Étiquette : Ăźle

Une Plume arc-en-ciel đŸŒˆ

 

Coucou ma chĂšre Plume !

Avant toute chose, je tenais à te remercier car tu as su insuffler en moi cette envie de vouloir réaliser un défi


« L’envie d’avoir envie » comme le dit si bien Johnny dans sa jolie chanson


Et si tu me lis, Ă  cet instant bien prĂ©cis, tu sauras toi de quoi je te parle mais entre nous soit dit et je pense que tu seras d’accord avec moi, faudrait-il aussi que je mette au parfum mes chers amis(es) lecteurs afin qu’il puisse comprendre de quoi il s’agit exactement


J’ai toujours aimĂ© les dĂ©fis, que ce soit dans le domaine du sport (surtout la course Ă  pied), oĂč encore d’essayer de rester le plus longtemps possible sous l’eau (dans ma baignoire, piscine oĂč l’ocĂ©an), oĂč de chanter a capella une chanson de MaĂźtre Gims (ça me dĂ©tend) oĂč mĂȘme de savoir citer comme ça les capitales du monde entier (mon petit plaisir personnel, va savoir pourquoi ?) en veillant Ă  ne pas me tromper.

Mais lĂ , il s’agit d’un dĂ©fi qui dĂ©passerait largement tout ce que je viens d’énumĂ©rer


Un défi beaucoup plus passionnant


Un dĂ©fi que j’affectionne particuliĂšrement et que pourtant je n’avais plus souhaitĂ© rĂ©aliser depuis le dĂ©cĂšs de mon cher et tendre Papounet


Un dĂ©fi que tous les amoureux de l’écriture apprĂ©cient en rĂšgle gĂ©nĂ©rale


Il s’agit bien-sĂ»r du dĂ©fi d’Ă©criture ! Et lĂ , bien-sĂ»r de ton dĂ©fi Ă  toi, ma trĂšs chĂšre Plume


Et je peux te dire qu’il m’a vraiment emportĂ©e tant j’ai Ă©tĂ© enthousiasmĂ©e par ton idĂ©e que vous pourrez chers amis lecteurs trouver ci-aprĂšs :

À prĂ©sent, si tu le veux bien ma chĂšre Plume, je t’embarque avec moi car je pense que tu dois ĂȘtre autant impatiente que je le suis


Impatiente de savoir dans quel lieu je souhaiterais t’emmener


Tu es fin prĂȘte ? Alors, c’est parti ! Nous allons maintenant droit en direction de mon pays natal ! Et me connaissant quelque peu depuis que nous nous suivons mutuellement sur WordPress en Novembre 2018, tu l’auras sans doute compris, nous partons toi et moi Ă  Madagascar.

Eh oui ! Cette grande üle qui est si chùre à mon cƓur !

Une Ăźle que l’on surnomme aussi « L’üle Rouge » en raison de sa latĂ©rite si pigmentĂ©e et dont tu pourras sous peu admirer


Et lĂ , bien Ă©videmment, comme par enchantement car nul besoin de prendre l’avion tant le voyage durerait trop longtemps : soit 11 heures de temps ! Et comme je suis d’un caractĂšre quelque peu impatient (oui, je l’avoue) alors j’ai dĂ©cidĂ© de nous tĂ©lĂ©porter toi et moi directement Ă  Antananarivo, la belle Capitale (lieu de naissance de mon frĂšre) puisque j’ai ce pouvoir entre les doigts.

Ben oui, c’est Ă  ça aussi que sert l’écriture !! Se permettre toutes sortes de choses incroyables qui n’existeraient point dans notre rĂ©alitĂ©.

Et lĂ , nous sommes donc Ă  Antananarivo et qui plus est pas dans n’importe quel endroit ! Un lieu que je voulais absolument que tu dĂ©couvres et qui n’est autre que le Palais de la Reine Ranavalona III.

Je ne sais pas si tu aimes l’histoire (pour ma part, j’adore) mais je me suis dit que cela te plairait de visiter ce chĂąteau appelĂ© « Rova ».

Un monument historique qui ne te laissera pas indifférente


Un monument qui fut hĂ©las endommagĂ© par un incendie en Novembre 1995 Ă  la maniĂšre de notre Dame de Paris (Avril 2019) mais qui depuis et bien heureusement a Ă©tĂ© petit Ă  petit reconstruit et dont tu pourras aujourd’hui apprĂ©cier sa belle architecture sous toutes les coutures.

Et tu ne m’en voudras pas, si Ă  un certain moment de notre visite, je versais ma petite larme d’émotion car oui, j’avais tout de mĂȘme 16 ans lorsque j’arpentais pour la toute premiĂšre fois les intĂ©rieurs du « Rova » en compagnie de ma famille.

Mais ne t’inquiĂšte pas, ma nostalgie sera vite dissipĂ©e en visitant ce lieu chargĂ© d’histoire avec toi


Et puis, Ă©tant ton guide touristique attitrĂ©, je ne manquerai pas de t’expliquer dans les moindres dĂ©tails Ă  l’aide de mon prĂ©cieux carnet de notes toutes les dates importantes de la trĂšs passionnante et si riche histoire de la monarchie Malgache. Ses Rois, ses Reines, Princes et Princesses


Si bien, que tu finirais toi-mĂȘme par tout savoir sur ledit sujet !

Si ! Si !

Car oui, je dois aussi t’avouer que je suis extrĂȘmement intarissable lorsque je me mets Ă  parler de mon Ăźle natale.

Une véritable bazarette !! Mais si tu aimes bavarder alors tu apprécieras


Eh bien voilà que notre visite culturelle des plus enrichissantes vient tout juste à peine de se terminer ma chùre Plume


Oui, je sais, les meilleures choses ont toujours une fin mais que dirais-tu à présent de prolonger notre voyage en allant à Mantasoa ?

Et c’est lĂ  que tu me dirais sans plus tarder avec curiositĂ© :

« Mantasoa ? C’est une ville ? »

Et je te répondrai alors avec une certaine excitation dans la voix :

« C’est un endroit magique ! Tu verras. Un lieu idyllique, un peu comme s’il Ă©tait hors du temps et qui se trouve en dehors de la ville de Tananarive »

« HĂąte d’y aller alors CĂ©cile ! »

« Oui, moi aussi ! Et lorsque nous arriverons lĂ -bas, nous sĂ©journerons durant deux jours dans un charmant hĂŽtel-restaurant qui s’appelle l’Ermitage »

« L’Ermitage ? Il porte bien son nom je trouve ! »

« Oui, comme tu dis ! C’est parce qu’il est situĂ© en pleine nature dans une tranquillitĂ© absolue tout prĂšs d’un grand lac artificiel portant aussi le nom de Mantasoa »

« Wahou ! J’ai vraiment hĂąte de dĂ©couvrir cet endroit CĂ©cile ! »

Et lĂ , en un claquement de doigt, nous voilĂ  dĂ©jĂ  toi et moi au cƓur de la forĂȘt d’eucalyptus de Mantasoa en train de nous promener tranquillement Ă  cheval tout en explorant et en respirant Ă  pleins poumons le bon air si pur et vivifiant de ce lieu incroyablement paisible.

Car oui, je ne te l’ai pas dit mais nous sommes d’excellentes cavaliĂšres Ă©mĂ©rites toi et moi et donc nul besoin de prendre des cours d’équitation au prĂ©alable


Eh oui ! C’est ça la magie de l’écriture !

Ainsi, si tu n’étais encore jamais montĂ© Ă  cheval de toute ta vie et que cela faisait parti de ta wish list (sait-on jamais), eh bien voici que ce vƓu est exaucĂ© !

Et c’est là que je rajouterai :

« Quel plaisir d’ĂȘtre ici en ta compagnie ma Plume ! »

Et toi de me répondre :

« Et moi donc Cécile ! Tu avais raison. Cet endroit est vraiment hors du temps ! »

Puis, pour terminer notre jolie balade, histoire de se sentir encore plus apaisĂ©es, montons Ă  bord de cette barque motorisĂ©e conduite par un guide Malgache connaissant comme sa poche le lac Mantasoa et laissons nous voguer et bercer par le doux clapotis des vagues tout en admirant les rares et belles demeures en bois qui bordent cet immense lac de rĂȘve


De quoi nous requinquer à bloc !! N’est-ce pas ?

Et je suis certaine Ă©tant donnĂ© que tu aimes la photographie que tu ne manqueras pas d’immortaliser notre pĂ©riple par de sublimes clichĂ©s !

Puis le lendemain, aprĂšs une bonne nuit de sommeil, il serait important d’aller visiter la maison du cĂ©lĂšbre architecte Jean Laborde se trouvant non loin d’ici.

Sur ce, allons-y ! Bien Ă©quipĂ©es de nos sac Ă  dos contenant victuailles et gourdes d’eau car il faudra tout de mĂȘme parcourir quelques bons kilomĂštres Ă  pied Ă  travers le village de Mantasoa avant de pouvoir nous retrouver enfin face Ă  la jolie demeure de Jean Laborde.

« Mais pourquoi ne pas nous tĂ©lĂ©porter directement lĂ -bas, CĂ©cile ? » me diras-tu alors peut-ĂȘtre.

Et c’est lĂ  que je te rĂ©pondrai avec un petit sourire malicieux :

« Pas cette fois-ci ma Plume mais tu verras tu aimeras cette marche Ă  pied tout comme je l’avais moi-mĂȘme apprĂ©ciĂ© Ă  l’ñge de 16 ans car je pense qu’il faut savoir aussi prendre son temps, savoir s’attarder sur la nature qui nous entoure et lĂ , ce sera vraiment le moment idĂ©al »

Et puis ce n’est tout de mĂȘme pas quelques kilomĂštres qui nous arrĂȘteront, n’est-ce pas ?

C’est que ça se mĂ©rite de visiter la maison de Jean Laborde !

Ah oui ! Et j’allais oublier de te dire l’essentiel Ă  son sujet. C’est lui qui dessina le fameux palais de la Reine Ranavalona que nous avons visitĂ© lors de notre arrivĂ©e Ă  Antananarivo. À l’origine, il Ă©tait construit en bois, ce qui explique pourquoi il pris aussi rapidement feu en 1995.

À prĂ©sent, un petit cours d’histoire s’impose afin que tu en saches davantage sur cet architecte ambitieux, loin d’ĂȘtre un homme ordinaire


Ce que tu dois savoir, c’est qu’il contribua beaucoup Ă  l’industrialisation Malgache durant le rĂšgne de la Reine Ranavalona 1Ăšre en lui fabriquant en premier lieu des fusils ainsi que des canons pour son armĂ©e Malgache.

Puis comme il devint par la suite son amant et disons-le trÚs proche de la royauté Malgache alors il eut pas mal de faveurs et privilÚges pour réaliser grand nombre de ses projets industriels


Ainsi et toujours avec l’autorisation de la Souveraine, il fit de Mantasoa en 1837, une citĂ© quasi industrielle en y construisant : ponts, routes, barrages, hauts fourneaux, fours Ă  chaux ainsi que sa propre maison en bois que nous n’allons plus tarder Ă  visiter


Ben oui ! C’est qu’il lui fallait bien un habitat sur place pour pouvoir rĂ©aliser toutes ses Ɠuvres !

Et ce n’est pas fini ! C’est lui aussi qui imagina et crĂ©a le fameux lac artificiel « Mantasoa » dont tu as pu admirer la splendeur tout Ă  l’heure


Pour te dire ! Il fit pas mal de choses pour embellir et moderniser Mantasoa et mĂȘme  son propre tombeau qu’il avait alors bĂątit lui-mĂȘme par avance et dans lequel il repose dĂ©sormais depuis la date de son dĂ©cĂšs en 1878.

