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Ma plus belle Ă©toile đŸŒ 

En ce jour de 24 DĂ©cembre 2017 ; un de ces jours que j’aime particuliĂšrement ; un de ces jours que tous les enfants du monde entier affectionnent tant ; un de ces jours qui me ramĂšneront toujours loin en arriĂšre
.

Un de ces jours oĂč tous mes plus beaux souvenirs de NoĂ«l me reviennent en tĂȘte


De merveilleux souvenirs de repas de Noël passés en famille


Le sapin scintillant, la crÚche toute illuminée attendant la venue au monde du Christ


Les jolies dĂ©corations d’or et d’argent faisant briller mes yeux de joie


Le festin de fĂȘte prĂ©parĂ© avec amour de Maman


Les bonnes odeurs alléchantes de tous ces mets me faisant frétiller les narines de plaisir


Les mignardises sucrĂ©s Ă  souhait…

Les douces et chaleureuses mélodies de Noël me transportant dans une allégresse et me faisant verser quelques larmes


Des larmes que je verse encore aujourd’hui mais surtout pour un ĂȘtre cher que j’ai perdu et qui nous a quittĂ©s ce Mercredi 15 Novembre 2017


Un ĂȘtre exceptionnel que j’aimais si fort


Un ĂȘtre qui aimait beaucoup l’ambiance de NoĂ«l, sa magie et toute sa fĂ©erie…

Un ĂȘtre qui n’est autre que mon Cher Papa adorĂ©…

Un Papa au cƓur d’or avec une gĂ©nĂ©rositĂ© extrĂȘme prĂȘt Ă  toujours aider son prochain ; tendre la main


Un Papa aimant et tolérant


Un Papa qui aimait la vie, tout simplement…

Un homme fort, courageux, combatif et veillant tel un Papa Poule sur sa petite famille


Oui, tu Ă©tais bien tout cela mon Papa


Et tu aimais particuliĂšrement les veillĂ©es de NoĂ«l comme celle d’aujourd’hui qui te rendaient toujours si Ă©mu


Un Papa si fort et si sensible à la fois


Et moi, ta fille ; je souhaitais te dĂ©dier cet article en ce 24 DĂ©cembre 2017…

Tu n’es pas lĂ  mais tu veilleras toujours sur nous
 sur ta petite famille que tu aimais tant


Tu n’es pas mort
 Tu es juste parti faire un voyage dans le ciel
parmi les Ă©toiles toutes illuminĂ©es et tu nous observes de lĂ  haut


Tu es toujours là ; prùs de nos cƓurs


Tes jolis yeux verts pĂ©tillants nous regardent avec ce bel amour que tu portais Ă  chacun d’entre nous


Le plus grand amour de ta vie : Notre Maman que tu chĂ©rissais tant t’accompagnera pour l’Ă©ternitĂ© et Ă  jamais dans ton long voyage


Il en sera de mĂȘme pour nous, tes enfants… Olivier et Moi
.

Oui, un Papa merveilleux qui restera pour toujours dans nos cƓurs car nous t’aimons trĂšs fort et Ă  l’infini


Un Amour de Papa…

Ma plus belle Ă©toile qui scintillera Ă  jamais dans le ciel…🌠

Joyeux NoĂ«l ! Papa ! On t’aime !❀❀❀

Joyeux NoĂ«l Ă  tous ! 💗💖💖💖💖💝

La Suricate.

Ma nouvelle « La LumiĂšre » publiĂ©e ✒ 

Coucou mes chers amis !

Ce matin, le Mardi 22/11/16, j’ai eu l’agrĂ©able surprise de recevoir dans mes mails le message suivant :

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Inutile de vous dire Ă  quel point j’Ă©tais trĂšs heureuse et Ă  la fois Ă©tonnĂ©e…

Je n’avais encore jamais participĂ©e Ă  un concours littĂ©raire et c’est grĂące Ă  mon amie La Belette, que j’ai osĂ© me lancer…Merci ma Belette ❀.

Je n’ai rien gagnĂ© mais pour moi ĂȘtre publiĂ©e via ce magazine fĂ©minin, c’est dĂ©jĂ  Ă©norme et trĂšs valorisant Ă©tant donnĂ© que je n’ai jamais eu grande confiance en moi.

C’est pourquoi, j’ai voulu partager avec vous cette heureuse nouvelle.

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Voici le lien de ma nouvelle publiée sur aufeminin.com :

La lumiÚre 

Gros bisous Ă  toutes et Ă  tous !

CĂ©cile La Suricate

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Et voici le texte : « La LumiĂšre » : publiĂ© sur aufeminin.com dans la catĂ©gorie « Culture » et « prix litteraire 2016 » :

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La LumiĂšre :

AntinĂ©a voulait devenir un arbre mais pas n’importe lequel. Elle souhaitait devenir un grand et majestueux baobab qui Ă©tait selon elle le plus bel arbre du monde vĂ©gĂ©tal. 

Et puis, sans oublier son imposante force si convoitĂ©e par ses congĂ©nĂšres. De plus, il ne manquait pas de vie de par sa sĂšve intensĂ©ment riche et si dense. Quant Ă  ses racines, elles formaient tout un assemblage de ramifications qui semblaient se rejoindre Ă  l’infini. 

C’est pourquoi AntinĂ©a aimait autant le baobab car il reprĂ©sentait pour elle une force hors du commun qui pouvait dĂ©fier les lois physiques de la nature Ă  lui tout seul. Oui, et sans aucun doute qu’il Ă©tait pour ainsi dire l’unique grand Roi de tous les arbres confondus. 

En repensant Ă  sa future rĂ©incarnation, AntinĂ©a se mit subitement Ă  sourire ; chose qu’elle n’avait plus jamais fait depuis pas mal de temps dĂ©jĂ . C’était plutĂŽt bon signe. 

Tout le monde meurt bien un jour d’une maniùre ou d’une autre se dit-elle en soupirant. Elle ne craignait pas la mort et elle serait bientît sa compagne. 

Ce n’était plus qu’une question de temps et elle avait hĂąte de faire le grand voyage de sa vie ou de sa mort ?

Elle regarda une derniĂšre fois autour d’elle. Il y avait quelques personnes qui allaient et venaient sans se soucier d’elle. Mais c’était tout aussi bien comme ça. Ne surtout rien laisser paraĂźtre de ce qu’elle avait en elle et en tĂȘte. 

Cette envie de fuir subitement la terre en un rien de temps et d’en finir avec son mal ĂȘtre. Elle l’avait dans un coin de sa tĂȘte et se refusait toujours Ă  faire le pas. Mais pas pour aujourd’hui, semblait-il. Elle se ferait du bien pour une fois et elle en Ă©prouverait un immense plaisir. 

Ce serait disons-le, son petit pĂ©chĂ© purement Ă©goĂŻste qu’elle ne partagerait avec quiconque si ce n’est qu’avec sa propre conscience ou son ange gardien. 

Soudain, elle eut un frisson qui lui parcourut l’échine lorsque le vent s’insinua Ă  l’intĂ©rieur du col de son manteau. 

BientĂŽt elle serait aussi froide et insensible qu’un bloc de glace sorti d’un congĂ©lateur et elle n’aurait alors plus jamais froid.

Cette sensation comme toutes les autres d’ailleurs, finiraient bien par s’en aller dĂ©finitivement et s’évanouir Ă  jamais de sa vie. Oui, elle avait hĂąte. 

