Étiquette : mort

L’absence 🌠

L’absence est si dure Ă  vivre


Je dirais qu’elle est intolĂ©rable et comparable Ă  un baromĂštre


TantĂŽt un degrĂ© de souffrance plus Ă©levé 

TantĂŽt un peu moins selon ses pensĂ©es envers l’ĂȘtre disparu


Ce n’est pas constant


C’est trĂšs variable


On ne saura alors jamais vraiment à quel degré on va se situer


Cela dépend des jours


Cela dépend de notre humeur


Cela dĂ©pend de soi…

L’absence, quant Ă  elle, viendra parfois s’immiscer dans votre esprit


Tout doucement
 Sans faire de bruits


Ensuite vous voudrez absolument la matérialiser


La rendre vivante


Comme si l’ĂȘtre cher disparu Ă©tait Ă  nouveau face Ă  vous en train de vous sourire


C’est alors que vous lui rendrez le vĂŽtre tant vous serez heureux de voir cette merveilleuse apparition juste lĂ , devant vos yeux


Mais hélas suivant votre pensée ; cette soudaine apparition pourra tout aussi bien disparaßtre


Et lĂ , vous serez Ă  nouveau confrontĂ© Ă  la dure rĂ©alitĂ© de l’absence


Cette absence si douloureuse
 si omniprĂ©sente
 qu’elle en devient suffocante
 presque irrespirable


Vous souhaiterez alors que l’apparition fugace revienne Ă  nouveau comme par enchantement


Et pour ce faire, il faudra vous remémorer un souvenir


Un souvenir tout simple qui vous liait à la personne disparue


Un souvenir heureux ou encore malheureux


Car oui
 il peut y avoir des souvenirs pas trĂšs gais aussi
 mais peu importe du moment que l’ĂȘtre cher revienne Ă  nouveau auprĂšs de vous


La mĂ©moire est donc primordiale dans ces moments là


Oui, l’absence n’est vraiment pas facile Ă  gĂ©rer


Elle vous ronge parfois de l’intĂ©rieur surtout les soirs de solitude


Mais la question est : Peut-on vivre avec l’absence ?

Oui et non
L’absence vous serrera toujours le cƓur


C’est ainsi car vous aimiez tant cet ĂȘtre cher disparu qu’il ne peut en ĂȘtre autrement


La seule solution serait alors d’oublier


Mais si vous ne le souhaitez pas ?

Si vous préférez au contraire raviver le passé en repensant à cet absent si précieux


Si vous préférez au contraire le revoir prÚs de vous


Le rendre Ă  nouveau bien vivant en train de vous serrer dans les bras, vous faire un bisou sur la joue…

Revoir tout simplement son sourire ou encore ses Ă©clats de rire…

Revoir tout son ĂȘtre, juste lĂ  devant vos yeux embuĂ©s de larmes


Car les larmes finiront par tomber


D’abord une le long de votre joue puis d’autres encore qui finiront par suivre


Vous n’y pourrez rien


C’est ainsi
 Ă  part si vous contrĂŽlez votre vive Ă©motion mais il est prĂ©fĂ©rable au contraire de se laisser aller…

De se laisser emporter
glisser


De vous rĂ©fugier dans les souvenirs du passé 

Cela vous fera du bien mais aussi du mal


Telle est la dure loi de l’absence


Une rĂšgle que l’on ne peut hĂ©las outrepasser


Et pourquoi résister de toute façon ?

Se laisser aller est donc le meilleur remùde qui soit afin de pouvoir rejoindre votre absent


Pour juste le revoir


Le revoir quelques instants
 quelques minutes
 ou quelques secondes


Peu importe le temps qui vous sĂ©pare de lui ; du moment qu’il transformera son absence en prĂ©sence


Une prĂ©sence qui vous comblera de joie mĂȘme si celle-ci restera Ă©phĂ©mĂšre…

Une présence que je voudrais tant garder prÚs de moi


Une présence qui me manque tous les jours


Une présence qui reste pourtant dans mon esprit


Papa
. Ton absence est si difficile à vivre


Que je ne peux m’empĂȘcher de te refaire revivre comme si tu n’avais jamais quittĂ© cette terre


Comme si tu Ă©tais toujours là


D’ailleurs, il en sera toujours ainsi


Pour moi, tu es là
Oui, tu es toujours lĂ …

Ton absence ne fait que raviver un peu plus chaque jour ta rayonnante présence


Tu ne fais pas parti de mon passé 

Tu suivras toujours mes pas


Tu me guideras


Tu resteras ma lumiĂšre Ă©clatante lorsque j’aurai peur dans la nuit noire


Tu resteras un pÚre présent pour moi


Car oui, plus que jamais, ton absence ne fait que raviver tout ton ĂȘtre


Ton existence telle une seconde naissance


L’absence ne pourra pas t’effacer car moi je ne cesserai jamais de t’aimer Ă  travers mes pensĂ©es


Des pensĂ©es qui me feront Ă©ternellement voyager pour ĂȘtre toujours Ă  tes cĂŽtĂ©s


Des pensĂ©es qui te font d’innombrables fois renaĂźtre Ă  l’infini dans les profondeurs de mon esprit…

Un esprit qui me relie un peu plus chaque jour Ă  toi…

Je t’aime Papa 💟💟💟

Pour l’Ă©ternitĂ© 🕯

Pour l’éternitĂ©

Les os restaient sous l’ocĂ©an depuis d’innombrables annĂ©es,

Ne voulant pas encore remonter Ă  la surface pour respirer,

Les os se nourrissaient encore des larmes salées,

VersĂ©es par des ĂȘtres tristes et abandonnĂ©s,

Refoulés du pied et ignorés.