VoilĂ  pour le petit cours d’histoire qui me semblait nĂ©cessaire


Nous voici Ă  prĂ©sent Ă  l’intĂ©rieur de sa grande maison en bois


Qu’en dis-tu ma Plume ? Pas mal n’est-ce pas ? Je te laisse juger par toi-mĂȘme


Je ne sais pas pour toi mais moi ça me fait toujours quelque chose lorsque je me retrouve dans un lieu qui autrefois aurait Ă©té  habitĂ© par un personnage historique


Je me souviens notamment de la maison natale de Mozart à Salzbourg et maintenant voici celle de Laborde à Mantasoa


À chaque fois, je trouve cela toujours autant fascinant et incroyable


Voilà que notre visite vient de se terminer. J’espùre qu’elle t’aura plu !

Et Maintenant, je te propose une toute autre activité qui sans aucun doute te fera plaisir si tu aimes les animaux
 Enfin, surtout si tu aimes les singes


Et plus particuliĂšrement les LĂ©muriens


Ça te dit ? Alors, allons sans plus tarder nous rendre dans la rĂ©serve privĂ©e de « Lemurs’ Park », un immense parc botanique de 5 hectares se trouvant Ă  22 Km d’Antananarivo.

Là-bas, nous aurons le privilÚge de pouvoir observer 7 espÚces de lémuriens et qui plus est en totale liberté !

L’espĂšce la plus connue Ă©tant sans nul doute le LĂ©mur Catta reconnaissable Ă  sa longue queue rayĂ©e de 14 anneaux noirs et blancs


Ne sont-ils pas mignons ?

En plus, il peut mĂȘme leur arriver parfois de chanter et de danser


Si ! Si ! Je t’assure


Tiens ! Écoute celui-lĂ  qui te chante la sĂ©rĂ©nade et l’autre lĂ -bas qui veut Ă  tout prix que tu remarques sa danse


****

C’est si beau de les voir en libertĂ© dans ce bel environnement et non dans un zoo


VoilĂ  que tu as eu la chance de pouvoir rencontrer le symbole de la faune Malgache mais tu sais, notre voyage est loin d’ĂȘtre terminĂ© ! Il te reste encore pas mal de choses Ă  dĂ©couvrir !

Alors, dis-moi, as-tu le goĂ»t de l’aventure ? Je veux dire par lĂ , aimes-tu les sensations fortes ? Un petit peu d’adrĂ©naline, il en faut parfois dans la vie
 Alors, ça te dit ?

Et si oui et que tu n’as pas trop le vertige, partons immĂ©diatement rendre visite aux cĂ©lĂšbres Tsingy de Madagascar qui se trouvent au Parc National de Bemaraha, plus prĂ©cisĂ©ment dans la province de Majunga, Ă  environ 300 Km de Tananarive.

Mais rassure-toi, pas pour y faire de l’alpinisme mais juste pour observer d’un peu plus prĂšs ces incroyables et magnifiques cathĂ©drales rocheuses que l’on appelle « Tsingy » et que tu ne pourras voir nulle part ailleurs qu’ici, Ă  Madagascar


Petit cours de géologie ?

Toutes ces grandes étendues de calcaire que tu vois là sous tes yeux ébahis sont en partie composées de fossiles et de coquillages.

Incroyable, non ? Et te rends-tu compte qu’elles datent au moins de 160 millions d’annĂ©es, lorsque l’üle de Madagascar venait alors de se sĂ©parer de la plaque africaine


Ensuite, ce fut l’eau de mer et l’eau de pluie qui firent tout le reste en les ciselant et sculptant.

VoilĂ  pourquoi elles ont aujourd’hui cet aspect si Ă©trange et particulier que tu peux toi-mĂȘme constater


Et je peux te dire que c’est vĂ©ritablement un paysage unique au monde, presque surnaturel, je dirai


D’ailleurs, les Tsingy attirent toujours autant la curiositĂ© des botanistes, gĂ©ologues et biologistes


Et on peut parfaitement comprendre pourquoi !

Regarde comme elles sont impressionnantes, fascinantes !

Mais attention ma Plume, l’heure est grave maintenant…

Bon, peut-ĂȘtre que j’exagĂšre un peu aussi  mais nous voici devant un pont de singe ressemblant fortement Ă  celui du film d’ « Indiana Jones et le temple maudit ».

Ah ! La la ! Et comme tu peux le constater, il est juste exprùs au-dessus de ce canyon à couper le souffle


Comme si ça n’était dĂ©jĂ  pas assez compliquĂ© notre parcours !

Mais la question est : Oseras-tu le traverser pour pouvoir poursuivre notre randonnée ?

Je sais, ça donne le vertige et mĂȘme le tournis mais je voulais absolument t’emmener ici car je pense que c’est un lieu qui vaut vraiment le dĂ©tour


Alors ? Auras-tu osé finalement parcourir le fameux pont suspendu ?

Et si jamais c’était le cas, alors dis-toi que tu auras l’espace d’un instant rassasiĂ© ta soif de libertĂ© en endossant le rĂŽle intrĂ©pide d’Indiana Jones l’aventurier et crois-moi, ce n’est pas si frĂ©quent dans la vie de tous les jours


AprĂšs cette visite des plus vertigineuses mais Ă©poustouflante tu en conviendras, je te demande Ă  prĂ©sent de bien vouloir fermer les yeux et de compter jusqu’à 5


Oui, ça change un peu du claquement de doigt


Ça y est ! Tu peux maintenant les rouvrir


Alors, je te présente la plus belle merveille du monde, sa trÚs gracieuse Majesté « Renala ».

Admire sa force, sa grandeur
 Ça laisse sans voix, n’est-ce pas ?

Si bien, qu’on ne peut que s’incliner devant tant de beauté 

En fait, on se doit d’ĂȘtre infiniment respectueux lorsqu’on se retrouve ici, sur la plus belle avenue du monde


Non, pas celle des Champs-Elysées mais plutÎt celle des baobabs


Des baobabs que les Malgaches appellent « Renala » et qui signifie dans leur langue locale « MĂšre de la forĂȘt » parce qu’ils dĂ©passent d’une tĂȘte leurs compagnons forestiers


Cette allĂ©e de Baobabs pluricentenaires  (plus de 800 ans) bordant cette route de terre dans la province de TulĂ©ar (lieu natal de mon grand-pĂšre maternel) est Ă©galement un site protĂ©gĂ© depuis les annĂ©es 2007 car elle reste sans nul doute le plus prĂ©cieux hĂ©ritage de toutes les forĂȘts tropicales Malgaches


Ici, on peut contempler sans se lasser, le superbe et si majestueux Adansonia Grandidieri, l’une des 6 espĂšces de baobabs endĂ©miques de Madagascar pouvant atteindre les 30 mĂštres de haut et 7 mĂštres de diamĂštre !

De quoi en rester baba devant ce trĂšs grand roi !

Et pour la petite histoire, si tu veux tout savoir, ce baobab porte le nom spĂ©cifique de « Grandidieri » pour rendre hommage au botaniste et explorateur Français Alfred Grandidier qui l’avait pour ainsi dire dĂ©couvert lors de ses recherches botaniques Ă  Madagascar.

Alors ma Plume ? Est-ce sa MajestĂ© Renala t’a laissĂ©e sans voix de par son immense grandeur ? N’est-il pas le plus bel arbre du monde ? Pour ma part, je dirai qu’il le sera toujours


Et voilà que nous approchons bientît de la fin de notre voyage


Mais avant de devoir quitter Madagascar, je voulais te réserver le meilleur pour la fin
 Une toute derniÚre surprise


PrĂȘte Ă  t’envoler avec moi dans les airs pour la dĂ©couvrir ?

Ben oui, quand je te disais que l’écriture nous permet de rĂ©aliser toutes sortes de choses incroyables, c’était pas pour rien


Et lĂ , tels deux oiseaux migrateurs, parmi les nuages blancs dans le ciel bleu azur, nous voilĂ  en train de survoler avec allĂ©gresse mon village natal « Namakia » pour nous rendre dans un lieu qui me tient particuliĂšrement Ă  cƓur : « Empassy Boeny », l’immense plage de sable fin


Une plage magnifique, dĂ©sertique, romantique, totalement inconnue des touristes sauf de certains connaisseurs ayant connu Namakia oĂč encore natifs de lĂ -bas


Une plage que je foulais alors du pied pour la toute premiùre fois à l’ñge de 16 ans


Une plage oĂč mon pĂšre tomba amoureux de ma mĂšre lorsqu’il la vit remontant cette dune de sable blond pour aller cueillir les fruits d’un arbre exotique…

Une plage oĂč tout commença, s’imprĂ©gnant alors de merveilleux souvenirs


Jusqu’aux plus beaux instants passĂ©s en famille dans les annĂ©es 93/94


La plage qui restera pour moi le plus bel endroit de Madagascar


Je suis si Ă©mue de la revoir


D’ailleurs, quelques larmes coulent dĂ©jĂ  le long de mes joues car je repense Ă  mon pĂšre


À mon pĂšre qui aurait aimĂ© ĂȘtre ici


Mais grùce à toi, à la magie de ton défi, il est bien là, tout prÚs de moi


C’est si beau que j’en perds mes mots


Heureusement, ma mémoire, elle, continue de me soutenir, de me tenir par la main pour ne pas sombrer dans un chagrin


Car elle souhaite terminer mon récit dans une belle poésie en te disant ceci :

Regarde cet océan indien


Respire ses embruns


Laisse toi aller,

Laisse ton esprit vagabonder dans le doux vent léger salé,

Un peu comme si le temps s’était arrĂȘtĂ©,

Un peu comme si tu étais soudainement  métamorphosée,

Ivre de liberté,

Contemplant ce paysage sans te lasser


SubmergĂ©e par l’émotion,

Par ce spectacle que tu souhaiterais permanent


Et lorsque viendra le soleil couchant,

Si rougeoyant,

Se fondre dans l’ocĂ©an,

Alors je saurai qu’Ă  cet instant, l’immersion de ta plume dans le bel encrier de Madagascar ressortira de mille couleurs


Des couleurs denses et intenses


Autant vibrantes que fascinantes…

Autant indĂ©lĂ©biles qu’inoubliables


Si bien, que tu deviendrais Ă  ton tour et pour toujours,

Une plume arcenciel


GrĂące Ă  Madagascar, la grande Ăźle exceptionnelle…

****

Merci encore pour ce dĂ©fi d’Ă©criture qui m’a permis de voyager dans mon passĂ© avec beaucoup de bonheur…

****

 

 

Le flou total đŸ

Elle Ă©tait assise sur le sable et regardait la mer qui se trouvait juste en face d’elle. L’ocĂ©an si bleu et si calme lui rappelait des bribes de son passĂ©.

Un passĂ© qui lui paraissait pourtant ĂȘtre trĂšs proche comme si c’Ă©tait hier


Elle revoyait alors à travers les vagues bleutées, son doux visage auréolé de cheveux blonds dorés flottant au vent ainsi que ses magnifiques yeux verts qui avaient tendance à changer de nuance suivant la lumiÚre du jour


TantĂŽt ils pouvaient ĂȘtre gris/bleus, tantĂŽt verts/jaunes ou encore bleus/verts ; un peu comme la couleur de l’ocĂ©an indien qu’elle aimait tant…

Elle ne savait plus exactement…

Elle ne l’avait aperçu qu’une seule fois. Une seule et unique fois qui avait pourtant suffit Ă  lui faire battre le cƓur Ă  mille Ă  l’heure


Un instant si bref ; presque insaisissable


Elle seule, avait su arrĂȘter le temps par je ne sais quelle façon pour immortaliser ce moment et le figer Ă  tout jamais dans les recoins de sa mĂ©moire.

