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La derniĂšre danse de la lune : Chapitre 1 : Elisa

la derniere danse de la lune

 

Elisa marchait le long de la plage de sable fin tout en chantonnant son air prĂ©fĂ©rĂ© : « Wonderful life » du chanteur Black.
Une bien jolie chanson qui Ă©tait tout Ă  fait en adĂ©quation avec ce moment de pur bonheur qu’elle Ă©tait en train de savourer sans se soucier du temps qui passe.

Ce fameux temps qui nous fait tant dĂ©faut dans notre monde moderne actuel et qui nous empĂȘche d’apprĂ©cier les joies simples de la vie.
Elisa avait conscience qu’elle avait beaucoup de chance d’ĂȘtre ici ; seule au monde (enfin presque) et loin de tout.

Elle avait enfin rĂ©alisĂ© son rĂȘve : celui de se promener bien tranquillement sur cette immense plage dĂ©serte car jamais, auparavant elle n’aurait cru cela possible et pourtant c’Ă©tait bel et bien rĂ©el et ce pour son plus grand plaisir.
Et comme le disait si bien la chanson : la vie est merveilleuse !

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Elle se souvenait encore de son inoubliable pĂ©riple en catamaran avant de dĂ©barquer ici sur cette jolie petite Ăźle qui portait le nom de « Diamond » en raison de la puretĂ© de son lagon et de son sable si blanc.

La veille, elle se trouvait Ă  Bambousya (un village touristique et balnĂ©aire de la cĂŽte ouest de l’Ăźle EpicĂ©a) dans un charmant hĂŽtel-restaurant, le « Paradise Beach » situĂ© en bordure de mer avec un accĂšs direct sur une plage privĂ©e.

L’hĂŽtel disposait de 40 chambres Ă©quipĂ©es de la climatisation, minibar, tĂ©lĂ©phone, ect, sans oublier l’accĂšs gratuit Ă  internet, ce qui n’Ă©tait pas nĂ©gligeable Ă©tant donnĂ© qu’Elisa avait du mal Ă  vivre sans son smartphone ou sa tablette.
Mais pas pour aujourd’hui oĂč elle avait bien volontiers ranger toutes ces technologies modernes dans le placard de sa chambre afin de profiter pleinement de ce moment de libertĂ© et d’Ă©vasion !

Et puis de toute façon, la petite Ăźle « Diamond » Ă©tait situĂ©e dans une zone blanche donc il n’y avait pas de rĂ©seau internet et encore moins de wifi.

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Le « Paradise Beach » proposait diverses activitĂ©s tels que : Golf, bodyboard, Planche Ă  voile, Kayak , Voile, Sentier de randonnĂ©e Ă  pied ou Ă  bicyclette, Parachutisme ascensionnel, Cours de golf y compris des excursions en bateau (catamaran ou grands voiliers) tout autour de la cĂŽte, vers de magnifiques Ăźlots.

Son Guide touristique qui s’appelait Philippo lui avait dĂ©crit qu’il y avait prĂšs d’une centaine de petits Ăźlots dont certains Ă©taient proches de la cĂŽte et d’autres plus loin et plus difficiles d’accĂšs et que quelques-uns d’entre eux seulement Ă©taient des rĂ©serves naturelles avec une faune endĂ©mique exceptionnelle oĂč l’on pouvait y croiser quelques spĂ©cimens d’animaux tout en se baladant.

Leurs eaux cristallines Ă©taient idĂ©ales pour y faire de la plongĂ©e en apnĂ©e ou encore du scooter sous-marin avait-il prĂ©cisĂ©. Plusieurs activitĂ©s s’offraient aux touristes s’ils le dĂ©siraient car tout Ă©tait possible selon lui si l’on souhaitait rĂ©aliser un rĂȘve bien prĂ©cis.

D’ailleurs, il lui avait fortement conseillĂ© de visiter l’un d’entre eux : « Diamond », rĂ©putĂ© pour ĂȘtre plus au calme car moins frĂ©quentĂ© et qui d’aprĂšs lui Ă©tait un vĂ©ritable paradis terrestre qu’elle ne serait pas prĂšs d’oublier et que l’occasion ne se prĂ©senterait pas deux fois si elle voulait en avoir plein la vue et vivre enfin une aventure extraordinaire Ă  la Robinson CrusoĂ©.
En effet, un bien joli programme en perspective…

Elisa avait donc fait son choix : elle avait optĂ© pour deux jours et une nuit Ă  Diamond en incluant les dĂ©jeuners/dĂźners, pique-niques, barbecues y compris quelques activitĂ©s telles que : Kayak, plongĂ©e sous-marine dans l’ocĂ©an Pacifique, farnientes et balades dans l’Ăźlot inhabitĂ©.

Le pĂ©riple s’effectuerait en catamaran de croisiĂšre privĂ©e en compagnie de son Guide Philippo qui serait le navigateur.
Mais ce qui l’enthousiasmait le plus dans toute cette expĂ©dition de rĂȘve Ă©tait de dormir une nuit dans une cabane qui se trouvait en haut d’une montagne, au coeur de la forĂȘt luxuriante de Diamond et Ă  quelques mĂštres d’une chute d’eau qui portait le nom du « Voile de la MariĂ©e » et qui d’aprĂšs son Guide Ă©tait d’une beautĂ© exceptionnelle Ă  couper le souffle.

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Et voici qu’elle Ă©tait en train de marcher sur cette magnifique plage de sable fin qui ressemblait Ă  de la poudre de diamant tellement son Ă©clat Ă©tait intense et d’un blanc immaculĂ©.
Diamond portait vraiment bien son nom ! Tout Ă©tait sublime ici. Un vrai paysage de carte postale et d’un calme olympien…

Le soleil Ă©tait Ă  son zĂ©nith, il lui mordait la peau mais qu’importe puisqu’elle avait pris le soin de bien s’enduir le corps et le visage de protection solaire qui sentait agrĂ©ablement bon la fleur de TiarĂ©.
De plus, elle portait une casquette et par dessus son maillot de bain deux piÚces, une tunique de plage en voile soyeux de couleur bleue ciel, agrémentée de manches courtes chauve-souris joliment fendues sur les épaules.

Cette tenue fluide et aĂ©rienne Ă©tait bien appropriĂ©e Ă  la chaleur intense d’aujourd’hui.
Et pour ne pas dĂ©plaire, il y avait mĂȘme une lĂ©gĂšre brise qui venait lui caresser le visage, les cheveux ; ce qui rendait agrĂ©able sa marche, sous le soleil ardent de cette belle matinĂ©e de ce samedi 26 AoĂ»t 2015.

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Cela faisait dĂ©jĂ  une bonne vingtaine de minutes qu’elle se promenait tranquillement sur cette plage et pas un seul chat Ă  l’horizon.
Son Guide Philippo ne lui avait pas menti ; cette petite Ăźle Ă©tait encore mĂ©connue des touristes car difficile d’accĂšs et seuls les insulaires et les guides expĂ©rimentĂ©s tel que lui pouvaient connaĂźtre cet endroit bĂ©ni des Dieux !

Elisa ne regrettait vraiment pas cette excursion ; elle se sentait bien ici, elle Ă©tait heureuse et parfaitement en osmose avec la nature.

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Philippo ne tarderait pas Ă  la rejoindre, il Ă©tait restĂ© sur le catamaran qui Ă©tait amarrĂ© non loin d’ici afin d’y prendre quelques Ă©quipements pour cette nuit et ramener le repas et les boissons pour le dĂ©jeuner de ce midi.

Le menu prĂ©vu par le restaurant de l’HĂŽtel Ă©tait des plus allĂ©chants :

– Salade de cruditĂ©s variĂ©es et sambos au poisson,
– Langoustes grillĂ©es au beurre d’ail accompagnĂ©es de riz blanc, de curry de courgettes et d’aubergines avec du bon pili-pili (piment). Et pour terminer ce repas, en guise de dessert : Des bananes flambĂ©es au Rhum des Ăźles avec boules de glace au coco. Un vrai festin !

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Elisa avait hùte de déjeuner car elle commençait à avoir faim.
Elle regarda sa montre bracelet waterproof qui avait Ă©tĂ© d’une trĂšs grande Ă©tanchĂ©itĂ© lorsqu’elle avait fait de la plongĂ©e sous-marine il y a une heure de temps dĂ©jĂ , en compagnie de son Guide.

Il Ă©tait 10H55.
Elle s’arrĂȘta un instant, se retourna, mit sa main en visiĂšre Ă  cause du soleil Ă©blouissant et regarda au loin.
Elle avait dĂ» beaucoup marcher car elle ne voyait plus du tout le catamaran. Mais que pouvait bien faire Philippo ? Il n’Ă©tait toujours pas revenu la rejoindre.

Sans doute qu’elle s’inquiĂ©tait pour rien. Il n’allait plus tarder Ă  prĂ©sent alors en attendant son retour, Elisa dĂ©cida de faire une petite halte ici.
Elle dĂ©posa son sac de plage qu’elle portait en bandouliĂšre puis en extirpa une grande serviette qu’elle Ă©tala sur le sable chaud.
Avant de s’allonger dessus, elle fouilla Ă  nouveau dans celui-çi et en sortit une petite bouteille d’eau dont elle but quelques gorgĂ©es qui la dĂ©saltĂ©rĂšrent aussitĂŽt tellement c’Ă©tait bien frais.

Jamais elle n’aurait pu faire ce petit voyage sans son fidĂšle sac de plage. En effet, il y avait pas mal de choses qu’elle avait transportĂ©es Ă  l’intĂ©rieur : une petite glaciĂšre isotherme souple contenant trois petites bouteilles d’eau glacĂ©es et une canette de jus d’orange Minute Maid, un paquet d’une dizaine de petits pains aux raisins qu’elle avait achetĂ© ce matin Ă  la pĂątisserie de l’HĂŽtel, ses tennis pour la promenade de tout Ă  l’heure dans la forĂȘt tropicale de Diamond pour y voir « le voile de la mariĂ©e », sa grande serviette Ă©ponge et une autre plus petite pour s’essuyer aprĂšs ses baignades, un maillot de bain une piĂšce de couleur bleu marine, des vĂȘtements de rechange, un gros tube de crĂšme solaire, une trousse de toilette et sans oublier sa grosse lampe de poche Ă©tanche pour ce soir.

Et pour je ne sais quelle raison, elle avait aussi prĂ©vu d’emmener avec elle, un briquet offert par l’hĂŽtel (non pas qu’elle fumait, bien au contraire mais juste au cas oĂč) ainsi que son couteau Suisse 21 piĂšces multifonctions ultra compact que son pĂšre lui avait offert pour son anniversaire, il y a 6 mois de ça et qu’elle avait dissimulĂ© dans un mouchoir en tissu fleuri afin de le protĂ©ger des intempĂ©ries. Un accessoire idĂ©al pour les dĂ©placements en extĂ©rieur lui avait-il soulignĂ©. Elle le revoyait encore en train de lui rabĂącher, dans un large sourire :

« Et surtout ne te dĂ©place jamais sans lui, il pourrait t’ĂȘtre utile et ce Ă  n’importe quelle occasion. C’est un couteau magique qui te simplifiera la vie…Je t’assure Elisa ! Prends en bien soin »

Et elle lui répondait invariablement :

« Oui, d’accord Papa c’est notĂ© ! Je le garderai bien prĂ©cieusement avec moi et je l’emmĂšnerai partout oĂč j’irais… »

Et c’est ce qu’elle avait fait aujourd’hui.
De toute façon ses parents lui avaient appris Ă  devenir une personne trĂšs prĂ©voyante et ce depuis sa plus tendre enfance alors disons que c’Ă©tait presque innĂ© chez elle de se dĂ©placer avec pas mal de choses dans son sac afin de ne rien manquer.

Et comme disait un certain proverbe : « Mieux vaut trop que pas assez ».
C’est pourquoi, mĂȘme si son guide Ă©tait chevronnĂ© dans son domaine et qu’il avait tout prĂ©vu pour ces deux jours, elle prĂ©fĂ©rait faire confiance Ă  son instinct.

Quoique pour l’instant tout allait pour le mieux ; pas le moindre nuage en vu, au sens propre comme au sens figurĂ©.
Tout s’Ă©tait parfaitement bien dĂ©roulĂ© jusqu’Ă  prĂ©sent ; alors aucune inquiĂ©tude Ă  avoir se dit Elisa en esquissant un demi-sourire.

