Étiquette : plage

Une Plume arc-en-ciel đŸŒˆ

 

Coucou ma chĂšre Plume !

Avant toute chose, je tenais à te remercier car tu as su insuffler en moi cette envie de vouloir réaliser un défi


« L’envie d’avoir envie » comme le dit si bien Johnny dans sa jolie chanson


Et si tu me lis, Ă  cet instant bien prĂ©cis, tu sauras toi de quoi je te parle mais entre nous soit dit et je pense que tu seras d’accord avec moi, faudrait-il aussi que je mette au parfum mes chers amis(es) lecteurs afin qu’il puisse comprendre de quoi il s’agit exactement


J’ai toujours aimĂ© les dĂ©fis, que ce soit dans le domaine du sport (surtout la course Ă  pied), oĂč encore d’essayer de rester le plus longtemps possible sous l’eau (dans ma baignoire, piscine oĂč l’ocĂ©an), oĂč de chanter a capella une chanson de MaĂźtre Gims (ça me dĂ©tend) oĂč mĂȘme de savoir citer comme ça les capitales du monde entier (mon petit plaisir personnel, va savoir pourquoi ?) en veillant Ă  ne pas me tromper.

Mais lĂ , il s’agit d’un dĂ©fi qui dĂ©passerait largement tout ce que je viens d’énumĂ©rer


Un défi beaucoup plus passionnant


Un dĂ©fi que j’affectionne particuliĂšrement et que pourtant je n’avais plus souhaitĂ© rĂ©aliser depuis le dĂ©cĂšs de mon cher et tendre Papounet


Un dĂ©fi que tous les amoureux de l’écriture apprĂ©cient en rĂšgle gĂ©nĂ©rale


Il s’agit bien-sĂ»r du dĂ©fi d’Ă©criture ! Et lĂ , bien-sĂ»r de ton dĂ©fi Ă  toi, ma trĂšs chĂšre Plume


Et je peux te dire qu’il m’a vraiment emportĂ©e tant j’ai Ă©tĂ© enthousiasmĂ©e par ton idĂ©e que vous pourrez chers amis lecteurs trouver ci-aprĂšs :

À prĂ©sent, si tu le veux bien ma chĂšre Plume, je t’embarque avec moi car je pense que tu dois ĂȘtre autant impatiente que je le suis


Impatiente de savoir dans quel lieu je souhaiterais t’emmener


Tu es fin prĂȘte ? Alors, c’est parti ! Nous allons maintenant droit en direction de mon pays natal ! Et me connaissant quelque peu depuis que nous nous suivons mutuellement sur WordPress en Novembre 2018, tu l’auras sans doute compris, nous partons toi et moi Ă  Madagascar.

Eh oui ! Cette grande üle qui est si chùre à mon cƓur !

Une Ăźle que l’on surnomme aussi « L’üle Rouge » en raison de sa latĂ©rite si pigmentĂ©e et dont tu pourras sous peu admirer


Et lĂ , bien Ă©videmment, comme par enchantement car nul besoin de prendre l’avion tant le voyage durerait trop longtemps : soit 11 heures de temps ! Et comme je suis d’un caractĂšre quelque peu impatient (oui, je l’avoue) alors j’ai dĂ©cidĂ© de nous tĂ©lĂ©porter toi et moi directement Ă  Antananarivo, la belle Capitale (lieu de naissance de mon frĂšre) puisque j’ai ce pouvoir entre les doigts.

Ben oui, c’est Ă  ça aussi que sert l’écriture !! Se permettre toutes sortes de choses incroyables qui n’existeraient point dans notre rĂ©alitĂ©.

Et lĂ , nous sommes donc Ă  Antananarivo et qui plus est pas dans n’importe quel endroit ! Un lieu que je voulais absolument que tu dĂ©couvres et qui n’est autre que le Palais de la Reine Ranavalona III.

Je ne sais pas si tu aimes l’histoire (pour ma part, j’adore) mais je me suis dit que cela te plairait de visiter ce chĂąteau appelĂ© « Rova ».

Un monument historique qui ne te laissera pas indifférente


Un monument qui fut hĂ©las endommagĂ© par un incendie en Novembre 1995 Ă  la maniĂšre de notre Dame de Paris (Avril 2019) mais qui depuis et bien heureusement a Ă©tĂ© petit Ă  petit reconstruit et dont tu pourras aujourd’hui apprĂ©cier sa belle architecture sous toutes les coutures.

Et tu ne m’en voudras pas, si Ă  un certain moment de notre visite, je versais ma petite larme d’émotion car oui, j’avais tout de mĂȘme 16 ans lorsque j’arpentais pour la toute premiĂšre fois les intĂ©rieurs du « Rova » en compagnie de ma famille.

Mais ne t’inquiĂšte pas, ma nostalgie sera vite dissipĂ©e en visitant ce lieu chargĂ© d’histoire avec toi


Et puis, Ă©tant ton guide touristique attitrĂ©, je ne manquerai pas de t’expliquer dans les moindres dĂ©tails Ă  l’aide de mon prĂ©cieux carnet de notes toutes les dates importantes de la trĂšs passionnante et si riche histoire de la monarchie Malgache. Ses Rois, ses Reines, Princes et Princesses


Si bien, que tu finirais toi-mĂȘme par tout savoir sur ledit sujet !

Si ! Si !

Car oui, je dois aussi t’avouer que je suis extrĂȘmement intarissable lorsque je me mets Ă  parler de mon Ăźle natale.

Une véritable bazarette !! Mais si tu aimes bavarder alors tu apprécieras


Eh bien voilà que notre visite culturelle des plus enrichissantes vient tout juste à peine de se terminer ma chùre Plume


Oui, je sais, les meilleures choses ont toujours une fin mais que dirais-tu à présent de prolonger notre voyage en allant à Mantasoa ?

Et c’est lĂ  que tu me dirais sans plus tarder avec curiositĂ© :

« Mantasoa ? C’est une ville ? »

Et je te répondrai alors avec une certaine excitation dans la voix :

« C’est un endroit magique ! Tu verras. Un lieu idyllique, un peu comme s’il Ă©tait hors du temps et qui se trouve en dehors de la ville de Tananarive »

« HĂąte d’y aller alors CĂ©cile ! »

« Oui, moi aussi ! Et lorsque nous arriverons lĂ -bas, nous sĂ©journerons durant deux jours dans un charmant hĂŽtel-restaurant qui s’appelle l’Ermitage »

« L’Ermitage ? Il porte bien son nom je trouve ! »

« Oui, comme tu dis ! C’est parce qu’il est situĂ© en pleine nature dans une tranquillitĂ© absolue tout prĂšs d’un grand lac artificiel portant aussi le nom de Mantasoa »

« Wahou ! J’ai vraiment hĂąte de dĂ©couvrir cet endroit CĂ©cile ! »

Et lĂ , en un claquement de doigt, nous voilĂ  dĂ©jĂ  toi et moi au cƓur de la forĂȘt d’eucalyptus de Mantasoa en train de nous promener tranquillement Ă  cheval tout en explorant et en respirant Ă  pleins poumons le bon air si pur et vivifiant de ce lieu incroyablement paisible.

Car oui, je ne te l’ai pas dit mais nous sommes d’excellentes cavaliĂšres Ă©mĂ©rites toi et moi et donc nul besoin de prendre des cours d’équitation au prĂ©alable


Eh oui ! C’est ça la magie de l’écriture !

Ainsi, si tu n’étais encore jamais montĂ© Ă  cheval de toute ta vie et que cela faisait parti de ta wish list (sait-on jamais), eh bien voici que ce vƓu est exaucĂ© !

Et c’est là que je rajouterai :

« Quel plaisir d’ĂȘtre ici en ta compagnie ma Plume ! »

Et toi de me répondre :

« Et moi donc Cécile ! Tu avais raison. Cet endroit est vraiment hors du temps ! »

Puis, pour terminer notre jolie balade, histoire de se sentir encore plus apaisĂ©es, montons Ă  bord de cette barque motorisĂ©e conduite par un guide Malgache connaissant comme sa poche le lac Mantasoa et laissons nous voguer et bercer par le doux clapotis des vagues tout en admirant les rares et belles demeures en bois qui bordent cet immense lac de rĂȘve


De quoi nous requinquer à bloc !! N’est-ce pas ?

Et je suis certaine Ă©tant donnĂ© que tu aimes la photographie que tu ne manqueras pas d’immortaliser notre pĂ©riple par de sublimes clichĂ©s !

Puis le lendemain, aprĂšs une bonne nuit de sommeil, il serait important d’aller visiter la maison du cĂ©lĂšbre architecte Jean Laborde se trouvant non loin d’ici.

Sur ce, allons-y ! Bien Ă©quipĂ©es de nos sac Ă  dos contenant victuailles et gourdes d’eau car il faudra tout de mĂȘme parcourir quelques bons kilomĂštres Ă  pied Ă  travers le village de Mantasoa avant de pouvoir nous retrouver enfin face Ă  la jolie demeure de Jean Laborde.

« Mais pourquoi ne pas nous tĂ©lĂ©porter directement lĂ -bas, CĂ©cile ? » me diras-tu alors peut-ĂȘtre.

Et c’est lĂ  que je te rĂ©pondrai avec un petit sourire malicieux :

« Pas cette fois-ci ma Plume mais tu verras tu aimeras cette marche Ă  pied tout comme je l’avais moi-mĂȘme apprĂ©ciĂ© Ă  l’ñge de 16 ans car je pense qu’il faut savoir aussi prendre son temps, savoir s’attarder sur la nature qui nous entoure et lĂ , ce sera vraiment le moment idĂ©al »

Et puis ce n’est tout de mĂȘme pas quelques kilomĂštres qui nous arrĂȘteront, n’est-ce pas ?

C’est que ça se mĂ©rite de visiter la maison de Jean Laborde !

Ah oui ! Et j’allais oublier de te dire l’essentiel Ă  son sujet. C’est lui qui dessina le fameux palais de la Reine Ranavalona que nous avons visitĂ© lors de notre arrivĂ©e Ă  Antananarivo. À l’origine, il Ă©tait construit en bois, ce qui explique pourquoi il pris aussi rapidement feu en 1995.

À prĂ©sent, un petit cours d’histoire s’impose afin que tu en saches davantage sur cet architecte ambitieux, loin d’ĂȘtre un homme ordinaire


Ce que tu dois savoir, c’est qu’il contribua beaucoup Ă  l’industrialisation Malgache durant le rĂšgne de la Reine Ranavalona 1Ăšre en lui fabriquant en premier lieu des fusils ainsi que des canons pour son armĂ©e Malgache.

Puis comme il devint par la suite son amant et disons-le trÚs proche de la royauté Malgache alors il eut pas mal de faveurs et privilÚges pour réaliser grand nombre de ses projets industriels


Ainsi et toujours avec l’autorisation de la Souveraine, il fit de Mantasoa en 1837, une citĂ© quasi industrielle en y construisant : ponts, routes, barrages, hauts fourneaux, fours Ă  chaux ainsi que sa propre maison en bois que nous n’allons plus tarder Ă  visiter


Ben oui ! C’est qu’il lui fallait bien un habitat sur place pour pouvoir rĂ©aliser toutes ses Ɠuvres !

Et ce n’est pas fini ! C’est lui aussi qui imagina et crĂ©a le fameux lac artificiel « Mantasoa » dont tu as pu admirer la splendeur tout Ă  l’heure


Pour te dire ! Il fit pas mal de choses pour embellir et moderniser Mantasoa et mĂȘme  son propre tombeau qu’il avait alors bĂątit lui-mĂȘme par avance et dans lequel il repose dĂ©sormais depuis la date de son dĂ©cĂšs en 1878.

VoilĂ  pour le petit cours d’histoire qui me semblait nĂ©cessaire


Nous voici Ă  prĂ©sent Ă  l’intĂ©rieur de sa grande maison en bois


Qu’en dis-tu ma Plume ? Pas mal n’est-ce pas ? Je te laisse juger par toi-mĂȘme


Je ne sais pas pour toi mais moi ça me fait toujours quelque chose lorsque je me retrouve dans un lieu qui autrefois aurait Ă©té  habitĂ© par un personnage historique


Je me souviens notamment de la maison natale de Mozart à Salzbourg et maintenant voici celle de Laborde à Mantasoa


À chaque fois, je trouve cela toujours autant fascinant et incroyable


Voilà que notre visite vient de se terminer. J’espùre qu’elle t’aura plu !

Et Maintenant, je te propose une toute autre activité qui sans aucun doute te fera plaisir si tu aimes les animaux
 Enfin, surtout si tu aimes les singes


Et plus particuliĂšrement les LĂ©muriens


Ça te dit ? Alors, allons sans plus tarder nous rendre dans la rĂ©serve privĂ©e de « Lemurs’ Park », un immense parc botanique de 5 hectares se trouvant Ă  22 Km d’Antananarivo.

Là-bas, nous aurons le privilÚge de pouvoir observer 7 espÚces de lémuriens et qui plus est en totale liberté !

L’espĂšce la plus connue Ă©tant sans nul doute le LĂ©mur Catta reconnaissable Ă  sa longue queue rayĂ©e de 14 anneaux noirs et blancs


Ne sont-ils pas mignons ?

En plus, il peut mĂȘme leur arriver parfois de chanter et de danser


Si ! Si ! Je t’assure


Tiens ! Écoute celui-lĂ  qui te chante la sĂ©rĂ©nade et l’autre lĂ -bas qui veut Ă  tout prix que tu remarques sa danse


****

C’est si beau de les voir en libertĂ© dans ce bel environnement et non dans un zoo


VoilĂ  que tu as eu la chance de pouvoir rencontrer le symbole de la faune Malgache mais tu sais, notre voyage est loin d’ĂȘtre terminĂ© ! Il te reste encore pas mal de choses Ă  dĂ©couvrir !

Alors, dis-moi, as-tu le goĂ»t de l’aventure ? Je veux dire par lĂ , aimes-tu les sensations fortes ? Un petit peu d’adrĂ©naline, il en faut parfois dans la vie
 Alors, ça te dit ?

Et si oui et que tu n’as pas trop le vertige, partons immĂ©diatement rendre visite aux cĂ©lĂšbres Tsingy de Madagascar qui se trouvent au Parc National de Bemaraha, plus prĂ©cisĂ©ment dans la province de Majunga, Ă  environ 300 Km de Tananarive.

Mais rassure-toi, pas pour y faire de l’alpinisme mais juste pour observer d’un peu plus prĂšs ces incroyables et magnifiques cathĂ©drales rocheuses que l’on appelle « Tsingy » et que tu ne pourras voir nulle part ailleurs qu’ici, Ă  Madagascar


Petit cours de géologie ?

Toutes ces grandes étendues de calcaire que tu vois là sous tes yeux ébahis sont en partie composées de fossiles et de coquillages.

Incroyable, non ? Et te rends-tu compte qu’elles datent au moins de 160 millions d’annĂ©es, lorsque l’üle de Madagascar venait alors de se sĂ©parer de la plaque africaine


Ensuite, ce fut l’eau de mer et l’eau de pluie qui firent tout le reste en les ciselant et sculptant.

VoilĂ  pourquoi elles ont aujourd’hui cet aspect si Ă©trange et particulier que tu peux toi-mĂȘme constater


Et je peux te dire que c’est vĂ©ritablement un paysage unique au monde, presque surnaturel, je dirai


D’ailleurs, les Tsingy attirent toujours autant la curiositĂ© des botanistes, gĂ©ologues et biologistes


Et on peut parfaitement comprendre pourquoi !

Regarde comme elles sont impressionnantes, fascinantes !

Mais attention ma Plume, l’heure est grave maintenant…

Bon, peut-ĂȘtre que j’exagĂšre un peu aussi  mais nous voici devant un pont de singe ressemblant fortement Ă  celui du film d’ « Indiana Jones et le temple maudit ».

Ah ! La la ! Et comme tu peux le constater, il est juste exprùs au-dessus de ce canyon à couper le souffle


Comme si ça n’était dĂ©jĂ  pas assez compliquĂ© notre parcours !

Mais la question est : Oseras-tu le traverser pour pouvoir poursuivre notre randonnée ?

Je sais, ça donne le vertige et mĂȘme le tournis mais je voulais absolument t’emmener ici car je pense que c’est un lieu qui vaut vraiment le dĂ©tour


Alors ? Auras-tu osé finalement parcourir le fameux pont suspendu ?