Les os se durcissaient mais vivaient,

Ne voulant toujours pas remonter Ă  la surface pour s’époumoner.

Ils souhaitaient s’enchaüner à jamais,

Au fond de l’ocĂ©an qui semblait les aimer,

Car ils ne voulaient pas encore se dessĂ©cher et s’effriter.

Ils voulaient se nourrir des larmes salées et rejetées,

Et restaient ainsi Ă  jamais,

À s’abandonner pour jouer Ă  leurs tours et sans dĂ©tours,

Avec toutes ces raies qui ondulaient,

Telles de majestueuses majestés,

Devant leurs yeux émerveillés,

Venant les envelopper, les caresser et leur chuchoter de tendres mots doux,

EntremĂȘlĂ©s d’algues vaporeuses et floues,

Ondulantes danseuses qui effaçeraient tout,

Car elles savaient les comprendre et les rassurer,

En absorbant telles des Ă©ponges,

Leurs troubles songes tourmentés,

Et leur avouer dans le creux de leurs oreilles décharnées,

Qu’ils n’étaient pas les seuls abandonnĂ©s,

Et que leur mÚre nourriciÚre « La Mer » était là,

Pour engloutir leur désarroi,

Et qu’ils devaient se laisser aller Ă  la dĂ©rive,

Pour mieux vivre.

Alors les os se dirent que tout compte fait,

L’ocĂ©an pourrait enfin les aider Ă  surmonter,

Toutes ces tempĂȘtes dĂ©chaĂźnĂ©es qui s’étaient accumulĂ©es,

Telles des baleines échouées sur la plage esseulée,

Pitoyablement ignorées par tous ces humains inhumains ne daignant pas leur tendre la main.

Alors les os se dirent que tout compte fait,

PlutÎt que de rester sur cette plage abandonnée,

Ils se devaient de toujours garder le cap et se relever,

Pour remonter à la surface et regarder en face tous ces cƓurs de glace,

Ces navires bondés qui passaient et repassaient devant leur nez pour juste les narguer.

Tous ces infĂąmes sans Ăąmes,

Qui semblaient ignorer qu’ici-bas,

Gisaient ça et là dans un infini oubli,

Des dĂ©bris d’os brisĂ©s par la vie,

D’un squelette endormi,

Appartenant sans nul doute à une personne chavirée,

Qui gouttes aprĂšs gouttes, larmes aprĂšs larmes,

Cette naufragĂ©e d’un monde sans pitiĂ©,

Venait de se jeter sans le moindre regret,

Dans cet océan de quiétude qui remplirait enfin sa solitude.

Cette solitude qui la pesait depuis tant d’annĂ©es,

Et que seul l’ocĂ©an viendrait effacer Ă  coup de grandes et hautes vagues,

Toutes ces attaques de pirates,

Ces envahisseurs des Mers qui voulaient la réduire en poussiÚre,

Ce vague à l’ñme qui la rongeait,

Et qui finirait bien par se désagréger, se dissiper et se cacher,

Au fond d’un coffre Ă  trĂ©sors,

Parmi les innombrables piùces d’or,

Pour ne plus jamais en ressortir,

Et ce jusqu’à la mort,

Prisonnier Ă  jamais et empĂȘchĂ©,

De détruire sa bien aimée,

Car lui seul, savait la protéger de tous ces empoisonneurs nés,

Tous ces requins qui voulaient la dévorer sans aucune pitié.

Tous ces ĂȘtres nuisibles de la terre,

Ces cƓurs de pierre,

Ces lĂąches avides de guerre,

Qui mĂȘme au-delĂ  des frontiĂšres,

Voulaient d’un coup de rĂ©volver,

Ou encore d’un coup d’épĂ©e,

Lui assener le coup de grĂące tant convoitĂ© pour l’achever,

Avec cette ultime grimace sur leur visages dĂ©formĂ©s d’aliĂ©nĂ©s,

Qui lui diraient dans un éclat de rire prolongé :

« Le pire viendra à venir,

Alors, ne veux-tu pas en finir ? »

Elle avait bien essayé de se camoufler derriÚre le déguisement de ce poisson clown que tout le monde appréciait,

Mais finalement, ce costume l’avait lassĂ©e et Ă©coeurĂ©e,

Alors elle voulait s’en dĂ©barrasser Ă  tout jamais,

En nageant au fin fond de ces abßmes si froids mais délicats,

Dont elle n’aurait en aucun cas,

ÉchangĂ© sa place de Reine,

Dans cet arĂšne sous-marin,

Qui lui avait tendu la main,

Et qui la considérait enfin,

Comme une sirĂšne, une Reine.