****

AllongĂ©e sur sa serviette, sa casquette Ă  visiĂšre lui couvrant le visage ; Elisa ferma les paupiĂšres et commença Ă  s’endormir tout en Ă©coutant paisiblement le doux murmure du vent et le ressac incessant de la mer.
Et le temps s’Ă©coula, s’Ă©grena…
Elisa venait de s’assoupir et n’avait pas vu le temps passer…

Il était déjà 12H15.

****

Soudain, des petites gouttes d’eau froides lui tombĂšrent sur la jambe et le pied droit.
Oh non ! Se pourrait-il qu’il pleuve ?? Pourtant il faisait un temps si radieux !
Que c’Ă©tait dĂ©sagrĂ©able ! Si bien qu’Elisa commença Ă  se rĂ©veiller peu Ă  peu.

Elle retira sa casquette qui lui bouchait la vue puis avec effroi et stupĂ©faction vit une jeune femme qui se tenait lĂ , debout juste Ă  cĂŽtĂ© d’elle, le dos lĂ©gĂšrement courbĂ© en avant avec de longs cheveux noirs Ă©parses et dĂ©goulinants d’eau…

La jeune femme grelottait de froid ; sans doute dĂ» Ă  cause de l’humiditĂ© de ses vĂȘtements qui lui collaient Ă  la peau.
Elle avait le visage tuméfié avec un énorme bleu violacé sur le front et des traces de griffures sur la joue gauche.
Un petit filet de sang lui coulait le long de la narine droite jusqu’au menton et ses grands yeux noirs Ă©taient rougis par des larmes incessantes.

Elle portait un t-shirt blanc cassĂ©, dĂ©chirĂ© Ă  l’encolure et tĂąchĂ© d’aurĂ©oles de sang dĂ©lavĂ© au niveau du ventre. Son bermuda bleu ciel Ă©tait maculĂ© de traces de sang comme si elle s’Ă©tait essuyĂ© les mains dessus quant Ă  ses baskets, on ne distinguait plus vraiment leurs couleurs tellement elles Ă©taient sales.

Elle Ă©tait vraiment dans un piteux Ă©tat et n’arrĂȘtait pas de pleurer.
Elisa se redressa rapidement Ă  l’aide de ses coudes et se mit debout face Ă  la jeune femme puis lui demanda :

« Que vous est-il arrivĂ©e ? vous ĂȘtes blessĂ©e…qui vous a fait ça ? »

« J’Ă©tais dans la montagne lĂ -bas, avec mon mari et… »

La jeune femme renifla puis d’un revers de main essuya le petit Ă©coulement de sang qui lui sortait de sa narine droite. Les mots ne sortaient plus de sa bouche et elle semblait tĂ©tanisĂ©e alors Elisa s’approcha davantage d’elle et lui pressa gentiment l’Ă©paule pour l’encourager Ă  parler.

« Continuez, je vous prie…Que s’est-il passĂ© ? »

La jeune femme cessa de pleurer et dit d’une voix Ă©teinte :

« On Ă©tait dans cette forĂȘt lĂ -bas… »

Elle désigna du doigt une étendue de verdure luxuriante qui se trouvait au loin, juste aprÚs la plage.

« J’Ă©tais en train de prĂ©parer des sandwichs. On se trouvait prĂšs de notre cabane. Mon mari discutait avec notre Guide Batisto et je coupai du pain. Soudain, j’ai vu un homme qui venait vers nous. Il Ă©tait sorti de nulle part et il avait l’air trĂšs menaçant. J’ai criĂ© trĂšs fort pour avertir mon mari et Batisto mais subitement je ne sais pas pourquoi notre Guide s’en ait pris Ă  mon mari. Il le battait tellement fort qu’il s’est retrouvĂ© par terre. Batisto n’arrĂȘtait pas de lui taper dessus sans fin. Oh mon Dieu ! mon pauvre mari ! Je le voyais qu’il souffrait mais j’Ă©tais impuissante, incapable de l’aider. J’Ă©tais terrifiĂ©e. Subitement, l’autre homme s’est retrouvĂ© prĂšs de moi. Je ne l’avais pas vu venir car j’Ă©tais prĂ©occupĂ©e par mon mari. J’ai tentĂ© de m’enfuir mais il m’a rattrapĂ©. Ensuite, il n’a pas arrĂȘtĂ© de me battre ; il me donnait de violent coups sur tout le corps mais le pire fut lorsqu’il me donna un violent coup de poing au front. Je pense que j’ai dĂ» m’Ă©vanouir car je ne me souviens plus de rien. je ne sais plus ce qui s’est passĂ© en ce qui concerne mon mari. Et je…. »

La jeune femme s’arrĂȘta de parler. Des larmes lui coulaient Ă  nouveau le long de ses joues et tout son corps Ă©tait secouĂ© de tremblements tellement elle devait avoir froid mais malgrĂ© le choc qu’elle avait subi, elle continua son histoire :

« Lorsque j’ai repris connaissance et que je me suis relevĂ©, j’ai vu Ă  nouveau cet inconnu qui m’avait frappĂ©. Il riait avec notre Guide mais par contre je ne voyais plus nulle part mon mari. J’avais trĂšs mal Ă  la tĂȘte. Je titubais puis Ă  un moment donnĂ© j’ai vu par terre mon couteau de cuisine alors je m’en suis vite emparĂ© et je l’ai cachĂ© derriĂšre mon dos. C’est alors que Batisto s’est avancĂ© vers moi. Il n’arrĂȘtait pas de rire puis il m’a dit qu’il avait tuĂ© mon mari et qu’il avait adorĂ© lui faire du mal. Il me disait que mon Mari avait criĂ© comme une gonzesse. Ce sont ses propres mots. Cette ordure me dĂ©bitait ça avec le plus grand mĂ©pris alors comme j’avais beaucoup de haine Ă  ce moment lĂ  et qu’il se rapprochait de plus en plus de moi, je n’ai pas hĂ©sitĂ©, je me suis jetĂ©e sur lui et je lui ai enfoncĂ© le couteau dans le ventre, au plus profond que j’ai pu puis je l’ai vite retirĂ© pour le garder avec moi. Il a criĂ© trĂšs fort et ensuite il est tombĂ© par terre. L’autre type a vu son acolyte au sol et il a couru vers moi. J’Ă©tais effrayĂ©e. J’ai tentĂ© de me sauver mais il a finit par me rattraper et il m’a donnĂ© une grande gifle. J’avais trĂšs mal mais je ne sais comment et par quel miracle j’ai rĂ©ussi Ă  lui donner un coup de pied dans les parties. C’est Ă  ce moment lĂ  que j’ai vite ramassĂ© le couteau que j’avais perdu et lorsqu’il s’est approchĂ© Ă  nouveau de moi, je le lui ai enfoncĂ© dans la poitrine. L’homme criait de rage et il m’insultait en me regardant d’un air menaçant. Puis il a retirĂ© le couteau qui Ă©tait toujours plantĂ© dans sa poitrine et l’a jetĂ© par terre. Il y avait une grosse tĂąche de sang sur son t-shirt. Je me souviens ensuite qu’il m’avait menacĂ© en me disant qu’il reviendrait me tuer puis il a couru et a disparu dans la forĂȘt. Depuis, je ne l’ai plus jamais revu. Je ne sais pas ce qu’il est devenu mais j’aurais voulu qu’il meurt … »

Elisa en avait la chair de poule. Ce que venait de vivre cette jeune femme Ă©tait insoutenable.

« Mon Dieu ! Mais c’est terrible ce que vous venez de vivre ! C’est inimaginable ! Je suis vraiment dĂ©solĂ©e. Et qu’est devenu votre Mari ? Et ce guide qui l’avait battu ? »

La jeune femme continua son histoire :

« Lorsque cet homme qui m’avait frappĂ© s’est sauvĂ©, j’ai essayĂ© de rechercher Batisto car je ne le voyais plus nulle part alors je suis allĂ©e vers la chute d’eau qui se trouve Ă  quelques mĂštres des deux cabanes. C’est lĂ  que je l’ai revu. Il rampait tout prĂšs du bassin de la cascade. Je l’ai vu se redresser et marcher avec difficultĂ© vers l’avant de la forĂȘt ; il voulait sans doute s’enfuir lui aussi comme l’avait fait son acolyte, alors sans hĂ©siter, je me suis prĂ©cipitĂ© vers lui et je l’ai violemment poussĂ© dans le bassin. Il est tombĂ© dedans et lorsque je me suis rapprochĂ©, j’ai vu qu’il se dĂ©battait dans l’eau pendant un certain temps puis plus rien. J’ai constatĂ© alors qu’il Ă©tait mort. »

Elisa n’en revenait toujours pas. Quelle Ă©pouvantable histoire !!

« Et donc ce Batisto s’est noyĂ© dans ce bassin. Mais en ce qui concerne votre mari ? qu’est-il devenu ? »

« Mon mari est mort et je… »

« Mon Dieu ! ce n’est pas possible ! Mais oĂč l’avez-vous retrouvĂ© ? » dit Elisa totalement affarĂ©e.

« Je l’ai cherchĂ© partout et j’ai fini par tomber sur une de ses baskets que j’ai trouvĂ© Ă  cĂŽtĂ© d’un ravin, pas trĂšs loin de notre cabane. C’est lĂ  que j’ai revu mon mari au fond de ce prĂ©cipice. Il y avait plein de sang autour de lui…
« Mon Dieu ! mais c’est abominable ! Je suis tellement dĂ©solĂ©e que vous ayez perdu votre mari… »

Elisa Ă©tait abasourdie par ce qu’elle venait d’entendre. Elle commençait Ă  avoir de plus en plus peur mais elle ne pouvait pas se permettre de perdre son sang-froid face Ă  cette jeune femme qui Ă©tait en Ă©tat de choc et de dĂ©tresse. Alors elle se ressaisit et lui demanda :

« Comment vous appelez-vous ? »

« Tamara »

« Moi c’est Elisa. Encore dĂ©solĂ©e Tamara de vous rencontrer ainsi, en de telles circonstances. C’est si triste pour votre mari. Vous Ă©tiez ici en excursion ? »

« Oui, mon mari Juanes et moi Ă©tions venus ici pour notre voyage de noces. Je ne comprends pas pourquoi il y a eu tout ça. J’ai tout perdu Ă  cause de ces deux hommes. Ces monstres… »

Elisa n’avait plus de mots et ne savait comment consoler la jeune femme qui avait tellement subi alors elle fouilla dans son sac de plage et en sorti une petite serviette qu’elle tendit Ă  la jeune femme.

« Tenez, vous devriez vous essuyer. Vous ĂȘtes trempĂ©e. Vous devez avoir froid. J’ai aussi des vĂȘtements de rechange. Vous devriez retirer les vĂŽtres et enfiler ceci. Je pense qu’elle vous ira »

« Merci. C’est vrai que j’ai froid… »

La jeune femme s’exĂ©cuta. Elle retira son t-shirt tĂąchĂ© de sang ainsi que son bermuda qu’elle jeta en boule, Ă  ses pieds. Elle Ă©tait en petite tenue mais ne semblait pas trop ĂȘtre gĂȘnĂ©e devant Elisa. Elle commença Ă  s’essuyer frĂ©nĂ©tiquement le corps puis les cheveux.

En la regardant faire, Elisa remarqua qu’elle avait quelques bleus au niveau de la poitrine et des Ă©paules. Ces individus avaient dĂ» beaucoup la brutaliser d’oĂč l’apparition de ces marques. Cette femme avait vraiment beaucoup souffert mais elle avait rĂ©ussi Ă  se dĂ©fendre face Ă  ces deux tortionnaires et Elisa trouvait qu’elle avait eu beaucoup de cran et de courage pour se sortir de cet enfer.

Lorsque Tamara eut terminé de se sécher, elle enfila la tunique en voile imprimée de couleur fushia qui ressemblait à celle que portait Elisa à la seule différence du coloris.
En les voyant habillĂ©es ainsi, on aurait dit deux soeurs jumelles Ă  part que l’une Ă©tait blonde Ă  la peau claire et l’autre brune Ă  la peau ambrĂ©e.

« Vous ĂȘtes plus au sec ainsi et la tunique vous va bien » lui dit Elisa. Elle s’approcha de Tamara et lui toucha doucement le front.

