√Čtiquette¬†: maison

Son plus beau cadeau sur Terre ūüéĀ La suite…

L’hypnotisant et chaleureux feu de chemin√©e avec ses braises cr√©pitantes et rougeoyantes dans son √Ętre.

Oh ! Rien que d’y penser, elle avait presque h√Ęte !

Oui, un bon feu de chemin√©e qui lui r√©chaufferait le cŇďur et l‚Äô√Ęme durant l’hiver.

Entendre le doux son du bois craquer au contact des flammes dansantes et lumineuses lui ferait très certainement oublier sa forêt enchantée…

L’oublier un temps soit peu, c’est vrai, mais pas dans ses r√™ves nocturnes pendant que la neige se mettrait √† tomber dehors et finirait par la recouvrir int√©gralement d’un joli manteau d‚Äôune blancheur immacul√©e…

Voilà tout ce dont à quoi ce buffet en pin massif lui faisait penser…

√Ä toutes ces belles choses qui la rendaient infiniment heureuse…

Ah ! qu’elle aurait aim√©, √† cet instant pr√©cis, se retrouver dans sa merveilleuse for√™t !

Mais cela n’aurait pas √©t√© raisonnable, √©tant donn√© qu’il avait bien trop plu.

Tout ne serait donc qu’humidit√© et rien que d‚Äôy penser Mira en fut √©cŇďur√©e !

Non, il √©tait plus sage d’attendre que celle-ci redevienne bien s√®che comme elle l’√©tait il n’y a pas si longtemps.

¬ę Peut-√™tre apr√®s demain et biens√Ľr √† condition que Maman ne soit pas l√† ¬Ľ se dit-elle tout en baillant.

****

Mira attendait toujours bien sagement que sa Maman revienne mais elle trouvait que le temps √©tait de plus en plus long et commen√ßait s√©rieusement √† s’inqui√©ter de son absence prolong√©e.

Soudain, elle sursauta en entendant :

¬ę Cou-cou ! Cou-cou ! Cou-cou ! ¬Ľ

Le bruit provenait de l’horloge en bois qui se trouvait juste au-dessus de la porte de la cuisine.

Centr√©e au beau milieu de celle-ci ; une petite porte arrondie venait √† peine de s’ouvrir laissant surgir un oiseau qu’elle connaissait fort bien et qui avait le don de l‚Äôhorripiler.

Il s’agissait de ¬ę Canari ¬Ľ, le fameux oiseau de malheur qui se cachait √† l’int√©rieur et qui r√©apparaissait de temps en temps quand cela lui chantait.

Et là, il était en train de siffloter gaiement dans un son particulièrement aigu qui l’agaçait :

¬ę Cou-cou ! Cou-cou ! Cou-cou ! ¬Ľ

Elle le regarda d’un air mauvais et m√©prisant :

¬ę Mais tais-toi donc le Canari ! Pfff ! Oh la la ! On a compris le message ! Il est telle heure ! Et alors ? C’est pas la fin du monde que je sache ! ¬Ľ lui lan√ßa t-elle rageuse avec cette irr√©sistible envie de lui arracher le bec en deux temps trois mouvements pour qu‚Äôil puisse se taire une bonne fois pour toutes.

¬ę Cou-cou ! Cou-cou ! ¬Ľ continua de chanter le petit oiseau sans vergogne.

Il venait d’annoncer qu’il √©tait exactement 17H00.

Mira avait toujours aim√© cette bonne vieille horloge en bois qui devait tr√®s certainement dater de l’avant guerre.

Les jolies arabesques qui y √©taient grav√©es lui donnaient une allure des plus singuli√®re et d’une rare authenticit√©.

C’√©tait vraiment une magnifique horloge !

Par contre, le petit √™tre arrogant qui se renfermait dans ses entrailles n’avait pas le moins du monde sa gr√Ęce.

À dire vrai, elle le détestait.

Certes, c’√©tait peut-√™tre un bel oiseau avec son plumage jaune poussin des plus rayonnant mais elle n‚Äôarrivait plus √† supporter son sempiternel ¬ę Cou-cou ¬Ľ lui sortant de son minuscule bec orange vif.

Deux couleurs des plus criardes qui se voyaient à des kilomètres à la ronde !

C’est pourquoi elle aimait bien se moquer de lui en l’appelant : Canari.

Quant √† ses petits yeux noirs vifs et malicieux ; ils semblaient toujours la narguer lorsqu’il jaillissait subrepticement de son antre ferm√©e √† double tour.

Sans doute qu’il se sentait √† l’abri, l√† haut, √† l’int√©rieur de son refuge et qu’il savait fort bien que Mira n’aurait pas pu lui faire quoi que ce soit‚Ķ

Ah ! Comme elle aurait voulu l’attraper pour lui r√©gler enfin son compte !

Oui ! Pour toutes ces fois o√Ļ il avait eu l’audace de la faire sursauter en lui chantant √† tue t√™te ses infernales coucous r√©p√©titifs‚Ķ

¬ę Cou-cou ! Cou-cou ! ¬Ľ

Mais il ne perdait rien pour attendre celui-là…

Un beau jour, elle se vengerait. Elle ne savait pas encore par quel moyen mais elle finirait bien par trouver…

Elle l’observa encore. C’est fou comme il avait l’air vivant, l√† haut sur son perchoir en train de lui chanter la s√©r√©nade !

C’en était presque bluffant !

Monsieur Canari faisait son int√©ressant. Son grand show. Il devait tr√®s certainement se prendre pour Monsieur Rossignol alors qu’il avait une voix stridente de cr√©celle !

Mira ne le détestait pas tant que ça…

Non, c’√©tait bien pire. Elle le ha√Įssait !

Elle √©tait pourtant habitu√©e √† le voir quotidiennement et ce depuis pas mal d’ann√©es d√©j√† mais bizarrement, elle ne s’√©tait point faites √† son chant.

Non, celui-l√†, elle n’arrivait toujours pas √† l‚Äôingurgiter‚Ķ

Cependant, elle reconnaissait qu’il accomplissait fort bien son travail d‚Äôannonceur‚Ķ

Ah √ßa oui ! Et ce durant ces 5 ann√©es o√Ļ elle avait habit√© ici.

Et d’aussi loin qu’elle s’en souvienne, jamais encore il n’avait eu la moindre extinction de voix‚Ķ

Non ! Une vraie machine de guerre ce Canari l√† ! Et biens√Ľr n’ayant pas la moindre piti√© pour ses oreilles fines et si d√©licates.

Elle avait bien essay√© de se faire √† son chant o√Ļ encore de contr√īler ses sursauts lorsqu’il entonnait ses horribles coucou mais elle avait fini par jeter l’√©ponge…

C’√©tait tout bonnement impossible !

Résultat des courses : elle détestait toujours autant sa voix et continuait à tressaillir lorsque le volatile en bois sortait de sa cachette tel un clown machiavélique.

Dieu qu’elle le m√©prisait !

Mira l’observait encore lorsque soudain la petite porte en bois se referma enfin sur lui.

¬ę Pfff, il √©tait temps ! ¬Ľ soupira t-elle en regardant les grandes aiguilles noires de l’horloge.

Elles annon√ßaient qu’il √©tait d√©j√† 17H15.

¬ę Mais que pouvait bien faire Laura ? Elle n’√©tait toujours pas revenue ¬Ľ s‚Äôinqui√©ta t-elle en tournant la t√™te vers la porte d’entr√©e du salon.

****

Mira commençait à avoir une petite faim alors elle franchit le seuil de la cuisine dont la porte était restée grande ouverte.

Immédiatement, elle remarqua au loin une petite assiette garnie de madeleines dorées qui reposait sur la table centrale.

Juste √† c√īt√© de celle-ci se trouvait un bol √† anse accompagn√© d’une petite cuill√®re √† caf√©.

Mira n’aimait pas trop les madeleines car elles avaient tendance √† lui coller au palais et puis il faut dire aussi que ce n’√©tait pas trop sa tasse de th√©.

Son intérêt se porta donc sur le bol en porcelaine blanc à gros pois rouges.

Que pouvait bien t-il contenir ? se demanda t-elle en ne le quittant pas de ses yeux perçants.

Sa curiosit√© grandissait au fur et √† mesure qu’elle se rapprochait de la grande table.

Ses narines sentirent les effluves d’un parfum vanill√©.

Se pourrait-il que Laura lui ai préparé son dessert préféré ?

Une bonne et onctueuse crème dessert à la vanille ?

Hum ! Rien que d’y songer, Mira √©tait d√©j√† toute excit√©e √† l’id√©e qu’elle le d√©gusterait dans quelques secondes.

Un exquis dessert lacté rien que pour elle ! Elle en avait de la chance !

Et sa Maman avait bien veill√© √† le sortir du frigo √† l’avance car elle savait que Mira aimait le manger √† temp√©rature ambiante et non glac√©e.

Le go√Ľt s’en trouvait bien meilleur.

Décidément, elle avait vraiment une Maman en or.

C’√©tait donc √ßa la fameuse surprise que Laura lui avait concoct√©e ?

Pourtant, elle aurait jur√© que sa Maman lui avait bien dit qu’elle lui ram√®nerait un cadeau en revenant de ses courses.

Mira plissa les yeux de contentement.

Se pourrait-il alors qu’il y ait une deuxi√®me surprise ?

Elle s’appr√™tait √† d√©guster sa gourmandise lorsque soudain, elle entendit un dr√īle de bruit qui provenait du salon.

Ah ! Non ! Personne n’avait le droit de la d√©ranger lorsqu’elle √©tait √† table !

¬ę Fichu bruit ! Va t’en ! Et laisse moi savourer ce d√©licieux met ¬Ľ

Mira se pourlécha les babines, prête à attaquer son savoureux dessert.

¬ę Crrr, crrr, crrr ¬Ľ

Oh non ! Le bruit de tout √† l’heure venait encore de recommencer et cette fois-√ßi il ne s’arr√™tait plus.

¬ę Ah ! Mais c’est pas vrai √ßa ! Je ne peux vraiment pas √™tre tranquille aujourd’hui ! ¬Ľ

√Ä contre cŇďur elle laissa son assiette de c√īt√© et retourna vite sur ses pas.

Du seuil de la cuisine elle inspecta de ses yeux d’aigle le vaste salon.