Un moment oĂč deux regards s’Ă©taient croisĂ©s avec une certaine Ă©ternisation d’une profondeur intense pour ensuite s’Ă©vanouir et s’Ă©vaporer dans l’air tel un nuage vaporeux finissant par totalement disparaĂźtre dans un ciel beaucoup trop bleu


Non, Mira n’arrivait pas Ă  oublier ces yeux verts qui se confondaient encore avec la profondeur de l’ocĂ©an…

Elle regardait le visage de cet homme inconnu se fondre dans l’eau tout en essayant de se remĂ©morer ce qu’il devait bien porter le jour de leur fugace rencontre


Un dĂ©tail qui la turlupinait encore et encore sans trop savoir pourquoi…

Sans doute une chemise bleue ciel Ă  manches courtes largement ouverte sur un torse nu imberbe ou plutĂŽt un t-shirt de la mĂȘme couleur faisant apparaĂźtre la musculature de ses bras bronzĂ©s.

« Mais que portait-il exactement ? » se demanda t-elle tout bas en caressant du dos de sa main le sable si chaud.

Tout s’embrouillait dans sa tĂȘte
 Elle ne savait plus


Avait-elle imaginé cette personne ? Ce doux visage ? Ces yeux verts/bleus ?

Non, elle jurerait que non… Elle Ă©tait sĂ»re et certaine de l’avoir croisĂ© sur cette plage il y quelques jours ou peut-ĂȘtre moins et qu’il lui avait mĂȘme souri.

Elle se souvenait encore de son sourire. Un sourire enjĂŽleur qu’il n’avait adressĂ© qu’Ă  elle et Ă  aucune autre


Ça, elle ne l’avait pas rĂȘvĂ©, tout de mĂȘme !

Un regard et un sourire inoubliables juste l’espace d’un instant sur cette immense plage dĂ©serte


Un regard et un sourire puis plus rien
 Le flou total


Sa tĂȘte Ă©tait lourde et elle se sentait horriblement fatiguĂ©e comme si elle avait fait un marathon alors qu’il n’en Ă©tait absolument rien


« Mira ! Mira ! Je te cherchais partout ! Enfin je te retrouve ! Tu vas bien ? » cria au loin une jeune femme.

Elle reconnaissait cette voix entre mille. C’Ă©tait son amie Lucia. Elle tourna la tĂȘte en sa direction et essaya de se relever mais eu subitement un petit vertige inopinĂ©.

InquiĂšte, son amie Lucia courut rapidement vers elle et s’empressa de lui agripper le bras pour la soutenir afin qu’elle ne tomba pas.

« Comment vas-tu ma ChĂ©rie ? Tu as l’air fatiguĂ©. Tu viens d’avoir un vertige. Il vaudrait mieux que tu rentres pour te recoucher »

« Non, ça va aller. Ne t’inquiĂšte pas. J’ai eu le tournis mais je t’assure que je vais bien. Je prĂ©fĂšre rester ici encore quelques instants. J’aime cet endroit »

« Tu en es certaine ? »

« Oui ma Lucia. Le vent du large me fait du bien »

« Soit ! Comme tu voudras. Tu sais que tu m’as fait peur hier. J’ai bien cru que je ne t’aurais plus jamais revue »

Mira se demanda Ă  quoi elle pouvait bien faire allusion.

Son vertige venant de se dissiper et se sentant nettement mieux ; elle lui posa sans plus attendre la question :

« Mais de quoi me parles tu ? »

« Tu ne t’en souviens vraiment plus ? »

« Mais non » s’agaça t-elle. « Allez, dis-moi ! Ça commence sĂ©rieusement Ă  m’inquiĂ©ter. Que s’est-il passĂ© hier ? »

« Le docteur m’avait prĂ©venu que tu perdrais momentanĂ©ment la mĂ©moire »

« Quel docteur ? Mais de quoi me parles tu encore ? » s’Ă©cria t-elle sous le coup de la panique.

« Du calme Mira ! Attends, je vais tout te raconter depuis le début »

« Je t’Ă©coute » dit-elle sous le ton de l’impatience.

« Hier aprĂšs-midi, tu faisais du kayak lĂ -bas prĂšs de la barriĂšre de corail. Subitement, ton kayak s’est retournĂ© pour je ne sais quelle raison et ensuite on ne t’a plus revue Ă  la surface de l’eau. Tu venais de t’ĂȘtre noyĂ©e »

« Quoi !!?? » s’exclama Mira.

« Si, c’est bien vrai. Et j’ai appris par la suite que ta tĂȘte avait heurtĂ© la coque de ton canoĂ« et qu’Ă  cause du choc assez violent, tu avais perdu connaiss
 »

« Quoi ! ? Mais qu’est-ce que tu me racontes lĂ  ? » coupa t-elle brutalement.

« La stricte vérité »

« Mais je ne me souviens pas de tout ça !! » s’Ă©cria t-elle, horrifiĂ©e d’apprendre une telle nouvelle Ă  son sujet.

« C’est normal que tu ne t’en souviennes pas pour l’instant. Tu as perdu partiellement la mĂ©moire Ă  cause du choc que tu as subi Ă  la tĂȘte. Bon, je peux Ă  nouveau te raconter la suite ? »

« Oui vas-y. Au point oĂč j’en suis. De toute façon, je ne me souviens de rien du tout » dĂ©plora t-elle.

« Bon, je reprends. Heureusement, un des sauveteurs avait remarquĂ© ton accident alors il est tout de suite venu te secourir. Ensuite, il t’a ramenĂ© ici et il a dĂ» te rĂ©animer car tu ne respirais plus du tout. S’il n’avait pas Ă©tĂ© lĂ , tu ne serais plus de ce monde aujourd’hui. C’Ă©tait trĂšs grave, tu sais… »

Mira n’en revenait toujours pas de ce que son amie venait de lui raconter. Elle restait encore abasourdie.

« Mais, mais
 je ne me souviens vraiment pas de tout ça
 » bredouilla t-elle toute dĂ©sorientĂ©e.

Lucia lui pressa affectueusement l’Ă©paule puis s’empressa d’ajouter :

« Le docteur m’a assurĂ© que petit Ă  petit tu finirais par retrouver ta mĂ©moire alors sois rassurĂ©e ma petite Mira. Il ne faut surtout plus que tu t’inquiĂštes pour ça »

Mira se mordit la lĂšvre infĂ©rieure. Elle ne se souvenait toujours pas de cette noyade. En revanche, elle revoyait sans cesse dans sa tĂȘte le visage de cet inconnu avec de jolis yeux verts rieurs.

« En plus, ton sauveteur Ă©tait vraiment trĂšs sexy. Un blond avec des yeux verts ; il me semble bien. Il a mĂȘme demandĂ© de tes nouvelles ce matin lorsque tu dormais. Tu en as de la chance ! Je crois que tu lui plais »

Mais alors ? se demanda soudainement Mira dans son for intĂ©rieur: Se pourrait-il que l’image de cet homme qu’elle avait dans la tĂȘte depuis son rĂ©veil, soit effectivement ce sauveteur ?

Et dire qu’elle pensait que sa mĂ©moire lui jouait des tours…

Ce regard et ce sourire étaient donc réels et non imaginaires ?

Ils lui étaient donc véritablement destinés


« Tu entends ce que je te dis Mira ? Tu as l’air ailleurs. Tu es sĂ»re que tu vas bien ? » demanda son amie quelque peu inquiĂšte.

« Désolée ma Lucia. Oui, je vais trÚs bien, rassure toi. Je suis juste un peu déconcertée et fatiguée »

« Et il y a de quoi ! Tu aurais pu mourir ! Mais n’y pense plus ! Tu es bel et bien vivante et surtout en bonne santĂ©. C’est tout ce qui compte… »

« Oui, tu as raison »

« Parfaitement ! Bon, ben… c’est pas tout mais moi, j’ai un rendez-vous ce soir avec un charmant garçon et j’ai la nette impression que c’est parti pour durer notre histoire. Est-ce que je peux te laisser ma ChĂ©rie ? car je dois me prĂ©parer pour ĂȘtre la plus belle pour aller danser »

SacrĂ©e Lucia ! Elle n’Ă©tait pas une personne Ă  se laisser abattre par quoi que ce soit ! Un vrai rayon de soleil !

« Mais biensûr que tu peux y aller ma Lucia. Moi, je vais rester encore un peu ici. Passe une bonne soirée et amuse toi bien ! »

« Tu es un amour ! J’y vais ! »

La silhouette de son amie courait dĂ©jĂ  vers le grand bĂątiment de l’hĂŽtel-restaurant « Les Rives bleues » qui se trouvait tout juste en bordure de la plage « Coco Lodge » puis finit par disparaĂźtre derriĂšre une dune de sable.

Le ciel venait de changer de nuance et le soleil commençait à plonger progressivement dans la mer.

Mira adorait les couchers de soleil et plus particuliĂšrement ceux des Ăźles.

Ils Ă©taient d’autant plus flamboyants qu’en mĂ©tropole et elle aimait les contempler.

« Bonsoir Mademoiselle. Puis-je m’asseoir ? »

Surprise par cette voix inconnue qui venait de troubler ses pensĂ©es ; Mira tourna la tĂȘte et reconnu presque immĂ©diatement ce visage ainsi que ces yeux verts


Elle resta sans voix tandis qu’il continuait :

« Avant que vous ne refusiez, je tiens Ă  me prĂ©senter. Je suis Patrick. Je ne sais pas si vous vous rappelez de moi. Je suis sauveteur et je travaille ici. C’est moi qui vous ai sauvĂ© hier aprĂšs-midi. Vous vous Ă©tiez noyĂ©e »

Mira n’en revenait toujours pas de se retrouver face Ă  l’homme qu’elle pensait avoir imaginĂ© dans son subconscient.

Il lui souriait tout en la regardant intensément de ses yeux verts.

Son cƓur se mit alors à battre plus fort.

À cet instant lĂ , elle aurait voulu le fuir mais il Ă©tait dĂ©jĂ  trop tard pour cette Ă©ventualitĂ©…

Le vent venait de se lever et les quelques mĂšches blondes et rebelles qui recouvraient le front de Patrick se mirent Ă  voleter dans tous les sens.

Il portait un bermuda noir ainsi qu’un t-shirt bleu ciel moulant laissant apparaĂźtre la virilitĂ© de son torse et de ses biceps saillants.

C’Ă©tait indĂ©niablement un trĂšs bel homme


Un peu comme dans les nombreux rĂȘves de son imagination dĂ©bordante sauf que cette fois-çi, il s’agissait de la rĂ©alitĂ© et non d’un conte de fĂ©es.

En se noyant dans cet ocĂ©an, elle avait attirĂ© ce sauveteur qui l’avait sauvĂ©e des sombres profondeurs


Ensuite, elle avait perdu la mémoire qui lui avait joué bien des tours.

Et Ă  prĂ©sent, venait d’apparaĂźtre cet homme qui se tenait assis tout prĂšs d’elle en train de lui parler de ce mĂ©morable moment oĂč il l’avait rĂ©animĂ© sur la plage.

Un moment qui selon ses dire l’avait particuliĂšrement touchĂ© vu que ce fut une grande premiĂšre pour lui.

Mira l’Ă©coutait sans dire un mot tout en lui jetant de brefs regards car elle n’osait le regarder dans les yeux.

Soudain, en observant plus attentivement ses lĂšvres remuer ; C’est alors qu’elle se souvint d’un dĂ©tail prĂ©cis oĂč plutĂŽt d’un instant qu’elle avait enfoui au fond de sa mĂ©moire et qui venait brusquement de lui revenir…

Il s’agissait d’un long baiser sans fin…

Un souffle de vie qui lui avait traversĂ© la gorge puis parcouru le corps telle une dĂ©charge Ă©lectrique refaisant ainsi battre son cƓur…

Une foudroyante dĂ©charge ; un vĂ©ritable coup de foudre ! qui l’avait alors rĂ©animĂ©e et laissait Ă  nouveau en vie sur notre planĂšte Terre…

Une renaissance grĂące Ă  un seul et unique baiser.