Elle rĂ©ajusta le col de son manteau et se mit Ă  nouveau Ă  sourire en regardant le ciel gris souris. Elle aimait sa couleur plombĂ©e et si pesante comme s’il allait d’un moment Ă  l’autre, s’abattre sur elle, et sur la terre. 

Cette pensĂ©e ne l’effraya aucunement et lui rappella les Bandes dessinĂ©es d’Asterix et d’ObĂ©lix dans lesquelles ils mentionnaient toujours que le ciel pouvait leur tomber sur la tĂȘte. Cela lui fit sourire Ă  nouveau. 

Le monde entier voulait la fuir et Ă  une vitesse folle sans qu’elle puisse rĂ©aliser qu’un vaste dĂ©sert se formait dĂ©jĂ  en grandeur nature face Ă  elle, envahissant Ă©galement au passage les cĂŽtĂ©s, sans oublier derriĂšre elle. 

Le dĂ©sert la pourchassait pour la recouvrir de son sable Ă©touffant et suffoquant jusqu’au point de le rendre irrespirable et l’emmener alors vers une mort certaine. Un dĂ©sert ou plutĂŽt le nĂ©ant. Un long tunnel sans fin. 

Tout Ă©tait trop tard Ă  prĂ©sent. Il n’y avait plus aucune chance a l’horizon pour AntinĂ©a. Plus de sursis, pas mĂȘme le semblant d’une esquisse de joie ou d’espoir. Rien. 

Souvent, on lui disait pour une raison oĂč pour une autre : »Ne t’en fais pas AntinĂ©a. Tu finiras bien par te rattraper tĂŽt ou tard. Ce sera mieux la prochaine fois» 

Autrefois, cette phrase aurait eu un sens particulier et sĂ©curisant pour AntinĂ©a mais aujourd’hui, cela ne voulait plus rien dire pour elle. «Ce sera mieux la prochaine fois » chuchota t-elle en regardant le ciel gris souris. 

Il n’y aurait pas de prochaine fois et c’était mieux ainsi. AntinĂ©a se fondait dans ce ciel gris. Elle lui appartenait Ă  l’infini et mĂȘme si celui-ci se faisait de plus en plus menaçant ; elle ne voulait plus le quitter car elle apprĂ©ciait sa noirceur.

Et puis, elle aimait bien aussi cette idĂ©e de se faire happĂ©e brutalement dans la violence de son tourbillon nuageux et grisĂątre entremĂȘlĂ© de pluie froide se fracassant sur son visage
 

Quel plaisir immense que de se noyer dans cette tempĂȘte qui ne tarderait plus Ă  venir. Il s’approchait dĂ©jĂ  d’elle… 

Elle n’avait nulle crainte de l’obscuritĂ© de la mort puisqu’elle ne tarderait pas Ă  rejoindre sa lumiĂšre.

La lumiùre 🌄

                           ****
Elle pencha la tĂȘte et regarda autour d’elle. Elle ne supportait plus cette vie. Que faire si on n’a plus le goĂ»t de vivre ? Se relever les manches et continuer coĂ»te que coĂ»te ? Se mentir Ă  soi-mĂȘme ?

Sourire et mĂȘme rire devant des personnes afin de donner le change ? Se contrĂŽler et surtout ne rien laisser paraĂźtre devant qui que ce soit sinon
.eh bien sinon, tout serait dĂ©voilĂ© et mis au grand jour alors qu’elle ne voulait surtout pas que l’on sache son lourd secret.

Un secret qui la pesait depuis de nombreuses annĂ©es. Un poids aussi lourd qu’un menhir.

Un menhir qui n’en finissait pas de l’écraser et de la rĂ©duire en miettes


Mais c’était ainsi.

Cela lui rappela soudainement cette vieille chanson de Claude François « Comme d’habitude ».

Oui c’était vraiment comme ça sa vie ! Une vie faites d’habitudes et de lassitudes. Une vie pas si mal en somme si on se donne la peine de se dire qu’aprĂšs tout, la vie, c’est se donner une apparence aux normes de la sociĂ©tĂ© ; une apparence plaisante qui donnerait le change


Une sorte de leurre pour n’importe quelle personne que vous rencontreriez sur votre route


Oui, sa vie n’était qu’un amoncellement de tristesses ressemblant Ă  des feuilles mortes balayĂ©es par le vent automnal.

****

Elle regarda sa montre. Il était déjà 15H30. Comme le temps passait vite.

Ces temps çi, elle ne le voyait mĂȘme pas dĂ©filer tellement elle Ă©tait absorbĂ©e par la perpĂ©tuelle nostalgie de son passĂ©.

Elle regarda Ă  sa droite et aperçu un couple enlacĂ©s, assis sur un banc non loin d’elle qui avait l’air d’ĂȘtre incroyablement amoureux tellement ils se dĂ©voraient des yeux. Oui, c’est beau l’amour
 mais il n’est jamais parfait
.

AntinĂ©a ne croyait plus en l’amour et ce depuis pas mal d’annĂ©es. De toute façon pourquoi en rĂȘverait-elle ? Le mal qu’elle Ă©prouvait actuellement Ă©tait bien plus profond que celui du manque d’amour.

Alors, disons-le : le vaste sujet de l’amour Ă©tait loin de ses prĂ©occupations.

Par contre le mal qui la rongeait ; lui, il ne cessait de la torturer et de l’ensevelir un peu plus chaque jour sous la terre froide de cet automne.

Mais c’était sa vie et elle ne pouvait l’échanger contre une autre. Pour ce faire il aurait fallut rencontrer un bon gĂ©nie comme dans la lĂ©gende d’Aladin mais c’était tout bonnement impossible ! Et puis AntinĂ©a ne croyait guĂšre aux contes de fĂ©es.

Non, sa vie Ă©tait loin d’ĂȘtre un soleil radieux bien paisible


Et non, son soleil à elle, ressemblait plutÎt à une éclipse sans fin dont la lumiÚre serait cachée et assombrie par les idées noires de sa profonde tristesse.

Parfois, elle se remĂ©morait son passĂ© si joyeux et si vivant, sans tracas, qu’elle ne pouvait s’empĂȘcher de fondre en larmes


Elle revoyait avec beaucoup d’émotion au fin fond de son esprit, malgrĂ© l’épais brouillard de son dĂ©sarroi, l’apparition soudaine et magique d’une plage de sable blanc, d’un ciel bleu azur, parsemĂ© de petits nuages d’un blanc immaculĂ© et biensĂ»r, elle, oui ; elle, courant les cheveux au vent face Ă  son destin qui Ă©tait Ă  cette Ă©poque lĂ , remplit de belles promesses.

AntinĂ©a aimait alors figer cette image d’elle Ă  rĂ©pĂ©tition comme si elle appuyait Ă  l’infini sur la touche « repeat » de la manette de son magnĂ©toscope.

Elle aurait tellement voulu fixer ce souvenir d’elle et demander Ă  Monsieur Le GĂ©nie de la faire revenir en arriĂšre, dans le passĂ© de sa vie afin de revivre encore une derniĂšre fois cette joie de vivre de courir en riant sur cette immense plage de sable fin..

Mais le GĂ©nie ne lui exaucerait jamais ce vƓu. Il avait d’autres urgences primordiales Ă  rĂ©aliser dans son agenda surbookĂ©. Et une fois de plus, elle n’était dans les prioritĂ©s de personne et encore moins de ce cher exauceur de vƓux qui la fuyait…

****

Elle observa au loin des jeunes gens qui chahutaient en riant aux Ă©clats. Sa vie ne ressemblait en rien Ă  tous ces rires qui fusaient par delĂ  le vaste parc envahit de feuilles mortes.

