√Čtiquette : nuage

Son plus beau cadeau sur Terre ūüéĀ

Mira s’√©tait endormie dans le large fauteuil en velours si doux et si confortable qui se trouvait tout pr√®s de la grande baie vitr√©e.

√Ä travers celle-ci, on pouvait voir un immense et magnifique jardin dont la pelouse venait tout juste d’√™tre tondue il y a √† peine deux jours et qui √©tait √† pr√©sent toute imbib√©e d‚Äôeau √† cause de l’interminable pluie.

Tout était redevenu calme dehors et peu à peu les petits moineaux revenaient se poser gaiement sur les branches dénudées des grands amandiers.
En haut de leurs cimes et par certaines ramifications de leurs branchages ; on pouvait remarquer quelques nids détruits.

Il faut dire que la temp√™te avait √©t√© d’une rare violence… Elle n’avait rien √©pargn√©…

Pourtant, à voir les moineaux sautiller de branches en branches tout en piaffant entre eux ; ils ne semblaient guère rancuniers au saccage de leurs petites demeures.

Sans doute que dans leurs langages d’oiseaux, ils prévoyaient déjà d’en reconstruire de nouvelles.

Par moment, ils venaient s’abreuvoir ou encore s’amuser dans les quelques flaques d’eau un peu boueuses qui s’étaient formées tels des petits cratères dans les zones clairsemées de la pelouse.

Finalement, la pluie tant méprisée leur avait apportée de l’eau pour se désaltérer mais aussi la joie de pouvoir faire la toilette de leurs plumages.

Et c‚Äô√©tait un spectacle des plus merveilleux que celui de pouvoir les observer en train de d√©ployer leurs petites ailes et secouer avec fr√©n√©sie leurs plumes faisant alors jaillir d‚Äôinnombrables gouttelettes d‚Äôeau autour d’eux.

Les moineaux avaient enfin retrouvé leur joie de vivre comme si la tempête n’était jamais apparue…

Mais ce n’√©tait h√©las pas le cas le cas pour tout le monde‚Ķ

Au centre du jardin, à l’intérieur d’un pourtour de galets blancs ; de hauts rosiers buissons de couleur rouge-Bordeaux avaient perdu de leurs splendeurs à cause des incessantes bourrasques de vent qui sans vergogne, les avaient entièrement dépouillées de leurs si jolies et gracieuses pétales.

Elles s’étaient envolées de part et d’autre du jardin et reposaient de-ci de-là sur l’immense pelouse telles de belles endormies.

Elles avaient √©t√© arrach√©es de force √† leur m√®re nourrici√®re et ne tarderaient pas √† s‚Äôab√ģmer puis √† se fl√©trir au fil des heures.

Mais pour l’instant, leur couleur rouge si profonde offrait un contraste des plus ravissant et romantique sur la vaste pelouse verte pomme.

La rageuse tempête n’avait pas réussi à détruire la magnificence de ce lieu habituellement si charmant par temps radieux…

Les oiseaux tout comme les v√©g√©taux semblaient vouloir oublier ses terribles affres en continuant leur vie bien paisible tout en attendant avec une certaine impatience la venue de ¬ę Monsieur Soleil ¬Ľ qui les r√©chaufferait de bon cŇďur de ses ardents et lumineux rayons.

****

La pluie s‚Äô√©tait arr√™t√©e de tomber depuis d√©j√† quelques bonnes heures mais toujours pas de Monsieur soleil √† l‚Äôhorizon…

Pourtant à cet instant même, le ciel venait de changer de nuance et sa couleur si grise de tout à l’heure s’était alors transformée en un joli bleu gris parsemé de gros nuages effilochés.

Des nuages qui n’allaient pas tarder √† s’√©vaporer selon les dires de l‚Äôannonce m√©t√©orologique diffus√©e hier soir √† la t√©l√©vision.

Cependant, Monsieur Soleil se faisait encore attendre et ne daignait toujours pas pointer le bout de son nez…

Que Diable attendait-il pour faire son entrée ?

Soudain, √ī Miracle ! les premiers rayons apparurent et commenc√®rent √† traverser les vitres des deux grandes fen√™tres du salon ainsi que celle de la baie vitr√©e ; caressant au passage, la t√™te de Mira qui reposait sur l’un des accoudoirs moelleux du fauteuil.

La douce lumière s’insinua davantage à l’intérieur de la pièce, la rendant alors beaucoup plus spacieuse et conviviale.

Elle finit ensuite par se projeter avec fougue sur les jolies courbes anatomiques de Mira et s’y attarda longuement en y faisant une jolie danse d‚Äôondulation.

Elle explorait ainsi ce corps endormi en ne cessant d’y dessiner à l’infini de douces vagues tels des tatouages éphémères.

Elle aimait jouer avec les sens de Mira mais que cherchait-elle exactement ?

Mira ne le savait que trop bien et faisait semblant de ne pas comprendre…

Elle ressentait les chaudes caresses des rayons du soleil lui réchauffer le corps mais elle ne voulait pas encore lui céder… Pas tout de suite… Pas maintenant…

De son c√īt√© Mademoiselle Lumi√®re mettait du cŇďur √† l‚Äôouvrage en se faisant de plus en plus pressante et insistante‚Ķ

Elle jouait de plus belle avec Mira…

Brusquement, comme si une mouche venait de la piquer ; elle fini par se lasser de ce petit jeu et décida de terminer son incessante danse lumineuse en s’installant sur le bout de son nez ; obligeant ainsi cette dernière à ouvrir peu à peu ses grands yeux verts en amande.

La lumière fut si forte que Mira dut les plisser afin de les accoutumer à son intense luminosité…

Il faut dire que depuis pas mal d’heures déjà, il avait fait très sombre dans cette pièce.

Elle se souvenait encore des myriades de gouttelettes de pluie qui n’avaient eu de cesse de se projeter avec fracas contre les vitres des deux fen√™tres ainsi que sur celle de la baie vitr√©e lui donnant alors un l√©ger mal de t√™te suivi d’une irr√©sistible envie de dormir et de rejoindre sans plus tarder son cher fauteuil si douillet.

Mais le soleil venait à présent la déranger juste pour la réveiller alors qu’elle ; elle voulait encore et encore dormir telle une Belle au bois dormant.

¬ę Soleil ! va-t‚Äôen ! Tu aurais d√Ľ venir avant‚Ķ C‚Äôest trop tard maintenant ! Je ne veux plus sortir de mon fauteuil si doux et si moelleux‚Ķ Et puis tu as beau √™tre le ma√ģtre de l‚Äôunivers que cela n‚Äôy changerait rien alors laisse-moi tranquille ¬Ľ

Mais Mademoiselle Lumière lui chuchota à l’oreille :

¬ę Tu dois te lever Mira ! Tu as des choses √† faire. Et puis, tu as suffisamment dormi, ne trouves-tu pas petite flemmarde ? ¬Ľ

¬ę Non, non‚Ķ Pourquoi viens-tu me r√©veiller ? Va-t‚Äôen ! J‚Äô√©tais en train de faire un merveilleux r√™ve‚Ķ Oh ! Et puis tu m‚Äô√©nerves ! OK ! Tu as encore gagn√© ! ¬Ľ

Sortant enfin de sa léthargie, Mira finit par ouvrir en grand ses jolis yeux verts irisés de constellations ambrées qui se voyaient davantage avec la lumière du soleil.

Elle se leva de son fauteuil et s’√©tira longuement √† cause des courbatures qu’elle avait attrap√©es √† force d‚Äô√™tre rest√©e trop longtemps endormie dans la m√™me position.

À chaque fin de repas, elle avait pour habitude de faire une sieste.

C’√©tait pour ainsi dire, le meilleur moment de toutes ses journ√©es mais aujourd’hui, son sommeil n’avait pas √©t√© r√©parateur √† cause du vacarme de cette fichue pluie qui lui avait donn√© un terrible mal de t√™te avant de s‚Äôendormir.

Et le comble de tout, c’est que celle-ci n’avait eu de cesse de tomber depuis 11 heures du matin jusqu’√† 15H30 ; de quoi la mettre de tr√®s mauvaise humeur…

Mais fort heureusement, elle ne le resterait pas bien longtemps vu qu’elle était d’une nature toujours très gaie et optimiste.

Elle fit un long b√Ęillement √† s‚Äôen d√©faire la m√Ęchoire mais c‚Äô√©tait beaucoup plus pour exprimer son agacement que celui d‚Äôune fatigue quelconque puisqu‚Äôelle n‚Äôavait point sommeil √† cet instant-l√†.

Monsieur soleil avait osé lui envoyer une de ses fidèles servitrices pour la réveiller.

Et bien entendu, Mademoiselle Lumi√®re n’avait pas h√©sit√© la moindre seconde √† s’ex√©cuter illico presto…

Elle, toujours présente et si dévouée à son poste depuis des millions et des millions d’années devait très certainement trouver un certain plaisir non dissimulé à vouloir réveiller le monde entier.

Sa t√Ęche quotidienne d’illuminer de mille feux notre plan√®te lui tenait tant √† cŇďur qu‚Äôil ne valait mieux pas lui r√©sister‚Ķ

Et puis, de toute fa√ßon, elle avait l‚Äôart et la mani√®re de savoir se faire respecter…

C’est pourquoi Mira ne lui en voulut plus du tout et quand bien même son sommeil n’avait pas été réparateur ; eh bien, elle ferait avec…

Monsieur Soleil n‚Äôavait donc pas eu si tort que √ßa de lui envoyer sa fid√®le comp√®re pour la d√©loger de son fauteuil sinon qui d’autre l‚Äôaurait fait ?

D√©cid√©ment, ces deux-l√† √©taient tr√®s compl√©mentaires ! Et il savaient remplir leur r√īle √† la perfection : lui, de tourner autour de notre bonne vieille plan√®te terre et elle, de nous propager de ses intenses faisceaux lumineux.

Ainsi, gr√Ęce √† l‚Äô√©clat de leur rayonnement, le monde s’en trouvait heureux.

En conclusion, nous ne ferions pas grand-chose sans eux…

C’est pourquoi Mira se sentit à présent d’humeur plus guillerette et prête à affronter cette fin d’après-midi.

Elle s’étira encore tout en regardant le salon qui était devenu nettement plus lumineux ; semblant alors reprendre enfin vie.

****

Mira avait toujours aimé cette pièce qui ne manquait jamais de luminosité par temps radieux.

Par contre, par temps de pluie, le salon s’habillait alors d’une lugubre et aust√®re apparence qu’elle d√©testait au plus haut point ; lui faisant un tantinet peur et sursauter au moindre bruit.

Elle avait toujours eu une sainte horreur de la pluie et ce, depuis sa plus tendre enfance !

Mira s’√©tira une derni√®re fois puis regarda par la baie vitr√©e l’immense pelouse qui √©tait toujours autant imbib√©e d’eau.

Elle leva les yeux au ciel et constata qu’il avait pris une jolie teinte d’un bleu limpide, sans le moindre nuages.

¬ę Quel bien joli ciel ! ¬Ľ se dit-elle en ne se lassant pas de l’admirer.

Le fameux proverbe : ¬ę Apr√®s la pluie vient le beau temps ¬Ľ √©tait bien vrai.

La preuve était devant ses yeux ébahis.

Elle l‚Äôadmira encore quelques instants puis d√©cida de s’extirper avec h√Ęte de son fauteuil. Elle avait des tas de choses √† faire…

Finalement, cette fin de journ√©e ne serait pas si morose que √ßa se dit-elle tout en marchant et en regardant autour d’elle.

Elle repensa alors √† Laura qui lui avait dit juste apr√®s le repas de ce midi, qu’elle irait faire des courses mais qu’elle ne tarderait pas pour revenir.

Elle se souvenait également que celle-çi lui avait promis une petite surprise dès son retour. Mais laquelle au juste ?

Mira n’aimait pas trop les surprises et elle bouillonnait d√©j√† d’impatience de revoir au plus vite sa maman.

Mais en attendant celle-√ßi, que pourrait t-elle bien faire d’int√©ressant ?

Elle l’ignorait encore mais trouverait bien une id√©e d’ici l√†…

****

Mira avait toujours aimé cette grande et belle demeure située en pleine campagne.

Elle était certes assez éloignée de la ville mais pas si isolée que ça par rapport au voisinage bienveillant qui l’entourait.

Oui, Mira était vraiment heureuse de vivre ici.

Et parmi toutes les pièces de la maison ; elle avait une nette préférence pour le grand salon.

C’√©tait son endroit favori.

Il faut dire que sa Maman Laura l’avait d√©cor√© avec beaucoup de go√Ľt en agr√©mentant chaque pan de mur, de jolis tableaux d’aquarelles.

Ses propres Ňďuvres qu’elle aimait peindre durant ses heures de loisir car oui ; en dehors de son m√©tier de professeure de Fran√ßais, Laura √©tait aussi une artiste peintre extr√™mement dou√©e.

Mira ne se lassait jamais de regarder ses toiles tant elles étaient belles.

Soudain, elle fut prise d’√©motion lorsque son regard s’attarda sur l’une d’entre elles.

Celle qu’elle pr√©f√©rait le plus‚Ķ

Celle qui la représentait et dont elle était si admirative…

Il s’agissait de son propre portrait.

Mira se souvenait encore de ce merveilleux jour o√Ļ Laura √©tait devenue sa m√®re adoptive.

Il y avait 5 ans de ça.

5 ans de pur bonheur se dit-elle en admirant le tableau.

Une toile que sa douce et si belle Maman avait peint en son honneur pour lui dire √† quel point elle l’aimait de tout son cŇďur et de toute son √Ęme.

La toile √©tait si bien r√©ussie que Mira avait l’impression de se voir dedans comme dans un miroir tant la ressemblance √©tait frappante.

Sa Maman avait su la dessiner et l‚Äôimmortaliser telle qu’elle √©tait…

Oui, elle √©tait vraiment fi√®re de ce tableau…

Elle avait eu beaucoup de chance de tomber sur une Maman telle que Laura…

Et pour tout l’or du monde, elle n’en aurait souhait√© une autre car oui, sa Laura √©tait un √™tre unique et √† part‚Ķ

Cinq belles ann√©es qu’elle grandissait et √©voluait √† ses c√īt√©s, entour√©e de plein d’amour.

Un amour pur et sinc√®re dont elle avait cruellement manqu√© autrefois mais qui aujourd’hui comblait son cŇďur.

Un amour si profond qu’elle avait fini par oublier les maltraitances subies dans son pass√©…

Un pass√© d√©sormais r√©volu car aujourd’hui, elle √©tait pleinement heureuse et √©panouie…

****

Mira sentit une agr√©able odeur de fra√ģcheur vivifiante.

Elle provenait du mobilier en bois de pin massif qui se trouvait dans le salon.

Il sentait agr√©ablement bon l’odeur des pins comme si on se retrouvait √† l‚Äôint√©rieur de l’une de ces for√™ts enivrantes et revigorantes capables de lib√©rer votre esprit.

Une odeur certes piquante et quelque peu entêtante mais que Mira aimait respirer à pleins poumons.

D’ailleurs, il n’y avait pas qu’elle qui appr√©ciait ces effluves menthol√©es.

Les rares convives qui passaient à la maison aimaient aussi l’humer tout en faisant quelques remarques agréable à son sujet :

¬ę Hum, quelle agr√©able senteur Laura ! On se croirait dans une for√™t de pins tellement c’est vivifiant ! ¬Ľ

Ils pensaient alors que cette forte odeur de r√©sine devait sans aucun doute provenir de bougies d’ambiance alors qu’il n’en √©tait absolument rien.

Et c’est l√† que quelque peu amus√©e, Laura leur r√©pondait toujours invariablement ceci :

« Il s’agit de mes meubles et non de bougies parfum√©es. Ils sont tous en bois de pin ¬Ľ

S‚Äôensuivait alors un petit silence d’√©tonnement rapidement rompu par quelques exclamations :

¬ę Mais ce n’est pas possible !! Tu plaisantes ? √áa sent tellement bon. Tu en es certaine ? ¬Ľ

Et à son tour, elle leur rétorquait de son joli sourire un brin moqueur :

¬ę C’est pourtant bien vrai. Et pour faire perdurer leur odeur si plaisante ; j’utilise une cire d’abeille liquide √† base d’huile essentielle de pin pour bien les nourrir et les faire briller. Voil√† le secret. Ni plus ni moins ¬Ľ

Mira aimait alors voir l‚Äôexpression de leurs visages dubitatifs comme s’ils ne croyaient pas du tout √† ce que venait de leur r√©v√©ler sa Maman.