¬ę Crrr, crrr, crrr ¬Ľ

Le bruit s’intensifiait davantage. C’√©tait un peu comme un grattement √† une porte mais elle n’arrivait pas √† d√©celer de quoi il s’agissait exactement.

√Ä l’aff√Ľt et aux aguets, elle avan√ßa √† pas de loup √† l’int√©rieur du salon tout en scrutant les alentours mais ce n’√©tait pas si √©vident que √ßa vu qu’il faisait √† nouveau sombre ici.

Nous √©tions en plein mois d’octobre et le soleil se couchait beaucoup plus t√īt.

Bient√īt il ne tarderait plus √† faire nuit noire.

¬ę Crrr, crrr, crrr ¬Ľ

Les sens en alerte, Mira épiait les moindres recoins de la pièce.

¬ę Crrrr, crrr, crrr ¬Ľ

Par moment, le grattement s’interrompait, rendant alors difficile la recherche de sa provenance.

¬ę Crrr, crrr, crrr ¬Ľ

¬ę Ah la la ! Fichu bruit ! Mais o√Ļ te caches tu ? ¬Ľ s’aga√ßa Mira.

Soudain All√©luia ! Elle cru voir quelque chose bouger l√†-bas, l√† o√Ļ √©tait plac√© son fauteuil.

Vite, sans plus attendre, elle couru en sa direction puis au dernier moment décida de se positionner juste derrière lui afin de mieux épier la chose qui remuait.

Ses yeux verts n’√©taient plus que deux fentes extr√™mement √©tr√©cis √† force de scruter dans la p√©nombre les contours de cette √©tranget√©.

Une √©tranget√© qui avait d√Ľ ressentir sa pr√©sence car √† cet instant pr√©cis, elle ne bougea plus du tout.

Sans doute, avait-elle entendu Mira…

¬ę Mince alors ! Allez ! Gratte encore salet√© ! Pourquoi tu bouges plus ? ¬Ľ marmonna t-elle entre ses dents.

Soudain, la bestiole recommença innocemment sa petite besogne sans prêter attention à Mira qui était à présent juste derrière elle.

Les yeux toujours √©tr√©cis √† l’extr√™me, Mira reconnut enfin le petit animal.

¬ę Quoi ! ? Ce n’√©tait qu‚Äôune vulgaire souris ! ? ¬Ľ s‚Äôindigna t-elle courrouc√©e et pr√™te √† lui bondir dessus.

Tout ce raffut n‚Äô√©tait d√Ľ qu‚Äô√† une insignifiante petite souris ?

Une souris blanche qui √©tait en train de gratter fr√©n√©tiquement avec ses pattes avant un coin fissur√© de la plinthe en bois du mur de droite. Celui-l√† m√™me o√Ļ se trouvait √† quelques centim√®tres son fauteuil en velours.

√Ä l’attaaaaaque !!

Toutes griffes dehors, Mira bondit en avant tel un boulet de canon mais au moment o√Ļ elle allait se jeter sur le rongeur ; celui-ci se faufila aussi vite que l’√©clair par un petit trou attenant √† l’√©troite fissure qu’il n’avait pas eu le temps d’√©largir.

¬ę Oh non ! Salet√© va ! T’as r√©ussi √† √™tre plus rapide que moi ! ¬Ľ pesta t-elle d√©pit√©e d’avoir pu manquer son coup.

Et dire qu’elle avait √©t√© √† deux doigts de lui r√©gler son compte !

¬ę Une vraie Speedy Gonzales ! celle-l√† ! ¬Ľ admit-elle avec une certaine fascination.

¬ę Mais tu ne perds rien pour attendre ! ¬Ľ souffla t-elle sournoisement.

¬ę En plus tu as os√© faire ta petite cachette juste √† c√īt√© de mon fauteuil. Ah la la ! Grave erreur, vilaine souris ! ¬Ľ s’insurgea t-elle en regardant d’un Ňďil l’int√©rieur du trou par lequel le rongeur s’√©tait introduit si l√Ęchement.

Mais hélas, celui-ci semblait totalement vide.

Speedy Gonzales s’√©tait bel et bien volatilis√©e.

Elle avait d√Ľ tr√®s certainement emprunter une des nombreuses galeries creus√©es par elle o√Ļ ses cong√©n√®res.

Car s’il y en avait une ; il devait alors y en avoir plusieurs‚Ķ

Elle prendrait alors son temps et un malin plaisir √† les pourchasser l’une apr√®s l’autre…

En tous cas, √† l’avenir, elle resterait vigilante car elle d√©testait que des intrus envahissent son territoire.

Speedy Gonzales et le Canari ne perdaient rien pour attendre…

Mira regarda autour d’elle.

Avec la venue impromptue de cette souris, elle ne s’√©tait pas aper√ßu que le salon √©tait √† pr√©sent plong√© dans le noir.

Elle ne craignait point la nuit mais elle commençait à se faire du mauvais sang pour sa Maman.

Elle jeta un Ňďil √† la porte d’entr√©e qui √©tait toujours obstin√©ment ferm√©e‚Ķ

Mais que pouvait bien faire Laura à cette heure si tardive ?

Pour passer le temps, elle décida de rester encore quelques instants devant le trou de la plinthe, histoire de voir si la souris finirait bien par en ressortir.

Mais Speedy Gonzales √©tait loin d’√™tre b√™te.

Ce soir, il √©tait √©vident qu’elle ne montrerait plus le bout de son museau.

Mira devait se résigner.

Elle commen√ßa √† b√Ęiller d’ennui et repensa √† nouveau aux douces paroles de sa Maman :

¬ę Je te ram√®nerai une petite surprise ma Mira ! Sois bien sage surtout ! ¬Ľ

Les répéter inlassablement dans sa tête lui permettaient de se rassurer et même si elle commençait à redouter le pire.

¬ę Pourvu que sa Maman n’ait pas eu un accident sur la route ¬Ľ se demanda t-elle tr√®s inqui√®te.

Mais il ne fallait surtout pas qu’elle perde les p√©dales.

Et pour cela, il valait mieux qu’elle resta positive en se disant que Laura ne tarderait plus √† revenir.

Soudain, elle repensa √† son onctueuse cr√®me dessert qu’elle avait bien failli oublier √† cause de la satan√©e Speedy Gonzales.

Celle-ci lui redonnerait du baume au cŇďur concernant son inqui√©tude pour sa Maman et lui permettrait √©galement d’oublier le f√Ęcheux petit incident qu’elle avait eu avec le rongeur.

****

Mira venait √† peine de terminer sa d√©licieuse cr√®me dessert √† la vanille lorsqu’elle repensa encore aux paroles de Laura :

¬ę Je reviendrai avec une petite surprise pour toi ma Ch√©rie. Sois bien sage surtout ! ¬Ľ

Voil√† ce qu’elle lui avait dit avant de refermer derri√®re elle, la lourde porte d’entr√©e en bois massif.

Elle ne pouvait s’emp√™cher de se la ressasser en boucle.

Elle revoyait aussi l’image de son doux visage souriant avec ce joli foulard rose pastel nou√© autour de son cou d√©licatement parfum√©.

Un parfum aux notes florales emport√© dans le sillage du vent frais de cet apr√®s-midi l√† et que Mira n’avait point oubli√©.

√Ä cette pens√©e, elle eut une boule dans la gorge. Sa Maman lui manquait…

Soudainement, elle entendit le Canari chanter :

¬ę Cou-cou ! Cou-cou ! ¬Ľ

Elle sursauta mais bizarrement ne lui en voulut pas.

Cet oiseau de malheur rompait le silence de plomb qui régnait dans la vaste maison et cela la rassurait.

Et m√™me si son ¬ę Cou-cou ¬Ľ √©tait d√©testable ; elle lui en √©tait quand m√™me reconnaissante‚Ķ

Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, elle mourait d’envie de lui arracher le bec !

Ce n’√©tait plus le cas maintenant. Le Canari √©tait devenu son ami.

Il venait d‚Äôannoncer qu’il √©tait exactement 19H00.

Son inquiétude redoubla.

Jamais encore sa Maman n’√©tait arriv√©e en retard. Elle respectait toujours ses promesses…

Mais que faisait-elle alors ?

Elle regarda par la baie vitr√©e. Le jardin √©tait dans l’obscurit√© totale et il n’y avait pas √Ęme qui vive.

Sa Maman ne donnait pas de cours le samedi au lyc√©e et c’est pour cela qu’elle profitait toujours de ce jour pour faire ses courses.

¬ę Maman ! Reviens moi ! S’il te pla√ģt ! ¬Ľ

Elle faisait cet ultime vŇďu tout en regardant le ciel noir opaque d√©nu√© d’√©toiles‚Ķ

Soudain, elle entendit un cliquetis à la porte.

Incroyable mais vrai ! Sa demande avait-elle été exaucée ? !

Vite, le cŇďur battant et sans plus attendre, elle courut vers la porte et attendit.

Son impatience la rendait fébrile et très nerveuse.

Subitement, la porte s’ouvrit enfin en grand, laissant appara√ģtre sa douce et belle Maman qui lui lan√ßa :

¬ę Coucou ma ch√©rie ! Oui, je sais, je suis tr√®s en retard. Attends, je vais allumer. On n‚Äôy voit strictement rien ici ! ¬Ľ

Le grand lustre du salon s’illumina imm√©diatement, √©clairant toute la pi√®ce d‚Äôune intense lumi√®re qui faisait plaisir √† voir.

Ainsi, le salon retrouvait enfin son c√īt√© chaleureux et s√©curisant.

¬ę Oh ma Ch√©rie ! Tu as d√Ľ avoir peur toute seule ici dans le noir. Je suis vraiment d√©sol√©e ¬Ľ

Laura d√©posa son gros sac de provisions sur le carrelage puis s’empressa de fermer √† clef la lourde porte en bois.

Elle se retourna et regarda Mira avec une extrême douceur dans le regard.

¬ę Tu sais, je m’inqui√©tais pour toi ma Mira. Te savoir toute seule ici me tracassait. Mais je suis heureuse de te retrouver enfin. Allez, viens me faire un c√Ęlin ¬Ľ

Tout en s’accroupissant, elle tendit les bras vers elle mais Mira ne broncha pas.

Elle restait immobile sans ciller.