« Est-ce que c’est encore douloureux ? »

« Un peu, mais ça va. Et je me sens beaucoup mieux dans ce vĂȘtement. Merci beaucoup Elisa »

« De rien. Et votre nez ? J’ai vu que vous saigniez tout Ă  l’heure… »

« Non, ce n’est rien. J’ai parfois des saignements de nez et ce depuis mon enfance mais ça n’a rien Ă  voir avec ces sales brutes. Mais ça va maintenant, je ne saigne plus du tout »

« Alors je suis rassurĂ©e »

Elisa avait remarquĂ© que les cheveux de Tamara Ă©taient trĂšs emmĂȘlĂ©s alors elle lui proposa son peigne Ă  larges dents pour les discipliner.

« Auriez-vous aussi un Ă©lastique pour que je puisse les attacher ? Je ne les supporte plus comme ça » demanda Tamara, tout en coiffant sa longue chevelure Ă©bĂšne.

« Oui, biensĂ»r »

Elisa fouilla dans sa trousse de toilette et en sorti un chouchou en velours noir.

« Tenez, c’est un chouchou. Je n’ai pas d’Ă©lastique »

« Ă§a ira trĂšs bien. Merci Elisa »

Tamara Ă©tait en train de nouer ses cheveux en une haute queue de cheval. CoiffĂ©e ainsi, elle Ă©tait complĂštement diffĂ©rente. Cela lui donnait un air dynamique et encore plus combatif que jamais, prĂȘte Ă  affronter n’importe quel adversaire. Du moins, c’est l’apparence que lui donnait cette nouvelle coiffure. En l’observant dans les dĂ©tails, Elisa avait encore une question qui lui brĂ»lait les lĂšvres ; un Ă©lĂ©ment qu’elle n’arrivait pas Ă  comprendre, alors elle se lança :

« Je me posais une question Tamara… »

« Oui, allez-y »

« Pourquoi Ă©tiez-vous toute trempĂ©e lorsque vous ĂȘtes venue vers moi ? »

« Heu…Oui c’est vrai, j’ai oubliĂ© de vous dire. Lorsque j’ai vu mon mari en bas dans le prĂ©cipice avec tout ce sang autour de lui, je ne pouvais plus supporter d’avoir le sang de ces sales types sur les mains alors j’ai dĂ©cidĂ© d’aller me les laver Ă  la cascade. En marchant, j’ai aperçu mon couteau de cuisine par terre qui Ă©tait plein de sang alors je l’ai ramassĂ© puis je me suis dirigĂ© Ă  la source de la cascade. Je me suis d’abord lavĂ© les mains puis j’ai commencĂ© Ă  rincer la lame du couteau. Mais c’est Ă  ce moment lĂ  que je n’ai pas fait attention et que j’ai glissĂ©. J’ai perdu l’Ă©quilibre et je suis tombĂ©e dans le bassin oĂč se trouvait le cadavre de cette ordure de Batisto. Heureusement, j’ai rĂ©ussi Ă  me sortir de lĂ  tant bien que mal car le bassin est trĂšs profond. J’Ă©tais entiĂšrement mouillĂ©e et je venais de perdre mon couteau alors j’ai voulu quitter cet endroit de malheur au plus vite. Au cours de mon trajet pour retourner Ă  la plage, j’avais beaucoup transpirĂ© et je me sentais toute poisseuse et sale, alors lorsque je me suis retrouvĂ© face Ă  la mer, j’ai vite retirĂ© mes baskets et sans rĂ©flĂ©chir je me suis jetĂ© Ă  l’eau. Je voulais me laver de toute cette crasse. Et c’est vrai qu’Ă  un moment donnĂ©, lorsque je nageais sous l’eau, j’ai repensĂ© Ă  mon mari. J’Ă©tais Ă  nouveau bouleversĂ©e et trĂšs en colĂšre. Alors j’ai voulu mourir…mais… »

Les yeux de Tamara Ă©taient embuĂ©s de larmes qu’elle ne pouvait rĂ©frĂ©ner. Emue par ce qu’elle venait de lui rĂ©vĂ©ler, Elisa eut un geste de tendresse envers elle. Elle lui prit les mains et les enserra tout doucement dans les siennes puis constatant qu’elle ne portait pas d’alliance, elle ne pu s’empĂȘcher de lui dire :

« Je viens de remarquer que vous ne portez pas d’alliance Ă  votre doigt ? »

Tamara regarda un instant sa main gauche qui Ă©tait effectivement dĂ©nudĂ©e. Elle resta un instant sans voix comme si elle se sentait fautive puis se remit Ă  pleurer si bien qu’Elisa regrettait dĂ©jĂ  de lui avoir posĂ© cette question.

« Vous allez trouver ça complĂštement idiot de ma part mais je vous assure que c’est la vĂ©ritĂ©. Lorsque je prends ma douche, j’ai pour habitude de retirer ma bague pour ne pas l’abĂźmer. Mais cette fois-çi j’ai dĂ» oublier de la remettre Ă  mon doigt. La bague est donc restĂ©e chez nous dans notre maison Ă  AntinĂ©a. BiensĂ»r lorsque mon mari et moi sommes venus Ă  Diamond, je m’en suis aperçu mais c’Ă©tait dĂ©jĂ  trop tard. Vous pensez que c’Ă©tait un mauvais prĂ©sage ? C’est vrai maintenant que j’y pense. Comment ai-je pu oublier mon alliance… » dit-elle les yeux noyĂ©s de larmes.

« Non, Tamara. Ne vous mĂ©prenez pas. Si je vous ai posĂ© cette question, ce n’est pas pour vous accabler. Vous ne devez pas vous sentir coupable par rapport Ă  cette bague, cela n’a rien Ă  voir du tout ! C’Ă©tait juste un oubli. Rien de plus. Ce n’Ă©tait en aucun cas un mauvais prĂ©sage comme vous venez de le dire. Non, rien de cela. Et puis, vous ne pouviez pas prĂ©voir ce qui allait se passer sur cette Ăźle »

« Je ne sais pas mais tout ce que je sais, c’est que j’ai perdu mon mari… »

« Oui et c’est vraiment tragique ce que vous avez vĂ©cu mais je vous en prie Tamara, chassez de votre esprit cette histoire de mauvais prĂ©sage. Vous n’y ĂȘtes absolument pour rien. Et moi, je suis lĂ  avec vous. Et je voulais vous dire aussi que lorsque vous m’avez racontĂ© tout Ă  l’heure que vous vouliez vous suicider, eh bien, j’ai Ă©tĂ© trĂšs Ă©mue d’apprendre cela. Je suis sincĂšre Tamara. Et sachez une chose, votre mari n’aurait jamais voulu que vous fassiez ce geste. Vous ĂȘtes en vie et c’est tout ce qui compte. Vous m’avez entendu ? Vous ĂȘtes une personne trĂšs forte. Et vous avez tout mon soutien »

« Merci Elisa. Vous ĂȘtes si gentille avec moi. Mais vous savez, c’est grĂące Ă  vous si je ne suis pas passĂ©e Ă  l’acte »

« GrĂące Ă  moi ? »

« Oui, grĂące Ă  vous. Lorsque je nageais sous l’eau et que je suis remontĂ©e Ă  la surface pour reprendre une derniĂšre fois mon souffle, j’ai remarquĂ© au loin une petite tĂąche bleue sur la plage. Je n’en croyais pas mes yeux alors je suis vite sortie de l’eau, j’ai enfilĂ© mes baskets et j’ai couru sans m’arrĂȘter vers cette tĂąche. Puis au fur et Ă  mesure que je m’en rapprochai, j’ai constatĂ© que c’Ă©tait bien une personne qui Ă©tait allongĂ©e sur une serviette. Et Ă  partir de ce moment lĂ , vous ne pouvez pas savoir Ă  quel point ce fut une vĂ©ritable dĂ©livrance pour moi lorsque je suis tombĂ©e sur vous et qui plus est une femme. Je n’aurais sans doute pas eu confiance si j’Ă©tais tombĂ©e sur un homme. C’est pourquoi je tenais Ă  vous remercier Elisa. Encore merci d’ĂȘtre lĂ  et de me soutenir »

« Mais c’est tout Ă  fait normal Tamara. Et je vous soutiendrai encore jusqu’au bout »

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Elisa jeta un bref coup d’oeil Ă  sa montre. Il Ă©tait dĂ©jĂ  13H20.

Les sourcils froncĂ©s, elle regarda au loin l’imposante montagne qui se dressait juste aprĂšs la plage puis avec une certaine anxiĂ©tĂ© dans la voix, s’empressa de dire Ă  Tamara :

« Je voulais vous demander. En ce qui concerne l’homme qui s’est enfui. Il pourrait revenir ici pour nous faire du mal ? Il doit sans doute nous Ă©pier au moment mĂȘme oĂč nous parlons. Vous ne pensez pas ? Et si jamais il vous avez suivi ? »

« Non, il ne m’a pas suivi et j’en suis certaine car je n’ai eu de cesse de regarder autour de moi avant de venir sur cette plage »

Pourtant, il y avait quelque-chose qui clochait se dit Elisa dans son for intĂ©rieur. Une chose qui la tracassait encore. Mais quoi donc ? Soudain elle fut prise de panique. Elle l’avait complĂštement oubliĂ©. C’Ă©tait son Guide Philippo. Mais qu’Ă©tait-il devenu depuis tout ce temps ??

Avec affolement, elle fit part de son inquiétude à Tamara et sans plus attendre commença à lui raconter le début de son histoire :
« Moi aussi j’Ă©tais en excursion sur cette Ăźle. Mais avant de me retrouver ici Ă  Diamond, j’Ă©tais en catamaran avec mon Guide.

C’est lui qui naviguait le bateau et au cours de notre pĂ©riple, on avait fait de la plongĂ©e sous-marine ensemble. Ensuite on a dĂ©barquĂ© sur cette plage, il a amarrĂ© le bateau puis il m’a dit que je pouvais aller me promener un peu plus loin si je le souhaitai pendant qu’il dĂ©chargerait nos affaires. Je me suis donc baladĂ© puis j’ai dĂ©cidĂ© de m’allonger un peu en l’attendant. Je me suis endormie et vous ĂȘtes apparu. Et depuis notre rencontre, je n’ai plus jamais revu mon Guide qui s’appelle Philippo…Je me dema.. »

Soudain Tamara lui coupa la parole.

« Vous dĂźtes qu’il s’appelait Philippo ? Ce prĂ©nom me dit vaguement quelque-chose. C’est encore flou mais il me semble que j’ai entendu ce prĂ©nom lorsque j’Ă©tais Ă©vanouie. J’entendais des bribes de voix. Oui, j’en suis certaine maintenant. Je me souviens de ce prĂ©nom… »

Elisa n’osait y croire. L’idĂ©e mĂȘme de penser que Philippo pouvait avoir un lien avec toute cette sordide histoire lui fit dresser les cheveux sur la tĂȘte. Pour en avoir le coeur net elle posa la question cruciale qui Ă©clairerait enfin sa lanterne :

« Vous souvenez-vous des vĂȘtements que cet homme portait ? »

« oui, je m’en souviens clairement » s’empressa de dire Tamara. « Il portait un t-shirt jaune avec une inscription dessus. Attendez, ça va me revenir. Oui voilĂ , c’Ă©tait Ă©crit : Black and White »

Mon Dieu ! c’Ă©tait donc son Guide Philippo. Elle n’en croyait toujours pas ses oreilles et pourtant c’Ă©tait bien lui. Il n’y avait plus aucun doute lĂ -dessus. Elisa en avait la nausĂ©e.