Non, sa vie Ă  elle, ou plutĂŽt son semblant de vie Ă©tait sans saveur et sans couleurs


Et biensĂ»r, le rire n’y avait jamais sa place
 Mais AntinĂ©a ne s’en plaignait guĂšre. Encore une fois, une question d’habitudes


Elle dĂ©testait se plaindre. Surtout ne jamais se plaindre ! Ce serait dĂ©placĂ© de le faire. Ne surtout pas l’envisager et au contraire garder pour soi le lourd fardeau et continuer d’avancer avec cette charge, ce poids sur le dos en vous disant qu’il n’est pas si lourd que ça finalement


Et se dire que c’est ça la vie


Tout le monde ne peut pas ĂȘtre logĂ© Ă  la mĂȘme enseigne et fort heureusement d’ailleurs !

Non, ne surtout pas se plaindre et affronter cette vie qui vous pÚse malgré la forte et irrésistible envie de la quitter


Se dire que ce sera bientît la fin


La fin de ce calvaire et avoir le grand honneur de se fondre un beau jour dans la nature de notre vaste terre et y choisir sa propre rĂ©incarnation animale ou vĂ©gĂ©tale pour enfin ĂȘtre libre et heureuse !

AntinĂ©a voulait devenir un arbre mais pas n’importe lequel


Elle souhaitait devenir un grand et majestueux baobab qui était selon elle le plus bel arbre du monde végétal.

Et puis, sans oublier son imposante force si convoitée par ses congénÚres.

De plus, il ne manquait pas de vie de par sa sÚve intensément riche et si dense.

Quant à ses racines, elles formaient tout un assemblage de ramifications qui semblaient se rejoindre à l’infini


C’est pourquoi AntinĂ©a aimait autant le baobab car il reprĂ©sentait pour elle une force hors du commun qui pouvait dĂ©fier les lois physiques de la nature Ă  lui tout seul.

Oui, et sans aucun doute qu’il Ă©tait pour ainsi dire l’unique grand Roi de tous les arbres confondus.

****

En repensant Ă  sa future rĂ©incarnation, AntinĂ©a se mit subitement Ă  sourire ; chose qu’elle n’avait plus jamais fait depuis pas mal de temps dĂ©jà


C’était plutĂŽt bon signe


Tout le monde meurt bien un jour d’une maniùre ou d’une autre se dit-elle en soupirant.

Elle ne craignait pas la mort et elle serait bientĂŽt sa compagne.

Ce n’était plus qu’une question de temps et elle avait hĂąte de faire le grand voyage de sa vie
ou de sa mort ?

Elle regarda une derniĂšre fois autour d’elle. Il y avait quelques personnes qui allaient et venaient sans se soucier d’elle. Mais c’était tout aussi bien comme ça. Ne surtout rien laisser paraĂźtre de ce qu’elle avait en elle et en tĂȘte.

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Cette envie de fuir subitement la terre en un rien de temps et d’en finir avec son mal ĂȘtre. Elle l’avait dans un coin de sa tĂȘte et se refusait toujours Ă  faire le pas…

Mais pas pour aujourd’hui, semblait-il.

Elle se ferait du bien pour une fois et elle en Ă©prouverait un immense plaisir. Ce serait disons-le, son petit pĂ©chĂ© purement Ă©goĂŻste qu’elle ne partagerait avec quiconque si ce n’est qu’avec sa propre conscience ou son ange gardien…

Soudain, elle eut un frisson qui lui parcourut l’échine lorsque le vent s’insinua Ă  l’intĂ©rieur du col de son manteau.

BientĂŽt elle serait aussi froide et insensible qu’un bloc de glace sorti d’un congĂ©lateur et elle n’aurait alors plus jamais froid


Cette sensation comme toutes les autres d’ailleurs, finiraient bien par s’en aller dĂ©finitivement et s’évanouir Ă  jamais de sa vie


Oui, elle avait hñte


Elle réajusta le col de son manteau et se mit à nouveau à sourire en regardant le ciel gris souris.

Elle aimait sa couleur plombĂ©e et si pesante comme s’il allait d’un moment Ă  l’autre, s’abattre sur elle, et sur la terre.

Cette pensĂ©e ne l’effraya aucunement et lui rappella les Bandes dessinĂ©es d’Asterix et d’ObĂ©lix dans lesquelles ils mentionnaient toujours que le ciel pouvait leur tomber sur la tĂȘte


Cela lui fit sourire Ă  nouveau…

De toute façon, AntinĂ©a ne souhaitait aucun dommage collatĂ©ral envers son prochain, bien au contraire puisqu’elle aimait les gens et la vie mĂȘme si c’était plutĂŽt difficile  à croire aujourd’hui


Et pourtant, elle voulait vraiment en finir avec la vie et quitter définitivement cette planÚte Terre.

Quant aux gens heureux, ils devaient impĂ©rativement continuer leur vie et en profiter au maximum car elle, elle n’avait pas su le faire…

Soudain, elle s’aperçut avec amertume qu’elle n’avait jamais su d’ailleurs ce qu’était rĂ©ellement le bonheur


Pourtant, elle l’avait Ă  maintes reprises touchĂ© du doigt, effleurĂ© et mĂȘme apprĂ©ciĂ©  avec beaucoup de plaisir, de joie, de douceur et de dĂ©lectation sans jamais penser une seule seconde que celui-ci lui aurait un jour Ă©tĂ© comptĂ©, limitĂ© et mĂȘme impitoyablement volĂ© puis enfin retirĂ© sans vergogne, juste pour la punir et lui faire du mal.

Non, cela, elle ne l’aurait jamais cru.

Sans doute croyait-elle que sa chance l’accompagnerait pour toujours tout au long de sa vie durant. 

Et pourtant, elle savait bien, au fond d’elle, qu’une telle chance n’existait pas vraiment ou alors seulement dans les contes de fĂ©es.

Et si jamais la chance existait vraiment, alors ce serait sans aucun doute dans un temps bien déterminé.

AntinĂ©a se dit avec une certaine rancƓur que sa chance Ă  elle avait eu l’audace de lui faire signer un contrat du bonheur Ă  durĂ©e limitĂ©e et biensĂ»r machiavĂ©liquement Ă  son insu une clause indiquait en bas de page et en lettres minuscules : « Ă  court terme ».

En fait, sa chance avait Ă©tĂ© lĂąche envers elle et l’avait bel et bien laissĂ©e sur le bas cĂŽtĂ© de la route en mettant les voiles pour s’engager Ă©videmment dans un autre contrat du bonheur bien plus allĂ©chant avec une personne qu’elle avait choisie et trouvait bien plus intĂ©ressante qu’elle.

Oui, sa chance avait été cruelle envers elle et voulait lui faire payer les frais du bonheur qui à son goût avait été trop longtemps prolongé en ce qui la concernait.

Une sorte de sanction ou de taxe pour l’anĂ©antir et la rĂ©duire au silence puis au bout d’un certain temps en fines particules de poussiĂšres.

C’était ainsi et elle ne pouvait que se taire et accepter les clauses de sa malchance qui lui collait Ă  la peau et lui promettait un avenir sombre et triste et bien entendu Ă  long terme.

DĂ©cidĂ©ment, AntinĂ©a faisait fuir toutes les chances et attiraient comme un aimant toutes les malchances et qui plus est Ă  grande vitesse tellement ils l’apprĂ©ciaient lorsqu’elle se rongeait les sangs ou encore lorsqu’elle se mettait Ă  pleurer Ă  n’en plus finir.