Et bientĂŽt elle chanterait sa douce mĂ©lodie du bonheur qui lui tenait tant Ă  cƓur,

Sans ce soucier de tous ces infĂąmes,

Ces voleurs d’ñmes,

Qui n’oseraient plus la juger et la jeter au banc des accusĂ©s.

Être enfin libĂ©rĂ©e de toutes ces chaĂźnes qui encombraient encore ses poignets.

Être enfin libre et sereine,

Dans cet océan de candeur et de douceur,

Qui connaissait dĂ©jĂ  par cƓur,

Son joli chant de sirĂšne,

Trop longtemps refoulé,

Par les remous agités de tous ces navires qui osaient lui lancer :

« ArrĂȘte de chanter ! On en a assez ! Tu nous donnes la migraine avec ton chant de sirĂšne ! »

Mais l’ocĂ©an n’allait pas tarder Ă  les entraĂźner dans son terrible tourbillon,

Car il Ă©tait furibond,

Que l’on puisse s’attaquer Ă  sa bien aimĂ©e.

Et bientÎt tous ces navires bondés,

Qui n’avaient eu de cesse de pourchasser son adorĂ©e,

Se retrouveraient confrontés à sa colÚre légendaire,

Pour disparaĂźtre Ă  jamais de cette terre.

Car l’ocĂ©an Ă©tait venu la sauver,

De ce monde de cruautés,

De cette suffocante cage de verre et d’acier,

Qui l’avait trop longtemps retenue prisonniùre.

Et que pour s’en dĂ©faire,

Elle avait écouté ses conseils avisés.

Et aujourd’hui,

Elle avait décidé de se noyer et de se fondre en lui,

De se jeter Ă  corps perdu,

Et de goĂ»ter le sel de cet inconnu dont elle s’était toujours dĂ©fendu,

Pour trouver enfin la lumiĂšre,

La réponse à sa priÚre,

Et se dĂ©tacher Ă  tout jamais de cet obscuritĂ© qui l’avait fragilisĂ©e,

Pour rejoindre avec délectation,

Ces profondeurs qui l’attiraient avec passion,

Et dans lesquelles elle venait de plonger avec volupté,

En plein cƓur de cette puretĂ© inĂ©galĂ©e,

Limpide Ă  souhait,

Qui ne la décevrait jamais.

Pour vivre enfin son conte de fées,

En s’ancrant à jamais tel un rocher,

Dans ces profondeurs inexplorées.

Car la tentation l’avait gagnĂ©e,

Et que son cƓur venait d’ĂȘtre happĂ© et scellĂ© Ă  tout jamais,

À son ocĂ©an bien aimĂ©,

Et ce pour l’éternitĂ©…

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Un poĂšme de CĂ©cile La Suricate.

Ma nouvelle « La LumiĂšre » publiĂ©e ✒ 

Coucou mes chers amis !

Ce matin, le Mardi 22/11/16, j’ai eu l’agrĂ©able surprise de recevoir dans mes mails le message suivant :

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Inutile de vous dire Ă  quel point j’Ă©tais trĂšs heureuse et Ă  la fois Ă©tonnĂ©e…

Je n’avais encore jamais participĂ©e Ă  un concours littĂ©raire et c’est grĂące Ă  mon amie La Belette, que j’ai osĂ© me lancer…Merci ma Belette ❀.

Je n’ai rien gagnĂ© mais pour moi ĂȘtre publiĂ©e via ce magazine fĂ©minin, c’est dĂ©jĂ  Ă©norme et trĂšs valorisant Ă©tant donnĂ© que je n’ai jamais eu grande confiance en moi.

C’est pourquoi, j’ai voulu partager avec vous cette heureuse nouvelle.

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Voici le lien de ma nouvelle publiée sur aufeminin.com :

La lumiÚre 

Gros bisous Ă  toutes et Ă  tous !

CĂ©cile La Suricate

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Et voici le texte : « La LumiĂšre » : publiĂ© sur aufeminin.com dans la catĂ©gorie « Culture » et « prix litteraire 2016 » :

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La LumiĂšre :

AntinĂ©a voulait devenir un arbre mais pas n’importe lequel. Elle souhaitait devenir un grand et majestueux baobab qui Ă©tait selon elle le plus bel arbre du monde vĂ©gĂ©tal. 

Et puis, sans oublier son imposante force si convoitĂ©e par ses congĂ©nĂšres. De plus, il ne manquait pas de vie de par sa sĂšve intensĂ©ment riche et si dense. Quant Ă  ses racines, elles formaient tout un assemblage de ramifications qui semblaient se rejoindre Ă  l’infini. 