Patrick venait de terminer son récit et un silence se fit.

Soudain, il lui avoua que cet interminable bouche Ă  bouche lui avait fait prendre conscience qu’il venait d’ĂȘtre foudroyĂ© par l’amour et qu’il avait eu du mal Ă  se sĂ©parer des lĂšvres si douces de Mira.

Et qu’au moment oĂč elle avait enfin entrouvrit ses grands yeux gris/bleus hypnotisants ; ce fut alors pour lui comme une Ă©vidence…

À cet instant lĂ , il rĂ©alisa qu’il venait de tomber amoureux.

C’est pourquoi, il avait voulu la revoir ce soir car il Ă©tait dĂ©terminĂ© Ă  ne plus la perdre.

Oui, son souhait le plus ardent Ă©tait de faire un long chemin avec elle. Mais l’accepterait-elle ?

Il espérait que oui alors sans plus tarder, il lui posa la question qui lui brûlait tant les lÚvres.

À ce moment-lĂ , ses yeux verts s’intensifiĂšrent davantage, ne quittant plus ceux de Mira.

Rougissante, elle baissa les siens et ne lui répondit pas tout de suite.

Elle Ă©tait encore sous le coup de l’Ă©motion.

Sa mĂ©moire lui avait peut ĂȘtre jouĂ© des tours mais pas le commencement de cette belle histoire d’amour.

Un amour Ă  peine naissant et palpitant ; ici, sur cette magnifique plage de sable blanc alors qu’elle ne s’y attendait pas.

Une belle histoire qui sans nul doute resterait Ă  jamais gravĂ©e dans sa mĂ©moire et qu’elle raconterait plus tard Ă  leurs enfants en commençant par ceci :

Il Ă©tait une fois sur l’inoubliable plage de Coco Lodge, un homme et une femme


La derniĂšre danse de la lune : Sujet de l’histoire â›ș

la derniere danse de la lune

****

Sujet de l’histoire :

Elisa est en quĂȘte d’Ă©vasion.

Lors de son sĂ©jour Ă  l’hĂŽtel « Paradise Beach » d’EpicĂ©a et sur les conseils d’un Guide touristique, elle dĂ©cide de partir Ă  l’aventure pour une durĂ©e de 2 jours et une nuit sur une Ăźle perdue qui porte le nom de Diamond. 

Une Ăźle inhabitĂ©e et Ă©loignĂ©e de tout, renommĂ©e pour sa magnifique et incontournable cascade « Le voile de la MariĂ©e » ainsi que sa forĂȘt luxuriante…

Elle rĂ©alisera enfin son rĂȘve de Robinson CrusoĂ© lorsqu’elle touchera le sol de l’immense plage de sable blanc de Diamond d’oĂč elle profitera pleinement de chaque instant…

HĂ©las, son pĂ©riple idyllique prendra une toute autre tournure lorsqu’elle tombera sur une Ă©trange jeune femme nommĂ©e « Tamara », dont le mari vient d’ĂȘtre assassinĂ© par le Guide touristique qui les accompagnait ainsi que par son complice surgi de nulle part…

Elle et son mari « Juanes » profitaient de leur sĂ©jour de lune de miel dans la vaste forĂȘt de Diamond, non loin de la cascade de la MariĂ©e…

Elisa sera alors entraĂźnĂ©e malgrĂ© elle, dans le sillage de cette mystĂ©rieuse Tamara qui la mĂšnera dans les profondeurs de cette forĂȘt inhospitaliĂšre…

Que se passera t-il lĂ -bas ? Pour le dĂ©couvrir, suivez notre hĂ©roine et palpitez avec elle, au coeur de cette intrigue…

****

LA FORET DE DIAMANT

Interview de Lauraline Aday

RĂ©cemment, une jeune auteure qui se nomme Lauraline Aday m’a nominĂ©e le 29 Janvier 2016 afin de rĂ©pondre Ă  son interview.

Voici l’article qu’elle avait publiĂ© ce jour-lĂ  concernant sa nomination pour le Liebster Award :

liebster-award

Je l’ai rencontrĂ©e sur la plateforme de WordPress en Janvier 2016 et depuis on se follow.

C’est une personne trĂšs sympathique et spontanĂ©e. Tout ce que j’aime Ă  vrai dire !
Je trouve qu’elle a beaucoup de talent dans le domaine de l’Ă©criture qui est sa passion.

Voici un extrait de son roman qu’elle a Ă©crit il y a un an et que vous pourrez lire (personnellement j’ai vraiment apprĂ©ciĂ© !) afin de dĂ©couvrir son univers littĂ©raire. Le titre de son roman est :

Penthésilée

A ce sujet, elle recherche un Ă©diteur qui voudrait bien le publier alors si jamais vous lisiez cet article, n’hĂ©sitez pas Ă  lire son oeuvre…

J’espĂšre de tout coeur que son rĂȘve pourra enfin se rĂ©aliser car elle le mĂ©rite vraiment vu qu’elle Ă©crit fort bien !

Merci encore Ă  toi Lauraline de m’avoir invitĂ©e Ă  participer Ă  ton interview qui me ramena loin en arriĂšre dans mes souvenirs par certaine de tes questions…

****

Et voici son interview : 11 choses que Lauraline aimerait savoir sur moi :

1. Depuis quand Ă©crivez-vous ?

Lorsque j’Ă©tais ĂągĂ©e de 10 ans, mes parents m’avaient offert un journal intime pour mon anniversaire. Ce fut Ă  partir de ce moment lĂ  que je commençai Ă  y Ă©crire mes instants les plus prĂ©cieux et je dois dire qu’il y en avait beaucoup. J’adorais ce journal (que j’ai malheureusement Ă©garĂ© depuis) car il me permettait de m’Ă©vader et de rĂȘver.

D’aussi loin que je m’en souvienne, je n’y Ă©crivais que des choses positives et heureuses vu que j’Ă©tais une enfant trĂšs Ă©panouie et si insouciante…Je me souviens encore de sa couverture avec la fameuse PanthĂšre rose qui Ă©tait dessinĂ©e dessus. Il restera pour moi un merveilleux souvenir d’Ă©critures…

panthĂšre pink

2. Quel est le premier texte que vous ayez Ă©crit ?

Lorsque je vivais en afrique (Tchad Ă  N’Djamena), je me souviens que j’avais Ă©crit une petite histoire qui parlait de loups-garous. Je l’avais Ă©crite dans un grand cahier de format A4 dont la couverture Ă©tait rigide et brillante. C’Ă©tait une histoire assez longue (10 pages recto-verso) dont j’Ă©tais particuliĂšrement fiĂšre et qui avait pour titre : « La mutation ».

J’avais 14 ans et je dois bien avouer qu’Ă  cette Ă©poque lĂ  j’adorais tout ce qui se rapportait au domaine du fantastique et de la science fiction.

D’ailleurs, je n’ai pas beaucoup changĂ©e Ă  ce sujet puisque c’est toujours le cas aujourd’hui.

loup gare au loup

3. Est-ce que vous planifiez toute votre histoire, ou est-ce que vous vous lancez « au feeling » ?

J’ai pour habitude de tout planifier dans ma vie de tous les jours mais bizarrement pas dans le domaine de l’Ă©criture.
En ce qui concerne mes Ă©crits, je fonctionne uniquement au feeling.

J’ai une idĂ©e qui me traverse subitement l’esprit puis mon imagination commence alors Ă  galoper un peu dans tous les sens et Ă  partir de ce moment lĂ , je jette Ă  la volĂ©e quelques phrases ou/et mots sur une feuille afin de ne rien oublier.

 

4. Avez-vous dĂ©jĂ  fini d’écrire un roman ? Quel est son titre et de quoi parle-t-il ?

J’ai toujours aimĂ© Ă©crire depuis que je suis toute jeune mais lorsque j’ai commencĂ© Ă  me lancer vĂ©ritablement c’Ă©tait dans les annĂ©es 2009. J’Ă©tais alors ĂągĂ©e de 32 ans.

Ayant la nostalgie de mon passĂ© d’expatriation Ă  travers l’Afrique (GuinĂ©e Ă  Conakry, Tchad Ă  N’Djamena et Madagascar Ă  Antananarivo), j’avais dĂ©cidĂ© de retranscrire mes plus beaux souvenirs passĂ©s lĂ -bas, sous forme d’anecdotes.

Voici un de mes plus beaux souvenirs que vous pourrez découvrir et qui à pour titre :

Le manguier voyageur

 

5. Qu’est-ce que vous aimez Ă©crire ?

J’aime Ă©crire mes souvenirs d’enfance passĂ©s en Afrique oĂč en France Ă  Marseille.

J’aime Ă©galement inventer des petites histoires au grĂ© de mon imagination. Les sujets peuvent ĂȘtre trĂšs vastes et variĂ©s. Je n’ai pas spĂ©cialement de prĂ©fĂ©rence. LĂ  aussi, je fonctionne au feeling. Il est vrai que j’aime bien les thrillers mais pas que…

 

6. Quel est votre lieu favori pour Ă©crire ?

J’Ă©cris principalement dans ma chambre via mon fidĂšle ordinateur portable. C’est mon endroit favori car je m’y sens bien, tout simplement.

Mes sources d’inspirations me viennent en Ă©coutant des musiques de films (mais pas que, puisqu’actuellement j’aime bien Ă©couter en boucle « Love me like you do » d’Ellie Goulding) sur mon ordinateur.

Mon imagination s’envole et Ă  partir de ce moment lĂ  je me mets Ă  pianoter sur mon clavier durant des heures.

D’ailleurs, je ne vois jamais le temps passer lorsque j’Ă©cris…

 

7. Quel est votre auteur / livre préféré ?

Mon auteure prĂ©fĂ©rĂ©e est sans conteste : Mary Higgins Clark et ce depuis de nombreuses annĂ©es…

Pourquoi cette auteure ? Lorsque je vivais Ă  Madagascar Ă  Antananarivo et que j’avais 16 ans, je me souviens que j’avais un beau jour empruntĂ© un livre Ă  la bibliothĂšque de mon lycĂ©e (LycĂ©e Français de Tananarive) qui avait pour titre « La nuit du renard ».

Ce fut le titre qui attira le plus mon attention. Etant assez pressĂ©e ce jour-lĂ , je n’avais mĂȘme pas pris la peine de lire le sujet. Quant Ă  son auteure, son nom ne me disait rien du tout. Mais Ă  peine avais-je commencĂ© Ă  lire le premier chapitre que j’en fus littĂ©ralement scotchĂ©e…

« La nuit du renard » devint alors pour moi mon roman prĂ©fĂ©rĂ© et ce jusqu’Ă  aujourd’hui. Disons qu’il reste mon livre fĂ©tiche.

La suite fut prévisible : je lisais donc tous les romans de mon auteure préférée que je trouvais à la bibliothÚque de mon lycée.

la nuit renard

8. Cinq livres que vous emporteriez sur une ßle déserte?

– « La maison du guet » de Mary Higgins Clark

– « MĂ©chant garçon » de Jack Vance

– « Racines » de Alex Haley

– « L’Ăźle du docteur Moreau » de H.G. Wells (Herbert Georges Wells)

–  » Anna Karenine » de LĂ©on Tolstoi

mort eau doc

9. Un projet en cours, dont vous aimeriez nous parler ?

Actuellement je suis en train d’Ă©crire une nouvelle en plusieurs parties dont le titre est : « La derniĂšre danse de la lune ».

Vous pourrez découvrir mon histoire en cliquant sur ce lien :

La derniĂšre danse de la lune

C’est une histoire qui me tient particuliĂšrement Ă  coeur et que j’ai commencĂ© Ă  Ă©crire durant l’Ă©tĂ© 2015 (juillet/aoĂ»t).

