ronronnait trĂšs bruyamment lorsqu’elle lui caressait son ventre d’un blanc immaculĂ©.

Toutes ces images ne cessaient de tourner en boucle et la rendaient infiniment heureuse comme si son chat n’avait jamais quittĂ© cette terre, qu’il Ă©tait toujours lĂ , bien vivant, tout prĂšs d’elle, dans sa chambre, en train de dormir paisiblement dans le fameux fauteuil qui lui Ă©tait attitrĂ© et qu’elle avait surnommĂ© « Petit Prince » tant elle l’adorait.

Un fauteuil dont le revĂȘtement de velours si doux et si moelleux avait le don de le rendre totalement dingue lorsqu’à peine, il s’y s’allongeait et qu’il se mettait alors dans sa position prĂ©fĂ©rĂ©e : celle de l’escargot tout en mordillant avec dĂ©lectation le tissu de velours bleu turquoise.

Et bien entendu comme tous les chats, il lui arrivait Ă©galement d’y planter ses petites griffes acĂ©rĂ©es avec un certain plaisir non dissimulĂ© tant il se sentait dans une totale plĂ©nitude.

Comme Tootsy lui manquait ! Et le revoir ainsi, allongé dans son fauteuil, en train de la regarder intensément avec ses si jolis yeux jaunes la faisaient littéralement fondre.

Elle s’avança vers lui et commença Ă  lui caresser la tĂȘte tout en lui murmurant des mots doux.

Sous l’effet de ses caresses, Tootsy s’étira puis se mit soudainement Ă  miauler trois fois. Habituellement, elle aurait fait semblant de comprendre ce qu’il pouvait bien vouloir lui dire mais lĂ , dans son rĂȘve, il n’était pas nĂ©cessaire de le faire puisque comme par magie, ses miaulements se traduisirent instantanĂ©ment dans sa langue humaine. Et voici ce qu’elle entendit :

« Maman, tu me manques beaucoup
 »

Jessica fut un peu surprise de l’entendre parler ainsi mais nĂ©anmoins ravie car ce n’est pas si frĂ©quent de pouvoir enfin comprendre les miaulements de son chat. Sans plus attendre, elle lui rĂ©pondit :

« Moi aussi, mon bĂ©bĂ©, tu me manques Ă©normĂ©ment, j’espĂšre que tu le sais
 »

« Oui, je le sais Maman. C’est pourquoi, j’ai voulu te voir ce soir pour te dire aussi que je t’aimerai toujours
 »

« Oh ! Comme tu es mignon ! Moi aussi, je t’aimerai toujours mon Tootsy
 »

C’est alors qu’il rapprocha son museau tout blanc de ses longs cheveux cuivrĂ©s qui se balançaient juste devant sa truffe ; les renifla avec insistance un petit moment car il aimait bien sentir leurs parfums qui embaumaient le shampooing Ă  la fleur de TiarĂ© puis commença Ă  mordiller leurs pointes avec espiĂšglerie.

Tootsy adorait jouer avec ses cheveux et Jessica le savait bien, c’est pourquoi, elle faisait exprĂšs de les laisser tomber en cascade sur le sommet de son crĂąne tout en leur faisant faire des mouvements de va et vient Ă  l’aide de sa main, lui balayant ainsi l’extrĂ©mitĂ© de son museau ; si bien, que cela avait tendance Ă  le rendre complĂ©tement fou et plus joueur que jamais.

Ensuite, tout en ronronnant, il terminait son jeu de mĂąchouillage capillaire en lĂ©chant le bout de ses doigts avec sa petite langue rose si rĂąpeuse et si chatouilleuse, qu’elle ne pouvait s’empĂȘcher de rire aux Ă©clats.

À ces moments-lĂ , elle aurait voulu figer le temps et garder pour toujours son chat Ă  ses cĂŽtĂ©s mais

elle savait bien que ce n’était pas possible


Cependant, tout Ă©tait possible dans son rĂȘve alors elle en profitait au maximum tout en espĂ©rant que celui-ci durerait le plus longtemps possible.

Mais ne dit-on pas que jamais rien ne dure ici-bas ?

Subitement, la derniĂšre image de son chat lui lĂ©chant le bout des doigts commença Ă  se flouter puis Ă  s’estomper de plus en plus jusqu’à totalement disparaĂźtre derriĂšre un gros nuage sombre.

« Non, ne t’en va pas, reste encore prĂšs de moi Tootsy
 » murmura-t-elle dans son rĂȘve.

Mais le nuage noir venait de tout effacer laissant place Ă  prĂ©sent, Ă  un vaste dĂ©sert aride inondĂ© d’une lumiĂšre blanche blafarde qui lui aveuglait les yeux.

Elle porta alors sa main droite en visiĂšre de façon Ă  se les protĂ©ger des Ă©blouissants rayons ardant du soleil puis se mit Ă  regarder autour d’elle.

Il n’y avait pas la moindre vĂ©gĂ©tation ; juste le dĂ©sert sablonneux qui n’en finissait pas et elle, toute seule en train d’errer…

Le soleil tapait fort ; il lui brĂ»lait la peau et l’air Ă©tait lourd.

Fort heureusement, une lĂ©gĂšre brise venait de temps en temps lui caresser le visage, lui procurant ainsi un certain bien-ĂȘtre qui lui donnait la sensation de rester fraĂźche et de ne pas trop transpirer vu qu’il faisait une chaleur insoutenable ici.

Comme elle Ă©tait pieds nus, elle pouvait ressentir la chaleur du sable chaud Ă  chacun de ses pas mais ce n’était pas si dĂ©sagrĂ©able vu qu’il n’était pas non plus brĂ»lant.

Ici, il n’y avait pas Ăąme qui vive. Tout Ă©tait cruellement dĂ©sertique. Le paysage ne se rĂ©sumait qu’à une vaste terre sans limite, de couleur ocre, accompagnĂ©e de hautes dunes sablonneuses de-ci delĂ  avec pour unique toile de fond un ciel bleu pĂąle sans nuages d’oĂč irradiait un soleil d’un jaune vif beaucoup trop Ă©clatant qui lui faisait mal aux yeux.

Et il faisait extrĂȘmement chaud. Une chaleur exubĂ©rante mais supportable grĂące aux quelques coups de vent intermittents qui au passage venaient lui Ă©bouriffer les cheveux et lui faire le plus grand bien.

Pour l’instant, Jessica n’éprouvait pas encore l’envie de boire mais cela ne tarderait pas arriver vu les rayons persistants de ce soleil implacable.

Elle marchait tranquillement sans trop savoir oĂč elle allait quand soudain le ciel commença Ă  s’obscurcir.

« Tiens, que se passe-t-il ? » se demanda-t-elle en le scrutant des yeux.

Quelques secondes aprĂšs, elle compris qu’il s’agissait d’une Ă©clipse solaire. Tout en se protĂ©geant les yeux, elle regarda en direct le soleil se voiler partiellement puis passer Ă  l’état d’éclipse totale rendant alors ces lieux des plus lugubre ; ce qui dĂ©stabilisa Jessica qui avait une sainte horreur de la nuit.

Jusque-lĂ , jamais encore elle n’avait assistĂ© Ă  ce type de phĂ©nomĂšne, mais elle savait bien qu’il fallait Ă©viter de regarder une Ă©clipse sans lunettes de protection alors elle prĂ©fĂ©ra baisser les yeux et attendre que le soleil revienne.

« Alors tu reviens ou pas ? » s’agaça t-elle tout en jetant furtivement un Ɠil au ciel qui Ă©tait toujours autant obscurci.

Mais au lieu que celui-ci rĂ©apparaisse ; Jessica remarqua qu’il venait subitement de se dissimuler derriĂšre les dunes de sable ocre.

« Eh ! Mais qu’est-ce que ça veut dire ? » s’écria-t-elle toute dĂ©contenancĂ©e.

Normalement, ce genre de phénomÚne ne se produisait jamais aprÚs une éclipse et le soleil aurait dû revenir alors que là, il avait totalement disparu.

Quant au ciel obscur, il était à nouveau redevenu clair et avait repris sa couleur initiale bleue azur comme lors de son arrivée dans ce désert.

« Ce n’est pas possible que le ciel soit redevenu bleu ! puisque le soleil n’est plus lĂ  ! Et pourquoi s’est-il dĂ©jĂ  couchĂ© ? Mais que se passe-t-il ici ? » s’exclama t-elle tout haut.

Mais ce qui la rendit encore plus perplexe, c’est qu’il ne faisait pas nuit. Or, la nuit aurait dĂ» tomber depuis dĂ©jĂ  longtemps puisque le soleil s’Ă©tait couchĂ©. Tout ceci n’était vraiment pas normal.

Soudain, sous ses yeux ébahis, le ciel bleu azur changea brusquement de couleur et se métamorphosa en un ciel bleu violet pour se teindre finalement en une couleur mauve profonde.

Jamais encore, Jessica n’avait assistĂ© Ă  un tel spectacle et ce, en quelques fractions de secondes seulement…

« Comme tout est Ă©trange ici ! » murmura-t-elle dans un souffle. « C’est Ă  n’y rien comprendre mais je dois bien reconnaĂźtre que ce ciel est vraiment magnifique. Je n’en avais jamais vu de semblable sur terre » s’extasia t-elle en admirant avec Ă©merveillement ce ciel qui semblait sortir tout droit d’un film de science-fiction.

Le paysage semblait alors beaucoup plus insolite comme si elle se trouvait dans un autre monde. Une autre dimension. Un lieu irrĂ©el mais si beau qu’elle en Ă©tait subjuguĂ©e et totalement fascinĂ©e au point mĂȘme de ne plus craindre de se retrouver toute seule ici.

Les cheveux Ă©pars et vĂȘtue d’une simple et longue tunique noire en satin qui volait au moindre coup de vent, Jessica marchait au hasard, sans trop savoir oĂč elle allait mais elle ne se sentait plus autant perdue qu’auparavant.

Elle dĂ©couvrait ce nouveau monde avec beaucoup de curiositĂ© tout en se demandant oĂč tout cela la mĂšnerait.

Et de toute façon, maintenant qu’elle Ă©tait ici, elle voulait aller jusqu’au bout de cette aventure incongrue et ne surtout pas retourner en arriĂšre. Il fallait au contraire, qu’elle avance.

Elle regarda Ă  nouveau le ciel. Il venait Ă  l’instant mĂȘme de changer de nuance. Il s’était Ă  prĂ©sent teintĂ© d’une jolie couleur mauve claire dans lequel venait de s’incruster par myriades des Ă©toiles multicolores qui commencĂšrent Ă  briller par intermittence ; ce qui la fit immĂ©diatement penser aux guirlandes lumineuses que l’on accrochait aux branches du sapin de NoĂ«l.

« Vraiment magnifique ! » s’émerveilla t-elle Ă  haute voix.

Elle venait de s’arrĂȘter de marcher et admirait toute la magnificence de ce ciel Ă©toilĂ© qui s’étendait Ă  l’infini. Il Ă©tait si spĂ©cial et tellement original, qu’elle en restait Ă©blouie.

« Dieu, que c’est beau ! » s’exclama t-elle en ayant presque les larmes aux yeux.

Ce ciel teintĂ© de mauve et envahit d’étoiles multicolores contrastait littĂ©ralement avec cet immense dĂ©sert de couleur ocre et totalement dĂ©pouillĂ© de vĂ©gĂ©tations. Et s’il fallait choisir entre le ciel et la terre ; son choix Ă©tait dĂ©jĂ  fait. Il faut dire que ce dĂ©sert n’était guĂšre accueillant tant il Ă©tait triste et fade


Regarder ce ciel lui faisait le plus grand bien. Il lui permettait d’oublier le cĂŽtĂ© sinistre de ces lieux ternes, sans vie et sans couleurs.

Ce ciel portait en lui toute la lumiùre dont elle avait besoin et lui redonnait de l’espoir.

Quant Ă  la nuit, elle ne semblait pas exister dans ce nouveau monde ; ce qui arrangeait bien Jessica qui la dĂ©testait au plus haut point. Elle avait toujours eu peur de la nuit. La nuit avait tendance Ă  lui faire perdre ses points de repĂšre. La nuit rendait tout diffĂ©rent. Et puis dans la nuit, on n’y voit strictement rien. Alors, qu’ici, le ciel restait perpĂ©tuellement inondĂ© d’une douce lumiĂšre, lui permettant ainsi de voir tout ce qui l’entourait comme si elle Ă©tait toujours en plein jour.

Cette lumiĂšre n’était ni jaune, ni blanche, ni blafarde ; elle restait d’une jolie couleur mauve tamisĂ©e rendant alors l’atmosphĂšre bien plus chaleureuse. Un peu comme si on se retrouvait dans une bulle de protection ou encore Ă  l’intĂ©rieur du ventre de sa mĂšre.

Et au milieu de ce triste désert inconnu, Jessica évoluait tranquillement tout en admirant ce ciel mauve étoilé qui lui redonnait du courage.

Au fond d’elle, elle espĂ©rait que cette aventure la conduirait vers un heureux dĂ©nouement.