« C’est bien lui » dit-elle avec dĂ©goĂ»t. « C’est mon Guide. Il portait effectivement un t-shirt de cette couleur avec l’inscription que vous venez de mentionner : Black and White. Mon Dieu, et dire que j’avais fait de la plongĂ©e avec lui. Il semblait si gentil. C’est totalement insensĂ© ! Mais pourquoi aurait-il fait tout ça ? »

« Je ne sais pas. Mais en tous cas, il avait l’air de bien connaĂźtre notre guide Batisto. Je me rappelle encore de leurs satanĂ©s rires !! Moi aussi je n’aurais jamais cru que notre Guide nous aurait fait du mal. Et comme vous dĂźtes, lui aussi il paraissait ĂȘtre trĂšs gentil. Les apparences sont parfois trompeuses. On croit connaĂźtre une personne mais c’est tout l’inverse et j’en sais quelque-chose. A cause de ces deux hommes, j’ai tout perdu. Finalement, mon mari et moi n’aurions jamais dĂ» venir sur cette fichue Ăźle de malheur. Il serait encore en vie maintenant. Je regrette tellement qu’on soit venus ici ! »

« Vous avez raison Tamara. A cause d’eux, vous avez perdu votre mari. C’est tellement horrible ce que vous avez vĂ©cu ! Qu’allons nous faire maintenant ? On se retrouve toutes les deux seules sur cette Ăźle perdue. Qu’allons-nous devenir ? Qui va venir nous sortir de lĂ  ? »

« Je ne sais pas Elisa mais on va tout faire pour pouvoir s’en sortir. Et puis heureusement nous sommes deux »

« Oui, c’est vrai mais ce n’est pas rassurant avec ce sale type qui est dans les parages. J’ai quand mĂȘme peur. Vous auriez un plan en tĂȘte pour se sortir de cette galĂšre ? »

« Oui j’ai un plan qui pourrait ĂȘtre possible. DĂźtes-moi, quelle heure est-il ? »

Elisa regarda sa montre. Et dire qu’en venant sur cette Ăźle, elle se disait qu’elle oublierait les heures qui passent ; eh bien ce n’Ă©tait plus le cas Ă  prĂ©sent, au contraire le temps Ă©tait comptĂ© plus que jamais…

« Il est exactement 14H00 »

« Il faudrait quitter cet endroit au plus vite » dit Tamara.

« Mais pour aller oĂč ? »

Tamara regarda la forĂȘt luxuriante qui Ă©tait Ă  environ 3 kilomĂštres de lĂ  oĂč elles se trouvaient puis elle dit :

« Je pense qu’on devrait aller lĂ -bas dans la forĂȘt. Ici on est trop en vue. Et la nuit va vite tomber. En haut de cette montagne, il y a deux cabanes qui se trouvent l’une Ă  cĂŽtĂ© de l’autre. La deuxiĂšme qui Ă©tait juste derriĂšre la premiĂšre Ă©tait fermĂ©e Ă  clef car elle Ă©tait inoccupĂ©e. Mon mari et moi dormions dans la premiĂšre cabane. Ces cabanes sont des sortes de refuge pour les rares touristes qui sĂ©journent ici. On pourrait vous et moi, s’enfermer Ă  clef dans la cabane que je connais. Je me souviens que la porte d’entrĂ©e Ă©tait restĂ©e entrouverte avant que les deux hommes nous attaquent mon mari et moi. Je le sais car j’Ă©tais en train de prĂ©parer des sandwichs et que je faisais des allĂ©es et venues entre la cabane et l’extĂ©rieur. Moi, je ne vois que cette solution pour nous protĂ©ger de cet homme »

« Mais oĂč se trouve cette clef pour pouvoir s’enfermer dans cette cabane ? »

« Lorsque mon mari et moi dormions dans la cabane, nous nous y enfermions Ă  clef pendant que Batisto de son cĂŽtĂ© dormait sous sa tente Ă  quelques mĂštres de nous. Je me rappelle que tous les matins, il avait pour habitude de nous rĂ©clamer Ă  chaque fois la clef de notre cabane et j’avais remarquĂ© qu’il la rangeait toujours dans l’une des poches extĂ©rieures de son sac Ă  dos. Et quand votre guide nous avait agressĂ©, le sac se trouvait Ă  l’intĂ©rieur de notre cabane. Il Ă©tait posĂ© sur la table Ă  manger. Et je suis certaine qu’il doit toujours y ĂȘtre. Il faudrait absolument mettre la main dessus et rĂ©cupĂ©rer la fameuse clef. Et Ă  ce moment lĂ , on serait sauvĂ©es vous et moi ! Du moins, on serait beaucoup plus en sĂ©curitĂ© qu’Ă  l’extĂ©rieur. Je ne vois que cette solution pour l’instant. Ensuite, on verra bien ce qu’on pourra faire pour la suite des Ă©vĂšnements »

« Mais, vous oubliez un dĂ©tail Tamara ? Et si jamais ce Philippo Ă©tait revenu sur ses pas pendant que vous ĂȘtes venue sur cette plage ? Il pourrait alors se trouver dans cette cabane et avoir la fameuse clef avec lui ! C’est vraiment trop dangereux et risquĂ© d’aller lĂ -bas ! »

« Oui c’est vrai que c’est risquĂ© ! Mais nous n’avons pas le choix ! On ne peut pas rester ici indĂ©finiment. Personne ne viendra nous chercher. Mon mari et moi avions optĂ© pour 4 jours d’excursion Ă  Diamond et depuis notre arrivĂ©e ici, nous n’y avons dormi que 2 nuits. Alors vous comprendrez que dans l’immĂ©diat, personne ne viendra s’inquiĂ©ter de notre sort. Et en ce qui vous concerne, c’est pareil puisque vous venez Ă  peine de dĂ©barquer aujourd’hui sur cette Ăźle. Rappelez-moi Elisa, vous deviez sĂ©journer ici durant combien de jours ? »

« 2 jours et 1 nuit » dit-elle avec amertume.

« Vous voyez bien ! Personne ne viendra nous sauver avant ! Croyez-moi Elisa, il faut absolument rejoindre cette cabane si on veut s’en sortir ! »

Elisa constata avec effroi, qu’effectivement personne ne viendrait les secourir tant que ces jours d’excursions n’auraient pas Ă©tĂ© Ă©coulĂ©s. Et donc cette nuit promettait d’ĂȘtre longue et angoissante…

« Qu’en pensez-vous Elisa ? Il faut se dĂ©cider maintenant. Le temps est comptĂ© ! »

« Vous avez sans doute raison mais c’est effrayant de savoir que ce type est toujours lĂ  quelque part… »

« Oui, c’est vrai. Mais il est blessĂ© Ă  la poitrine et il perdait dĂ©jĂ  beaucoup de sang lorsque je l’ai vu s’enfuir. Il est donc en Ă©tat de faiblesse. Et n’oubliez pas, nous sommes deux ! On a un avantage sur lui ! on pourra mieux se dĂ©fendre si jamais ça tournait mal »

Elisa Ă©tait tout de mĂȘme perplexe mais ce que disait Tamara n’Ă©tait pas dĂ©nuĂ© de sens, bien au contraire. En effet, comme elle venait de le souligner Ă  l’instant, Philippo Ă©tait blessĂ© mais elle ne savait pas pourquoi, elle avait tout de mĂȘme peur de devoir s’aventurer dans cette forĂȘt.

« Et si on tentait d’aller plutĂŽt lĂ  oĂč le catamaran est amarrĂ© ? » dit-elle.

« Surtout pas ! et pour y faire quoi ? Il pourrait mĂȘme dĂ©jĂ  y ĂȘtre pendant que nous discutons. De plus on n’y serait pas Ă  l’abri vous et moi. Il faut au contraire partir d’ici et se diriger vers la cabane oĂč l’on pourrait s’y enfermer Ă  clef. On y serait beaucoup plus en sĂ©curitĂ©. Je vous assure. Et comme je vous l’ai dĂ©jĂ  dit, je connais bien l’endroit »

« D’accord, vous devez sans doute avoir raison. Il vaut mieux s’en tenir Ă  votre plan. Je pense effectivement qu’on serait beaucoup plus en sĂ©curitĂ© Ă  l’intĂ©rieur de la cabane »

« Oui, je le pense aussi. Il vaut mieux se dĂ©pĂȘcher Elisa car la nuit tombe vite ici. Ne perdons plus un instant. Allons-y »

Sur les conseils de Tamara, Elisa Ă©changea sa paire de tongues par ses tennis puis ramassa le reste de ses affaires qu’elle rangea Ă  l’intĂ©rieur de son sac de plage. Elle Ă©tait fin prĂȘte mais elle avait peur. Pourtant, il fallait bien qu’elle fasse confiance Ă  Tamara qui avait l’air d’ĂȘtre une personne combative et trĂšs dĂ©terminĂ©e. Ce qui Ă©tait rassurant en un sens mais voilĂ  elle doutait encore et ne pouvait s’empĂȘcher d’avoir de l’apprĂ©hension.

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Et voici que les deux jeunes femmes couraient vers la grande Ă©tendue de forĂȘt verdoyante qui se trouvait droit devant elles.

Tamara avait prĂ©venu Elisa que la cabane se trouvait tout de mĂȘme assez loin et qu’il faudrait accĂ©lĂ©rer le pas afin de ne pas se faire prendre par la nuit.
Et c’est ce qu’elles faisaient Ă  cet instant lĂ . Courir sans s’arrĂȘter.

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Enfin arrivĂ©es Ă  l’orĂ©e de la forĂȘt, toutes deux s’immobilisĂšrent.

Elles Ă©taient essoufflĂ©es par leur course alors avant de continuer leur chemin, Elisa proposa Ă  Tamara de boire un peu d’eau afin de reprendre des forces.
Une fois aprĂšs avoir Ă©tanchĂ© leur soif, elles Ă©taient prĂȘtes Ă  se remettre en route.

« Allons-y Elisa !! et surtout faites attention oĂč vous mettrez les pieds. C’est assez caillouteux par certains endroits… »

« OK. Merci Tamara. Je ferai attention »

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Mon stage de communication Ă  Mantasoa

Mantasoa se trouve Ă  proximitĂ© de la Capitale d’Antananarivo »Â dans une rĂ©gion montagneuse entourĂ©e de forĂȘts de pins, d’eucalyptus, de forĂȘts primaires et de rĂ©serves naturelles prĂ©servĂ©es :

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Voici mon histoire :

Lorsque j’Ă©tais Ă©tudiante au LycĂ©e Français de Tananarive, j’ai eu l’opportunitĂ© de faire un stage de communication Ă  Mantasoa dans un Ă©tablissement qui s’appelait « L’Ermitage » ; un charmant HĂŽtel-restaurant situĂ© en pleine nature au bord du lac Mantasoa.

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Voici le lien qui vous mĂšnera Ă  L’HĂŽtel Ermitage :

HĂŽtel-restaurant L’Ermitage

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MANTASO

Mes professeurs de l’Ă©poque (AnnĂ©e 93/94) avaient organisĂ© ce stage en vue de nous faire progresser dans le domaine de la communication afin de nous ouvrir au monde du travail.

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Par un beau jour ensoleillĂ©, mes camarades et moi qui Ă©tions en classe de « BEP acc de premiĂšre annĂ©e » partĂźmes donc en bus, direction « Mantasoa ».

Inutile de vous dire que nous Ă©tions tous trĂšs excitĂ©s Ă  l’idĂ©e de rester 1 semaine dans cet endroit de rĂȘve dont on nous avait racontĂ© monts et merveilles.

Certains de mes camarades connaissaient bien ce lieu et me racontaient que c’Ă©tait un endroit fort agrĂ©able et trĂšs reposant.

Quant Ă  moi, je connaissais quelque peu Mantasoa car mes parents, mon frĂšre et moi allions pratiquement tous les dimanches y dĂ©jeuner dans la grande salle de restaurant du cĂŽtĂ© de la grande baie vitrĂ©e qui donnait sur le trĂšs beau jardin de l’Ă©tablissement et biensĂ»r sur le lac Mantasoa.

En effet, ma famille et moi adorions leur buffet à volonté qui était trÚs bien achalandé en toutes sortes de mets diversifiés.

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Lorsque j’ai vu pour la premiĂšre Mantasoa, j’Ă©tais littĂ©ralement tombĂ©e sous le charme de ce lieu que je trouvais bien agrĂ©able sans doute parce qu’il Ă©tait situĂ© en pleine campagne et donc loin du vacarme assourdissant de la Capitale d’Antananarivo.

Et comme ma famille et moi habitions justement à Tananarive ; Mantasoa nous apparaissait tel un endroit de paradis loin de tous les bruits de la ville et des embouteillages perpétuels.

Si jamais vous ne connaissiez pas Mantasoa ; il faudra un beau jour que vous envisagiez de le visiter car c’est un lieu incontournable Ă  Madagascar.

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Pour en revenir Ă  la suite de mon histoire concernant mon stage de communication effectuĂ© Ă  Mantasoa ; je n’avais jamais encore eu l’occasion de sĂ©journer Ă  l’hĂŽtel « L’Ermitage ».