Sa chance ne lui serait plus jamais rendue car elle ne voulait plus d’elle…

D’ailleurs, celle çi n’avait plus daignĂ© taper Ă  sa porte pour un temps soit peu lui faire Ă  nouveau signer un contrat du bonheur.

Non, son ex chance avait tenu sa promesse de ce cĂŽtĂ©-lĂ  et n’était plus jamais retournĂ© dans sa vie.

C’était le prix Ă  payer pour son ancien bonheur


HĂ©las, il n’y avait pas que son ex chance qui voulait la fuir…

Le monde entier voulait la fuir et Ă  une vitesse folle sans qu’elle puisse rĂ©aliser qu’un vaste dĂ©sert se formait dĂ©jĂ  en grandeur nature face Ă  elle, envahissant Ă©galement au passage les cĂŽtĂ©s, sans oublier derriĂšre elle.

Le dĂ©sert la pourchassait pour la recouvrir de son sable Ă©touffant et suffoquant jusqu’au point de le rendre irrespirable et l’emmener alors vers une mort certaine.

C’était ça sa vie


Un désert ou plutÎt le néant
 Un long tunnel sans fin


****

Elle s’en souvenait encore comme si c’était hier…

Tout était arrivé si vite. Trop vite et sans crier gare.

Sa chance qui l’avait lĂąchement abandonnĂ©e sans aucune pitiĂ©. Elle l’avait laissĂ©e lĂ  toute seule sans se soucier d’elle et n’était plus jamais revenue pour lui redonner le moindre goĂ»t de vivre.

Elle ne voulait pas la sauver des griffes de la malchance.

Tout était trop tard à présent


Il n’y avait plus aucune chance a l’horizon pour AntinĂ©a


Plus de sursis, pas mĂȘme le semblant d’une esquisse de joie ou d’espoir. Rien


****

Souvent, on lui disait pour une raison oĂč pour une autre : »Ne t’en fais pas AntinĂ©a. Tu finiras bien par te rattraper tĂŽt ou tard. Ce sera mieux la prochaine fois. »

Autrefois, cette phrase aurait eu un sens particulier et sĂ©curisant pour AntinĂ©a mais aujourd’hui, cela ne voulait plus rien dire pour elle.

«Ce sera mieux la prochaine fois » chuchota t-elle en regardant le ciel gris souris.

Il n’y aurait pas de prochaine fois et c’était mieux ainsi.

Depuis quelques temps dĂ©jĂ , elle adorait regarder l’immensitĂ© du ciel surtout si celui-ci Ă©tait gris.

Elle avait fini par apprĂ©cier davantage le temps Ă  la pluie. Il lui faisait le plus grand bien. Elle avait l’impression d’ĂȘtre au cƓur de celui-çi et de s’y engouffrer, s’incorporer telle une aquarelle dont le peintre aurait mĂ©langĂ© diffĂ©rentes nuances de couleurs pour obtenir la meilleure teinte possible afin de realiser sa plus belle oeuvre d’art.

AntinĂ©a se fondait dans ce ciel gris. Elle lui appartenait Ă  l’infini et mĂȘme si celui-çi se faisait de plus en plus menaçant ; elle ne voulait plus le quitter car elle apprĂ©ciait sa noirceur.

Et puis, elle aimait bien aussi cette idĂ©e de se faire happĂ©e brutalement dans la violence de son tourbillon nuageux et grisĂątre entremĂȘlĂ© de pluie froide se fracassant sur son visage


Quel plaisir immense que de se noyer dans cette tempĂȘte qui ne tarderait plus Ă  venir…

Il s’approchait dĂ©jĂ  d’elle…

Antinéa était sous son emprise et incapable de lui résister tellement elle était fascinée par sa couleur grise et noirùtre.

Cela changeait des ciels bleus et du soleil que la plupart des gens aimaient. Le soleil les rassurait contrairement Ă  la pluie. Il rĂ©chauffait leurs cƓurs au sens propre comme au sens figurĂ©. Tout le monde aimait Monsieur le soleil mais pas AntinĂ©a


Ce n’est pas qu’elle le dĂ©nigrait ; bien au contraire. Mais ces temps çi, elle ne supportait plus son rayonnement ni mĂȘme sa source de chaleur si infime soit-elle vu que nous Ă©tions au mois d’Octobre.

C’était comme ça. Elle n’aimait plus le soleil qui aveuglait littĂ©ralement son passĂ© si radieux et le rendait flou, voire perdu Ă  jamais dans son intense luminositĂ©…

****

Le ciel gris menaçant la rassurait et lui donnait des ailes dans le dos. Il avait l’avantage de la faire voler tel un oiseau et de monter trùs haut pour atteindre son objectif final : Les cieux.

AntinĂ©a ne voulait plus se poser de questions car il n’y avait plus aucun choix possible pour elle aujourd’hui.

Se taire et accepter son nouvel envol pour son prochain baptĂȘme de l’air Ă©tait imminent.

Surtout, n’avoir aucun regret. Pourquoi en aurait-elle d’ailleurs ?

Elle aimait ce que sa nouvelle vie lui offrirait pour pouvoir effacer pour toujours et à jamais son lourd fardeau qui la pesait depuis de trop nombreuses années.

S’enfuir de cette terre, il n’y avait que ça de vrai.

Le paradis l’attendait mais il Ă©tait encore cachĂ© sous ces gros nuages Ă©pais et menaçants qui obscurcissaient le ciel.

Soudain, il y eu l’apparition d’un ange qui exaucerait comme par magie sa requĂȘte du bonheur, en lui remettant comme convenu la clef en or du paradis.

L’ange Ă©tait souriant et ne la jugeait point. Il lui promettait de retrouver pour l’éternitĂ© et Ă  jamais sa joie de vivre d’antan.

Il lui remit Ă©galement une paire d’ailes d’un blanc immaculĂ© qui serait indispensable pour pouvoir quitter la planĂšte terre.

Elle serait alors prĂȘte a faire enfin ses ultimes adieux Ă  ce monde qui ne voulait pas d’elle et dont elle-mĂȘme ne voulait plus


****

Puis, une fois aprĂšs avoir prononcĂ© le mot fatidique et irrĂ©versible adieu, AntinĂ©a dĂ©ploierait ses grandes ailes blanches et volerait dans l’immensitĂ© de ce ciel gris opaque en traversant avec allĂ©gresse les gros nuages pour ensuite rejoindre son beau et si merveilleux paradis qui lui promettait un avenir radieux…

****

Et durant son grand voyage, elle n’aurait aucune amertume et aucun regret ; tel Ă©tait le contrat qu’elle avait signĂ© avec le bel ange si souriant et si accueillant…

Elle le lui avait promis…

Elle n’avait nulle crainte de l’obscuritĂ© de la mort puisqu’elle ne tarderait pas Ă  rejoindre sa lumiĂšre.

Une lumiĂšre qui lui rĂ©chaufferait le cƓur et l’esprit pour toujours et Ă  jamais et ce pour l’éternitĂ©.

Elle avait enfin pris la plus belle des dĂ©cisions de sa vie…

****

Puis, une fois ĂȘtre rentrĂ©e Ă  l’intĂ©rieur de son rĂȘve ; le fameux paradis de ses dĂ©sirs ; elle se rĂ©incarnerait en un magnifique et majestueux baobab et retrouverait enfin la vie, grĂące Ă  la sĂšve de celui çi.