Et si jamais c’était le cas, alors dis-toi que tu auras l’espace d’un instant rassasiĂ© ta soif de libertĂ© en endossant le rĂŽle intrĂ©pide d’Indiana Jones l’aventurier et crois-moi, ce n’est pas si frĂ©quent dans la vie de tous les jours


AprĂšs cette visite des plus vertigineuses mais Ă©poustouflante tu en conviendras, je te demande Ă  prĂ©sent de bien vouloir fermer les yeux et de compter jusqu’à 5


Oui, ça change un peu du claquement de doigt


Ça y est ! Tu peux maintenant les rouvrir


Alors, je te présente la plus belle merveille du monde, sa trÚs gracieuse Majesté « Renala ».

Admire sa force, sa grandeur
 Ça laisse sans voix, n’est-ce pas ?

Si bien, qu’on ne peut que s’incliner devant tant de beauté 

En fait, on se doit d’ĂȘtre infiniment respectueux lorsqu’on se retrouve ici, sur la plus belle avenue du monde


Non, pas celle des Champs-Elysées mais plutÎt celle des baobabs


Des baobabs que les Malgaches appellent « Renala » et qui signifie dans leur langue locale « MĂšre de la forĂȘt » parce qu’ils dĂ©passent d’une tĂȘte leurs compagnons forestiers


Cette allĂ©e de Baobabs pluricentenaires  (plus de 800 ans) bordant cette route de terre dans la province de TulĂ©ar (lieu natal de mon grand-pĂšre maternel) est Ă©galement un site protĂ©gĂ© depuis les annĂ©es 2007 car elle reste sans nul doute le plus prĂ©cieux hĂ©ritage de toutes les forĂȘts tropicales Malgaches


Ici, on peut contempler sans se lasser, le superbe et si majestueux Adansonia Grandidieri, l’une des 6 espĂšces de baobabs endĂ©miques de Madagascar pouvant atteindre les 30 mĂštres de haut et 7 mĂštres de diamĂštre !

De quoi en rester baba devant ce trĂšs grand roi !

Et pour la petite histoire, si tu veux tout savoir, ce baobab porte le nom spĂ©cifique de « Grandidieri » pour rendre hommage au botaniste et explorateur Français Alfred Grandidier qui l’avait pour ainsi dire dĂ©couvert lors de ses recherches botaniques Ă  Madagascar.

Alors ma Plume ? Est-ce sa MajestĂ© Renala t’a laissĂ©e sans voix de par son immense grandeur ? N’est-il pas le plus bel arbre du monde ? Pour ma part, je dirai qu’il le sera toujours


Et voilà que nous approchons bientît de la fin de notre voyage


Mais avant de devoir quitter Madagascar, je voulais te réserver le meilleur pour la fin
 Une toute derniÚre surprise


PrĂȘte Ă  t’envoler avec moi dans les airs pour la dĂ©couvrir ?

Ben oui, quand je te disais que l’écriture nous permet de rĂ©aliser toutes sortes de choses incroyables, c’était pas pour rien


Et lĂ , tels deux oiseaux migrateurs, parmi les nuages blancs dans le ciel bleu azur, nous voilĂ  en train de survoler avec allĂ©gresse mon village natal « Namakia » pour nous rendre dans un lieu qui me tient particuliĂšrement Ă  cƓur : « Empassy Boeny », l’immense plage de sable fin


Une plage magnifique, dĂ©sertique, romantique, totalement inconnue des touristes sauf de certains connaisseurs ayant connu Namakia oĂč encore natifs de lĂ -bas


Une plage que je foulais alors du pied pour la toute premiùre fois à l’ñge de 16 ans


Une plage oĂč mon pĂšre tomba amoureux de ma mĂšre lorsqu’il la vit remontant cette dune de sable blond pour aller cueillir les fruits d’un arbre exotique…

Une plage oĂč tout commença, s’imprĂ©gnant alors de merveilleux souvenirs


Jusqu’aux plus beaux instants passĂ©s en famille dans les annĂ©es 93/94


La plage qui restera pour moi le plus bel endroit de Madagascar


Je suis si Ă©mue de la revoir


D’ailleurs, quelques larmes coulent dĂ©jĂ  le long de mes joues car je repense Ă  mon pĂšre


À mon pĂšre qui aurait aimĂ© ĂȘtre ici


Mais grùce à toi, à la magie de ton défi, il est bien là, tout prÚs de moi


C’est si beau que j’en perds mes mots


Heureusement, ma mémoire, elle, continue de me soutenir, de me tenir par la main pour ne pas sombrer dans un chagrin


Car elle souhaite terminer mon récit dans une belle poésie en te disant ceci :

Regarde cet océan indien


Respire ses embruns


Laisse toi aller,

Laisse ton esprit vagabonder dans le doux vent léger salé,

Un peu comme si le temps s’était arrĂȘtĂ©,

Un peu comme si tu étais soudainement  métamorphosée,

Ivre de liberté,

Contemplant ce paysage sans te lasser


SubmergĂ©e par l’émotion,

Par ce spectacle que tu souhaiterais permanent


Et lorsque viendra le soleil couchant,

Si rougeoyant,

Se fondre dans l’ocĂ©an,

Alors je saurai qu’Ă  cet instant, l’immersion de ta plume dans le bel encrier de Madagascar ressortira de mille couleurs


Des couleurs denses et intenses


Autant vibrantes que fascinantes…

Autant indĂ©lĂ©biles qu’inoubliables


Si bien, que tu deviendrais Ă  ton tour et pour toujours,

Une plume arcenciel


GrĂące Ă  Madagascar, la grande Ăźle exceptionnelle…

****

Merci encore pour ce dĂ©fi d’Ă©criture qui m’a permis de voyager dans mon passĂ© avec beaucoup de bonheur…

****

 

 

Publicités

Le flou total đŸ

Elle Ă©tait assise sur le sable et regardait la mer qui se trouvait juste en face d’elle. L’ocĂ©an si bleu et si calme lui rappelait des bribes de son passĂ©.

Un passĂ© qui lui paraissait pourtant ĂȘtre trĂšs proche comme si c’Ă©tait hier


Elle revoyait alors à travers les vagues bleutées, son doux visage auréolé de cheveux blonds dorés flottant au vent ainsi que ses magnifiques yeux verts qui avaient tendance à changer de nuance suivant la lumiÚre du jour


TantĂŽt ils pouvaient ĂȘtre gris/bleus, tantĂŽt verts/jaunes ou encore bleus/verts ; un peu comme la couleur de l’ocĂ©an indien qu’elle aimait tant…

Elle ne savait plus exactement…

Elle ne l’avait aperçu qu’une seule fois. Une seule et unique fois qui avait pourtant suffit Ă  lui faire battre le cƓur Ă  mille Ă  l’heure


Un instant si bref ; presque insaisissable


Elle seule, avait su arrĂȘter le temps par je ne sais quelle façon pour immortaliser ce moment et le figer Ă  tout jamais dans les recoins de sa mĂ©moire.

Un moment oĂč deux regards s’Ă©taient croisĂ©s avec une certaine Ă©ternisation d’une profondeur intense pour ensuite s’Ă©vanouir et s’Ă©vaporer dans l’air tel un nuage vaporeux finissant par totalement disparaĂźtre dans un ciel beaucoup trop bleu


Non, Mira n’arrivait pas Ă  oublier ces yeux verts qui se confondaient encore avec la profondeur de l’ocĂ©an…

Elle regardait le visage de cet homme inconnu se fondre dans l’eau tout en essayant de se remĂ©morer ce qu’il devait bien porter le jour de leur fugace rencontre


Un dĂ©tail qui la turlupinait encore et encore sans trop savoir pourquoi…

Sans doute une chemise bleue ciel Ă  manches courtes largement ouverte sur un torse nu imberbe ou plutĂŽt un t-shirt de la mĂȘme couleur faisant apparaĂźtre la musculature de ses bras bronzĂ©s.

« Mais que portait-il exactement ? » se demanda t-elle tout bas en caressant du dos de sa main le sable si chaud.

Tout s’embrouillait dans sa tĂȘte
 Elle ne savait plus


Avait-elle imaginé cette personne ? Ce doux visage ? Ces yeux verts/bleus ?

Non, elle jurerait que non… Elle Ă©tait sĂ»re et certaine de l’avoir croisĂ© sur cette plage il y quelques jours ou peut-ĂȘtre moins et qu’il lui avait mĂȘme souri.

Elle se souvenait encore de son sourire. Un sourire enjĂŽleur qu’il n’avait adressĂ© qu’Ă  elle et Ă  aucune autre


Ça, elle ne l’avait pas rĂȘvĂ©, tout de mĂȘme !

Un regard et un sourire inoubliables juste l’espace d’un instant sur cette immense plage dĂ©serte


Un regard et un sourire puis plus rien
 Le flou total


Sa tĂȘte Ă©tait lourde et elle se sentait horriblement fatiguĂ©e comme si elle avait fait un marathon alors qu’il n’en Ă©tait absolument rien


« Mira ! Mira ! Je te cherchais partout ! Enfin je te retrouve ! Tu vas bien ? » cria au loin une jeune femme.

Elle reconnaissait cette voix entre mille. C’Ă©tait son amie Lucia. Elle tourna la tĂȘte en sa direction et essaya de se relever mais eu subitement un petit vertige inopinĂ©.

InquiĂšte, son amie Lucia courut rapidement vers elle et s’empressa de lui agripper le bras pour la soutenir afin qu’elle ne tomba pas.

« Comment vas-tu ma ChĂ©rie ? Tu as l’air fatiguĂ©. Tu viens d’avoir un vertige. Il vaudrait mieux que tu rentres pour te recoucher »

« Non, ça va aller. Ne t’inquiĂšte pas. J’ai eu le tournis mais je t’assure que je vais bien. Je prĂ©fĂšre rester ici encore quelques instants. J’aime cet endroit »

« Tu en es certaine ? »

« Oui ma Lucia. Le vent du large me fait du bien »

« Soit ! Comme tu voudras. Tu sais que tu m’as fait peur hier. J’ai bien cru que je ne t’aurais plus jamais revue »

Mira se demanda Ă  quoi elle pouvait bien faire allusion.

Son vertige venant de se dissiper et se sentant nettement mieux ; elle lui posa sans plus attendre la question :

« Mais de quoi me parles tu ? »

« Tu ne t’en souviens vraiment plus ? »

« Mais non » s’agaça t-elle. « Allez, dis-moi ! Ça commence sĂ©rieusement Ă  m’inquiĂ©ter. Que s’est-il passĂ© hier ? »

« Le docteur m’avait prĂ©venu que tu perdrais momentanĂ©ment la mĂ©moire »

« Quel docteur ? Mais de quoi me parles tu encore ? » s’Ă©cria t-elle sous le coup de la panique.

« Du calme Mira ! Attends, je vais tout te raconter depuis le début »

« Je t’Ă©coute » dit-elle sous le ton de l’impatience.

« Hier aprĂšs-midi, tu faisais du kayak lĂ -bas prĂšs de la barriĂšre de corail. Subitement, ton kayak s’est retournĂ© pour je ne sais quelle raison et ensuite on ne t’a plus revue Ă  la surface de l’eau. Tu venais de t’ĂȘtre noyĂ©e »

« Quoi !!?? » s’exclama Mira.

« Si, c’est bien vrai. Et j’ai appris par la suite que ta tĂȘte avait heurtĂ© la coque de ton canoĂ« et qu’Ă  cause du choc assez violent, tu avais perdu connaiss
 »

« Quoi ! ? Mais qu’est-ce que tu me racontes lĂ  ? » coupa t-elle brutalement.

« La stricte vérité »

« Mais je ne me souviens pas de tout ça !! » s’Ă©cria t-elle, horrifiĂ©e d’apprendre une telle nouvelle Ă  son sujet.

« C’est normal que tu ne t’en souviennes pas pour l’instant. Tu as perdu partiellement la mĂ©moire Ă  cause du choc que tu as subi Ă  la tĂȘte. Bon, je peux Ă  nouveau te raconter la suite ? »

« Oui vas-y. Au point oĂč j’en suis. De toute façon, je ne me souviens de rien du tout » dĂ©plora t-elle.

« Bon, je reprends. Heureusement, un des sauveteurs avait remarquĂ© ton accident alors il est tout de suite venu te secourir. Ensuite, il t’a ramenĂ© ici et il a dĂ» te rĂ©animer car tu ne respirais plus du tout. S’il n’avait pas Ă©tĂ© lĂ , tu ne serais plus de ce monde aujourd’hui. C’Ă©tait trĂšs grave, tu sais… »

Mira n’en revenait toujours pas de ce que son amie venait de lui raconter. Elle restait encore abasourdie.

« Mais, mais
 je ne me souviens vraiment pas de tout ça
 » bredouilla t-elle toute dĂ©sorientĂ©e.

Lucia lui pressa affectueusement l’Ă©paule puis s’empressa d’ajouter :

« Le docteur m’a assurĂ© que petit Ă  petit tu finirais par retrouver ta mĂ©moire alors sois rassurĂ©e ma petite Mira. Il ne faut surtout plus que tu t’inquiĂštes pour ça »

Mira se mordit la lĂšvre infĂ©rieure. Elle ne se souvenait toujours pas de cette noyade. En revanche, elle revoyait sans cesse dans sa tĂȘte le visage de cet inconnu avec de jolis yeux verts rieurs.

« En plus, ton sauveteur Ă©tait vraiment trĂšs sexy. Un blond avec des yeux verts ; il me semble bien. Il a mĂȘme demandĂ© de tes nouvelles ce matin lorsque tu dormais. Tu en as de la chance ! Je crois que tu lui plais »

Mais alors ? se demanda soudainement Mira dans son for intĂ©rieur: Se pourrait-il que l’image de cet homme qu’elle avait dans la tĂȘte depuis son rĂ©veil, soit effectivement ce sauveteur ?

Et dire qu’elle pensait que sa mĂ©moire lui jouait des tours…

Ce regard et ce sourire étaient donc réels et non imaginaires ?

Ils lui étaient donc véritablement destinés


« Tu entends ce que je te dis Mira ? Tu as l’air ailleurs. Tu es sĂ»re que tu vas bien ? » demanda son amie quelque peu inquiĂšte.

« Désolée ma Lucia. Oui, je vais trÚs bien, rassure toi. Je suis juste un peu déconcertée et fatiguée »

« Et il y a de quoi ! Tu aurais pu mourir ! Mais n’y pense plus ! Tu es bel et bien vivante et surtout en bonne santĂ©. C’est tout ce qui compte… »

« Oui, tu as raison »

« Parfaitement ! Bon, ben… c’est pas tout mais moi, j’ai un rendez-vous ce soir avec un charmant garçon et j’ai la nette impression que c’est parti pour durer notre histoire. Est-ce que je peux te laisser ma ChĂ©rie ? car je dois me prĂ©parer pour ĂȘtre la plus belle pour aller danser »

SacrĂ©e Lucia ! Elle n’Ă©tait pas une personne Ă  se laisser abattre par quoi que ce soit ! Un vrai rayon de soleil !

« Mais biensûr que tu peux y aller ma Lucia. Moi, je vais rester encore un peu ici. Passe une bonne soirée et amuse toi bien ! »

« Tu es un amour ! J’y vais ! »

La silhouette de son amie courait dĂ©jĂ  vers le grand bĂątiment de l’hĂŽtel-restaurant « Les Rives bleues » qui se trouvait tout juste en bordure de la plage « Coco Lodge » puis finit par disparaĂźtre derriĂšre une dune de sable.

Le ciel venait de changer de nuance et le soleil commençait à plonger progressivement dans la mer.

Mira adorait les couchers de soleil et plus particuliĂšrement ceux des Ăźles.

Ils Ă©taient d’autant plus flamboyants qu’en mĂ©tropole et elle aimait les contempler.

« Bonsoir Mademoiselle. Puis-je m’asseoir ? »

Surprise par cette voix inconnue qui venait de troubler ses pensĂ©es ; Mira tourna la tĂȘte et reconnu presque immĂ©diatement ce visage ainsi que ces yeux verts


Elle resta sans voix tandis qu’il continuait :

« Avant que vous ne refusiez, je tiens Ă  me prĂ©senter. Je suis Patrick. Je ne sais pas si vous vous rappelez de moi. Je suis sauveteur et je travaille ici. C’est moi qui vous ai sauvĂ© hier aprĂšs-midi. Vous vous Ă©tiez noyĂ©e »

Mira n’en revenait toujours pas de se retrouver face Ă  l’homme qu’elle pensait avoir imaginĂ© dans son subconscient.

Il lui souriait tout en la regardant intensément de ses yeux verts.

Son cƓur se mit alors à battre plus fort.