Et biensĂ»r c’Ă©tait pour moi le rĂȘve de pouvoir y dormir avec mes camarade de classe ; accompagnĂ©s de nos deux maĂźtres de stage qui Ă©taient :

  • Mr Boussard (Prof de Maths)
  • Mr Husson (Prof de Droit).

J’Ă©tais dĂ©jĂ  toute Ă©moustillĂ©e Ă  l’idĂ©e de pouvoir mieux dĂ©couvrir Mantasoa et ce durant 1 semaine.

Pour moi, c’Ă©tait un peu comme si c’Ă©tait des vacances (Mais chut ! les professeurs avaient organisĂ© ce stage pour nous faire travailler et non l’inverse).

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De Tananarive Ă  Mantasoa :

Point de départ : Le lycée Français de Tananarive et direction Mantasoa.

Mes camarades et moi venions de nous installer bien confortablement Ă  l’intĂ©rieur du bus.
Et hop ! c’Ă©tait parti pour deux longues heures de route Ă  travers des lacets interminables de petites collines, Ă  vous donner quelque peu la nausĂ©e; surtout en ce qui me concernait.

En effet je suis sujette au mal des transports mais disons que le pire pour moi reste les voyages en avion.
Et donc, aprĂšs deux longues heures de route ; nous arrivĂąmes enfin Ă  bon port.

Nous Ă©tions chacun d’entre nous, trĂšs heureux d’ĂȘtre dans cet endroit de rĂȘve ; loin de la ville et surtout loin du LycĂ©e !

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Mes camarades et moi regagnùmes rapidement nos chambres afin de ranger nos affaires et de nous faire un brin de toilette.

Ensuite, nous visitĂąmes l’intĂ©rieur de l’hĂŽtel-restaurant ainsi que les alentours du grand domaine de l’Ermitage.
Comme il se faisait tard, les professeurs nous proposĂšrent d’aller nous coucher afin d’ĂȘtre frais et dispos pour le lendemain ; ce que nous fĂźment rapidement car nous Ă©tions tous fatiguĂ©s de notre voyage.

Le lendemain fut magique pour moi ainsi que les jours suivants.

Le seul fait d’avoir sĂ©journĂ©e dans cet hĂŽtel durant 1 semaine me mĂ©tamorphosa.

En effet, ce stage de communication fut une vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation pour moi puisqu’il me permis de davantage m’ouvrir et surtout de me rĂ©vĂ©ler, vu que j’Ă©tais une personne assez timide Ă  l’Ă©poque.

L’expĂ©rience humaine ; le fait de vivre en communautĂ© avec mes camarades de classe ; tout cela m’apporta un grand bienfait.

De plus, pouvoir effectuer ce stage Ă  l’Ă©tranger et qui plus est dans mon pays natal fut incroyable et sensationnel pour moi !

D’ailleurs, jusqu’Ă  aujourd’hui, j’en garde un excellent souvenir que je n’oublierai jamais et qui restera Ă  jamais gravĂ© dans ma mĂ©moire.

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Jeu de piste dans le village de Mantasoa :

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Au cours de notre séjour, nos deux professeurs décidÚrent de nous faire participer à un jeu de piste qui consistait à retrouver des balises qui se trouvaient dans le village de Mantasoa.

Comme nous étions 16 élÚves, les professeurs nous séparÚrent en deux groupes composés de 8 élÚves.

Je faisais partie de l’Ă©quipe n°2 et le but du jeu Ă©tait de retrouver Ă  travers toute l’Ă©tendue du village de Mantasoa, Ă  l’aide d’une carte de la rĂ©gion chacune des balises mentionnĂ©es sur une feuille que nos professeurs nous avaient donnĂ©e.

Ensuite, nous devions rĂ©pertorier dans un calepin les balises trouvĂ©es et ramener celles qu’il fallait Ă  nos professeurs et biensĂ»r, le tout devait ĂȘtre effectuĂ© dans un laps de temps limitĂ© si nous voulions remporter la victoire.

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Recherche des balises :

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Mantasoa est si vaste qu’on peut facilement s’y perdre si on ne connaĂźt pas trĂšs bien l’endroit.

Son village est entourĂ© de grandes Ă©tendues de forĂȘts d’eucalyptus qui sentent agrĂ©ablement bon.

Je me souviens encore de cette odeur vivifiante.

Lorsque mes camarades et moi, nous retrouvĂąmes dans le coeur du village de Mantasoa ; ce ne fut pas si Ă©vident que ça de se repĂ©rer Ă  l’aide de la carte de la rĂ©gion et mĂȘme en Ă©tant muni d’une boussole que nos professeur nous avaient prĂȘtĂ©e.

Parmi toutes les recherches que l’on devait effectuer, on devait trouver la maison de Jean Laborde ; le cĂ©lĂšbre personnage historique qui avait crĂ©Ă© le premier site industriel Ă  Madagascar.

Cliquez sur ce lien si vous souhaitez en savoir un peu plus sur Jean Laborde :

L’histoire de Jean Laborde

maison jean

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Je me souviens que j’avais adorĂ© visiter les alentours de cette maison ; par contre mes camarades et moi n’avions pas pu visiter ses intĂ©rieurs car la personne qui dĂ©tenait la clef Ă©tait absente.

La recherche des balises fut pour nous, la plus difficile de toutes les Ă©preuves qu’on avait dĂ» effectuer durant notre stage de communication mais ce fut aussi un sacrĂ© dĂ©fi que chacun d’entre nous avait su relever avec succĂšs !

Comme quoi ce sont dans les dĂ©fis qu’on se rĂ©vĂšle le plus ; du moins pour ma part.

Ce fut donc une excellente expĂ©rience humaine et j’en garderai toujours un trĂšs bon souvenir.

Ce jour-lĂ , nous fĂ»mes filmĂ©s par l’un de nos professeurs afin de garder un souvenir de nos recherches de balises Ă  travers le village de Mantasoa, qui Ă  n’en pas douter resterait Ă  jamais gravĂ© dans nos mĂ©moires !

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Le journal télévisé :

journal tv
De plus lors de ce stage, mes camarades et moi avions été filmés, chacun notre tour pour présenter le journal télévisé comme de véritables présentateurs de JT (journal télévisé).

Ce fut d’ailleurs pour moi une grande premiĂšre que je tenais Ă  vous raconter !
Je me souviens encore de cette petite piĂšce qui se trouvait Ă  l’intĂ©rieur de L’hĂŽtel et oĂč l’on devait y jouer le rĂŽle du prĂ©sentateur de JT.

J’Ă©tais installĂ©e Ă  une table avec devant moi des feuillets que je venais de rĂ©diger avec l’aide de mes professeurs et que je devais le moins possible lire car je devais regarder la camĂ©ra.

Il est vrai qu’au dĂ©but j’Ă©tais trĂšs intimidĂ©e face Ă  l’objectif (c’Ă©tait mon Professeur de Math qui me filmait : Mr Boussard) mais ensuite je finissais peu Ă  peu Ă  m’y adapter et mĂȘme Ă  avoir plus de confiance en moi.

J’essayai de regarder le plus possible la camĂ©ra car il fallait Ă©viter de rester trop longtemps le nez plongĂ© dans les documents.

Et ce fut avec rĂ©ussite que je remplis cette tĂąche : En effet j’avais pratiquement tout le temps regardĂ© la camĂ©ra.
Par contre la chose la moins Ă©vidente pour moi, fut de sourire constamment.

D’ailleurs, en revoyant les images lors de la sĂ©ance de diffusion de notre journal tĂ©lĂ©visĂ© ; mes professeurs me firent remarquer que j’avais un petit sourire crispĂ© ; sans doute dĂ» Ă  mon Ă©motivitĂ© face Ă  la camĂ©ra.

Mais ce qui me rendit trĂšs heureuse, fĂ»t lorsqu’ils m’annoncĂšrent que je pouvais vraiment ĂȘtre fiĂšre de moi car j’avais su surmonter ma timiditĂ© et mon manque de confiance en moi.

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Le casting :

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A l’issue de ce stage, on avait aussi la possibilitĂ© de passer un casting si on le souhaitait pour pouvoir obtenir un rĂŽle dans le domaine du cinĂ©ma ou de la chanson.

Et devinez quoi ? J’avais choisi cette option car je voulais relever le dĂ©fi et surtout pouvoir me prouver Ă  moi-mĂȘme que je pouvais y arriver.
C’Ă©tait mon objectif principal ; faire montrer Ă  mes professeurs que je n’Ă©tais pas qu’une personne timide dans mon coin mais que je pouvais ĂȘtre bien plus que ça : une jeune fille qui avait de la personnalitĂ©.

J’avais donc choisi de jouer le premier rĂŽle d’une jeune fille qui s’appelait Lisa et qui voulait rĂ©aliser son rĂȘve : devenir une grande actrice de cinĂ©ma.

Et donc, mon professeur de Maths me remit un petit texte que je devais apprendre par coeur, la veille avant de passer mon audition.
Il me suggéra également de choisir une tenue appropriée qui me mettrai en valeur pour ce grand jour.

En ce qui concernait ce dĂ©tail vestimentaire, ce ne fut pas un problĂšme pour moi car ma douce Maman m’avait conseillĂ© d’emmener dans mon sac de voyage : ma jolie chemise bleue Ă  petites fleurs roses ainsi que mon pantalon en jean que j’aimais bien porter lorsque j’allais au lycĂ©e.

Ce casting Ă©tait si important pour moi, que j’avais pris pas mal de temps Ă  jouer la fameuse scĂšne que j’avais bien apprise par coeur, devant ma meilleure amie de l’Ă©poque.

Et lorsque j’Ă©tais toute seule, je continuais encore et encore Ă  la retravailler afin que je sois fin prĂȘte pour le lendemain.

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Et le jour J arriva irrémédiablement !

Quelques Ă©lĂšves devaient passer avant moi alors ce fut en quelque sorte une vĂ©ritable torture d’attendre enfin mon tour.
Ce jour là, les professeurs qui nous suivaient avaient pour mission de nous analyser dans les moindres détails ; ce qui accentua un peu plus ma peur.

Et de plus, pour cette grande occasion, la Directrice de casting d’une grande agence locale s’Ă©tait dĂ©placĂ©e en personne afin de nous Ă©valuer et de nous donner ses apprĂ©ciations concernant nos interprĂ©tations et nos performances.

Et bien Ă©videmment, les Ă©lĂšves qui avaient choisi de passer ce casting devraient Ă©galement ĂȘtre filmĂ©s comme pour le journal tĂ©lĂ©visĂ©.

Lorsque vint enfin mon tour, j’entrais en scĂšne en adoptant une attitude neutre car je voulais paraĂźtre le plus naturel possible.
Mon coeur battait la chamade mais j’Ă©tais trĂšs concentrĂ©e et chose incroyable je n’avais plus peur ; j’Ă©tais totalement dans la peau de mon personnage : Lisa.

Lorsque la Directrice de casting me demanda pourquoi je voulais absolument avoir le premier rĂŽle, je lui rĂ©pondis tout simplement que j’aimais le personnage de Lisa car c’Ă©tait une rĂȘveuse comme moi qui Ă©tait certes timide mais qui avait du talent pour jouer n’importe quel personnage que ce soit dans la tristesse ou la joie et que j’en Ă©tais capable car j’avais pris des cours d’art dramatique durant deux annĂ©es.

BiensĂ»r j’avais totalement inventĂ© cette histoire de cours dramatique mais le simple fait de l’avoir mentionnĂ© me donna l’avantage par rapport Ă  certains de mes camarades qui n’avaient pas pensĂ© Ă  cette idĂ©e lors de leur passage en scĂšne.

Ce jour lĂ , je ne sais pas pourquoi mais je m’Ă©tais sentie pousser des ailes dans le dos tellement je m’Ă©tais donnĂ©e Ă  fond car je voulais absolument dĂ©crocher le rĂŽle de Lisa.

Lorsque le casting fut terminé, les professeurs et la Directrice de casting se réunirent dans une autre salle afin de débattre pour savoir quel élÚve obtiendrait le premier rÎle de Lisa.

Une fois aprĂšs avoir Ă©lu l’Ă©lĂšve qui jouerait le rĂŽle de Lisa ; il revinrent dans la grande salle de confĂ©rence, dans laquelle, mes camarades et moi avions passĂ© le casting.

Lorsque mon professeur de Droit commença Ă  marquer Ă  la craie blanche les premiĂšres lettres de mon prĂ©nom « CĂ© » sur le grand tableau noir ; je croyais rĂȘver ! mais non, c’Ă©tait bel et bien vrai !