J’ai voulu me lancer grĂące Ă  une amie que j’ai rencontrĂ© sur Twitter et qui s’appelle Michelle. Elle m’a donnĂ© l’envie d’inventer et de publier mon histoire sur wordpress. Merci Ă  toi ma Belette !

Depuis, je n’ai de cesse de me rĂ©pĂ©ter les mĂȘmes phrases d’encouragement :

« Il faut toujours croire en ses rĂȘves et aller jusqu’au bout pour pouvoir les rĂ©aliser »

« Ne surtout pas abandonner et suivre son chemin malgrĂ© les embĂ»ches »

 

10. Que peut-on vous souhaiter pour 2016 ?

Une question trĂšs difficile pour moi… Je ne dirais qu’une chose : la vie, c’est comme une boĂźte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber…

C’est une rĂ©plique d’un film dont le titre est « Forrest Gump ». En ce qui me concerne, ça me parle beaucoup…

 

11. Qu’est-ce que vous aimez à propos de mon blog ? Qu’est-ce que vous aimez moins ?

Lorsque je me suis baladĂ© pour la premiĂšre fois sur ton blog un certain mois de janvier 2016, j’ai Ă©tĂ© tout de suite attirĂ©e par tous les titres de tes articles. Je ne sais pas pourquoi… Encore une fois, une histoire de feeling…

Ce fut en lisant cet article de toi : PenthĂ©silĂ©e que j’ai compris alors que je souhaitais en connaĂźtre davantage sur ton univers littĂ©raire mais pas que…

En effet, je trouve que tu as tout simplement une belle personnalité et surtout une spontanéité qui fait vraiment plaisir.

Je tenais encore Ă  te remercier ma chĂšre Lauraline concernant cette petite interview que j’ai pris plaisir Ă  rĂ©pondre.

Gros bisous Ă  toi et surtout crois toujours en tes rĂȘves !

CĂ©cile, la Suricate

Suricate mignon

La derniĂšre danse de la lune : Chapitre 3 : Confessions

la derniere danse de la lune

 

Elisa fouilla rapidement dans son grand sac qu’elle portait toujours en bandouliĂšre et trouva enfin sa fameuse lampe de poche Ă©tanche.

DĂšs lors qu’elle l’enclencha, la lumiĂšre fut tellement puissante qu’elle suffit Ă  Ă©clairer tout l’ensemble de l’unique grande piĂšce de la cabane qui devait bien faire dans les 20 mÂČ.

A l’intĂ©rieur, tout Ă©tait rustique et entiĂšrement en bois : de l’habillage des murs, sol et plafond jusqu’au mobilier.
Au milieu du mur du fond, une petite fenĂȘtre Ă  un ventail sans rideau avait son volet fermĂ© ; ce qui expliquait pourquoi il faisait si sombre ici. A sa droite, tronaĂźt une grande et haute armoire en bois massif Ă  trois portes avec deux tiroirs cĂŽte Ă  cĂŽte au niveau du bas.

Au dessus de celle-çi, on pouvait aperçevoir un amoncellement de diverses choses indéfinissables ainsi que deux grands chandeliers à plusieurs branches, accompagnés de leurs bougies.
Contre le mur de gauche, Ă  cĂŽtĂ© d’un balai brosse, Ă©taient appuyĂ©s l’un sur l’autre deux lits de camp pliables qui prenaient pas mal de place tant ils Ă©taient grands.

Au centre de la piĂšce se trouvait une grande table rectangulaire habillĂ©e d’une nappe en tissu Ă  petites fleurs, entourĂ©e de quatre chaises en bois avec assises en paille. Et au milieu de celle-çi reposait le fameux sac Ă  dos de Batisto.

Tamara s’en rapprocha et commença Ă  ouvrir l’une des deux petites poches extĂ©rieures mais n’y trouva rien. Elle ouvrit alors la deuxiĂšme poche puis s’exclama :

« Elle est lĂ  ! Je l’ai trouvĂ©e ! On va pouvoir enfin s’enfermer Ă  clef ! »

****

Elisa Ă©tait Ă  prĂ©sent en train d’Ă©clairer la serrure de la porte d’entrĂ©e afin que Tamara puisse y insĂ©rer la fameuse clef.
Une fois que celle-çi l’eut fermĂ©e Ă  double tour, elles se retrouvĂšrent enfin dans un espace clos et Ă  l’abri de tout danger en attendant la suite des Ă©vĂšnements…

« VoilĂ  c’est fait Elisa ! On est en sĂ©curitĂ© maintenant ! Du moins, pour l’instant mais c’est bien mieux que si on Ă©tait dehors… »

Le seul inconvĂ©nient restait toutefois l’Ă©clairage qui Ă©tait assez faible et ce malgrĂ© le puissant faisceau lumineux de la lampe de poche d’Elisa qui de toute façon ne pourrait pas marcher indĂ©finiment Ă©tant donnĂ© que celle-çi fonctionnait avec des piles.

« Je ne pourrai pas laisser allumĂ©e ma lampe de poche trop longtemps sinon les piles finiront par s’Ă©puiser » fit-elle remarquer. « Il faudrait nous Ă©clairer avec autre chose. J’ai vu qu’il y avait deux chandeliers au dessus de l’armoire » ajouta t-elle en Ă©clairant le sommet du meuble.

« Oui, vous avez raison mais il y a mieux que ça ! Vous pouvez m’Ă©clairer la troisiĂšme porte de l’armoire s’il vous plaĂźt ? Normalement, ils doivent toujours y ĂȘtre…Du moins, je l’espĂšre… »

Elisa s’exĂ©cuta tandis que Tamara Ă©tait dĂ©jĂ  en train d’ouvrir la porte en question puis commençait Ă  balayer de sa main droite le dessus de la premiĂšre Ă©tagĂšre du haut, Ă  la recherche des objets qu’elle avait en tĂȘte.

« VoilĂ  ce qu’il nous faut ! je viens de les retrouver ! » s’Ă©cria t-elle.

Tamara venait d’attraper par leur anses deux lanternes en mĂ©tal ajourĂ©. Elle les porta jusqu’Ă  la table puis les dĂ©posa au milieu de celle-çi prĂšs du sac Ă  dos de Batisto. L’intĂ©rieur de chacune d’elles comportait une grosse bougie fixĂ©e sur un socle.

« Vous pouvez encore m’Ă©clairer Elisa ? Je me souviens qu’il y avait un briquet rangĂ© ici » dit-elle en dĂ©signant du doigt le tiroir de droite du bas de l’armoire.

Pendant qu’Elisa l’Ă©clairait Ă  nouveau, Tamara ouvrit le tiroir et commença Ă  chercher des yeux le dit briquet. Au bout de quelques instants, elle finit par le trouver.

« Ah le voici ! Je me disais bien qu’il se trouvait lĂ . VoilĂ  Elisa ! on va pouvoir enfin allumer nos lanternes ! »

Mais la joie de Tamara fut de courte durĂ©e lorsqu’elle s’aperçut que le rĂ©servoir de celui-çi Ă©tait vide.

« Mince alors ! c’est vraiment pas de chance ! il n’y a plus de gaz dans le rĂ©servoir. Il est complĂštement Ă  sec ! et en plus il n’y en a pas d’autres, Ă  part celui-lĂ  ! Oh noonn ! dit-elle en pestant.

« Moi j’ai un briquet ! » s’empressa de dire Elisa. « Il est Ă  l’intĂ©rieur de mon sac de plage. Enfin, normalement…Attendez, je vais le chercher »

« C’est pas vrai ? Incroyable ! Vous avez un briquet dans votre sac ? En tout cas, si vous l’aviez vraiment, vous nous sauveriez une fois de plus la vie, ma chĂšre Elisa ! » dit-elle en lui pressant gentiment l’Ă©paule.

AllĂ©luia ! se dit Elisa avec un petit sourire de satisfaction lorsqu’elle mit enfin la main sur son fameux briquet qu’elle venait de retrouver parmi toutes ses affaires. C’Ă©tait un cadeau publicitaire de l’hĂŽtel « Paradise Beach » oĂč elle avait sĂ©journĂ© et qu’elle avait trouvĂ© posĂ© sur une des tables basses de sa chambre. Elle se souvenait encore avoir hĂ©sitĂ© Ă  le prendre avec elle, lors de son pĂ©riple en catamaran.

A prĂ©sent, elle pouvait encore se fĂ©liciter de l’avoir entre ses mains Ă©tant donnĂ© qu’Ă  cet instant prĂ©cis, il lui serait trĂšs utile.
Comme quoi, un simple petit briquet trĂšs ordinaire fut-il ; pouvait bien faire des miracles en redonnant un peu d’espoir et de la lumiĂšre Ă  deux jeunes femmes en dĂ©tresse…

****

GrĂące aux deux lanternes, la piĂšce baignait dans un halo de lumiĂšre et semblait beaucoup plus chaleureuse qu’auparavant.

Elisa, assise sur une des chaises, observait Tamara debout, face Ă  la table, en train de fouiller Ă  l’intĂ©rieur du sac Ă  dos de Batisto.

Que pouvait bien t-elle chercher ? se demanda t’elle. Sans doute une arme quelconque ou encore un objet qui leur serait utile.
Au bout d’un instant, Tamara finit par dire d’un air dĂ©pitĂ© :

« Il n’y a vraiment rien d’intĂ©ressant dans ce sac ! »

Cela se voyait qu’elle fulminait intĂ©rieurement mais qu’elle essayait de garder son calme. Elle fusillait du regard le sac Ă  dos et semblait ne plus pouvoir supporter sa vue. Nerveusement elle se gratta la tĂȘte puis dĂ©cida de le dĂ©poser sur le plancher Ă  cĂŽtĂ© des deux lits de camps. Elle lui jeta un dernier coup d’oeil sans doute en le maudissant de tous les noms puis vint s’asseoir Ă  son tour, juste en face d’Elisa.

« J’ai perdu mon temps. Je n’ai rien trouvĂ© dans le sac de cette ordure Ă  part quelques babioles inutiles » ajouta t-elle.

« Oui, j’ai vu. On se dĂ©brouillera autrement… » dit Elisa en baillant.

« Vous ĂȘtes fatiguĂ©e ? Vous voulez peut-ĂȘtre un peu vous allonger ? ils sont trĂšs confortables, vous savez » dit Tamara en regardant en direction des lits.

« Non, merci mais c’est gentil de me l’avoir proposĂ©. Je pense que je n’arriverai pas Ă  fermer l’oeil. Je suis beaucoup trop angoissĂ©e pour dormir »

« C’est pareil pour moi et mĂȘme si je me sens tout de mĂȘme assez fatiguĂ©e. Je dois bien avouer que cette marche dans la forĂȘt m’a littĂ©ralement Ă©puisĂ©e »

« Oui, moi aussi. D’ailleurs, j’ai dĂ©testĂ© marcher dans cette fichue forĂȘt » dit Elisa avec mĂ©pris.