C’est pourquoi AntinĂ©a aimait autant le baobab car il reprĂ©sentait pour elle une force hors du commun qui pouvait dĂ©fier les lois physiques de la nature Ă  lui tout seul. Oui, et sans aucun doute qu’il Ă©tait pour ainsi dire l’unique grand Roi de tous les arbres confondus. 

En repensant Ă  sa future rĂ©incarnation, AntinĂ©a se mit subitement Ă  sourire ; chose qu’elle n’avait plus jamais fait depuis pas mal de temps dĂ©jĂ . C’était plutĂŽt bon signe. 

Tout le monde meurt bien un jour d’une maniùre ou d’une autre se dit-elle en soupirant. Elle ne craignait pas la mort et elle serait bientît sa compagne. 

Ce n’était plus qu’une question de temps et elle avait hĂąte de faire le grand voyage de sa vie ou de sa mort ?

Elle regarda une derniĂšre fois autour d’elle. Il y avait quelques personnes qui allaient et venaient sans se soucier d’elle. Mais c’était tout aussi bien comme ça. Ne surtout rien laisser paraĂźtre de ce qu’elle avait en elle et en tĂȘte. 

Cette envie de fuir subitement la terre en un rien de temps et d’en finir avec son mal ĂȘtre. Elle l’avait dans un coin de sa tĂȘte et se refusait toujours Ă  faire le pas. Mais pas pour aujourd’hui, semblait-il. Elle se ferait du bien pour une fois et elle en Ă©prouverait un immense plaisir. 

Ce serait disons-le, son petit pĂ©chĂ© purement Ă©goĂŻste qu’elle ne partagerait avec quiconque si ce n’est qu’avec sa propre conscience ou son ange gardien. 

Soudain, elle eut un frisson qui lui parcourut l’échine lorsque le vent s’insinua Ă  l’intĂ©rieur du col de son manteau. 

BientĂŽt elle serait aussi froide et insensible qu’un bloc de glace sorti d’un congĂ©lateur et elle n’aurait alors plus jamais froid.

Cette sensation comme toutes les autres d’ailleurs, finiraient bien par s’en aller dĂ©finitivement et s’évanouir Ă  jamais de sa vie. Oui, elle avait hĂąte. 

Elle rĂ©ajusta le col de son manteau et se mit Ă  nouveau Ă  sourire en regardant le ciel gris souris. Elle aimait sa couleur plombĂ©e et si pesante comme s’il allait d’un moment Ă  l’autre, s’abattre sur elle, et sur la terre. 

Cette pensĂ©e ne l’effraya aucunement et lui rappella les Bandes dessinĂ©es d’Asterix et d’ObĂ©lix dans lesquelles ils mentionnaient toujours que le ciel pouvait leur tomber sur la tĂȘte. Cela lui fit sourire Ă  nouveau. 

Le monde entier voulait la fuir et Ă  une vitesse folle sans qu’elle puisse rĂ©aliser qu’un vaste dĂ©sert se formait dĂ©jĂ  en grandeur nature face Ă  elle, envahissant Ă©galement au passage les cĂŽtĂ©s, sans oublier derriĂšre elle. 

Le dĂ©sert la pourchassait pour la recouvrir de son sable Ă©touffant et suffoquant jusqu’au point de le rendre irrespirable et l’emmener alors vers une mort certaine. Un dĂ©sert ou plutĂŽt le nĂ©ant. Un long tunnel sans fin. 

Tout Ă©tait trop tard Ă  prĂ©sent. Il n’y avait plus aucune chance a l’horizon pour AntinĂ©a. Plus de sursis, pas mĂȘme le semblant d’une esquisse de joie ou d’espoir. Rien. 

Souvent, on lui disait pour une raison oĂč pour une autre : »Ne t’en fais pas AntinĂ©a. Tu finiras bien par te rattraper tĂŽt ou tard. Ce sera mieux la prochaine fois» 

Autrefois, cette phrase aurait eu un sens particulier et sĂ©curisant pour AntinĂ©a mais aujourd’hui, cela ne voulait plus rien dire pour elle. «Ce sera mieux la prochaine fois » chuchota t-elle en regardant le ciel gris souris. 

Il n’y aurait pas de prochaine fois et c’était mieux ainsi. AntinĂ©a se fondait dans ce ciel gris. Elle lui appartenait Ă  l’infini et mĂȘme si celui-ci se faisait de plus en plus menaçant ; elle ne voulait plus le quitter car elle apprĂ©ciait sa noirceur.

Et puis, elle aimait bien aussi cette idĂ©e de se faire happĂ©e brutalement dans la violence de son tourbillon nuageux et grisĂątre entremĂȘlĂ© de pluie froide se fracassant sur son visage
 

Quel plaisir immense que de se noyer dans cette tempĂȘte qui ne tarderait plus Ă  venir. Il s’approchait dĂ©jĂ  d’elle… 

Elle n’avait nulle crainte de l’obscuritĂ© de la mort puisqu’elle ne tarderait pas Ă  rejoindre sa lumiĂšre.