Oui c’Ă©tait bien moi qui avait obtenu le fameux rĂŽle !

Je n’en cru pas mes yeux ! et sous le coup de l’Ă©motion j’en versais quelques larmes surtout au moment oĂč tous mes camarades et professeurs m’applaudirent à l’unisson.

Et pour me rĂ©compenser d’ĂȘtre sortie enfin de ma coquille, mes professeurs m’offrirent un pin’s reprĂ©sentant l’emblĂȘme des Rolling stones : la fameuse langue qui sort d’une bouche.

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Car pour la premiĂšre fois j’avais dĂ©montrĂ© Ă  tout le monde de quoi je pouvais ĂȘtre capable !

Et pour fĂȘter la finalitĂ© de ces Ă©preuves, nos professeurs nous firent la surprise de faire une petite excursion en bateau sur le lac Mantasoa pour aller visiter la ferme du gĂ©rant de l’hĂŽtel qui Ă©tait situĂ©e sur un Ăźlot voisin.

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Visite d’une ferme :

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Mes camarades et moi Ă©tions ravis et heureux de faire du bateau.

Le soleil Ă©tait au rendez-vous et nous Ă©tions tous en osmose avec la nature : c’Ă©tait tellement magnifique de voir toutes ces maisons en bois qui bordaient le lac.

Et lorsque nous visitĂąmes la ferme du gĂ©rant de L’HĂŽtel L’Ermitage ; ce fut un pur plaisir des yeux.
Il y avait un Ă©levage de porcs et de volailles dont le gĂ©rant Ă©tait fier de nous montrer car il nous expliquait qu’il faisait lui-mĂȘme sa propre fabrication de charcuterie tels que : salamis, saucissons, saucisses, ect…

Il avait Ă©galement des cultures de toutes sortes de lĂ©gumes qu’il utilisait pour confectionner tous ses plats qu’il cuisinait car il Ă©tait le chef cuisinier du restaurant l’Ermitage.

Nous vßmes aussi deux magnifiques chevaux en liberté qui couraient ensemble, criniÚres au vent.

Cela se ressentait que tous les animaux qui vivaient ici étaient bien traités car ils étaient en bonne santé et heureux.
Jamais je n’oublierai cette visite de cette paisible ferme. Ce fut une bien magnifique journĂ©e !

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Pour terminer mon histoire, je tenais Ă  remercier tous mes professeurs.

Oui, merci d’avoir eu l’idĂ©e d’organiser ce stage de communication et qui plus est dans un merveilleux cadre tel que Mantasoa.

Ce stage me fut trĂšs bĂ©nĂ©fique et j’en garde jusqu’Ă  aujourd’hui une trĂšs bonne expĂ©rience.

Ce souvenir est immortalisĂ© sous forme de K7 vidĂ©o que je garde bien prĂ©cieusement et ce depuis des annĂ©es et d’ailleurs je ne tarderai pas le convertir en DVD afin de le faire montrer plus tard aux personnes qui me sont chĂšres…

 

Chez Papy

Le restaurant « Chez Papy » :

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Lorsque nous vivions en GuinĂ©e ; ma famille et moi avions pour habitude d’aller de temps en temps (en jour de semaine) dans un petit restaurant qui s’appelait : « Chez Papy ».
Ce restautant portait bien son nom puisque le chef cuisinier n’Ă©tait autre qu’un grand-pĂšre…
Et je peux vous dire que ce « Papy » lĂ , cuisinait vraiment trĂšs bien…
D’ailleurs tous les clients du restaurant et y compris nous-mĂȘme ; avions pour habitude de l’appeler « Papy »….
A cette Ă©poque lĂ , Maman me disait souvent que cet homme lui rappelait beaucoup son pĂšre…
C’est vrai que « Papy » Ă©tait une personne trĂšs gentille et trĂšs souriante….
Je me souviens encore trĂšs bien de lui…
D’aprĂšs mes souvenirs, « Papy » Ă©tait d’origine Libanaise et il avait pratiquement vĂ©cu toute sa vie en GuinĂ©e (Conakry) ; de sa jeunesse jusqu’Ă  ce qu’il devienne un Grand-pĂšre puisque qu’il avait des petits enfants…
Etant Chef cuisinier, Papy travaillait la majeure partie du temps en cuisine pendant que son neveu (ĂągĂ© de 20 Ă  25 ans) accueillait les clients…
Son neveu Ă©tait un garçon trĂšs courtois et trĂšs gentil (tout comme son oncle) et il aimait bien, lui aussi, discuter avec mes parents lorsqu’on venait dĂ©jeuner dans leur restaurant…
Pour en revenir Ă  « Papy » ; je ne m’en souviens plus trĂšs bien mais je crois bien qu’il devait bien avoir 80 ans !!! Pour vous dire !!! et il Ă©tait trĂšs actif pour son Ăąge (tout comme mon propre Grand-PĂšre, d’ailleurs)…
Lorsque mes parents, mon frĂšre et moi allions dĂ©jeuner dans son restaurant, je me rappelle que j’adorai commander les plats suivant :

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– Avocat Ă  la crevette,
– ChĂąteau-Brillant avec des bonnes frites faites maison,
– Bananes flambĂ©es aux sĂ©sames.

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Mon frĂšre et moi ; on prenait toujours ce mĂȘme menu et je peux vous dire qu’on s’en pourlĂ©chait les babines tellement c’Ă©tait succulent !!!
Je me devais de vous raconter cette petite anecdote de « Papy » ; car je souhaitai tout simplement rendre hommage Ă  cet homme que je trouvai trĂšs gentil…

Ce jour : DeuxiĂšme partie

LES 3 TIGROS

Jessica gara sa voiture dans l’Ă©troite ruelle qui Ă©tait quasi dĂ©serte Ă  cette heure de la matinĂ©e.

Il Ă©tait 08h30 et le soleil Ă©tait dĂ©jĂ  trĂšs ardent mais fort heureusement, aujourd’hui, il y avait pas mal de vent et c’Ă©tait assez agrĂ©able par rapport Ă  hier.

Jessica avait décidé de venir beaucoup plus tÎt afin de pouvoir bien profiter de ce jour.

Pour cela elle avait tout prĂ©vu : une petite glaçiĂšre remplie de deux accumulateurs, 3 bouteilles d’eau qu’elle avait pris le soin de congeler au prĂ©alable afin que la boĂźte de sorbet au cassis qu’elle adorait tant resta bien glaçée ainsi que les quelques victuailles tels que : petits sandwichs aux concombres et tomates assaisonnĂ©s de sauce vinaigrette aux herbes.
Oui, Jessica comptait bien en profiter au maximum ; Ă©tant donnĂ© que c’Ă©tait son dernier jour de congĂ©s.

Cette nuit, durant son sommeil, elle n’avait cessĂ© de rĂȘver Ă  sa fameuse rencontre d’hier : L’inconnu et son petit chaton si adorable.

C’Ă©tait tout de mĂȘme incroyable toute cette histoire : un chaton qui s’Ă©tait Ă©garĂ© juste sur la plage oĂč elle se trouvait et dont elle avait pris l’habitude de s’y prĂ©lasser depuis dĂ©jĂ  une semaine et puis cet homme qui Ă©tait venu vers elle et qui lui avait demandĂ© de dĂźner avec lui pour la remercier d’avoir retrouvĂ© son chat.

Oui, quelle histoire !!!

De toute façon, elle avait cessĂ© de rĂȘver et ne croyait plus du tout au Prince charmant. Non, cette pĂ©riode Ă©tait belle et bien rĂ©volue et ce depuis pas mal d’annĂ©es.
Jessica restait toujours mĂ©fiante surtout en ce qui concerne les hommes. Elle prĂ©fĂ©rait garder la tĂȘte froide et elle avait bien raison.

Ne dit-on pas qu’il vaut mieux ĂȘtre seule que mal accompagnĂ©e ?
Mais cette fois-çi il y avait quelque-chose de nouveau qui semblait faire changer le point de vue de Jessica.

Un ce je ne sais quoi de diffĂ©rent et dont elle n’arrivait pas elle-mĂȘme Ă  comprendre.

Elle se sentait happĂ©e par cette Ă©motion qui la bouleversait et si c’Ă©tait un signe du destin ? ça peut exister ?? oui ? non ?
Enfin bref, de toute façon elle verrait bien la tournure des choses. Surtout ne rien laisser paraĂźtre. Rester sur ses gardes et ne plus y croire. C’est la plus sage des dĂ©cisions.

Elle n’avait qu’un seul objectif : terminer bien agrĂ©ablement ses vacances Ă  la mer et au passage adopter un petit chaton puisque cet homme le lui proposait alors pourquoi ne pas accepter l’offre ? 

Sur ces belles pensĂ©es, Jessica s’extirpa de son vĂ©hicule en prenant son grand sac de plage qui lui rappelait l’histoire du chaton qu’elle avait transportĂ© la veille Ă  l’intĂ©rieur.

Jessica aimait bien ce sac de couleur bleu ciel qui allait parfaitement avec sa tenue vestimentaire d’aujourd’hui : petit top blanc Ă  petites fleurs bleues et roses et fines bretelles croisĂ©es dans le dos avec un bermuda bleu pastel uni. Un look confortable et dĂ©contractĂ© qui lui allait Ă  rĂąvir et sans oublier ses tongues qui lui rappelaient Chenapan en train de les mordiller gentiment.
En se remémorant ce souvenir, elle se mit à sourire.

Bon, il ne fallait pas trop qu’elle traĂźne. Elle regarda sa montre : il Ă©tait exactement 09h00 et les magasins aux alentours commençaient Ă  peine Ă  ouvrir leurs portes.

Il Ă©tait encore trop tĂŽt pour faire du shopping et inutile d’emmener avec elle la petite glaçiĂšre qui l’encombrerait plus qu’autre chose. Mieux valait la laisser encore dans le coffre de la voiture.

Jessica dĂ©cida d’aller se promener le long de la plage cĂŽtĂ© promenade des Anglais car c’Ă©tait l’une des plus belles avenues de cette petite ville portuaire.

Elle marchait tranquillement en admirant les alentours puis elle aperçut un banc vide qui faisait face Ă  l’ocĂ©an alors elle dĂ©cida de s’y asseoir quelques instants.

Le vent du large lui soufflait doucement dans les cheveux et l’air sentait bon les embruns.
Il faisait dĂ©jĂ  trĂšs chaud mais c’Ă©tait tellement bien ventilĂ© que c’Ă©tait agrĂ©able.

Jessica adorait l’ocĂ©an depuis toujours. Cela lui rappelait de merveilleux souvenirs d’enfance qu’elle aimait bien se remĂ©morer en venant se balader ici.

La vue était parfaite. La mer méditerranée bleue marine si lisse comme une ardoise. La plage de sable fin doré quasi déserte mis à part quelques touristes par çi par là et des mouettes blanches qui volaient dans le ciel bleu azuré ; sans oublier le soleil à son zénith qui illuminait ce magnifique cadre.

Oui, tout était parfait sauf que ce soleil si magnifique soit-il commençait sérieusement à cogner.

Vite, il valait mieux qu’elle mette sa casquette Ă  visiĂšre pour se protĂ©ger la tĂȘte ainsi que ses jolies lunettes bleutĂ©es.

Mais Ă  peine, avait-elle glissĂ© la main Ă  l’intĂ©rieur de son sac de plage ; Jessica eut un sursaut lorsqu’elle entendit une voix l’interpeller dans son dos.

“Bonjour Jessica !!”

C’Ă©tait l’inconnu d’hier aprĂšs-midi et il se tenait lĂ  devant elle avec son Ă©ternel  large sourire. 

Cette fois-çi il portait des lunettes de soleil trÚs sombres qui lui cachaient les yeux et pas de casquette bleue marine.

Son t-shirt noir moulant Ă  manches courtes faisait apparaĂźtre un torse musclĂ© d’oĂč on pouvait lire devant : les inscriptions suivantes en caractĂšres blancs et gris : La vie est belle !!!

Il portait un bermuda long de couleur beige sable avec des tennis blanches. Un look trÚs décontracté qui lui allait plutÎt bien


Jessica pouvait sentir les effluves de son eau de toilette enivrante qui ressemblait fortement Ă  celle de Chrome Intense d’Azzaro : frais, Ă©picĂ© et boisĂ© avec une pointe de menthe glacĂ©e. Des fragrances qu’elle aimait bien


Ce qui ne faisait que rajouter un cÎté trÚs sexy à ce séduisant trentenaire.