« Oui, vous avez bien raison. Une fichue forĂȘt ! comme vous dĂźtes. Des bestioles de partout avec une chaleur suffocante et insupportable. Et puis sans oublier cette moiteur qui n’en finissait pas…Oui, c’est certain, c’Ă©tait loin d’ĂȘtre une promenade des plus agrĂ©ables »

Elisa repensa soudainement Ă  la grande araignĂ©e noire qui avait failli lui tomber dessus. Brrr…, rien que d’y penser, elle fut parcourue de frissons. Mais la scĂšne la plus horrible Ă©tait bien celle du cadavre au fond du prĂ©cipice. Elle le revoyait encore trĂšs clairement avec cet Ă©trange pique qui lui transperçait le dos. L’aurĂ©ole de sang qui maculait son t-shirt.Tout ce sang autour de lui et les dĂ©bris Ă©parpillĂ©s un peu partout…

Les images sordides ne cessaient de lui envahir l’esprit, lui donnant le tournis tel un manĂšge qui n’en finirait pas de tournoyer sans fin…

Et puis il y avait aussi ce type qui Ă©tait cachĂ© lĂ , quelque-part en train de sĂ»rement les Ă©pier tout en attendant le bon moment pour s’en prendre Ă  elles…

Elisa se massa la tempe droite. Elle commençait Ă  avoir un dĂ©but de mal de tĂȘte. Cela ne lui Ă©tait plus jamais arrivĂ© et ce depuis pas mal de temps dĂ©jĂ , si ce n’est lorsqu’un jour elle avait reçu un coup de tĂ©lĂ©phone de sa meilleure amie de l’Ă©poque qui avait osĂ© lui annoncer tout bonnement qu’elle ne voulait plus de leur amitiĂ© en inventant un prĂ©texte des plus mĂ©diocres. Un mauvais jour qui avait particuliĂšrement marquĂ© au fer rouge Elisa. Mais avec le temps, elle avait rĂ©ussi Ă  effaçer cette infĂąme trahison.

Aujourd’hui, le mal de tĂȘte qui s’insinuait lentement et douloureusement tel un poison violent Ă  l’intĂ©rieur de sa boĂźte crĂąnienne ne ressemblait en rien Ă  celui qu’elle avait subi Ă  l’Ă©poque Ă  cause de sa fausse amie. Non, il Ă©tait bien pire…

Et il ne faisait qu’empirer, s’amplifier davantage au fur et Ă  mesure qu’elle s’inquiĂ©tait de sa situation. Une situation que personne ne voudrait vivre. Oui, la pire des situations…et qui surpassait de loin ce fameux jour de trahison. Une trahison qui Ă  ses yeux devenait Ă  l’heure d’aujourd’hui totalement anodine, ridicule et mĂȘme risible.

Par contre ce qu’elle Ă©tait en train de vivre Ă  Diamond Ă©tait un vĂ©ritable cauchemar… Oui, un cauchemar qui n’en finissait pas…

****

Elisa ne pouvait s’empĂȘcher de ressasser en boucle toutes ces images. Elles martelaient sa tĂȘte sans rĂ©pit ; jaillissant par intermittence tels des Ă©clairs qui zĂšbreraient un ciel d’un noir intense…Oui, noir comme les yeux de Tamara…

« Comment vous sentez-vous Elisa ? ça n’a pas l’air d’aller ? »

La voix de Tamara l’empĂȘcha d’aller plus loin dans sa rĂ©flexion tel un rappel Ă  l’ordre qui la fit immĂ©diatement revenir Ă  la rĂ©alitĂ©.

Une rĂ©alitĂ© qui ne prĂ©sageait rien de bon d’ailleurs, puisqu’elles Ă©taient enfermĂ©es Ă  l’intĂ©rieur d’une cabane, certes Ă©clairĂ©e par deux bougies mais qui Ă©tait perdue au milieu d’une forĂȘt Ă©paisse avec un maniaque cachĂ© quelque part pour noircir le tableau.

Qu’allaient-elles devenir en fin de compte ? Elisa ne cessait d’angoisser. Reprenant peu Ă  peu ses esprits, elle essaya tant bien que mal de masquer ses craintes et finit par rĂ©pondre Ă  Tamara :

« Je vais bien. Ne vous inquiĂ©tez pas. Je repensais juste Ă  tous ces Ă©vĂšnements que nous venions de vivre »

« Je suis vraiment dĂ©solĂ©e Elisa… »

Tamara semblait réellement confuse et observait Elisa avec inquiétude.
Elisa massait Ă  prĂ©sent sa tempe gauche en espĂ©rant que ce fichu mal de tĂȘte finirait bien par se dissiper. Elle souffrait mais ne voulait surtout pas l’avouer Ă  Tamara car elle en avait assez de se plaindre. D’ailleurs, elle cessa immĂ©diatement de se masser les tempes car cela ne servait strictement Ă  rien.

Tamara l’observait toujours. Alors, pour ne pas Ă©veiller sa curiositĂ© concernant le mal de tĂȘte qui la rongeait, elle rĂ©pliqua :

« Non, Tamara, ne vous excusez pas. ArrĂȘtez de le faire, s’il vous plaĂźt. C’est vous qui ĂȘtes plus Ă  plaindre que moi. Je voudrais tellement qu’on puisse se sortir de cet enfer. Je me sens juste dĂ©semparĂ©e et impuissante. Je me demande aussi combien de temps nous allons devoir rester ici et c’est vrai que je ne cesse de penser Ă  cet individu mais ça va aller, rassurez-vous. J’ai juste peur qu’il s’en prenne Ă  nous. C’est tout »

« Oui, moi aussi j’ai peur de ce sale type mais cette cabane a l’air trĂšs solide. Il ne pourra pas s’en prendre Ă  nous comme ça ! et puis nous sommes deux ! Il faudra donc rester ici toute la nuit jusqu’au lever du jour puis on verra bien ce qu’on pourra faire demain »

« Oui, vous avez raison. Faisons comme ça… »

« Au fait, quelle heure est-il s’il vous plaĂźt ? »

Elisa regarda sa montre dont les aiguilles Ă©taient devenues phosphorescentes.

« Il est 19H15 »

« Je pensais qu’il Ă©tait beaucoup plus tard que ça. On devra donc attendre longtemps ici mais que voulez-vous, c’est bien mieux que d’ĂȘtre dehors »

« Oui, vous avez raison et mĂȘme si je ne peux m’empĂȘcher d’avoir peur, je vais essayer de faire la part des choses. AprĂšs tout, nous n’avons pas le choix. J’espĂšre seulement que tout se passera bien et qu’on s’en sortira »

« Oui, il faut y croire ma chĂšre Elisa. Vous verrez, on s’en sortira »

Elisa l’a regarda quelque peu perplexe ne sachant quoi ajouter de plus. Elle trouvait que Tamara ne manquait pas de courage Ă©tant donnĂ© qu’elle avait perdu son mari de la maniĂšre la plus Ă©pouvantable qu’il soit. Mais oĂč pouvait bien t-elle trouver encore cette Ă©nergie d’y croire encore et de penser qu’elles se sortiraient de cette galĂšre ? Elle semblait si sĂ»re d’elle.

Elisa constata que par rapport Ă  sa compagne d’infortune, elle avait tendance Ă  trop vite se laisser abattre.

« Oui, et on fera tout pour ça Elisa ! Croyez moi ! » ajouta Tamara. « Vous savez, ces ordures m’ont dĂ©truite de l’intĂ©rieur en tuant mon mari mais je vous promets que la crapule qui est toujours en vie ou pas d’ailleurs, n’arrivera pas Ă  avoir notre Ăąme. Non, il ne fera rien de tel car on l’en empĂȘchera vous et moi. N’est-ce pas Elisa ? Et on se battra pour ça »

« Oui, je suis d’accord avec vous Tamara »

Elisa essayait d’y croire mais elle avait encore quelques doutes Ă  ce sujet. Comment feraient-elles pour s’en sortir face Ă  cet individu qui avait tuĂ© de sang froid un homme. Et comment feraient-elles pour quitter cette Ăźle ? Que de questions et cet horrible mal de tĂȘte qui n’en finissait pas…

Soudain, Tamara la brusqua dans ses pensées :

« Et sinon, pour parler un peu d’autre chose, comment trouvez-vous cette cabane, Elisa ? Elle n’est pas trop mal, je trouve. Mon mari et moi l’adorions. Et vous ? qu’en pensez-vous ? » demanda t-elle tout en dessinant avec son index des cercles imaginaires sur la nappe de la table.

Elisa ne lui rĂ©pondit pas tout de suite tant elle fut surprise par sa question quelque peu incongrue. Certes, cette cabane avait un certain charme mais elle n’Ă©tait pas du tout disposĂ©e Ă  parler de ses qualitĂ©s ou inconvĂ©nients vu les circonstances actuelles.

Non ! Elle, tout ce dont elle avait envie, c’Ă©tait de fuir cet endroit de malheur au plus vite et que ce fichu mal de crĂąne s’arrĂȘte dĂ©finitivement.
Tamara voulait certainement dĂ©tendre l’atmosphĂšre en abordant un tel sujet mais elle n’Ă©tait vraiment pas d’humeur Ă  entrer dans ce genre de conversation.

DĂ©cidĂ©ment, les deux jeunes femmes ne se ressemblaient pas du tout, point de vue caractĂšre. L’une Ă©tait forte et dĂ©terminĂ©e avec un mental d’acier alors que l’autre doutait toujours et restait perpĂ©tuellement sur ses gardes.

Elisa finit par lui répondre :

« Eh bien dans d’autres circonstances, j’aurais sans doute apprĂ©ciĂ© de sĂ©journer ici mais lĂ , je reste inquiĂšte. DĂ©solĂ©e de me rĂ©pĂ©ter… »

« Non, vous n’avez pas Ă  vous excuser Elisa. Vous avez toutes les raisons de l’ĂȘtre. C’est certain que nous ne sommes pas sereines vu les circonstances mais au moins on est en sĂ©curitĂ© ici. Dehors, il doit faire nuit noire. Rien que d’y penser je me dis qu’on a bien fait de s’enfermer dans cette cabane. Pas vous ? »

« Si, je suis tout Ă  fait d’accord avec vous »

Elisa dĂ©cida de ne plus partager ses inquiĂ©tudes avec Tamara. Cela ne servait Ă  rien de propager son angoisse et de l’attiser davantage par des paroles nĂ©gatives.

« Je peux vous poser une question Elisa ? »

« Oui, biensĂ»r »

« Pourquoi ĂȘtes-vous venue ici Ă  Diamond et toute seule ? »

« Je ne suis pas venue seule. J’Ă©tais accompagnĂ©e de mon Guide touristique »

« Oui certes, mais pourquoi venir ici sans ĂȘtre accompagnĂ©e d’un ami ou d’une amie par exemple ? »

« Tout simplement parce que je voulais faire ce voyage en solitaire. C’Ă©tait mon rĂȘve de jouer en quelque sorte les Robinson CrusoĂ© durant deux jours dans une petite Ăźle dĂ©serte et Ă©loignĂ©e de tout. Et je dois bien avouer que Diamond Ă©tait parfaite pour ça mis Ă  part les affreux drames qui s’y sont dĂ©roulĂ©s. Le Guide m’en parlait tellement comme si c’Ă©tait un joyau de la nature que je n’ai pas hĂ©sitĂ© et que je me suis lancĂ©e. Mais jamais je n’aurais cru un seul instant qu’il y aurait eu un meurtre ici, ni que mon guide en aurait Ă©tĂ© l’instigateur. J’Ă©tais loin de m’imaginer tout ça sinon il est clair que je serais restĂ©e bien tranquillement dans mon hĂŽtel Ă  continuer mes vacances »

Les grands yeux noirs en amande de Tamara ne cessaient de la fixer comme si elle essayait de trouver une vérité au fin fond de son esprit. Mais laquelle au juste ?

« Je vous comprends Elisa. Je suis navrĂ©e encore pour tout ça »

« Non, ne le soyez pas. Vous et moi ne pouvions pas savoir que ces guides Ă©taient des meurtriers… »

« Oui, c’est juste. Mais je vous ai tout de mĂȘme entraĂźnĂ© dans cette galĂšre »

« N’y pensez plus. Ce n’est pas de votre faute Tamara »

Tamara se mordit la lĂšvre infĂ©rieure en signe d’acquiescement puis baissa les yeux comme si elle avait honte.