À cet instant lĂ , elle aurait voulu le fuir mais il Ă©tait dĂ©jĂ  trop tard pour cette Ă©ventualitĂ©…

Le vent venait de se lever et les quelques mĂšches blondes et rebelles qui recouvraient le front de Patrick se mirent Ă  voleter dans tous les sens.

Il portait un bermuda noir ainsi qu’un t-shirt bleu ciel moulant laissant apparaĂźtre la virilitĂ© de son torse et de ses biceps saillants.

C’Ă©tait indĂ©niablement un trĂšs bel homme


Un peu comme dans les nombreux rĂȘves de son imagination dĂ©bordante sauf que cette fois-çi, il s’agissait de la rĂ©alitĂ© et non d’un conte de fĂ©es.

En se noyant dans cet ocĂ©an, elle avait attirĂ© ce sauveteur qui l’avait sauvĂ©e des sombres profondeurs


Ensuite, elle avait perdu la mémoire qui lui avait joué bien des tours.

Et Ă  prĂ©sent, venait d’apparaĂźtre cet homme qui se tenait assis tout prĂšs d’elle en train de lui parler de ce mĂ©morable moment oĂč il l’avait rĂ©animĂ© sur la plage.

Un moment qui selon ses dire l’avait particuliĂšrement touchĂ© vu que ce fut une grande premiĂšre pour lui.

Mira l’Ă©coutait sans dire un mot tout en lui jetant de brefs regards car elle n’osait le regarder dans les yeux.

Soudain, en observant plus attentivement ses lĂšvres remuer ; C’est alors qu’elle se souvint d’un dĂ©tail prĂ©cis oĂč plutĂŽt d’un instant qu’elle avait enfoui au fond de sa mĂ©moire et qui venait brusquement de lui revenir…

Il s’agissait d’un long baiser sans fin…

Un souffle de vie qui lui avait traversĂ© la gorge puis parcouru le corps telle une dĂ©charge Ă©lectrique refaisant ainsi battre son cƓur…

Une foudroyante dĂ©charge ; un vĂ©ritable coup de foudre ! qui l’avait alors rĂ©animĂ©e et laissait Ă  nouveau en vie sur notre planĂšte Terre…

Une renaissance grĂące Ă  un seul et unique baiser.

Patrick venait de terminer son récit et un silence se fit.

Soudain, il lui avoua que cet interminable bouche Ă  bouche lui avait fait prendre conscience qu’il venait d’ĂȘtre foudroyĂ© par l’amour et qu’il avait eu du mal Ă  se sĂ©parer des lĂšvres si douces de Mira.

Et qu’au moment oĂč elle avait enfin entrouvrit ses grands yeux gris/bleus hypnotisants ; ce fut alors pour lui comme une Ă©vidence…

À cet instant lĂ , il rĂ©alisa qu’il venait de tomber amoureux.

C’est pourquoi, il avait voulu la revoir ce soir car il Ă©tait dĂ©terminĂ© Ă  ne plus la perdre.

Oui, son souhait le plus ardent Ă©tait de faire un long chemin avec elle. Mais l’accepterait-elle ?

Il espérait que oui alors sans plus tarder, il lui posa la question qui lui brûlait tant les lÚvres.

À ce moment-lĂ , ses yeux verts s’intensifiĂšrent davantage, ne quittant plus ceux de Mira.

Rougissante, elle baissa les siens et ne lui répondit pas tout de suite.

Elle Ă©tait encore sous le coup de l’Ă©motion.

Sa mĂ©moire lui avait peut ĂȘtre jouĂ© des tours mais pas le commencement de cette belle histoire d’amour.

Un amour Ă  peine naissant et palpitant ; ici, sur cette magnifique plage de sable blanc alors qu’elle ne s’y attendait pas.

Une belle histoire qui sans nul doute resterait Ă  jamais gravĂ©e dans sa mĂ©moire et qu’elle raconterait plus tard Ă  leurs enfants en commençant par ceci :

Il Ă©tait une fois sur l’inoubliable plage de Coco Lodge, un homme et une femme


Pour l’Ă©ternitĂ© 🕯

Pour l’éternitĂ©

Les os restaient sous l’ocĂ©an depuis d’innombrables annĂ©es,

Ne voulant pas encore remonter Ă  la surface pour respirer,

Les os se nourrissaient encore des larmes salées,

VersĂ©es par des ĂȘtres tristes et abandonnĂ©s,

Refoulés du pied et ignorés.

Les os se durcissaient mais vivaient,

Ne voulant toujours pas remonter Ă  la surface pour s’époumoner.

Ils souhaitaient s’enchaüner à jamais,

Au fond de l’ocĂ©an qui semblait les aimer,

Car ils ne voulaient pas encore se dessĂ©cher et s’effriter.

Ils voulaient se nourrir des larmes salées et rejetées,

Et restaient ainsi Ă  jamais,

À s’abandonner pour jouer Ă  leurs tours et sans dĂ©tours,

Avec toutes ces raies qui ondulaient,

Telles de majestueuses majestés,

Devant leurs yeux émerveillés,

Venant les envelopper, les caresser et leur chuchoter de tendres mots doux,

EntremĂȘlĂ©s d’algues vaporeuses et floues,

Ondulantes danseuses qui effaçeraient tout,

Car elles savaient les comprendre et les rassurer,

En absorbant telles des Ă©ponges,

Leurs troubles songes tourmentés,

Et leur avouer dans le creux de leurs oreilles décharnées,

Qu’ils n’étaient pas les seuls abandonnĂ©s,

Et que leur mÚre nourriciÚre « La Mer » était là,

Pour engloutir leur désarroi,

Et qu’ils devaient se laisser aller Ă  la dĂ©rive,

Pour mieux vivre.

Alors les os se dirent que tout compte fait,

L’ocĂ©an pourrait enfin les aider Ă  surmonter,

Toutes ces tempĂȘtes dĂ©chaĂźnĂ©es qui s’étaient accumulĂ©es,

Telles des baleines échouées sur la plage esseulée,

Pitoyablement ignorées par tous ces humains inhumains ne daignant pas leur tendre la main.

Alors les os se dirent que tout compte fait,

PlutÎt que de rester sur cette plage abandonnée,

Ils se devaient de toujours garder le cap et se relever,

Pour remonter à la surface et regarder en face tous ces cƓurs de glace,

Ces navires bondés qui passaient et repassaient devant leur nez pour juste les narguer.

Tous ces infĂąmes sans Ăąmes,

Qui semblaient ignorer qu’ici-bas,

Gisaient ça et là dans un infini oubli,

Des dĂ©bris d’os brisĂ©s par la vie,

D’un squelette endormi,

Appartenant sans nul doute à une personne chavirée,

Qui gouttes aprĂšs gouttes, larmes aprĂšs larmes,

Cette naufragĂ©e d’un monde sans pitiĂ©,

Venait de se jeter sans le moindre regret,

Dans cet océan de quiétude qui remplirait enfin sa solitude.

Cette solitude qui la pesait depuis tant d’annĂ©es,

Et que seul l’ocĂ©an viendrait effacer Ă  coup de grandes et hautes vagues,

Toutes ces attaques de pirates,

Ces envahisseurs des Mers qui voulaient la réduire en poussiÚre,

Ce vague à l’ñme qui la rongeait,

Et qui finirait bien par se désagréger, se dissiper et se cacher,

Au fond d’un coffre Ă  trĂ©sors,

Parmi les innombrables piùces d’or,

Pour ne plus jamais en ressortir,

Et ce jusqu’à la mort,

Prisonnier Ă  jamais et empĂȘchĂ©,

De détruire sa bien aimée,

Car lui seul, savait la protéger de tous ces empoisonneurs nés,

Tous ces requins qui voulaient la dévorer sans aucune pitié.

Tous ces ĂȘtres nuisibles de la terre,

Ces cƓurs de pierre,

Ces lĂąches avides de guerre,

Qui mĂȘme au-delĂ  des frontiĂšres,

Voulaient d’un coup de rĂ©volver,

Ou encore d’un coup d’épĂ©e,

Lui assener le coup de grĂące tant convoitĂ© pour l’achever,

Avec cette ultime grimace sur leur visages dĂ©formĂ©s d’aliĂ©nĂ©s,

Qui lui diraient dans un éclat de rire prolongé :

« Le pire viendra à venir,

Alors, ne veux-tu pas en finir ? »

Elle avait bien essayé de se camoufler derriÚre le déguisement de ce poisson clown que tout le monde appréciait,

Mais finalement, ce costume l’avait lassĂ©e et Ă©coeurĂ©e,

Alors elle voulait s’en dĂ©barrasser Ă  tout jamais,

En nageant au fin fond de ces abßmes si froids mais délicats,

Dont elle n’aurait en aucun cas,

ÉchangĂ© sa place de Reine,

Dans cet arĂšne sous-marin,

Qui lui avait tendu la main,

Et qui la considérait enfin,

Comme une sirĂšne, une Reine.

Et bientĂŽt elle chanterait sa douce mĂ©lodie du bonheur qui lui tenait tant Ă  cƓur,

Sans ce soucier de tous ces infĂąmes,

Ces voleurs d’ñmes,

Qui n’oseraient plus la juger et la jeter au banc des accusĂ©s.

Être enfin libĂ©rĂ©e de toutes ces chaĂźnes qui encombraient encore ses poignets.

Être enfin libre et sereine,

Dans cet océan de candeur et de douceur,

Qui connaissait dĂ©jĂ  par cƓur,

Son joli chant de sirĂšne,

Trop longtemps refoulé,

Par les remous agités de tous ces navires qui osaient lui lancer :

« ArrĂȘte de chanter ! On en a assez ! Tu nous donnes la migraine avec ton chant de sirĂšne ! »

Mais l’ocĂ©an n’allait pas tarder Ă  les entraĂźner dans son terrible tourbillon,

Car il Ă©tait furibond,

Que l’on puisse s’attaquer Ă  sa bien aimĂ©e.

Et bientÎt tous ces navires bondés,

Qui n’avaient eu de cesse de pourchasser son adorĂ©e,

Se retrouveraient confrontés à sa colÚre légendaire,

Pour disparaĂźtre Ă  jamais de cette terre.

Car l’ocĂ©an Ă©tait venu la sauver,

De ce monde de cruautés,

De cette suffocante cage de verre et d’acier,

Qui l’avait trop longtemps retenue prisonniùre.

Et que pour s’en dĂ©faire,

Elle avait écouté ses conseils avisés.

Et aujourd’hui,

Elle avait décidé de se noyer et de se fondre en lui,

De se jeter Ă  corps perdu,

Et de goĂ»ter le sel de cet inconnu dont elle s’était toujours dĂ©fendu,

Pour trouver enfin la lumiĂšre,

La réponse à sa priÚre,

Et se dĂ©tacher Ă  tout jamais de cet obscuritĂ© qui l’avait fragilisĂ©e,

Pour rejoindre avec délectation,

Ces profondeurs qui l’attiraient avec passion,

Et dans lesquelles elle venait de plonger avec volupté,

En plein cƓur de cette puretĂ© inĂ©galĂ©e,

Limpide Ă  souhait,

Qui ne la décevrait jamais.

Pour vivre enfin son conte de fées,

En s’ancrant à jamais tel un rocher,

Dans ces profondeurs inexplorées.

Car la tentation l’avait gagnĂ©e,

Et que son cƓur venait d’ĂȘtre happĂ© et scellĂ© Ă  tout jamais,

À son ocĂ©an bien aimĂ©,

Et ce pour l’éternitĂ©…

****

Un poĂšme de CĂ©cile La Suricate.

La derniĂšre danse de la lune : Sujet de l’histoire â›ș

la derniere danse de la lune

****

Sujet de l’histoire :

Elisa est en quĂȘte d’Ă©vasion.

Lors de son sĂ©jour Ă  l’hĂŽtel « Paradise Beach » d’EpicĂ©a et sur les conseils d’un Guide touristique, elle dĂ©cide de partir Ă  l’aventure pour une durĂ©e de 2 jours et une nuit sur une Ăźle perdue qui porte le nom de Diamond. 

Une Ăźle inhabitĂ©e et Ă©loignĂ©e de tout, renommĂ©e pour sa magnifique et incontournable cascade « Le voile de la MariĂ©e » ainsi que sa forĂȘt luxuriante…

Elle rĂ©alisera enfin son rĂȘve de Robinson CrusoĂ© lorsqu’elle touchera le sol de l’immense plage de sable blanc de Diamond d’oĂč elle profitera pleinement de chaque instant…

HĂ©las, son pĂ©riple idyllique prendra une toute autre tournure lorsqu’elle tombera sur une Ă©trange jeune femme nommĂ©e « Tamara », dont le mari vient d’ĂȘtre assassinĂ© par le Guide touristique qui les accompagnait ainsi que par son complice surgi de nulle part…

Elle et son mari « Juanes » profitaient de leur sĂ©jour de lune de miel dans la vaste forĂȘt de Diamond, non loin de la cascade de la MariĂ©e…

Elisa sera alors entraĂźnĂ©e malgrĂ© elle, dans le sillage de cette mystĂ©rieuse Tamara qui la mĂšnera dans les profondeurs de cette forĂȘt inhospitaliĂšre…

Que se passera t-il lĂ -bas ? Pour le dĂ©couvrir, suivez notre hĂ©roine et palpitez avec elle, au coeur de cette intrigue…

****

LA FORET DE DIAMANT

La derniĂšre danse de la lune : Chapitre 2 : La forĂȘt de Diamond

la derniere danse de la lune

 

A l’orĂ©e de la forĂȘt de Diamond : 14H10.

Elisa regarda une derniĂšre fois derriĂšre elle. Elle posa ses yeux sur le sable si blanc puis les attarda sur le ciel d’un bleu intense parsemĂ© de quelques nuages. Il faisait tellement beau ! On aurait dit un jour ordinaire. Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, elle se promenait tranquillement sur cette plage en chantonnant son air prĂ©fĂ©rĂ© sans s’imaginer un seul instant que tout ce merveilleux rĂȘve se transformerait en un horrible cauchemar. C’Ă©tait presque irrĂ©aliste et insensĂ©.

Un bref instant elle eut une pensĂ©e pour ses parents en regardant la progression de deux gros nuages blancs qui se suivaient l’un derriĂšre l’autre. Se pourrait-il qu’elle ne s’en sorte pas et qu’elle ne les reverrait plus jamais ? Cette idĂ©e la fit frĂ©mir. Pourtant, il ne fallait pas qu’elle baisse les bras mais alors quel serait son destin ici Ă  Diamond ?

Soudain elle trouva que le nom de cette Ăźle Ă©tait ironique. Son sĂ©jour ici n’avait rien d’Ă©clatant ni de lumineux, bien au contraire. Mais alors, quel en serait le dĂ©nouement ? La noirceur ou la lumiĂšre ? Elisa l’ignorait encore…

A contre coeur, elle détourna son regard de cette si jolie plage puis avec force et détermination suivit Tamara sans davantage se poser de questions.

****

Toutes les deux venaient de pĂ©nĂ©trer dans les profondeurs de la jungle de « Diamond » qui paraissait ĂȘtre inhospitaliĂšre tant il y faisait sombre.
ImpĂ©nĂ©trable, infranchissable et Ă©paisse : tels fut les adjectifs pĂ©joratifs qu’Elisa eut en tĂȘte lorsqu’elle se retrouva au coeur de cet enfer verdoyant qui Ă©tait envahi de lianes et de toutes sortes de vĂ©gĂ©tations luxuriantes.

Il faisait si chaud et lourd que l’air Ă©tait suffocant, presque irrespirable si bien qu’Elisa commençait Ă  beaucoup transpirer et que sa tunique certes trĂšs lĂ©gĂšre lui collait dĂ©jĂ  Ă  la peau. Quelle sensation dĂ©sagrĂ©able que de se sentir toute poisseuse ! se dit-elle en pestant.

Quelques moustiques virulents venaient de lui piquer les bras et les jambes et n’avaient de cesse de lui tournoyer tout autour en faisant de perpĂ©tuels bruits de « bzz » aigus Ă  ses oreilles ; ce qui devenait de plus en plus horripilant.
Elle tentait Ă  chaque fois de les chasser de la main mais en vain, ils revenaient toujours…

DĂ©cidĂ©ment rien n’allait sur cette Ăźle !

Depuis qu’elle marchait dans cette forĂȘt, elle avait l’impression que le poids de son sac avait augmentĂ© de volume alors qu’il n’en Ă©tait rien.