Thierry lui serra la main puis lui demanda :

“Puis-je m’asseoir prĂšs de vous ?”

“heu… oui biensĂ»r
” rĂ©pondit Jessica.

Elle poussa son sac de plage vers elle afin de lui céder la place.

“Je vous ai vu au loin. J’Ă©tais en train de faire ma petite promenade matinale avant d’aller travailler. Vous allez bien ?”

“Oui trùs bien, merci. Je me baladai un peu dans le coin avant de venir dans votre restaurant.”

“Je pensais que vous ne viendriez pas. Je suis content que vous soyez venu comme convenu pour venir chercher votre chaton. Cela me fait vraiment plaisir de vous revoir. Sincùrement.”

“C’est trĂšs gentil Ă  vous de me donner un chaton. J’adore tellement les chats. C’est une passion que j’ai depuis toute jeune.”

“Et bien en ce qui me concerne, c’est pareil. J’aime beaucoup les chats. Ils sont tellement adorables. Comme je le vous disais hier, j’ai une chatte qui s’appelle Blanchette et qui a eu une portĂ©e de 5 chatons il y a deux mois et j’essaye de trouver des personnes qui aimeraient bien les adopter car je ne peux pas tous les garder Ă  part mon petit Chenapan dont je me suis tout de suite, pris d’affection.”

“Il est vraiment beau votre Chenapan et trĂšs espiĂšgle. Hier, il mordillait une de mes tongues puis il avait jouĂ© avec les franges de mon parĂ©o. Vous avez bien raison de le garder.”

“Oui, merci. Je l’adore mais si je ne m’y Ă©tais pas autant attachĂ©, je vous assure que je vous l’aurais bien donnĂ©.”

“Mais non ça va. Ce n’est pas grave du tout, je vous assure. Cela ne me fait rien d’en choisir un autre et puis j’aime tous les chats.”

“Ok merci. »Â 

Thierry retira ses lunettes de soleil et se passa la main dans les cheveux mais les mÚches rebelles et dorées lui retombÚrent aussitÎt sur le front.

“Vous venez souvent ici ? Vous ĂȘtes en vacances ?” demanda t-il.

“Cela fait une semaine que je viens ici car je suis effectivement en congĂ©s mais aujourd’hui c’est mon dernier jour. DĂšs Lundi je reprend le chemin du travail.”

“C’est vrai ?? et dire que j’aurais pu vous manquer si Chenapan n’Ă©tait pas allĂ© Ă  votre rencontre.”

Jessica regarda un bref instant les yeux bleus turquoises qui la fixaient puis dĂ©tourna la tĂȘte en ne sachant quoi lui rĂ©pondre.

“Excusez-moi, je ne voulais pas vous gĂȘner mais vous ĂȘtes si belle et je ne peux pas repousser mes sentiments. Je n’ai pas cessĂ© de penser Ă  vous hier soir, Ă  notre rencontre grĂące Ă  Chenapan. Rien n’Ă©tait prĂ©mĂ©ditĂ©. Je me disais mĂȘme que vous ne reviendriez plus jamais et cela me tourmentait. Je suis sĂ©rieux
”

“Mais on se connaüt à peine. Vous ne me connaissez pas
”

“Je ne vous connais pas. C’est vrai. Mais je vous vois telle que vous ĂȘtes et vous me plaisez beaucoup et peu importe tout le reste. Je suis cĂ©libataire depuis 6 mois et je recherche la femme de ma vie. Pas un simple flirt sans lendemain. J’ai essuyĂ© pas mal d’Ă©checs Ă  ce sujet. Je ne me jette pas sur n’importe qui comme ça tous les jours. Je ne suis pas un cavaleur mĂȘme si vous avez l’air de penser le contraire. Et encore une fois, je ne pense pas me tromper sur vous.”

Jessica ne savait plus trop oĂč elle en Ă©tait ; subitement tout allait trop vite et elle ne savait quoi lui rĂ©pondre Ă  ce moment lĂ  puis enfin, prenant son courage Ă  deux mains elle lui dit :

“Vous semblez sincĂšre mais je prĂ©fĂšre prendre mon temps. J’espĂšre ne pas vous froisser.”

“Mais bien au contraire. Je suis d’une nature patiente et d’instinct je sais si je peux me fier Ă  telle ou telle personne. Mais je vous comprends tout Ă  fait. Je ne suis qu’un Ă©tranger. Nous apprendrons Ă  nous connaĂźtre au fur et Ă  mesure. Mais en attendant, que diriez vous de choisir votre chaton ? Mon restaurant est Ă  deux pĂątĂ©s de maisons d’ici. Allons y si vous le voulez bien. Qu’en pensez-vous ?”

“Oui avec plaisir. Je veux bien.”

Ouf ! Jessica fut soulagée. Sauvée par le gong ; elle choisirait le chat puis disparaßtrait au plus vite.

Tous deux marchaient tranquillement, cÎte à cÎte parmi la foule qui commençait à envahir les petites rues qui menaient à la plage.

“VoilĂ , nous y sommes. Voici le restaurant dont je vous parlais. Je gĂšre le resto depuis dĂ©jĂ  4 ans. C’est un patrimoine familial que mes parents tenaient durant 30 ans. A prĂ©sent ils sont des retraitĂ©s et c’est moi qui en suis le principal propriĂ©taire. C’est beaucoup de travail mais je suis fier de cette succession familiale.”

Thierry entraĂźna Jessica Ă  l’intĂ©rieur de la grande salle climatisĂ©e du restaurant comportant une grande et large baie vitrĂ©e qui donnait sur une vue panoramique du bord de mer. Vraiment splendide !

Les couverts étaient déjà disposés sur chacune des tables rondes habillées de nappes blanches et agrémentées de petits vases de fleurs de bougainvilliers rose fushia.

La salle Ă©tait dĂ©corĂ©e avec beaucoup de goĂ»t et on pouvait entendre les premiĂšres notes musicales de “Song of Ocarina” provenant des 4 hauts-parleurs fixĂ©s Ă  des supports murales tout autour de la piĂšce.

Cette musique était vraiment belle et était parfaitement adaptée au cadre du restaurant. Décidément cet homme avait tout pour plaire.

« Vous aimez cette musique Jessica ?

« Oui beaucoup, j’ai d’ailleurs son album. C’est bien de DiĂ©go Mondena, n’est ce pas ?”

“Oui, en effet. Je vois que nous avons pas mal de points communs.”

Jessica esquissa un petit sourire. Oui il n’avait pas tort.

Des effluves d’oignons frits commencĂšrent Ă  s’Ă©chapper de la cuisine. Ca sentait trĂšs bon.

“C’est mon meilleur ami et associĂ© qui est dĂ©jĂ  aux fourneaux. C’est vrai qu’il est dĂ©jĂ  11h00. Comme le temps passe vite. Il est en train de prĂ©parer les crabes farcis ; la spĂ©cialitĂ© de la maison. Venez, je vais vous le prĂ©senter.”

Jessica suivit Thierry dans un Ă©troit corridor qui menait Ă  la cuisine.

“Et voici Vincent, le Chef cuisinier de notre Ă©tablissement. Vincent, je te prĂ©sente Jessica. La personne dont je t’ai parlĂ© hier.”

“Bonjour Mademoiselle. C’est un plaisir de vous connaĂźtre. C’est vous qui avait retrouvĂ© Chenapan ! encore merci. Je suis en train de cuisiner des crabes farcis, comme vous pouvez le voir.”

“Oui et je trouve que ça sent trùs bon.”

“Merci à vous.”

Vincent portait une toque et un tablier blanc nouĂ© Ă  la taille, maculĂ© d’Ă©claboussures de sauce tomate. Il avait de l’embonpoint au niveau du ventre et ses yeux Ă©taient noirs comme des olives.

Son visage écarlate, sans doute dû à la chaleur des cuissons des différents mets qui mijotaient doucement dans plusieurs grandes et hautes casseroles, affichait néanmoins un large sourire bien sympathique.

On pouvait ressentir qu’il aimait bien faire la cuisine et que c’Ă©tait un bon vivant.

Il est vrai que toutes ces odeurs culinaires ne pouvaient que vous mettre en appĂ©tit et Ă  n’en pas douter le fameux crabe farci, spĂ©cialitĂ© de la maison devait ĂȘtre une pure merveille des papilles.

“On va te laisser mon cher Vincent. Je vais dans la vĂ©randa avec Jessica pour lui faire montrer les chatons.”

“OK, je retourne aux fourneaux. Au-revoir Jessica et Ă  bientĂŽt, j’espĂšre !!! Ce fut un plaisir de vous rencontrer. Je vous souhaite une belle journĂ©e.”

“Merci beaucoup !! Pour moi aussi ce fut un plaisir. Au-revoir et bonne continuation !”

Jessica et Thierry quittĂšrent la cuisine et se retrouvĂšrent Ă  l’intĂ©rieur de la jolie vĂ©randa vitrĂ©e qui donnait Ă©galement vue sur la mer.

“Venez Jessica, je vais enfin pouvoir vous faire montrer nos adorables chatons. Ils sont là, dans cette caisse.”

Soudain elle sentit une petite morsure trĂšs lĂ©gĂšre Ă  la cheville et elle ne put s’empĂȘcher de sursauter.

C’Ă©tait Chenapan, toujours autant espiĂšgle celui-lĂ  !

“HĂ© !!” s’Ă©cria Jessica. « Tu veux jouer avec moi ? »

Thierry Ă©clata de rire.

“Je crois bien qu’il en a aprĂšs vos pieds !! C’est un petit joueur ce Chenapan !! Mais dis donc toi, tu vas arrĂȘter d’embĂȘter Jessica !”

Jessica sourit. Décidément ce Chenapan portait bien son nom !
Elle se rapprocha de la caisse et vit les 4 autres chatons qui jouaient ensemble. Qu’ils Ă©taient beaux ! Mais son regard fut attirĂ© par l’un d’entre eux qui Ă©tait tout blanc avec des yeux gris-bleus comme Chenapan.
Jessica prit le chaton dans ses bras et commença Ă  lui caresser la tĂȘte.

“Je vois que vous avez fait votre choix. C’est un mĂąle comme Chenapan. Les 3 autres sont des femelles.”

Jessica souriait. En effet elle venait de faire son choix.

“Je l’adore dĂ©jĂ . J’aime sa couleur toute blanche et il a vraiment de magnifiques yeux !”

“Oui vous avez raison. Et celui-lĂ  est trĂšs doux, il n’est pas comme Chenapan.

Il est disons plus calme et trùs calin. Je pense en effet que vous avez fait un excellent choix.”

Jessica ne cessait de caressait le petit ventre tout chaud du chaton qui fermait les yeux et ronronnait bruyamment.

“Je ne sais comment vous remercier. Il est vraiment trĂšs beau et j’en rĂȘvai dĂ©jĂ  depuis longtemps d’en adopter un. C’est vraiment trĂšs gentil de votre part.”

“Mais de rien Jessica !! C’est un rĂ©Ăšl plaisir !!!”

Et voilĂ  que les yeux bleus turquoise recommençaient Ă  nouveau Ă  la regarder avec insistance ; ce qui avait tendance Ă  la rendre nerveuse, si bien qu’elle se cramponnait Ă  ce chaton pour se donner une certaine contenance.

“Et bien je pense que je vais vous laisser Ă  prĂ©sent. Je vais devoir rentrer et ce sera mieux pour le chaton afin qu’il puisse s’acclimater Ă  son nouvel environnement”

“DĂ©jĂ  !” s’exclama aussitĂŽt Thierry.

Il se rapprocha davantage d’elle.

“Vous voulez dĂ©jĂ  vous enfuir et me laisser. Vous me plaisez tellement. Je vous en prie, ne partez pas encore. J’aimerai vous inviter Ă  dĂ©jeuner pour ce midi. Je demanderai Ă  ma soeur de me remplacer. Je vous emmĂšnerai ailleurs pour cette occasion. Je connais un petit restaurant qui fait d’excellentes moules mariniĂšre avec des frites faites maison ; que vous m’en direz des nouvelles. On peut y aller Ă  pied. Le restaurant n’est pas trĂšs loin d’ici. Vous aimez les moules ?”