Et cela l’amusait d’autant plus lorsque venait le moment fatidique o√Ļ ils se rapprochaient du grand buffet en pin pour pouvoir le renifler de tr√®s pr√®s ; histoire de v√©rifier ses dires…

Oui, cela l’amusait toujours beaucoup‚Ķ

****

Mira s’approcha du grand buffet en pin et commen√ßa √† l’humer intens√©ment.

Elle ne pouvait s’emp√™cher de faire ce petit rituel √† chaque fois qu’elle passait par ici, avant de franchir le seuil de la cuisine.

Elle le respira de très près et très longuement.

Cette effluve lui rappelait toujours celle de la forêt qui se trouvait à quelques mètres de leur demeure.

Quelques fois et lorsque Laura n’√©tait pas l√† ; elle aimait bien s’y aventurer tout en sachant que c’√©tait un lieu qui lui √©tait interdit.

En effet, Laura l’avait souvent mise en garde √† ce sujet, lui r√©p√©tant inlassablement les m√™me paroles :

« Je te pr√©viens encore Mira ! Tu ne dois pas aller dans cette for√™t ! C’est bien trop dangereux et tu pourrais t’y perdre. Pourtant, je suis certaine que tu me d√©sob√©iras encore. Mais, tu ne devrais pas faire √ßa. J’esp√®re que tu ne le feras plus et que tu resteras bien sagement ici chez nous sinon je dirais √† Madame Sanchez de te garder chez elle ¬Ľ

Oh non ! Surtout pas Madame Sanchez !

Mira n’aimait pas du tout cette vieille dame avec sa grosse voix √©raill√©e d‚Äôancienne fumeuse qui la faisait toujours peur.

Mais ce qu’elle d√©testait par-dessus tout √©tait bien lorsqu’elle celle-ci la prenait dans ses bras pour lui faire des c√Ęlins…

Elle avait alors l’impression de litt√©ralement √©touffer sous ces innombrables baisers baveux‚Ķ

Berk ! Elle n’aimait pas ça du tout !

Non, par piti√© ! Surtout pas Madame Sanchez qui √©tait √† son go√Ľt bien trop d√©bordante d’amour envers elle‚Ķ

Certes, elle √©tait tr√®s gentille mais elle n’aimait pas son c√īt√© envahissant et disons-le trop √©touffant.

Madame Sanchez √©tait une vieille dame √Ęg√©e de 90 ans qui vivait seule dans une grande demeure qui se trouvait non loin de la leur.

Elle n’avait plus aucune famille mais fort heureusement pas mal d’amis du voisinage y compris sa Maman venaient r√©guli√®rement lui rendre quelques petites visites pour lui changer les id√©es et prendre de ses nouvelles.

À ces moments là, elle semblait alors beaucoup plus gaie.

Cependant, la solitude devait parfois la peser et c‚Äôest pourquoi elle avait autant besoin de transmettre son amour √† tous ceux qui la c√ītoyaient‚Ķ

Mira compatissait et avait de la peine pour elle alors elle acceptait sans trop rechigner ses bisous baveux ainsi que ses petites mignardises bien trop sucrés.

Elle savait aussi que Madame Sanchez adorait s’occuper d’elle‚Ķ

N√©anmoins, elle n’aimait pas du tout rester en sa compagnie car elle s’ennuyait √† mourir dans sa vieille maison et ce malgr√© la distrayante balan√ßoire qui se trouvait dans son jardin.

Non ! Rien n’y faisait ! C’√©tait comme √ßa‚Ķ

Et Laura ne le savait que trop bien alors pourquoi lui infliger un tel chantage √† chaque fois qu’elle s’absentait de la maison ?

Certes, la for√™t lui √©tait interdite mais pourquoi en faire toute une histoire surtout qu’elle √©tait tr√®s d√©gourdie pour son √Ęge et pas du tout du genre √† se laisser influencer par n’importe qui et n’importe quoi…

Alors pourquoi ne pas lui faire tout simplement confiance ?

De toute façon, elle persisterait à aller dans sa forêt et ce malgré les nombreuses recommandations de Laura.

Ce n’√©tait sans doute pas tr√®s prudent de sa part, mais elle aimait le go√Ľt du risque et de l’aventure alors pourquoi s’en priverait-elle ?

Et puis c’√©tait aussi de son √Ęge de faire des petites b√™tises, non ? !

Elle ne voulait surtout pas vieillir sans les avoir commises sinon elle le regretterai tr√®s certainement…

Et puis cela lui faisait le plus grand bien de s’√©loigner de temps en temps de cette maison et de son jardin, si immense soit-il.

Car oui ! Mira aimait se sentir libre !

Libre comme l’√©tait le vent ou encore ces moineaux qui piaffaient gaiement entre eux sur les branches des grands amandiers‚Ķ

Elle avait besoin de cette liberté pour se sentir exister…

Et la for√™t exaltait tous ses sens. Elle s’y sentait bien.

Elle aimait s’y balader mais toujours avec une certaine prudence car elle √©tait peut-√™tre une grande aventureuse mais pas non plus une irresponsable inconsciente…

Elle savait fort bien que sa douce Maman √©tait une personne tr√®s inqui√®te alors elle ne tenterait jamais le diable car elle l’aimait bien trop pour agir inconsid√©r√©ment‚Ķ

Mais Laura ne lui faisait pas encore enti√®rement confiance. Elle l’a trait√©e toujours comme un b√©b√©‚Ķ

Son ¬ę petit b√©b√© ¬Ľ comme elle aimait l’appeler affectueusement‚Ķ

Mira aimait bien ce petit surnom mais elle ne le trouvait pas en accord avec sa personnalité intrépide.

De toute façon, personne ne pouvait lui mettre d’entraves pas même sa bien-aimée Maman…

C’est pourquoi, elle agirait toujours derri√®re son dos durant ses absences pour pouvoir enfin partir en vadrouille.

Ben quoi ? Avait-elle le choix ?

Et il fallait qu’elle en profita encore car l’automne ne tarderait plus √† arriver‚Ķ

Elle s’en √©tait bien rendue compte avec l‚Äôinterminable pluie d’aujourd’hui.

Elle savait alors qu’elle serait bien oblig√©e de ralentir ses cadences d‚Äôaventuri√®re dans sa for√™t √ī combien si captivante car le temps hivernal deviendrait aussit√īt un obstacle avec son incessante et perp√©tuelle humidit√©.

L’insidieux froid que Mira détestait tant l’empêcherait de faire ses petites escapades…

Comme le temps deviendrait alors trop long durant cette période !

Mais elle finit par se rassurer en se souvenant d’une belle image qui lui revint en m√©moire.

LA SUITE…

Ma nouvelle « La Lumi√®re » publi√©e ‚úí¬†

Coucou mes chers amis !

Ce matin, le Mardi 22/11/16, j’ai eu l’agr√©able surprise de recevoir dans mes mails le message suivant :

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Inutile de vous dire √† quel point j’√©tais tr√®s heureuse et √† la fois √©tonn√©e…

Je n’avais encore jamais particip√©e √† un concours litt√©raire et c’est gr√Ęce √† mon amie¬†La Belette, que j’ai os√© me lancer…Merci ma Belette ‚̧.

Je n’ai rien gagn√© mais pour moi √™tre publi√©e via ce magazine f√©minin, c’est d√©j√† √©norme et tr√®s valorisant √©tant donn√© que je n’ai jamais eu grande confiance en moi.

C’est pourquoi, j’ai voulu partager avec vous cette heureuse nouvelle.

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Voici le lien de ma nouvelle publiée sur aufeminin.com :

La lumière 

Gros bisous à toutes et à tous !

Cécile La Suricate

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Et voici le texte : « La Lumi√®re » : publi√© sur¬†aufeminin.com¬†dans la cat√©gorie « Culture » et « prix litteraire 2016 » :

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La Lumière :

Antin√©a voulait devenir un arbre mais pas n’importe lequel. Elle souhaitait devenir un grand et majestueux baobab qui √©tait selon elle le plus bel arbre du monde v√©g√©tal.¬†

Et puis, sans oublier son imposante force si convoitée par ses congénères. De plus, il ne manquait pas de vie de par sa sève intensément riche et si dense. Quant à ses racines, elles formaient tout un assemblage de ramifications qui semblaient se rejoindre à l’infini. 

C’est pourquoi Antinéa aimait autant le baobab car il représentait pour elle une force hors du commun qui pouvait défier les lois physiques de la nature à lui tout seul. Oui, et sans aucun doute qu’il était pour ainsi dire l’unique grand Roi de tous les arbres confondus. 

En repensant √† sa future r√©incarnation, Antin√©a se mit subitement √† sourire ; chose qu‚Äôelle n‚Äôavait plus jamais fait depuis pas mal de temps d√©j√†. C‚Äô√©tait plut√īt bon signe.¬†

Tout le monde meurt bien un jour d‚Äôune mani√®re ou d‚Äôune autre se dit-elle en soupirant. Elle ne craignait pas la mort et elle serait bient√īt sa compagne.¬†

Ce n‚Äô√©tait plus qu‚Äôune question de temps et elle avait h√Ęte de faire le grand voyage de sa vie ou de sa mort ?

Elle regarda une derni√®re fois autour d‚Äôelle. Il y avait quelques personnes qui allaient et venaient sans se soucier d‚Äôelle. Mais c‚Äô√©tait tout aussi bien comme √ßa. Ne surtout rien laisser para√ģtre de ce qu‚Äôelle avait en elle et en t√™te.¬†

Cette envie de fuir subitement la terre en un rien de temps et d‚Äôen finir avec son mal √™tre. Elle l’avait dans un coin de sa t√™te et se refusait toujours √† faire le pas. Mais pas pour aujourd’hui, semblait-il. Elle se ferait du bien pour une fois et elle en √©prouverait un immense plaisir.¬†

Ce serait disons-le, son petit p√©ch√© purement √©go√Įste qu‚Äôelle ne partagerait avec quiconque si ce n‚Äôest qu‚Äôavec sa propre conscience ou son ange gardien.¬†

Soudain, elle eut un frisson qui lui parcourut l’échine lorsque le vent s’insinua à l’intérieur du col de son manteau. 

Bient√īt elle serait aussi froide et insensible qu‚Äôun bloc de glace sorti d‚Äôun cong√©lateur et elle n‚Äôaurait alors plus jamais froid.

Cette sensation comme toutes les autres d‚Äôailleurs, finiraient bien par s‚Äôen aller d√©finitivement et s‚Äô√©vanouir √† jamais de sa vie. Oui, elle avait h√Ęte.¬†

Elle réajusta le col de son manteau et se mit à nouveau à sourire en regardant le ciel gris souris. Elle aimait sa couleur plombée et si pesante comme s’il allait d’un moment à l’autre, s’abattre sur elle, et sur la terre. 

Cette pensée ne l’effraya aucunement et lui rappella les Bandes dessinées d’Asterix et d’Obélix dans lesquelles ils mentionnaient toujours que le ciel pouvait leur tomber sur la tête. Cela lui fit sourire à nouveau. 

Le monde entier voulait la fuir et √† une vitesse folle sans qu‚Äôelle puisse r√©aliser qu‚Äôun vaste d√©sert se formait d√©j√† en grandeur nature face √† elle, envahissant √©galement au passage les c√īt√©s, sans oublier derri√®re elle.¬†

Le d√©sert la pourchassait pour la recouvrir de son sable √©touffant et suffoquant jusqu’au point de le rendre irrespirable et l’emmener alors vers une mort certaine. Un d√©sert ou plut√īt le n√©ant. Un long tunnel sans fin.¬†

Tout √©tait trop tard √† pr√©sent. Il n‚Äôy avait plus aucune chance a l‚Äôhorizon pour Antin√©a. Plus de sursis, pas m√™me le semblant d‚Äôune esquisse de joie ou d’espoir. Rien.¬†

Souvent, on lui disait pour une raison o√Ļ pour une autre : ¬ĽNe t‚Äôen fais pas Antin√©a. Tu finiras bien par te rattraper t√īt ou tard. Ce sera mieux la prochaine fois¬Ľ¬†

Autrefois, cette phrase aurait eu un sens particulier et s√©curisant pour Antin√©a mais aujourd‚Äôhui, cela ne voulait plus rien dire pour elle. ¬ęCe sera mieux la prochaine fois ¬Ľ chuchota t-elle en regardant le ciel gris souris.¬†

Il n’y aurait pas de prochaine fois et c’était mieux ainsi. Antinéa se fondait dans ce ciel gris. Elle lui appartenait à l’infini et même si celui-ci se faisait de plus en plus menaçant ; elle ne voulait plus le quitter car elle appréciait sa noirceur.

Et puis, elle aimait bien aussi cette id√©e de se faire happ√©e brutalement dans la violence de son tourbillon nuageux et gris√Ętre entrem√™l√© de pluie froide se fracassant sur son visage‚Ķ¬†

Quel plaisir immense que de se noyer dans cette temp√™te qui ne tarderait plus √† venir. Il s’approchait d√©j√† d’elle…¬†

Elle n’avait nulle crainte de l’obscurité de la mort puisqu’elle ne tarderait pas à rejoindre sa lumière.

M√©tamorphose ūü¶č

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Je me souviens encore d’un joli souvenir de mon enfance pass√©e en Guin√©e √† Conakry. C’√©tait dans les ann√©es 88 et j’avais 11 ans. Mon petit fr√®re, quant √† lui √©tait √Ęg√© de 10 ans.

Maman adorait nous faire d√©couvrir tout ce qui √©tait en relation avec la nature : aussi bien dans le domaine v√©g√©tal qu’animal.

Depuis que nous vivions en Guinée, nous avions déjà appris pas mal de choses sur ces divers sujets et je dois bien avouer que nous aimions bien les découvrir au fur et à mesure car en matière de bestioles, la Guinée en regorgeait de toutes sortes.

Et il ne fallait pas aller bien loin pour pouvoir les observer.

En effet, le jardin de notre maison de fonction √©tait un v√©ritable sanctuaire pour d√©nicher diverses esp√®ces d’insectes…

Mon fr√®re et moi √©tions √† un √Ęge o√Ļ nous voulions tout savoir sur le r√®gne animal et v√©g√©tal. Quoique pour ma part, je pr√©f√©rais de loin les v√©g√©taux…

Par contre, mon fr√®re lui, aimait bien les deux (le monde v√©g√©tal et animal) et en savait d√©j√† un rayon par rapport √† moi car il se documentait beaucoup concernant ces deux sujets qu’il affectionnait particuli√®rement.

****

L’exp√©rience :

Ce jour-l√†, je m’en souviens encore comme si c’√©tait hier. Maman voulait nous faire montrer une petite exp√©rience qu’elle avait faites d√©j√† elle-m√™me lorsqu’elle √©tait enfant et qu’elle vivait √† Madagascar √† Namakia.

A cette √©poque l√†, elle avait √† peu pr√®s le m√™me √Ęge que nous et aimait bien explorer la nature et ses insectes environnants.

Il fut donc primordial pour elle de nous faire montrer √† son tour, ladite exp√©rience et je dois bien avouer que nous √©tions d√©j√† tr√®s excit√©s et impatients, mon fr√®re et moi, de pouvoir enfin la d√©couvrir…

Avant de nous entra√ģner dehors, elle prit une grosse bo√ģte d’allumettes vide qu’elle transporta avec elle et nous dit qu’elle en aurait besoin au moment voulu.

boite

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Exploration dans notre jardin :

Maman, mon petit fr√®re et moi sort√ģmes donc dehors et nous retrouv√Ęmes dans notre charmant jardin puis elle nous dit sans plus attendre qu’elle √©tait √† la recherche d’une chenille √† papillons pour pouvoir r√©aliser sa fameuse exp√©rience.

Au bout de quelques instants, elle finit par en trouver une qui √©tait coll√©e √† l’envers sur une des feuilles d’un petit arbuste.

papillon cocon

Elle commen√ßa alors √† la d√©coller tout doucement car elle √©tait fragile et qu’il ne fallait pas trop la manipuler avec les doigts puis, une fois d√©coll√©e de sa feuille, elle la d√©posa bien d√©licatement √† l’int√©rieur de la bo√ģte d’allumettes qu’elle tenait toujours dans sa main.