Mais le seul inconvĂ©nient perturbateur qui commença Ă  se faire ressentir fut bien la soif. Elle lui brĂ»lait et assĂ©chait la gorge, l’empĂȘchant ainsi de dĂ©glutir convenablement et finissant par lui provoquer de terribles quintes de toux assez fatigantes.

À cet instant-lĂ , elle ne put s’empĂȘcher d’imaginer une paisible oasis se dressant droit devant elle, avec, posĂ© en son centre, sur une table basse, un grand verre de coca-cola bien glacĂ©, agrĂ©mentĂ© d’un zeste de citron vert car c’est ainsi qu’elle l’apprĂ©ciait et qui n’attendait qu’elle. Elle prenait alors le verre tout enveloppĂ© de condensation dĂ©goulinante et se mettait Ă  le boire goulument d’un trait. Et lĂ , enfin ! Sa soif Ă©tait Ă©tanchĂ©e.

Afin de rĂ©aliser son vƓu de dĂ©saltĂ©ration, elle se mit Ă  fermer les yeux et attendit quelques instants avant de les rouvrir. Mais une fois les yeux ouverts, elle ne vit strictement rien. Pas le moindre verre d’eau ni de boisson gazeuse ne s’était matĂ©rialisĂ©e devant elle alors elle prĂ©fĂ©ra oublier cette pensĂ©e et se concentrer plutĂŽt sur sa marche.

Et le temps s’écoula, s’égrĂšna sous cette Ă©crasante chaleur


Elle marchait toujours sans but prĂ©cis dans cet immense dĂ©sert lorsque soudain elle crut apercevoir au loin une silhouette allongĂ©e qui semblait porter quelque chose de trĂšs brillant devant elle mais de lĂ  oĂč elle se trouvait, elle n’arrivait pas Ă  voir clairement de quoi il s’agissait exactement.

Elle se frotta les yeux pour voir si elle n’avait pas Ă©tĂ© victime d’une hallucination Ă  cause de sa fatigue mais quand elle regarda Ă  nouveau au loin, la silhouette se profilait toujours. Ce n’était donc pas une hallucination


Un peu interloquée et ne sachant quoi faire face à cette inopinée présence, elle se demanda avec une certaine inquiétude si elle devait attendre sa venue ou au contraire la fuir.

La panique s’insinua en elle, entraünant ainsi de multiples questions qui commencùrent à lui envahir l’esprit :

Est-ce que cette soudaine apparition venue de nulle part Ă©tait humaine comme elle ? Et dans ce cas-lĂ , Ă©tait-ce un homme ou une femme ? Et le plus important de tout : est-ce qu’il ou elle lui voudrait du bien ou du mal ?

Mais Ă  peine s’était-elle posĂ©e toutes ces questions que l’étrange silhouette allongĂ©e vola subitement dans les airs et se dirigea droit vers elle telle une fusĂ©e.

« Mon Dieu ! » s’écria Jessica en sursautant. Trop tard ! DĂ©sormais, elle ne pouvait plus fuir


Instinctivement, elle ferma les yeux pensant ainsi qu’elle pourrait peut-ĂȘtre effacer cette vision et mĂȘme si cela n’avait rien donnĂ© tout Ă  l’heure concernant son souhait de dĂ©saltĂ©ration. Elle se concentra et compta alors jusqu’à 10 dans sa tĂȘte et lorsqu’elle arriva enfin au chiffre fatidique, les rouvrit aussitĂŽt s’attendant Ă  voir un monstre en face d’elle…

À sa grande surprise, ce qu’elle vit ne ressembla en rien Ă  un monstre mais plutĂŽt Ă  une Ă©trange jeune femme souriante qui tenait entre ses mains un Ă©norme globe terrestre tout illuminĂ© qui lui mangeait pratiquement tout le devant du corps.

Comme elle venait d’atterrir tel un boulet de canon ; elle Ă©tait encore toute aurĂ©olĂ©e d’un Ă©pais nuage de poussiĂšre de sable blanc mais peu Ă  peu, il finit par se dissiper permettant ainsi Ă  Jessica de pouvoir mieux distinguer ses traits.

La jeune femme accentua davantage son sourire comme pour lui faire montrer qu’elle n’était pas son ennemie ; ce qui la rassura grandement.

Cependant, il y avait quelque chose qui clochait chez elle. Elle ne semblait pas tout Ă  fait humaine par rapport Ă  quelques particularitĂ©s physiques qu’elle venait de remarquer.

En effet, mis Ă  part leurs formes en amande, ses grands yeux noirs frangĂ©s de cils Ă©pais ne ressemblaient pas Ă  ceux d’un humain. Ils Ă©taient d’un noir profond trĂšs opaque semblable Ă  de l’encre de chine et totalement dĂ©nuĂ©s d’iris, de pupilles ainsi que de sclĂšre : la fameuse membrane qui forme le « blanc » de l’Ɠil et que tout ĂȘtre humain bien constituĂ© a Ă  sa naissance. Mais lĂ , en leur absence, le regard de cette jeune femme Ă©tait des plus troublant et mystĂ©rieux ; voire presque rebutant tant leur noirceur profonde Ă©tait Ă©nigmatique.

Quant Ă  ses doigts dĂ©mesurĂ©s qui maintenaient l’énorme globe terrestre Ă  hauteur de sa poitrine ; ils Ă©taient palmĂ©s avec de longs ongles noirs recourbĂ©s si pointus qu’ils faisaient penser aux griffes acĂ©rĂ©es des grands fĂ©lins mais en beaucoup plus redoutables. C’était d’ailleurs, ce qu’il y a avait de plus effrayant chez elle ; si bien, que Jessica prĂ©fĂ©ra ne pas trop s’y attarder sous peine de paniquer.

Jessica continua son inspection physique.

La jeune femme avait de longs cheveux raides de couleur mauve striĂ©s de jolis reflets violet qui lui tombaient de chaque cĂŽtĂ©s du visage jusqu’aux Ă©paules ainsi qu’une Ă©paisse frange lisse qui lui arrivait au ras des sourcils. Une chevelure des plus originale que Jessica n’avait encore jamais vu sur terre et qu’elle trouvait plutĂŽt jolie. Toutefois, elle se demandait si leur texture ressemblait Ă  celles des humains. Il lui semblait que oui mais elle n’en Ă©tait pas sĂ»r.

Enfin, son visage poudrĂ© de blanc Ă  outrance et rehaussĂ© de rose Ă  joues nacrĂ© bien prononcĂ© ressemblait au maquillage si particulier des Geisha tandis que ses lĂšvres pulpeuses Ă©taient peintes d’un rouge vif brillant qui jurait avec la blancheur de son teint.

À force de l’observer, Jessica finit par en dĂ©duire que cette Ă©trange jeune femme devait ĂȘtre une extra-terrestre vu les traits physiques quelque peu hĂ©tĂ©roclites qui la caractĂ©risait.

Quant au reste de son anatomie : bras, jambes et pieds ; ils Ă©taient comme ceux des humains.

Ses bras Ă©taient revĂȘtus de longues manches chauve-souris de couleur noir qui lui retombaient le long des coudes Ă  cause du globe qu’elle portait.

Sa jupe noire moulante qui lui arrivait au-dessous des genoux laissait apparaĂźtre de jolies jambes fuselĂ©es avec des pieds nus dont les ongles avaient la mĂȘme couleur que celles de ses mains.

Par contre, elle ne pouvait pas encore voir l’ensemble de son corps Ă  cause de l’énormissime globe terrestre qu’elle tenait toujours contre elle, entre ses mains et qui lui cachait tout le devant de la poitrine jusqu’à la taille.

Mis Ă  part les yeux d’un noir opaque sans sclĂšre ainsi que les doigts dĂ©mesurĂ©s aux longs ongles noirs crochus ; Jessica n’était pas trop effrayĂ©e par cette jeune femme venue d’ailleurs ; sans doute parce qu’elle arborait constamment un sourire sur son visage impassible et qu’elle semblait ĂȘtre pacifiste envers elle.

Alors, pour briser la glace, elle décida de lui rendre le sien puis lui demanda :

« Comment vous appelez-vous ? »

La jeune femme ne cilla pas. Elle restait imperturbable et sans aucune rĂ©action. Ses grands yeux noirs vides d’expression ne cessaient de la fixer et pas un seul mot ne sortit de sa bouche. Elle semblait ailleurs…

Soudain, Jessica ouvrit les yeux grands comme des soucoupes.

Les longs cheveux raides et mauves de la jeune femme venaient subitement de se soulever tout seuls et commencĂšrent Ă  s’onduler tels des serpents, dans un mouvement rĂ©gulier, tout autour de son visage.

« Eh ! Mais comment faites-vous ça ? » s’écria Jessica, les yeux Ă©carquillĂ©s.

Toujours en apesanteur, les longs cheveux ne cessaient de s’onduler et de s’entremĂȘler entre eux lorsque soudain ils s’élevĂšrent dans leurs totalitĂ©s au-dessus de sa tĂȘte et restĂšrent ainsi suspendus dans les airs tout en continuant leurs jolies danses d’ondulation.

HypnotisĂ©e et sans voix devant ce phĂ©nomĂšne capillaire des plus insolite, Jessica n’en revenait pas de ce qu’elle voyait : les cheveux bougeaient rĂ©ellement tout seuls.

La chevelure mauve semblait ĂȘtre vivante.

Quel étrange phénomÚne ! se dit-elle intérieurement, totalement subjuguée.

Les cheveux continuaient toujours de s’onduler en apesanteur lorsque brusquement ils se figĂšrent et restĂšrent ainsi immobiles durant quelques minutes avant de finir par retomber lentement, mĂšches aprĂšs mĂšches avec dĂ©licatesse sur les fines Ă©paules drapĂ©es de noir de la jeune femme.

Comme par enchantement, ils avaient repris leur apparence de raideur bien lisse et encadraient Ă  nouveau le contour de son visage comme si aucune manifestation ne s’était passĂ©e.

« Mais comment avez-vous fait ça ?? » s’écria Ă  nouveau Jessica en espĂ©rant que la jeune femme finirait bien par lui rĂ©pondre.

Mais la jeune femme restait toujours autant imperturbable comme si elle n’entendait pas Jessica. Elle gardait ce mĂȘme sourire figĂ© qui ne l’avait jamais quittĂ© depuis qu’elles s’étaient rencontrĂ©es.

« RĂ©pondez-moi s’il vous plaĂźt
 » insista-t-elle.

Mais la jeune femme ne daignait toujours pas ouvrir les lĂšvres.

Mais pourquoi diable ne voulait-elle pas lui rĂ©pondre ? Était-elle muette ? Et pourquoi ce sourire perpĂ©tuel sur son visage ? s’interrogea t-elle.

« Vous ĂȘtes muette ? C’est pour ça que vous ne me parlez pas ? » questionna Jessica avec une pointe d’agacement dans la voix.

Brusquement, le globe que tenait la jeune femme entre ses mains se mit Ă  vibrer et Ă  briller plus intensĂ©ment. La lumiĂšre jaune qui l’enveloppait devint alors beaucoup plus incandescente et irradiante tel un soleil brillant de mille feux.

Ce fut à ce moment-là que la jeune femme émit enfin son premier son tout en gardant son perpétuel sourire :

« Bonjour Jessica ! Je suis Cortana. Je suis venue de trÚs loin pour vous dire un message »

« Me dire un message ? Mais de quoi me parlez-vous ? Et pourquoi ce globe bouge comme ça. Qu’est-ce qui se passe ? »

À prĂ©sent, le globe tressautait vigoureusement comme s’il allait exploser d’une minute Ă  l’autre. Manifestement, la jeune femme faisait beaucoup d’efforts pour pouvoir le maintenir tout contre elle afin qu’il ne lui Ă©chappa pas des mains. Ses longs doigts aux ongles noirs si pointus Ă©taient tendus Ă  l’excĂšs et semblaient se distendre tellement ils luttaient et rĂ©sistaient contre les tressautements violents.

Cependant, son visage n’exprimait aucune crispation d’effort et gardait toujours le mĂȘme sourire figĂ© comme si de rien n’Ă©tait.

De son cĂŽtĂ©, Jessica ne quittait pas des yeux le globe qui semblait ĂȘtre enragĂ©.

Soudain, son incandescente lumiĂšre devint brutalement aveuglante ; si bien qu’elle dĂ» fermer les yeux.

C’est alors que la jeune femme sortit à nouveau de son mutisme :

« Ne vous inquiĂ©tez pas Jessica. Ce globe qui reprĂ©sente votre planĂšte Terre n’explosera pas. Les violentes vibrations qui le secouent ainsi que la forte lumiĂšre aveuglante qui l’entoure ne sont que les manifestations d’un signe. Ce signe nous indique qu’il sera bientĂŽt prĂȘt Ă  vous transmettre le message dont je vous parlais tout Ă  l’heure. Moi, je ne suis que son intermĂ©diaire. N’ayez crainte, Jessica ; les deux manifestations vont bientĂŽt s’arrĂȘter. Gardez les yeux fermĂ©s et attendez mon signal »

Quelque peu dĂ©contenancĂ©e, Jessica s’exĂ©cuta et attendit.