¬ę Que se passe-t-il ma Ch√©rie ? Tu me boudes ? ¬Ľ

Le regard vert de Mira était réprobateur.

¬ę Ah ! Je vois ! Tu m’en veux toujours. Mais tu sais ce n’est pas enti√®rement de ma faute. Il y avait beaucoup de monde au supermarch√© et lorsque je conduisais sur la route qui m√®ne chez nous ; j’ai d√Ľ faire un d√©tour √† cause d’un grave accident ¬Ľ

Les yeux verts de Mira s‚Äôarrondirent d’√©tonnement.

Mais alors l’absence prolong√©e de sa Maman √©tait donc d√Ľ √† cause de toutes ces choses ?

¬ę Tu m’en veux toujours ? ¬Ľ questionna Laura avec un petit sourire enj√īleur.

Avec de tels arguments ! Grand Dieu ! Biens√Ľr que non ! Alors, contre toute attente, elle se pr√©cipita avec h√Ęte vers sa Maman puis se caressa imm√©diatement tout contre elle en faisant ses pattes de velours.

¬ę Oooh ! Ma jolie Mira ! ¬Ľ s’exclama Laura avec une certaine √©motion dans la voix.

Mira ronronnait de plaisir en ne cessant de se caresser contre elle.

¬ę Mais toi aussi Maman ! Tu m’as manqu√©e ¬Ľ miaula t-elle d’une petite voix en la d√©vorant des yeux.

¬ę Oh ! J’aime quand tu me fais des c√Ęlins comme √ßa ma Mira ! ¬Ľ

Laura lui caressa affectueusement la t√™te puis passa sa main sous son ventre tout blanc et si soyeux. Elle savait que Mira aimait bien qu’on le lui caresse en faisant de grands vas et vient.

Mira ronronnait de plus belle. Elle était vraiment au septième ciel.

Laura lui fit ensuite un petit bisou sur le bout du nez.

¬ę Ah ! mais j’allais oublier ta surprise ! ¬Ľ s’√©cria t-elle subitement.

¬ę Attends, je vais la chercher dans le sac ¬Ľ ajouta t-elle en se relevant.

Quelques secondes plus tard, elle tenait dans sa main droite un sachet brillant qui ressemblait à un gros paquet de chips.

Mira le reconnut imm√©diatement avec son logo si particulier qui repr√©sentait l’empreinte d’un coussinet f√©lin.

¬ę Tiens ! Regarde ! C’est pour toi ma Mira ! ¬Ľ s’enthousiasma Laura en commen√ßant √† l‚Äôagiter de haut en bas.

¬ę Tu reconnais ce bruit ? ¬Ľ

Bien √©videment qu’elle le reconnaissait !

Et quand bien m√™me il y aurait eu tout un tas de vacarme autour ; elle l’aurait encore reconnu entre mille‚Ķ

Mira ne cessa de le fixer de ses grands yeux verts en amande pendant que sa Maman continuait de le lui agiter sous le nez.

¬ę Quel son merveilleux ! ¬Ľ miaula t-elle en ne le quittant pas des yeux.

Sa Maman venait de lui offrir un tr√®s joli cadeau : ses croquettes favorites d’apr√®s le coussinet dor√© qui √©tait dessin√© dessus.

Sa marque pr√©f√©r√©e ! Les savoureuses et fondantes croquettes de bŇďuf aux l√©gumes verts dont elle raffolait tant.

Mira ronronna de plus belle √† l’id√©e de bient√īt les croquer‚Ķ

Mais elle ne ronronnait pas que pour elles…

Est-ce que Laura s’√©tait aper√ßu qu’elle s’√©tait beaucoup inqui√©t√© pour elle ?

Et se doutait-elle un seul instant de l’immense amour qu’elle lui portait ?

Un amour qui surpassait tout le confort dont elle bénéficiait ici dans cette maison.

Un amour débordant qui ne pouvait être comblé et rassasié juste par des croquettes aussi affriolantes soient-elles.

Un amour qu’elle avait besoin de transmettre car elle n’√©tait peut-√™tre qu’une chatte de goutti√®re, un f√©lin ronronnant √† la moindre caresse ou victuaille ; elle n‚Äôen restait pas moins un √™tre vivant avec un cŇďur rempli de sentiments √† l’int√©rieur.

Un cŇďur qui n’oublierait jamais ce jour ou Laura l’avait adopt√©e un certain mois de juillet de l’ann√©e 2013 √† la SPA ; juste en √©tant attir√©e par ses miaulements de d√©sespoir, sans m√™me la voir !

Ce jour o√Ļ elle √©tait encore tenue prisonni√®re dans l’une de ces cages, enferm√©e √† double tour avec cinq autres amies comme elle qui attendaient en vain de se faire adopter mais sans aucun succ√®s.

Ce jour o√Ļ pourtant une certaine Laura avait su remarquer la d√©tresse dans sa voix √©raill√©e, √† force de miauler.

Ce jour qui avait changé irrémédiablement sa vie…

Une complainte que Laura avait su √©couter et qui l’avait alors guid√©e et men√©e jusqu’√† elle.

Elle, la chatte de gouttière aux yeux verts…

Et le coup de cŇďur fut r√©ciproque. Aussi bien pour l’une que pour l’autre‚Ķ

Une rencontre qui était sans doute écrite…

Le plus beau jour de sa vie…

Un jour √† jamais grav√© dans son petit cŇďur de f√©lin.

Un cŇďur qui avait enfin trouv√© sa Maman.

Une merveilleuse Maman qui l’avait sauv√©e et aim√©e de toute ses forces d’un amour inconditionnel‚Ķ

Un amour qui durerait encore et encore…

Son plus beau cadeau sur Terre…

 

Le No√™l de mon enfance : Premi√®re partie

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J’ai toujours aim√© la magie de No√™l ainsi que tous les pr√©paratifs qui pr√©c√®dent ce si grand et bel √©v√®nement.
Quel plaisir de pouvoir se rem√©morer chaque instant de son enfance rien qu’en d√©corant le sapin de boules, de guirlandes scintillantes et d’ampoules √©lectriques multicolores.

C’est pourquoi j’ai d√©cid√© de vous raconter √† travers cette page, quelques anecdotes du No√™l de mon enfance pass√© √† Marseille, plus pr√©cis√©ment √† Sausset-Les-Pins.

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Un Noêl à Sausset-Les-Pins :

Je me souviens encore de mes noêls passés à Sausset-Les-Pins, dans notre charmante villa qui se trouvait dans un lotissement à Carry Le rouet à Marseille.
Ces noêls là étaient vraiment magiques !

Je me rappelle encore avec beaucoup d’√©motion, l’un d’entre eux o√Ļ mon fr√®re et moi avions re√ßu comme cadeaux, de magnifiques v√©los rouges tout terrain ainsi que toute la panoplie compl√®te des playmobiles cat√©gorie « Safari en Afrique ».

Vous me diriez alors que c’√©tait tout √† fait de bon augure √©tant donn√© qu’apr√®s avoir v√©cu 5 belles ann√©es √† Marseille ; mes parents, mon petit fr√®re et moi allions faire quelques ann√©es plus tard, notre premier voyage africain direction la Guin√©e √† Conakry.

Une petite parenth√®se s’impose : mes parents connaissaient d√©j√† la C√īte d’Ivoire puisque nous y avions v√©cu 1 an et demi avant de faire construire notre villa √† Sausset-Les-Pins. Par contre, mon fr√®re et moi √©tions beaucoup trop petits pour nous souvenir de l’afrique.

Et donc, pour reprendre mon histoire, lorsque nous avions reçu ces magnifiques cadeaux, je devais bien avoir 6 ans et mon petit frère 5 ans (année 1983).

 

Préparatifs avant Noêl :

Quelques jours avant Noêl, notre maman nous avait aidé à fabriquer deux petites crèches pour mon frère et moi que nous avions par la suite, installées dans nos chambres respectives.

Elles √©taient vraiment tr√®s jolies et le soir, lorsque je m’allongeais sur mon lit, j’adorais admirer la mienne tout en r√™vassant et en pensant au Papa No√™l qui ne tarderait pas √† venir dans notre maison pour nous donner nos cadeaux.

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J’√©tais √©merveill√©e et ne cessais de me dire que j’avais beaucoup de chance de pouvoir f√™ter No√™l avec mes parents et mon petit fr√®re.
Oui j’√©tais tr√®s consciente du bonheur que j’avais et je m’en d√©lectais chaque jour qui passait jusqu’√† ce que No√™l arrive enfin.

****

Au moment du coucher, en me glissant sous les couvertures, je ne manquais jamais de faire mes prières pour la Sainte Vierge Marie et son mari Saint Joseph afin que tout puisse bien se passer pour eux ainsi que la future venue au monde de leur enfant Jésus Christ.

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Il est vrai √©galement que je n’oubliais jamais de mentionner le Petit Papa no√™l car je me disais qu’il lui faudrait beaucoup de courage pour livrer tous ces cadeaux dans chacune des maisons et ce sans en oublier une seule, surtout par ce froid si glacial.

Oui, je voulais que Dieu prenne bien soin de lui afin qu’il puisse nous apporter sans encombres √† mon petit fr√®re et √† moi nos jouets et pourquoi pas d’autres petites surprises √©tant donn√© que nous avions tout fait pour √™tre des enfants tr√®s sages avec nos parents (c’est du moins ce que je pensais).

Je priais aussi pour ma petite famille et demandais assez r√©guli√®rement pardon (pratiquement tout le temps) au Seigneur et au Petit Papa No√™l d’avoir une fois de plus sucer mon pouce et ce chaque soir durant. Oui, je dois bien avouer que c’√©tait ma plus grande faiblesse enfantine et qu’il m’√©tait difficile de m’en d√©tacher.

Et ce, malgr√© le vernis au go√Ľt amer que ma m√®re prenait le soin d’appliquer tous les une fois par semaine car elle ne voulait pas que je me d√©forme la dentition.
En y repensant aujourd’hui, je me demande encore comment je pouvais bien faire pour continuer tout de m√™me √† sucer mon pouce alors que l’amertume du vernis √©tait bien prononc√©e !