Un elixir qui lui procurerait le bonheur intense et Ă  l’infini qu’elle avait eu autrefois et dont elle avait si brutalement perdu au cours de sa vie.

Un bonheur enfin retrouvĂ©, des plus parfait et sans ombrages…

Celui dont elle avait toujours voulu et rĂȘvĂ© en secret…

La derniĂšre danse de la lune : Chapitre 2 : La forĂȘt de Diamond

la derniere danse de la lune

 

A l’orĂ©e de la forĂȘt de Diamond : 14H10.

Elisa regarda une derniĂšre fois derriĂšre elle. Elle posa ses yeux sur le sable si blanc puis les attarda sur le ciel d’un bleu intense parsemĂ© de quelques nuages. Il faisait tellement beau ! On aurait dit un jour ordinaire. Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, elle se promenait tranquillement sur cette plage en chantonnant son air prĂ©fĂ©rĂ© sans s’imaginer un seul instant que tout ce merveilleux rĂȘve se transformerait en un horrible cauchemar. C’Ă©tait presque irrĂ©aliste et insensĂ©.

Un bref instant elle eut une pensĂ©e pour ses parents en regardant la progression de deux gros nuages blancs qui se suivaient l’un derriĂšre l’autre. Se pourrait-il qu’elle ne s’en sorte pas et qu’elle ne les reverrait plus jamais ? Cette idĂ©e la fit frĂ©mir. Pourtant, il ne fallait pas qu’elle baisse les bras mais alors quel serait son destin ici Ă  Diamond ?

Soudain elle trouva que le nom de cette Ăźle Ă©tait ironique. Son sĂ©jour ici n’avait rien d’Ă©clatant ni de lumineux, bien au contraire. Mais alors, quel en serait le dĂ©nouement ? La noirceur ou la lumiĂšre ? Elisa l’ignorait encore…

A contre coeur, elle détourna son regard de cette si jolie plage puis avec force et détermination suivit Tamara sans davantage se poser de questions.

****

Toutes les deux venaient de pĂ©nĂ©trer dans les profondeurs de la jungle de « Diamond » qui paraissait ĂȘtre inhospitaliĂšre tant il y faisait sombre.
ImpĂ©nĂ©trable, infranchissable et Ă©paisse : tels fut les adjectifs pĂ©joratifs qu’Elisa eut en tĂȘte lorsqu’elle se retrouva au coeur de cet enfer verdoyant qui Ă©tait envahi de lianes et de toutes sortes de vĂ©gĂ©tations luxuriantes.

Il faisait si chaud et lourd que l’air Ă©tait suffocant, presque irrespirable si bien qu’Elisa commençait Ă  beaucoup transpirer et que sa tunique certes trĂšs lĂ©gĂšre lui collait dĂ©jĂ  Ă  la peau. Quelle sensation dĂ©sagrĂ©able que de se sentir toute poisseuse ! se dit-elle en pestant.

Quelques moustiques virulents venaient de lui piquer les bras et les jambes et n’avaient de cesse de lui tournoyer tout autour en faisant de perpĂ©tuels bruits de « bzz » aigus Ă  ses oreilles ; ce qui devenait de plus en plus horripilant.
Elle tentait Ă  chaque fois de les chasser de la main mais en vain, ils revenaient toujours…

DĂ©cidĂ©ment rien n’allait sur cette Ăźle !

Depuis qu’elle marchait dans cette forĂȘt, elle avait l’impression que le poids de son sac avait augmentĂ© de volume alors qu’il n’en Ă©tait rien.

Le frottement de la bandouliĂšre en nylon lui lacĂ©rait littĂ©ralement l’Ă©paule droite lui causant d’affreuses douleurs qui l’Ă©puisaient mais elle tenait bon car il Ă©tait hors de question qu’elle abandonna son sac. Il y avait Ă  l’intĂ©rieur bien trop de choses importantes qui lui seraient sans doute indispensables pour la suite des Ă©vĂšnements alors elle se devait d’ĂȘtre courageuse et de ne surtout pas baisser les bras.

Oui, elle dĂ©testait au plus haut point cette forĂȘt car elle s’y sentait oppressĂ©e et mal Ă  l’aise mais hĂ©las elle n’avait pas d’autre choix que d’avançer sans se plaindre.

Cela faisait dĂ©jĂ  un certain temps qu’elle et Tamara marchaient inlassablement et pourtant elles n’avaient toujours pas atteint leur objectif : celui de se rendre Ă  la fameuse cabane.

Il Ă©tait 14H45.

****

Par certains endroits, il y avait des raies de lumiĂšres qui filtraient Ă  travers les branchages des hauts arbres, rendant une ambiance un peu plus rassurante Ă  ce lieu qui n’Ă©tait guĂšre accueillant.

Mais malgrĂ© ces rares Ă©claboussures lumineuses, Elisa trouvait encore que cette forĂȘt Ă©tait bien trop sombre et elle regrettait dĂ©jĂ  d’avoir quittĂ© la plage.

De temps Ă  autre, le silence de la jungle Ă©tait troublĂ© par le bruissement des feuilles, le craquement des branches sous leurs pas ainsi que par toutes sortes de bruits d’animaux : cris d’oiseaux, coassements d’amphibiens, insectes volants, ect..

Soudain Elisa sentit le chatouillement de quelque chose qui venait de se coller sur son avant-bras gauche.

En regardant d’un peu plus prĂšs, elle constata que c’Ă©tait une toile d’araignĂ©e alors d’un revers de main et Ă  plusieurs reprises, elle essaya tant bien que mal de retirer les fils de soie qui Ă©taient Ă  la fois trĂšs rĂ©sistants et fortement Ă©lastiques.

Lorsqu’elle y arriva enfin et qu’elle pensait en avoir fini avec cette malencontreuse rencontre, subitement elle aperçut une grande araignĂ©e noire Ă  la forme allongĂ©e avec de trĂšs longues pattes en train de descendre de son fil provenant d’une immense toile circulaire qui devait bien atteindre dans les 2m de diamĂštre. La toile ressemblait Ă  s’y mĂ©prendre Ă  un hamac.

En voyant l’araignĂ©e qui pendait toujours sur son fil, Elisa ne pu s’empĂȘcher de pousser un petit cri d’effroi puis un second lorsque celle-çi tomba juste Ă  ses pieds. Pour Ă©viter qu’elle ne lui grimpa dessus, elle eut un mouvement de recul puis s’Ă©cria avec dĂ©goĂ»t « Quelle horreur ! »

Elisa connaissait bien cette espĂšce d’araignĂ©e qu’elle avait dĂ©jĂ  vu dans le jardin de sa maison Ă  AntinĂ©a et dont elle en avait une peur bleue. C’Ă©tait une NĂ©phile dorĂ©e. Une araignĂ©e qui Ă©tait certes passive et inoffensive mais dont la morsure pouvait ĂȘtre douloureuse.

Et dire qu’elle aurait pu me tomber dessus ! se dit-elle dans son for intĂ©rieur mais heureusement il y eut plus de peur que de mal.
AlertĂ©e par les cris d’Elisa, Tamara venait de se retourner et lui demanda avec inquiĂ©tude :

« Que se passe t-il Elisa ? »

« DĂ©solĂ©e, je suis tombĂ©e sur une araignĂ©e et j’ai eu peur. Mais tout va bien Ă  prĂ©sent »

Entre-temps, la Nephile dorĂ©e s’Ă©tait Ă©loignĂ©e en courant Ă  toutes pattes vers un immense arbre entourĂ© de lianes et venait de totalement disparaĂźtre sous des feuillages.
AprĂšs ce petit incident, les deux jeunes femmes continuĂšrent leur ascension vers le sommet de la montagne.