Entre les mains de la jeune femme, le globe continuait toujours de vibrer avec violence lorsque soudain il s’arrĂȘta brutalement de bouger et resta totalement immobile.

Sa lumiĂšre aveuglante diminua peu Ă  peu d’intensitĂ© jusqu’à s’éteindre complĂ©tement, laissant place Ă  un globe qui Ă©tait devenu tout terne.

Il ne semblait plus ĂȘtre en vie.

À prĂ©sent, il avait pris une couleur grisĂątre et on pouvait voir sur son pourtour, sculptĂ©s en relief, les diffĂ©rents continents de la planĂšte Terre.

« Maintenant, Vous pouvez rĂ©ouvrir les yeux Jessica. Les manifestations viennent de s’arrĂȘter »

Jessica ouvrit aussitĂŽt les yeux et revit la fameuse boule terrestre qui lui avait tant fait peur tout Ă  l’heure et qui semblait s’ĂȘtre enfin calmĂ©e maintenant. Elle constata qu’elle n’était plus illuminĂ©e de son incandescente lumiĂšre si aveuglante et qu’elle avait pris une teinte grise.

« Le globe est devenu tout terne et il ne bouge plus du tout » dit-elle en regardant Cortana.

« Oui, comme je vous l’avais dit prĂ©cĂ©demment. Cette couleur grise est le processus normal qui fait suite aux deux manifestations. Et dans une trentaine de minutes, il vous annoncera enfin votre message »

« Mais de quel message s’agit-il ? »

« Je sais que tout cela doit vous paraßtre incongru mais je vous en prie, faites-moi confiance »

« Mais dans ce cas lĂ , est-ce que je peux vous poser d’autres questions ? »

« Oui, si cela peut vous aider à vous mettre en confiance »

« Heu
. Tout d’abord, qui ĂȘtes-vous exactement ? Une sorte d’extra-terrestre ? »

« Comme je vous l’ai dit tout Ă  l’heure, je m’appelle Cortana. Je suis effectivement une extra-terrestre mais je n’aime pas ce terme que je trouve pĂ©joratif et galvaudĂ©. Plus exactement, je suis une humanoĂŻde mais lĂ  encore, je prĂ©fĂšre dire que je suis une humaine tout comme vous mais avec quelques diffĂ©rences que vous avez dĂ» remarquer par rapport Ă  mes yeux, mes mains ainsi que mes cheveux. Toutes ces diffĂ©rences qui font que je suis un ĂȘtre exceptionnel, unique et Ă  part » ajouta-t-elle fiĂšrement dans un large sourire qui fit apparaĂźtre pour la premiĂšre fois une rangĂ©e de dents d’une Ă©clatante blancheur.

« Oui, j’ai vu tout Ă  l’heure que vos cheveux volaient dans les airs ! Jamais encore, je n’avais assistĂ© Ă  un tel phĂ©nomĂšne… »

« Oui, je sais. Je vous dois quelques explications Ă  ce sujet. Tout Ă  l’heure, mes cheveux Ă©taient en apesanteur parce qu’ils Ă©taient en connexion avec le globe. À ce moment-lĂ , je ne pouvais pas encore vous parler car j’étais concentrĂ©e et en communion avec eux. Mes cheveux sont ultra sensibles et lorsqu’ils ressentent n’importe quelle manifestation ou Ă©vĂšnement Ă  venir, ils me l’annoncent en faisant des mouvement d’ondulation »

« Ils vous prĂ©disent donc l’avenir ? »

« Oui, en quelque sorte mais juste en ce qui concerne les manifestations de la nature. Par exemple, si jamais il y avait un sĂ©isme ou encore un tsunami ; mes cheveux seraient capables de me l’annoncer deux ou trois jours Ă  l’avance afin que je m’y attende et que je puisse trouver des solutions pour sauver l’humanitĂ© et mĂȘme si malheureusement on ne peut jamais Ă©viter les pertes »

« wahou ! En effet, des cheveux pareils, ce n’est pas courant ! Mais lĂ , il me semble qu’ils bougeaient Ă  cause de ce globe terrestre. Pourquoi ? »

« Ce globe reprĂ©sente la nature de votre planĂšte Terre. Il n’est donc pas ordinaire car il est vivant. C’est un peu comme si vous aviez lĂ , juste devant vos yeux votre propre planĂšte en miniature et que vous pourriez enfin voir tout ce qu’il y a Ă  l’intĂ©rieur »

« Ah d’accord, je comprends mieux… D’oĂč ce mystĂ©rieux message qui m’est destinĂ© ? »

« En effet, vous comprenez vite Jessica
 Avez-vous d’autres questions ? »

« Heu… »

Jessica voulait connaĂźtre le mystĂšre de ses yeux noirs mais elle n’osait pas lui poser la question. Ce fut Cortana qui la devança comme si elle lisait dans ses pensĂ©es telle une tĂ©lĂ©pathe.

« N’avez-vous pas des questions au sujet de la particularitĂ© de mes yeux ? Ils doivent vous paraĂźtre affreux et effrayants. Sans parler de mes mains
 »

Jessica fut surprise par les paroles négatives de la jeune femme mais soulagée que ce fut elle qui engagea la discussion à ce sujet


« Eh bien, il est vrai qu’ils ne sont pas communs mais j’aimerais beaucoup que vous m’en parliez »

« TrĂšs bien, je vous remercie. Mes yeux sont entiĂšrement colorĂ©s en noir parce qu’ils sont dotĂ©s d’un filtre protecteur qui me protĂšgent des rayons ultraviolets nocifs du soleil ainsi que de toutes sources de lumiĂšres agressives ou aveuglantes tel que ce globe par exemple. Ce filtre est un vĂ©ritable bouclier. Ainsi, je suis totalement immunisĂ©e du vieillissement oculaire ainsi que de toutes sortes de maladies de l’Ɠil »

« Wahou ! En effet, vos yeux sont vraiment exceptionnels. Je comprends mieux à présent, leurs couleurs si noires. Et vos mains ? »

« Mes mains sont démesurées pour pouvoir porter toutes sortes de choses trÚs lourdes ou trÚs volumineuses et sans en subir les conséquences. Par exemple, je serais capable de porter une masse de 500 kg sans aucune difficulté et sans le moindre effort. Quant à mes longues griffes ; elles me permettent de pouvoir me défendre de toutes agressions physiques. Ainsi, grùce à elles, je ne crains strictement rien »

« Wahou ! Je suis vraiment bluffĂ©e ! Vous ĂȘtes vraiment exceptionnelle comme personne ! »

« Merci, Jessica. Je suis heureuse que vous pensiez cela. Avez-vous d’autres questions Ă  me poser ? »

« Oui. Heu
 Avant que l’on se rencontre tout Ă  l’heure ; je vous avais vu voler dans le ciel comme si vous Ă©tiez une vĂ©ritable fusĂ©e. Comment est-ce possible ? »

Cortana accentua davantage son sourire laissant apparaĂźtre Ă  nouveau ses dents d’une extrĂȘme blancheur.

« Eh bien, mon espĂšce est capable de voler comme vos machines volantes ou encore comme un oiseau. J’ai Ă©galement la possibilitĂ© de choisir ma vitesse de vol selon mes dĂ©sirs. Tous les humains de mon espĂšce sont dotĂ©s de ce pouvoir surnaturel. C’est ainsi que nous sommes nĂ©s »

« wahou ! Vos pouvoirs sont vraiment extraordinaires ! Comme ça doit ĂȘtre merveilleux de pouvoir voler comme un oiseau
 Mais, je voulais vous demander
 Est-ce que vous ĂȘtes nombreux dans votre espĂšce ? »

« Oui, mais pas suffisamment. Actuellement, nous avons atteint le nombre de 5000 Uranusiens. Comme vous pouvez le constater, nous ne sommes pas aussi nombreux que votre planÚte Terre »

« Uranusien ?? » questionna Jessica, les sourcils froncés.

« Oui, Uranusien. LĂ  aussi, je vous dois quelques explications. Alors tout d’abord, je ne viens pas de ce dĂ©sert qui fait parti de la planĂšte « Strangia ». Strangia est une planĂšte inhabitĂ©e qui ne possĂšde aucune ressource naturelle pour pouvoir y vivre. Moi, je viens d’une autre planĂšte qui s’appelle « Uranus ». C’est une planĂšte gĂ©ante qui possĂšde toutes les ressources naturelles dont nous avons besoin contrairement Ă  Strangia »

« D’oĂč le terme Uranusien » enchaĂźna Jessica. « Vous ĂȘtes donc originaire d’Uranus ? »

« Oui, c’est bien ça. Et nous avons aussi des clans au sein de notre espĂšce. Moi, je fais partie du clan des Verseau. C’est une communautĂ© rĂ©volutionnaire qui mĂšne le combat de protĂ©ger les Humains de toutes les catastrophes naturelles qui menaceraient votre planĂšte Terre comme par exemple : les inondations, les feux de forĂȘts, les sĂ©ismes, ect
 C’est notre principale cause. Et biensĂ»r, nous avons aussi la facultĂ© de pouvoir vous annoncer des messages par le biais de notre globe terrestre »

« Wahou ! Vraiment impressionnant ! Et ces messages que vous transmettez, sont-ils bons ou mauvais ? »

« Ils sont toujours porteurs d’espoir et embellissent en gĂ©nĂ©ral votre vie de terriens car nous sommes infiniment respectueux de votre espĂšce. Nous sommes des idĂ©alistes ouverts d’esprits qui acceptons la diffĂ©rence. Nous sommes totalement dĂ©nuĂ©s de mĂ©chancetĂ©. D’ailleurs, dans notre planĂšte, il n’y a ni meurtres ni corruptions »

« Vous en avez de la chance ! HĂ©las, ce n’est pas le cas, pour nous les terriens. Notre humanitĂ© a pas mal de dĂ©fauts
 »

« C’est vrai, mais il y a aussi des exceptions et vous en faĂźtes partie »

« Merci de me dire ça, Cortana mais je pense ne pas ĂȘtre parfaite non plus
 »

« Tout un chacun a ses dĂ©fauts. Personne n’est parfait mais je sais lire en vous comme dans un livre ouvert. Vous avez beaucoup de qualitĂ©s que vous ignorez »

« Ah bon ? Je ne sais pas
 Peut-ĂȘtre… »

« Si, croyez-moi
 »

Jessica trouvait que les paroles de cette Ă©trange jeune femme Ă©taient sages et pleines d’esprit. Elle commençait Ă  lui faire davantage confiance et mĂȘme Ă  l’apprĂ©cier


Peut-ĂȘtre qu’en fin de compte, elle lui ouvrirait l’esprit sur certaines choses de la vie et que c’Ă©tait Ă©crit dans son destin de tomber sur elle, dans ce dĂ©sert…

Cependant, il y avait encore une question qui la turlupinait Ă  son sujet…

« Tout Ă  l’heure, vous avez mentionnĂ© que dans votre planĂšte, vous ne connaissiez ni le meurtre, ni la corruption
 »

« Oui, c’est vrai »

« Mais alors pourquoi est-ce que vous avez de telles griffes aux doigts ? »

Cortana regarda une de ses mains qui maintenait le globe. Son regard semblait lointain comme si cette question l’avait dĂ©rangĂ©e..

« Excusez-moi Cortana. Je n’aurais jamais dĂ» vous poser cette question et
 »

« Mais non, pas du tout » coupa t-elle aussitÎt en la fixant à nouveau de ses grands yeux noirs opaques.

« Votre question est trĂšs pertinente et je vais y rĂ©pondre. Il est vrai que ces ongles sont assez effrayants mais c’est ainsi que nous sommes nĂ©s. Nous ne pouvons pas les couper ni mĂȘme les raccourcir car ils sont en acier. Ces griffes nous servent Ă  nous protĂ©ger des terriens qui nous voudraient du mal et uniquement dans ce cas-lĂ  »

« Je vois… DĂ©solĂ©e pour cette question… Je comprends mieux Ă  prĂ©sent
 »

« Il n’y a pas de mal Jessica. C’est bien que vous m’ayez posĂ© cette question. Au moins, vous arriverez Ă  mieux connaĂźtre mon espĂšce. Avez-vous d’autres questions ? »

« Heu
 Que va-t-il se passer maintenant ? Il s’est dĂ©jĂ  Ă©coulĂ© 30 minutes, je pense… »

« Oui, c’est exact. Le globe va bientĂŽt vous annoncer votre message. Mais avant tout, pourriez-vous vous rapprocher un peu plus prĂšs de lui ? Rassurez-vous, il ne vous fera aucun mal »

Jessica hĂ©sita quelques secondes puis finit par se rapprocher du globe terrestre qui se mit subitement Ă  clignoter d’une incandescente lumiĂšre rouge.

« Que se passe-t-il !! » s’écria-t-elle paniquĂ©e.