Le frottement de la bandouliĂšre en nylon lui lacĂ©rait littĂ©ralement l’Ă©paule droite lui causant d’affreuses douleurs qui l’Ă©puisaient mais elle tenait bon car il Ă©tait hors de question qu’elle abandonna son sac. Il y avait Ă  l’intĂ©rieur bien trop de choses importantes qui lui seraient sans doute indispensables pour la suite des Ă©vĂšnements alors elle se devait d’ĂȘtre courageuse et de ne surtout pas baisser les bras.

Oui, elle dĂ©testait au plus haut point cette forĂȘt car elle s’y sentait oppressĂ©e et mal Ă  l’aise mais hĂ©las elle n’avait pas d’autre choix que d’avançer sans se plaindre.

Cela faisait dĂ©jĂ  un certain temps qu’elle et Tamara marchaient inlassablement et pourtant elles n’avaient toujours pas atteint leur objectif : celui de se rendre Ă  la fameuse cabane.

Il Ă©tait 14H45.

****

Par certains endroits, il y avait des raies de lumiĂšres qui filtraient Ă  travers les branchages des hauts arbres, rendant une ambiance un peu plus rassurante Ă  ce lieu qui n’Ă©tait guĂšre accueillant.

Mais malgrĂ© ces rares Ă©claboussures lumineuses, Elisa trouvait encore que cette forĂȘt Ă©tait bien trop sombre et elle regrettait dĂ©jĂ  d’avoir quittĂ© la plage.

De temps Ă  autre, le silence de la jungle Ă©tait troublĂ© par le bruissement des feuilles, le craquement des branches sous leurs pas ainsi que par toutes sortes de bruits d’animaux : cris d’oiseaux, coassements d’amphibiens, insectes volants, ect..

Soudain Elisa sentit le chatouillement de quelque chose qui venait de se coller sur son avant-bras gauche.

En regardant d’un peu plus prĂšs, elle constata que c’Ă©tait une toile d’araignĂ©e alors d’un revers de main et Ă  plusieurs reprises, elle essaya tant bien que mal de retirer les fils de soie qui Ă©taient Ă  la fois trĂšs rĂ©sistants et fortement Ă©lastiques.

Lorsqu’elle y arriva enfin et qu’elle pensait en avoir fini avec cette malencontreuse rencontre, subitement elle aperçut une grande araignĂ©e noire Ă  la forme allongĂ©e avec de trĂšs longues pattes en train de descendre de son fil provenant d’une immense toile circulaire qui devait bien atteindre dans les 2m de diamĂštre. La toile ressemblait Ă  s’y mĂ©prendre Ă  un hamac.

En voyant l’araignĂ©e qui pendait toujours sur son fil, Elisa ne pu s’empĂȘcher de pousser un petit cri d’effroi puis un second lorsque celle-çi tomba juste Ă  ses pieds. Pour Ă©viter qu’elle ne lui grimpa dessus, elle eut un mouvement de recul puis s’Ă©cria avec dĂ©goĂ»t « Quelle horreur ! »

Elisa connaissait bien cette espĂšce d’araignĂ©e qu’elle avait dĂ©jĂ  vu dans le jardin de sa maison Ă  AntinĂ©a et dont elle en avait une peur bleue. C’Ă©tait une NĂ©phile dorĂ©e. Une araignĂ©e qui Ă©tait certes passive et inoffensive mais dont la morsure pouvait ĂȘtre douloureuse.

Et dire qu’elle aurait pu me tomber dessus ! se dit-elle dans son for intĂ©rieur mais heureusement il y eut plus de peur que de mal.
AlertĂ©e par les cris d’Elisa, Tamara venait de se retourner et lui demanda avec inquiĂ©tude :

« Que se passe t-il Elisa ? »

« DĂ©solĂ©e, je suis tombĂ©e sur une araignĂ©e et j’ai eu peur. Mais tout va bien Ă  prĂ©sent »

Entre-temps, la Nephile dorĂ©e s’Ă©tait Ă©loignĂ©e en courant Ă  toutes pattes vers un immense arbre entourĂ© de lianes et venait de totalement disparaĂźtre sous des feuillages.
AprĂšs ce petit incident, les deux jeunes femmes continuĂšrent leur ascension vers le sommet de la montagne.

Il Ă©tait 15H10.

****

Elisa se demandait encore si elles avaient eu raison de pĂ©nĂ©trer dans cette forĂȘt. Et si tout cela les menait au contraire vers le tueur ?
De plus, la situation ne ferait qu’empirer avec la tombĂ©e de la nuit ; ce qui ne la rassura pas du tout et amplifia davantage sa peur.

Elle regarda devant elle, la longue queue de cheval noire qui se balançait de droite à gauche.
Tamara marchait d’un pas dĂ©cidĂ© et ne semblait pas autant perturbĂ©e qu’elle. Elle suivait son chemin et rien ne semblait pouvoir l’arrĂȘter.

D’ailleurs, pas une seule fois, mis Ă  part l’Ă©pisode de l’araignĂ©e, elle ne s’Ă©tait retournĂ©e pour lui demander si tout allait bien.
Etrange jeune femme se dit-elle mais elle ne pouvait pas non plus lui porter un jugement trop hĂątif Ă©tant donnĂ© qu’elle venait de perdre son mari dans d’affreuses circonstances.

Elisa Ă©tait extĂ©nuĂ©e et commençait Ă  entendre les gargouillis de son estomac. Elle avait trĂšs faim. Et dire que pour le repas de ce midi, elle devait dĂ©guster de dĂ©licieuses langoustes au beurre d’ail et au lieu de cela, elle se retrouvait ici Ă  marcher sans fin. Et pour noircir le tableau, un homme dangereux se cachait quelque-part, sans doute en train de les Ă©pier Ă  cet instant mĂȘme.

Et de son cĂŽtĂ©, Tamara ne lui avait plus jamais adressĂ© la parole. Elle continait sa route sans se retourner alors n’en pouvant plus, Elisa dĂ©cida de briser le silence et cria Ă  son attention :

« Tamara ! Tamara ! Vous pouvez vous arrĂȘter un instant s’il vous plaĂźt ! »

La jeune femme s’arrĂȘta aussitĂŽt puis fit volte face.

« Que se passe-t-il encore ? » demanda t-elle avec une pointe d’agacement.

Elisa fut surprise par le ton de sa voix mais ne lui en tenu pas rigueur.

« On pourrait faire une petite pause ? Je suis morte de fatigue et j’ai faim pas vous ? J’ai des petits pains aux raisins dans mon sac. Cela ne nous prendra que quelques minutes pour les manger »

Tamara changea immĂ©diatement d’attitude en lui faisant un petit sourire ; sans doute pour se rattraper du ton qu’elle avait employĂ© envers elle.

« DĂ©solĂ© Elisa. Oui, biensĂ»r on va s’arrĂȘter un peu. Vous avez raison, moi aussi j’ai faim. Et puis ce ne sont pas ces quelques minutes de repos qui vont nous faire perdre du temps. On a dĂ©jĂ  bien avancĂ©es »

Elisa s’empressa de fouiller dans son sac de plage et en extirpa un paquet de petits pains aux raisins.

Avec hĂąte, elle retira l’attache du sachet puis commença Ă  en prendre un Ă  l’intĂ©rieur qu’elle tendit Ă  Tamara. Elle en reprit un autre pour elle puis sans plus attendre commença Ă  le dĂ©vorer tellement elle avait faim. Tamara n’Ă©tait pas en reste elle non plus, et Ă  peine eut-elle terminĂ© le sien, qu’elle en rĂ©clama un second. Elisa l’imita. A toutes les deux, elles avaient mangĂ© trois petits pains chacune tout en buvant quelques gorgĂ©es d’eau.

« C’Ă©tait trĂšs bon Elisa, merci beaucoup. Au moins, nous avons pu reprendre des forces. En plus nous ne sommes plus trĂšs loin des cabanes. Remettons nous vite en route si vous le voulez bien ! »

Sur ces mots, elle continuĂšrent Ă  nouveau leur marche dans l’Ă©paisse forĂȘt de Diamond.
A travers les branchages des hauts arbres, on pouvait aperçevoir que le ciel changeait légÚrement de nuances.

Elisa regarda sa montre. Le cadran indiquait qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  16H15.

****

Au bout d’un instant, Elisa crut entendre le ruissellement d’une eau qui coulait dans les environs.
Non elle ne rĂȘvait pas, c’Ă©tait tout proche et le bruit de l’eau s’accentuait au fur et Ă  mesure qu’elle et Tamara s’en rapprochait.

Soudain une image Ă  couper le souffle leur apparut.
Elle virent droit devant elles un spectacle d’une magnificence absolue.
D’une paroi rocheuse trĂšs abrupte, jaillissait une incroyable chute d’eau qui venait se jeter en contrebas dans un grand bassin d’eau claire, l’accompagnant d’un fort bruit de percussion tellement son dĂ©bit Ă©tait fort et rapide.

De lĂ  oĂč elle se trouvait, Elisa pouvait sentir le souffle humide de la cascade lui caresser le front et les joues tout en faisant lĂ©gĂšrement virevolter sa longue queue de cheval blonde.

Et de ce flot ininterrompu, de fines gouttelettes d’eau vinrent se projeter sur son visage et ses membres, enveloppant peu Ă  peu sa peau d’une fine pellicule de bruine.
C’Ă©tait une sensation assez agrĂ©able, quoique un peu trop rafraĂźchissante Ă  son goĂ»t surtout en cette fin de journĂ©e. D’ailleurs, elle ne pu s’empĂȘcher de frissonner.

C’Ă©tait donc lui le gĂ©ant de la nature de Diamond ; le fameux voile de la MariĂ©e qui faisait parti des visites incontournables de cette Ăźle et qu’Elisa Ă©tait en train d’admirer Ă  cet instant mĂȘme mais dans des circonstances pas trĂšs rĂ©jouissantes.

Elle se rapprocha du grand bassin, se pencha légÚrement en avant et commença à le scruter dans les moindres détails lorsque Tamara lui tapota.

« C’est juste aprĂšs cette chute d’eau, en montant un peu plus vers le haut, que mon mari est mort »

Les sourcils froncĂ©s, Elisa n’avait pas vraiment Ă©coutĂ© ce qu’elle venait de lui dire car elle Ă©tait soucieuse.
En effet, elle avait beau regarder le bassin, elle ne voyait toujours pas le cadavre du Guide Batisto qui normalement, aurait dĂ» flotter Ă  la surface de l’eau alors sans plus attendre, elle l’interrogea :

« Tamara, je ne vois pas le corps de Batisto ? oĂč est-il ? Il devrait flotter Ă  la surface de l’eau… »

Tamara se rapprocha davantage du bassin et commença Ă  l’examiner Ă  son tour. Ne voyant pas le corps de celui-çi, elle ne pu que confirmer ses propos.

« Je ne comprends vraiment pas ! Pourtant je vous assure qu’il Ă©tait bien dans ce bassin puisque je l’ai vu s’y noyer. J’avoue que c’est incomprĂ©hensible… »

« Vous ĂȘtes certaine qu’il Ă©tait bien mort ? »

« Mais oui ! » dit Tamara d’un ton agacĂ©. « Je vous avais dĂ©jĂ  expliquĂ© auparavant que j’Ă©tais restĂ©e un long moment Ă  le regarder se dĂ©battre dans l’eau. J’ai bien vu ensuite qu’il Ă©tait mort puisqu’il ne bougeait plus du tout. Je vous assure que je vous dis la stricte vĂ©ritĂ© ! Vous ne me croyez pas ? »

« Eh bien…Je vous crois biensĂ»r. Mais son corps n’est pas lĂ …C’est tout de mĂȘme Ă©trange… »

Elisa avait apprit au cours de ses Ă©tudes que lorsqu’une personne se noie et qu’elle dĂ©cĂšde, elle coule progressivement au fond de l’eau car la densitĂ© d’un corps mort (poumons vides d’air) est trĂšs lĂ©gĂšrement supĂ©rieure Ă  celle de l’eau.

Elle savait aussi que sous l’impulsion de la putrĂ©faction qui provoque la formation de gaz ; cela donne au corps un poids spĂ©cifique qui le fera flotter puis remonter alors progressivement Ă  la surface.

Il fallait Ă©galement mettre en compte que dans l’eau de mer, la densitĂ© en sel est importante, c’est pourquoi un corps remontera plus rapidement entre 3 et 7 jours par rapport Ă  l’eau douce entre 20 jours Ă  1 mois en moyenne.

Mais dans ce cas prĂ©cis, Tamara avait bien expliquĂ© qu’elle avait d’abord donnĂ© un coup de couteau dans le ventre de Batisto avant de le pousser ensuite dans ce bassin.

Il Ă©tait donc blessĂ© et se vidait de son sang alors selon toute probabilitĂ©, son cadavre qui devait ĂȘtre en Ă©tat de putrĂ©faction aurait dĂ» remonter Ă  la surface Ă©tant donnĂ© qu’il s’Ă©tait dĂ©jĂ  Ă©coulĂ© quelques heures depuis qu’il y Ă©tait tombĂ©.
Alors qu’en dĂ©duire ? se demanda t-elle en regardant Tamara qui venait de lui tourner le dos.

Est-ce que Batisto Ă©tait vraiment tombĂ© dans ce bassin ? et si oui, il aurait dĂ» alors flotter Ă  la surface de l’eau. Et si jamais il se trouvait tout simplement au fond de l’eau, alors dans ce cas-lĂ , il serait pratiquement impossible d’avoir le fin mot de l’histoire, vu la profondeur de celui-çi.

Que de questions sans réponses ! se dit-elle.

Soudain, elle entendit des sanglots. C’Ă©tait Tamara qui Ă©tait en train de pleurer Ă  chaudes larmes, alors contre toute attente, elle se rapprocha d’elle et lui pressa doucement l’Ă©paule.

« Que vous arrive t-il Tamara ?

« Mais c’est Ă  cause de vous si je pleure. Vous avez l’air de douter de tout ce que je vous ai dit et ça me fait beaucoup de mal »

Elisa regrettait dĂ©jĂ  le fait qu’elle se soit un peu trop appesanti sur cette histoire de cadavre flottant et s’empressa de le lui dire :

« Excusez-moi Tamara. Je n’aurais pas dĂ» autant insister. Le corps de ce Batisto doit certainement se trouver au fond de ce bassin. Je ne voudrais pas que vous pensiez que j’ai doutĂ© de tout ce que vous m’avez dit depuis le dĂ©but, bien au contraire, sinon je ne vous aurai jamais suivi dans cette forĂȘt. C’Ă©tait juste que je me posai quelques questions mais Ă  prĂ©sent, tout va bien. Vous me croyez j’espĂšre ? »

Les yeux rougis de Tamara la fixaient avec une telle intensitĂ© de tristesse, qu’Elisa se savait plus oĂč se mettre.

« Pourtant, vous avez doutĂ© de moi Elisa. Je trouve ça dommage. Vous savez, c’est suffisamment assez dur pour moi de revenir ici, lĂ  oĂč mon mari est mort. J’aurai aimĂ© plus de soutien de votre part » dit-elle d’un ton larmoyant et quelque peu accusateur.

« Mais j’ai confiance en vous Tamara. C’Ă©tait juste une simple question que je me posai, rien de plus. Il ne faut surtout pas que vous y voyiez un quelconque reproche. Je ne vous accuse de rien. De toute façon je suis certaine que cette ordure doit se trouver au fond de ce bassin. Allez ! n’en parlons plus si vous le voulez bien. Nous devrions quitter cet endroit Ă  prĂ©sent pour rejoindre la cabane car il se fait tard »

« D’accord, mais j’espĂšre que vous ne douterez plus de moi dĂ©sormais car je vous apprĂ©cie Elisa »

« Oui, ne vous inquiĂ©tez plus pour ça. Et comme je vous l’ai dĂ©jĂ  dit, je vous soutiendrai jusqu’au bout »

« Merci Elisa » dit Tamara en prenant un pan de sa tunique pour s’essuyer les yeux.

Décidément Elisa manquait de tact envers cette pauvre jeune femme mais désormais elle ferait attention.
Et puis de toute façon, elle n’avait pas le choix, il fallait bien qu’elle lui fasse confiance alors sans rĂ©flĂ©chir davantage elle essaya de mettre en arriĂšre plan, cette histoire de cadavre flottant mĂȘme si ce point restait tout de mĂȘme un mystĂšre incomprĂ©hensible…

****

Quelques minutes plus tard, les deux jeunes femmes se retrouvÚrent cÎte à cÎte devant le vertigineux précipice que Tamara avait décrit et qui se trouvait non loin des deux cabanes.