La chenille en question s’√©tait d√©j√† enroul√©e dans son cocon de soie et remuait encore l√©g√®rement √† l’int√©rieur de celui-√ßi car elle n’√©tait pas tout √† fait arriv√©e au stade de sa transformation en chrysalide.

En effet, maman voulait tout d’abord nous faire d√©couvrir l’√©volution de celle-√ßi lorsqu’elle s’√©tait √† peine enturbann√©e dans son fil de soie.

C’est pourquoi, elle avait fait expr√®s de la choisir √† ce stade de mutation afin que nous puissions observer par la suite, chaque d√©tail de sa future transformation…

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Petite parenthèse : La chenille :

papillon guinée

La chenille est la larve éruciforme des papillons. Certains hyménoptères dont les larves ressemblent beaucoup à celles des lépidoptères sont appelées fausse-chenille.

La chenille, une fois arriv√©e √† son plein d√©veloppement, s’enveloppe dans un cocon afin de se transformer en chrysalide qui va √† son tour devenir l’insecte adulte.

Seules certaines esp√®ces de chenille tissent autour d’elles un v√©ritable cocon pour se mettre √† l’abri en vue de leur nymphose (la nymphose √©tant le passage √† l’√©tat de nymphe, que l’on appelle chrysalide chez les papillons).

chenille pour papy

D’autres se contentent de se fixer √† un support par une ceinture de soie, fil s√©cr√©t√© de la m√™me mani√®re, mais en faible quantit√©.

D’autres encore s’enterrent dans l’humus √† faible profondeur, dans une loge plus ou moins soyeuse : c’est le cas de la plupart des Sphinx.

chenille chenille

  1. Tête 
  2. Thorax
  3. Abdomen
  4. Segment
  5. Corne post-abdominale
  6. Fausses pattes
  7. Stigmate
  8. Pattes
  9. Pièces buccales

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Observation de la bestiole :

En ce qui concernait notre petite exp√©rience, notre chenille avait d’ores et d√©j√† tiss√© autour d’elle son fameux cocon (pas dans son int√©gralit√©) si particulier qui √©tait encore transparent et pas tout √† fait opaque puisqu’on pouvait encore la voir √† l’int√©rieur.

En effet, je pouvais aper√ßevoir son √©trange petite t√™te ainsi que son corps de couleur vert clair qui continuait √† se mouvoir dans sa fine enveloppe blanch√Ętre.

A l’int√©rieur de son fin cocon, la bestiole semblait tout droit venir de la plan√®te Mars tellement elle avait un dr√īle d’aspect. On aurait dit un petit alien…

Cela me faisait bizarre de pouvoir l’observer ainsi en direct, sur toutes les coutures et non dans un documentaire animalier.

C’√©tait bien plus int√©ressant et je dois bien avouer assez fascinant de la regarder et de la jauger dans les moindres d√©tails.

Elle paraissait √† la fois forte et fragile : d’une part √† cause de son cocon dont elle √©tait prisonni√®re mais d’autre part, bien vivace lorsque qu’elle remuait de temps en temps √† l’int√©rieur de celui-√ßi.

En somme, ce petit être si bizarre et si petit soit-il avait déjà une certaine force de caractère qui ne nous laissait pas indifférent, mon frère et moi.

Elle avait r√©ussi √† attiser notre grande curiosit√© et nous √©tions d√©j√† tr√®s impressionn√©s par elle…

Mais il n’emp√™che qu’elle me faisait √©galement un peu peur √©tant donn√© que je n’aimais pas trop le monde des insectes…

****

La bestiole dans sa bo√ģte d’allumettes :

Notre petite trouvaille √† l’int√©rieur de sa bo√ģte d’allumettes l√©g√®rement entrouverte ; maman, mon petit fr√®re et moi rentr√Ęmes √† nouveau √† l’int√©rieur de notre maison.

Maman d√©posa la bo√ģte sur l’une des √©tag√®res du grand buffet de notre salon. Ainsi, nous pourrions voir facilement l’√©volution de la fameuse chenille lorsque nous le souhaiterions…

« Voil√† les enfants. Vous avez vu que la chenille remuait encore √† l’int√©rieur de son cocon. Ensuite, de plus en plus, elle va le consolider pour se transformer enfin en une chrysalide » dit-elle en nous souriant.

Olivier √©tait beaucoup plus curieux que moi et lui demanda presque aussit√īt :

« Maman ? Est-ce que la chenille va bien respirer ? »

« Mais oui Olivier. Regarde, j’ai laiss√© entrouverte la bo√ģte pour justement qu’elle ait son oxyg√®ne. Ne t’inqui√®te pas. Tout ira bien pour elle jusqu’√† ce qu’elle se transforme en chrysalide »

« Chouette ! On verra toute sa transformation alors ? » dit-il dans un large sourire.

« Eh oui mon Coco ! Toi et ta soeur pourrez voir toute son √©volution en direct. Ce sera bien mieux qu’un documentaire t√©l√©vis√© ! »

En ce qui me concernait, je n’osais pas trop toucher la bo√ģte o√Ļ √©tait log√©e cette √©trange bestiole mais cela m’int√©ressait tout de m√™me. Il est vrai que je n’aimais pas trop le monde des insectes mais en ce qui concernait celle-√ßi, j’avais envie de conna√ģtre son √©volution.

Et puis maman m’avait assur√© que la bestiole en question ne pourrait gu√®re s’enfuir vu que la bo√ģte d’allumettes n’√©tait que l√©g√®rement entrouverte. D’ailleurs, en voyant mon air inquiet, maman se mit √† rire.

« Mais ne t’inqui√®te pas C√©cile ! Tu vois bien que cette chenille est enroul√©e dans son cocon. En plus, bient√īt elle ne bougera plus du tout. Crois-moi, tu ne risques rien. Et lorsqu’elle commen√ßera √† sortir de son cocon, maman t’a d√©j√† dit qu’on irait ensemble dehors pour qu’elle puisse d√©ployer ses ailes. D’accord ? Tu es rassur√©e maintenant ma Poupoule ? »

« Oui, maman » dis-je dans un timide sourire quelque peu crisp√©.

****

Olivier, contrairement √† moi √©tait fou de joie. De temps en temps il ne pouvait pas s’emp√™cher de regarder par l’ouverture de la bo√ģte pour y observer notre petite chenille.

Une fois qu’il l’avait pour la √©ni√®me fois observ√©e sur toutes les coutures ; il revenait alors en sautillant vers moi qui √©tait sagement install√©e dans le canap√© du salon en train de jouer √† un jeu vid√©o puis invariablement il me disait avec beaucoup d’enthousiasme :

« C√©cile ! J’ai encore regard√© la chenille. Elle remue toujours un peu. J’ai h√Ęte qu’elle devienne une chrysalide comme maman nous a dit »

Sachant qu’il affectionnait particuli√®rement le monde des insectes, je lui demandais alors :

« Et tu sais ce que c’est une chrysalide ? »

« Biens√Ľr. Maman nous a d√©j√† expliqu√©. Et puis j’ai aussi appris en lisant mon magazine « Sciences et vies Junior ». Tu sais, c’est trop incroyable ces b√™tes l√† ! Moi, en tout cas je les aime bien. Et toi ? »

« Oui √ßa va. De toute fa√ßon, maman a dit que la chenille ne pouvait pas s’enfuir de la bo√ģte… » dis-je avec une pointe d’appr√©hension dans la voix.

« Pfff ! N’importe quoi ! Tu vas pas avoir peur aussi de cette chenille ! Bient√īt, elle ne pourra plus bouger du tout. Et puis maman nous a dit qu’elle ne voulait pas qu’elle sorte totalement de sa chrysalide lorsqu’elle deviendra un papillon. T’as rien √† craindre du tout C√©cile ! Je t’assure ! T’es trop inqui√®te toi ! Allez, viens la voir de plus pr√®s avec moi » dit-il en m’attrapant d√©j√† par le bras.

« Oui ! Attends, j’√©teins d’abord mon jeu vid√©o puis je viens tout de suite la voir avec toi » dis-je un peu √† contre-coeur.

****

Quelques instants apr√®s, j’√©tais √† ses c√īt√©s en train d’observer l’√©trange bestiole qui n’√©tait vraiment pas jolie…

Quant à mon frère, lui, il semblait totalement sous le charme de ladite bébête. Il en était littéralement fasciné.

papillon vert

J’aimais bien le regarder en train de s’extasier et s’exclamer au sujet de celle-√ßi. Il faut dire qu’il adorait tout ce qui se rapportait √† la nature. Tout l’intriguait √† ce sujet. Le monde des insecte l’√©merveillait. A ce sujet, il ressemblait √©norm√©ment √† maman lorsqu’elle avait son √Ęge. Il √©tait d’ailleurs autant curieuse qu’elle et voulait toujours tout savoir et plus particuli√®rement sur ces ch√®res insectes…

Oui, j’aimais bien le regarder en train d’observer notre chenille. C’est pourquoi il est tellement facile pour moi de vous raconter dans les moindres d√©tails ce joli souvenir de mon enfance.

Pendant qu’il observait la bestiole, moi, j’immortalisais cet instant dans un coin de ma t√™te tout en ne sachant pas qu’un beau jour j’aurais souhait√© le retranscrire √† l’√©crit et qui plus est dans le vaste monde du virtuel.

Et puis, comme je vous l’avais d√©j√† dit dans un de mes nombreux articles de souvenirs, Olivier ne m’avait jamais fait un sale petit tour de gamin comme le font certains petits fr√®res envers leurs soeurs.

Non, je dois bien avouer qu’il n’√©tait pas du tout comme √ßa. Il savait que j’avais peur des insectes et que j’en avais une sainte horreur ; d’ailleurs il s’en moquait parfois mais jamais il n’allait plus loin que √ßa en m’en lan√ßant une sur moi par exemple. Non, et fort heureusement d’ailleurs, sinon je n’aurais gu√®re appr√©ci√© et cela aurait valu √† mes yeux, d’√™tre une trahison, ni plus, ni moins !

Bref, j’√©tais surtout intrigu√©e par mon jeune fr√®re.

Le voir autant passionn√© par ces √©tranges bestioles me sid√©rait quelque peu mais je finissais par m’y adapter. Sans doute √©tait-ce d√©j√† l’amour inconditionnel d’une soeur a√ģn√©e envers son petit fr√®re car il faut bien que je l’avoue, j’√©tait totalement attendrie par lui.

C’√©tait disons plut√īt lui qui me fascinait autant que la petite bestiole.

Et vous me diriez alors pourquoi ? Tout simplement parce que d’une part je l’aimais et que d’autre part, je le trouvais tr√®s d√©brouillard pour son jeune √Ęge et tr√®s vif d’esprit.

C’√©tait d√©j√† un v√©ritable trombe de l’air qui adorait explorer, s’aventurer, trifouiller, fouiner sans peurs ni craintes dans √† peu pr√®s tout et n’importe quoi… Un vrai petit aventurier qui √©tait avide de savoir et de tout conna√ģtre sur notre belle et si vaste nature…

J’√©tais tout l’inverse, c’est pourquoi je l’admirais tant car contrairement √† lui, je n’√©tais pas une fanatique de la nature et encore moins des insectes…

Non, moi c’√©tait de grimper sur¬†MON MANGUIER VOYAGEUR¬†,¬†de me jucher sur la plus haute des branches afin d’admirer le ciel, les nuages, les oiseaux, l’oc√©an, les vagues, ressentir le vent, laisser les rayons du soleil me chauffer le visage et le corps et observer de temps en temps, mon cher petit fr√®re en train de jouer en bas sur la terre ferme avec tous ces √©tranges insectes…

fourmi noire

 

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Je lui laissai bien volontiers ce plaisir et pr√©f√©rais le regarder du haut de mon arbre, en train de s’extasier sur telle ou telle esp√®ce d’insecte qu’il venait de d√©nicher…

A le voir ainsi si d√©brouillard et si m√©ticuleux avec ces b√©b√™tes, je me disais souvent au plus profond de moi-m√™me qu’il √©tait l’a√ģn√© et que moi, j’√©tais sa petit soeur… Je ne ne sais pas pourquoi mais je le pensais r√©ellement √† cette √©poque l√†. Il semblait si s√©rieux et attentionn√© envers la nature qui l’entourait alors que moi j’en √©tais parfaitement d√©sinvolte.

Ce n’√©tait pas p√©joratif pour moi de penser que j’√©tais sa petite soeur, bien au contraire puisque cela me r√©confortait de le savoir diff√©rent de moi. De le savoir si audacieux et si aventureux…

Tout ceci pour vous dire que notre chenille √©tait certes une formidable d√©couverte mais d√©couvrir le c√īt√© explorateur de mon jeune fr√®re l’√©tait tout autant…

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Quelques jours apr√®s (disons 5 jours plus tard), notre fameuse chenille ne bougeait plus du tout comme si celle-√ßi √©tait morte mais ce n’√©tait pas du tout le cas.

En fait, son enveloppe corporelle avait totalement chang√©e d’aspect et de couleur. Elle semblait plus solide qu’avant et sa teinte √©tait entre le marron et le beige clair.

marron beige chrysalide

Olivier en √©tait davantage fascin√© car il savait que bient√īt la chrysalide deviendrait un majestueux papillon.

Il tr√©pignait d’impatience et ne cessait de me r√©p√©ter :

« T’as vu C√©cile ! √ßa y est ! c’est comme maman nous a dit ! Bient√īt, elle va d√©chirer sa chrysalide. J’ai trop h√Ęte ! et toi ? »

« Moi aussi » dis-je dans un petit sourire.

Je ne sais pas pourquoi mais √† cet instant pr√©cis o√Ļ je lui parlais, j’√©tais vraiment sinc√®re. J’avais h√Ęte √©galement de voir enfin l’envol√©e de cette bestiole.

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Petite parenthèse : La chrysalide :

chrysalide transf

Chez les insectes holom√©taboles (c’est-√†-dire aux m√©tamorphoses compl√®tes, par exemple les papillons et les abeilles), qui effectuent deux mues de m√©tamorphose, la chrysalide est le stade de d√©veloppement interm√©diaire entre la larve et l’adulte.

Les chrysalides durcissent et changent de couleur. Les papillons selon les espèces se métamorphosent au bout d’une semaine.

Quelques heures avant l‚Äô√©mergence du papillon, l‚Äôenveloppe de la chrysalide devient transparente chez certaines esp√®ces et laisse appara√ģtre les couleurs des papillons.

Lorsque les segments abdominaux se distendent, l’émergence est imminente. Un autre nom pour désigner ce stade intermédiaire est la nymphe.

chrysalide papillon

Une des caract√©ristiques de la nymphe est qu’elle ne se nourrit pas (ses pi√®ces buccales et son tube digestif subissent aussi une m√©tamorphose importante) et qu’elle vit sur ses r√©serves.

La nymphe des lépidoptères est souvent appelée chrysalide. La nymphe peut, selon les espèces, être protégée par un cocon.

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La métamorphose :

Voici une vid√©o int√©ressante sur la mutation d’une chenille √† papillon : ici, il s’agit du Papillon Monarque.

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Deux jours plus tard, maman s’√©cria :

« Regardez les enfants ! Venez voir ! Vite ! La b√™te est en train de crever son enveloppe. Vous voyez, regardez bien »

Je n’en revenais pas et je dois bien avouer que j’en fus litt√©ralement subjugu√©e.

En effet, l’√©trange b√™te semblait pousser avec sa t√™te la fibre du cocon dans lequel elle √©tait enferm√©e.

De nouveau (comme au tout d√©but, o√Ļ maman l’avait d√©coll√©e de sa feuille), l’insecte bougeait √† l’int√©rieur de son enveloppe qui √©tait tr√®s √©paisse et opaque.

Sous nos yeux d’enfants √©merveill√©s et fascin√©s, la vie naissait.