La lumiùre 🌄

                           ****
Elle pencha la tĂȘte et regarda autour d’elle. Elle ne supportait plus cette vie. Que faire si on n’a plus le goĂ»t de vivre ? Se relever les manches et continuer coĂ»te que coĂ»te ? Se mentir Ă  soi-mĂȘme ?

Sourire et mĂȘme rire devant des personnes afin de donner le change ? Se contrĂŽler et surtout ne rien laisser paraĂźtre devant qui que ce soit sinon
.eh bien sinon, tout serait dĂ©voilĂ© et mis au grand jour alors qu’elle ne voulait surtout pas que l’on sache son lourd secret.

Un secret qui la pesait depuis de nombreuses annĂ©es. Un poids aussi lourd qu’un menhir.

Un menhir qui n’en finissait pas de l’écraser et de la rĂ©duire en miettes


Mais c’était ainsi.

Cela lui rappela soudainement cette vieille chanson de Claude François « Comme d’habitude ».

Oui c’était vraiment comme ça sa vie ! Une vie faites d’habitudes et de lassitudes. Une vie pas si mal en somme si on se donne la peine de se dire qu’aprĂšs tout, la vie, c’est se donner une apparence aux normes de la sociĂ©tĂ© ; une apparence plaisante qui donnerait le change


Une sorte de leurre pour n’importe quelle personne que vous rencontreriez sur votre route


Oui, sa vie n’était qu’un amoncellement de tristesses ressemblant Ă  des feuilles mortes balayĂ©es par le vent automnal.

****

Elle regarda sa montre. Il était déjà 15H30. Comme le temps passait vite.

Ces temps çi, elle ne le voyait mĂȘme pas dĂ©filer tellement elle Ă©tait absorbĂ©e par la perpĂ©tuelle nostalgie de son passĂ©.

Elle regarda Ă  sa droite et aperçu un couple enlacĂ©s, assis sur un banc non loin d’elle qui avait l’air d’ĂȘtre incroyablement amoureux tellement ils se dĂ©voraient des yeux. Oui, c’est beau l’amour
 mais il n’est jamais parfait
.

AntinĂ©a ne croyait plus en l’amour et ce depuis pas mal d’annĂ©es. De toute façon pourquoi en rĂȘverait-elle ? Le mal qu’elle Ă©prouvait actuellement Ă©tait bien plus profond que celui du manque d’amour.

Alors, disons-le : le vaste sujet de l’amour Ă©tait loin de ses prĂ©occupations.

Par contre le mal qui la rongeait ; lui, il ne cessait de la torturer et de l’ensevelir un peu plus chaque jour sous la terre froide de cet automne.

Mais c’était sa vie et elle ne pouvait l’échanger contre une autre. Pour ce faire il aurait fallut rencontrer un bon gĂ©nie comme dans la lĂ©gende d’Aladin mais c’était tout bonnement impossible ! Et puis AntinĂ©a ne croyait guĂšre aux contes de fĂ©es.

Non, sa vie Ă©tait loin d’ĂȘtre un soleil radieux bien paisible


Et non, son soleil à elle, ressemblait plutÎt à une éclipse sans fin dont la lumiÚre serait cachée et assombrie par les idées noires de sa profonde tristesse.

Parfois, elle se remĂ©morait son passĂ© si joyeux et si vivant, sans tracas, qu’elle ne pouvait s’empĂȘcher de fondre en larmes


Elle revoyait avec beaucoup d’émotion au fin fond de son esprit, malgrĂ© l’épais brouillard de son dĂ©sarroi, l’apparition soudaine et magique d’une plage de sable blanc, d’un ciel bleu azur, parsemĂ© de petits nuages d’un blanc immaculĂ© et biensĂ»r, elle, oui ; elle, courant les cheveux au vent face Ă  son destin qui Ă©tait Ă  cette Ă©poque lĂ , remplit de belles promesses.

AntinĂ©a aimait alors figer cette image d’elle Ă  rĂ©pĂ©tition comme si elle appuyait Ă  l’infini sur la touche « repeat » de la manette de son magnĂ©toscope.

Elle aurait tellement voulu fixer ce souvenir d’elle et demander Ă  Monsieur Le GĂ©nie de la faire revenir en arriĂšre, dans le passĂ© de sa vie afin de revivre encore une derniĂšre fois cette joie de vivre de courir en riant sur cette immense plage de sable fin..

Mais le GĂ©nie ne lui exaucerait jamais ce vƓu. Il avait d’autres urgences primordiales Ă  rĂ©aliser dans son agenda surbookĂ©. Et une fois de plus, elle n’était dans les prioritĂ©s de personne et encore moins de ce cher exauceur de vƓux qui la fuyait…

****

Elle observa au loin des jeunes gens qui chahutaient en riant aux Ă©clats. Sa vie ne ressemblait en rien Ă  tous ces rires qui fusaient par delĂ  le vaste parc envahit de feuilles mortes.