Tout Ă  fait en bas, une vision d’horreur : on pouvait aperçevoir dans de hautes herbes tout prĂšs d’un amoncellement de pierres, le corps d’un homme qui gisait face contre terre, dans une mare de sang noirĂątre avec prĂšs de lui, un sac Ă©ventrĂ© et tout autour, toutes sortes de dĂ©bris d’objets indescriptibles.

Son dos Ă©tait transperçé d’un long pique et au niveau de sa perforation, il y avait une large aurĂ©ole de sang qui maculait son t-shirt bleu ciel.

Elisa n’avait encore jamais vu un cadavre de sa vie et surtout pas dans un tel Ă©tat : il s’agissait tout de mĂȘme d’un meurtre perpĂ©trĂ© par deux hommes sans scrupules.

Soudain elle fut prise de spasmes et faillit vomir mais elle réussit tant bien que mal à se ressaisir.
De son cÎté, Tamara les bras croisés avait les yeux rivés sur son défunt mari et ne semblait avoir aucune réaction. Que pouvait bien t-elle ressentir en le revoyant ainsi ? se demanda t-elle avec une certaine inquiétude.

****

Il commençait Ă  se faire tard et le ciel s’assombrissait de plus en plus.
Le soleil ne tarderait pas à décliner.
Il Ă©tait exactement 17H20.

Les deux jeunes femmes Ă©taient toujours en train d’observer le cadavre qui se trouvait au fond du ravin lorsqu’Elisa souhaita en savoir davantage concernant l’Ă©trange pique qui Ă©tait plantĂ© dans le dos de celui-çi.

« Tamara ? vous voyez ce que je vois » dit-elle en pointant du doigt le cadavre. « Il a un pique ou une sorte de lance qui lui transperçe le dos. Vous savez de quoi il s’agit ? »

Tamara plissa les yeux et commença à scruter davantage le cadavre de son mari.

« Oui vous avez raison, je ne me rappelai pas du tout qu’il avait ce pique dans le dos » dit-elle hĂ©bĂ©tĂ©e. « Maintenant que vous m’en parlez…Je sais que lorsque votre guide me battait, je n’avais pas pu voir ce que Batisto lui faisait subir. Il a du sans doute le lui enfoncer lorsque j’Ă©tais Ă©vanouie. Mais par contre je ne sais vraiment pas de quel genre de pique il s’agit »

« Ok. De toute façon on n’aura jamais le fin de mot de cette histoire puisque comme vous dĂźtes, vous Ă©tiez Ă©vanouie au moment oĂč ces hommes ont tuĂ© votre mari. Par contre, j’avais une derniĂšre question Tamara »

« Oui allez y. Je vous Ă©coute »

« C’Ă©tait le sac Ă  dos de votre mari que je vois lĂ  ? »

« Oui, effectivement. Il en avait un avec tous nos affaires dedans. Moi, par contre, j’avais dĂ©cidĂ© de ne rien porter car j’ai des problĂšmes de dos »

« Ah d’accord ! Mais tous ces dĂ©bris de couleur vert que je vois autour de lui, vous savez ce que c’est ? On aurait dit des morceaux de plastique mais je n’en suis pas certaine. Et vous ? Qu’en pensez-vous ? »

« Oui, je sais ce que c’est. C’est notre glaciĂšre. Elle Ă©tait de couleur verte clair. Mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi elle se trouve au fond de ce ravin. Ces hommes l’auraient jetĂ©e mais pour quelle raison ? Il y avait juste des aliments et des bouteilles d’eau Ă  l’intĂ©rieur. C’est bizarre je trouve… »

« Oui, vous avez raison. Mais pourquoi auraient-ils fait ça alors ? C’est Ă©trange tout de mĂȘme… »

DĂ©cidĂ©ment, il y avait bien trop de mystĂšres dans cette forĂȘt qui restaient en suspens et sans rĂ©ponses ; ce qui n’Ă©tait pas du tout Ă©vident pour Elisa de ne pas pouvoir les Ă©lucider et devoir en fin de compte les accepter tels quels sans broncher…

« Elisa? Vous m’Ă©coutez ? Vous semblez ailleurs… »

« Heu…Excusez-moi…Vous disiez ? »

« Je disais que nous sommes Ă  quelques mĂštres des cabanes. Nous devrions quitter cet endroit maintenant. J’ai du mal Ă … »

Elisa regarda Tamara qui avait des larmes aux yeux et comprit une fois de plus qu’elle venait Ă  nouveau d’ĂȘtre maladroite.

« Je suis vraiment dĂ©solĂ©e Tamara. Oui biensĂ»r, je comprends. Quittons cet endroit au plus vite »

« Ce n’est pas grave Elisa. Si je pleure ce n’est pas parce que j’ai vu son cadavre au fond de ce prĂ©cipice mĂȘme si biensĂ»r cela m’a fait beaucoup de mal de le revoir dans cet Ă©tat…Non, je repensai plutĂŽt Ă  notre arrivĂ©e sur cette Ăźle, que nous Ă©tions tellement heureux lui et moi mais c’est si loin tout ça. N’en parlons plus. Je prĂ©fĂšrerais quitter cet endroit au plus vite. Les cabanes se trouvent Ă  quelques mĂštres seulement mais on ne peux pas les voir d’ici Ă  cause des arbres et de la vĂ©gĂ©tation. DĂ©pĂȘchons-nous s’il vous plaĂźt. Il se fait tard et la nuit ne va pas tarder Ă  tomber »

« Oui, allons-y ! » dit Elisa qui Ă©tait partagĂ©e entre la tristesse pour Tamara et l’espoir de rejoindre enfin les cabanes.

****

Toutes les deux se dirigeaient avec hĂąte vers les deux cabanes qui Ă©taient placĂ©es, l’une derriĂšre l’autre, avec un grand espace de vĂ©gĂ©tation entre les deux.

« Enfin ! voici les fameuses cabanes » se dit Elisa qui voulait au plus vite s’engouffrer Ă  l’intĂ©rieur de l’une d’elles. C’est vrai qu’elles Ă©taient vraiment bien cachĂ©es et personne n’aurait pu se douter un seul instant, qu’il y en avait deux ici Ă  part les connaisseurs de cette Ăźle.

L’ossature des cabanes (murs et charpentes) Ă©tait entiĂšrement construite en bois ainsi que la couverture de leurs toits (tuiles en bois). Tamara n’avait pas menti lorsqu’elle avait prĂ©cisĂ© leur rusticitĂ©s et biensĂ»r, elles Ă©taient conçues sans eau, ni Ă©lectricitĂ©.

****

La premiĂšre cabane dont avait parlĂ© Tamara Ă©tait effectivement restĂ©e entrouverte mais impossible de savoir s’il y avait quelqu’un ou pas Ă  l’intĂ©rieur.
Pour en avoir le coeur net, Tamara insista pour s’y rendre seule afin de vĂ©rifier si celle-çi Ă©tait vraiment inoccupĂ©e.

Pendant ce temps, Elisa l’attendait, cachĂ©e derriĂšre un Ă©norme tronc d’arbre tout en observant les alentours.
Tamara se retrouva enfin devant la façade de celle-çi, prĂšs de sa porte d’entrĂ©e puis y donna un magistral coup de pied. Elle s’ouvrit alors davantage mais il faisait tellement sombre Ă  l’intĂ©rieur que c’Ă©tait difficile de distinguer quoi que ce soit.

ArmĂ©e d’un long bĂąton en bois qu’elle venait de trouver par terre, Tamara commença Ă  franchir le seuil de la porte et tout en avançant Ă  petits pas, le brandit en faisant de grands va-et-vient de droite Ă  gauche comme si elle se battait contre une personne mais invisible.

Elle renouvella ce geste plusieurs fois tout en frappant le sol, le mobilier et les objets qui se trouvaient dans les alentours puis constatant qu’il n’y avait vraiment personne, se retourna et cria trĂšs fort Ă  l’attention d’Elisa :

« Il n’y a personne ! Venez Elisa ! DĂ©pĂȘchez-vous ! » dit-elle avec un grand sourire de satisfaction.

Elisa n’avait eu de cesse de l’observer et ce fut avec un grand soulagement qu’elle accueillit la bonne nouvelle. « Tant mieux » se dit-elle en soupirant.

Par contre, en ce qui concernait l’individu en question ; elle se posait toujours d’innombrables questions Ă  son sujet. Qu’Ă©tait-il rĂ©ellement devenu ? Il Ă©tait blessĂ©. Aurait-il pu alors dans ce cas lĂ , succomber Ă  ses blessures ? Mais ce n’Ă©tait qu’une hypothĂšse.

Et si jamais, il Ă©tait plutĂŽt cachĂ© quelque-part ici Ă  les Ă©pier. Pourtant elle n’avait rien remarquĂ© Ă  moins qu’elle n’ait pas fait suffisamment attention. A cette idĂ©e, elle se mit Ă  frĂ©mir et sans plus tarder, courut trĂšs vite vers la cabane oĂč Tamara l’attendait sur le seuil de la porte avec beaucoup d’impatience.

« Venez Elisa ! rentrons enfin Ă  l’intĂ©rieur. Heu…Dites-moi, vous n’auriez pas Ă  tout hasard de quoi nous Ă©clairer ? On ne voit pas grand chose Ă  l’intĂ©rieur »

« Oui j’ai ce qu’il faut » rĂ©pondit Elisa avec un premier petit sourire rempli d’espoir.

Il Ă©tait exactement 17H55 et dans quelques minutes il ferait nuit noire dans la lugubre forĂȘt de Diamond.

****

La derniĂšre danse de la lune : Chapitre 1 : Elisa

la derniere danse de la lune

 

Elisa marchait le long de la plage de sable fin tout en chantonnant son air prĂ©fĂ©rĂ© : « Wonderful life » du chanteur Black.
Une bien jolie chanson qui Ă©tait tout Ă  fait en adĂ©quation avec ce moment de pur bonheur qu’elle Ă©tait en train de savourer sans se soucier du temps qui passe.

Ce fameux temps qui nous fait tant dĂ©faut dans notre monde moderne actuel et qui nous empĂȘche d’apprĂ©cier les joies simples de la vie.
Elisa avait conscience qu’elle avait beaucoup de chance d’ĂȘtre ici ; seule au monde (enfin presque) et loin de tout.

Elle avait enfin rĂ©alisĂ© son rĂȘve : celui de se promener bien tranquillement sur cette immense plage dĂ©serte car jamais, auparavant elle n’aurait cru cela possible et pourtant c’Ă©tait bel et bien rĂ©el et ce pour son plus grand plaisir.
Et comme le disait si bien la chanson : la vie est merveilleuse !

****

Elle se souvenait encore de son inoubliable pĂ©riple en catamaran avant de dĂ©barquer ici sur cette jolie petite Ăźle qui portait le nom de « Diamond » en raison de la puretĂ© de son lagon et de son sable si blanc.

La veille, elle se trouvait Ă  Bambousya (un village touristique et balnĂ©aire de la cĂŽte ouest de l’Ăźle EpicĂ©a) dans un charmant hĂŽtel-restaurant, le « Paradise Beach » situĂ© en bordure de mer avec un accĂšs direct sur une plage privĂ©e.

L’hĂŽtel disposait de 40 chambres Ă©quipĂ©es de la climatisation, minibar, tĂ©lĂ©phone, ect, sans oublier l’accĂšs gratuit Ă  internet, ce qui n’Ă©tait pas nĂ©gligeable Ă©tant donnĂ© qu’Elisa avait du mal Ă  vivre sans son smartphone ou sa tablette.
Mais pas pour aujourd’hui oĂč elle avait bien volontiers ranger toutes ces technologies modernes dans le placard de sa chambre afin de profiter pleinement de ce moment de libertĂ© et d’Ă©vasion !

Et puis de toute façon, la petite Ăźle « Diamond » Ă©tait situĂ©e dans une zone blanche donc il n’y avait pas de rĂ©seau internet et encore moins de wifi.

****

Le « Paradise Beach » proposait diverses activitĂ©s tels que : Golf, bodyboard, Planche Ă  voile, Kayak , Voile, Sentier de randonnĂ©e Ă  pied ou Ă  bicyclette, Parachutisme ascensionnel, Cours de golf y compris des excursions en bateau (catamaran ou grands voiliers) tout autour de la cĂŽte, vers de magnifiques Ăźlots.

Son Guide touristique qui s’appelait Philippo lui avait dĂ©crit qu’il y avait prĂšs d’une centaine de petits Ăźlots dont certains Ă©taient proches de la cĂŽte et d’autres plus loin et plus difficiles d’accĂšs et que quelques-uns d’entre eux seulement Ă©taient des rĂ©serves naturelles avec une faune endĂ©mique exceptionnelle oĂč l’on pouvait y croiser quelques spĂ©cimens d’animaux tout en se baladant.

Leurs eaux cristallines Ă©taient idĂ©ales pour y faire de la plongĂ©e en apnĂ©e ou encore du scooter sous-marin avait-il prĂ©cisĂ©. Plusieurs activitĂ©s s’offraient aux touristes s’ils le dĂ©siraient car tout Ă©tait possible selon lui si l’on souhaitait rĂ©aliser un rĂȘve bien prĂ©cis.

D’ailleurs, il lui avait fortement conseillĂ© de visiter l’un d’entre eux : « Diamond », rĂ©putĂ© pour ĂȘtre plus au calme car moins frĂ©quentĂ© et qui d’aprĂšs lui Ă©tait un vĂ©ritable paradis terrestre qu’elle ne serait pas prĂšs d’oublier et que l’occasion ne se prĂ©senterait pas deux fois si elle voulait en avoir plein la vue et vivre enfin une aventure extraordinaire Ă  la Robinson CrusoĂ©.
En effet, un bien joli programme en perspective…

Elisa avait donc fait son choix : elle avait optĂ© pour deux jours et une nuit Ă  Diamond en incluant les dĂ©jeuners/dĂźners, pique-niques, barbecues y compris quelques activitĂ©s telles que : Kayak, plongĂ©e sous-marine dans l’ocĂ©an Pacifique, farnientes et balades dans l’Ăźlot inhabitĂ©.

Le pĂ©riple s’effectuerait en catamaran de croisiĂšre privĂ©e en compagnie de son Guide Philippo qui serait le navigateur.
Mais ce qui l’enthousiasmait le plus dans toute cette expĂ©dition de rĂȘve Ă©tait de dormir une nuit dans une cabane qui se trouvait en haut d’une montagne, au coeur de la forĂȘt luxuriante de Diamond et Ă  quelques mĂštres d’une chute d’eau qui portait le nom du « Voile de la MariĂ©e » et qui d’aprĂšs son Guide Ă©tait d’une beautĂ© exceptionnelle Ă  couper le souffle.

****

Et voici qu’elle Ă©tait en train de marcher sur cette magnifique plage de sable fin qui ressemblait Ă  de la poudre de diamant tellement son Ă©clat Ă©tait intense et d’un blanc immaculĂ©.
Diamond portait vraiment bien son nom ! Tout Ă©tait sublime ici. Un vrai paysage de carte postale et d’un calme olympien…

Le soleil Ă©tait Ă  son zĂ©nith, il lui mordait la peau mais qu’importe puisqu’elle avait pris le soin de bien s’enduir le corps et le visage de protection solaire qui sentait agrĂ©ablement bon la fleur de TiarĂ©.
De plus, elle portait une casquette et par dessus son maillot de bain deux piÚces, une tunique de plage en voile soyeux de couleur bleue ciel, agrémentée de manches courtes chauve-souris joliment fendues sur les épaules.

Cette tenue fluide et aĂ©rienne Ă©tait bien appropriĂ©e Ă  la chaleur intense d’aujourd’hui.
Et pour ne pas dĂ©plaire, il y avait mĂȘme une lĂ©gĂšre brise qui venait lui caresser le visage, les cheveux ; ce qui rendait agrĂ©able sa marche, sous le soleil ardent de cette belle matinĂ©e de ce samedi 26 AoĂ»t 2015.

****

Cela faisait dĂ©jĂ  une bonne vingtaine de minutes qu’elle se promenait tranquillement sur cette plage et pas un seul chat Ă  l’horizon.
Son Guide Philippo ne lui avait pas menti ; cette petite Ăźle Ă©tait encore mĂ©connue des touristes car difficile d’accĂšs et seuls les insulaires et les guides expĂ©rimentĂ©s tel que lui pouvaient connaĂźtre cet endroit bĂ©ni des Dieux !

Elisa ne regrettait vraiment pas cette excursion ; elle se sentait bien ici, elle Ă©tait heureuse et parfaitement en osmose avec la nature.