Un petit √™tre voulait sortir de sa prison qui l’avait pourtant prot√©g√©e jusqu’alors car il √©tait tout simplement d√©sireux de conna√ģtre la libert√©…

Du coin de l’oeil, j’observais √©galement mon petit fr√®re et j’√©tais heureuse de le voir heureux…

« Regarde maman, il vient de passer sa trompe. Il va pas tarder √† sortir de sa chrysalide. Hein, pas vrai maman ? »

trompe papillon

« Oui, mon Coco ! Effectivement. D’ailleurs, nous allons vite aller dehors, maintenant. Venez, suivez-moi. Vite, il va pas tarder √† sortir enti√®rement de son cocon »

Maman transporta avec elle la bo√ģte d’allumettes dont elle avait retir√© compl√®tement le couvercle et sortit rapidement dehors avec nous, √† ses c√īt√©s.

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L’envol√©e majestueuse :

le papillon et son cocon

A présent, le papillon dont les ailes étaient froissées et fripées ne tarderait plus à sortir de son épais cocon.

Il se d√©battait tant bien que mal mais s’arr√™tait de temps en temps car il √©tait encore faible.

Il se tortillait dans tous les sens et ne cessait de fissurer son cocon à force de se débattre.

Les antennes de sa t√™te √©taient d’ores et d√©j√† sorties √† l’ext√©rieur ainsi que ses ailes et bient√īt la coque si √©paisse de son enveloppe ne tarderait pas √† se d√©tacher de son abdomen.

« Maman ! C√©cile ! Regardez ! √ßa y est ! il vient de sortir totalement de son cocon ! Vous avez vu ?? Wahou ! Il est trop beau ! T’as vu les couleurs de ses ailes C√©cile ? » s’exclama Olivier en me les montrant du doigt.

« Oui. Ses ailes sont jolies » r√©pondis-je tout bas, sous le coup de l’√©motion et de la fascination.

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Maman √©tait vraiment heureuse de nous faire d√©couvrir en direct ce qu’elle m√™me avait v√©cu des ann√©es auparavant lorsqu’elle n’√©tait qu’une enfant.

« Vous voyez les enfants. Voil√† ce que Maman avait vu lorsqu’elle √©tait petite fille √† Madagascar et dont je vous parlais √† chaque fois √† Sausset-Les-Pins. C’est beau, non ? »

« Oh oui Maman ! » r√©pondit aussit√īt mon petit fr√®re qui ne cessait de sourire tellement il √©tait √©merveill√©.

« Il va bient√īt s’envoler Maman ? »demandais-je un peu intrigu√©e.

« Oui, ma Poupoule. Il ne va plus tarder »

J’√©tais aux anges de voir ma m√®re et mon petit fr√®re si complices vu qu’ils aimaient bien les papillons puis spontan√©ment je fis une bise √† Maman comme pour la remercier de cet instant, de ce partage qu’elle venait de nous faire vivre.

« Voil√† ! il va s’envoler ! » s’exclama Olivier en tapant dans ses mains.

« Oui, mon Coco ! Il va s’envoler, maintenant » dit Maman, les yeux brillants de joie.

A cet instant pr√©cis, Olivier ne put s’emp√™cher d’effleurer les ailes du papillon.

« Ses ailes sont douces » chuchota t-il.

Et √† peine eut-il prononc√© cette phrase, que le papillon √©tira ses ailes et commen√ßa √† voleter maladroitement vers la branche la plus basse d’un arbuste.

papillon

Il s’y posa dessus puis commen√ßa √† se faire une petite toilette √† l’aide de ses longues pattes qu’il ne cessait de mouvoir vers sa petite t√™te.

envol du papillon

Au bout de quelques instants, il quitta sa branche puis vola davantage plus haut jusqu’√† ce qu’on ne puisse plus l’aper√ßevoir du tout.

En effet, il venait de voler par dessus le haut mur de cl√īture alv√©ol√© qui faisait face √† la mer.

Sans doute avait-il √©t√© attir√© par l’oc√©an. Nul ne le saura jamais.

Quoi qu’il en soit, nous avions assist√© en direct, mon fr√®re et moi √† sa majestueuse envol√©e vers le vaste monde.

butter vole loin

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Un spectacle magnifique de la nature que je tenais √† vous d√©crire dans les moindres d√©tails √† travers cet article et que je n’oublierai jamais.

La derni√®re danse de la lune : Chapitre 3 : Confessions

la derniere danse de la lune

 

Elisa fouilla rapidement dans son grand sac qu’elle portait toujours en bandouli√®re et trouva enfin sa fameuse lampe de poche √©tanche.

D√®s lors qu’elle l’enclencha, la lumi√®re fut tellement puissante qu’elle suffit √† √©clairer tout l’ensemble de l’unique grande pi√®ce de la cabane qui devait bien faire dans les 20 m¬≤.

A l’int√©rieur, tout √©tait rustique et enti√®rement en bois : de l’habillage des murs, sol et plafond jusqu’au mobilier.
Au milieu du mur du fond, une petite fen√™tre √† un ventail sans rideau avait son volet ferm√© ; ce qui expliquait pourquoi il faisait si sombre ici. A sa droite, trona√ģt une grande et haute armoire en bois massif √† trois portes avec deux tiroirs c√īte √† c√īte au niveau du bas.

Au dessus de celle-çi, on pouvait aperçevoir un amoncellement de diverses choses indéfinissables ainsi que deux grands chandeliers à plusieurs branches, accompagnés de leurs bougies.
Contre le mur de gauche, √† c√īt√© d’un balai brosse, √©taient appuy√©s l’un sur l’autre deux lits de camp pliables qui prenaient pas mal de place tant ils √©taient grands.

Au centre de la pi√®ce se trouvait une grande table rectangulaire habill√©e d’une nappe en tissu √† petites fleurs, entour√©e de quatre chaises en bois avec assises en paille. Et au milieu de celle-√ßi reposait le fameux sac √† dos de Batisto.

Tamara s’en rapprocha et commen√ßa √† ouvrir l’une des deux petites poches ext√©rieures mais n’y trouva rien. Elle ouvrit alors la deuxi√®me poche puis s’exclama :

« Elle est l√† ! Je l’ai trouv√©e ! On va pouvoir enfin s’enfermer √† clef ! »

****

Elisa √©tait √† pr√©sent en train d’√©clairer la serrure de la porte d’entr√©e afin que Tamara puisse y ins√©rer la fameuse clef.
Une fois que celle-√ßi l’eut ferm√©e √† double tour, elles se retrouv√®rent enfin dans un espace clos et √† l’abri de tout danger en attendant la suite des √©v√®nements…

« Voil√† c’est fait Elisa ! On est en s√©curit√© maintenant ! Du moins, pour l’instant mais c’est bien mieux que si on √©tait dehors… »

Le seul inconv√©nient restait toutefois l’√©clairage qui √©tait assez faible et ce malgr√© le puissant faisceau lumineux de la lampe de poche d’Elisa qui de toute fa√ßon ne pourrait pas marcher ind√©finiment √©tant donn√© que celle-√ßi fonctionnait avec des piles.

« Je ne pourrai pas laisser allum√©e ma lampe de poche trop longtemps sinon les piles finiront par s’√©puiser » fit-elle remarquer. « Il faudrait nous √©clairer avec autre chose. J’ai vu qu’il y avait deux chandeliers au dessus de l’armoire » ajouta t-elle en √©clairant le sommet du meuble.

« Oui, vous avez raison mais il y a mieux que √ßa ! Vous pouvez m’√©clairer la troisi√®me porte de l’armoire s’il vous pla√ģt ? Normalement, ils doivent toujours y √™tre…Du moins, je l’esp√®re… »

Elisa s’ex√©cuta tandis que Tamara √©tait d√©j√† en train d’ouvrir la porte en question puis commen√ßait √† balayer de sa main droite le dessus de la premi√®re √©tag√®re du haut, √† la recherche des objets qu’elle avait en t√™te.

« Voil√† ce qu’il nous faut ! je viens de les retrouver ! » s’√©cria t-elle.

Tamara venait d’attraper par leur anses deux lanternes en m√©tal ajour√©. Elle les porta jusqu’√† la table puis les d√©posa au milieu de celle-√ßi pr√®s du sac √† dos de Batisto. L’int√©rieur de chacune d’elles comportait une grosse bougie fix√©e sur un socle.

« Vous pouvez encore m’√©clairer Elisa ? Je me souviens qu’il y avait un briquet rang√© ici » dit-elle en d√©signant du doigt le tiroir de droite du bas de l’armoire.

Pendant qu’Elisa l’√©clairait √† nouveau, Tamara ouvrit le tiroir et commen√ßa √† chercher des yeux le dit briquet. Au bout de quelques instants, elle finit par le trouver.

« Ah le voici ! Je me disais bien qu’il se trouvait l√†. Voil√† Elisa ! on va pouvoir enfin allumer nos lanternes ! »

Mais la joie de Tamara fut de courte dur√©e lorsqu’elle s’aper√ßut que le r√©servoir de celui-√ßi √©tait vide.

« Mince alors ! c’est vraiment pas de chance ! il n’y a plus de gaz dans le r√©servoir. Il est compl√®tement √† sec ! et en plus il n’y en a pas d’autres, √† part celui-l√† ! Oh noonn ! dit-elle en pestant.

« Moi j’ai un briquet ! » s’empressa de dire Elisa. « Il est √† l’int√©rieur de mon sac de plage. Enfin, normalement…Attendez, je vais le chercher »

« C’est pas vrai ? Incroyable ! Vous avez un briquet dans votre sac ? En tout cas, si vous l’aviez vraiment, vous nous sauveriez une fois de plus la vie, ma ch√®re Elisa ! » dit-elle en lui pressant gentiment l’√©paule.

All√©luia ! se dit Elisa avec un petit sourire de satisfaction lorsqu’elle mit enfin la main sur son fameux briquet qu’elle venait de retrouver parmi toutes ses affaires. C’√©tait un cadeau publicitaire de l’h√ītel « Paradise Beach » o√Ļ elle avait s√©journ√© et qu’elle avait trouv√© pos√© sur une des tables basses de sa chambre. Elle se souvenait encore avoir h√©sit√© √† le prendre avec elle, lors de son p√©riple en catamaran.

A pr√©sent, elle pouvait encore se f√©liciter de l’avoir entre ses mains √©tant donn√© qu’√† cet instant pr√©cis, il lui serait tr√®s utile.
Comme quoi, un simple petit briquet tr√®s ordinaire fut-il ; pouvait bien faire des miracles en redonnant un peu d’espoir et de la lumi√®re √† deux jeunes femmes en d√©tresse…

****

Gr√Ęce aux deux lanternes, la pi√®ce baignait dans un halo de lumi√®re et semblait beaucoup plus chaleureuse qu’auparavant.

Elisa, assise sur une des chaises, observait Tamara debout, face √† la table, en train de fouiller √† l’int√©rieur du sac √† dos de Batisto.

Que pouvait bien t-elle chercher ? se demanda t’elle. Sans doute une arme quelconque ou encore un objet qui leur serait utile.
Au bout d’un instant, Tamara finit par dire d’un air d√©pit√© :

« Il n’y a vraiment rien d’int√©ressant dans ce sac ! »

Cela se voyait qu’elle fulminait int√©rieurement mais qu’elle essayait de garder son calme. Elle fusillait du regard le sac √† dos et semblait ne plus pouvoir supporter sa vue. Nerveusement elle se gratta la t√™te puis d√©cida de le d√©poser sur le plancher √† c√īt√© des deux lits de camps. Elle lui jeta un dernier coup d’oeil sans doute en le maudissant de tous les noms puis vint s’asseoir √† son tour, juste en face d’Elisa.

« J’ai perdu mon temps. Je n’ai rien trouv√© dans le sac de cette ordure √† part quelques babioles inutiles » ajouta t-elle.

« Oui, j’ai vu. On se d√©brouillera autrement… » dit Elisa en baillant.

« Vous √™tes fatigu√©e ? Vous voulez peut-√™tre un peu vous allonger ? ils sont tr√®s confortables, vous savez » dit Tamara en regardant en direction des lits.

« Non, merci mais c’est gentil de me l’avoir propos√©. Je pense que je n’arriverai pas √† fermer l’oeil. Je suis beaucoup trop angoiss√©e pour dormir »

« C’est pareil pour moi et m√™me si je me sens tout de m√™me assez fatigu√©e. Je dois bien avouer que cette marche dans la for√™t m’a litt√©ralement √©puis√©e »

« Oui, moi aussi. D’ailleurs, j’ai d√©test√© marcher dans cette fichue for√™t » dit Elisa avec m√©pris.

« Oui, vous avez bien raison. Une fichue for√™t ! comme vous d√ģtes. Des bestioles de partout avec une chaleur suffocante et insupportable. Et puis sans oublier cette moiteur qui n’en finissait pas…Oui, c’est certain, c’√©tait loin d’√™tre une promenade des plus agr√©ables »

Elisa repensa soudainement √† la grande araign√©e noire qui avait failli lui tomber dessus. Brrr…, rien que d’y penser, elle fut parcourue de frissons. Mais la sc√®ne la plus horrible √©tait bien celle du cadavre au fond du pr√©cipice. Elle le revoyait encore tr√®s clairement avec cet √©trange pique qui lui transper√ßait le dos. L’aur√©ole de sang qui maculait son t-shirt.Tout ce sang autour de lui et les d√©bris √©parpill√©s un peu partout…

Les images sordides ne cessaient de lui envahir l’esprit, lui donnant le tournis tel un man√®ge qui n’en finirait pas de tournoyer sans fin…

Et puis il y avait aussi ce type qui √©tait cach√© l√†, quelque-part en train de s√Ľrement les √©pier tout en attendant le bon moment pour s’en prendre √† elles…

Elisa se massa la tempe droite. Elle commen√ßait √† avoir un d√©but de mal de t√™te. Cela ne lui √©tait plus jamais arriv√© et ce depuis pas mal de temps d√©j√†, si ce n’est lorsqu’un jour elle avait re√ßu un coup de t√©l√©phone de sa meilleure amie de l’√©poque qui avait os√© lui annoncer tout bonnement qu’elle ne voulait plus de leur amiti√© en inventant un pr√©texte des plus m√©diocres. Un mauvais jour qui avait particuli√®rement marqu√© au fer rouge Elisa. Mais avec le temps, elle avait r√©ussi √† effa√ßer cette inf√Ęme trahison.

Aujourd’hui, le mal de t√™te qui s’insinuait lentement et douloureusement tel un poison violent √† l’int√©rieur de sa bo√ģte cr√Ęnienne ne ressemblait en rien √† celui qu’elle avait subi √† l’√©poque √† cause de sa fausse amie. Non, il √©tait bien pire…

Et il ne faisait qu’empirer, s’amplifier davantage au fur et √† mesure qu’elle s’inqui√©tait de sa situation. Une situation que personne ne voudrait vivre. Oui, la pire des situations…et qui surpassait de loin ce fameux jour de trahison. Une trahison qui √† ses yeux devenait √† l’heure d’aujourd’hui totalement anodine, ridicule et m√™me risible.

Par contre ce qu’elle √©tait en train de vivre √† Diamond √©tait un v√©ritable cauchemar… Oui, un cauchemar qui n’en finissait pas…

****

Elisa ne pouvait s’emp√™cher de ressasser en boucle toutes ces images. Elles martelaient sa t√™te sans r√©pit ; jaillissant par intermittence tels des √©clairs qui z√®breraient un ciel d’un noir intense…Oui, noir comme les yeux de Tamara…

« Comment vous sentez-vous Elisa ? √ßa n’a pas l’air d’aller ? »

La voix de Tamara l’emp√™cha d’aller plus loin dans sa r√©flexion tel un rappel √† l’ordre qui la fit imm√©diatement revenir √† la r√©alit√©.

Une r√©alit√© qui ne pr√©sageait rien de bon d’ailleurs, puisqu’elles √©taient enferm√©es √† l’int√©rieur d’une cabane, certes √©clair√©e par deux bougies mais qui √©tait perdue au milieu d’une for√™t √©paisse avec un maniaque cach√© quelque part pour noircir le tableau.