Non, sa vie Ă  elle, ou plutĂŽt son semblant de vie Ă©tait sans saveur et sans couleurs


Et biensĂ»r, le rire n’y avait jamais sa place
 Mais AntinĂ©a ne s’en plaignait guĂšre. Encore une fois, une question d’habitudes


Elle dĂ©testait se plaindre. Surtout ne jamais se plaindre ! Ce serait dĂ©placĂ© de le faire. Ne surtout pas l’envisager et au contraire garder pour soi le lourd fardeau et continuer d’avancer avec cette charge, ce poids sur le dos en vous disant qu’il n’est pas si lourd que ça finalement


Et se dire que c’est ça la vie


Tout le monde ne peut pas ĂȘtre logĂ© Ă  la mĂȘme enseigne et fort heureusement d’ailleurs !

Non, ne surtout pas se plaindre et affronter cette vie qui vous pÚse malgré la forte et irrésistible envie de la quitter


Se dire que ce sera bientît la fin


La fin de ce calvaire et avoir le grand honneur de se fondre un beau jour dans la nature de notre vaste terre et y choisir sa propre rĂ©incarnation animale ou vĂ©gĂ©tale pour enfin ĂȘtre libre et heureuse !

AntinĂ©a voulait devenir un arbre mais pas n’importe lequel


Elle souhaitait devenir un grand et majestueux baobab qui était selon elle le plus bel arbre du monde végétal.

Et puis, sans oublier son imposante force si convoitée par ses congénÚres.

De plus, il ne manquait pas de vie de par sa sÚve intensément riche et si dense.

Quant à ses racines, elles formaient tout un assemblage de ramifications qui semblaient se rejoindre à l’infini


C’est pourquoi AntinĂ©a aimait autant le baobab car il reprĂ©sentait pour elle une force hors du commun qui pouvait dĂ©fier les lois physiques de la nature Ă  lui tout seul.

Oui, et sans aucun doute qu’il Ă©tait pour ainsi dire l’unique grand Roi de tous les arbres confondus.

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En repensant Ă  sa future rĂ©incarnation, AntinĂ©a se mit subitement Ă  sourire ; chose qu’elle n’avait plus jamais fait depuis pas mal de temps dĂ©jà


C’était plutĂŽt bon signe


Tout le monde meurt bien un jour d’une maniùre ou d’une autre se dit-elle en soupirant.

Elle ne craignait pas la mort et elle serait bientĂŽt sa compagne.

Ce n’était plus qu’une question de temps et elle avait hĂąte de faire le grand voyage de sa vie
ou de sa mort ?

Elle regarda une derniĂšre fois autour d’elle. Il y avait quelques personnes qui allaient et venaient sans se soucier d’elle. Mais c’était tout aussi bien comme ça. Ne surtout rien laisser paraĂźtre de ce qu’elle avait en elle et en tĂȘte.

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Cette envie de fuir subitement la terre en un rien de temps et d’en finir avec son mal ĂȘtre. Elle l’avait dans un coin de sa tĂȘte et se refusait toujours Ă  faire le pas…

Mais pas pour aujourd’hui, semblait-il.

Elle se ferait du bien pour une fois et elle en Ă©prouverait un immense plaisir. Ce serait disons-le, son petit pĂ©chĂ© purement Ă©goĂŻste qu’elle ne partagerait avec quiconque si ce n’est qu’avec sa propre conscience ou son ange gardien…

Soudain, elle eut un frisson qui lui parcourut l’échine lorsque le vent s’insinua Ă  l’intĂ©rieur du col de son manteau.

BientĂŽt elle serait aussi froide et insensible qu’un bloc de glace sorti d’un congĂ©lateur et elle n’aurait alors plus jamais froid


Cette sensation comme toutes les autres d’ailleurs, finiraient bien par s’en aller dĂ©finitivement et s’évanouir Ă  jamais de sa vie


Oui, elle avait hñte


Elle réajusta le col de son manteau et se mit à nouveau à sourire en regardant le ciel gris souris.

Elle aimait sa couleur plombĂ©e et si pesante comme s’il allait d’un moment Ă  l’autre, s’abattre sur elle, et sur la terre.

Cette pensĂ©e ne l’effraya aucunement et lui rappella les Bandes dessinĂ©es d’Asterix et d’ObĂ©lix dans lesquelles ils mentionnaient toujours que le ciel pouvait leur tomber sur la tĂȘte


Cela lui fit sourire Ă  nouveau…

De toute façon, AntinĂ©a ne souhaitait aucun dommage collatĂ©ral envers son prochain, bien au contraire puisqu’elle aimait les gens et la vie mĂȘme si c’était plutĂŽt difficile  à croire aujourd’hui


Et pourtant, elle voulait vraiment en finir avec la vie et quitter définitivement cette planÚte Terre.

Quant aux gens heureux, ils devaient impĂ©rativement continuer leur vie et en profiter au maximum car elle, elle n’avait pas su le faire…

Soudain, elle s’aperçut avec amertume qu’elle n’avait jamais su d’ailleurs ce qu’était rĂ©ellement le bonheur


Pourtant, elle l’avait Ă  maintes reprises touchĂ© du doigt, effleurĂ© et mĂȘme apprĂ©ciĂ©  avec beaucoup de plaisir, de joie, de douceur et de dĂ©lectation sans jamais penser une seule seconde que celui-ci lui aurait un jour Ă©tĂ© comptĂ©, limitĂ© et mĂȘme impitoyablement volĂ© puis enfin retirĂ© sans vergogne, juste pour la punir et lui faire du mal.