****

Philippo ne tarderait pas Ă  la rejoindre, il Ă©tait restĂ© sur le catamaran qui Ă©tait amarrĂ© non loin d’ici afin d’y prendre quelques Ă©quipements pour cette nuit et ramener le repas et les boissons pour le dĂ©jeuner de ce midi.

Le menu prĂ©vu par le restaurant de l’HĂŽtel Ă©tait des plus allĂ©chants :

– Salade de cruditĂ©s variĂ©es et sambos au poisson,
– Langoustes grillĂ©es au beurre d’ail accompagnĂ©es de riz blanc, de curry de courgettes et d’aubergines avec du bon pili-pili (piment). Et pour terminer ce repas, en guise de dessert : Des bananes flambĂ©es au Rhum des Ăźles avec boules de glace au coco. Un vrai festin !

****

Elisa avait hùte de déjeuner car elle commençait à avoir faim.
Elle regarda sa montre bracelet waterproof qui avait Ă©tĂ© d’une trĂšs grande Ă©tanchĂ©itĂ© lorsqu’elle avait fait de la plongĂ©e sous-marine il y a une heure de temps dĂ©jĂ , en compagnie de son Guide.

Il Ă©tait 10H55.
Elle s’arrĂȘta un instant, se retourna, mit sa main en visiĂšre Ă  cause du soleil Ă©blouissant et regarda au loin.
Elle avait dĂ» beaucoup marcher car elle ne voyait plus du tout le catamaran. Mais que pouvait bien faire Philippo ? Il n’Ă©tait toujours pas revenu la rejoindre.

Sans doute qu’elle s’inquiĂ©tait pour rien. Il n’allait plus tarder Ă  prĂ©sent alors en attendant son retour, Elisa dĂ©cida de faire une petite halte ici.
Elle dĂ©posa son sac de plage qu’elle portait en bandouliĂšre puis en extirpa une grande serviette qu’elle Ă©tala sur le sable chaud.
Avant de s’allonger dessus, elle fouilla Ă  nouveau dans celui-çi et en sortit une petite bouteille d’eau dont elle but quelques gorgĂ©es qui la dĂ©saltĂ©rĂšrent aussitĂŽt tellement c’Ă©tait bien frais.

Jamais elle n’aurait pu faire ce petit voyage sans son fidĂšle sac de plage. En effet, il y avait pas mal de choses qu’elle avait transportĂ©es Ă  l’intĂ©rieur : une petite glaciĂšre isotherme souple contenant trois petites bouteilles d’eau glacĂ©es et une canette de jus d’orange Minute Maid, un paquet d’une dizaine de petits pains aux raisins qu’elle avait achetĂ© ce matin Ă  la pĂątisserie de l’HĂŽtel, ses tennis pour la promenade de tout Ă  l’heure dans la forĂȘt tropicale de Diamond pour y voir « le voile de la mariĂ©e », sa grande serviette Ă©ponge et une autre plus petite pour s’essuyer aprĂšs ses baignades, un maillot de bain une piĂšce de couleur bleu marine, des vĂȘtements de rechange, un gros tube de crĂšme solaire, une trousse de toilette et sans oublier sa grosse lampe de poche Ă©tanche pour ce soir.

Et pour je ne sais quelle raison, elle avait aussi prĂ©vu d’emmener avec elle, un briquet offert par l’hĂŽtel (non pas qu’elle fumait, bien au contraire mais juste au cas oĂč) ainsi que son couteau Suisse 21 piĂšces multifonctions ultra compact que son pĂšre lui avait offert pour son anniversaire, il y a 6 mois de ça et qu’elle avait dissimulĂ© dans un mouchoir en tissu fleuri afin de le protĂ©ger des intempĂ©ries. Un accessoire idĂ©al pour les dĂ©placements en extĂ©rieur lui avait-il soulignĂ©. Elle le revoyait encore en train de lui rabĂącher, dans un large sourire :

« Et surtout ne te dĂ©place jamais sans lui, il pourrait t’ĂȘtre utile et ce Ă  n’importe quelle occasion. C’est un couteau magique qui te simplifiera la vie…Je t’assure Elisa ! Prends en bien soin »

Et elle lui répondait invariablement :

« Oui, d’accord Papa c’est notĂ© ! Je le garderai bien prĂ©cieusement avec moi et je l’emmĂšnerai partout oĂč j’irais… »

Et c’est ce qu’elle avait fait aujourd’hui.
De toute façon ses parents lui avaient appris Ă  devenir une personne trĂšs prĂ©voyante et ce depuis sa plus tendre enfance alors disons que c’Ă©tait presque innĂ© chez elle de se dĂ©placer avec pas mal de choses dans son sac afin de ne rien manquer.

Et comme disait un certain proverbe : « Mieux vaut trop que pas assez ».
C’est pourquoi, mĂȘme si son guide Ă©tait chevronnĂ© dans son domaine et qu’il avait tout prĂ©vu pour ces deux jours, elle prĂ©fĂ©rait faire confiance Ă  son instinct.

Quoique pour l’instant tout allait pour le mieux ; pas le moindre nuage en vu, au sens propre comme au sens figurĂ©.
Tout s’Ă©tait parfaitement bien dĂ©roulĂ© jusqu’Ă  prĂ©sent ; alors aucune inquiĂ©tude Ă  avoir se dit Elisa en esquissant un demi-sourire.

****

AllongĂ©e sur sa serviette, sa casquette Ă  visiĂšre lui couvrant le visage ; Elisa ferma les paupiĂšres et commença Ă  s’endormir tout en Ă©coutant paisiblement le doux murmure du vent et le ressac incessant de la mer.
Et le temps s’Ă©coula, s’Ă©grena…
Elisa venait de s’assoupir et n’avait pas vu le temps passer…

Il était déjà 12H15.

****

Soudain, des petites gouttes d’eau froides lui tombĂšrent sur la jambe et le pied droit.
Oh non ! Se pourrait-il qu’il pleuve ?? Pourtant il faisait un temps si radieux !
Que c’Ă©tait dĂ©sagrĂ©able ! Si bien qu’Elisa commença Ă  se rĂ©veiller peu Ă  peu.

Elle retira sa casquette qui lui bouchait la vue puis avec effroi et stupĂ©faction vit une jeune femme qui se tenait lĂ , debout juste Ă  cĂŽtĂ© d’elle, le dos lĂ©gĂšrement courbĂ© en avant avec de longs cheveux noirs Ă©parses et dĂ©goulinants d’eau…

La jeune femme grelottait de froid ; sans doute dĂ» Ă  cause de l’humiditĂ© de ses vĂȘtements qui lui collaient Ă  la peau.
Elle avait le visage tuméfié avec un énorme bleu violacé sur le front et des traces de griffures sur la joue gauche.
Un petit filet de sang lui coulait le long de la narine droite jusqu’au menton et ses grands yeux noirs Ă©taient rougis par des larmes incessantes.

Elle portait un t-shirt blanc cassĂ©, dĂ©chirĂ© Ă  l’encolure et tĂąchĂ© d’aurĂ©oles de sang dĂ©lavĂ© au niveau du ventre. Son bermuda bleu ciel Ă©tait maculĂ© de traces de sang comme si elle s’Ă©tait essuyĂ© les mains dessus quant Ă  ses baskets, on ne distinguait plus vraiment leurs couleurs tellement elles Ă©taient sales.

Elle Ă©tait vraiment dans un piteux Ă©tat et n’arrĂȘtait pas de pleurer.
Elisa se redressa rapidement Ă  l’aide de ses coudes et se mit debout face Ă  la jeune femme puis lui demanda :

« Que vous est-il arrivĂ©e ? vous ĂȘtes blessĂ©e…qui vous a fait ça ? »

« J’Ă©tais dans la montagne lĂ -bas, avec mon mari et… »

La jeune femme renifla puis d’un revers de main essuya le petit Ă©coulement de sang qui lui sortait de sa narine droite. Les mots ne sortaient plus de sa bouche et elle semblait tĂ©tanisĂ©e alors Elisa s’approcha davantage d’elle et lui pressa gentiment l’Ă©paule pour l’encourager Ă  parler.

« Continuez, je vous prie…Que s’est-il passĂ© ? »

La jeune femme cessa de pleurer et dit d’une voix Ă©teinte :

« On Ă©tait dans cette forĂȘt lĂ -bas… »

Elle désigna du doigt une étendue de verdure luxuriante qui se trouvait au loin, juste aprÚs la plage.

« J’Ă©tais en train de prĂ©parer des sandwichs. On se trouvait prĂšs de notre cabane. Mon mari discutait avec notre Guide Batisto et je coupai du pain. Soudain, j’ai vu un homme qui venait vers nous. Il Ă©tait sorti de nulle part et il avait l’air trĂšs menaçant. J’ai criĂ© trĂšs fort pour avertir mon mari et Batisto mais subitement je ne sais pas pourquoi notre Guide s’en ait pris Ă  mon mari. Il le battait tellement fort qu’il s’est retrouvĂ© par terre. Batisto n’arrĂȘtait pas de lui taper dessus sans fin. Oh mon Dieu ! mon pauvre mari ! Je le voyais qu’il souffrait mais j’Ă©tais impuissante, incapable de l’aider. J’Ă©tais terrifiĂ©e. Subitement, l’autre homme s’est retrouvĂ© prĂšs de moi. Je ne l’avais pas vu venir car j’Ă©tais prĂ©occupĂ©e par mon mari. J’ai tentĂ© de m’enfuir mais il m’a rattrapĂ©. Ensuite, il n’a pas arrĂȘtĂ© de me battre ; il me donnait de violent coups sur tout le corps mais le pire fut lorsqu’il me donna un violent coup de poing au front. Je pense que j’ai dĂ» m’Ă©vanouir car je ne me souviens plus de rien. je ne sais plus ce qui s’est passĂ© en ce qui concerne mon mari. Et je…. »

La jeune femme s’arrĂȘta de parler. Des larmes lui coulaient Ă  nouveau le long de ses joues et tout son corps Ă©tait secouĂ© de tremblements tellement elle devait avoir froid mais malgrĂ© le choc qu’elle avait subi, elle continua son histoire :

« Lorsque j’ai repris connaissance et que je me suis relevĂ©, j’ai vu Ă  nouveau cet inconnu qui m’avait frappĂ©. Il riait avec notre Guide mais par contre je ne voyais plus nulle part mon mari. J’avais trĂšs mal Ă  la tĂȘte. Je titubais puis Ă  un moment donnĂ© j’ai vu par terre mon couteau de cuisine alors je m’en suis vite emparĂ© et je l’ai cachĂ© derriĂšre mon dos. C’est alors que Batisto s’est avancĂ© vers moi. Il n’arrĂȘtait pas de rire puis il m’a dit qu’il avait tuĂ© mon mari et qu’il avait adorĂ© lui faire du mal. Il me disait que mon Mari avait criĂ© comme une gonzesse. Ce sont ses propres mots. Cette ordure me dĂ©bitait ça avec le plus grand mĂ©pris alors comme j’avais beaucoup de haine Ă  ce moment lĂ  et qu’il se rapprochait de plus en plus de moi, je n’ai pas hĂ©sitĂ©, je me suis jetĂ©e sur lui et je lui ai enfoncĂ© le couteau dans le ventre, au plus profond que j’ai pu puis je l’ai vite retirĂ© pour le garder avec moi. Il a criĂ© trĂšs fort et ensuite il est tombĂ© par terre. L’autre type a vu son acolyte au sol et il a couru vers moi. J’Ă©tais effrayĂ©e. J’ai tentĂ© de me sauver mais il a finit par me rattraper et il m’a donnĂ© une grande gifle. J’avais trĂšs mal mais je ne sais comment et par quel miracle j’ai rĂ©ussi Ă  lui donner un coup de pied dans les parties. C’est Ă  ce moment lĂ  que j’ai vite ramassĂ© le couteau que j’avais perdu et lorsqu’il s’est approchĂ© Ă  nouveau de moi, je le lui ai enfoncĂ© dans la poitrine. L’homme criait de rage et il m’insultait en me regardant d’un air menaçant. Puis il a retirĂ© le couteau qui Ă©tait toujours plantĂ© dans sa poitrine et l’a jetĂ© par terre. Il y avait une grosse tĂąche de sang sur son t-shirt. Je me souviens ensuite qu’il m’avait menacĂ© en me disant qu’il reviendrait me tuer puis il a couru et a disparu dans la forĂȘt. Depuis, je ne l’ai plus jamais revu. Je ne sais pas ce qu’il est devenu mais j’aurais voulu qu’il meurt … »

Elisa en avait la chair de poule. Ce que venait de vivre cette jeune femme Ă©tait insoutenable.

« Mon Dieu ! Mais c’est terrible ce que vous venez de vivre ! C’est inimaginable ! Je suis vraiment dĂ©solĂ©e. Et qu’est devenu votre Mari ? Et ce guide qui l’avait battu ? »

La jeune femme continua son histoire :

« Lorsque cet homme qui m’avait frappĂ© s’est sauvĂ©, j’ai essayĂ© de rechercher Batisto car je ne le voyais plus nulle part alors je suis allĂ©e vers la chute d’eau qui se trouve Ă  quelques mĂštres des deux cabanes. C’est lĂ  que je l’ai revu. Il rampait tout prĂšs du bassin de la cascade. Je l’ai vu se redresser et marcher avec difficultĂ© vers l’avant de la forĂȘt ; il voulait sans doute s’enfuir lui aussi comme l’avait fait son acolyte, alors sans hĂ©siter, je me suis prĂ©cipitĂ© vers lui et je l’ai violemment poussĂ© dans le bassin. Il est tombĂ© dedans et lorsque je me suis rapprochĂ©, j’ai vu qu’il se dĂ©battait dans l’eau pendant un certain temps puis plus rien. J’ai constatĂ© alors qu’il Ă©tait mort. »

Elisa n’en revenait toujours pas. Quelle Ă©pouvantable histoire !!

« Et donc ce Batisto s’est noyĂ© dans ce bassin. Mais en ce qui concerne votre mari ? qu’est-il devenu ? »

« Mon mari est mort et je… »

« Mon Dieu ! ce n’est pas possible ! Mais oĂč l’avez-vous retrouvĂ© ? » dit Elisa totalement affarĂ©e.

« Je l’ai cherchĂ© partout et j’ai fini par tomber sur une de ses baskets que j’ai trouvĂ© Ă  cĂŽtĂ© d’un ravin, pas trĂšs loin de notre cabane. C’est lĂ  que j’ai revu mon mari au fond de ce prĂ©cipice. Il y avait plein de sang autour de lui…
« Mon Dieu ! mais c’est abominable ! Je suis tellement dĂ©solĂ©e que vous ayez perdu votre mari… »

Elisa Ă©tait abasourdie par ce qu’elle venait d’entendre. Elle commençait Ă  avoir de plus en plus peur mais elle ne pouvait pas se permettre de perdre son sang-froid face Ă  cette jeune femme qui Ă©tait en Ă©tat de choc et de dĂ©tresse. Alors elle se ressaisit et lui demanda :

« Comment vous appelez-vous ? »

« Tamara »

« Moi c’est Elisa. Encore dĂ©solĂ©e Tamara de vous rencontrer ainsi, en de telles circonstances. C’est si triste pour votre mari. Vous Ă©tiez ici en excursion ? »

« Oui, mon mari Juanes et moi Ă©tions venus ici pour notre voyage de noces. Je ne comprends pas pourquoi il y a eu tout ça. J’ai tout perdu Ă  cause de ces deux hommes. Ces monstres… »

Elisa n’avait plus de mots et ne savait comment consoler la jeune femme qui avait tellement subi alors elle fouilla dans son sac de plage et en sorti une petite serviette qu’elle tendit Ă  la jeune femme.

« Tenez, vous devriez vous essuyer. Vous ĂȘtes trempĂ©e. Vous devez avoir froid. J’ai aussi des vĂȘtements de rechange. Vous devriez retirer les vĂŽtres et enfiler ceci. Je pense qu’elle vous ira »

« Merci. C’est vrai que j’ai froid… »

La jeune femme s’exĂ©cuta. Elle retira son t-shirt tĂąchĂ© de sang ainsi que son bermuda qu’elle jeta en boule, Ă  ses pieds. Elle Ă©tait en petite tenue mais ne semblait pas trop ĂȘtre gĂȘnĂ©e devant Elisa. Elle commença Ă  s’essuyer frĂ©nĂ©tiquement le corps puis les cheveux.