Qu’allaient-elles devenir en fin de compte ? Elisa ne cessait d’angoisser. Reprenant peu √† peu ses esprits, elle essaya tant bien que mal de masquer ses craintes et finit par r√©pondre √† Tamara :

« Je vais bien. Ne vous inqui√©tez pas. Je repensais juste √† tous ces √©v√®nements que nous venions de vivre »

« Je suis vraiment d√©sol√©e Elisa… »

Tamara semblait réellement confuse et observait Elisa avec inquiétude.
Elisa massait √† pr√©sent sa tempe gauche en esp√©rant que ce fichu mal de t√™te finirait bien par se dissiper. Elle souffrait mais ne voulait surtout pas l’avouer √† Tamara car elle en avait assez de se plaindre. D’ailleurs, elle cessa imm√©diatement de se masser les tempes car cela ne servait strictement √† rien.

Tamara l’observait toujours. Alors, pour ne pas √©veiller sa curiosit√© concernant le mal de t√™te qui la rongeait, elle r√©pliqua :

« Non, Tamara, ne vous excusez pas. Arr√™tez de le faire, s’il vous pla√ģt. C’est vous qui √™tes plus √† plaindre que moi. Je voudrais tellement qu’on puisse se sortir de cet enfer. Je me sens juste d√©sempar√©e et impuissante. Je me demande aussi combien de temps nous allons devoir rester ici et c’est vrai que je ne cesse de penser √† cet individu mais √ßa va aller, rassurez-vous. J’ai juste peur qu’il s’en prenne √† nous. C’est tout »

« Oui, moi aussi j’ai peur de ce sale type mais cette cabane a l’air tr√®s solide. Il ne pourra pas s’en prendre √† nous comme √ßa ! et puis nous sommes deux ! Il faudra donc rester ici toute la nuit jusqu’au lever du jour puis on verra bien ce qu’on pourra faire demain »

« Oui, vous avez raison. Faisons comme √ßa… »

« Au fait, quelle heure est-il s’il vous pla√ģt ? »

Elisa regarda sa montre dont les aiguilles étaient devenues phosphorescentes.

« Il est 19H15 »

« Je pensais qu’il √©tait beaucoup plus tard que √ßa. On devra donc attendre longtemps ici mais que voulez-vous, c’est bien mieux que d’√™tre dehors »

« Oui, vous avez raison et m√™me si je ne peux m’emp√™cher d’avoir peur, je vais essayer de faire la part des choses. Apr√®s tout, nous n’avons pas le choix. J’esp√®re seulement que tout se passera bien et qu’on s’en sortira »

« Oui, il faut y croire ma ch√®re Elisa. Vous verrez, on s’en sortira »

Elisa l’a regarda quelque peu perplexe ne sachant quoi ajouter de plus. Elle trouvait que Tamara ne manquait pas de courage √©tant donn√© qu’elle avait perdu son mari de la mani√®re la plus √©pouvantable qu’il soit. Mais o√Ļ pouvait bien t-elle trouver encore cette √©nergie d’y croire encore et de penser qu’elles se sortiraient de cette gal√®re ? Elle semblait si s√Ľre d’elle.

Elisa constata que par rapport √† sa compagne d’infortune, elle avait tendance √† trop vite se laisser abattre.

« Oui, et on fera tout pour √ßa Elisa ! Croyez moi ! » ajouta Tamara. « Vous savez, ces ordures m’ont d√©truite de l’int√©rieur en tuant mon mari mais je vous promets que la crapule qui est toujours en vie ou pas d’ailleurs, n’arrivera pas √† avoir notre √Ęme. Non, il ne fera rien de tel car on l’en emp√™chera vous et moi. N’est-ce pas Elisa ? Et on se battra pour √ßa »

« Oui, je suis d’accord avec vous Tamara »

Elisa essayait d’y croire mais elle avait encore quelques doutes √† ce sujet. Comment feraient-elles pour s’en sortir face √† cet individu qui avait tu√© de sang froid un homme. Et comment feraient-elles pour quitter cette √ģle ? Que de questions et cet horrible mal de t√™te qui n’en finissait pas…

Soudain, Tamara la brusqua dans ses pensées :

« Et sinon, pour parler un peu d’autre chose, comment trouvez-vous cette cabane, Elisa ? Elle n’est pas trop mal, je trouve. Mon mari et moi l’adorions. Et vous ? qu’en pensez-vous ? » demanda t-elle tout en dessinant avec son index des cercles imaginaires sur la nappe de la table.

Elisa ne lui r√©pondit pas tout de suite tant elle fut surprise par sa question quelque peu incongrue. Certes, cette cabane avait un certain charme mais elle n’√©tait pas du tout dispos√©e √† parler de ses qualit√©s ou inconv√©nients vu les circonstances actuelles.

Non ! Elle, tout ce dont elle avait envie, c’√©tait de fuir cet endroit de malheur au plus vite et que ce fichu mal de cr√Ęne s’arr√™te d√©finitivement.
Tamara voulait certainement d√©tendre l’atmosph√®re en abordant un tel sujet mais elle n’√©tait vraiment pas d’humeur √† entrer dans ce genre de conversation.

D√©cid√©ment, les deux jeunes femmes ne se ressemblaient pas du tout, point de vue caract√®re. L’une √©tait forte et d√©termin√©e avec un mental d’acier alors que l’autre doutait toujours et restait perp√©tuellement sur ses gardes.

Elisa finit par lui répondre :

« Eh bien dans d’autres circonstances, j’aurais sans doute appr√©ci√© de s√©journer ici mais l√†, je reste inqui√®te. D√©sol√©e de me r√©p√©ter… »

« Non, vous n’avez pas √† vous excuser Elisa. Vous avez toutes les raisons de l’√™tre. C’est certain que nous ne sommes pas sereines vu les circonstances mais au moins on est en s√©curit√© ici. Dehors, il doit faire nuit noire. Rien que d’y penser je me dis qu’on a bien fait de s’enfermer dans cette cabane. Pas vous ? »

« Si, je suis tout √† fait d’accord avec vous »

Elisa d√©cida de ne plus partager ses inqui√©tudes avec Tamara. Cela ne servait √† rien de propager son angoisse et de l’attiser davantage par des paroles n√©gatives.

« Je peux vous poser une question Elisa ? »

« Oui, biens√Ľr »

« Pourquoi √™tes-vous venue ici √† Diamond et toute seule ? »

« Je ne suis pas venue seule. J’√©tais accompagn√©e de mon Guide touristique »

« Oui certes, mais pourquoi venir ici sans √™tre accompagn√©e d’un ami ou d’une amie par exemple ? »

« Tout simplement parce que je voulais faire ce voyage en solitaire. C’√©tait mon r√™ve de jouer en quelque sorte les Robinson Cruso√© durant deux jours dans une petite √ģle d√©serte et √©loign√©e de tout. Et je dois bien avouer que Diamond √©tait parfaite pour √ßa mis √† part les affreux drames qui s’y sont d√©roul√©s. Le Guide m’en parlait tellement comme si c’√©tait un joyau de la nature que je n’ai pas h√©sit√© et que je me suis lanc√©e. Mais jamais je n’aurais cru un seul instant qu’il y aurait eu un meurtre ici, ni que mon guide en aurait √©t√© l’instigateur. J’√©tais loin de m’imaginer tout √ßa sinon il est clair que je serais rest√©e bien tranquillement dans mon h√ītel √† continuer mes vacances »

Les grands yeux noirs en amande de Tamara ne cessaient de la fixer comme si elle essayait de trouver une vérité au fin fond de son esprit. Mais laquelle au juste ?

« Je vous comprends Elisa. Je suis navr√©e encore pour tout √ßa »

« Non, ne le soyez pas. Vous et moi ne pouvions pas savoir que ces guides √©taient des meurtriers… »

« Oui, c’est juste. Mais je vous ai tout de m√™me entra√ģn√© dans cette gal√®re »

« N’y pensez plus. Ce n’est pas de votre faute Tamara »

Tamara se mordit la l√®vre inf√©rieure en signe d’acquiescement puis baissa les yeux comme si elle avait honte.

Elisa essayait de la rassurer mais elle savait aussi au fond d’elle m√™me qu’elle n’aurait jamais voulu rencontrer Tamara sur son chemin vu tous les probl√®mes qu’il y avait autour de cette femme et quand bien m√™me qu’elle soit une innocente victime.

Etait-ce humain de penser de la sorte ? Pourquoi est-ce que subitement elle avait de telles pens√©es envers cette femme ? √©tait-ce √† cause de ce terrible mal de t√™te qui la mettait √† fleur de peau ? ou tout simplement parce qu’elle se sentait prise au pi√®ge et qu’elle aurait bien voulu que tout ce cauchemar se volatilise comme par magie. Mais malheureusement, elle ne pouvait pas remonter dans le temps et gommer en un claquement de doigt cette rencontre…C’√©tait son destin d’√™tre tomb√©e sur Tamara.

Elle ne pouvait pas non plus lui avouer cette vérité. Elle ne pouvait que la cacher au fin fond de son esprit et se taire. En somme, il ne lui restait plus que la résignation et la fatalité.

« J’aurai une autre question √† vous poser Elisa »

Tamara venait de relever les yeux et à présent elle la regardait intensément comme si elle essayait de sonder son esprit. Ce qui perturba quelque peu Elisa.

« Allez-y, je vous √©coute »

« Je me rappelle que vous m’aviez dit que vous aviez fait de la plong√©e sous-marine avec ce Philippo avant de d√©barquer √† Diamond »

« Oui c’est vrai » dit Elisa en se demandant o√Ļ elle voulait bien en venir.

« Voil√†, je voulais juste savoir si vous aviez remarqu√© quelque chose chez lui qui ne tournait pas rond. Un √©l√©ment quelconque qui aurait permis d’en d√©duire qu’il √©tait une personne bizarre »

« Non, je suis vraiment d√©sol√©e de vous dire √ßa Tamara mais il n’y avait rien de tel chez lui qui aurait pu pr√©sager quoi que ce soit de bizarre. Il semblait tout √† fait normal. Il n’avait pas un comportement √©trange, bien au contraire. D’ailleurs, je ne comprends toujours pas comment il a pu faire toutes ces atrocit√©s. C’est vrai que √ßa restera toujours un myst√®re pour moi »

« Oui, moi aussi je me le demande encore, vous savez. C’est pareil en ce qui concerne cette ordure de Batisto. Jamais je n’aurais cru qu’il √©tait un tueur. Je me rappelle encore de lui. Il semblait √™tre une personne honn√™te et gentille mais je me trompais. Il √©tait tout le contraire. Je suis tellement d√©go√Ľt√©e. Et dire que j’√©tais venue ici avec mon mari pour notre voyage de noces. Je ne peux m’emp√™cher de penser que tout ce qui est arriv√© est de ma faute… »

« Mais pourquoi d√ģtes-vous √ßa ? rien n’est de votre faute Tamara. Encore une fois, vous ne pouviez pas pr√©voir tout ce qui allait se passer ici. En aucun cas vous ne devez vous sentir coupable, je vous assure »

« Si justement, puisque c’est moi qui ait eu l’id√©e de faire cette escapade √† Diamond. Je regrette tellement maintenant… » dit-elle les larmes aux yeux.

En regardant les larmes qui coulaient le long de ses joues, Elisa regretta subitement d’avoir eu de mauvaises pens√©es envers elle. Les yeux noirs en amande semblaient si tristes √† cet instant l√† qu’elle en √©prouva une profonde compassion.

« Je vous en prie Tamara, ne pleurez pas. Je trouve que vous √™tes une personne tellement courageuse. C’est gr√Ęce √† vous si on se retrouve dans cette cabane et en s√©curit√©. Vous avez eu raison de nous emmener jusqu’ici ! et je suis certaine que votre mari aurait √©t√© fier de vous. Je le pense tr√®s sinc√®rement… »

« Merci Elisa de me r√©conforter comme vous le fa√ģtes. Vous √™tes si gentille avec moi. Moi aussi je trouve que vous √™tes courageuse. Vous m’avez fait confiance. Vous savez, ce n’est pas tout le monde qui aurait pu s’aventurer dans cette for√™t tout en sachant qu’il y a un tueur qui s’y cache quelque part. Vous m’avez beaucoup soutenu depuis que je vous ai rencontr√©e sur la plage et je ne l’oublierai jamais. Merci pour tout √ßa » dit-elle tout en reniflant.

Elisa lui adressa un large sourire. Un sourire sinc√®re qui se voulait √™tre r√©confortant. Oui, un sourire d’espoir destin√© √† une jeune femme qui avait v√©cu un horrible drame.

Elisa ne s’en √©tait pas aper√ßu mais son terrible mal de t√™te s’√©tait totalement dissip√©. Sans doute parce qu’elle avait un peu rel√Ęch√© la pression et qu’elle reprenait peu √† peu confiance en elle.
Elle avait à nouveau un espoir qui semblait germer dans son esprit si torturé.
Oui, un ultime espoir de se sortir de cet enfer. Et pour ce faire elle aurait besoin de l’aide de Tamara alors autant s’en faire une alli√©e et chasser toutes ces id√©es noires qui ne menaient √† rien.

A pr√©sent, elle se sentait un peu plus forte et voulait encore croire √† sa bonne √©toile qui ne l’avait jamais abandonn√©e en cas de coup dur…

« Tamara ? »

« Oui ? » r√©pondit Tamara en essuyant ses larmes avec ses doigts.

« J’aimerais moi aussi vous remercier et vous dire que vous √™tes une personne bien »

« Vous le pensez r√©ellement ? »

« Oui, tr√®s sinc√®rement. Et je tenais √† vous dire √©galement que je vous appr√©cie et que je suis certaine qu’on s’en sortira » dit-elle dans un large sourire.

« Moi aussi, je vous appr√©cie Elisa. Merci de me dire √ßa. Je suis tr√®s touch√©e. Oui, on fera tout pour s’en sortir » lui r√©pondit Tamara en lui rendant le sien.

****

En pleine nuit, au coeur de la forêt de Diamond.
A l’int√©rieur de la cabane, les deux jeunes femmes √©taient toujours en train de discuter en attendant le lever du jour.

Le cadran de la montre d’Elisa indiquait qu’il √©tait exactement 20H00. Comme le temps √©tait long ! se dit-elle. Elle √©tait fatigu√©e et commen√ßait √† avoir un peu sommeil mais heureusement que Tamara √©tait l√† pour alimenter la conversation.

« Elisa ? Je pourrais vous poser une question un peu plus personnelle ? »

« Oui, biens√Ľr »

« Vous n’avez pas de petit ami ? Je vous pose cette question un peu indiscr√®te par rapport √† ce que vous m’avez dit tout √† l’heure. Vous savez, que vous souhaitiez faire ce voyage en solitaire… »

« Oui, vous avez raison. Si, j’en avais un avant mais je l’ai quitt√©. C’√©tait il y environ 1 an. On n’√©tait plus du tout sur la m√™me longueur d’onde lui et moi. Disons qu’on n’√©tait pas faits l’un pour l’autre, tout simplement. Mais c’est de l’histoire ancienne √† pr√©sent. Et puis je n’ai aucun regret et c’est ce qui compte finalement. Et vous ? si je puis me permettre, avec Juanes ? Vous vous connaissiez depuis longtemps avant de vous √™tre mari√©s ? »

« Oui, depuis d√©j√† cinq ans. C’est lui qui un beau jour, m’a dit qu’il voulait se marier avec moi. Je ne courrais pas apr√®s le mariage mais √† force qu’il m’en persuade, je me suis dit pourquoi pas ? Et puis il y tenait tellement alors on s’est mari√© le 15 d√©cembre dernier. La c√©r√©monie s’√©tait d√©roul√©e dans une magnifique cath√©drale en plein centre-ville d’Epic√©a. Et pour cette grande occasion, je portais une jolie robe blanche toute en dentelle. J’√©tais tr√®s belle et lui tellement √©l√©gant dans son beau costume tout neuf. Oui, ce fut un tr√®s beau mariage. Un v√©ritable conte de f√©e que je n’oublierai jamais… » dit-elle avec beaucoup d’√©motion dans la voix.

« Je n’en doute pas. Vous deviez former un bien joli couple »

« Oui un tr√®s beau couple… » soupira t-elle en regardant les yeux dans le vague, les deux flammes des bougies qui ne cessaient de danser.

En voyant sa tristesse, Elisa préféra changer de sujet.