Pour vous dire √† quel point j’√©tais totalement accro de ce satan√© pouce ! ce qui n’arrangea rien du tout puisque 2 ans apr√®s je fus oblig√© de porter un appareil dentaire puis par la suite des bagues inesth√©tiques pour redresser mes dents.
Oui une v√©ritable torture mais au moins je remercie encore mes parents (et mon dentiste) de m’avoir fait faire ce traitement d’orthodontie sinon je n’aurais jamais pu arborer un joli sourire, aujourd’hui.

Avec du recul, je me dis qu’un pouce peut bien faire des d√©g√Ęts sans qu’on s’en rende compte durant son enfance !

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Lettre au père Noêl :

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En √©crivant ma lettre au Papa no√™l et avant de la lui adresser par l’interm√©diaire de mes parents, je lui promettais que je ferais tout pour ne plus sucer mon pouce mais que si jamais je le faisais (sans faire expr√®s biens√Ľr), je lui demandais de bien vouloir ne pas trop m’en tenir rigueur.

J’esp√©rais donc secr√®tement qu’il me pardonnerait cette petite incartade involontaire et qu’il tiendrait plut√īt compte de ma gentillesse et du fait que je fus durant tout le mois de novembre et d√©cembre, une enfant tr√®s sage avec ses parents et son petit fr√®re (du moins c’est ce que je pensais puisque j’√©tais une vraie petite fille mod√®le : douce, polie et appliqu√©e).

Ensuite, je terminai ma lettre en le remerciant et en lui dessinant des petits coeurs au bas de la page pour lui prouver √† quel point je l’aimais beaucoup.
J’√©tais pour ainsi dire comme tous les enfants du monde entier qui souhaitaient tout simplement que le Papa No√™l leur apporterait tous les jouets dont ils avaient r√™v√© durant le mois de d√©cembre.

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La Chrétienté :

Tout petits d√©j√†, Maman nous avait inculqu√© √† mon fr√®re et √† moi, les valeurs de la Chr√©tient√© car c’√©tait tr√®s important pour elle de nous transmettre ce que ses parents lui avaient appris √©tant enfant.

Pour ma part j’y croyais tr√®s fortement et j’aimais lorsqu’elle nous racontait l’histoire de la naissance de J√©sus Christ √† quelques jours de sa venue au monde…

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Elle nous parlait aussi de tout ce qu’il avait accompli en grandissant et ce que les hommes lui avaient fait subir avant de mourir sur la croix.

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J’aimais ces instants l√† car j’√©tais fascin√©e par la vie de J√©sus Christ : cet homme si bon qui ne ressemblait √† personne et qui avait tant souffert mais toujours pardonn√© √† son prochain.

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Le soir, mon fr√®re et moi ne manquions jamais de faire nos pri√®res avant de nous coucher car c’√©tait tout simplement ancr√© en nous et que nous y avions pris l’habitude gr√Ęce √† Maman.
Depuis mes convictions chr√©tiennes n’ont toujours pas chang√©es et je reste tr√®s croyante en ce qui concerne ma religion catholique.

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Petit spectacle de marionnettes :

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R√©guli√®rement, et m√™me assez souvent, notre Maman aimait bien nous raconter des petites histoires lorsqu’elle en avait le temps.
Je me rappelle que durant la p√©riode des f√™tes de No√™l, elle faisait tout pour nous faire plaisir en nous en racontant davantage d’histoires car elle adorait nous faire rire et nous rendre heureux.

On s’asseyait bien sagement face √† elle et on l’√©coutait attentivement.
Le plus souvent, elle nous racontait ses petites histoires comme √ßa, juste en improvisant et elle y arrivait fort bien. Il pouvait lui arriver √©galement d’utiliser des marionnettes-main ou encore √† fil pour agr√©menter ses contes invent√©es.

Et le simple fait d’enfiler sa marionnette-main ou encore de la faire se mouvoir √† l’aide de ses fils, suffisaient √† l’inspirer et √† commen√ßer le d√©but de son histoire.
Oui, elle aimait improviser et je dois dire qu’elle √©tait extr√™mement dou√©e pour inventer de biens jolies petites histoires qui nous fascinaient mon fr√®re et moi.

Elle nous racontait √©galement les contes traditionnels que tout un chacun conna√ģt bien, tels que : le petit chaperon rouge, Cendrillon ou encore Blanche Neige et les sept nains, ect…
Lorsque mon fr√®re et moi l’√©coutions et regardions la marionnette qui s’animait, le temps √©tait comme suspendu et nous √©tions totalement subjugu√©s par toute cette magie qu’elle d√©ployait devant nos yeux √©bahis.

Les marionnettes nous faisaient tant√īt rire selon certaines situations ou peur lorsqu’elle faisait son √©trange voix qui imitait celle d’un animal que l’on connaissait bien ou encore celle d’une sorci√®re ou d’un monstre d’un conte de f√©es.
Mon fr√®re et moi ne voulions jamais que le spectacle s’arr√™te et nous en redemandions toujours et encore afin que cela puisse continuer √† l’infini mais ne dit-on pas que les bonnes choses ont irr√©m√©diablement une fin ?

Je n’oublierai jamais ces merveilleux instants que je garderai toujours en m√©moire…
Il est vrai que parfois j’aurais aim√© me projeter dans le pass√© et me retrouver alors l’enfant que j’√©tais, en train d’√©couter et de savourer les belles histoires de Maman.

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Les belles décorations de Noêl :

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Je me souviens encore des belles d√©corations de no√™l que Maman avait pris le soin d’installer un peu partout dans notre grand salon.
Il y avait des accordéons de guirlandes dorées/argentées accrochés au plafond ainsi que de grandes images autocollantes sur les vitres des fenêtres représentants des scènes de noêl tels que des petits anges, des étoiles, des sapins ou encore des petits pères Noêl.

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Pour moi, le salon de notre maison semblait alors tout droit sortir d’un conte de f√©es tellement il √©tait magnifiquement bien d√©cor√© et qu’il s’en d√©gageait une telle magnificence que j’en √©tais subjugu√©e.
Je me rappelle aussi qu’√† ces moments l√†, cette pi√®ce m’apparaissait encore plus grande et d√©mesur√©e.

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Ne dit-on pas que tout peut nous para√ģtre plus grand lorsque l’on est un petit enfant ?
Pour moi, c’√©tait √ßa aussi la magie de no√™l : toutes ces belles d√©corations qui mettaient imm√©diatement dans l’ambiance et √©merveillaient mes yeux √† chaque fois que je les admirais.

 

Le soir du 24 décembre, avant la naissance de Jésus Christ :

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Ce soir l√†, Maman nous avait pass√© plein de disques de No√™l et l’int√©rieur de notre demeure baignait dans une chaleur humaine tr√®s intense.
En effet, nous avions chanté tous ensemble de très jolis chants de Noêl tels que :

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РPetit Papa Noêl,

– Vive le vent d’hiver,

– Mon beau sapin,

– No√™l blanc, ect…

 

Tous ces chants m√©lodieux √©taient si merveilleux qu’ils enveloppaient nos coeurs de joie. Je me sentais en symbiose avec ma famille et en s√©curit√© √† l’int√©rieur de notre chez nous.

Cette nuit là, fut une bien belle veillée de Noêl.

 

Le sapin et la crèche :

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Je revois encore avec mes yeux d’enfant ce superbe et haut sapin vert (en synth√©tique) orn√© de boules, de guirlandes scintillantes ainsi que de guirlandes √©lectriques multicolores qui l’illuminaient joliment.

Le sapin tr√īnait fi√®rement dans notre salon et il √©tait accompagn√© de sa jolie cr√®che que Maman avait construite de ses mains pour l’occasion (elle est tr√®s dou√©e pour faire en deux temps trois mouvements des merveilles avec de simples mat√©riaux : papier, colle, ruban, ect ou avec du mat√©riel de r√©cup√©ration).
Ah cette crèche ! Elle était vraiment magnifique !

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La féérie de Noêl :

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Au moment o√Ļ notre salon fut plong√© dans le noir mais tamis√© par de doux √©clairages d’abat-jours, le spectacle fut tout simplement f√©√©rique !

Les petites ampoules multicolores du sapin clignotaient par intermittence et rendaient un effet très cosy à toute la pièce.
Les effets de lumières colorées qui se projetaient sur la crèche lui donnaient un aspect magique, presque surréaliste qui me faisait rêver.

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Les santons qui se trouvaient √† l’int√©rieur semblaient alors vivants comme s’ils √©taient sur le point de se mouvoir devant nos yeux √©merveill√©s.
Et devant un tel spectacle, je me mettais √† penser au Papa No√™l qui ne tarderait plus √† venir chez nous et me disait qu’il devait d√©j√† √™tre en chemin s’il ne voulait pas √™tre en retard.

J’avais h√Ęte d’arriver au lendemain mais restais patiente car j’adorais cette veill√©e de No√™l en famille !
Demain, mon fr√®re et moi aurions l’immense joie de pouvoir d√©couvrir nos cadeaux et d’y jouer avec.

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Pour lire la suite, cliquez sur Deuxième partie.

Guerre ethnique au Tchad en 1990

Le Tchad :

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Le Tchad est un pays d’Afrique Centrale sans acc√®s √† la mer, situ√© au sud de la Libye, √† l’est du Niger et du Nigeria, au nord du Cameroun et de la R√©publique centrafricaine et √† l’ouest du Soudan.

G√©ographiquement et culturellement, le Tchad constitue un point de passage entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire.
Sa capitale est N’Djamena.

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Histoire du Tchad :

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Voici le Président du Tchad : Idriss Déby

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Le Tchad, qui a fait partie des possessions Africaines de la France jusqu’en 1960, a subi 3 d√©cennies de guerre ethnique ainsi que des invasions par la Libye avant de retrouver une certaine paix en 1990.