Elisa essayait de la rassurer mais elle savait aussi au fond d’elle mĂȘme qu’elle n’aurait jamais voulu rencontrer Tamara sur son chemin vu tous les problĂšmes qu’il y avait autour de cette femme et quand bien mĂȘme qu’elle soit une innocente victime.

Etait-ce humain de penser de la sorte ? Pourquoi est-ce que subitement elle avait de telles pensĂ©es envers cette femme ? Ă©tait-ce Ă  cause de ce terrible mal de tĂȘte qui la mettait Ă  fleur de peau ? ou tout simplement parce qu’elle se sentait prise au piĂšge et qu’elle aurait bien voulu que tout ce cauchemar se volatilise comme par magie. Mais malheureusement, elle ne pouvait pas remonter dans le temps et gommer en un claquement de doigt cette rencontre…C’Ă©tait son destin d’ĂȘtre tombĂ©e sur Tamara.

Elle ne pouvait pas non plus lui avouer cette vérité. Elle ne pouvait que la cacher au fin fond de son esprit et se taire. En somme, il ne lui restait plus que la résignation et la fatalité.

« J’aurai une autre question Ă  vous poser Elisa »

Tamara venait de relever les yeux et à présent elle la regardait intensément comme si elle essayait de sonder son esprit. Ce qui perturba quelque peu Elisa.

« Allez-y, je vous Ă©coute »

« Je me rappelle que vous m’aviez dit que vous aviez fait de la plongĂ©e sous-marine avec ce Philippo avant de dĂ©barquer Ă  Diamond »

« Oui c’est vrai » dit Elisa en se demandant oĂč elle voulait bien en venir.

« VoilĂ , je voulais juste savoir si vous aviez remarquĂ© quelque chose chez lui qui ne tournait pas rond. Un Ă©lĂ©ment quelconque qui aurait permis d’en dĂ©duire qu’il Ă©tait une personne bizarre »

« Non, je suis vraiment dĂ©solĂ©e de vous dire ça Tamara mais il n’y avait rien de tel chez lui qui aurait pu prĂ©sager quoi que ce soit de bizarre. Il semblait tout Ă  fait normal. Il n’avait pas un comportement Ă©trange, bien au contraire. D’ailleurs, je ne comprends toujours pas comment il a pu faire toutes ces atrocitĂ©s. C’est vrai que ça restera toujours un mystĂšre pour moi »

« Oui, moi aussi je me le demande encore, vous savez. C’est pareil en ce qui concerne cette ordure de Batisto. Jamais je n’aurais cru qu’il Ă©tait un tueur. Je me rappelle encore de lui. Il semblait ĂȘtre une personne honnĂȘte et gentille mais je me trompais. Il Ă©tait tout le contraire. Je suis tellement dĂ©goĂ»tĂ©e. Et dire que j’Ă©tais venue ici avec mon mari pour notre voyage de noces. Je ne peux m’empĂȘcher de penser que tout ce qui est arrivĂ© est de ma faute… »

« Mais pourquoi dĂźtes-vous ça ? rien n’est de votre faute Tamara. Encore une fois, vous ne pouviez pas prĂ©voir tout ce qui allait se passer ici. En aucun cas vous ne devez vous sentir coupable, je vous assure »

« Si justement, puisque c’est moi qui ait eu l’idĂ©e de faire cette escapade Ă  Diamond. Je regrette tellement maintenant… » dit-elle les larmes aux yeux.

En regardant les larmes qui coulaient le long de ses joues, Elisa regretta subitement d’avoir eu de mauvaises pensĂ©es envers elle. Les yeux noirs en amande semblaient si tristes Ă  cet instant lĂ  qu’elle en Ă©prouva une profonde compassion.

« Je vous en prie Tamara, ne pleurez pas. Je trouve que vous ĂȘtes une personne tellement courageuse. C’est grĂące Ă  vous si on se retrouve dans cette cabane et en sĂ©curitĂ©. Vous avez eu raison de nous emmener jusqu’ici ! et je suis certaine que votre mari aurait Ă©tĂ© fier de vous. Je le pense trĂšs sincĂšrement… »

« Merci Elisa de me rĂ©conforter comme vous le faĂźtes. Vous ĂȘtes si gentille avec moi. Moi aussi je trouve que vous ĂȘtes courageuse. Vous m’avez fait confiance. Vous savez, ce n’est pas tout le monde qui aurait pu s’aventurer dans cette forĂȘt tout en sachant qu’il y a un tueur qui s’y cache quelque part. Vous m’avez beaucoup soutenu depuis que je vous ai rencontrĂ©e sur la plage et je ne l’oublierai jamais. Merci pour tout ça » dit-elle tout en reniflant.

Elisa lui adressa un large sourire. Un sourire sincĂšre qui se voulait ĂȘtre rĂ©confortant. Oui, un sourire d’espoir destinĂ© Ă  une jeune femme qui avait vĂ©cu un horrible drame.

Elisa ne s’en Ă©tait pas aperçu mais son terrible mal de tĂȘte s’Ă©tait totalement dissipĂ©. Sans doute parce qu’elle avait un peu relĂąchĂ© la pression et qu’elle reprenait peu Ă  peu confiance en elle.
Elle avait à nouveau un espoir qui semblait germer dans son esprit si torturé.
Oui, un ultime espoir de se sortir de cet enfer. Et pour ce faire elle aurait besoin de l’aide de Tamara alors autant s’en faire une alliĂ©e et chasser toutes ces idĂ©es noires qui ne menaient Ă  rien.

A prĂ©sent, elle se sentait un peu plus forte et voulait encore croire Ă  sa bonne Ă©toile qui ne l’avait jamais abandonnĂ©e en cas de coup dur…

« Tamara ? »

« Oui ? » rĂ©pondit Tamara en essuyant ses larmes avec ses doigts.

« J’aimerais moi aussi vous remercier et vous dire que vous ĂȘtes une personne bien »

« Vous le pensez rĂ©ellement ? »

« Oui, trĂšs sincĂšrement. Et je tenais Ă  vous dire Ă©galement que je vous apprĂ©cie et que je suis certaine qu’on s’en sortira » dit-elle dans un large sourire.

« Moi aussi, je vous apprĂ©cie Elisa. Merci de me dire ça. Je suis trĂšs touchĂ©e. Oui, on fera tout pour s’en sortir » lui rĂ©pondit Tamara en lui rendant le sien.

****

En pleine nuit, au coeur de la forĂȘt de Diamond.
A l’intĂ©rieur de la cabane, les deux jeunes femmes Ă©taient toujours en train de discuter en attendant le lever du jour.

Le cadran de la montre d’Elisa indiquait qu’il Ă©tait exactement 20H00. Comme le temps Ă©tait long ! se dit-elle. Elle Ă©tait fatiguĂ©e et commençait Ă  avoir un peu sommeil mais heureusement que Tamara Ă©tait lĂ  pour alimenter la conversation.

« Elisa ? Je pourrais vous poser une question un peu plus personnelle ? »

« Oui, biensĂ»r »

« Vous n’avez pas de petit ami ? Je vous pose cette question un peu indiscrĂšte par rapport Ă  ce que vous m’avez dit tout Ă  l’heure. Vous savez, que vous souhaitiez faire ce voyage en solitaire… »

« Oui, vous avez raison. Si, j’en avais un avant mais je l’ai quittĂ©. C’Ă©tait il y environ 1 an. On n’Ă©tait plus du tout sur la mĂȘme longueur d’onde lui et moi. Disons qu’on n’Ă©tait pas faits l’un pour l’autre, tout simplement. Mais c’est de l’histoire ancienne Ă  prĂ©sent. Et puis je n’ai aucun regret et c’est ce qui compte finalement. Et vous ? si je puis me permettre, avec Juanes ? Vous vous connaissiez depuis longtemps avant de vous ĂȘtre mariĂ©s ? »

« Oui, depuis dĂ©jĂ  cinq ans. C’est lui qui un beau jour, m’a dit qu’il voulait se marier avec moi. Je ne courrais pas aprĂšs le mariage mais Ă  force qu’il m’en persuade, je me suis dit pourquoi pas ? Et puis il y tenait tellement alors on s’est mariĂ© le 15 dĂ©cembre dernier. La cĂ©rĂ©monie s’Ă©tait dĂ©roulĂ©e dans une magnifique cathĂ©drale en plein centre-ville d’EpicĂ©a. Et pour cette grande occasion, je portais une jolie robe blanche toute en dentelle. J’Ă©tais trĂšs belle et lui tellement Ă©lĂ©gant dans son beau costume tout neuf. Oui, ce fut un trĂšs beau mariage. Un vĂ©ritable conte de fĂ©e que je n’oublierai jamais… » dit-elle avec beaucoup d’Ă©motion dans la voix.

« Je n’en doute pas. Vous deviez former un bien joli couple »

« Oui un trĂšs beau couple… » soupira t-elle en regardant les yeux dans le vague, les deux flammes des bougies qui ne cessaient de danser.

En voyant sa tristesse, Elisa préféra changer de sujet.

« Je voulais savoir Tamara, vous habitez Ă  EpicĂ©a ? »

« Oui depuis ma plus tendre enfance. D’ailleurs c’est lĂ -bas que j’avais rencontrĂ© mon mari. Et vous ? »

« Je ne vis pas Ă  EpicĂ©a, c’est pourquoi j’y suis venue en vacances. J’habite Ă  AntinĂ©a, lĂ  ou vit ma famille. Vous connaissez cette province ? »

« Oui trĂšs bien. C’est agrĂ©able de vivre lĂ -bas. Mais il est vrai que je prĂ©fĂšre la cĂŽte. J’aime l’ocĂ©an »

« Moi aussi j’aime la mer… » dit Elisa en repensant Ă  sa promenade sur l’immense plage de sable blanc de Diamond.

Soudain, une des deux bougies s’Ă©teignit faisant apparaĂźtre une fine volute de fumĂ©e blanchĂątre qui s’Ă©leva en serpentin dans l’air…

**** 

La derniĂšre danse de la lune : Chapitre 2 : La forĂȘt de Diamond

la derniere danse de la lune

 

A l’orĂ©e de la forĂȘt de Diamond : 14H10.

Elisa regarda une derniĂšre fois derriĂšre elle. Elle posa ses yeux sur le sable si blanc puis les attarda sur le ciel d’un bleu intense parsemĂ© de quelques nuages. Il faisait tellement beau ! On aurait dit un jour ordinaire. Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, elle se promenait tranquillement sur cette plage en chantonnant son air prĂ©fĂ©rĂ© sans s’imaginer un seul instant que tout ce merveilleux rĂȘve se transformerait en un horrible cauchemar. C’Ă©tait presque irrĂ©aliste et insensĂ©.

Un bref instant elle eut une pensĂ©e pour ses parents en regardant la progression de deux gros nuages blancs qui se suivaient l’un derriĂšre l’autre. Se pourrait-il qu’elle ne s’en sorte pas et qu’elle ne les reverrait plus jamais ? Cette idĂ©e la fit frĂ©mir. Pourtant, il ne fallait pas qu’elle baisse les bras mais alors quel serait son destin ici Ă  Diamond ?

Soudain elle trouva que le nom de cette Ăźle Ă©tait ironique. Son sĂ©jour ici n’avait rien d’Ă©clatant ni de lumineux, bien au contraire. Mais alors, quel en serait le dĂ©nouement ? La noirceur ou la lumiĂšre ? Elisa l’ignorait encore…

A contre coeur, elle détourna son regard de cette si jolie plage puis avec force et détermination suivit Tamara sans davantage se poser de questions.

****

Toutes les deux venaient de pĂ©nĂ©trer dans les profondeurs de la jungle de « Diamond » qui paraissait ĂȘtre inhospitaliĂšre tant il y faisait sombre.
ImpĂ©nĂ©trable, infranchissable et Ă©paisse : tels fut les adjectifs pĂ©joratifs qu’Elisa eut en tĂȘte lorsqu’elle se retrouva au coeur de cet enfer verdoyant qui Ă©tait envahi de lianes et de toutes sortes de vĂ©gĂ©tations luxuriantes.