« Ne vous inquiĂ©tez pas. C’est tout Ă  fait normal. À prĂ©sent, regardez bien le globe et ne dĂźtes plus un mot. C’est important que vous suiviez mes consignes. Entendu ? »

« Entendu »

Entre les mains de Cortana, le globe terrestre clignota encore 3 fois de suite de la mĂȘme incandescente lumiĂšre rouge puis se mit soudainement Ă  vibrer. À ce moment-lĂ , Cortana retira ses mains de celui-ci et fit un pas en arriĂšre tout en ne le quittant pas des yeux.

Comme par magie, le globe resta suspendu en apesanteur et totalement immobile.

L’instant d’aprĂšs, il se mit Ă  tourner lentement sur lui-mĂȘme dans le sens des aiguilles d’une montre sous le regard hypnotisĂ©e de Jessica qui n’en loupait pas une miette


Incroyable ! se dit-elle tout en se demandant comment il pouvait rester ainsi en apesanteur et pourquoi s’Ă©tait-il mis soudainement Ă  tournoyer


Cortana observait également la rotation du globe. Elle semblait concentrée.

Brusquement, le globe s’arrĂȘta de tournoyer et s’immobilisa net. Qu’allait-il bien se passer maintenant ? s’inquiĂ©ta Jessica qui n’en pouvait plus de ce suspens.

Soudainement, un phénomÚne des plus étrange commença à se produire devant ses yeux ébahis.

Les continents sculptĂ©s en relief venaient de se surĂ©lever simultanĂ©ment et s’étaient ainsi dĂ©tachĂ© de leurs ocĂ©ans respectifs.

Toujours tenue en haleine, Jessica ne quittait pas des yeux le globe.

Brusquement, le continent africain se surĂ©leva davantage et prit alors une hauteur bien plus Ă©levĂ©e que tous les autres continents avant de commencer Ă  s’illuminer progressivement d’une douce lumiĂšre verte qui devint finalement verte fluo.

Ainsi, L’Afrique et la grande Ăźle de Madagascar se diffĂ©renciaient de tous les autres continents qui avaient gardĂ© leur mĂȘme couleur grisĂątre.

Encore un phénomÚne des plus étrange se dit intérieurement Jessica mais néanmoins trÚs beau.

Cortana et elle suivaient des yeux l’Ă©volution de ce globe qui n’Ă©tait vraiment pas ordinaire.

Soudainement, L’Afrique qui Ă©tait tout illuminĂ©e de vert fluo se dĂ©tacha complĂ©tement de la boule terrestre telle une piĂšce de puzzle que l’on retirerait de son support et tomba sur le sable, juste aux pieds de Jessica.

En touchant le sol sablonneux, la piĂšce de puzzle de L’Afrique quitta aussitĂŽt sa lumiĂšre verte fluo et repris sa couleur grisĂątre du dĂ©but.

InterloquĂ©e, Jessica la regarda quelques secondes avant de jeter un regard interrogateur Ă  Cortana qui n’avait pas quittĂ© son sourire lĂ©gendaire.

« Il s’agit de la premiĂšre interprĂ©tation de votre message » lui dit-elle en pointant du doigt la piĂšce de puzzle qui reposait sur le sable. « Il vous en reste encore une » ajouta t-elle.

« Encore une ?? » s’exclama Jessica.

« Oui. Ensuite, vous devrez rassembler les 2 interprétations pour pouvoir composer votre message »

« Mais je ne comprends pas. Je devrais donc deviner de quel message il s’agit ? »

« Oui, c’est tout Ă  fait ça. Je n’ai pas voulu vous en faire part tout Ă  l’heure car je savais que cela vous aurait tracassĂ©. Mais ne vous inquiĂ©tez pas Jessica, je suis certaine que vous finirez par trouver de quoi il s’agit »

« C’est donc un jeu de rĂ©bus ? Mais pourquoi tant de mystĂšre et ne pas tout simplement me rĂ©vĂ©ler directement ce fameux message ? »

« Tout ceci ne vient pas de moi Jessica mais du globe terrestre. Il vous suffit de jouer le jeu et tout se passera bien. Toute chose ne vient pas toujours Ă  vous d’un seul claquement de doigt. Parfois les difficultĂ©s ont leurs avantages. Elles vous permettent de vous rĂ©vĂ©ler. Je suis certaine que tout se passera bien. Croyez moi et ayez confiance »

Jessica fit la moue puis fini par acquiescer d’un signe de tĂȘte.

« Alors, pour l’instant, ne vous occupez pas de la piĂšce de puzzle de L’Afrique » dit Cortana. « Laissez-la, telle qu’elle est, posĂ©e sur le sable et venez plutĂŽt regarder d’un peu plus prĂšs le globe terrestre »

Jessica s’exĂ©cuta sans rechigner.

À prĂ©sent, elle se trouvait trĂšs proche du globe qui Ă©tait toujours en apesanteur.

En l’observant, elle remarqua du premier coup d’Ɠil, sur son pourtour, la prĂ©sence d’une ouverture assez profonde qui avait la forme et les contours de L’Afrique. Elle compris aussitĂŽt qu’il s’agissait de l’emplacement oĂč Ă©tait positionnĂ©e la piĂšce de puzzle qui s’Ă©tait brusquement Ă©jectĂ©e tout Ă  l’heure. À sa place, il y avait un trou assez large dans lequel on pourrait aisĂ©ment y plonger une main.

En ne le quittant pas des yeux, elle demanda Ă  Cortana :

« Il y a une ouverture Ă  l’emplacement de L’Afrique et je voudrais savoir si je peux y plonger ma main… »

« Oui, allez-y Jessica. Vous ĂȘtes sur la bonne voie »

Sans plus attendre, Jessica plongea sa main droite Ă  l’intĂ©rieur du large trou. Ses doigts rencontrĂšrent alors quelque chose de plus ou moins dur mais elle ne savait pas trop de quoi il s’agissait. À force de le triturer du bout des doigts, elle en dĂ©duisit que cela pouvait ĂȘtre sans doute une petite carte plastifiĂ©e. Pour en avoir le cƓur net, elle essaya d’attraper l’objet entre son index et son majeur mais Ă  chaque fois il lui glissait des doigts. Elle souffla d’agacement. DĂ©cidĂ©ment, ce satanĂ© message Ă©tait sacrĂ©ment coriace. Elle ne se dĂ©couragea pas et se concentra Ă  nouveau. Quelques minutes s’écoulĂšrent.

« AllĂ©luia !! Je l’ai enfin !!! » s’écria-t-elle de joie.

« Ravie de l’entendre Jessica. Vous devrez garder pour vous ce qu’il y a d’écrit sur cette carte et en aucun cas me le divulguer. C’est une des rĂšgles du jeu du globe terrestre »

« OK, j’ai bien compris »

Avec hĂąte, Jessica regarda la petite carte qu’elle tenait dans sa main. Il s’agissait d’une carte de visite plastifiĂ©e de couleur bleue ciel. Sur le recto Ă©tait reprĂ©sentĂ©e l’image d’un trĂšfle Ă  4 feuilles tandis que sur le verso, on pouvait lire en lettres majuscules et caractĂšre gras le mot suivant : « RUOSIS »

Jessica rĂ©pĂ©ta plusieurs fois le mot « RUOSIS » dans sa tĂȘte pour voir si quelque chose lui reviendrait Ă  l’esprit mais pour l’instant, il n’y avait rien de bien concluant.

« Je verrai ça plus tard » murmura t-elle entre ses dents. « Et je finirai bien par trouver… » ajouta t-elle dans son for intĂ©rieur tout en retournant la carte entre ses doigts.

Cortana s’avança doucement vers elle avec cet Ă©ternel sourire sur les lĂšvres. Jessica la regarda en coin.

Visiblement, elle avait l’air de vouloir lui dire quelque chose alors elle dĂ©posa prestement la carte de visite sur le sable juste Ă  cotĂ© de la piĂšce de puzzle de L’Afrique et attendit que Cortana se rapprocha d’elle.

Sans son Ă©normissime globe terrestre qui lui mangeait entiĂšrement le buste jusqu’Ă  la taille ; Jessica pouvait enfin voir l’ensemble de son corps qui Ă©tait revĂȘtu d’un haut noir tout simple ainsi que d’une jupe noire moulante qui lui allait fort bien. HabillĂ©e ainsi, elle avait une certaine allure et ressemblait beaucoup Ă  une humaine. C’Ă©tait vraiment une jolie jeune femme se dit-elle mis Ă  part ses grandes mains dĂ©mesurĂ©es armĂ©es de griffes. Mais depuis leur rencontre, elle avait fini par s’y habituer.

« Vous vouliez me dire quelque chose ? » s’empressa t-elle de lui demander avec un petit sourire.

« Oui, en effet Jessica. Ma mission auprĂšs de vous est terminĂ©e et Ă  prĂ©sent je dois rejoindre ma planĂšte oĂč les miens m’attendent »

« Vous devez déjà partir ? Mais que ferais-je ici sans vous, dans ce désert ? »

« Vous ne serez pas longtemps seule. Une autre personne se manifestera une fois que je serai partie et une surprise vous attendra »

« Une autre personne ?? Et une surprise ?? » s’exclama Jessica.

« Oui. Je vous en parlerai avant mon départ. Mais avant cela, je voulais vous remercier Jessica »

« Me remercier ? »

« Oui. Parce que vous ĂȘtes quelqu’un de bien et que vous avez su me faire confiance. Vous vous ĂȘtes intĂ©ressĂ©e Ă  mes origines, Ă  mon peuple
 Tout ceci m’a beaucoup touchĂ©e
 C’est pourquoi, je tenais Ă  vous remercier »

« Merci de me dire ça. Moi aussi, je tenais Ă  vous remercier car vous m’avez appris beaucoup de choses que je n’oublierai jamais. Vous ĂȘtes Ă©galement quelqu’un de bien »

« Merci Jessica »

« Merci à vous »

« À prĂ©sent Jessica, si vous le voulez bien, je dois vous informer de ce qui se passera aprĂšs mon dĂ©part. Vous ĂȘtes prĂȘte Ă  Ă©couter bien attentivement mes consignes ? »

« Oui, je vous écoute »

« Lorsque je quitterai ces lieux, un homme tombera du ciel. Ce sera un Android ou si vous voulez un robot humanoĂŻde. Il viendra Ă  vous et vous demandera de lui remettre les interprĂ©tations que vous avez en votre possession : la piĂšce de puzzle de L’Afrique ainsi que la carte que vous avez trouvĂ© Ă  l’intĂ©rieur du globe terrestre. Vous devrez les lui remettre. Ensuite, concernant ces 2 interprĂ©tations, il vous posera quelques questions dont j’ignore totalement. Une fois que vous y aurez rĂ©pondu, il se passera un phĂ©nomĂšne et Ă  partir de ce moment lĂ , vous dĂ©couvrirez enfin votre surprise. VoilĂ , je vous ai tout dit »

« Mais de quel phĂ©nomĂšne s’agit-il ? »

« Je ne peux vous le dire Jessica. Je suis désolée. Mais ne vous inquiétez pas, tout se passera bien »

« Alors, je vous fais confiance
 Heu, j’aurai une derniĂšre question s’il vous plaĂźt »

« Allez-y. Je vous écoute »

« VoilĂ , ne le prenez surtout pas mal mais je voudrais savoir pourquoi vous avez constamment un sourire sur votre visage depuis que l’on s’est rencontrĂ©es ? »

« Vous ĂȘtes trĂšs observatrice Jessica. Cela vous a-t-il ennuyĂ©e ou agacĂ©e ? »

« Non, pas du tout mais je dois bien avouĂ© que cela m’avait un peu dĂ©routĂ©e au dĂ©but. Un sourire est plutĂŽt agrĂ©able Ă  regarder. Mais c’est juste, que vous n’aviez que cette expression sur le visage depuis notre rencontre alors cela a fini par attiser ma curiositĂ© ; d’oĂč ma question »

« Et c’est une question trĂšs pertinente. Je vais vous en donner la raison. J’ai toujours ce sourire parce que dans ma communautĂ©, nous ne connaissons ni la tristesse, ni la souffrance. Ainsi, nous sommes toujours heureux et c’est pourquoi nous souhaitons faire montrer cette belle image de nous vis-Ă -vis de vous les Terriens. D’oĂč ce sourire constant sur notre visage. C’est une conception que nous avons adoptĂ©e et que nous souhaitons perdurer »

« C’est une belle conception, je trouve. Merci pour cette explication Cortana »

« Merci Ă  vous Jessica. À prĂ©sent, je dois vous quitter. J’ai Ă©tĂ© trĂšs heureuse de faire votre connaissance. Je comprends tout Ă  fait qu’au dĂ©but, vous ayez eu peur de moi lors de notre rencontre. Surtout ne changez rien, Jessica. Vous ĂȘtes quelqu’un de bien et de bien belles choses vous attendent encore sur votre Terre, sachez-le »

« Merci Cortana »

« Merci Ă  vous. Je suis navrĂ©e mais il est temps que je m’en aille maintenant. Je vous dis donc au-revoir et peut-ĂȘtre Ă  bientĂŽt. Et n’oubliez pas tout ce que je viens de vous dire »

« Promis. Au-revoir Cortana ! »

Dans le dĂ©sert inondĂ© d’une douce lumiĂšre mauve, les deux jeunes femmes Ă©taient en train de se dire au-revoir. À proximitĂ© d’elles, le globe terrestre Ă©tait toujours en apesanteur et totalement immobile.