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Voici des Goranes

Une paix qui ne dura h√©las pas tr√®s longtemps…

Je vais d’ailleurs vous raconter un bien mauvais souvenir que j’ai v√©cu (ma famille et moi) et dont je n’oublierai jamais…

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Voici mon histoire : Guerre ethnique :

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Par une belle matin√©e ensoleill√©e (nous √©tions le 2 D√©cembre 1990 et j’√©tais alors √Ęg√©e de 13 ans) nous re√ß√Ľmes un appel t√©l√©phonique nous annon√ßant qu’il y avait des rebelles qui venaient d’envahir N’Djamena pour prendre le pouvoir…

C’√©tait un coup d’√©tat qui avait √©t√© organis√© par surprise sous le commandement du G√©n√©ral Idriss D√©by afin de ne pas √©veiller les soup√ßons du Pr√©sident Tchadien de l’√©poque : Hiss√®ne Habr√©, son ancien compagnon d’armes…

Ainsi, avec l’appui de la France, le G√©n√©ral Idriss D√©by voulait chasser Hiss√®ne Habr√© de son pouvoir…

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N’Djamena √©tait donc assi√©g√© par des rebelles (Goranes) qui voulaient renverser l’actuel gouvernement d’Hiss√®ne Habr√© et placer au pouvoir leur G√©n√©ral Idriss D√©by en tant que nouveau Pr√©sident de la R√©publique Tchadienne.

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Petite parenthèse :

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Voici Idriss Déby

Idriss Déby Itno, né en 1952 à Berdoba (au sud-est de Fada) est un homme politique Tchadien.

Le 2 d√©cembre 1990, avec l’appui de la France, il chasse du pouvoir son ancien compagnon d’armes Hiss√®ne Habr√© apr√®s une p√©riode de lutte arm√©e men√©e √† partir du Soudan et le remplace le 4 d√©cembre avec le titre de pr√©sident du Conseil d’√Čtat.

Il est ensuite d√©sign√© « Pr√©sident de la r√©publique du Tchad » le 28 f√©vrier 1991, apr√®s l’adoption de la Charte nationale).

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J’en reviens donc √† mon histoire…

Comme tout coup d’√©tat Africain, ce fut la panique g√©n√©rale…

Apr√®s cet appel t√©l√©phonique, mes parents, mon fr√®re et moi, d√Ľmes pr√©parer nos bagages et prendre l’essentiel sans trop se charger.

Ce que nous f√ģmes assez rapidement car il fallait au plus vite quitter notre maison de fonction afin de rejoindre un √ģlot¬†(une maison r√©quisitionn√©e sous le commandement de l’arm√©e de Terre Fran√ßaise « Epervier » et qui y regroupait une petite minorit√© d’expatri√©s Fran√ßais tout comme nous…)

Les bagages faits et nos 3 chats install√©s dans leur sacs de voyage respectifs, nous part√ģmes direction cet √ģlot, en voiture.

Au cours de notre trajet, nous nous retrouv√Ęmes subitement nez √† nez devant un tank de l’arm√©e Fran√ßaise et je peux vous dire que la vision de cet √©norme engin fut tr√®s impressionnante car son canon √©tait tourn√© en notre direction…

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L’espace d’un instant je crus d√©faillir tellement j’avais peur…

Tout de m√™me, ce n’est pas tous les jours que l’on se retrouve face √† face devant un tank…

Et pourtant ma famille et moi en faisions l’horrible exp√©rience.

J’en garde d’ailleurs un tr√®s mauvais souvenir…

Mis √† part cette mauvaise rencontre lors de notre trajet, nous trouv√Ęmes enfin l’adresse de l’√ģlot.

Une fois notre voiture gar√©e dans le jardin de celui-√ßi, tout pr√®s du portail (nous n’avions pas le choix puisqu’il y avait d√©j√† un bon nombre de voitures qui √©taient gar√©es en √©pis) ; nous d√©cid√Ęmes de laisser nos 3 chats et nos valises √† l’int√©rieur de notre v√©hicule.

Mes parents d√©cid√®rent de sortir nos chats de leur sacs de voyage afin qu’ils puissent se sentir plus √† l’aise et ouvrirent √©galement un petit peu les fen√™tres arri√®res de la voiture afin qu’ils puissent mieux respirer.

Ensuite, tous les 4, nous rejoign√ģmes¬†le petit groupe d’expatri√©s qui se trouvait d√©j√† √† l’int√©rieur de l’√ģlot.

Une fois √† l’int√©rieur,¬†les heures pass√®rent et pass√®rent sans que quiconque ne vienne nous sauver.

Ma famille et moi √©tions tr√®s inquiets car on avait l’impression d’√™tre abandonn√©s et vraiment coup√©s du monde…

C’√©tait interminable cette attente¬†et cela √©tait d√Ľ en grande partie √† cause de la mauvaise strat√©gie de l’arm√©e de terre Fran√ßaise et du Quai d’Orsay (le Minist√®re des affaires √©trang√®res).

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Le temps passait irr√©m√©diablement lorsque soudain 2 goranes (des rebelles Tchadiens) arm√©s de leur kalachnikov et muni d’un pistolet, firent irruption dans le jardin en r√©clamant qu’ils voulaient juste une voiture (afin de pouvoir s’enfuir de N’Djamena, selon les dires du gardien de jour Tchadien de la maison).

photo-280085-LEt malheureusement, comme notre voiture se trouvait √™tre gar√©e pr√®s du portail,¬†vous devinez alors la suite…

Pourtant, il y avait bien un autre v√©hicule gar√© tout pr√®s de notre voiture et ce, juste en face du portail et qui se trouvait √™tre un 4X4 tout terrain…

Ce 4X4 √©tait vide,¬†c’est √† dire : sans aucun bagage et qui plus est sans animaux…

Mes parents ne voulaient pas donner leur voiture pour les simples et uniques raisons qu’il y avait tous nos bagages ainsi que nos chats qui √©taient rest√©s √† l’int√©rieur.

Mes parents ont tout fait pour faire entendre raison √† ce propri√©taire du 4X4 (qui √©tait √©galement le propri√©taire de la maison) mais celui-√ßi ne voulait en aucun cas donner son v√©hicule car il avait peur et qu’il √©tait tout bonnement un l√Ęche…

Je me souviens encore de cet homme¬†et p√®re de famille qui se fichait totalement de notre sort…

Ce jour-l√†, je me suis m√™me dis que c’√©tait un √™tre immonde, √©goiste et totalement indigne qui aurait du alors se retrouver √† notre place √† cet instant l√†… Oui, une situation des plus affreuses qu’il aurait du subir lui aussi…

D’ailleurs, si jamais il lisait cet article (que je souhaite), je tenais √† lui dire ceci :

« Vous √©tiez une v√©ritable ordure ce jour-l√† ! Oui une lamentable ordure ! Et vous vous √©tiez comport√© comme un l√Ęche ! Comment avez-vous pu oser ne pas donner votre 4X4 rutilant √† ces deux Goranes ? Hein ? Pourquoi ? La r√©ponse est √©vidente. Vous ne vouliez pas donner votre voiture toute neuve ! Allez au diable ! esp√®ce de sale cr√©tin ! »

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Malgr√© un dialogue sans fin¬†√† b√Ętons rompus (vraiment pitoyable et grotesque) avec cet homme d√©nu√© d’intelligence et de bon sens (pour lui faire soit disant entendre raison) ; mes parents durent se r√©soudre au pire ; donner leur voiture car les rebelles commen√ßaient √† s’impatienter.

C’est alors que mon p√®re prit ses clefs de voiture et sortit dehors.

Ma mère le suivit afin de pouvoir sauver toutes nos affaires ainsi que nos chats dans le cas ou les rebelles leur donneraient peut-être cette éventuelle possibilité (Ce que ma mère et mon père espéraient vraiment).

Mon p√®re essaya donc¬†d’expliquer (par des gestes) aux goranes qu’il voulait r√©cup√©rer ses valises ainsi que ses chats.

Ceux-√ßi ne s’y oppos√®rent pas mais ils voulaient en contrepartie, que mes parents se d√©p√™chent au plus vite afin qu’ils puissent quitter les lieux.

Vu leur excitation et leur impatience, cela se voyait qu’ils voulaient fuir au plus vite N’Djamena √† cause de l’arriv√©e des troupes du G√©n√©ral Idriss D√©by.

Mais l√† encore,¬†mes parents n’eurent pas de chance…

En effet, mon p√®re n’arrivait pas ouvrir la porti√®re avant (droite) √† cause de la serrure qui √©tait d√©fectueuse et qui devait normalement √™tre r√©par√©e dans les jours √† venir.¬†C’√©tait vraiment pas de chance !

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Mon père dut batailler tant bien que mal avec cette satanée serrure mais heureusement, la portière finit enfin par céder !

Mais c’√©tait sans compter sur ces rebelles qui commen√ßaient de plus en plus √† s’exciter et √† s’√©nerver davantage…

L’un deux commen√ßa √† hurler en un dialecte incompr√©hensible car il pensait que mon p√®re avait fait expr√®s de leur faire cette ruse afin qu’ils ne puissent pas voler sa voiture.

C’√©tait un regrettable mauvais coup du sort qui s’acharnait une fois de plus contre nous…

De l√† ou je me trouvais, (derri√®re la grande baie vitr√©e du salon de la maison) je pouvais voir tr√®s nettement toute la sc√®ne et je peux vous dire que jamais je n’avais eu autant peur de ma vie…

C’√©tait horrible de voir mes parents confront√©s √† ces sales brutes de rebelles…

Je m’imaginais le pire et je n’avais pas si tort que √ßa…

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Le gorane qui n’arr√™tait pas de hurler et qui avait les yeux inject√©s de sang car il √©tait sans aucun doute drogu√©, pointa subitement le canon de son pistolet dans le dos de ma m√®re qui essayait de sauver nos 3 chats et quelques uns de nos bagages.

Si vous vous souvenez bien,¬†mes parents avaient d√©cid√© de laisser nos chats en dehors de leurs sacs de voyage afin qu’ils puissent se sentir plus √† l’aise √† l’int√©rieur de notre voiture.¬†Eh bien, heureusement qu’ils avaient eu cette id√©e…

Deux chats avaient pu s’√©chapper de la voiture gr√Ęce √† ma m√®re qui les avait lib√©r√©s en d√©grafant leurs laisses qui √©taient attach√©es autour de leur cou et qui les emp√™chaient litt√©ralement de pouvoir se mouvoir et donc de s’enfuir…

Puis avec rage et d√©termination, elle les avait rapidement repouss√©s vers l’ext√©rieur de l’habitacle afin qu’ils puissent enfin se sortir de ce pi√®ge…

C’est vrai que ma m√®re avait fait preuve de beaucoup de sang froid ce jour-l√† car ces deux chats auraient pu ne jamais s’en sortir si elle ne les avait pas d√©tach√©s de leurs laisses…

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Voici Minouchkaya (Vous savez, celle que j’avais sauv√©e in extr√©mis en Guin√©e √† Conakry)

Et donc, une fois délivrés, nos deux chats se mirent à courir très vite vers les buissons du jardin, tellement ils étaient effrayés.