“Oui j’aime bien mais je ne veux pas vous ennuyer plus
”

“Mais point du tout. Cela me ferait trĂšs plaisir au contraire. Et puis, ça ne vous engage Ă  rien. Il s’agit juste d’un dĂ©jeuner et ensuite vous jugerez de ne plus jamais me revoir si vous le souhaitez.”

Jessica se sentait toute bĂȘte. Oui aprĂšs tout il avait raison. Cela n’engageait Ă  rien. Alors pourquoi pas ? Et puis elle aimait beaucoup les moules mariniĂšres. Au diable sa glaciĂšre qui Ă©tait restĂ©e dans le coffre de sa voiture !

“Alors c’est oui ? Je suis content. Merci d’accepter. Je vais tĂ©lĂ©phoner Ă  ma soeur. Excusez-moi, je reviens dans quelques minutes. Vous pouvez redĂ©poser le chaton dans la caisse puis vous le reprendrez plus tard.”

“D’accord” rĂ©pondit Jessica.

Thierry lui sourit puis disparu Ă  l’intĂ©rieur de la grande salle du restaurant.
Jessica ne pouvait plus s’Ă©chapper et en mĂȘme temps elle n’y tenait pas tant que ça. Il Ă©tait non seulement bel homme mais il Ă©tait aussi trĂšs galant ; un vrai gentleman comme on en trouve peut et puis il lui plaisait bien.

Cette fois, elle en Ă©tait certaine, ce serait sans doute lui l’homme de sa vie.
Thierry réapparut.

“VoilĂ  c’est fait ! On peut y aller Jessica.”

“Je viens” rĂ©pondit-elle dans un demi-sourire tout en regardant le petit chaton tout blanc qu’elle venait de dĂ©poser Ă  terre et qui semblait lui miauler Ă  son intention :

“Vas y, c’est une personne formidable, n’ai pas peur !! le grand amour est devant toi. Suit le, tout simplement.”

Et ce fut en cette belle journée ensoleillée de mois de Juillet que Jessica suivit Thierry pour ne plus jamais le quitter.

Tel fut le destin de ces deux ĂȘtres qui se mariĂšrent 8 mois aprĂšs leur rencontre.
Pourquoi attendre ? puisqu’ils Ă©taient faits l’un pour l’autre et que tous deux le savaient dĂ©jĂ  depuis longtemps ; dĂšs la seconde oĂč ils s’Ă©taient rencontrĂ© Ce jour.

Ce jour unique et pas comme les autres.

Ce jour de l’amour


 

Ce jour : PremiĂšre partie

BLANCHEUR

Le soleil lui brĂ»lait la peau mais elle profitait de ce moment. Le ciel Ă©tait d’un bleu limpide sans nuages et ce soleil si brĂ»lant l’aveuglait littĂ©ralement si bien qu’elle n’aperçut pas le petit chaton qui courait vers elle.

Soudain, elle le vit en train de machouiller une de ses tongues. 

“HĂ© petit chenapan ! Que fais tu ? Tu vas abĂźmer ma savatte.”

Le chaton Ă©tait trop mignon. Son petit museau Ă©tait d’un blanc immaculĂ© alors que sa robe Ă©tait de couleur rouquine : vraiment trop craquant.

“Et hop je te tiens mon petit ! Tu fais quoi ici sur cette plage ? Tu t’ais perdu ou bien on t’a abandonnĂ© ? tu ne portes pas de collier ?”  

Jessica caressait le doux pelage soyeux de Snoopy. Elle avait dĂ©cidĂ© de le garder au cas oĂč il aurait Ă©tĂ© abandonnĂ© et elle avait dĂ©jĂ  choisi son petit prĂ©nom pour lui car elle l’aimait dĂ©jĂ  ce petit bout de chou.

“Tu verras, je prendrais bien soin de toi mon Snoopy et je t’aimerai Ă©normĂ©ment ».

Oui c’Ă©tait le signe du destin et pourquoi pas ? AprĂšs tout, elle en Ă©tait presque certaine que personne ne viendrait rĂ©clamer cette jolie petite boule de poil. Une rencontre des plus improbable mais pour une fois un bien joli cadeau tombĂ© du ciel.

Jessica avait un grand sac de plage presque vide alors elle dĂ©cida d’y installer Snoopy afin que celui çi ne puisse pas s’enfuir. Juste le temps de quitter cette plage, de rejoindre rapidement Ă  pied son vĂ©hicule qui Ă©tait stationnĂ© Ă  quelques pĂątĂ©s de maison et hop ! le tour Ă©tait jouĂ©.

Au dĂ©but Snoopy eut peur d’ĂȘtre Ă  l’intĂ©rieur du grand sac puis il finit par se trouver une occupation en jouant avec les franges de son parĂ©o lĂ©gĂšrement humidifiĂ© par l’eau de mer et qui Ă©tait restĂ© en boule tout Ă  fait au fond parmi toutes ses petites affaires.

Qu’est ce qu’il Ă©tait joueur ce petit Snoopy !

Jessica Ă©tait enfin Ă  l’intĂ©rieur de sa voiture et elle chantonnait de joie tellement elle Ă©tait heureuse.

Aujourd’hui Ă©tait un jour pas comme les autres. Un jour unique ! dont elle n’oublierait jamais.

Soudain quelqu’un tapa sur la vitre cĂŽtĂ© passager. C’Ă©tait un homme coiffĂ© d’une casquette bleu marine avec des yeux rieurs couleur turquoise qui criait :

“Mademoiselle ! Heureusement que je suis venu Ă  temps. Vous avez pris mon petit chaton. Je l’avais perdu ce matin. Je suis vraiment navrĂ© mais j’aimerais bien le rĂ©cupĂ©rer s’il vous plaĂźt ! »

L’homme en question avait un sourire colgate et il semblait ĂȘtre sincĂšre dans ses dires en ce qui concernait le petit snoopy.

Mince alors ! C’Ă©tait trop beau pour ĂȘtre vrai ! se dit Jessica. Elle ouvrit sa portiĂšre et se retrouva nez Ă  nez avec Monsieur qui avait perdu son chat.”

Jessica lui dit presque Ă  contre coeur :

“Sa tĂȘte est toute blanche et son corps est rouquin. C’est bien votre chat ? ”

“Oui” s’empressa de dire Thierry, tout en lui serrant la main. “C’est bien mon chaton. Je vous ai vu au loin sur la plage en train de mettre Chenapan Ă  l’intĂ©rieur de votre sac. Oui c’est son petit nom car il est trĂšs espiĂšgle. Je disais donc : j’ai couru mais ensuite il y avait trop de monde et je vous avais perdu de vue puis je vous revois ici dans cette rue. Heureusement, j’aurais pu vous manquer mais ne vous inquiĂ©tez pas, je pense que vous croyiez qu’il Ă©tait abandonnĂ© n’est-ce pas ? Vous vouliez le garder ?”

“Je suis vraiment dĂ©solĂ©e si j’avais su. Tenez, le voici” s’empressa de rĂ©pliquer Jessica.

Elle attrapa le petit animal qui n’arrĂȘtait pas de jouer avec les franges de son parĂ©o au fond de son sac.

“Voilà. Tenez le.”

Jessica tendit Chenapan Ă  son propriĂ©taire qui s’empressa de le prendre dans ses bras.

“Merci beaucoup Mademoiselle. C’est chic de votre part.”

Jessica regardait le petit chaton se blottir dans les bras de l’homme. Elle Ă©tait sans voix. Finalement, ce n’Ă©tait pas un si bon jour que ça. Jessica allait s’apprĂȘter Ă  dire au revoir Ă  l’inconnu quand celui-çi lui dit dans un grand sourire :

“J’aimerais vous inviter Ă  dĂźner ou encore prendre un verre s’il vous plaĂźt. Pour vous remercier d’avoir retrouvĂ© mon chat.”

Ses yeux bleus turquoise la dévoraient intensément avec toujours cet éternel sourire de séducteur.

“Heu
mais ce n’est pas nĂ©cessaire. Je vous assure. Et puis j’avais dĂ©cidĂ© de l’adopter comme vous savez.”

“Et je suis certain que vous auriez pris grand soin de lui” dit l’homme tout en caressant le dos de Chenapan qui lui mordillait le bout des doigts.

“J’aimerais vous inviter. Je m’appelle Thierry et vous ? ”

“C’est Jessica” dit-elle.

“Je suis propriĂ©taire de ce petit restaurant que vous voyez lĂ -bas au bord de la plage et cela me ferait vraiment plaisir de vous inviter Ă  dĂźner. Il est justement presque 19 heures.”

“Mais c’est Ă  dire que…Je n’habite pas ici et je dois rentrer. Je suis dĂ©solĂ©e. »

“Bon je n’insiste pas Jessica mais je vois que vous avez l’air d’aimer nos amis les chats. Que diriez vous si je vous offrais un de mes chatons. Il se trouve que ma chatte a eu une portĂ©e de 5 chatons il y a deux mois et cela me ferait plaisir de vous en offrir un. Vous pourriez le choisir. Les chatons se trouvent sur la vĂ©randa de mon restaurant.”

Jessica se mordit la lĂšvre infĂ©rieure. La tentation d’avoir un petit chaton ou tout simplement refuser. Pourtant elle avait tellement envie d’avoir une petite boule de poil. Que faire ? Accepter l’offre ?

“Je vous promets que je n’attend rien en retour si cela vous pose problĂšme. C’est juste que vous m’avez l’air sympathique et que vous Ă©tiez prĂȘte Ă  me prendre mon petit chenapan alors
”

L’homme souriait sans arrĂȘt et ne cessait de la regarder avec insistance. Jessica aimait bien son regard mais pas que


Il avait un corps agrĂ©able et de jolis cheveux blonds dorĂ©s dont quelques mĂšches rebelles qui lui tombaient sur le front. Mais qu’avait elle ? Non encore un sĂ©ducteur comme tant d’autres qui voulait sans aucun doute s’amuser et garder un petit souvenir de vacances sur son tableau de chasse.

Jessica dĂ©cida de refuser l’offre si tentante et fit mine d’ouvrir sa portiĂšre. Il fallait qu’elle parte.

Thierry la regardait intensément puis lui dit :

“C’est dommage. Pourtant j’Ă©tais vraiment sincĂšre, vous savez. C’est vrai aussi…je ne vais pas vous mentir, je vous trouve trĂšs belle. DĂšs que je vous ai vu…Mais sans doute que je dois vous faire peur d’ĂȘtre si pressant. Pourtant, je ne le fais pas exprĂšs. Je pense qu’on pourrait mieux se connaĂźtre. Je pourrais vous donner mon numĂ©ro de mobile. J’insiste car
”

Le visage de Jessica devint rouge pivoine.

“Vous me plaisez, c’est tout. Et je recherche une relation sĂ©rieuse et sincĂšre, pas du tout un petit flirt sans lendemain. J’ai passĂ© l’Ăąge” dit Thierry.

Il la regardait toujours autant intensément mais il ne souriait plus ; son visage était grave.

Jessica lui répondit en bafouillant :

“Heu… je ne sais que vous dire mais par contre je voudrais bien un petit chaton si
”

Thierry lui coupa les mots de la bouche en s’Ă©criant de joie :

“Mais biensĂ»r Jessica. L’offre tient toujours et cela me ferait plaisir.”

Jessica sourit timidement et dit :

“Merci. Là, je dois rentrer chez moi mais je pourrais revenir demain matin par exemple pour prendre un petit chaton.”

“Ok, pas de souci. Je vous attendrai Jessica” puis il s’approcha d’elle mais Jessica eut un mouvement de recul.

Thierry lui sourit. “Je voulais juste vous serrer la main.”

« Oui, biensĂ»r. DĂ©solĂ©e” dit Jessica avec nervositĂ©.

La main de thierry enserra la sienne avec douceur tandis que le petit chaton était juché sur son épaule droite, en train de la fixer de ses petits yeux gris bleus espiÚgles.

Jessica ne le savait sans doute pas mais Ă  cet instant lĂ  ; cette poignĂ©e de main scellerait bientĂŽt son destin Ă  celui de ce bel inconnu pour toujours, en ce fameux jour d’Ă©tĂ© tout Ă  fait ordinaire du mois de Juillet.

Finalement ce fut un jour extraordinaire que Jessica raconterait un beau jour avec fierté et émotion à ses deux futurs enfants