Il Ă©tait 15H10.

****

Elisa se demandait encore si elles avaient eu raison de pĂ©nĂ©trer dans cette forĂȘt. Et si tout cela les menait au contraire vers le tueur ?
De plus, la situation ne ferait qu’empirer avec la tombĂ©e de la nuit ; ce qui ne la rassura pas du tout et amplifia davantage sa peur.

Elle regarda devant elle, la longue queue de cheval noire qui se balançait de droite à gauche.
Tamara marchait d’un pas dĂ©cidĂ© et ne semblait pas autant perturbĂ©e qu’elle. Elle suivait son chemin et rien ne semblait pouvoir l’arrĂȘter.

D’ailleurs, pas une seule fois, mis Ă  part l’Ă©pisode de l’araignĂ©e, elle ne s’Ă©tait retournĂ©e pour lui demander si tout allait bien.
Etrange jeune femme se dit-elle mais elle ne pouvait pas non plus lui porter un jugement trop hĂątif Ă©tant donnĂ© qu’elle venait de perdre son mari dans d’affreuses circonstances.

Elisa Ă©tait extĂ©nuĂ©e et commençait Ă  entendre les gargouillis de son estomac. Elle avait trĂšs faim. Et dire que pour le repas de ce midi, elle devait dĂ©guster de dĂ©licieuses langoustes au beurre d’ail et au lieu de cela, elle se retrouvait ici Ă  marcher sans fin. Et pour noircir le tableau, un homme dangereux se cachait quelque-part, sans doute en train de les Ă©pier Ă  cet instant mĂȘme.

Et de son cĂŽtĂ©, Tamara ne lui avait plus jamais adressĂ© la parole. Elle continait sa route sans se retourner alors n’en pouvant plus, Elisa dĂ©cida de briser le silence et cria Ă  son attention :

« Tamara ! Tamara ! Vous pouvez vous arrĂȘter un instant s’il vous plaĂźt ! »

La jeune femme s’arrĂȘta aussitĂŽt puis fit volte face.

« Que se passe-t-il encore ? » demanda t-elle avec une pointe d’agacement.

Elisa fut surprise par le ton de sa voix mais ne lui en tenu pas rigueur.

« On pourrait faire une petite pause ? Je suis morte de fatigue et j’ai faim pas vous ? J’ai des petits pains aux raisins dans mon sac. Cela ne nous prendra que quelques minutes pour les manger »

Tamara changea immĂ©diatement d’attitude en lui faisant un petit sourire ; sans doute pour se rattraper du ton qu’elle avait employĂ© envers elle.

« DĂ©solĂ© Elisa. Oui, biensĂ»r on va s’arrĂȘter un peu. Vous avez raison, moi aussi j’ai faim. Et puis ce ne sont pas ces quelques minutes de repos qui vont nous faire perdre du temps. On a dĂ©jĂ  bien avancĂ©es »

Elisa s’empressa de fouiller dans son sac de plage et en extirpa un paquet de petits pains aux raisins.

Avec hĂąte, elle retira l’attache du sachet puis commença Ă  en prendre un Ă  l’intĂ©rieur qu’elle tendit Ă  Tamara. Elle en reprit un autre pour elle puis sans plus attendre commença Ă  le dĂ©vorer tellement elle avait faim. Tamara n’Ă©tait pas en reste elle non plus, et Ă  peine eut-elle terminĂ© le sien, qu’elle en rĂ©clama un second. Elisa l’imita. A toutes les deux, elles avaient mangĂ© trois petits pains chacune tout en buvant quelques gorgĂ©es d’eau.

« C’Ă©tait trĂšs bon Elisa, merci beaucoup. Au moins, nous avons pu reprendre des forces. En plus nous ne sommes plus trĂšs loin des cabanes. Remettons nous vite en route si vous le voulez bien ! »

Sur ces mots, elle continuĂšrent Ă  nouveau leur marche dans l’Ă©paisse forĂȘt de Diamond.
A travers les branchages des hauts arbres, on pouvait aperçevoir que le ciel changeait légÚrement de nuances.

Elisa regarda sa montre. Le cadran indiquait qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  16H15.

****

Au bout d’un instant, Elisa crut entendre le ruissellement d’une eau qui coulait dans les environs.
Non elle ne rĂȘvait pas, c’Ă©tait tout proche et le bruit de l’eau s’accentuait au fur et Ă  mesure qu’elle et Tamara s’en rapprochait.

Soudain une image Ă  couper le souffle leur apparut.
Elle virent droit devant elles un spectacle d’une magnificence absolue.
D’une paroi rocheuse trĂšs abrupte, jaillissait une incroyable chute d’eau qui venait se jeter en contrebas dans un grand bassin d’eau claire, l’accompagnant d’un fort bruit de percussion tellement son dĂ©bit Ă©tait fort et rapide.

De lĂ  oĂč elle se trouvait, Elisa pouvait sentir le souffle humide de la cascade lui caresser le front et les joues tout en faisant lĂ©gĂšrement virevolter sa longue queue de cheval blonde.

Et de ce flot ininterrompu, de fines gouttelettes d’eau vinrent se projeter sur son visage et ses membres, enveloppant peu Ă  peu sa peau d’une fine pellicule de bruine.
C’Ă©tait une sensation assez agrĂ©able, quoique un peu trop rafraĂźchissante Ă  son goĂ»t surtout en cette fin de journĂ©e. D’ailleurs, elle ne pu s’empĂȘcher de frissonner.

C’Ă©tait donc lui le gĂ©ant de la nature de Diamond ; le fameux voile de la MariĂ©e qui faisait parti des visites incontournables de cette Ăźle et qu’Elisa Ă©tait en train d’admirer Ă  cet instant mĂȘme mais dans des circonstances pas trĂšs rĂ©jouissantes.

Elle se rapprocha du grand bassin, se pencha légÚrement en avant et commença à le scruter dans les moindres détails lorsque Tamara lui tapota.

« C’est juste aprĂšs cette chute d’eau, en montant un peu plus vers le haut, que mon mari est mort »

Les sourcils froncĂ©s, Elisa n’avait pas vraiment Ă©coutĂ© ce qu’elle venait de lui dire car elle Ă©tait soucieuse.
En effet, elle avait beau regarder le bassin, elle ne voyait toujours pas le cadavre du Guide Batisto qui normalement, aurait dĂ» flotter Ă  la surface de l’eau alors sans plus attendre, elle l’interrogea :

« Tamara, je ne vois pas le corps de Batisto ? oĂč est-il ? Il devrait flotter Ă  la surface de l’eau… »

Tamara se rapprocha davantage du bassin et commença Ă  l’examiner Ă  son tour. Ne voyant pas le corps de celui-çi, elle ne pu que confirmer ses propos.