Toujours avec autant de sans-froid, ma m√®re essaya de sauver tant bien que mal mon chaton blanc « Snoopy » qui s’√©tait cach√© sous le si√®ge avant du v√©hicule tellement il avait eu peur des Goranes mais h√©las, elle ne parvint pas √† le d√©livrer car il √©tait √©galement prisonnier de sa laisse qui l’emp√™chait de pouvoir se mouvoir et donc de s’enfuir de cet enfer.

MON PETIT SNOOPYNO

Voici mon petit Snoopy…

Mais √† ce moment l√†, ma m√®re ne se doutait pas une seule seconde que le Gorane drogu√©, la visait dans le dos avec son arme √† feu…

C’est alors que mon p√®re qui avait observ√© les intentions de ce gorane fit un geste h√©roique…

Sans plus attendre, il tapa tr√®s fort sur le canon de la kalachnikov afin de rabaisser l’arme au sol et de d√©tourner la trajectoire de la balle.¬†Le canon se rabattit violemment contre le sol au m√™me moment o√Ļ ce gorane (drogu√©) avait appuy√© sur la g√Ęchette.

Soudain, j’entendis une d√©flagration.¬†Un bruit terrible et affreux,¬†me laissant paralys√©e sur place…

La balle tir√©e de la kalachnikov venait de tomber au sol.¬†Cette ordure de rebelle avait manqu√© son sale coup…

Par son geste, mon p√®re avait sauv√© la vie de ma m√®re…

Mais h√©las, il fut l√©g√®rement bless√© au niveau du ventre car la chaleur du bout du canon de la kalachnikov avait litt√©ralement transperc√©e sa chemise et donc √©gratign√© au passage sa peau, faisant appara√ģtre au bout de quelques instants, une petite¬†aur√©ole de sang qui maculait sa chemise.

****

En voyant cette sc√®ne,¬†je d√©cidai de sortir de la maison car j’√©tais affol√©e et tr√®s inqui√®te.

Je sortis donc de la maison en courant...

Mais heureusement, une des personnes qui se trouvait √† l’int√©rieur stoppa ma course en me saisissant par la taille.

L’homme me plaqua contre lui et me dit tout doucement qu’il ne fallait plus que je fasse aucun geste…

En me stoppant dans ma course, j’eu le souffle coup√© et ne pu m’emp√™cher de pleurer (pas √† cause de la douleur mais par le fait que j’√©tais morte d’inqui√©tude pour mes parents).

Le geste de ce monsieur m’avait tout simplement sauv√© la vie car √† ce moment l√†, le deuxi√®me gorane me visait de loin avec sa kalachnikov…

Mon petit fr√®re qui se trouvait √† l’int√©rieur de la maison √©tait tr√®s angoiss√© car il venait de voir toute la sc√®ne.

****

Je regardais mes parents au loin et je me disais que c’√©tait la fin du monde…

Le Gorane qui m’avait vis√©, attrapa brusquement le bras de son acolyte…¬†Je crois bien qu’il essayait de le r√©sonner.

La situation les échappait.

Et c’√©tait une certitude, mes parents ne pourraient pas sauver l’int√©gralit√© de leurs affaires, rest√©es dans le coffre de leur voiture.¬†

D’ailleurs, l’instant d’apr√®s, les goranes se pr√©cipit√®rent √† l’int√©rieur du v√©hicule et s’enfuy√®rent en roulant √† grande vitesse, ne laissant appara√ģtre derri√®re eux, qu’un √©pais nuage de poussi√®re de terre rouge…

****

Ma m√®re √©tait sous le choc ainsi que mon p√®re…

Ils √©taient d√©sempar√©s et perdus…¬†Nous avions absolument tout perdu…

Nous n’avions plus aucun¬†bagage (les bijoux en or de ma m√®re qui √©taient des souvenirs de Madagascar et d’Afrique se trouvaient dans une de nos valises et ce fut un v√©ritable cr√®ve-coeur pour elle de savoir que ses biens les plus pr√©cieux furent entre les mains d’immondes salopards).

Mais dans ce terrible malheur, nous avions la chance d’avoir toujours nos deux chats qui avaient pu √™tre sauv√©s gr√Ęce √† Maman…

H√©las, ce ne fut pas le cas de mon chaton (que j’aimais tant) « Snoopy » qui √©tait rest√© coinc√© sous le si√®ge avant, c√īt√© conducteur de notre voiture…

J’imagine que ces ordures ont du l’abattre en le faisant souffrir (je ne sais de quelle mani√®re mais jusqu’√† aujourd’hui je pr√©f√®re ne pas trop y penser) vu que c’√©taient des sanguinaires !

****

Mais ce que j’ai retenu le plus de cette atroce journ√©e dont je ne cesserai jamais de me la rem√©morer avec beaucoup d’√©motion et de tristesse ; c’est que nous avions fr√īl√© la mort de tr√®s pr√®s et que dans cet infernal chaos, nous avions eu l’immense chance de pouvoir rester en vie tous les 4…

Cela aurait pu mal se terminer mais je remercie encore le ciel d’avoir √©pargn√© nos vies… Qu’il ne soit rien arriv√© √† ma m√®re, ni √† mon p√®re (juste une l√©g√®re blessure due √† la br√Ľlure de la chaleur du canon de la Kalachnikov) et ni √† mon petit fr√®re !

Certes, on nous avait vol√© tous nos souvenirs de Madagascar et d’Afrique ainsi que nos biens les plus pr√©cieux ; sans oublier la perte de mon chaton mais dans tout ce drame, nous √©tions encore en vie et c’est ce qui est l’essentiel √† retenir finalement…

****

En conclusion de mon histoire, je terminerai mon récit en vous disant ceci :

« La vie est ce qu’il y a de plus beau et de plus important sur cette terre… Elle n’a pas de prix… Elle est tr√®s pr√©cieuse et plus que jamais, elle vaut d’√™tre v√©cue…

Une bien jolie d√©couverte

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Je me rappelle encore d’un souvenir lointain qui date depuis fort longtemps : en effet, je devais bien avoir 10 ou 11 ans…
Mais je m’en souviens encore comme si c’√©tait hier…

Ce jour là, je me trouvais dehors en compagnie de mon petit frère en train de jouer avec nos chats et nos chiens.
Nous attendions l’arriv√©e de notre p√®re qui ne devait pas tarder √† rentrer de son travail afin d’aller d√©jeuner en famille au restaurant chinois qui s’appelait : « Le Jardin Chinois » et qui se trouvait non loin de notre villa.

Soudain nous entend√ģmes le klaxon de notre voiture que je savais parfaitement reconna√ģtre entre mille.¬†C’√©tait Papa qui arrivait enfin de son travail.
Je regardais ma montre. Il était exactement 12H00 pile.
Mon p√®re gara le 4×4 dans l’all√©e qui menait √† notre jardin pendant que notre gardien de jour refermait les portes du portail.

Mon fr√®re et moi, nous pr√©cipit√Ęmes vers lui afin de lui dire bonjour et de l’embrasser chacun notre tour.

Puis mon fr√®re d√©cida d’aller v√©rifier le fameux QG de ses fourmis car √† cette √©poque l√†, je remarquai qu’il aimait beaucoup les observer et m√™me leur donner √† manger ; voire les prot√©ger de tous pr√©dateurs car je crois bien qu’il devait en √™tre r√©ellement passionn√© de ces insectes (une similitude que mon fr√®re avait avec notre Maman qui adorait, elle aussi, lorsqu’elle √©tait petite, jouer avec ces charmantes petites bestioles) par rapport √† moi qui pr√©f√©rait de loin : les chats.

Bref, pendant que mon petit fr√®re observait ses ch√®res fourmis en train de construire leur forteresse, moi je regardais mon p√®re du coin de l’oeil.

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Apr√®s que mon p√®re eut demand√© un verre d’eau glac√© au domestique qui se trouvait encore √† l’int√©rieur de notre maison en train de terminer son m√©nage et pendant que Maman se pr√©parait dans sa chambre pour s’appr√™ter √† sortir ; je ne pouvais m’emp√™cher de me dire rien qu’en regardant son visage qu’il avait d√Ľ s√Ľrement se passer quelque-chose aujourd’hui, car il me paraissait bien absent.

Je m’asseyais donc pr√®s de lui alors qu’il √©tait en train de boire son verre d’eau, tranquillement install√© sur le petit muret de notre gloriette qui √©tait situ√©e au centre de notre jardin puis je d√©cidai de lui poser la question qui me br√Ľlait les l√®vres :

« Papa, tu m’as l’air bien soucieux, il s’est pass√© quelque-chose ? on aurait dit que tu es un peu triste ? »

Papa me répondit avec un petit sourire :

 » Pourquoi tu me poses cette question ? Je vois que tu es toujours autant curieuse C√©cile… »

« Mais je vois bien que tu as l’air soucieux comme si tu avais fait quelque-chose…mais je sais pas quoi…Allez dis-moi…s’il te pla√ģt…s’il te pla√ģt »

« Mais je n’ai rien fait. Enfin, si…il y a quelque-chose. Tout √† l’heure lorsque je conduisais, j’ai failli √©craser un chat mais je ne sais pas vraiment si j’ai pu l’√©viter ou pas. Je ne sais pas du tout. Je pense peut-√™tre l’avoir √©vit√© mais maintenant je n’en suis plus si s√Ľr que √ßa…enfin bref, j’en sais rien du tout… »

« C’est vrai ?? Mais sur quelle route tu te trouvais ? »

« C’√©tait tout pr√®s de notre maison. Pas loin du tout, juste sur la route √† double sens qui est devant chez nous, l’avenue Madina Corniche »

« Mais alors, on devrait aller voir…Peut-√™tre que le chat doit √™tre toujours l√†…et s’il est bless√©, on pourrait le sauver. C’√©tait un chat, comment ? Comme nos 3 chats ? grands comme eux ? »

« Mais enfin C√©cile ! ce chat, m√™me s’il est encore vivant, il doit √™tre d√©j√† tr√®s loin. C’√©tait un petit chat. Enfin, je sais plus. Mais on ne va pas partir l√† pour aller chercher un chat. Oublie √ßa, surtout que Maman ne va pas tarder √† sortir pour qu’on aille au restaurant. Laisse tomber. Je sais que tu aimes les chats mais l√† je t’assure, √ßa sert √† rien du tout. Allez, laisse tomber. Je n’aurais pas d√Ľ t’en parler, d’ailleurs »

Je lui r√©pondis aussit√īt, avec un certain agacement dans la voix :

« Si ! il faut qu’on y aille ! ou alors j’irais voir sans toi mais je t’en prie, viens s’il te pla√ģt ! il faut se d√©p√™cher maintenant ! »

Je l’agrippai par le bras en le tirant fortement vers moi afin qu’il se l√®ve.