« Je voulais savoir Tamara, vous habitez √† Epic√©a ? »

« Oui depuis ma plus tendre enfance. D’ailleurs c’est l√†-bas que j’avais rencontr√© mon mari. Et vous ? »

« Je ne vis pas √† Epic√©a, c’est pourquoi j’y suis venue en vacances. J’habite √† Antin√©a, l√† ou vit ma famille. Vous connaissez cette province ? »

« Oui tr√®s bien. C’est agr√©able de vivre l√†-bas. Mais il est vrai que je pr√©f√®re la c√īte. J’aime l’oc√©an »

« Moi aussi j’aime la mer… » dit Elisa en repensant √† sa promenade sur l’immense plage de sable blanc de Diamond.

Soudain, une des deux bougies s’√©teignit faisant appara√ģtre une fine volute de fum√©e blanch√Ętre qui s’√©leva en serpentin dans l’air…

**** 

La derni√®re danse de la lune : Chapitre 2 : La for√™t de Diamond

la derniere danse de la lune

 

A l’or√©e de la for√™t de Diamond : 14H10.

Elisa regarda une derni√®re fois derri√®re elle. Elle posa ses yeux sur le sable si blanc puis les attarda sur le ciel d’un bleu intense parsem√© de quelques nuages. Il faisait tellement beau ! On aurait dit un jour ordinaire. Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, elle se promenait tranquillement sur cette plage en chantonnant son air pr√©f√©r√© sans s’imaginer un seul instant que tout ce merveilleux r√™ve se transformerait en un horrible cauchemar. C’√©tait presque irr√©aliste et insens√©.

Un bref instant elle eut une pens√©e pour ses parents en regardant la progression de deux gros nuages blancs qui se suivaient l’un derri√®re l’autre. Se pourrait-il qu’elle ne s’en sorte pas et qu’elle ne les reverrait plus jamais ? Cette id√©e la fit fr√©mir. Pourtant, il ne fallait pas qu’elle baisse les bras mais alors quel serait son destin ici √† Diamond ?

Soudain elle trouva que le nom de cette √ģle √©tait ironique. Son s√©jour ici n’avait rien d’√©clatant ni de lumineux, bien au contraire. Mais alors, quel en serait le d√©nouement ? La noirceur ou la lumi√®re ? Elisa l’ignorait encore…

A contre coeur, elle détourna son regard de cette si jolie plage puis avec force et détermination suivit Tamara sans davantage se poser de questions.

****

Toutes les deux venaient de p√©n√©trer dans les profondeurs de la jungle de « Diamond » qui paraissait √™tre inhospitali√®re tant il y faisait sombre.
Imp√©n√©trable, infranchissable et √©paisse : tels fut les adjectifs p√©joratifs qu’Elisa eut en t√™te lorsqu’elle se retrouva au coeur de cet enfer verdoyant qui √©tait envahi de lianes et de toutes sortes de v√©g√©tations luxuriantes.

Il faisait si chaud et lourd que l’air √©tait suffocant, presque irrespirable si bien qu’Elisa commen√ßait √† beaucoup transpirer et que sa tunique certes tr√®s l√©g√®re lui collait d√©j√† √† la peau. Quelle sensation d√©sagr√©able que de se sentir toute poisseuse ! se dit-elle en pestant.

Quelques moustiques virulents venaient de lui piquer les bras et les jambes et n’avaient de cesse de lui tournoyer tout autour en faisant de perp√©tuels bruits de « bzz » aigus √† ses oreilles ; ce qui devenait de plus en plus horripilant.
Elle tentait √† chaque fois de les chasser de la main mais en vain, ils revenaient toujours…

D√©cid√©ment rien n’allait sur cette √ģle !

Depuis qu’elle marchait dans cette for√™t, elle avait l’impression que le poids de son sac avait augment√© de volume alors qu’il n’en √©tait rien.

Le frottement de la bandouli√®re en nylon lui lac√©rait litt√©ralement l’√©paule droite lui causant d’affreuses douleurs qui l’√©puisaient mais elle tenait bon car il √©tait hors de question qu’elle abandonna son sac. Il y avait √† l’int√©rieur bien trop de choses importantes qui lui seraient sans doute indispensables pour la suite des √©v√®nements alors elle se devait d’√™tre courageuse et de ne surtout pas baisser les bras.

Oui, elle d√©testait au plus haut point cette for√™t car elle s’y sentait oppress√©e et mal √† l’aise mais h√©las elle n’avait pas d’autre choix que d’avan√ßer sans se plaindre.

Cela faisait d√©j√† un certain temps qu’elle et Tamara marchaient inlassablement et pourtant elles n’avaient toujours pas atteint leur objectif : celui de se rendre √† la fameuse cabane.

Il était 14H45.

****

Par certains endroits, il y avait des raies de lumi√®res qui filtraient √† travers les branchages des hauts arbres, rendant une ambiance un peu plus rassurante √† ce lieu qui n’√©tait gu√®re accueillant.

Mais malgr√© ces rares √©claboussures lumineuses, Elisa trouvait encore que cette for√™t √©tait bien trop sombre et elle regrettait d√©j√† d’avoir quitt√© la plage.

De temps √† autre, le silence de la jungle √©tait troubl√© par le bruissement des feuilles, le craquement des branches sous leurs pas ainsi que par toutes sortes de bruits d’animaux : cris d’oiseaux, coassements d’amphibiens, insectes volants, ect..

Soudain Elisa sentit le chatouillement de quelque chose qui venait de se coller sur son avant-bras gauche.

En regardant d’un peu plus pr√®s, elle constata que c’√©tait une toile d’araign√©e alors d’un revers de main et √† plusieurs reprises, elle essaya tant bien que mal de retirer les fils de soie qui √©taient √† la fois tr√®s r√©sistants et fortement √©lastiques.

Lorsqu’elle y arriva enfin et qu’elle pensait en avoir fini avec cette malencontreuse rencontre, subitement elle aper√ßut une grande araign√©e noire √† la forme allong√©e avec de tr√®s longues pattes en train de descendre de son fil provenant d’une immense toile circulaire qui devait bien atteindre dans les 2m de diam√®tre. La toile ressemblait √† s’y m√©prendre √† un hamac.

En voyant l’araign√©e qui pendait toujours sur son fil, Elisa ne pu s’emp√™cher de pousser un petit cri d’effroi puis un second lorsque celle-√ßi tomba juste √† ses pieds. Pour √©viter qu’elle ne lui grimpa dessus, elle eut un mouvement de recul puis s’√©cria avec d√©go√Ľt « Quelle horreur ! »

Elisa connaissait bien cette esp√®ce d’araign√©e qu’elle avait d√©j√† vu dans le jardin de sa maison √† Antin√©a et dont elle en avait une peur bleue. C’√©tait une N√©phile dor√©e. Une araign√©e qui √©tait certes passive et inoffensive mais dont la morsure pouvait √™tre douloureuse.

Et dire qu’elle aurait pu me tomber dessus ! se dit-elle dans son for int√©rieur mais heureusement il y eut plus de peur que de mal.
Alert√©e par les cris d’Elisa, Tamara venait de se retourner et lui demanda avec inqui√©tude :

« Que se passe t-il Elisa ? »

« D√©sol√©e, je suis tomb√©e sur une araign√©e et j’ai eu peur. Mais tout va bien √† pr√©sent »

Entre-temps, la Nephile dor√©e s’√©tait √©loign√©e en courant √† toutes pattes vers un immense arbre entour√© de lianes et venait de totalement dispara√ģtre sous des feuillages.
Après ce petit incident, les deux jeunes femmes continuèrent leur ascension vers le sommet de la montagne.

Il était 15H10.

****

Elisa se demandait encore si elles avaient eu raison de pénétrer dans cette forêt. Et si tout cela les menait au contraire vers le tueur ?
De plus, la situation ne ferait qu’empirer avec la tomb√©e de la nuit ; ce qui ne la rassura pas du tout et amplifia davantage sa peur.

Elle regarda devant elle, la longue queue de cheval noire qui se balançait de droite à gauche.
Tamara marchait d’un pas d√©cid√© et ne semblait pas autant perturb√©e qu’elle. Elle suivait son chemin et rien ne semblait pouvoir l’arr√™ter.

D’ailleurs, pas une seule fois, mis √† part l’√©pisode de l’araign√©e, elle ne s’√©tait retourn√©e pour lui demander si tout allait bien.
Etrange jeune femme se dit-elle mais elle ne pouvait pas non plus lui porter un jugement trop h√Ętif √©tant donn√© qu’elle venait de perdre son mari dans d’affreuses circonstances.

Elisa √©tait ext√©nu√©e et commen√ßait √† entendre les gargouillis de son estomac. Elle avait tr√®s faim. Et dire que pour le repas de ce midi, elle devait d√©guster de d√©licieuses langoustes au beurre d’ail et au lieu de cela, elle se retrouvait ici √† marcher sans fin. Et pour noircir le tableau, un homme dangereux se cachait quelque-part, sans doute en train de les √©pier √† cet instant m√™me.

Et de son c√īt√©, Tamara ne lui avait plus jamais adress√© la parole. Elle continait sa route sans se retourner alors n’en pouvant plus, Elisa d√©cida de briser le silence et cria √† son attention :

« Tamara ! Tamara ! Vous pouvez vous arr√™ter un instant s’il vous pla√ģt ! »

La jeune femme s’arr√™ta aussit√īt puis fit volte face.

« Que se passe-t-il encore ? » demanda t-elle avec une pointe d’agacement.

Elisa fut surprise par le ton de sa voix mais ne lui en tenu pas rigueur.

« On pourrait faire une petite pause ? Je suis morte de fatigue et j’ai faim pas vous ? J’ai des petits pains aux raisins dans mon sac. Cela ne nous prendra que quelques minutes pour les manger »

Tamara changea imm√©diatement d’attitude en lui faisant un petit sourire ; sans doute pour se rattraper du ton qu’elle avait employ√© envers elle.

« D√©sol√© Elisa. Oui, biens√Ľr on va s’arr√™ter un peu. Vous avez raison, moi aussi j’ai faim. Et puis ce ne sont pas ces quelques minutes de repos qui vont nous faire perdre du temps. On a d√©j√† bien avanc√©es »

Elisa s’empressa de fouiller dans son sac de plage et en extirpa un paquet de petits pains aux raisins.

Avec h√Ęte, elle retira l’attache du sachet puis commen√ßa √† en prendre un √† l’int√©rieur qu’elle tendit √† Tamara. Elle en reprit un autre pour elle puis sans plus attendre commen√ßa √† le d√©vorer tellement elle avait faim. Tamara n’√©tait pas en reste elle non plus, et √† peine eut-elle termin√© le sien, qu’elle en r√©clama un second. Elisa l’imita. A toutes les deux, elles avaient mang√© trois petits pains chacune tout en buvant quelques gorg√©es d’eau.

« C’√©tait tr√®s bon Elisa, merci beaucoup. Au moins, nous avons pu reprendre des forces. En plus nous ne sommes plus tr√®s loin des cabanes. Remettons nous vite en route si vous le voulez bien ! »

Sur ces mots, elle continu√®rent √† nouveau leur marche dans l’√©paisse for√™t de Diamond.
A travers les branchages des hauts arbres, on pouvait aperçevoir que le ciel changeait légèrement de nuances.

Elisa regarda sa montre. Le cadran indiquait qu’il √©tait d√©j√† 16H15.

****

Au bout d’un instant, Elisa crut entendre le ruissellement d’une eau qui coulait dans les environs.
Non elle ne r√™vait pas, c’√©tait tout proche et le bruit de l’eau s’accentuait au fur et √† mesure qu’elle et Tamara s’en rapprochait.

Soudain une image à couper le souffle leur apparut.
Elle virent droit devant elles un spectacle d’une magnificence absolue.
D’une paroi rocheuse tr√®s abrupte, jaillissait une incroyable chute d’eau qui venait se jeter en contrebas dans un grand bassin d’eau claire, l’accompagnant d’un fort bruit de percussion tellement son d√©bit √©tait fort et rapide.

De l√† o√Ļ elle se trouvait, Elisa pouvait sentir le souffle humide de la cascade lui caresser le front et les joues tout en faisant l√©g√®rement virevolter sa longue queue de cheval blonde.

Et de ce flot ininterrompu, de fines gouttelettes d’eau vinrent se projeter sur son visage et ses membres, enveloppant peu √† peu sa peau d’une fine pellicule de bruine.
C’√©tait une sensation assez agr√©able, quoique un peu trop rafra√ģchissante √† son go√Ľt surtout en cette fin de journ√©e. D’ailleurs, elle ne pu s’emp√™cher de frissonner.

C’√©tait donc lui le g√©ant de la nature de Diamond ; le fameux voile de la Mari√©e qui faisait parti des visites incontournables de cette √ģle et qu’Elisa √©tait en train d’admirer √† cet instant m√™me mais dans des circonstances pas tr√®s r√©jouissantes.

Elle se rapprocha du grand bassin, se pencha légèrement en avant et commença à le scruter dans les moindres détails lorsque Tamara lui tapota.

« C’est juste apr√®s cette chute d’eau, en montant un peu plus vers le haut, que mon mari est mort »

Les sourcils fronc√©s, Elisa n’avait pas vraiment √©cout√© ce qu’elle venait de lui dire car elle √©tait soucieuse.
En effet, elle avait beau regarder le bassin, elle ne voyait toujours pas le cadavre du Guide Batisto qui normalement, aurait d√Ľ flotter √† la surface de l’eau alors sans plus attendre, elle l’interrogea :

« Tamara, je ne vois pas le corps de Batisto ? o√Ļ est-il ? Il devrait flotter √† la surface de l’eau… »

Tamara se rapprocha davantage du bassin et commen√ßa √† l’examiner √† son tour. Ne voyant pas le corps de celui-√ßi, elle ne pu que confirmer ses propos.

« Je ne comprends vraiment pas ! Pourtant je vous assure qu’il √©tait bien dans ce bassin puisque je l’ai vu s’y noyer. J’avoue que c’est incompr√©hensible… »

« Vous √™tes certaine qu’il √©tait bien mort ? »

« Mais oui ! » dit Tamara d’un ton agac√©. « Je vous avais d√©j√† expliqu√© auparavant que j’√©tais rest√©e un long moment √† le regarder se d√©battre dans l’eau. J’ai bien vu ensuite qu’il √©tait mort puisqu’il ne bougeait plus du tout. Je vous assure que je vous dis la stricte v√©rit√© ! Vous ne me croyez pas ? »

« Eh bien…Je vous crois biens√Ľr. Mais son corps n’est pas l√†…C’est tout de m√™me √©trange… »

Elisa avait apprit au cours de ses √©tudes que lorsqu’une personne se noie et qu’elle d√©c√®de, elle coule progressivement au fond de l’eau car la densit√© d’un corps mort (poumons vides d’air) est tr√®s l√©g√®rement sup√©rieure √† celle de l’eau.

Elle savait aussi que sous l’impulsion de la putr√©faction qui provoque la formation de gaz ; cela donne au corps un poids sp√©cifique qui le fera flotter puis remonter alors progressivement √† la surface.

Il fallait √©galement mettre en compte que dans l’eau de mer, la densit√© en sel est importante, c’est pourquoi un corps remontera plus rapidement entre 3 et 7 jours par rapport √† l’eau douce entre 20 jours √† 1 mois en moyenne.

Mais dans ce cas pr√©cis, Tamara avait bien expliqu√© qu’elle avait d’abord donn√© un coup de couteau dans le ventre de Batisto avant de le pousser ensuite dans ce bassin.

Il √©tait donc bless√© et se vidait de son sang alors selon toute probabilit√©, son cadavre qui devait √™tre en √©tat de putr√©faction aurait d√Ľ remonter √† la surface √©tant donn√© qu’il s’√©tait d√©j√† √©coul√© quelques heures depuis qu’il y √©tait tomb√©.
Alors qu’en d√©duire ? se demanda t-elle en regardant Tamara qui venait de lui tourner le dos.

Est-ce que Batisto √©tait vraiment tomb√© dans ce bassin ? et si oui, il aurait d√Ľ alors flotter √† la surface de l’eau. Et si jamais il se trouvait tout simplement au fond de l’eau, alors dans ce cas-l√†, il serait pratiquement impossible d’avoir le fin mot de l’histoire, vu la profondeur de celui-√ßi.

Que de questions sans réponses ! se dit-elle.

Soudain, elle entendit des sanglots. C’√©tait Tamara qui √©tait en train de pleurer √† chaudes larmes, alors contre toute attente, elle se rapprocha d’elle et lui pressa doucement l’√©paule.