« Je ne comprends vraiment pas ! Pourtant je vous assure qu’il Ă©tait bien dans ce bassin puisque je l’ai vu s’y noyer. J’avoue que c’est incomprĂ©hensible… »

« Vous ĂȘtes certaine qu’il Ă©tait bien mort ? »

« Mais oui ! » dit Tamara d’un ton agacĂ©. « Je vous avais dĂ©jĂ  expliquĂ© auparavant que j’Ă©tais restĂ©e un long moment Ă  le regarder se dĂ©battre dans l’eau. J’ai bien vu ensuite qu’il Ă©tait mort puisqu’il ne bougeait plus du tout. Je vous assure que je vous dis la stricte vĂ©ritĂ© ! Vous ne me croyez pas ? »

« Eh bien…Je vous crois biensĂ»r. Mais son corps n’est pas lĂ …C’est tout de mĂȘme Ă©trange… »

Elisa avait apprit au cours de ses Ă©tudes que lorsqu’une personne se noie et qu’elle dĂ©cĂšde, elle coule progressivement au fond de l’eau car la densitĂ© d’un corps mort (poumons vides d’air) est trĂšs lĂ©gĂšrement supĂ©rieure Ă  celle de l’eau.

Elle savait aussi que sous l’impulsion de la putrĂ©faction qui provoque la formation de gaz ; cela donne au corps un poids spĂ©cifique qui le fera flotter puis remonter alors progressivement Ă  la surface.

Il fallait Ă©galement mettre en compte que dans l’eau de mer, la densitĂ© en sel est importante, c’est pourquoi un corps remontera plus rapidement entre 3 et 7 jours par rapport Ă  l’eau douce entre 20 jours Ă  1 mois en moyenne.

Mais dans ce cas prĂ©cis, Tamara avait bien expliquĂ© qu’elle avait d’abord donnĂ© un coup de couteau dans le ventre de Batisto avant de le pousser ensuite dans ce bassin.

Il Ă©tait donc blessĂ© et se vidait de son sang alors selon toute probabilitĂ©, son cadavre qui devait ĂȘtre en Ă©tat de putrĂ©faction aurait dĂ» remonter Ă  la surface Ă©tant donnĂ© qu’il s’Ă©tait dĂ©jĂ  Ă©coulĂ© quelques heures depuis qu’il y Ă©tait tombĂ©.
Alors qu’en dĂ©duire ? se demanda t-elle en regardant Tamara qui venait de lui tourner le dos.

Est-ce que Batisto Ă©tait vraiment tombĂ© dans ce bassin ? et si oui, il aurait dĂ» alors flotter Ă  la surface de l’eau. Et si jamais il se trouvait tout simplement au fond de l’eau, alors dans ce cas-lĂ , il serait pratiquement impossible d’avoir le fin mot de l’histoire, vu la profondeur de celui-çi.

Que de questions sans réponses ! se dit-elle.

Soudain, elle entendit des sanglots. C’Ă©tait Tamara qui Ă©tait en train de pleurer Ă  chaudes larmes, alors contre toute attente, elle se rapprocha d’elle et lui pressa doucement l’Ă©paule.

« Que vous arrive t-il Tamara ?

« Mais c’est Ă  cause de vous si je pleure. Vous avez l’air de douter de tout ce que je vous ai dit et ça me fait beaucoup de mal »

Elisa regrettait dĂ©jĂ  le fait qu’elle se soit un peu trop appesanti sur cette histoire de cadavre flottant et s’empressa de le lui dire :

« Excusez-moi Tamara. Je n’aurais pas dĂ» autant insister. Le corps de ce Batisto doit certainement se trouver au fond de ce bassin. Je ne voudrais pas que vous pensiez que j’ai doutĂ© de tout ce que vous m’avez dit depuis le dĂ©but, bien au contraire, sinon je ne vous aurai jamais suivi dans cette forĂȘt. C’Ă©tait juste que je me posai quelques questions mais Ă  prĂ©sent, tout va bien. Vous me croyez j’espĂšre ? »

Les yeux rougis de Tamara la fixaient avec une telle intensitĂ© de tristesse, qu’Elisa se savait plus oĂč se mettre.

« Pourtant, vous avez doutĂ© de moi Elisa. Je trouve ça dommage. Vous savez, c’est suffisamment assez dur pour moi de revenir ici, lĂ  oĂč mon mari est mort. J’aurai aimĂ© plus de soutien de votre part » dit-elle d’un ton larmoyant et quelque peu accusateur.

« Mais j’ai confiance en vous Tamara. C’Ă©tait juste une simple question que je me posai, rien de plus. Il ne faut surtout pas que vous y voyiez un quelconque reproche. Je ne vous accuse de rien. De toute façon je suis certaine que cette ordure doit se trouver au fond de ce bassin. Allez ! n’en parlons plus si vous le voulez bien. Nous devrions quitter cet endroit Ă  prĂ©sent pour rejoindre la cabane car il se fait tard »

« D’accord, mais j’espĂšre que vous ne douterez plus de moi dĂ©sormais car je vous apprĂ©cie Elisa »

« Oui, ne vous inquiĂ©tez plus pour ça. Et comme je vous l’ai dĂ©jĂ  dit, je vous soutiendrai jusqu’au bout »

« Merci Elisa » dit Tamara en prenant un pan de sa tunique pour s’essuyer les yeux.

Décidément Elisa manquait de tact envers cette pauvre jeune femme mais désormais elle ferait attention.
Et puis de toute façon, elle n’avait pas le choix, il fallait bien qu’elle lui fasse confiance alors sans rĂ©flĂ©chir davantage elle essaya de mettre en arriĂšre plan, cette histoire de cadavre flottant mĂȘme si ce point restait tout de mĂȘme un mystĂšre incomprĂ©hensible…

****

Quelques minutes plus tard, les deux jeunes femmes se retrouvÚrent cÎte à cÎte devant le vertigineux précipice que Tamara avait décrit et qui se trouvait non loin des deux cabanes.

Tout Ă  fait en bas, une vision d’horreur : on pouvait aperçevoir dans de hautes herbes tout prĂšs d’un amoncellement de pierres, le corps d’un homme qui gisait face contre terre, dans une mare de sang noirĂątre avec prĂšs de lui, un sac Ă©ventrĂ© et tout autour, toutes sortes de dĂ©bris d’objets indescriptibles.

Son dos Ă©tait transperçé d’un long pique et au niveau de sa perforation, il y avait une large aurĂ©ole de sang qui maculait son t-shirt bleu ciel.

Elisa n’avait encore jamais vu un cadavre de sa vie et surtout pas dans un tel Ă©tat : il s’agissait tout de mĂȘme d’un meurtre perpĂ©trĂ© par deux hommes sans scrupules.

Soudain elle fut prise de spasmes et faillit vomir mais elle réussit tant bien que mal à se ressaisir.
De son cÎté, Tamara les bras croisés avait les yeux rivés sur son défunt mari et ne semblait avoir aucune réaction. Que pouvait bien t-elle ressentir en le revoyant ainsi ? se demanda t-elle avec une certaine inquiétude.

****

Il commençait Ă  se faire tard et le ciel s’assombrissait de plus en plus.
Le soleil ne tarderait pas à décliner.
Il Ă©tait exactement 17H20.

Les deux jeunes femmes Ă©taient toujours en train d’observer le cadavre qui se trouvait au fond du ravin lorsqu’Elisa souhaita en savoir davantage concernant l’Ă©trange pique qui Ă©tait plantĂ© dans le dos de celui-çi.

« Tamara ? vous voyez ce que je vois » dit-elle en pointant du doigt le cadavre. « Il a un pique ou une sorte de lance qui lui transperçe le dos. Vous savez de quoi il s’agit ? »

Tamara plissa les yeux et commença à scruter davantage le cadavre de son mari.