L’instant Ă©tait trĂšs Ă©mouvant, si bien que Jessica ne put s’empĂȘcher d’avoir quelques larmes aux yeux.

Elle n’aurait jamais crĂ» dans sa vie pouvoir tomber sur une telle personne dans ce dĂ©sert immense.

Une personne qui au prime abord lui avait fait peur mais qui par la suite lui avait donné une belle leçon de vie.

Une personne venue d’ailleurs qui avait de bien belles valeurs. Une rencontre unique et des plus improbable qu’elle n’oublierai jamais.

« Au-revoir Cortana ! Et merci pour tout »

« Au-revoir Jessica »

Suite Ă  ces mots, Cortana s’avança vers le globe terrestre et le prit Ă  nouveau entre ses si grandes mains puis tourna la tĂȘte en direction de Jessica pour lui adresser un dernier au-revoir avec le plus beau des sourires.

Jessica lui rendit le sien avec une certaine Ă©motion…

À cet instant prĂ©cis, elle pensa qu’elle n’oublierai jamais ce visage si souriant


Leurs regards se croisùrent pour la derniùre fois


À prĂ©sent, Cortana Ă©tait en train de se concentrer tout en regardant le ciel mauve Ă©toilĂ©. Ça y est, elle Ă©tait fin prĂȘte Ă  partir pour rejoindre sa planĂšte Uranus oĂč tous ses congĂ©nĂšres l’attendaient.

L’air triste, Jessica la suivait du regard. Une larme venait de couler sur sa joue.

Le globe terrestre entre ses mains ; les pieds de Cortana commencĂšrent Ă  se surĂ©lever lentement du sol sablonneux jusqu’Ă  ne plus le toucher puis se retrouvĂšrent en apesanteur, Ă  quelques mĂštre au-dessus de Jessica.

Elle se concentra quelques secondes avant de subitement se propulser vers le haut telle une fusée et fendre les airs à une vitesse vertigineuse.

En un clignement d’Ɠil, elle venait de totalement disparaĂźtre…

Dans le ciel mauve Ă©toilĂ©, seule la trace d’une longue traĂźnĂ©e blanche et vaporeuse pouvait encore tĂ©moigner de son passage Ă©clair mais dans quelques minutes, elle aussi ne tarderait pas Ă  s’effacer


Cortana était bel et bien partie et Jessica se retrouverait à nouveau seule dans ce vaste désert aride.

Elle dĂ©tourna son regard du ciel puis ramassa sur le sable la piĂšce de puzzle ainsi que la carte de visite qu’elle rangea directement Ă   l’intĂ©rieur de la grande poche avant de sa longue tunique. Comme la piĂšce du puzzle Ă©tait beaucoup trop grande ; elle dĂ©passa lĂ©gĂšrement de sa poche.

À cet instant prĂ©cis, elle ne savait pas trop quoi faire alors elle dĂ©cida de marcher comme elle l’avait fait au dĂ©but de son aventure.

Le temps s’écoula sans que rien ne se passa.

Les rayons ardents du soleil Ă©taient peut-ĂȘtre absents mais la chaleur, elle ; Ă©tait toujours autant omniprĂ©sente


Les coups de vents s’étaient attĂ©nuĂ© et se faisaient de plus en plus rare.

Tout en marchant, Jessica jetait de temps en temps un regard furtif au ciel mais aucun homme robot ne semblait vouloir en tomber


Lorsqu’elle Ă©tait en compagnie de Cortana elle n’avait plus du tout Ă©prouvĂ© cette soif qui l’avait tant gĂȘnĂ©e lors de sa marche Ă  travers ce dĂ©sert mais voilĂ  qu’Ă  prĂ©sent, cela lui reprenait
 Mais pourquoi donc ?

Elle avait de nouveau cette folle envie de boire un grand verre de coca-cola bien glacĂ© tellement son gosier Ă©tait sec alors qu’en la prĂ©sence de Cortana, pas du tout


Comme tout cela Ă©tait Ă©trange et incomprĂ©hensible…

C’était un point dont elle n’arrivait pas encore Ă  Ă©claircir et qui l’agaçait car cette soif l’empĂȘchait de bien terminer son aventure…

Elle commençait Ă  se dĂ©courager lorsque soudain elle entendit un son qui provenait du ciel. Le son s’amplifia de plus en plus. Il s’agissait d’une mĂ©lodie. Une musique qu’elle connaissait bien et qu’elle aimait particuliĂšrement. Elle l’écouta tout en scrutant le ciel mauve Ă©toilĂ©.

Comme cette musique Ă©tait belle ! Mais comment diable avait-t-elle pu surgir de ce ciel ? Il n’y avait point d’appareils pour pouvoir la transmettre. Encore une fois, une bizarrerie de ce dĂ©sert


Elle s’était arrĂȘtĂ© de marcher et Ă©coutait la douce mĂ©lodie en ne cessant de scruter les moindres recoins du ciel. Toujours pas d’homme robot…

Elle avait parlĂ© trop vite. Soudain la musique s’arrĂȘta. Au milieu du ciel, surgi comme par enchantement, le fameux Android. Mais ce qui Ă©tait encore plus bizarre, c’est qu’il n’avait pas de tĂȘte.

Elle ne s’attendait vraiment pas Ă  ça et fut quelque peu dĂ©contenancĂ©e. Encore une fois, il faudrait qu’elle fasse avec et qu’elle accepta cette bizarrerie hĂ©tĂ©roclite
 De toute façon, elle n’avait guĂšre le choix


L’homme android tenait Ă  la main droite un grand parapluie ouvert de couleur rouge qui lui permettait de voler et de descendre du ciel avec plus ou moins de rapiditĂ© selon les caprices du vent.

Ainsi, il Ă©voluait tranquillement dans les airs telle la cĂ©lĂšbre Mary Poppins et n’allait plus tarder Ă  atterrir.

Au fur et Ă  mesure qu’il se rapprochait davantage d’elle et du sol sablonneux ; Jessica lui trouva une allure des plus austĂšre mais nĂ©anmoins trĂšs Ă©lĂ©gante. Il portait un costume trois piĂšces de couleur sombre avec une cravate qui semblait ĂȘtre grise ainsi que des chaussures noires.

Elle avait vraiment hĂąte de se retrouver enfin face Ă  lui mais avait tout de mĂȘme une certaine apprĂ©hension vu qu’il n’avait pas de tĂȘte.

De toute façon, elle le saurait bien assez vite vu que dans une poignĂ©e de quelques secondes il toucherait bientĂŽt le sol


Ce qui fut le cas…

L’homme Android venait d’atterrir en douceur dans un nuage de poussiùre sous le regard quelque peu inquiet de Jessica.

Soudain, les rebords du tissu de son parapluie se mirent étrangement à brûler.

« Votre parapluie est en train de brûler ! » lui cria t-elle affolée.

L’Android qui tenait toujours dans sa main droite la poignĂ©e de son parapluie, ne rĂ©agissa pas. Il faut dire qu’il n’avait ni tĂȘte, ni oreilles
 La communication promettait d’ĂȘtre compliquĂ©e


« Votre parapluie ! Il est train de brûler ! » répéta-t-elle en criant un peu plus fort.

À prĂ©sent, les petites flammĂšches Ă©taient devenue de grandes flammes et elles lĂ©chaient dangereusement une large moitiĂ© du tissu du parapluie. BientĂŽt elles finiraient par l’envahir totalement.

Prise de panique, Jessica allait de nouveau crier trùs fort lorsque soudainement, L’homme Android lança à quelques mùtres de lui le parapluie en flamme.

L’avait-il entendu ? Un peu abasourdie, Jessica regarda cet Ă©trange homme sans tĂȘte qui Ă  prĂ©sent, marchait d’un pas dĂ©cidĂ© vers elle.

Pendant ce temps lĂ , non loin d’eux, le parapluie continuait toujours de se consumer et au bout de quelques secondes, il ne resta de lui qu’une carcasse noircie et fumante qui reposait sur le sable ocre.

L’Homme se retrouva maintenant face Ă  elle.

« Je vous avais bien entendu Jessica » dit-il subitement. « Je savais parfaitement que mon parapluie Ă©tait en train de brĂ»ler et je l’aurai Ă©videmment jetĂ©. C’est toujours ainsi, lorsque nous venons Ă  Strangia. Les parapluies finissent par s’enflammer » continua-t-il dans une voix qui semblait sourire.

Un Android qui fait maintenant de l’humour se dit Jessica en virant les yeux au ciel. J’aurai vraiment tout vu dans ce dĂ©sert…

Un peu perplexe, Jessica regarda l’homme sans tĂȘte en se demandant d’oĂč pouvait bien sortir le son de sa voix. En l’observant, elle remarqua que son cou Ă©tait fermĂ© Ă  l’horizontal d’un couvercle rond qui semblait ĂȘtre de l’acier.

« Vous me paraissez un peu perdue et inquiĂšte » dit L’Android d’un ton amusĂ©. « Mais rassurez-vous, tout se passera bien » ajouta t-il.

Jessica ne savait quoi lui répondre.

Voyant qu’elle restait sans voix, L’Android continua sur le mĂȘme ton :

« Avant que vous ne me posiez la question qui vous taraude l’esprit ma chĂšre Jessica, je prĂ©fĂšre anticiper. VoilĂ , en ce qui concerne ma voix ; elle provient de l’intĂ©rieur de mon cou. C’est une sorte de boĂźtier Ă©lectronique implantĂ©e sur la paroi de ma gorge et qui me permet de parler mais aussi d’entendre. Ainsi je peux engager une conversation et Ă©couter tous types de sons. Maintenant, en ce qui concerne mes yeux, vous ne pourrez pas les voir non plus. Ils se trouvent sur ma gorge et non Ă  l’intĂ©rieur de celle-ci. Ce sont des lentilles oculaires ultra perfectionnĂ©es et invisibles Ă  l’Ɠil nu qui me permettent de voir mais aussi de mĂ©moriser tout ce que je regarde par des images photographiques que j’ai la possibilitĂ© d’enregistrer via mon disque dur interne qui se situe Ă  l’intĂ©rieur de mon corps »

« wahou !! J’avoue que je n’en reviens pas ! Et donc vous m’entendez et vous me voyez ? »

« Oui, tout Ă  fait. Et je peux vous dire que ma vue est excellente et que mon ouĂŻe est trĂšs fine. Tout Ă  l’heure, je vous ai vu virer les yeux au ciel »

« Wahou !! Tout Ă  fait surprenant ! Je suis dĂ©solĂ©e pour tout Ă  l’heure
 »

« Il n’y a pas de souci. Il faut dire que vous ne vous attendiez pas Ă  tomber sur un Android sans tĂȘte »

« Oui, c’est vrai. Mais en ce qui concerne votre adorat ? Vu que vous n’avez pas de nez. Comment avez-vous su que votre parapluie brĂ»lait ? »

« Il est vrai que je n’ai pas de nez et donc aucun sens de l’odorat mais je possĂšde un dĂ©tecteur de fumĂ©es Ă  l’intĂ©rieur de mon cou qui me prĂ©vient en cas d’Ă©ventuelles fumĂ©es d’incendie ou encore chimiques. Le dĂ©tecteur me renseigne Ă©galement sur la nature de l’incendie. C’est pourquoi, tout Ă  l’heure, je savais que c’Ă©tait mon parapluie qui brĂ»lait. De toute façon, Ă  chaque fois que je viens ici, c’est comme ça Ă  cause de l’air qui est trop chaud
 »

« Ah, d’accord
 Je comprends mieux. Votre crĂ©ateur vous a bien conçu »

« Oui, c’est vrai. Et vous savez, j’Ă©prouve Ă©galement certaines Ă©motions comme les humains. Je peux faire de l’humour, ĂȘtre triste ou encore avoir peur. Pas mal d’émotions en somme qui font parti de ma base de donnĂ©e informatisĂ©e mais par contre je ne connais pas le sentiment amoureux. Cela n’a pas Ă©tĂ© inclus dans ma programmation lors de ma crĂ©ation. Ce qui veut dire, que je ne serai jamais totalement comme vous ou encore Cortana »

« Vous connaissez Cortana ? Elle m’a parlĂ© de vous avant son dĂ©part »

« Oui, je la connais. Mais que depuis une trentaine de minutes seulement »

« Comment ça ? Je ne comprends pas »

« Eh bien, je l’ai rencontrĂ© dans le ciel lors de mon voyage en parapluie. J’avais pour mission de visiter une planĂšte inconnue lorsque je suis tombĂ©e sur elle par hasard. Nous nous sommes alors entretenu ensembles durant quelques instants. Et au cours de cet entretien, elle m’a donnĂ© quelques instructions Ă  votre sujet puis nous nous sommes quittĂ©. Et me voici ici, maintenant avec vous »