« Que vous arrive t-il Tamara ?

« Mais c’est √† cause de vous si je pleure. Vous avez l’air de douter de tout ce que je vous ai dit et √ßa me fait beaucoup de mal »

Elisa regrettait d√©j√† le fait qu’elle se soit un peu trop appesanti sur cette histoire de cadavre flottant et s’empressa de le lui dire :

« Excusez-moi Tamara. Je n’aurais pas d√Ľ autant insister. Le corps de ce Batisto doit certainement se trouver au fond de ce bassin. Je ne voudrais pas que vous pensiez que j’ai dout√© de tout ce que vous m’avez dit depuis le d√©but, bien au contraire, sinon je ne vous aurai jamais suivi dans cette for√™t. C’√©tait juste que je me posai quelques questions mais √† pr√©sent, tout va bien. Vous me croyez j’esp√®re ? »

Les yeux rougis de Tamara la fixaient avec une telle intensit√© de tristesse, qu’Elisa se savait plus o√Ļ se mettre.

« Pourtant, vous avez dout√© de moi Elisa. Je trouve √ßa dommage. Vous savez, c’est suffisamment assez dur pour moi de revenir ici, l√† o√Ļ mon mari est mort. J’aurai aim√© plus de soutien de votre part » dit-elle d’un ton larmoyant et quelque peu accusateur.

« Mais j’ai confiance en vous Tamara. C’√©tait juste une simple question que je me posai, rien de plus. Il ne faut surtout pas que vous y voyiez un quelconque reproche. Je ne vous accuse de rien. De toute fa√ßon je suis certaine que cette ordure doit se trouver au fond de ce bassin. Allez ! n’en parlons plus si vous le voulez bien. Nous devrions quitter cet endroit √† pr√©sent pour rejoindre la cabane car il se fait tard »

« D’accord, mais j’esp√®re que vous ne douterez plus de moi d√©sormais car je vous appr√©cie Elisa »

« Oui, ne vous inqui√©tez plus pour √ßa. Et comme je vous l’ai d√©j√† dit, je vous soutiendrai jusqu’au bout »

« Merci Elisa » dit Tamara en prenant un pan de sa tunique pour s’essuyer les yeux.

Décidément Elisa manquait de tact envers cette pauvre jeune femme mais désormais elle ferait attention.
Et puis de toute fa√ßon, elle n’avait pas le choix, il fallait bien qu’elle lui fasse confiance alors sans r√©fl√©chir davantage elle essaya de mettre en arri√®re plan, cette histoire de cadavre flottant m√™me si ce point restait tout de m√™me un myst√®re incompr√©hensible…

****

Quelques minutes plus tard, les deux jeunes femmes se retrouv√®rent c√īte √† c√īte devant le vertigineux pr√©cipice que Tamara avait d√©crit et qui se trouvait non loin des deux cabanes.

Tout √† fait en bas, une vision d’horreur : on pouvait aper√ßevoir dans de hautes herbes tout pr√®s d’un amoncellement de pierres, le corps d’un homme qui gisait face contre terre, dans une mare de sang noir√Ętre avec pr√®s de lui, un sac √©ventr√© et tout autour, toutes sortes de d√©bris d’objets indescriptibles.

Son dos √©tait transper√ß√© d’un long pique et au niveau de sa perforation, il y avait une large aur√©ole de sang qui maculait son t-shirt bleu ciel.

Elisa n’avait encore jamais vu un cadavre de sa vie et surtout pas dans un tel √©tat : il s’agissait tout de m√™me d’un meurtre perp√©tr√© par deux hommes sans scrupules.

Soudain elle fut prise de spasmes et faillit vomir mais elle réussit tant bien que mal à se ressaisir.
De son c√īt√©, Tamara les bras crois√©s avait les yeux riv√©s sur son d√©funt mari et ne semblait avoir aucune r√©action. Que pouvait bien t-elle ressentir en le revoyant ainsi ? se demanda t-elle avec une certaine inqui√©tude.

****

Il commen√ßait √† se faire tard et le ciel s’assombrissait de plus en plus.
Le soleil ne tarderait pas à décliner.
Il était exactement 17H20.

Les deux jeunes femmes √©taient toujours en train d’observer le cadavre qui se trouvait au fond du ravin lorsqu’Elisa souhaita en savoir davantage concernant l’√©trange pique qui √©tait plant√© dans le dos de celui-√ßi.

« Tamara ? vous voyez ce que je vois » dit-elle en pointant du doigt le cadavre. « Il a un pique ou une sorte de lance qui lui transper√ße le dos. Vous savez de quoi il s’agit ? »

Tamara plissa les yeux et commença à scruter davantage le cadavre de son mari.

« Oui vous avez raison, je ne me rappelai pas du tout qu’il avait ce pique dans le dos » dit-elle h√©b√©t√©e. « Maintenant que vous m’en parlez…Je sais que lorsque votre guide me battait, je n’avais pas pu voir ce que Batisto lui faisait subir. Il a du sans doute le lui enfoncer lorsque j’√©tais √©vanouie. Mais par contre je ne sais vraiment pas de quel genre de pique il s’agit »

« Ok. De toute fa√ßon on n’aura jamais le fin de mot de cette histoire puisque comme vous d√ģtes, vous √©tiez √©vanouie au moment o√Ļ ces hommes ont tu√© votre mari. Par contre, j’avais une derni√®re question Tamara »

« Oui allez y. Je vous √©coute »

« C’√©tait le sac √† dos de votre mari que je vois l√† ? »

« Oui, effectivement. Il en avait un avec tous nos affaires dedans. Moi, par contre, j’avais d√©cid√© de ne rien porter car j’ai des probl√®mes de dos »

« Ah d’accord ! Mais tous ces d√©bris de couleur vert que je vois autour de lui, vous savez ce que c’est ? On aurait dit des morceaux de plastique mais je n’en suis pas certaine. Et vous ? Qu’en pensez-vous ? »

« Oui, je sais ce que c’est. C’est notre glaci√®re. Elle √©tait de couleur verte clair. Mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi elle se trouve au fond de ce ravin. Ces hommes l’auraient jet√©e mais pour quelle raison ? Il y avait juste des aliments et des bouteilles d’eau √† l’int√©rieur. C’est bizarre je trouve… »

« Oui, vous avez raison. Mais pourquoi auraient-ils fait √ßa alors ? C’est √©trange tout de m√™me… »

D√©cid√©ment, il y avait bien trop de myst√®res dans cette for√™t qui restaient en suspens et sans r√©ponses ; ce qui n’√©tait pas du tout √©vident pour Elisa de ne pas pouvoir les √©lucider et devoir en fin de compte les accepter tels quels sans broncher…

« Elisa? Vous m’√©coutez ? Vous semblez ailleurs… »

« Heu…Excusez-moi…Vous disiez ? »

« Je disais que nous sommes √† quelques m√®tres des cabanes. Nous devrions quitter cet endroit maintenant. J’ai du mal √†… »

Elisa regarda Tamara qui avait des larmes aux yeux et comprit une fois de plus qu’elle venait √† nouveau d’√™tre maladroite.

« Je suis vraiment d√©sol√©e Tamara. Oui biens√Ľr, je comprends. Quittons cet endroit au plus vite »

« Ce n’est pas grave Elisa. Si je pleure ce n’est pas parce que j’ai vu son cadavre au fond de ce pr√©cipice m√™me si biens√Ľr cela m’a fait beaucoup de mal de le revoir dans cet √©tat…Non, je repensai plut√īt √† notre arriv√©e sur cette √ģle, que nous √©tions tellement heureux lui et moi mais c’est si loin tout √ßa. N’en parlons plus. Je pr√©f√®rerais quitter cet endroit au plus vite. Les cabanes se trouvent √† quelques m√®tres seulement mais on ne peux pas les voir d’ici √† cause des arbres et de la v√©g√©tation. D√©p√™chons-nous s’il vous pla√ģt. Il se fait tard et la nuit ne va pas tarder √† tomber »

« Oui, allons-y ! » dit Elisa qui √©tait partag√©e entre la tristesse pour Tamara et l’espoir de rejoindre enfin les cabanes.

****

Toutes les deux se dirigeaient avec h√Ęte vers les deux cabanes qui √©taient plac√©es, l’une derri√®re l’autre, avec un grand espace de v√©g√©tation entre les deux.

« Enfin ! voici les fameuses cabanes » se dit Elisa qui voulait au plus vite s’engouffrer √† l’int√©rieur de l’une d’elles. C’est vrai qu’elles √©taient vraiment bien cach√©es et personne n’aurait pu se douter un seul instant, qu’il y en avait deux ici √† part les connaisseurs de cette √ģle.

L’ossature des cabanes (murs et charpentes) √©tait enti√®rement construite en bois ainsi que la couverture de leurs toits (tuiles en bois). Tamara n’avait pas menti lorsqu’elle avait pr√©cis√© leur rusticit√©s et biens√Ľr, elles √©taient con√ßues sans eau, ni √©lectricit√©.

****

La premi√®re cabane dont avait parl√© Tamara √©tait effectivement rest√©e entrouverte mais impossible de savoir s’il y avait quelqu’un ou pas √† l’int√©rieur.
Pour en avoir le coeur net, Tamara insista pour s’y rendre seule afin de v√©rifier si celle-√ßi √©tait vraiment inoccup√©e.

Pendant ce temps, Elisa l’attendait, cach√©e derri√®re un √©norme tronc d’arbre tout en observant les alentours.
Tamara se retrouva enfin devant la fa√ßade de celle-√ßi, pr√®s de sa porte d’entr√©e puis y donna un magistral coup de pied. Elle s’ouvrit alors davantage mais il faisait tellement sombre √† l’int√©rieur que c’√©tait difficile de distinguer quoi que ce soit.

Arm√©e d’un long b√Ęton en bois qu’elle venait de trouver par terre, Tamara commen√ßa √† franchir le seuil de la porte et tout en avan√ßant √† petits pas, le brandit en faisant de grands va-et-vient de droite √† gauche comme si elle se battait contre une personne mais invisible.

Elle renouvella ce geste plusieurs fois tout en frappant le sol, le mobilier et les objets qui se trouvaient dans les alentours puis constatant qu’il n’y avait vraiment personne, se retourna et cria tr√®s fort √† l’attention d’Elisa :

« Il n’y a personne ! Venez Elisa ! D√©p√™chez-vous ! » dit-elle avec un grand sourire de satisfaction.

Elisa n’avait eu de cesse de l’observer et ce fut avec un grand soulagement qu’elle accueillit la bonne nouvelle. « Tant mieux » se dit-elle en soupirant.

Par contre, en ce qui concernait l’individu en question ; elle se posait toujours d’innombrables questions √† son sujet. Qu’√©tait-il r√©ellement devenu ? Il √©tait bless√©. Aurait-il pu alors dans ce cas l√†, succomber √† ses blessures ? Mais ce n’√©tait qu’une hypoth√®se.

Et si jamais, il √©tait plut√īt cach√© quelque-part ici √† les √©pier. Pourtant elle n’avait rien remarqu√© √† moins qu’elle n’ait pas fait suffisamment attention. A cette id√©e, elle se mit √† fr√©mir et sans plus tarder, courut tr√®s vite vers la cabane o√Ļ Tamara l’attendait sur le seuil de la porte avec beaucoup d’impatience.

« Venez Elisa ! rentrons enfin √† l’int√©rieur. Heu…Dites-moi, vous n’auriez pas √† tout hasard de quoi nous √©clairer ? On ne voit pas grand chose √† l’int√©rieur »

« Oui j’ai ce qu’il faut » r√©pondit Elisa avec un premier petit sourire rempli d’espoir.

Il était exactement 17H55 et dans quelques minutes il ferait nuit noire dans la lugubre forêt de Diamond.

****

Invasion de criquets dans la ville de N’Djamena

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Je me souviens d’un jour ou nous devions aller s√©journer 2 ou 3 jours dans un H√ītel qui s’appelle : « Novotel »…

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Voici l’H√ītel Novotel √† N’Djamena

Et ce jour-l√† comme par hasard, il y avait √† N’Djamena ; une invasion de criquets nomade…
Afin de nous rendre √† l’h√ītel Novotel ; ma famille et moi avions emprunt√© notre voiture et c’√©tait tr√®s dur pour mon p√®re de conduire car la visibilit√© de la route √©tait assez r√©duite √† cause de tous ces innombrables criquets qui volaient un peu partout dans l’air et qui venaient le plus souvent se fracasser contre notre pare-brise…
Et d’ailleurs, pour pouvoir d√©loger tous ces criquets vivants ou morts ; mon p√®re fut oblig√© d’utiliser ses essuie-glaces ; ce qui lui permit d’avoir une meilleure visibilit√© de la route ; quoique ce n’√©tait pas non plus gagn√©, tellement il y avait bien trop de criquets !!!

Wanderheuschrecke-03Tout le long de notre parcours, je ne pouvais m’emp√™cher de regarder tous ces nombreux criquets qui volaient dans tous les sens et qui venaient se coller contre la vitre de ma porti√®re…

essaim_criquetsEt je peux vous dire que je d√©testais les voir marcher, ces vilaines bestioles sur les vitres de notre voiture ; car j’en ai¬†une peur bleue de ces insectes !!!
Mais le plus dur et le plus p√©nible pour moi fut lorsque nous arriv√Ęmes enfin √† notre h√ītel et que nous devions obligatoirement sortir de notre v√©hicule afin de regagner la porte d’entr√©e de celui-√ßi…

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Voici une invasion de criquets !

Malgr√© que mes parents et mon fr√®re faisaient un rempart autour de moi afin de me prot√©ger des criquets ; je ne pouvais m’emp√™cher de pousser des petits cris tellement j’√©tais effray√© par ces horribles insectes…(dans ma famille, je suis la seule √† en avoir peur !!!)

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Des myriades de criquets !

Et donc, nous cour√Ľmes tous les 4 tr√®s rapidement, vers les portes d’entr√©es de l’h√ītel afin de nous y engouffrer mais une fois √† l’int√©rieur et avant que les portes ne se referm√®rent derri√®re nous ; une dizaine de criquets nous avaient suivi dans notre course folle ; ce qui ne me rassurait pas du tout. Et comme vous pouvez vous l’imaginer ; il y en avaient qui voletaient un peu partout √† l’int√©rieur du hall de l’h√ītel.

1001048-Criquetcriquets1Mais disons que cela n’√©tait rien compar√© aux innombrables criquets qui volaient √† l’ext√©rieur !!!
C’est bien simple ; on ne pouvait plus distinguer la couleur du ciel tellement celui-√ßi √©tait obscurcit par une nu√©e d’essaims de criquets faisant un bruit assourdissant √† cause du frottement incessant de leurs ailes…

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Vue du ciel : Invasion d’essaims de criquets

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A l’accueil de l’h√ītel, lorsque l’h√ītesse nous remit les clefs de nos chambres ; je ne savais pas qu’une autre √©preuve m’attendait…

Cliquez sur ce lien pour d√©couvrir L’H√ītel Novotel de N’Djamena :

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L’H√ītel Novotel :

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En effet, il se trouvait que nos chambres communicantes donnaient sur une des ailes ext√©rieures de l’h√ītel ; ce qui ne m’enchanta pas du tout…

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Couloirs ext√©rieurs de l’H√ītel Novotel menant √† nos chambres

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Et au moment d’ouvrir la porte de notre chambre ; nous f√ģmes donc, tr√®s attention de ne pas entra√ģner dans notre sillage les fameux insectes ; √©tant donn√© qu’il y en avaient encore un peu partout qui volaient dans tous les sens ou encore d’autres, qui restaient agglutin√©s contre les murs des couloirs ext√©rieurs de l’h√ītel…

9y8ia9s3Mais heureusement tout se passa sans encombres et finalement aucune de ces affreuses bestioles ne s’engouffra ou m√™me ne se trouva √† l’int√©rieur dans nos chambre…
Je pouvais enfin me d√©tendre…
Une fois apr√®s avoir pris une bonne douche, je m’allongeai sur mon lit et avec un soupir de soulagement je me disais en mon for int√©rieur, que j’√©tais en s√©curit√© ici ; alors qu’√† l’ext√©rieur ; la ville de N’Djamena √©tait envahie de ces essaims de criquets…

a41d30ca-48fe-11e1-8c33-83a9aa16abdcEt pourtant, je dois avouer que cette nuit l√†, mon sommeil avait √©t√© tr√®s r√©parateur mis √† part quelques mauvais r√™ves concernant ces ind√©sirables envahisseurs…

Je tenais √† vous raconter cette anecdote de ma vie d’expatriation pass√©e au Tchad car ce fut pour moi un souvenir fort m√©morable…Ce n’est pas tous les jours qu’on voit ce genre d’invasion d’insectes !!!