« Allez viens Papa ! »

Subitement, ne pouvant plus attendre, je me mis √† courir vers le portail et demandai au gardien de l’ouvrir afin que je puisse sortir.

Aussit√īt, mon p√®re courut derri√®re moi et cria :

« C√©cile ! Mais non ! o√Ļ vas-tu ? Reviens… »

Avant de sortir dans la rue, je lui dis de mon air le plus triste :

« Viens, on va juste aller voir Papa puis on revient. Je veux juste savoir qu’est-ce qu’est devenu ce chat… viens, s’il te pla√ģt… »

Puis mon p√®re me suivit et nous sort√ģmes ensemble dans la rue ; la fameuse avenue qui portait le nom de « Madina Corniche » pendant que le Gardien maintenait l√©g√®rement le portail entrouvert.

L’avenue grouillait de monde et il y avait un va et vient de voitures sur la grande route √† double sens.
Ici, c’√©tait loin d’√™tre le havre de paix de notre maison avec tous ces bruits assourdissants.

Soudain, j’aper√ßus √† ma droite, une femme Guin√©√®nne assez forte qui √©tait en train de faire griller des ma√Įs¬†au bord de la route (comme il en existe souvent ici, en Guin√©e) et qui venait de donner un magistral coup de pied dans l’arri√®re train d’un tout petit chat. Sans aucun doute un chaton.

Mais de l√† o√Ļ je me trouvais, je n’arrivais pas √† bien distinguer la sc√®ne alors je m’√©criai vers mon p√®re avec pas mal d’excitation dans la voix :

« Papa ! Papa ! Je viens de voir le chat ! Je suis s√Ľre que c’est celui que tu as failli √©craser ! C’est lui ! Viens ! La femme vient de lui donner un coup de pied ! Oh non ! Vite, il faut y aller ! »

Je courus tr√®s vite vers la femme Guin√©√®nne qui parut tr√®s surprise de me voir l√† ; sans doute qu’elle n’√©tait pas habitu√©e √† voir une petite fille « Blanche » qui √©tait en train de courir pour je ne sais quelle raison, sur cette avenue…

Puis la femme comprit et se mit à éclater de rire en regardant le petit chat qui fuyait.
Moi, de mon c√īt√©, en un clin d’oeil, j’avais aper√ßu la petite boule de poil de couleur tigr√©e rouquine qui courait en boitillant, vers une bouche d’√©gout.

Je courus tr√®s rapidement vers le chaton qui avait d√©j√† engouffr√© sa petite t√™te √† l’int√©rieur de l’√©gout (il avait pratiquement la moiti√© de son corps √† l’int√©rieur) puis d’un geste tr√®s rapide, j’attrapai sa queue et la tirait de toute mes forces vers moi afin que je puisse l’extirper de cet endroit si sale et puant.

Mais ce ne fut pas √©vident du tout car (ce n’est pas la meilleure mani√®re qu’il soit pour attraper un chat) le chaton √©tait non seulement tr√®s effray√© par le bruit de cette avenue si bruyante mais aussi par le sale coup de pied qu’il venait de re√ßevoir.

Mais je r√©ussis tant bien que mal √† l’attraper de justesse. A pr√©sent, je le tenais bien fermement dans mes mains afin qu’il ne puisse surtout pas s’√©chapper.
Il √©tait si fr√™le et si apeur√© qu’il tremblait de tout son corps dans mes bras.
Il me ragardait de ses petits yeux verts en amande et il ne cessait de cracher. Un vrai petit rebelle !

Minouchkaya :

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Voici Minouchkaya √† l’√Ęge adulte. Ici, elle se trouve au Tchad avec l’un de ses chatons.

Ce chaton √©tait tout mignon et il ressemblait √©trangement √† la chatte de ma Maman qui s’appelait « Minith » et qui √©tait tr√®s gravement malade.
Il ne cessait de me mordiller le bout des doigts et il sortait les griffes car il √©tait tr√®s apeur√©. Quoi de plus normal, vu qu’il n’avait plus confiance en l’√™tre humain et qu’il devait penser que je voulais sans doute, lui faire du mal.

Pourtant je ne cessai de le rassurer en lui murmurant des mots doux tout près de ses petites oreilles si pointues :

« Coucou, toi ! non, non et non, tu ne m’√©chapperas pas. Je te tiens tr√®s bien. Tu te rends compte que tu aurais pu t’enfuir dans cet √©gout si sale. Non, tu ne seras plus dans la rue. Tu es sauv√© maintenant ! Et on ne te fera plus de mal…Eh !! tu sais que tu ressembles beaucoup √† Minith ! Tu le sais mon joli chaton ? Aie ! Aie ! Mais tu oses me mordre et me griffer petit rebelle ! »

Je passai devant la femme Guin√©√®nne qui venait il n’y a pas si longtemps d’√©clater de rire. Elle me regarda d’un air incr√©dule et pointa du doigt le chaton que je tenais dans les mains puis me dit :

« Ah ! Tu as trouv√© le chat ! Il voulait manger mon ma√Įs alors j’ai tap√© lui…Mais lui, il n’a plus sa maman, je crois…Tu vas prendre lui ? »

Mon père qui se trouvait tout près de moi, lui répondit :

« Oui, on va garder le chat mais toi pas tr√®s gentille avec le chat… »

La femme lui répondit en riant :

« Ah ! missieu ! Oui pas gentille avec lui mais vous maintenant garder lui dans votre maison…C’est bon pour lui…Lui, tr√®s content maintenant… »

Apr√®s avoir dit au revoir √† cette femme que je n’aimais pas du tout,¬†mon p√®re et moi, nous rend√ģmes tr√®s vite chez nous, avec notre merveilleuse d√©couverte.
Mon petit fr√®re ne s’√©tait m√™me pas rendu compte de notre absence tellement il √©tait absorb√© par ses ch√®res fourmis !
Je vins vers lui et lui dit :

« Regarde Olivier, ce qu’on a trouv√© Papa et moi ! t’as vu ? C’est un petit chaton »

Olivier qui √©tait accroupi, se leva et regarda la petite boule de poil qui ne cessait de se contorsionner dans mes mains pour pouvoir s’enfuir.

« Wahou ! Mais vous l’avez trouv√© o√Ļ ? C’est vrai qu’il ressemble beaucoup √† Minith ! Il fait que cracher ! »

« C’est gr√Ęce √† C√©cile ! » dit mon p√®re. « Elle a tout fait pour qu’on aille retrouver le chat que je pensais avoir √©cras√© sur la route. Le chat √©tait toujours l√† mais √† un moment donn√©, il a failli s’√©chapper √† l’int√©rieur d’un √©gout. Heureusement que C√©cile √©tait l√† pour l’emp√™cher d’aller plus loin sinon on ne l’aurait plus jamais retrouv√© ! »

 » Wahou ! C’est vrai C√©cile ? Va vite le faire montrer √† Maman maintenant…Vite, d√©p√™che toi… »

Aussit√īt dit et aussit√īt fait. Je me retrouvai donc en un rien de temps √† l’int√©rieur de notre maison, faisant montrer √† Maman et √† notre domestique « Mamadou » notre jolie d√©couverte…
Mamadou dit en s’√©criant √† Maman :

« Madame ! Ce chat, il ressemble trop √† Minith ! C’est vrai, regarde Madame…Lui, trop beau comme Minith… »

Maman lui répondit :

« C’est vrai Mamadou ! Ce chaton ressemble vraiment beaucoup √† Minith ! Mais dis moi C√©cile, c’est un m√Ęle ou une femelle ? Il faudrait v√©rifier. Tu peux me le donner, s’il te pla√ģt ? Je vais voir si c’est une fille ou un gar√ßon »

Je tendis le chat √† ma m√®re puis celle-√ßi commen√ßa √† bien l’observer. Au bout de quelques secondes, elle nous dit √† moi et √† Mamadou :

« C’est bien une femelle ! ah ! Je suis vraiment contente. En plus, elle est tr√®s belle ! Elle a la m√™me couleur que Minith. Son pelage est tigr√©. Il faudra bien la laver car elle est tr√®s sale »

Et ce fut ainsi que « notre belle d√©couverte » devint notre jolie « Minouchkaya ».

Elle resta aupr√®s de nous durant des ann√©es et des ann√©es, voyageant √† nos c√īt√©s, traversant les fronti√®res et toujours en nous apportant beaucoup de joie et de bonheur. Et au cours de ces ann√©es, elle nous donna √©galement de bien jolies port√©es de chatons pour notre plus grand plaisir.

Cette jolie petit rouquine aux yeux verts fut un v√©ritable don du ciel car elle rempla√ßa pour ainsi dire notre si douce Minith qui √©tait atteinte (√† cette √©poque l√†) d’un cancer g√©n√©ralis√© et qui mourut quelques temps plus tard, apr√®s que l’on eut d√©couvert Minouchkaya.