« Oui vous avez raison, je ne me rappelai pas du tout qu’il avait ce pique dans le dos » dit-elle hĂ©bĂ©tĂ©e. « Maintenant que vous m’en parlez…Je sais que lorsque votre guide me battait, je n’avais pas pu voir ce que Batisto lui faisait subir. Il a du sans doute le lui enfoncer lorsque j’Ă©tais Ă©vanouie. Mais par contre je ne sais vraiment pas de quel genre de pique il s’agit »

« Ok. De toute façon on n’aura jamais le fin de mot de cette histoire puisque comme vous dĂźtes, vous Ă©tiez Ă©vanouie au moment oĂč ces hommes ont tuĂ© votre mari. Par contre, j’avais une derniĂšre question Tamara »

« Oui allez y. Je vous Ă©coute »

« C’Ă©tait le sac Ă  dos de votre mari que je vois lĂ  ? »

« Oui, effectivement. Il en avait un avec tous nos affaires dedans. Moi, par contre, j’avais dĂ©cidĂ© de ne rien porter car j’ai des problĂšmes de dos »

« Ah d’accord ! Mais tous ces dĂ©bris de couleur vert que je vois autour de lui, vous savez ce que c’est ? On aurait dit des morceaux de plastique mais je n’en suis pas certaine. Et vous ? Qu’en pensez-vous ? »

« Oui, je sais ce que c’est. C’est notre glaciĂšre. Elle Ă©tait de couleur verte clair. Mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi elle se trouve au fond de ce ravin. Ces hommes l’auraient jetĂ©e mais pour quelle raison ? Il y avait juste des aliments et des bouteilles d’eau Ă  l’intĂ©rieur. C’est bizarre je trouve… »

« Oui, vous avez raison. Mais pourquoi auraient-ils fait ça alors ? C’est Ă©trange tout de mĂȘme… »

DĂ©cidĂ©ment, il y avait bien trop de mystĂšres dans cette forĂȘt qui restaient en suspens et sans rĂ©ponses ; ce qui n’Ă©tait pas du tout Ă©vident pour Elisa de ne pas pouvoir les Ă©lucider et devoir en fin de compte les accepter tels quels sans broncher…

« Elisa? Vous m’Ă©coutez ? Vous semblez ailleurs… »

« Heu…Excusez-moi…Vous disiez ? »

« Je disais que nous sommes Ă  quelques mĂštres des cabanes. Nous devrions quitter cet endroit maintenant. J’ai du mal Ă … »

Elisa regarda Tamara qui avait des larmes aux yeux et comprit une fois de plus qu’elle venait Ă  nouveau d’ĂȘtre maladroite.

« Je suis vraiment dĂ©solĂ©e Tamara. Oui biensĂ»r, je comprends. Quittons cet endroit au plus vite »

« Ce n’est pas grave Elisa. Si je pleure ce n’est pas parce que j’ai vu son cadavre au fond de ce prĂ©cipice mĂȘme si biensĂ»r cela m’a fait beaucoup de mal de le revoir dans cet Ă©tat…Non, je repensai plutĂŽt Ă  notre arrivĂ©e sur cette Ăźle, que nous Ă©tions tellement heureux lui et moi mais c’est si loin tout ça. N’en parlons plus. Je prĂ©fĂšrerais quitter cet endroit au plus vite. Les cabanes se trouvent Ă  quelques mĂštres seulement mais on ne peux pas les voir d’ici Ă  cause des arbres et de la vĂ©gĂ©tation. DĂ©pĂȘchons-nous s’il vous plaĂźt. Il se fait tard et la nuit ne va pas tarder Ă  tomber »

« Oui, allons-y ! » dit Elisa qui Ă©tait partagĂ©e entre la tristesse pour Tamara et l’espoir de rejoindre enfin les cabanes.

****

Toutes les deux se dirigeaient avec hĂąte vers les deux cabanes qui Ă©taient placĂ©es, l’une derriĂšre l’autre, avec un grand espace de vĂ©gĂ©tation entre les deux.

« Enfin ! voici les fameuses cabanes » se dit Elisa qui voulait au plus vite s’engouffrer Ă  l’intĂ©rieur de l’une d’elles. C’est vrai qu’elles Ă©taient vraiment bien cachĂ©es et personne n’aurait pu se douter un seul instant, qu’il y en avait deux ici Ă  part les connaisseurs de cette Ăźle.

L’ossature des cabanes (murs et charpentes) Ă©tait entiĂšrement construite en bois ainsi que la couverture de leurs toits (tuiles en bois). Tamara n’avait pas menti lorsqu’elle avait prĂ©cisĂ© leur rusticitĂ©s et biensĂ»r, elles Ă©taient conçues sans eau, ni Ă©lectricitĂ©.

****

La premiĂšre cabane dont avait parlĂ© Tamara Ă©tait effectivement restĂ©e entrouverte mais impossible de savoir s’il y avait quelqu’un ou pas Ă  l’intĂ©rieur.
Pour en avoir le coeur net, Tamara insista pour s’y rendre seule afin de vĂ©rifier si celle-çi Ă©tait vraiment inoccupĂ©e.

Pendant ce temps, Elisa l’attendait, cachĂ©e derriĂšre un Ă©norme tronc d’arbre tout en observant les alentours.
Tamara se retrouva enfin devant la façade de celle-çi, prĂšs de sa porte d’entrĂ©e puis y donna un magistral coup de pied. Elle s’ouvrit alors davantage mais il faisait tellement sombre Ă  l’intĂ©rieur que c’Ă©tait difficile de distinguer quoi que ce soit.

ArmĂ©e d’un long bĂąton en bois qu’elle venait de trouver par terre, Tamara commença Ă  franchir le seuil de la porte et tout en avançant Ă  petits pas, le brandit en faisant de grands va-et-vient de droite Ă  gauche comme si elle se battait contre une personne mais invisible.

Elle renouvella ce geste plusieurs fois tout en frappant le sol, le mobilier et les objets qui se trouvaient dans les alentours puis constatant qu’il n’y avait vraiment personne, se retourna et cria trĂšs fort Ă  l’attention d’Elisa :

« Il n’y a personne ! Venez Elisa ! DĂ©pĂȘchez-vous ! » dit-elle avec un grand sourire de satisfaction.

Elisa n’avait eu de cesse de l’observer et ce fut avec un grand soulagement qu’elle accueillit la bonne nouvelle. « Tant mieux » se dit-elle en soupirant.

Par contre, en ce qui concernait l’individu en question ; elle se posait toujours d’innombrables questions Ă  son sujet. Qu’Ă©tait-il rĂ©ellement devenu ? Il Ă©tait blessĂ©. Aurait-il pu alors dans ce cas lĂ , succomber Ă  ses blessures ? Mais ce n’Ă©tait qu’une hypothĂšse.

Et si jamais, il Ă©tait plutĂŽt cachĂ© quelque-part ici Ă  les Ă©pier. Pourtant elle n’avait rien remarquĂ© Ă  moins qu’elle n’ait pas fait suffisamment attention. A cette idĂ©e, elle se mit Ă  frĂ©mir et sans plus tarder, courut trĂšs vite vers la cabane oĂč Tamara l’attendait sur le seuil de la porte avec beaucoup d’impatience.

« Venez Elisa ! rentrons enfin Ă  l’intĂ©rieur. Heu…Dites-moi, vous n’auriez pas Ă  tout hasard de quoi nous Ă©clairer ? On ne voit pas grand chose Ă  l’intĂ©rieur »

« Oui j’ai ce qu’il faut » rĂ©pondit Elisa avec un premier petit sourire rempli d’espoir.

Il Ă©tait exactement 17H55 et dans quelques minutes il ferait nuit noire dans la lugubre forĂȘt de Diamond.

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