« Et donc, elle vous a transmis ses instructions. Quelles sont-elles ? »

« Avant d’en arriver lĂ , je tiens tout d’abord Ă  me prĂ©senter. Je me nomme Titanium. Je suis un Android homme, entiĂšrement conçu et crĂ©Ă© par les Uranusiens. Ma fonction principale est de visiter les planĂštes inexplorĂ©es et inhabitĂ©es afin d’y dĂ©couvrir Ă©ventuellement des vies extra-terrestre diffĂ©rentes de celle du peuple Uranusien et dans le mĂȘme temps, d’y dĂ©couvrir Ă©galement des ressources naturelles qui y seraient cachĂ©es. J’ai pour instruction ensuite de rapporter sur la planĂšte Uranus mes prĂ©lĂšvements d’échantillons organiques afin de les faire analyser ainsi que toutes mes recherches effectuĂ©es sous forme de films vidĂ©os et de photographies. En quelque sorte, on peut dire que je suis un explorateur du futur »

« C’est un travail passionnant que vous avez. Mais ce n’est pas trop risquĂ© d’aller explorer tout seul ces planĂštes inconnues ? Vous pourriez tomber sur un alien dangereux par exemple »

« Eh bien, cela dĂ©pend des planĂštes biensĂ»r. Mais pour l’instant je ne suis jamais tombĂ© sur un alien. Et puis je n’y vais pas toujours seul. Parfois, je peux y aller en binĂŽme selon les directives de mes crĂ©ateurs et le type de mission. Mais je dois avouer que j’aime effectuer mon travail en solitaire ; cela ne me pose aucun problĂšme »

« Et il y en a beaucoup des comme vous ? »

« Non, nous ne sommes que 4  sur la planÚte Uranus »

« Mais sans tĂȘte ? Avec les mĂȘme particularitĂ©s physique que vous ? »

« Oui, exactement pareil et du mĂȘme sexe. Nous sommes Ă©galement habillĂ©s de la mĂȘme façon »

« Et vous ĂȘtes construit Ă  partir de quelle matiĂšre ? »

« De l’acier, du verre, du mĂ©tal et des fils Ă©lectroniques. On ressemble un peu Ă  des ordinateurs hybrides »

« Mais pourquoi avez-vous Ă©tĂ© conçu sans tĂȘte ? »

En entendant la question, Titanium se mit Ă  rire.

« Eh bien
 Je savais que vous finiriez par me poser cette question et c’est bien normal, d’ailleurs. Nous avons Ă©tĂ© conçu ainsi pour crĂ©er un effet de surprise oĂč encore attiser la curiositĂ©. En n’ayant pas de tĂȘte, nous dĂ©stabilisons tout ĂȘtre vivant et forcĂ©ment nos adversaires oĂč ennemis si jamais nous en croisions sur notre route lors de nos explorations dans les planĂštes inconnues. De cette maniĂšre, nous nous protĂ©geons et nous anticipons tous les mauvais coups. N’avoir pas de tĂȘte comme vous les humains ou encore les Uranusiens est en quelque sorte notre force et notre diffĂ©rence »

« Je comprends et je dois bien reconnaĂźtre que cette diffĂ©rence n’est vraiment pas commune. Bravo Ă  votre concepteur qui a eu une idĂ©e trĂšs originale »

« Merci Jessica. Cortana ne s’était pas trompĂ© sur vous en me disant que vous Ă©tiez une personne tolĂ©rante et ouverte d’esprit »

« Elle vous a dit ça ? »

« Oui et elle a rajouté également que vous étiez une personne bien »

« J’en suis touchĂ©e et je dirais la mĂȘme chose sur elle. C’est une personne qui a beaucoup de sagesse. Mais dites-moi, jamais encore vous ne l’aviez rencontrĂ© sur la planĂšte Uranus ? »

« Non, jamais. Mais vous savez, on ne se connaĂźt pas tous Ă  Uranus. C’est une grande planĂšte »

« Oui, c’est vrai, vous avez raison
 »

« À prĂ©sent Jessica, si vous n’y voyez pas d’inconvĂ©nient, j’aimerais passer Ă  la mission « MESSAGE » Ă  laquelle je suis chargĂ©. C’est ainsi que Cortana l’a nommĂ©e. Peut-on commencer ? »

« Oui, biensĂ»r
 Allez-y »

« TrĂšs bien. Voici les instructions : PremiĂšrement, vous devez me remettre les 2 interprĂ©tations et une fois que ce sera fait, en deuxiĂšme Ă©tape, je vous poserai quelques questions Ă  ce sujet. Vous ĂȘtes prĂȘte ? »

« Oui, je suis prĂȘte »

« Pouvez-vous me remettre les 2 interprĂ©tations s’il vous plaĂźt ? »

« Oui, attendez »

Jessica sortit les 2 interprĂ©tations de la grande poche de sa tunique puis les tendit Ă  Titanium qui les prit l’une aprĂšs l’autre.

Ainsi la piĂšce de puzzle de L’Afrique se retrouva dans sa main droite tandis que l’autre maintenait la carte de visite.

Soudain, la plaque d’acier ronde qui recouvrait le dessus de son cou Ă  l’horizontal s’ouvrit telles les portes d’un ascenseur et laissa apparaĂźtre un vĂ©ritable trou bĂ©ant qui ressemblait Ă  un gros tuyau ouvert Ă  son embout.

Comme elle Ă©tait Ă  sa hauteur et juste en face de lui ; elle put voir aisĂ©ment ce qu’il y avait Ă  l’intĂ©rieur de ce gros tuyau. Sur les parois, il y avait tout un tas d’enchevĂȘtrement de fils Ă©lectroniques tandis qu’au centre, il n’y avait rien du tout.

Soudain, sous ses yeux Ă©bahis, elle vit les deux mains de Titanium se lever au-dessus de son cou et jeter simultanĂ©ment la piĂšce de puzzle ainsi que la carte de visite Ă  l’intĂ©rieur de celui-ci.

Les 2 interprĂ©tations venaient d’ĂȘtre engouffrĂ©es comme si elles avaient Ă©tĂ© littĂ©ralement avalĂ©es…

« Voici, c’est fait » dit Titanium. « À prĂ©sent, je vais vous poser quelques questions. Vous ĂȘtes prĂȘte Jessica ? »

Jessica se remit un peu de ses Ă©motions. Ce n’Ă©tait pas si Ă©vident de devoir revenir Ă  la rĂ©alitĂ© aprĂšs ce qu’elle venait de voir…

« Oui, je
 Enfin, oui, je suis prĂȘte » balbutia t-elle.

L’Android, lui, semblait imperturbable et continuait sa mission.

« Pouvez-vous me dire tout ce qui vous vient en tĂȘte concernant l’une de ces interprĂ©tations s’il vous plaĂźt ? Vous commencez par celle que vous voulez »

« Heu
 Oui
 Eh bien
 Je vous parlerai de la piĂšce de puzzle qui reprĂ©sente l’Afrique. Je ne sais pas si cela a un rapport quelconque mais bon je me lance. Autrefois, je faisais pas mal d’expatriations Ă  l’étranger et notamment en Afrique. Peut-ĂȘtre que cela a un lien avec le message que je dois recevoir. VoilĂ , c’est tout ce que je peux vous dire Ă  ce sujet »

« TrĂšs bien. Pour l’instant, vous vous en sortez plutĂŽt bien Jessica. Bon, maintenant, parlez moi de la seconde interprĂ©tation. Dites-moi tout ce qui vous passe par la tĂȘte. Je vous Ă©coute »

« Eh bien
 Il s’agit d’une carte de visite de couleur bleue ciel. Sur le recto, je me souviens qu’il y avait le dessin d’un trĂšfle Ă  4 feuilles. Pour moi, le trĂšfle est synonyme de chance et de porte bonheur. Sinon, je ne vois vraiment pas ce que je pourrais dire de plus Ă  ce sujet. Par contre, je me souviens que sur le verso de la carte, il y avait Ă©crit en lettre majuscules et caractĂšre gras le mot : RUOSIS. Mais que vous dire lĂ -dessus ? Pendant que je marchais dans le dĂ©sert, je me suis beaucoup triturĂ© le cerveau en ce qui concernait cet Ă©trange mot et Ă  force de chercher en inversant les lettres de leur place, j’ai rĂ©ussi Ă  trouver le nom d’un animal et je pens
 »

« Stooop !! ArrĂȘtez-vous !! Ne me dĂźtes pas le nom de cet animal ! » cria subitement L’Android comme si une mouche venait de le piquer.

« Mais pourquoi ? » s’Ă©cria Jessica. « Je ne sais mĂȘme pas si j’ai trouvĂ© le mot juste » ajouta t-elle.

« Je peux vous affirmez que vous avez trouvĂ© le mot juste. Maintenant, ma mission est presque terminĂ©e. Écoutez bien la suite des instructions. Vous ĂȘtes prĂȘte ? »

« Oui, je crois »

« TrĂšs bien. Allons y. Dans un premier temps, vous devrez bien fermer vos yeux puis dans un deuxiĂšme temps, vous devrez crier trĂšs fort le mot : RUOSIS en le rĂ©pĂ©tant 3 fois d’affilĂ©e tout en pensant dans votre tĂȘte au nom de cet animal que vous m’avez dit avoir trouvĂ©. Une fois que vous aurez fait Ă  la lettre toutes ces instructions ; il se passera un phĂ©nomĂšne et Ă  partir de ce moment-lĂ , vous dĂ©couvrirez enfin votre surprise comme vous l’avait annoncĂ© Cortana »

« Heu
 Excusez-moi. Avant de faire tout ceci ; il y a un point sur lequel j’aimerais revenir. Il s’agit du message. Au cours de mon aventure, le globe terrestre m’avait transmis 2 interprĂ©tations que je devais dĂ©coder pour trouver le message qui m’était  destinĂ© mais le problĂšme c’est que je n’ai toujours pas trouvĂ© de quoi il s’agissait. J’ai eu beau chercher mais en vain. Connaissez-vous ce fameux message qui m’est destinĂ© ? »

« Non, je ne connais pas ce message Jessica. C’est Ă  vous de le dĂ©couvrir. Soyez certaine que je suis vraiment dĂ©solĂ© de ne pas pouvoir vous aider mais ce sont les rĂšgles du globe terrestre »

« Bon, tanpis
 Ce n’est pas grave. Je me dĂ©brouillerai. DĂ©solĂ©e de vous avoir retardĂ© »

« Il n’y a pas de mal Jessica. Je suis certain que vous trouverez bientĂŽt la rĂ©ponse Ă  cette Ă©nigme »

« Je l’espĂšre aussi »

« Pouvons-nous continuer la mission ? »

« Oui. Alors je rĂ©capitule pour ne pas me tromper. Je dois bien fermer les yeux et crier fort le mot : RUOSIS en le rĂ©pĂ©tant 3 fois d’affilĂ©e tout en pensant au nom de l’animal que j’ai trouvĂ©. C’est bien ça ? »

« Oui, c’est bien ça Jessica. Et ne trichez pas au moment de fermer les yeux. Vous devrez les garder bien fermĂ©s. C’est trĂšs important, sinon vous gĂącheriez tout. D’accord ? »

« Je ne tricherai pas. Je vous le promet »

« TrĂšs bien, je suis heureux de l’entendre. Avant de poursuivre, je voulais vous dire que j’ai Ă©tĂ© trĂšs heureux de faire votre connaissance Jessica. Et enfin, j’espĂšre que votre surprise vous plaira »

« Merci beaucoup. Moi aussi j’ai Ă©tĂ© contente de vous connaĂźtre. Et en ce qui concerne la surprise, j’ai hĂąte de la dĂ©couvrir »

« Alors, ne tardons plus ! Lorsque je crierai TOP ! Vous y allez. Compris ? »

« OK, j’ai bien compris »

Quelques secondes s’écoulĂšrent lorsque soudain elle entendit le fameux TOP ! Vite, elle ferma bien les yeux et suivi les instructions Ă  la lettre.

Les paupiĂšres toujours closes, elle se demandait Ă  quel moment elle pourrait enfin les rouvrir. Pour plus de sĂ©curitĂ©, elle prĂ©fĂ©ra attendre quelques instants. Son cƓur battait la chamade et sa respiration Ă©tait saccadĂ©e. Qu’allait-il bien se passer ?

N’y tenant plus et estimant qu’elle avait suffisamment laissĂ© de temps s’écouler, elle ouvrit aussitĂŽt les yeux. Et ce qu’elle vit la stupĂ©fia


« Oh Mon Dieu ! »s’écria t-elle, une main recouvrant sa bouche tellement son Ă©motion Ă©tait forte.

L’homme robot avait totalement disparu. À sa place, sur le sable, se trouvait une petite boule blanche qui remuait un peu. C’était un petit chaton tout blanc qui Ă©tait dressĂ© sur ses quatre pattes et qui semblait un peu perdu.

Rapidement, elle s’approcha de lui, se pencha et le prit avec douceur dans ses bras.