Maman pleura beaucoup Minith car elle l’adorait plus que tout mais elle pressentait aussi depuis pas mal de temps qu’elle aurait eu une autre chatte qui aurait √©t√© sa r√©plique exacte mais en plus costaude et que sa rempla√ßante aurait v√©cue bien plus longtemps qu’elle…

Tout cela pour vous dire que ce jour l√† o√Ļ j’avais bien observ√© mon p√®re ; et bien, je pense que c’√©tait un jour b√©ni des Dieux car gr√Ęce √† moi, je donnais √† ma douce Mamounette, l’opportunit√© et le bonheur d’avoir une seconde petite Minith…

Et qui sait ? Peut-√™tre que c’√©tait tout simplement la r√©incarnation de Minith et que c’√©tait la providence qui nous l’apportait comme √ßa, afin d’apaiser la perte de notre regrett√©e Minith, par je ne sais quel miracle de la vie…

Un bien joli miracle et une bien jolie anecdote que je souhaitais absolument vous raconter…

Découverte de Conakry

Arrivée à Conakry :
Lorsque nous nous retrouv√Ęmes moi et ma famille √† l’int√©rieur de l’a√©roport de Conakry ; mon p√®re cherchait des yeux notre chauffeur de voiture qui s’appelle « Momo »…

Petite parenthèse :
Auparavent, mon p√®re avait d√©j√† effectu√© une p√©riode de travail (p√©riode d’essai de 4 mois) en tant que contr√īleur de gestion dans la soci√©t√© « SOGUICOM » (une soci√©t√© commerciale de transport qui √©tait charg√©e de fret a√©rien et de fret maritime) et c’est pourquoi il connaissait d√©j√† assez bien la ville de Conakry et ses alentours (restaurants, h√ītels, ect…)

Durant sa p√©riode d’essai, mon p√®re habitait donc dans une maison de fonction situ√©e en plein centre-ville de Conakry…
Dans cette maison, mon p√®re avait du personnel dont notamment : – un cuisinier et un « boy » (un boy d√©signe en Afrique francophone, tout employ√© salari√© de maison) et en ce qui concerne l’ext√©rieur de celle-√ßi, il avait √©galement : 1 chauffeur de voiture, 1 gardien de jour et 1 gardien de nuit…

Découverte de Conakry :
Parmi la foule qui se trouvait √† l’int√©rieur de l’a√©roport ; mon p√®re cherchait des yeux notre chauffeur « Momo »….
Puis soudain mon p√®re s’√©cria en d√©signant une personne qui se tenait pr√®s de la porte de sortie de l’a√©roport : « Voici, notre chauffeur, vite allons vers lui… »
Nous all√Ęmes donc vers « Momo » qui venait de nous aper√ßevoir et qui nous souriait au loin…
Mon p√®re dit : « Bonjour Momo, tu vas bien ? Nous venons √† peine d’arriver…C’est bien que tu sois d√©j√† l√†…je te cherchai…Je te pr√©sente ma famille ; voici mon √©pouse et mes enfants… »
Ma m√®re, mon petit fr√®re et moi le salu√®rent puis Momo nous dit : « Bienvenue √† vous et bienvenue √† Conakry…Je suis content de conna√ģtre la petite famille de Monsieur et j’esp√®re que vous vous plairez dans notre pays, en Guin√©e… »
Puis apr√®s ces paroles chaleureuses, Momo nous aida √† ranger nos valises ainsi que nos bagages √† main dans le coffre de notre voiture puis nous commen√ß√Ęmes √† entreprendre notre trajet direction notre maison de fonction…
Durant le trajet, je ne cessai de regarder tous ces beaux paysages que je n’avais jamais encore vu…
Nous √©tions en p√©riode de saison des pluies ; et le temps √©tait tr√®s nuageux ; ce qui rendait encore plus belle toute cette atmosph√®re africaine…

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On aurait dit un magifique tableau enchanteur !!!
Puis √† un moment donn√©, ma m√®re aper√ßu au bord de la route, des √©talages de fruits et de l√©gumes qui √©taient dispos√©s sur de grandes nattes √† m√™me le sol, tels que : Mangues, ananas, goyaves, papailles, bananes, ect…
Ma m√®re s’√©cria : « Regardez les enfants ; vous avez vu les mangues, les avocats ? et regardez, il y a m√™me des ma√ģs grill√©s ; hum, les bons ma√ģs grill√©s… »
C’est alors que Momo lui r√©pondit : « Ah oui Madame, je vois que vous connaissez bien. Monsieur m’a dit que vous √©tiez n√©e √† l’√©tranger… Ici, en Guin√©e, il y a beaucoup de marchands sur le bord des routes, qui vendent souvent des ma√ģs grill√©s et toutes sortes de fruits… »
Maman lui dit : « Eh oui…effectivement, je connais bien car je suis n√©e √† Madagascar. Momo, ton pays est vraiment tr√®s beau et de plus quand je vois tous ces fruits et l√©gumes exotiques ; √ßa me rappelle vraiment mon pays natal.
Momo, tu pourrais t’arr√™ter ici, s’il te pla√ģt ; j’aimerai acheter quelques ma√ģs grill√©s pour les faire go√Ľter aux enfants… »
Momo dit : « Mais biens√Ľr Madame, pas de probl√®me ; j’allais vous le proposer… »

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Une fois la voiture arr√™t√©e devant l’√©talage de ma√ģs grill√©s ; ma m√®re ouvrit sa porti√®re et une marchande Guin√©enne vint √† elle en lui disant : « Bonjour Madame, tu veux ma√ģs grill√©s ? Tu veux combien ? j’ai d’autres fruits aussi si tu veux…C’est pas cher… »
Ma m√®re dit √† la marchande : « Je voudrais juste 3 ma√ģs grill√©s, s’il te pla√ģt… » puis la marchande enroula alors dans du papier journal, 3 ma√ģs grill√©s et les tendit √† ma m√®re avec un large sourire.
Puis ma m√®re r√©gla la marchande en lui donnant les premiers billets de banque Guin√©en, (le franc CFA) qu’elle d√©couvrait pour la premi√®re fois…
Une fois apr√®s avoir achet√© les ma√ģs ; Maman nous les donna et nous continu√Ęmes √† nouveau notre trajet vers notre maison ; direction Madina Corniche, tout en mangeant tranquillement nos fameux ma√ģs qui √©taient vraiment tr√®s bons…
Notre maison située à Madina Corniche :

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Arriv√©s devant le haut portail de notre maison, Momo klaxonna 3 fois (c’√©tait un code pour le gardien) et le gardien de jour nous ouvrit…
Une fois la voiture gar√©e dans l’all√©e ; mon p√®re nous pr√©senta le gardien de jour qui s’appellait « Bah » et qui avait l’air tr√®s sympathique…
Puis nous entrepr√ģmes enfin de faire le tour du propri√©taire…
C’√©tait vraiment une maison magnifique et n’en parlons pas du jardin qui se trouvait en bordure de mer…
D’ailleurs, de l√† ou je me trouvais, je pouvais entendre le ressac…
Le jardin √©tait cl√ītur√© par de hauts murs infranchissables…
En effet, par dessus ces murs, on pouvait aperçevoir des rangées de verres de bouteilles incrustés à même le ciment afin de pouvoir dissuader les voleurs.
Le seul mur qui √©tait ajour√© et qui se trouvait √™tre en fa√ßade de notre maison, donnait sur la mer…
Je d√©cidai alors, de m’en approcher et √† travers les alv√©oles, j’aper√ßu toute l’immensit√© de l’oc√©an Atlantique…
Quelle merveille !!! quel plaisir de regarder cette superbe vue et de sentir tous ces embruns…

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J’√©tais tout simplement sous le charme de ce magnifique spectacle et je me disais en mon fort int√©rieur, que j’avais √©norm√©ment de chance de me retrouver ici, en famille et qui plus est dans un tr√®s beau pays tel que la Guin√©e…
Dans ce jardin, il y avait également, 3 immenses manguiers et une charmante gloriette qui se trouvait non loin de la véranda extérieure de notre maison.
Tout √©tait si beau et si parfait que j’avais l’impression de r√™ver mais pourtant j’√©tais bel et bien en train de vivre ce joli r√™ve…
Apr√®s avoir fait le tour du propri√©taire, nous visit√Ęmes enfin l’int√©rieur de la maison…
Tout ce que je peux en dire en me souvenant de cette visite int√©rieure, c’est que je trouvai une fois de plus que tout √©tait parfait.
En effet, mon fr√®re et moi avions chacun notre chambre et notre salle de bain…
Alors que demander de plus ?
La chambre de mes parents se trouvait non loin de la n√ītre et ils avaient eux aussi leur propre salle de bain, attennante √† leur chambre.
Le salon √©tait immense et la salle √† manger se trouvait pr√®s de la cuisine…
La maison √©tait vraiment bien agenc√©e et tr√®s agr√©able…
Bref tout √©tait parfait √† part quelques r√©novations qui √©taient d√©j√† pr√©vus tels que : peinture des murs du salon et des chambres ou encore changement du carrelage de la salle √† manger et de la cuisine puis pose de la moquette dans les 3 chambres…
La visite de notre maison termin√©e, et pour nous remmettre de notre long voyage, mon p√®re d√©cida de nous emmener d√©jeuner dans un restaurant qui √©tait tr√®s r√©put√© √† Conakry et qui s’appellait : « Chez Papy »…

Un repos bien mérité :
Arriv√©s au restaurant, mon p√®re nous pr√©senta « Papy », une figure de Conakry et qui avait la r√©putation de faire de la bonne cuisine…
Et je peux vous dire que cette halte au restaurant f√Ľt de tr√®s bonne augure √©tant donn√© que nous √©tions tous les 4 tr√®s fatigu√©s de notre voyage…
La cuisine √©tait vraiment excellente…
Je me rappelle encore de ce fameux steak √† cheval (un oeuf sur le plat pos√© dessus) accompagn√© de savoureuses frites fa√ģtes maison…
Un pur régal des papilles !!!
« Papy » m√©ritait vraiment sa r√©putation de bon cuisiner √† Conakry…
Et ce f√Ľt donc, le ventre bien rempli que nous quitt√Ęmes ce si bon restaurant, direction notre maison…
Arriv√©s chez nous ; Maman d√Ľ nettoyer rapidement la partie de nos chambre afin que nous puissions vite nous reposer…

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Les jours suivants d√©but√®rent les premiers travaux puis ainsi de suite jusqu’√† ce que notre maison soit totalement habitable…
Il est vrai que lorsque les travaux furent termin√©s ; nous v√©curent, tous les 4 ; vraiment tr√®s heureux dans cette si belle et vaste maison…
J’ai gard√© de tr√®s bons souvenirs de notre vie pass√©e en Guin√©e √† Conakry…