Non, cela, elle ne l’aurait jamais cru.

Sans doute croyait-elle que sa chance l’accompagnerait pour toujours tout au long de sa vie durant. 

Et pourtant, elle savait bien, au fond d’elle, qu’une telle chance n’existait pas vraiment ou alors seulement dans les contes de fĂ©es.

Et si jamais la chance existait vraiment, alors ce serait sans aucun doute dans un temps bien déterminé.

AntinĂ©a se dit avec une certaine rancƓur que sa chance Ă  elle avait eu l’audace de lui faire signer un contrat du bonheur Ă  durĂ©e limitĂ©e et biensĂ»r machiavĂ©liquement Ă  son insu une clause indiquait en bas de page et en lettres minuscules : « Ă  court terme ».

En fait, sa chance avait Ă©tĂ© lĂąche envers elle et l’avait bel et bien laissĂ©e sur le bas cĂŽtĂ© de la route en mettant les voiles pour s’engager Ă©videmment dans un autre contrat du bonheur bien plus allĂ©chant avec une personne qu’elle avait choisie et trouvait bien plus intĂ©ressante qu’elle.

Oui, sa chance avait été cruelle envers elle et voulait lui faire payer les frais du bonheur qui à son goût avait été trop longtemps prolongé en ce qui la concernait.

Une sorte de sanction ou de taxe pour l’anĂ©antir et la rĂ©duire au silence puis au bout d’un certain temps en fines particules de poussiĂšres.

C’était ainsi et elle ne pouvait que se taire et accepter les clauses de sa malchance qui lui collait Ă  la peau et lui promettait un avenir sombre et triste et bien entendu Ă  long terme.

DĂ©cidĂ©ment, AntinĂ©a faisait fuir toutes les chances et attiraient comme un aimant toutes les malchances et qui plus est Ă  grande vitesse tellement ils l’apprĂ©ciaient lorsqu’elle se rongeait les sangs ou encore lorsqu’elle se mettait Ă  pleurer Ă  n’en plus finir.

Sa chance ne lui serait plus jamais rendue car elle ne voulait plus d’elle…

D’ailleurs, celle çi n’avait plus daignĂ© taper Ă  sa porte pour un temps soit peu lui faire Ă  nouveau signer un contrat du bonheur.

Non, son ex chance avait tenu sa promesse de ce cĂŽtĂ©-lĂ  et n’était plus jamais retournĂ© dans sa vie.

C’était le prix Ă  payer pour son ancien bonheur


HĂ©las, il n’y avait pas que son ex chance qui voulait la fuir…

Le monde entier voulait la fuir et Ă  une vitesse folle sans qu’elle puisse rĂ©aliser qu’un vaste dĂ©sert se formait dĂ©jĂ  en grandeur nature face Ă  elle, envahissant Ă©galement au passage les cĂŽtĂ©s, sans oublier derriĂšre elle.

Le dĂ©sert la pourchassait pour la recouvrir de son sable Ă©touffant et suffoquant jusqu’au point de le rendre irrespirable et l’emmener alors vers une mort certaine.

C’était ça sa vie


Un désert ou plutÎt le néant
 Un long tunnel sans fin


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Elle s’en souvenait encore comme si c’était hier…

Tout était arrivé si vite. Trop vite et sans crier gare.

Sa chance qui l’avait lĂąchement abandonnĂ©e sans aucune pitiĂ©. Elle l’avait laissĂ©e lĂ  toute seule sans se soucier d’elle et n’était plus jamais revenue pour lui redonner le moindre goĂ»t de vivre.

Elle ne voulait pas la sauver des griffes de la malchance.

Tout était trop tard à présent


Il n’y avait plus aucune chance a l’horizon pour AntinĂ©a


Plus de sursis, pas mĂȘme le semblant d’une esquisse de joie ou d’espoir. Rien


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Souvent, on lui disait pour une raison oĂč pour une autre : »Ne t’en fais pas AntinĂ©a. Tu finiras bien par te rattraper tĂŽt ou tard. Ce sera mieux la prochaine fois. »

Autrefois, cette phrase aurait eu un sens particulier et sĂ©curisant pour AntinĂ©a mais aujourd’hui, cela ne voulait plus rien dire pour elle.

«Ce sera mieux la prochaine fois » chuchota t-elle en regardant le ciel gris souris.

Il n’y aurait pas de prochaine fois et c’était mieux ainsi.

Depuis quelques temps dĂ©jĂ , elle adorait regarder l’immensitĂ© du ciel surtout si celui-ci Ă©tait gris.