« Comme tu es beau ! Fais-moi voir tes jolis yeux » s’extasia t-elle en rapprochant son visage de sa petite tĂȘte blanche.

Le chaton avait des yeux d’un bleu magnifique Ă  faire fondre n’importe quel ĂȘtre humain y compris ceux qui n’aimaient pas les chats.

Quant Ă  son pelage Ă  poils courts, il Ă©tait d’un blanc immaculĂ©.

Soudain, il fit un petit miaulement si faible que Jessica aurait pu ne pas l’entendre si elle n’avait pas rapprochĂ© son visage tout prĂšs de son museau.

Visiblement, il avait un peu peur d’elle alors pour le rassurer, elle lui caressa sa petite tĂȘte toute blanche tout en lui murmurant des mots doux.

« Ne t’inquiĂšte pas mon joli chaton. N’ai pas peur, maman est lĂ  pour te protĂ©ger »

« Miaou, miaou » miaula le chaton qui à présent la fixait de ses petits yeux bleus en amande.

« Tu es si mignon. Je ne m’attendais pas du tout Ă  toi. Quelle Belle surprise »

Elle fit un petit bisou sur le bout de sa petite truffe rose qui Ă©tait bien fraĂźche et un peu humide ; signe qu’il se portait bien et qu’il Ă©tait en bonne santĂ©.

« Oh ! Je t’aime dĂ©jĂ , toi »

« Miaou » miaula Ă  nouveau le chaton qui avait Ă  prĂ©sent appuyĂ© sa tĂȘte dans le creux de son avant bras repliĂ©. Il avait trouvĂ© une place confortable et semblait beaucoup plus apaisĂ©.

Ses petits yeux Ă©taient fermĂ©s et il commençait Ă  s’assoupir paisiblement.

Avec tendresse, elle regarda ce petit ĂȘtre qui ne tarderait pas Ă  s’endormir. Il faut dire que c’était encore un bĂ©bĂ© et qu’à cet Ăąge-lĂ , les chatons dormaient beaucoup.

Son ventre doux et soyeux reposant sur son avant bras ; elle pouvait ressentir toute sa chaleur corporelle ainsi que les battements rĂ©guliers de son cƓur.

À ce moment-lĂ , elle ne put s’empĂȘcher de penser au passĂ© et revit son chat Tootsy lorsqu’il n’était qu’un bĂ©bĂ© et qu’il s’endormait alors dans ses bras tout comme celui-ci.

Elle souria puis caressa lĂ©gĂšrement de son index le sommet de sa petite tĂȘte blanche qui Ă©tait toujours enfouie dans le creux de son avant bras. Il dormait dĂ©jĂ  Ă  poing fermĂ©s.

****

La chanson du réveil de son smartphone entonna bruyamment « MYTH » de Beach House suivi quelques secondes aprÚs, de la douce voix robotisée féminine qui annonça : Il est 7H00.

La chanson reprit alors son cours. Cet air la mettait gĂ©nĂ©ralement toujours de bonne humeur et lui donnait l’envie de croquer la vie Ă  pleine dent.

Assise sur le rebord de son lit, elle attendit de retrouver ses esprits puis prit son smartphone qui reposait sur sa table de nuit. Elle ouvrit son Ă©tui portefeuille puis toucha de son index la croix qui s’affichait sur l’écran pour Ă©teindre la musique.

Au mĂȘme moment, elle aperçu tout Ă  fait en haut de l’écran les derniĂšres notifications qui s’affichaient. Elle soupira. Il y avait encore de nombreux messages. Trop de messages. Elle prendrait le temps de les lire plus tard. Pour l’instant, elle immergeait de son rĂ©veil matinal


Elle bailla longuement tout en s’étirant les bras et regarda Ă  travers les persiennes, le soleil qui brillait dĂ©jĂ . Elle aimait la saison de l’étĂ© car le soleil se levait toujours tĂŽt contrairement Ă  l’hiver qui retardait son arrivĂ©e. De toute façon, elle avait toujours dĂ©testĂ© l’hiver car la nuit tombait beaucoup trop vite Ă  cette pĂ©riode de l’annĂ©e ; ne laissant alors pas beaucoup de temps au soleil de pouvoir illuminer notre terre.

Le soleil lui rappelait son passĂ© d’expatriation Ă  l’étranger. Il lui faisait du bien et la rĂ©conciliait avec sa nouvelle vie en France. Il Ă©tait tout simplement sa source lumineuse dont elle ne pouvait se passer.

Comme elle était en congés, elle profiterait encore de cette belle matinée.

Et aujourd’hui, elle avait prĂ©vu de s’occuper des fleurs de son jardin. Il fallait impĂ©rativement qu’elle arracha toutes les mauvaises herbes qui les avaient envahi et cela promettait d’ĂȘtre une tĂąche des plus laborieuse. Mais comme elle adorait ses rosiers, elle le ferait sans protester.

Tout en prenant son petit dĂ©jeuner elle repensa Ă  son rĂȘve d’hier soir. Elle se souvenait avoir rĂȘvĂ© Ă  son chat Tootsy ainsi qu’à un immense dĂ©sert.

Un dĂ©sert dans lequel elle avait assistĂ© Ă  pas mal d’évĂ©nements inattendus et quelque peu incongru. Un dĂ©sert aride et si chaud qu’elle se souvenait avoir eu envie de boire Ă  chaque fois, un grand verre de coca-cola tellement son gosier Ă©tait sec.

Mais ce qu’elle avait le plus aimĂ© dans son rĂȘve avait bien Ă©tĂ© la sĂ©quence de la rencontre avec une jeune femme extra-terrestre qui avait su la mettre en confiance par sa grande gentillesse et son sourire permanent. Elle revoyait encore quelques bribes d’elle ainsi que du globe terrestre qu’elle tenait entre ses mains. Mais c’était Ă  peu prĂšs tout ce dont elle se souvenait.

Il lui semblait aussi qu’il y avait une histoire qui tournait autour d’un certain message qu’on devait lui transmettre ; mais lĂ  aussi ça restait vague. Par contre, elle se souvenait trĂšs clairement de la fin de son rĂȘve.

Il s’agissait d’un adorable chaton tout blanc avec de jolis yeux bleus qui ressemblait beaucoup Ă  son chat Tootsy mis Ă  part les yeux biensĂ»r…

Le petit dĂ©jeuner terminĂ©, Jessica sortit enfin dehors, une casquette de baseball sur la tĂȘte car les rayons du soleil promettaient de s’intensifier davantage au fur et Ă  mesure que la matinĂ©e avancerait.

Soudain, elle se souvint qu’elle devait absolument jeter les 3 gros sacs de poubelle qu’elle avait laissĂ© Ă  l’intĂ©rieur de son garage. Et comme elle ne voulait pas s’en charger plus tard, elle dĂ©cida de s’en occuper maintenant pour Ă©viter de le faire aprĂšs son travail de jardinage.

Sans plus attendre, elle s’empressa d’aller les chercher. Mais en en prenant un par son lien, elle trouva qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  trĂšs lourd alors elle prĂ©fĂ©ra abandonner les deux autres, le temps de jeter celui-ci.

Habituellement, elle Ă©tait tout Ă  fait capable d’en porter au moins deux Ă  la fois pour s’éviter de faire trop d’aller et retour entre sa maison et l’emplacement des bennes Ă  ordures mais lĂ , elle Ă©tait obligĂ©e de n’en porter qu’un Ă  cause de la douleur de son poignet qu’elle s’était froissĂ© il y a trois jours en Ă©laguant ses cerisiers.

Elle soupira d’agacement car elle serait obligĂ©e de faire trois aller-retour ; ce qui ne l’arrangeait pas du tout.

Comme elle Ă©tait tĂȘtue et quelque peu fainĂ©ante, elle essaya d’en porter deux Ă  la fois Ă  l’aide de sa main gauche mais constata trĂšs vite que ce n’était pas possible alors elle dĂ» se rĂ©signer Ă  n’en porter qu’un et devoir effectuer sans marmonner ses satanĂ©es aller-retour puisqu’elle n’avait guĂšre le choix.

Les quatre bennes Ă  ordures se trouvaient Ă  plusieurs mĂštres de sa maison ; alignĂ©es en bordure de la route principale oĂč son chat Tootsy s’était fait Ă©crasĂ© il y trois ans par un fichu chauffard qui n’avait mĂȘme pas daignĂ© s’arrĂȘter pour au moins dĂ©placer la petite dĂ©pouille et la mettre sur le bas-cĂŽtĂ©.

En regardant la route, elle se souvint encore du petit corps sans vie Ă©claboussĂ© de sang qui se trouvait au milieu de la route et qu’elle venait Ă  peine de dĂ©couvrir en allant justement jeter ses poubelles aux alentours de 8H00 du matin. Un horrible matin d’hiver qu’elle n’avait pas pu oublier et qui par moment lui revenait encore Ă  l’esprit.

Depuis, elle avait bien essayĂ© d’oublier cet affreux Ă©pisode de sa vie mais de temps en temps, et trĂšs prĂ©cisĂ©ment lorsqu’elle allait jeter ses poubelles, elle y repensait.

Le chemin qui allait de sa maison aux bennes Ă  ordures Ă©tait relativement loin mais elle ne se dĂ©couragea pas pour autant. Et puis le soleil Ă©tait lĂ  pour lui rĂ©chauffer le cƓur ainsi que les petits oiseaux qui chantaient gaiement dans les hauts arbres des jardins environnants.

Elle venait dĂ©jĂ  de terminer de faire deux aller-retour et se rĂ©jouissait Ă  l’avance d’en finir avec ce labeur qui n’était pas du tout sa tasse de thĂ©.

« Ouf ! Ce sera bientÎt terminé ! » soupira t-elle.

Le dernier sac de poubelle en main, elle marchait tranquillement sur le petit chemin de terre qui menait aux bennes Ă  ordures lorsqu’elle aperçu au loin un homme qui venait Ă  peine de sortir de sa voiture qui Ă©tait garĂ©e sur le bas-cĂŽtĂ© de la route, tout prĂšs de la premiĂšre benne.

Sa casquette de baseball lui cachait le visage et il semblait trĂšs pressĂ© vu la maniĂšre dont il venait de se dĂ©barrasser en vitesse de la boĂźte en carton qu’il tenait entre ses mains.

D’ailleurs, Ă  peine, Jessica venait d’arriver prĂšs des bennes qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  reparti dans un crissement de pneu.

Encore un de ses fous qui devrait Ă©viter de conduire se dit-elle en s’approchant de la premiĂšre benne.

Elle souleva son couvercle d’oĂč se dĂ©gagea une forte odeur nausĂ©abonde.

« Berk ! Dieu que ça pue ! »

Vite, elle jeta rapidement son sac Ă  l’intĂ©rieur. Mais avant de refermer le couvercle, elle cru entendre un petit bruit. Vu que la benne Ă©tait trop haute, elle se hissa sur la pointe des pieds tout en maintenant de sa main gauche le couvercle ouvert. Elle bloqua sa respiration tant l’odeur Ă©tait nausĂ©abonde et commença Ă  regarder Ă  l’intĂ©rieur. Elle ne vit rien de particulier Ă  part d’innombrables poubelles et une boĂźte de carton qui se trouvait juste au-dessus de toutes ces ordures. Elle attendit quelques secondes mais le fameux bruit qu’elle avait pourtant cru entendre ne rĂ©apparu plus.

Alors qu’elle s’apprĂȘtait Ă  fermer le couvercle, c’est alors qu’elle l’entendit Ă  nouveau et cette fois-ci de maniĂšre plus distincte. Cela ressemblait fortement Ă  un bruit Ă©touffĂ© d’un animal comme un rĂąle et il semblait provenir de la boĂźte en carton…

Vite, sans plus attendre, elle tendit le bras pour pouvoir l’attraper tout en tenant de sa main gauche le couvercle de la benne.

Ce ne fut pas simple, surtout d’une seule main mais comme elle Ă©tait tenace, elle finit par y arriver et rĂ©ussit enfin Ă  extirper la fameuse boĂźte de la benne Ă  ordures.

À prĂ©sent, elle la tenait bien fermement entre ses mains. Il s’agissait plus prĂ©cisĂ©ment d’une boĂźte Ă  chaussures pour hommes vu la paire de mocassins qui Ă©tait reprĂ©sentĂ©e dessus.

La boĂźte Ă©tait enroulĂ©e de gros ruban adhĂ©sif marron et elle semblait trĂšs lĂ©gĂšre. Pourtant, il y avait bien un animal Ă  l’intĂ©rieur vu qu’elle entendait par moment des bruits de frottements comme si celui-ci remuait. Par contre, elle n’entendit plus le rĂąle de tout Ă  l’heure..

Vite, elle s’accroupissa et dĂ©posa la boĂźte de carton sur le sol gravillonnĂ© puis Ă  l’aide de ses ongles tenta de retirer une Ă  une les bandes adhĂ©sives ; ce qui ne fut pas une tĂąche facile sans l’usage d’un objet coupant mais Ă  force de persĂ©vĂ©rance, elle fini par y arriver.