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Quelques explications sur le criquet nomade :

Schistocerca-gregaria-AdultLe criquet nomade ou criquet rouge est une espèce de criquet de la famille Acrididae, la seule du genreNomadacris.

SauteriauSa morphologie :
Taille des ail√©s m√Ęles : 6 √† 7 cm.
Taille des ailés femelles : 6 à 8,5 cm.

Son comportement :
Le criquet nomade a un comportement semi-arboricole.
Il privilégie les environnements herbacés souvent embroussaillés et denses avec de hautes graminées tels que : mais, canne à sucre, sorgho.
En saison sèche, il utilise des perchoirs arbustifs voire arborés.

3385054893_7930ebb74fSon alimentation :
L’esp√®ce est consid√©r√©e comme nuisible de par les ravages qu’elle peut faire¬†sur les plantes.
Le criquet nomade est un ravageur polyphage (le terme polyphage d√©signe ou qualifie tout organisme se nourrissant d’aliments vari√©s.
Les Tchadiens :
En g√©n√©ral, durant l’invasion des criquets, les Tchadiens aiment bien les attrapper pour ensuite les faire frire afin de pouvoir les d√©guster un peu comme √† la mani√®re des petites fritures de poissons…
Pour ma part, je n’ai jamais go√Ľt√© √† ce genre de met et je pense que je ne m’y risquerai jamais…

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Voici une friture de criquets !

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Mon bapt√™me de l’air

Dans les ann√©es 87, nous part√ģmes de nouveau en Afrique ; direction : La Guin√©e, √† Conakry (La Capitale)…

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A cette √©poque l√†, j’avais 10 ans et je peux vous dire que ce f√Ľt pour moi le plus beau et le plus m√©morable des voyages africains…
En effet, √©tant donn√© que je n’avais gard√© pratiquement aucuns souvenirs de la C√īte d’Ivoire ; ce fut donc avec d√©l√®ctation que je profitai pleinement de mon premier voyage Africain et disons-le ; de mon premier bapt√®me de l’air et ce ; m√™me si j’avais d√©j√† pris plusieurs fois l’avion avec mes parents lorsque j’√©tais encore un b√©b√©…
Mon premier bapt√®me de l’air :

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J’ai eu vraiment beaucoup de chance de pouvoir d√©couvrir la Guin√©e √† l’√Ęge de 10 ans !!! et d’y vivre en famille, durant 2 belles ann√©es !!!
Mais je dois avouer que l’un de mes plus beaux souvenirs restera tout d’abord et avant tout, mon voyage en avion…
L’un de mes tr√®s grands moments √† mes yeux…

A présent, je vais vous raconter mon histoire :

Aeroport
A l’int√©rieur de l’a√©roport de Paris, Roissy Charles de Gaulle ; mes parents, mon petit fr√®re et moi attendions notre tour dans la file d’attente des passagers en partance pour la Guin√©e…
Lorsque vint enfin notre tour de remettre nos billets d’avion √† l’h√ītesse d’accueil ; ce f√Ľt dans une d√©marche assez rapide que nous commen√ß√Ęmes √† marcher dans l’interminable couloir d’embarquement qui menait √† l’entr√©e de notre boeing…
Et je dois dire qu’√† partir de ce moment-l√† tr√®s pr√©cis, je commen√ßai √† me dire : « C√©cile !!, √ßa y est, tu vas bient√īt te retrouver √† l’int√©rieur de l’avion et ce ; dans √† peine quelques minutes… »

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A l’int√©rieur de l’avion :

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La premi√®re fois que je suis mont√© dans un boeing ; ce fut pour moi une v√©ritable d√©couverte…
Je reviens donc √† mon histoire ou je me retrouvai enfin √† l’int√©rieur de l’avion…
Il devait bien √™tre 21h00 du soir…(C’√©tait en juillet et donc il faisait encore jour…)
Lorsque nous entr√Ęmes enfin, √† l’int√©rieur de l’avion ; ma famille et moi, f√Ľmes accueillis par 2 h√ītesses de l’air et 1 stewart qui nous dirent : « Bienvenue √† bord de notre Compagnie « Air Sabena ». Nous vous souhaitons un agr√©able voyage Madame, Mademoiselle et Messieurs… »
Pendant que je suivai mes parents et mon petit fr√®re dans l’√©troit couloir, j’observai aux alentours tous ces gens qui rangeaient leur affaires dans des compartiments qui se trouvaient au dessus leurs fauteuils ou encore des passagers qui commen√ßaient √† s’installer dans leur si√®ges respectifs…
J’adorai d√©j√† toute cette effervescence…

Puis mon p√®re s’arr√™ta de marcher et nous dit : « Voici nos places et vous les enfants, vous √™tes plac√©s juste devant nous ; donnez-moi vos sacs, je vais les ranger en haut dans les compartiments… »
Une fois d√©barrass√©e de mon sac je m’installai dans mon fauteuil et je commen√ßai √† d√©couvrir avec mes yeux d’enfant √©merveill√©s tout l’int√©rieur de l’avion tels que : les si√®ges, les hublots, le personnel naviguant, ect…
J’√©tais totalement fascin√©e par toute cette ambiance…
Il faut dire que c’√©tait vraiment une premi√®re pour moi….
Mon petit fr√®re aussi √©tait aux anges car il d√©couvrait tout comme moi, l’int√©rieur de l’avion.
Mais ce qui lui plaisait le plus, vraisemblablement ; c’√©tait de regarder √† travers le hublot, la piste de l’a√©roport…

HUBLOT
D’ailleurs, lorsque nous √©tions rentr√© √† l’int√©rieur de l’avion ; mon fr√®re m’avait dit d’embl√©e : « C√©cile, je voudrais √™tre plac√© pr√®s du hublot, s’il te pla√ģt… »
Et comme je suis d’une nature g√©n√©reuse ; je lui disais que je n’y voyais aucun inconv√©nient…bien au contraire puisque je souhaitai moi-m√™me, √™tre plac√©e pr√®s du couloir afin de mieux regarder les all√©es et venues du personnel naviguant….(√† cette √©poque l√†, c’√©tait un m√©tier qui me plaisait beaucoup : √ßa me faisait r√™ver…)

D√©collage de l’avion :
Je parlai tranquillement avec mon fr√®re, lorsque soudain je ressenti des vibrations sous mes pieds…
En effet, l’avion commen√ßait √† rouler doucement sur la piste…
Puis il se mit peu √† peu, √† acc√©l√©rer sa vitesse…
A pr√©sent, l’avion roulait tellement vite que je ne distinguai m√™me plus l’a√©roport √† travers le hublot…
Puis ce f√Ľt √† partir de ce moment que l’avion d√©colla…
Et je ressentis alors, comme une dr√īle de sensation : C’√©tait comme si une lourde pesanteur s’abattait sur mon corps ; avec cette impression √©trange de m’enfoncer litt√©ralement dans mon fauteuil…

La tête dans les nuages :
Mon petit fr√®re me regarda et me dit : « Wahou !!! t’as vu C√©cile…√ßa y est on est dans le ciel…. »
Et je lui r√©pondis aussit√īt : « Oui, √ßa fait bizarre…mon dieu, √ßa fait peur…t’as vu…regarde par ton hublot…on ne voit presque plus la terre…on est vraiment tr√®s haut dans le ciel…maintenant… »
Olivier me r√©pondit : « Oui c’est vrai…je ne vois plus la terre…√ßa y est…regarde les nuages…Wahou !!! c’est beau…t’as vu ? »
Je me penchais davantage pour pouvoir aper√ßevoir √† travers le hublot ; les jolis nuages qui ressemblaient √† du coton tr√®s vaporeux…

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Puis je dis √† mon fr√®re : « C’est beau…on dirait des morceaux de coton g√©ants… »
Puis je sentis une main qui me touchait l’√©paule : C’√©tait ma Maman qui √©tait juste install√©e derri√®re moi …
Je me retournai et aper√ßu son sourire…
Puis elle me dit : « T’as vu C√©cile…on est dans les nuages maintenant…t’as vu par le hublot ? »
« Oui, j’ai vu Maman…C’est vraiment trop beau…et je suis contente d’√™tre dans cet avion… »

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Et Maman me dit « Je savais que tu aurais aim√© prendre l’avion…et tout √† l’heure on mangera le repas…tu verras comment c’est…surtout profite bien de ce voyage ma poupoule… »
et je lui r√©pondis : « Merci Maman…bisous »
Les h√ītesses de l’air :

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Alors que je discutais avec animation avec mon fr√®re, j’entendis une voix, √† ma droite me dire : « Bonsoir les enfants, vous pouvez d√©tacher votre ceinture √† pr√©sent… »
C’√©tait une h√ītesse de l’air qui s’adressait √† nous avec un large sourire et qui avait stopp√© devant elle un gros chariot dans lequel je pouvais aper√ßevoir des boissons et des petits sachets de cacahu√®tes ap√©ritifs…
Puis, elle nous dit :  » Les enfants, vous d√©sirez boire quelque-chose ? »
Je lui r√©pondis timidement : « heu oui… »
L’h√ītesse de l’air dit : « Il y a du jus d’orange ou du jus de pomme ? »
Je lui dis : « Je voudrais un jus d’orange s’il vous pla√ģt »
L’h√ītesse dit : « Et vous jeune homme ? »
Mon fr√®re r√©pondit : « moi je prendrais aussi un jus d’orange s’il vous pla√ģt… »
Aussit√īt dit et aussit√īt fait, l’h√ītesse nous donna nos boissons accompagn√©s de petits sachets de biscuits ap√©ritifs…
J’adorai vraiment toute cette ambiance et je me sentais tr√®s bien dans ma peau…
Bref, j’√©tais heureuse !!!
Quelques instants plus tard, une autre h√ītesse de l’air nous donnait √† moi et √† mon fr√®re des trousses de toilette (de la Compagnie a√©rienne « Sabena »), des couvertures pour dormir, des masques de nuit, des jeux pour enfants (puzzle repr√©sentant l’avion « Sabena » ; jeu de l’oie, et jeux de dames) ainsi que des casques d’√©couteurs pour pouvoir √©couter de la musique ou encore √©couter le son du film que la Compagnie « Sabena » diffuserait ce soir…
Inutile de vous dire que mon fr√®re et moi √©tions ravis d’avoir re√ßu des jeux pour s’amuser…
Et sans plus attendre, on commen√ßa √† jouer au jeu de dames…ce qui nous permettait de passer un peu le temps…
Visite du cockpit :

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Durant ce voyage, mon fr√®re et moi avions eu l’opportunit√© de visiter le cockpit ….
Mon fr√®re et moi regardions avec des yeux √©merveill√©s, tous ces boutons (certains √©taient lumineux et d’autres pas) et ces petites loupiotes qui n’en finissaient pas…..si bien que je m’√©tais demand√© comment pouvaient bien faire le pilote et le copilote pour ne pas s’y perdre…
Je me souviens m√™me que j’avais dis √† haute voix : « Il y a beaucoup de boutons !!! »

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Et le commandant de bord m’avait dit en souriant : « Eh oui, vous avez vu les enfants !!! c’est vrai qu’il y a beaucoup de boutons mais mon coll√®gue et moi ; on est tr√®s habitu√©s alors √ßa ne nous fait pas peur du tout…et peut-√™tre qu’un jour le m√©tier de pilote de ligne vous plaira √† votre tour et qui c’est vous serez vous aussi peut-√™tre amen√©s √† conduire des avions ? »
Et Olivier lui avait r√©pondu sans grande conviction : « Peut-√™tre, je sais pas encore…en tout cas √ßa a l’air difficile… »
Puis ce fut sur ces derni√®res phrases prononc√©es ; que notre visite du cockpit s’acheva…
Et inutile de vous dire que ce fut une tr√®s belle exp√©rience pour moi et sans aucun doute, √©galement pour mon petit fr√®re…

Le d√ģner :
Je me souviens encore du repas qui n’√©tait pas si mal que √ßa puisque je l’avais appr√©ci√© :

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– Carottes r√Ęp√©s, oeufs mimosas et petits canap√©s de p√Ęt√©,
РCuisse de poulet accompagné de coquillettes au beurre,
– Une petite assiette de fromages,
– un bol de salades de fruits.

Je me souviens encore de ce menu car je l’avais not√© dans mon journal intime de l’√©poque…
Diffusion d’un film :
Je me rappelle que j’avais regard√© un bout de film ( je ne me souviens plus du tout du titre de ce film) mais qu’ensuite je m’√©tais endormie devant…
Puis je me souviens que mon p√®re m’avait r√©veill√© et chuchotai : « Tiens, C√©cile, Mets ton masque de nuit, tu seras mieux avec…et comme il fait froid, tiens ta couverture…. »
Puis mon p√®re d√©ploya la couverture et me la d√©posa sur les √©paules car il est vrai qu’il faisait l√©g√®rement frisquet √† l’int√©rieur de l’avion…
Il fit de m√™me avec mon fr√®re puis nous souhaita une douce nuit et de beaux r√™ves car √† partir de demain matin on se retrouverait tous les 4 en Afrique : En Guin√©e…
Le lendemain matin :
Ma Maman nous r√©veilla et nous dit d’aller faire rapidement un brin de toilette avant qu’il n’y ait trop de monde…
Ce que l’on f√ģt….
Et je peux vous dire que je garde un souvenir m√©morable des toilettes…
En effet, ils sont extr√™mements petits et ce ne f√Ľt pas si √©vident que √ßa de me laver le visage, de me brosser les dents ou encore de me coiffer les cheveux….
Mais bon…il fallait bien faire avec…
Quelques instants apr√®s, mon fr√®re et moi prenions un petit d√©jeuner √† base : de lait, de biscottes, de confitures et de jus d’orange…
Puis le temps passa et soudain on entendit dans un micro ; la voix du Commandant de Bord qui annonçait à tous les passagers :
« Bonjour, je suis le Commandant de bord « X » ; et je vous annon√ße que nous approchons des c√ītes Guin√©ennes et que nous allons entamer notre descente vers Conakry, la capitale ; dans quelques minutes…
Veuillez donc regagner votre si√®ge et attachez votre ceinture…
La temp√©rature ext√©rieure est de 28 degr√©s celsus et il exactement 6h00, heure locale de Conakry et √† Paris il est exactement 8h00…
J’esp√®re que votre vol aura √©t√© agr√©able aupr√®s de notre Compagnie « air Sabena » et esp√©rons vous revoir tr√®s prochainement √† bord de notre ligne. Merci √† vous et tr√®s bon s√©jour √† Conakry. »
L’atterissage :

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Ce fut au moment de l’atterissage que je d√©couvrai pour la premi√®re fois que j’avais « le mal de l’air »…
Et je peux vous dire que durant quelques minutes ; (pour moi, cauchemardesques) j’√©tais devenue toute verte car j’essayai de me contr√īler afin de ne pas vomir…
Mais d√®s lors ou les roues de l’avion touch√®rent le sol Guin√©en ; je me senti de plus en plus mal….
Et ce qui devait arriver ; arriva… (si vous voyez ce que je veux dire)
Mais heureusement qu’il y avait le fameux sac en plastique, destin√© sp√©cialement, pour ce genre de d√©sagr√©ment ; et qui √©tait pla√ß√©, juste l√†, devant moi ; √† l’int√©rieur de la housse, au dos du fauteuil avant…
Mais tout de m√™me ; quelle plaie, que celui d’avoir le mal de l’air !!! surtout si on aime les voyages en avion…
Mis √† part ce d√©sagr√©ment ; je garderai toute ma vie au fond de mon coeur, un tr√®s bon souvenir de ce merveilleux voyage en destination de la Guin√©e… car c’√©tait mon premier bapt√®me de l’air en quelque sorte ; m√™me si j’avais d√©j√† voyag√© en avion √©tant tout b√©b√©…