En la regardant faire, Elisa remarqua qu’elle avait quelques bleus au niveau de la poitrine et des Ă©paules. Ces individus avaient dĂ» beaucoup la brutaliser d’oĂč l’apparition de ces marques. Cette femme avait vraiment beaucoup souffert mais elle avait rĂ©ussi Ă  se dĂ©fendre face Ă  ces deux tortionnaires et Elisa trouvait qu’elle avait eu beaucoup de cran et de courage pour se sortir de cet enfer.

Lorsque Tamara eut terminé de se sécher, elle enfila la tunique en voile imprimée de couleur fushia qui ressemblait à celle que portait Elisa à la seule différence du coloris.
En les voyant habillĂ©es ainsi, on aurait dit deux soeurs jumelles Ă  part que l’une Ă©tait blonde Ă  la peau claire et l’autre brune Ă  la peau ambrĂ©e.

« Vous ĂȘtes plus au sec ainsi et la tunique vous va bien » lui dit Elisa. Elle s’approcha de Tamara et lui toucha doucement le front.

« Est-ce que c’est encore douloureux ? »

« Un peu, mais ça va. Et je me sens beaucoup mieux dans ce vĂȘtement. Merci beaucoup Elisa »

« De rien. Et votre nez ? J’ai vu que vous saigniez tout Ă  l’heure… »

« Non, ce n’est rien. J’ai parfois des saignements de nez et ce depuis mon enfance mais ça n’a rien Ă  voir avec ces sales brutes. Mais ça va maintenant, je ne saigne plus du tout »

« Alors je suis rassurĂ©e »

Elisa avait remarquĂ© que les cheveux de Tamara Ă©taient trĂšs emmĂȘlĂ©s alors elle lui proposa son peigne Ă  larges dents pour les discipliner.

« Auriez-vous aussi un Ă©lastique pour que je puisse les attacher ? Je ne les supporte plus comme ça » demanda Tamara, tout en coiffant sa longue chevelure Ă©bĂšne.

« Oui, biensĂ»r »

Elisa fouilla dans sa trousse de toilette et en sorti un chouchou en velours noir.

« Tenez, c’est un chouchou. Je n’ai pas d’Ă©lastique »

« Ă§a ira trĂšs bien. Merci Elisa »

Tamara Ă©tait en train de nouer ses cheveux en une haute queue de cheval. CoiffĂ©e ainsi, elle Ă©tait complĂštement diffĂ©rente. Cela lui donnait un air dynamique et encore plus combatif que jamais, prĂȘte Ă  affronter n’importe quel adversaire. Du moins, c’est l’apparence que lui donnait cette nouvelle coiffure. En l’observant dans les dĂ©tails, Elisa avait encore une question qui lui brĂ»lait les lĂšvres ; un Ă©lĂ©ment qu’elle n’arrivait pas Ă  comprendre, alors elle se lança :

« Je me posais une question Tamara… »

« Oui, allez-y »

« Pourquoi Ă©tiez-vous toute trempĂ©e lorsque vous ĂȘtes venue vers moi ? »

« Heu…Oui c’est vrai, j’ai oubliĂ© de vous dire. Lorsque j’ai vu mon mari en bas dans le prĂ©cipice avec tout ce sang autour de lui, je ne pouvais plus supporter d’avoir le sang de ces sales types sur les mains alors j’ai dĂ©cidĂ© d’aller me les laver Ă  la cascade. En marchant, j’ai aperçu mon couteau de cuisine par terre qui Ă©tait plein de sang alors je l’ai ramassĂ© puis je me suis dirigĂ© Ă  la source de la cascade. Je me suis d’abord lavĂ© les mains puis j’ai commencĂ© Ă  rincer la lame du couteau. Mais c’est Ă  ce moment lĂ  que je n’ai pas fait attention et que j’ai glissĂ©. J’ai perdu l’Ă©quilibre et je suis tombĂ©e dans le bassin oĂč se trouvait le cadavre de cette ordure de Batisto. Heureusement, j’ai rĂ©ussi Ă  me sortir de lĂ  tant bien que mal car le bassin est trĂšs profond. J’Ă©tais entiĂšrement mouillĂ©e et je venais de perdre mon couteau alors j’ai voulu quitter cet endroit de malheur au plus vite. Au cours de mon trajet pour retourner Ă  la plage, j’avais beaucoup transpirĂ© et je me sentais toute poisseuse et sale, alors lorsque je me suis retrouvĂ© face Ă  la mer, j’ai vite retirĂ© mes baskets et sans rĂ©flĂ©chir je me suis jetĂ© Ă  l’eau. Je voulais me laver de toute cette crasse. Et c’est vrai qu’Ă  un moment donnĂ©, lorsque je nageais sous l’eau, j’ai repensĂ© Ă  mon mari. J’Ă©tais Ă  nouveau bouleversĂ©e et trĂšs en colĂšre. Alors j’ai voulu mourir…mais… »

Les yeux de Tamara Ă©taient embuĂ©s de larmes qu’elle ne pouvait rĂ©frĂ©ner. Emue par ce qu’elle venait de lui rĂ©vĂ©ler, Elisa eut un geste de tendresse envers elle. Elle lui prit les mains et les enserra tout doucement dans les siennes puis constatant qu’elle ne portait pas d’alliance, elle ne pu s’empĂȘcher de lui dire :

« Je viens de remarquer que vous ne portez pas d’alliance Ă  votre doigt ? »

Tamara regarda un instant sa main gauche qui Ă©tait effectivement dĂ©nudĂ©e. Elle resta un instant sans voix comme si elle se sentait fautive puis se remit Ă  pleurer si bien qu’Elisa regrettait dĂ©jĂ  de lui avoir posĂ© cette question.

« Vous allez trouver ça complĂštement idiot de ma part mais je vous assure que c’est la vĂ©ritĂ©. Lorsque je prends ma douche, j’ai pour habitude de retirer ma bague pour ne pas l’abĂźmer. Mais cette fois-çi j’ai dĂ» oublier de la remettre Ă  mon doigt. La bague est donc restĂ©e chez nous dans notre maison Ă  AntinĂ©a. BiensĂ»r lorsque mon mari et moi sommes venus Ă  Diamond, je m’en suis aperçu mais c’Ă©tait dĂ©jĂ  trop tard. Vous pensez que c’Ă©tait un mauvais prĂ©sage ? C’est vrai maintenant que j’y pense. Comment ai-je pu oublier mon alliance… » dit-elle les yeux noyĂ©s de larmes.

« Non, Tamara. Ne vous mĂ©prenez pas. Si je vous ai posĂ© cette question, ce n’est pas pour vous accabler. Vous ne devez pas vous sentir coupable par rapport Ă  cette bague, cela n’a rien Ă  voir du tout ! C’Ă©tait juste un oubli. Rien de plus. Ce n’Ă©tait en aucun cas un mauvais prĂ©sage comme vous venez de le dire. Non, rien de cela. Et puis, vous ne pouviez pas prĂ©voir ce qui allait se passer sur cette Ăźle »

« Je ne sais pas mais tout ce que je sais, c’est que j’ai perdu mon mari… »

« Oui et c’est vraiment tragique ce que vous avez vĂ©cu mais je vous en prie Tamara, chassez de votre esprit cette histoire de mauvais prĂ©sage. Vous n’y ĂȘtes absolument pour rien. Et moi, je suis lĂ  avec vous. Et je voulais vous dire aussi que lorsque vous m’avez racontĂ© tout Ă  l’heure que vous vouliez vous suicider, eh bien, j’ai Ă©tĂ© trĂšs Ă©mue d’apprendre cela. Je suis sincĂšre Tamara. Et sachez une chose, votre mari n’aurait jamais voulu que vous fassiez ce geste. Vous ĂȘtes en vie et c’est tout ce qui compte. Vous m’avez entendu ? Vous ĂȘtes une personne trĂšs forte. Et vous avez tout mon soutien »

« Merci Elisa. Vous ĂȘtes si gentille avec moi. Mais vous savez, c’est grĂące Ă  vous si je ne suis pas passĂ©e Ă  l’acte »

« GrĂące Ă  moi ? »

« Oui, grĂące Ă  vous. Lorsque je nageais sous l’eau et que je suis remontĂ©e Ă  la surface pour reprendre une derniĂšre fois mon souffle, j’ai remarquĂ© au loin une petite tĂąche bleue sur la plage. Je n’en croyais pas mes yeux alors je suis vite sortie de l’eau, j’ai enfilĂ© mes baskets et j’ai couru sans m’arrĂȘter vers cette tĂąche. Puis au fur et Ă  mesure que je m’en rapprochai, j’ai constatĂ© que c’Ă©tait bien une personne qui Ă©tait allongĂ©e sur une serviette. Et Ă  partir de ce moment lĂ , vous ne pouvez pas savoir Ă  quel point ce fut une vĂ©ritable dĂ©livrance pour moi lorsque je suis tombĂ©e sur vous et qui plus est une femme. Je n’aurais sans doute pas eu confiance si j’Ă©tais tombĂ©e sur un homme. C’est pourquoi je tenais Ă  vous remercier Elisa. Encore merci d’ĂȘtre lĂ  et de me soutenir »

« Mais c’est tout Ă  fait normal Tamara. Et je vous soutiendrai encore jusqu’au bout »

****

Elisa jeta un bref coup d’oeil Ă  sa montre. Il Ă©tait dĂ©jĂ  13H20.

Les sourcils froncĂ©s, elle regarda au loin l’imposante montagne qui se dressait juste aprĂšs la plage puis avec une certaine anxiĂ©tĂ© dans la voix, s’empressa de dire Ă  Tamara :

« Je voulais vous demander. En ce qui concerne l’homme qui s’est enfui. Il pourrait revenir ici pour nous faire du mal ? Il doit sans doute nous Ă©pier au moment mĂȘme oĂč nous parlons. Vous ne pensez pas ? Et si jamais il vous avez suivi ? »

« Non, il ne m’a pas suivi et j’en suis certaine car je n’ai eu de cesse de regarder autour de moi avant de venir sur cette plage »

Pourtant, il y avait quelque-chose qui clochait se dit Elisa dans son for intĂ©rieur. Une chose qui la tracassait encore. Mais quoi donc ? Soudain elle fut prise de panique. Elle l’avait complĂštement oubliĂ©. C’Ă©tait son Guide Philippo. Mais qu’Ă©tait-il devenu depuis tout ce temps ??

Avec affolement, elle fit part de son inquiétude à Tamara et sans plus attendre commença à lui raconter le début de son histoire :
« Moi aussi j’Ă©tais en excursion sur cette Ăźle. Mais avant de me retrouver ici Ă  Diamond, j’Ă©tais en catamaran avec mon Guide.

C’est lui qui naviguait le bateau et au cours de notre pĂ©riple, on avait fait de la plongĂ©e sous-marine ensemble. Ensuite on a dĂ©barquĂ© sur cette plage, il a amarrĂ© le bateau puis il m’a dit que je pouvais aller me promener un peu plus loin si je le souhaitai pendant qu’il dĂ©chargerait nos affaires. Je me suis donc baladĂ© puis j’ai dĂ©cidĂ© de m’allonger un peu en l’attendant. Je me suis endormie et vous ĂȘtes apparu. Et depuis notre rencontre, je n’ai plus jamais revu mon Guide qui s’appelle Philippo…Je me dema.. »

Soudain Tamara lui coupa la parole.

« Vous dĂźtes qu’il s’appelait Philippo ? Ce prĂ©nom me dit vaguement quelque-chose. C’est encore flou mais il me semble que j’ai entendu ce prĂ©nom lorsque j’Ă©tais Ă©vanouie. J’entendais des bribes de voix. Oui, j’en suis certaine maintenant. Je me souviens de ce prĂ©nom… »

Elisa n’osait y croire. L’idĂ©e mĂȘme de penser que Philippo pouvait avoir un lien avec toute cette sordide histoire lui fit dresser les cheveux sur la tĂȘte. Pour en avoir le coeur net elle posa la question cruciale qui Ă©clairerait enfin sa lanterne :

« Vous souvenez-vous des vĂȘtements que cet homme portait ? »

« oui, je m’en souviens clairement » s’empressa de dire Tamara. « Il portait un t-shirt jaune avec une inscription dessus. Attendez, ça va me revenir. Oui voilĂ , c’Ă©tait Ă©crit : Black and White »

Mon Dieu ! c’Ă©tait donc son Guide Philippo. Elle n’en croyait toujours pas ses oreilles et pourtant c’Ă©tait bien lui. Il n’y avait plus aucun doute lĂ -dessus. Elisa en avait la nausĂ©e.

« C’est bien lui » dit-elle avec dĂ©goĂ»t. « C’est mon Guide. Il portait effectivement un t-shirt de cette couleur avec l’inscription que vous venez de mentionner : Black and White. Mon Dieu, et dire que j’avais fait de la plongĂ©e avec lui. Il semblait si gentil. C’est totalement insensĂ© ! Mais pourquoi aurait-il fait tout ça ? »

« Je ne sais pas. Mais en tous cas, il avait l’air de bien connaĂźtre notre guide Batisto. Je me rappelle encore de leurs satanĂ©s rires !! Moi aussi je n’aurais jamais cru que notre Guide nous aurait fait du mal. Et comme vous dĂźtes, lui aussi il paraissait ĂȘtre trĂšs gentil. Les apparences sont parfois trompeuses. On croit connaĂźtre une personne mais c’est tout l’inverse et j’en sais quelque-chose. A cause de ces deux hommes, j’ai tout perdu. Finalement, mon mari et moi n’aurions jamais dĂ» venir sur cette fichue Ăźle de malheur. Il serait encore en vie maintenant. Je regrette tellement qu’on soit venus ici ! »

« Vous avez raison Tamara. A cause d’eux, vous avez perdu votre mari. C’est tellement horrible ce que vous avez vĂ©cu ! Qu’allons nous faire maintenant ? On se retrouve toutes les deux seules sur cette Ăźle perdue. Qu’allons-nous devenir ? Qui va venir nous sortir de lĂ  ? »

« Je ne sais pas Elisa mais on va tout faire pour pouvoir s’en sortir. Et puis heureusement nous sommes deux »

« Oui, c’est vrai mais ce n’est pas rassurant avec ce sale type qui est dans les parages. J’ai quand mĂȘme peur. Vous auriez un plan en tĂȘte pour se sortir de cette galĂšre ? »

« Oui j’ai un plan qui pourrait ĂȘtre possible. DĂźtes-moi, quelle heure est-il ? »

Elisa regarda sa montre. Et dire qu’en venant sur cette Ăźle, elle se disait qu’elle oublierait les heures qui passent ; eh bien ce n’Ă©tait plus le cas Ă  prĂ©sent, au contraire le temps Ă©tait comptĂ© plus que jamais…

« Il est exactement 14H00 »

« Il faudrait quitter cet endroit au plus vite » dit Tamara.