Ça y est, elle venait de terminer de retirer tous les adhĂ©sifs.

Avec hĂąte, elle retira enfin le couvercle de la boĂźte Ă  chaussures et ce qu’elle vit la fit presque tomber Ă  la renverse tant elle ne s’y attendait pas.

Un petit chaton tout blanc et tout frĂȘle aux yeux bleus la regardait. Il tremblait de tout son corps tellement il avait peur et son pelage Ă©tait rempli d’une fine poussiĂšre qui ressemblait Ă  de la terre.

Le contour de ses si jolis yeux Ă©taient vraiment sales. Cela se voyait qu’on ne s’était pas du tout occupĂ© de lui pendant un certain temps.

Elle déposa son index sur le bout de sa truffe. Fort heureusement, elle était humide et fraßche.

« Ouf
 » soupira Jessica rassurĂ©e.

C’était dĂ©jĂ  ça, vu que ce petit chaton Ă©tait tout maigre. Quelqu’un s’Ă©tait amusĂ© Ă  le maltraiter…

Soudain, elle se rappela le gars qui avait jeté la boßte de carton dans la benne.

Quel immonde fumier ! S’en prendre Ă  un animal sans dĂ©fense. Pourquoi, ne pas tout simplement le faire adopter plutĂŽt que de le jeter comme une vieille chaussette. Les personnes de son espĂšce ne devraient pas exister. Ils devraient au contraire en finir avec eux-mĂȘmes au lieu de s’acharner sur des animaux.

Vite, sans attendre une minute de plus, elle dĂ©cida de ramener chez elle sa petite merveille Ă  l’intĂ©rieur de cet immonde carton qui aurait pu l’Ă©touffer et qu’elle piĂ©tinerait bien volontiers mais plus tard


Tout le long de son trajet qui menait Ă  sa maison, elle repensa Ă  son rĂȘve d’hier soir. Elle venait de se souvenir du fameux message que le globe terrestre devait lui transmettre.

S’agissait-il de cet adorable chat qu’elle venait de rĂ©cupĂ©rer Ă  l’intĂ©rieur de la benne Ă  ordures ?

Il semblait que oui lorsqu’elle regarda les jolis yeux bleus qui ne cessaient de la fixer.

Soudain, elle se rappela de certains bribes de son rĂȘve qu’elle avait oubliĂ© et qui venaient Ă  l’instant de lui revenir en tĂȘte.

Les mots « RUOSIS », « AFRIQUE » et « TREFLE » clignotÚrent dans son esprit tels les ampoules lumineuses de Noël.

« Mais biensĂ»r ! » s’exclama t-elle tout haut.

Tout concordait parfaitement.

La piĂšce de puzzle de L’Afrique correspondait au premier chat qu’elle avait eu pour la premiĂšre fois en GuinĂ©e Ă  Conakry.

En ce qui concernait le trĂšfle qui Ă©tait dessinĂ© sur le recto de la carte de visite ; cela voulait dire qu’elle aurait bientĂŽt eu la chance et le bonheur d’avoir un chat.

Quant au mot RUOSIS qui Ă©tait Ă©crit en lettre majuscules et caractĂšres gras sur le verso de la carte ; il fallait tout simplement inverser les lettres et les mettre dans le bon ordre afin d’obtenir le nom d’un petit rongeur qui n’Ă©tait autre que la souris.

Tout le monde sait trĂšs bien que les chats aiment bien leur courir aprĂšs juste pour s’amuser ou encore dans le pire des cas, les attraper pour les manger
.

C’est alors qu’un large sourire Ă©claira le visage de Jessica.

À prĂ©sent, le soleil ne serait plus le seul Ă  lui rĂ©chauffer le cƓur.

DĂ©sormais, cette adorable merveille qui venait de lui tomber du ciel serait son plus grand bonheur


Tel Ă©tait le message qui lui Ă©tait destiné 

FIN

Pour l’Ă©ternitĂ© 🕯

Pour l’éternitĂ©

Les os restaient sous l’ocĂ©an depuis d’innombrables annĂ©es,

Ne voulant pas encore remonter Ă  la surface pour respirer,

Les os se nourrissaient encore des larmes salées,

VersĂ©es par des ĂȘtres tristes et abandonnĂ©s,

Refoulés du pied et ignorés.

Les os se durcissaient mais vivaient,

Ne voulant toujours pas remonter Ă  la surface pour s’époumoner.

Ils souhaitaient s’enchaüner à jamais,

Au fond de l’ocĂ©an qui semblait les aimer,

Car ils ne voulaient pas encore se dessĂ©cher et s’effriter.

Ils voulaient se nourrir des larmes salées et rejetées,

Et restaient ainsi Ă  jamais,

À s’abandonner pour jouer Ă  leurs tours et sans dĂ©tours,

Avec toutes ces raies qui ondulaient,

Telles de majestueuses majestés,

Devant leurs yeux émerveillés,

Venant les envelopper, les caresser et leur chuchoter de tendres mots doux,

EntremĂȘlĂ©s d’algues vaporeuses et floues,

Ondulantes danseuses qui effaçeraient tout,

Car elles savaient les comprendre et les rassurer,

En absorbant telles des Ă©ponges,

Leurs troubles songes tourmentés,

Et leur avouer dans le creux de leurs oreilles décharnées,

Qu’ils n’étaient pas les seuls abandonnĂ©s,

Et que leur mÚre nourriciÚre « La Mer » était là,

Pour engloutir leur désarroi,

Et qu’ils devaient se laisser aller Ă  la dĂ©rive,

Pour mieux vivre.

Alors les os se dirent que tout compte fait,

L’ocĂ©an pourrait enfin les aider Ă  surmonter,

Toutes ces tempĂȘtes dĂ©chaĂźnĂ©es qui s’étaient accumulĂ©es,

Telles des baleines échouées sur la plage esseulée,

Pitoyablement ignorées par tous ces humains inhumains ne daignant pas leur tendre la main.

Alors les os se dirent que tout compte fait,

PlutÎt que de rester sur cette plage abandonnée,

Ils se devaient de toujours garder le cap et se relever,

Pour remonter à la surface et regarder en face tous ces cƓurs de glace,

Ces navires bondés qui passaient et repassaient devant leur nez pour juste les narguer.

Tous ces infĂąmes sans Ăąmes,

Qui semblaient ignorer qu’ici-bas,

Gisaient ça et là dans un infini oubli,

Des dĂ©bris d’os brisĂ©s par la vie,

D’un squelette endormi,

Appartenant sans nul doute à une personne chavirée,

Qui gouttes aprĂšs gouttes, larmes aprĂšs larmes,

Cette naufragĂ©e d’un monde sans pitiĂ©,

Venait de se jeter sans le moindre regret,

Dans cet océan de quiétude qui remplirait enfin sa solitude.

Cette solitude qui la pesait depuis tant d’annĂ©es,

Et que seul l’ocĂ©an viendrait effacer Ă  coup de grandes et hautes vagues,

Toutes ces attaques de pirates,

Ces envahisseurs des Mers qui voulaient la réduire en poussiÚre,

Ce vague à l’ñme qui la rongeait,

Et qui finirait bien par se désagréger, se dissiper et se cacher,

Au fond d’un coffre Ă  trĂ©sors,

Parmi les innombrables piùces d’or,

Pour ne plus jamais en ressortir,

Et ce jusqu’à la mort,

Prisonnier Ă  jamais et empĂȘchĂ©,

De détruire sa bien aimée,

Car lui seul, savait la protéger de tous ces empoisonneurs nés,

Tous ces requins qui voulaient la dévorer sans aucune pitié.

Tous ces ĂȘtres nuisibles de la terre,

Ces cƓurs de pierre,

Ces lĂąches avides de guerre,

Qui mĂȘme au-delĂ  des frontiĂšres,

Voulaient d’un coup de rĂ©volver,

Ou encore d’un coup d’épĂ©e,

Lui assener le coup de grĂące tant convoitĂ© pour l’achever,

Avec cette ultime grimace sur leur visages dĂ©formĂ©s d’aliĂ©nĂ©s,

Qui lui diraient dans un éclat de rire prolongé :

« Le pire viendra à venir,

Alors, ne veux-tu pas en finir ? »

Elle avait bien essayé de se camoufler derriÚre le déguisement de ce poisson clown que tout le monde appréciait,

Mais finalement, ce costume l’avait lassĂ©e et Ă©coeurĂ©e,

Alors elle voulait s’en dĂ©barrasser Ă  tout jamais,

En nageant au fin fond de ces abßmes si froids mais délicats,

Dont elle n’aurait en aucun cas,

ÉchangĂ© sa place de Reine,

Dans cet arĂšne sous-marin,

Qui lui avait tendu la main,

Et qui la considérait enfin,

Comme une sirĂšne, une Reine.

Et bientĂŽt elle chanterait sa douce mĂ©lodie du bonheur qui lui tenait tant Ă  cƓur,

Sans ce soucier de tous ces infĂąmes,

Ces voleurs d’ñmes,

Qui n’oseraient plus la juger et la jeter au banc des accusĂ©s.

Être enfin libĂ©rĂ©e de toutes ces chaĂźnes qui encombraient encore ses poignets.

Être enfin libre et sereine,

Dans cet océan de candeur et de douceur,

Qui connaissait dĂ©jĂ  par cƓur,

Son joli chant de sirĂšne,

Trop longtemps refoulé,

Par les remous agités de tous ces navires qui osaient lui lancer :

« ArrĂȘte de chanter ! On en a assez ! Tu nous donnes la migraine avec ton chant de sirĂšne ! »

Mais l’ocĂ©an n’allait pas tarder Ă  les entraĂźner dans son terrible tourbillon,

Car il Ă©tait furibond,

Que l’on puisse s’attaquer Ă  sa bien aimĂ©e.

Et bientÎt tous ces navires bondés,

Qui n’avaient eu de cesse de pourchasser son adorĂ©e,

Se retrouveraient confrontés à sa colÚre légendaire,

Pour disparaĂźtre Ă  jamais de cette terre.

Car l’ocĂ©an Ă©tait venu la sauver,

De ce monde de cruautés,

De cette suffocante cage de verre et d’acier,

Qui l’avait trop longtemps retenue prisonniùre.

Et que pour s’en dĂ©faire,

Elle avait écouté ses conseils avisés.

Et aujourd’hui,

Elle avait décidé de se noyer et de se fondre en lui,

De se jeter Ă  corps perdu,

Et de goĂ»ter le sel de cet inconnu dont elle s’était toujours dĂ©fendu,

Pour trouver enfin la lumiĂšre,

La réponse à sa priÚre,

Et se dĂ©tacher Ă  tout jamais de cet obscuritĂ© qui l’avait fragilisĂ©e,

Pour rejoindre avec délectation,

Ces profondeurs qui l’attiraient avec passion,

Et dans lesquelles elle venait de plonger avec volupté,

En plein cƓur de cette puretĂ© inĂ©galĂ©e,

Limpide Ă  souhait,

Qui ne la décevrait jamais.

Pour vivre enfin son conte de fées,

En s’ancrant à jamais tel un rocher,

Dans ces profondeurs inexplorées.

Car la tentation l’avait gagnĂ©e,

Et que son cƓur venait d’ĂȘtre happĂ© et scellĂ© Ă  tout jamais,

À son ocĂ©an bien aimĂ©,

Et ce pour l’éternitĂ©…

****

Un poĂšme de CĂ©cile La Suricate.

Le papillon de la vie

Chrysiridia ripheus 1

Dans l’allĂ©e d’un jardin d’Ă©den,
Une roseraie m’Ă©merveille,
Si belle, si odorante,
Aux couleurs chatoyantes.

Un univers floral merveilleux,
OĂč j’aime m’y noyer les yeux.

Belle aquarelle aux tons pastels,
Doux papillon vagabondant,
Conscient de sa métamorphose,
Et qui ose,
DĂ©fier le temps et ses tourments,
Dans le sillage hasardeux du vent.

Petit insouciant, virevoltant,
Dans ce royaume de fleurs et de fées,
JonchĂ© de pĂ©tales de roses et d’orchidĂ©es,
Tu es avide de liberté,
Et tu te moques de toutes ces épines acérées.

Tu ressembles Ă  cette envolĂ©e d’hirondelles,
Quittant leurs nids, vers l’infini,
OĂč seule, la nature serait Reine.
Et toi, Roi de la vie !

Je suis guidée par le battement de tes ailes,
Douce magie Ă©ternelle,
Sans contraintes ni querelles,
OĂč tous les rĂȘves sont exaucĂ©s,
Comme dans les contes de fées.

O doux papillon de la vie !
Petit Prince insolent,
Comme je t’envie !
Tu suis ton chemin,
Sans tracas ni tourments,
Sans peur ni noirceur,
Tu suis tout simplement ton coeur.

Semblable au lever du jour,
AurĂ©olĂ© d’amour,
Tu joues avec le temps,
Avec plaisir et délectation,
telle une rose des vents.

Urania_ripheus
PoÚme écrit et inventé par : Cécile