Elle avait fini par apprĂ©cier davantage le temps Ă  la pluie. Il lui faisait le plus grand bien. Elle avait l’impression d’ĂȘtre au cƓur de celui-çi et de s’y engouffrer, s’incorporer telle une aquarelle dont le peintre aurait mĂ©langĂ© diffĂ©rentes nuances de couleurs pour obtenir la meilleure teinte possible afin de realiser sa plus belle oeuvre d’art.

AntinĂ©a se fondait dans ce ciel gris. Elle lui appartenait Ă  l’infini et mĂȘme si celui-çi se faisait de plus en plus menaçant ; elle ne voulait plus le quitter car elle apprĂ©ciait sa noirceur.

Et puis, elle aimait bien aussi cette idĂ©e de se faire happĂ©e brutalement dans la violence de son tourbillon nuageux et grisĂątre entremĂȘlĂ© de pluie froide se fracassant sur son visage


Quel plaisir immense que de se noyer dans cette tempĂȘte qui ne tarderait plus Ă  venir…

Il s’approchait dĂ©jĂ  d’elle…

Antinéa était sous son emprise et incapable de lui résister tellement elle était fascinée par sa couleur grise et noirùtre.

Cela changeait des ciels bleus et du soleil que la plupart des gens aimaient. Le soleil les rassurait contrairement Ă  la pluie. Il rĂ©chauffait leurs cƓurs au sens propre comme au sens figurĂ©. Tout le monde aimait Monsieur le soleil mais pas AntinĂ©a


Ce n’est pas qu’elle le dĂ©nigrait ; bien au contraire. Mais ces temps çi, elle ne supportait plus son rayonnement ni mĂȘme sa source de chaleur si infime soit-elle vu que nous Ă©tions au mois d’Octobre.

C’était comme ça. Elle n’aimait plus le soleil qui aveuglait littĂ©ralement son passĂ© si radieux et le rendait flou, voire perdu Ă  jamais dans son intense luminositĂ©…

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Le ciel gris menaçant la rassurait et lui donnait des ailes dans le dos. Il avait l’avantage de la faire voler tel un oiseau et de monter trùs haut pour atteindre son objectif final : Les cieux.

AntinĂ©a ne voulait plus se poser de questions car il n’y avait plus aucun choix possible pour elle aujourd’hui.

Se taire et accepter son nouvel envol pour son prochain baptĂȘme de l’air Ă©tait imminent.

Surtout, n’avoir aucun regret. Pourquoi en aurait-elle d’ailleurs ?

Elle aimait ce que sa nouvelle vie lui offrirait pour pouvoir effacer pour toujours et à jamais son lourd fardeau qui la pesait depuis de trop nombreuses années.

S’enfuir de cette terre, il n’y avait que ça de vrai.

Le paradis l’attendait mais il Ă©tait encore cachĂ© sous ces gros nuages Ă©pais et menaçants qui obscurcissaient le ciel.

Soudain, il y eu l’apparition d’un ange qui exaucerait comme par magie sa requĂȘte du bonheur, en lui remettant comme convenu la clef en or du paradis.

L’ange Ă©tait souriant et ne la jugeait point. Il lui promettait de retrouver pour l’éternitĂ© et Ă  jamais sa joie de vivre d’antan.

Il lui remit Ă©galement une paire d’ailes d’un blanc immaculĂ© qui serait indispensable pour pouvoir quitter la planĂšte terre.

Elle serait alors prĂȘte a faire enfin ses ultimes adieux Ă  ce monde qui ne voulait pas d’elle et dont elle-mĂȘme ne voulait plus


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Puis, une fois aprĂšs avoir prononcĂ© le mot fatidique et irrĂ©versible adieu, AntinĂ©a dĂ©ploierait ses grandes ailes blanches et volerait dans l’immensitĂ© de ce ciel gris opaque en traversant avec allĂ©gresse les gros nuages pour ensuite rejoindre son beau et si merveilleux paradis qui lui promettait un avenir radieux…

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Et durant son grand voyage, elle n’aurait aucune amertume et aucun regret ; tel Ă©tait le contrat qu’elle avait signĂ© avec le bel ange si souriant et si accueillant…

Elle le lui avait promis…

Elle n’avait nulle crainte de l’obscuritĂ© de la mort puisqu’elle ne tarderait pas Ă  rejoindre sa lumiĂšre.

Une lumiĂšre qui lui rĂ©chaufferait le cƓur et l’esprit pour toujours et Ă  jamais et ce pour l’éternitĂ©.

Elle avait enfin pris la plus belle des dĂ©cisions de sa vie…

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Puis, une fois ĂȘtre rentrĂ©e Ă  l’intĂ©rieur de son rĂȘve ; le fameux paradis de ses dĂ©sirs ; elle se rĂ©incarnerait en un magnifique et majestueux baobab et retrouverait enfin la vie, grĂące Ă  la sĂšve de celui çi.

Un elixir qui lui procurerait le bonheur intense et Ă  l’infini qu’elle avait eu autrefois et dont elle avait si brutalement perdu au cours de sa vie.

Un bonheur enfin retrouvĂ©, des plus parfait et sans ombrages…

Celui dont elle avait toujours voulu et rĂȘvĂ© en secret…