« Mais pour aller oĂč ? »

Tamara regarda la forĂȘt luxuriante qui Ă©tait Ă  environ 3 kilomĂštres de lĂ  oĂč elles se trouvaient puis elle dit :

« Je pense qu’on devrait aller lĂ -bas dans la forĂȘt. Ici on est trop en vue. Et la nuit va vite tomber. En haut de cette montagne, il y a deux cabanes qui se trouvent l’une Ă  cĂŽtĂ© de l’autre. La deuxiĂšme qui Ă©tait juste derriĂšre la premiĂšre Ă©tait fermĂ©e Ă  clef car elle Ă©tait inoccupĂ©e. Mon mari et moi dormions dans la premiĂšre cabane. Ces cabanes sont des sortes de refuge pour les rares touristes qui sĂ©journent ici. On pourrait vous et moi, s’enfermer Ă  clef dans la cabane que je connais. Je me souviens que la porte d’entrĂ©e Ă©tait restĂ©e entrouverte avant que les deux hommes nous attaquent mon mari et moi. Je le sais car j’Ă©tais en train de prĂ©parer des sandwichs et que je faisais des allĂ©es et venues entre la cabane et l’extĂ©rieur. Moi, je ne vois que cette solution pour nous protĂ©ger de cet homme »

« Mais oĂč se trouve cette clef pour pouvoir s’enfermer dans cette cabane ? »

« Lorsque mon mari et moi dormions dans la cabane, nous nous y enfermions Ă  clef pendant que Batisto de son cĂŽtĂ© dormait sous sa tente Ă  quelques mĂštres de nous. Je me rappelle que tous les matins, il avait pour habitude de nous rĂ©clamer Ă  chaque fois la clef de notre cabane et j’avais remarquĂ© qu’il la rangeait toujours dans l’une des poches extĂ©rieures de son sac Ă  dos. Et quand votre guide nous avait agressĂ©, le sac se trouvait Ă  l’intĂ©rieur de notre cabane. Il Ă©tait posĂ© sur la table Ă  manger. Et je suis certaine qu’il doit toujours y ĂȘtre. Il faudrait absolument mettre la main dessus et rĂ©cupĂ©rer la fameuse clef. Et Ă  ce moment lĂ , on serait sauvĂ©es vous et moi ! Du moins, on serait beaucoup plus en sĂ©curitĂ© qu’Ă  l’extĂ©rieur. Je ne vois que cette solution pour l’instant. Ensuite, on verra bien ce qu’on pourra faire pour la suite des Ă©vĂšnements »

« Mais, vous oubliez un dĂ©tail Tamara ? Et si jamais ce Philippo Ă©tait revenu sur ses pas pendant que vous ĂȘtes venue sur cette plage ? Il pourrait alors se trouver dans cette cabane et avoir la fameuse clef avec lui ! C’est vraiment trop dangereux et risquĂ© d’aller lĂ -bas ! »

« Oui c’est vrai que c’est risquĂ© ! Mais nous n’avons pas le choix ! On ne peut pas rester ici indĂ©finiment. Personne ne viendra nous chercher. Mon mari et moi avions optĂ© pour 4 jours d’excursion Ă  Diamond et depuis notre arrivĂ©e ici, nous n’y avons dormi que 2 nuits. Alors vous comprendrez que dans l’immĂ©diat, personne ne viendra s’inquiĂ©ter de notre sort. Et en ce qui vous concerne, c’est pareil puisque vous venez Ă  peine de dĂ©barquer aujourd’hui sur cette Ăźle. Rappelez-moi Elisa, vous deviez sĂ©journer ici durant combien de jours ? »

« 2 jours et 1 nuit » dit-elle avec amertume.

« Vous voyez bien ! Personne ne viendra nous sauver avant ! Croyez-moi Elisa, il faut absolument rejoindre cette cabane si on veut s’en sortir ! »

Elisa constata avec effroi, qu’effectivement personne ne viendrait les secourir tant que ces jours d’excursions n’auraient pas Ă©tĂ© Ă©coulĂ©s. Et donc cette nuit promettait d’ĂȘtre longue et angoissante…

« Qu’en pensez-vous Elisa ? Il faut se dĂ©cider maintenant. Le temps est comptĂ© ! »

« Vous avez sans doute raison mais c’est effrayant de savoir que ce type est toujours lĂ  quelque part… »

« Oui, c’est vrai. Mais il est blessĂ© Ă  la poitrine et il perdait dĂ©jĂ  beaucoup de sang lorsque je l’ai vu s’enfuir. Il est donc en Ă©tat de faiblesse. Et n’oubliez pas, nous sommes deux ! On a un avantage sur lui ! on pourra mieux se dĂ©fendre si jamais ça tournait mal »

Elisa Ă©tait tout de mĂȘme perplexe mais ce que disait Tamara n’Ă©tait pas dĂ©nuĂ© de sens, bien au contraire. En effet, comme elle venait de le souligner Ă  l’instant, Philippo Ă©tait blessĂ© mais elle ne savait pas pourquoi, elle avait tout de mĂȘme peur de devoir s’aventurer dans cette forĂȘt.

« Et si on tentait d’aller plutĂŽt lĂ  oĂč le catamaran est amarrĂ© ? » dit-elle.

« Surtout pas ! et pour y faire quoi ? Il pourrait mĂȘme dĂ©jĂ  y ĂȘtre pendant que nous discutons. De plus on n’y serait pas Ă  l’abri vous et moi. Il faut au contraire partir d’ici et se diriger vers la cabane oĂč l’on pourrait s’y enfermer Ă  clef. On y serait beaucoup plus en sĂ©curitĂ©. Je vous assure. Et comme je vous l’ai dĂ©jĂ  dit, je connais bien l’endroit »

« D’accord, vous devez sans doute avoir raison. Il vaut mieux s’en tenir Ă  votre plan. Je pense effectivement qu’on serait beaucoup plus en sĂ©curitĂ© Ă  l’intĂ©rieur de la cabane »

« Oui, je le pense aussi. Il vaut mieux se dĂ©pĂȘcher Elisa car la nuit tombe vite ici. Ne perdons plus un instant. Allons-y »

Sur les conseils de Tamara, Elisa Ă©changea sa paire de tongues par ses tennis puis ramassa le reste de ses affaires qu’elle rangea Ă  l’intĂ©rieur de son sac de plage. Elle Ă©tait fin prĂȘte mais elle avait peur. Pourtant, il fallait bien qu’elle fasse confiance Ă  Tamara qui avait l’air d’ĂȘtre une personne combative et trĂšs dĂ©terminĂ©e. Ce qui Ă©tait rassurant en un sens mais voilĂ  elle doutait encore et ne pouvait s’empĂȘcher d’avoir de l’apprĂ©hension.

****

Et voici que les deux jeunes femmes couraient vers la grande Ă©tendue de forĂȘt verdoyante qui se trouvait droit devant elles.

Tamara avait prĂ©venu Elisa que la cabane se trouvait tout de mĂȘme assez loin et qu’il faudrait accĂ©lĂ©rer le pas afin de ne pas se faire prendre par la nuit.
Et c’est ce qu’elles faisaient Ă  cet instant lĂ . Courir sans s’arrĂȘter.

****

Enfin arrivĂ©es Ă  l’orĂ©e de la forĂȘt, toutes deux s’immobilisĂšrent.

Elles Ă©taient essoufflĂ©es par leur course alors avant de continuer leur chemin, Elisa proposa Ă  Tamara de boire un peu d’eau afin de reprendre des forces.
Une fois aprĂšs avoir Ă©tanchĂ© leur soif, elles Ă©taient prĂȘtes Ă  se remettre en route.

« Allons-y Elisa !! et surtout faites attention oĂč vous mettrez les pieds. C’est assez caillouteux par certains endroits… »

« OK. Merci Tamara. Je ferai attention »

**** 

DĂ©couverte de Conakry

Arrivée à Conakry :
Lorsque nous nous retrouvĂąmes moi et ma famille Ă  l’intĂ©rieur de l’aĂ©roport de Conakry ; mon pĂšre cherchait des yeux notre chauffeur de voiture qui s’appelle « Momo »…

Petite parenthĂšse :
Auparavent, mon pĂšre avait dĂ©jĂ  effectuĂ© une pĂ©riode de travail (pĂ©riode d’essai de 4 mois) en tant que contrĂŽleur de gestion dans la sociĂ©tĂ© « SOGUICOM » (une sociĂ©tĂ© commerciale de transport qui Ă©tait chargĂ©e de fret aĂ©rien et de fret maritime) et c’est pourquoi il connaissait dĂ©jĂ  assez bien la ville de Conakry et ses alentours (restaurants, hĂŽtels, ect…)

Durant sa pĂ©riode d’essai, mon pĂšre habitait donc dans une maison de fonction situĂ©e en plein centre-ville de Conakry…
Dans cette maison, mon pĂšre avait du personnel dont notamment : – un cuisinier et un « boy » (un boy dĂ©signe en Afrique francophone, tout employĂ© salariĂ© de maison) et en ce qui concerne l’extĂ©rieur de celle-çi, il avait Ă©galement : 1 chauffeur de voiture, 1 gardien de jour et 1 gardien de nuit…

DĂ©couverte de Conakry :
Parmi la foule qui se trouvait Ă  l’intĂ©rieur de l’aĂ©roport ; mon pĂšre cherchait des yeux notre chauffeur « Momo »….
Puis soudain mon pĂšre s’Ă©cria en dĂ©signant une personne qui se tenait prĂšs de la porte de sortie de l’aĂ©roport : « Voici, notre chauffeur, vite allons vers lui… »
Nous allĂąmes donc vers « Momo » qui venait de nous aperçevoir et qui nous souriait au loin…
Mon pĂšre dit : « Bonjour Momo, tu vas bien ? Nous venons Ă  peine d’arriver…C’est bien que tu sois dĂ©jĂ  lĂ …je te cherchai…Je te prĂ©sente ma famille ; voici mon Ă©pouse et mes enfants… »
Ma mĂšre, mon petit frĂšre et moi le saluĂšrent puis Momo nous dit : « Bienvenue Ă  vous et bienvenue Ă  Conakry…Je suis content de connaĂźtre la petite famille de Monsieur et j’espĂšre que vous vous plairez dans notre pays, en GuinĂ©e… »
Puis aprĂšs ces paroles chaleureuses, Momo nous aida Ă  ranger nos valises ainsi que nos bagages Ă  main dans le coffre de notre voiture puis nous commençùmes Ă  entreprendre notre trajet direction notre maison de fonction…
Durant le trajet, je ne cessai de regarder tous ces beaux paysages que je n’avais jamais encore vu…
Nous Ă©tions en pĂ©riode de saison des pluies ; et le temps Ă©tait trĂšs nuageux ; ce qui rendait encore plus belle toute cette atmosphĂšre africaine…

arton70
On aurait dit un magifique tableau enchanteur !!!
Puis Ă  un moment donnĂ©, ma mĂšre aperçu au bord de la route, des Ă©talages de fruits et de lĂ©gumes qui Ă©taient disposĂ©s sur de grandes nattes Ă  mĂȘme le sol, tels que : Mangues, ananas, goyaves, papailles, bananes, ect…
Ma mĂšre s’Ă©cria : « Regardez les enfants ; vous avez vu les mangues, les avocats ? et regardez, il y a mĂȘme des maĂźs grillĂ©s ; hum, les bons maĂźs grillĂ©s… »
C’est alors que Momo lui rĂ©pondit : « Ah oui Madame, je vois que vous connaissez bien. Monsieur m’a dit que vous Ă©tiez nĂ©e Ă  l’Ă©tranger… Ici, en GuinĂ©e, il y a beaucoup de marchands sur le bord des routes, qui vendent souvent des maĂźs grillĂ©s et toutes sortes de fruits… »
Maman lui dit : « Eh oui…effectivement, je connais bien car je suis nĂ©e Ă  Madagascar. Momo, ton pays est vraiment trĂšs beau et de plus quand je vois tous ces fruits et lĂ©gumes exotiques ; ça me rappelle vraiment mon pays natal.
Momo, tu pourrais t’arrĂȘter ici, s’il te plaĂźt ; j’aimerai acheter quelques maĂźs grillĂ©s pour les faire goĂ»ter aux enfants… »
Momo dit : « Mais biensĂ»r Madame, pas de problĂšme ; j’allais vous le proposer… »

img_7632
Une fois la voiture arrĂȘtĂ©e devant l’Ă©talage de maĂźs grillĂ©s ; ma mĂšre ouvrit sa portiĂšre et une marchande GuinĂ©enne vint Ă  elle en lui disant : « Bonjour Madame, tu veux maĂźs grillĂ©s ? Tu veux combien ? j’ai d’autres fruits aussi si tu veux…C’est pas cher… »
Ma mĂšre dit Ă  la marchande : « Je voudrais juste 3 maĂźs grillĂ©s, s’il te plaĂźt… » puis la marchande enroula alors dans du papier journal, 3 maĂźs grillĂ©s et les tendit Ă  ma mĂšre avec un large sourire.
Puis ma mĂšre rĂ©gla la marchande en lui donnant les premiers billets de banque GuinĂ©en, (le franc CFA) qu’elle dĂ©couvrait pour la premiĂšre fois…
Une fois aprĂšs avoir achetĂ© les maĂźs ; Maman nous les donna et nous continuĂąmes Ă  nouveau notre trajet vers notre maison ; direction Madina Corniche, tout en mangeant tranquillement nos fameux maĂźs qui Ă©taient vraiment trĂšs bons…
Notre maison située à Madina Corniche :

Conakry24122008
ArrivĂ©s devant le haut portail de notre maison, Momo klaxonna 3 fois (c’Ă©tait un code pour le gardien) et le gardien de jour nous ouvrit…
Une fois la voiture garĂ©e dans l’allĂ©e ; mon pĂšre nous prĂ©senta le gardien de jour qui s’appellait « Bah » et qui avait l’air trĂšs sympathique…
Puis nous entreprĂźmes enfin de faire le tour du propriĂ©taire…
C’Ă©tait vraiment une maison magnifique et n’en parlons pas du jardin qui se trouvait en bordure de mer…
D’ailleurs, de lĂ  ou je me trouvais, je pouvais entendre le ressac…
Le jardin Ă©tait clĂŽturĂ© par de hauts murs infranchissables…
En effet, par dessus ces murs, on pouvait aperçevoir des rangĂ©es de verres de bouteilles incrustĂ©s Ă  mĂȘme le ciment afin de pouvoir dissuader les voleurs.
Le seul mur qui Ă©tait ajourĂ© et qui se trouvait ĂȘtre en façade de notre maison, donnait sur la mer…
Je dĂ©cidai alors, de m’en approcher et Ă  travers les alvĂ©oles, j’aperçu toute l’immensitĂ© de l’ocĂ©an Atlantique…
Quelle merveille !!! quel plaisir de regarder cette superbe vue et de sentir tous ces embruns…

P1000816
J’Ă©tais tout simplement sous le charme de ce magnifique spectacle et je me disais en mon fort intĂ©rieur, que j’avais Ă©normĂ©ment de chance de me retrouver ici, en famille et qui plus est dans un trĂšs beau pays tel que la GuinĂ©e…
Dans ce jardin, il y avait également, 3 immenses manguiers et une charmante gloriette qui se trouvait non loin de la véranda extérieure de notre maison.
Tout Ă©tait si beau et si parfait que j’avais l’impression de rĂȘver mais pourtant j’Ă©tais bel et bien en train de vivre ce joli rĂȘve…
AprĂšs avoir fait le tour du propriĂ©taire, nous visitĂąmes enfin l’intĂ©rieur de la maison…
Tout ce que je peux en dire en me souvenant de cette visite intĂ©rieure, c’est que je trouvai une fois de plus que tout Ă©tait parfait.
En effet, mon frĂšre et moi avions chacun notre chambre et notre salle de bain…
Alors que demander de plus ?
La chambre de mes parents se trouvait non loin de la nĂŽtre et ils avaient eux aussi leur propre salle de bain, attennante Ă  leur chambre.
Le salon Ă©tait immense et la salle Ă  manger se trouvait prĂšs de la cuisine…
La maison Ă©tait vraiment bien agencĂ©e et trĂšs agrĂ©able…
Bref tout Ă©tait parfait Ă  part quelques rĂ©novations qui Ă©taient dĂ©jĂ  prĂ©vus tels que : peinture des murs du salon et des chambres ou encore changement du carrelage de la salle Ă  manger et de la cuisine puis pose de la moquette dans les 3 chambres…
La visite de notre maison terminĂ©e, et pour nous remmettre de notre long voyage, mon pĂšre dĂ©cida de nous emmener dĂ©jeuner dans un restaurant qui Ă©tait trĂšs rĂ©putĂ© Ă  Conakry et qui s’appellait : « Chez Papy »…

Un repos bien mérité :
ArrivĂ©s au restaurant, mon pĂšre nous prĂ©senta « Papy », une figure de Conakry et qui avait la rĂ©putation de faire de la bonne cuisine…
Et je peux vous dire que cette halte au restaurant fĂ»t de trĂšs bonne augure Ă©tant donnĂ© que nous Ă©tions tous les 4 trĂšs fatiguĂ©s de notre voyage…
La cuisine Ă©tait vraiment excellente…
Je me rappelle encore de ce fameux steak Ă  cheval (un oeuf sur le plat posĂ© dessus) accompagnĂ© de savoureuses frites faĂźtes maison…
Un pur régal des papilles !!!
« Papy » mĂ©ritait vraiment sa rĂ©putation de bon cuisiner Ă  Conakry…
Et ce fĂ»t donc, le ventre bien rempli que nous quittĂąmes ce si bon restaurant, direction notre maison…
ArrivĂ©s chez nous ; Maman dĂ» nettoyer rapidement la partie de nos chambre afin que nous puissions vite nous reposer…

****

Les jours suivants dĂ©butĂšrent les premiers travaux puis ainsi de suite jusqu’Ă  ce que notre maison soit totalement habitable…
Il est vrai que lorsque les travaux furent terminĂ©s ; nous vĂ©curent, tous les 4 ; vraiment trĂšs heureux dans cette si belle et vaste maison…
J’ai gardĂ© de trĂšs bons souvenirs de notre vie passĂ©e en GuinĂ©e Ă  Conakry…