Il faisait si chaud et lourd que l’air Ă©tait suffocant, presque irrespirable si bien qu’Elisa commençait Ă  beaucoup transpirer et que sa tunique certes trĂšs lĂ©gĂšre lui collait dĂ©jĂ  Ă  la peau. Quelle sensation dĂ©sagrĂ©able que de se sentir toute poisseuse ! se dit-elle en pestant.

Quelques moustiques virulents venaient de lui piquer les bras et les jambes et n’avaient de cesse de lui tournoyer tout autour en faisant de perpĂ©tuels bruits de « bzz » aigus Ă  ses oreilles ; ce qui devenait de plus en plus horripilant.
Elle tentait Ă  chaque fois de les chasser de la main mais en vain, ils revenaient toujours…

DĂ©cidĂ©ment rien n’allait sur cette Ăźle !

Depuis qu’elle marchait dans cette forĂȘt, elle avait l’impression que le poids de son sac avait augmentĂ© de volume alors qu’il n’en Ă©tait rien.

Le frottement de la bandouliĂšre en nylon lui lacĂ©rait littĂ©ralement l’Ă©paule droite lui causant d’affreuses douleurs qui l’Ă©puisaient mais elle tenait bon car il Ă©tait hors de question qu’elle abandonna son sac. Il y avait Ă  l’intĂ©rieur bien trop de choses importantes qui lui seraient sans doute indispensables pour la suite des Ă©vĂšnements alors elle se devait d’ĂȘtre courageuse et de ne surtout pas baisser les bras.

Oui, elle dĂ©testait au plus haut point cette forĂȘt car elle s’y sentait oppressĂ©e et mal Ă  l’aise mais hĂ©las elle n’avait pas d’autre choix que d’avançer sans se plaindre.

Cela faisait dĂ©jĂ  un certain temps qu’elle et Tamara marchaient inlassablement et pourtant elles n’avaient toujours pas atteint leur objectif : celui de se rendre Ă  la fameuse cabane.

Il Ă©tait 14H45.

****

Par certains endroits, il y avait des raies de lumiĂšres qui filtraient Ă  travers les branchages des hauts arbres, rendant une ambiance un peu plus rassurante Ă  ce lieu qui n’Ă©tait guĂšre accueillant.

Mais malgrĂ© ces rares Ă©claboussures lumineuses, Elisa trouvait encore que cette forĂȘt Ă©tait bien trop sombre et elle regrettait dĂ©jĂ  d’avoir quittĂ© la plage.

De temps Ă  autre, le silence de la jungle Ă©tait troublĂ© par le bruissement des feuilles, le craquement des branches sous leurs pas ainsi que par toutes sortes de bruits d’animaux : cris d’oiseaux, coassements d’amphibiens, insectes volants, ect..

Soudain Elisa sentit le chatouillement de quelque chose qui venait de se coller sur son avant-bras gauche.

En regardant d’un peu plus prĂšs, elle constata que c’Ă©tait une toile d’araignĂ©e alors d’un revers de main et Ă  plusieurs reprises, elle essaya tant bien que mal de retirer les fils de soie qui Ă©taient Ă  la fois trĂšs rĂ©sistants et fortement Ă©lastiques.

Lorsqu’elle y arriva enfin et qu’elle pensait en avoir fini avec cette malencontreuse rencontre, subitement elle aperçut une grande araignĂ©e noire Ă  la forme allongĂ©e avec de trĂšs longues pattes en train de descendre de son fil provenant d’une immense toile circulaire qui devait bien atteindre dans les 2m de diamĂštre. La toile ressemblait Ă  s’y mĂ©prendre Ă  un hamac.

En voyant l’araignĂ©e qui pendait toujours sur son fil, Elisa ne pu s’empĂȘcher de pousser un petit cri d’effroi puis un second lorsque celle-çi tomba juste Ă  ses pieds. Pour Ă©viter qu’elle ne lui grimpa dessus, elle eut un mouvement de recul puis s’Ă©cria avec dĂ©goĂ»t « Quelle horreur ! »

Elisa connaissait bien cette espĂšce d’araignĂ©e qu’elle avait dĂ©jĂ  vu dans le jardin de sa maison Ă  AntinĂ©a et dont elle en avait une peur bleue. C’Ă©tait une NĂ©phile dorĂ©e. Une araignĂ©e qui Ă©tait certes passive et inoffensive mais dont la morsure pouvait ĂȘtre douloureuse.

Et dire qu’elle aurait pu me tomber dessus ! se dit-elle dans son for intĂ©rieur mais heureusement il y eut plus de peur que de mal.
AlertĂ©e par les cris d’Elisa, Tamara venait de se retourner et lui demanda avec inquiĂ©tude :

« Que se passe t-il Elisa ? »

« DĂ©solĂ©e, je suis tombĂ©e sur une araignĂ©e et j’ai eu peur. Mais tout va bien Ă  prĂ©sent »

Entre-temps, la Nephile dorĂ©e s’Ă©tait Ă©loignĂ©e en courant Ă  toutes pattes vers un immense arbre entourĂ© de lianes et venait de totalement disparaĂźtre sous des feuillages.
AprĂšs ce petit incident, les deux jeunes femmes continuĂšrent leur ascension vers le sommet de la montagne.

Il Ă©tait 15H10.

****

Elisa se demandait encore si elles avaient eu raison de pĂ©nĂ©trer dans cette forĂȘt. Et si tout cela les menait au contraire vers le tueur ?
De plus, la situation ne ferait qu’empirer avec la tombĂ©e de la nuit ; ce qui ne la rassura pas du tout et amplifia davantage sa peur.

Elle regarda devant elle, la longue queue de cheval noire qui se balançait de droite à gauche.
Tamara marchait d’un pas dĂ©cidĂ© et ne semblait pas autant perturbĂ©e qu’elle. Elle suivait son chemin et rien ne semblait pouvoir l’arrĂȘter.

D’ailleurs, pas une seule fois, mis Ă  part l’Ă©pisode de l’araignĂ©e, elle ne s’Ă©tait retournĂ©e pour lui demander si tout allait bien.
Etrange jeune femme se dit-elle mais elle ne pouvait pas non plus lui porter un jugement trop hĂątif Ă©tant donnĂ© qu’elle venait de perdre son mari dans d’affreuses circonstances.

Elisa Ă©tait extĂ©nuĂ©e et commençait Ă  entendre les gargouillis de son estomac. Elle avait trĂšs faim. Et dire que pour le repas de ce midi, elle devait dĂ©guster de dĂ©licieuses langoustes au beurre d’ail et au lieu de cela, elle se retrouvait ici Ă  marcher sans fin. Et pour noircir le tableau, un homme dangereux se cachait quelque-part, sans doute en train de les Ă©pier Ă  cet instant mĂȘme.

Et de son cĂŽtĂ©, Tamara ne lui avait plus jamais adressĂ© la parole. Elle continait sa route sans se retourner alors n’en pouvant plus, Elisa dĂ©cida de briser le silence et cria Ă  son attention :

« Tamara ! Tamara ! Vous pouvez vous arrĂȘter un instant s’il vous plaĂźt ! »

La jeune femme s’arrĂȘta aussitĂŽt puis fit volte face.

« Que se passe-t-il encore ? » demanda t-elle avec une pointe d’agacement.

Elisa fut surprise par le ton de sa voix mais ne lui en tenu pas rigueur.

« On pourrait faire une petite pause ? Je suis morte de fatigue et j’ai faim pas vous ? J’ai des petits pains aux raisins dans mon sac. Cela ne nous prendra que quelques minutes pour les manger »

Tamara changea immĂ©diatement d’attitude en lui faisant un petit sourire ; sans doute pour se rattraper du ton qu’elle avait employĂ© envers elle.

« DĂ©solĂ© Elisa. Oui, biensĂ»r on va s’arrĂȘter un peu. Vous avez raison, moi aussi j’ai faim. Et puis ce ne sont pas ces quelques minutes de repos qui vont nous faire perdre du temps. On a dĂ©jĂ  bien avancĂ©es »

Elisa s’empressa de fouiller dans son sac de plage et en extirpa un paquet de petits pains aux raisins.

Avec hĂąte, elle retira l’attache du sachet puis commença Ă  en prendre un Ă  l’intĂ©rieur qu’elle tendit Ă  Tamara. Elle en reprit un autre pour elle puis sans plus attendre commença Ă  le dĂ©vorer tellement elle avait faim. Tamara n’Ă©tait pas en reste elle non plus, et Ă  peine eut-elle terminĂ© le sien, qu’elle en rĂ©clama un second. Elisa l’imita. A toutes les deux, elles avaient mangĂ© trois petits pains chacune tout en buvant quelques gorgĂ©es d’eau.

« C’Ă©tait trĂšs bon Elisa, merci beaucoup. Au moins, nous avons pu reprendre des forces. En plus nous ne sommes plus trĂšs loin des cabanes. Remettons nous vite en route si vous le voulez bien ! »

Sur ces mots, elle continuĂšrent Ă  nouveau leur marche dans l’Ă©paisse forĂȘt de Diamond.
A travers les branchages des hauts arbres, on pouvait aperçevoir que le ciel changeait légÚrement de nuances.

Elisa regarda sa montre. Le cadran indiquait qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  16H15.

****

Au bout d’un instant, Elisa crut entendre le ruissellement d’une eau qui coulait dans les environs.
Non elle ne rĂȘvait pas, c’Ă©tait tout proche et le bruit de l’eau s’accentuait au fur et Ă  mesure qu’elle et Tamara s’en rapprochait.

Soudain une image Ă  couper le souffle leur apparut.
Elle virent droit devant elles un spectacle d’une magnificence absolue.
D’une paroi rocheuse trĂšs abrupte, jaillissait une incroyable chute d’eau qui venait se jeter en contrebas dans un grand bassin d’eau claire, l’accompagnant d’un fort bruit de percussion tellement son dĂ©bit Ă©tait fort et rapide.

De lĂ  oĂč elle se trouvait, Elisa pouvait sentir le souffle humide de la cascade lui caresser le front et les joues tout en faisant lĂ©gĂšrement virevolter sa longue queue de cheval blonde.

Et de ce flot ininterrompu, de fines gouttelettes d’eau vinrent se projeter sur son visage et ses membres, enveloppant peu Ă  peu sa peau d’une fine pellicule de bruine.
C’Ă©tait une sensation assez agrĂ©able, quoique un peu trop rafraĂźchissante Ă  son goĂ»t surtout en cette fin de journĂ©e. D’ailleurs, elle ne pu s’empĂȘcher de frissonner.

C’Ă©tait donc lui le gĂ©ant de la nature de Diamond ; le fameux voile de la MariĂ©e qui faisait parti des visites incontournables de cette Ăźle et qu’Elisa Ă©tait en train d’admirer Ă  cet instant mĂȘme mais dans des circonstances pas trĂšs rĂ©jouissantes.

Elle se rapprocha du grand bassin, se pencha légÚrement en avant et commença à le scruter dans les moindres détails lorsque Tamara lui tapota.

« C’est juste aprĂšs cette chute d’eau, en montant un peu plus vers le haut, que mon mari est mort »

Les sourcils froncĂ©s, Elisa n’avait pas vraiment Ă©coutĂ© ce qu’elle venait de lui dire car elle Ă©tait soucieuse.
En effet, elle avait beau regarder le bassin, elle ne voyait toujours pas le cadavre du Guide Batisto qui normalement, aurait dĂ» flotter Ă  la surface de l’eau alors sans plus attendre, elle l’interrogea :

« Tamara, je ne vois pas le corps de Batisto ? oĂč est-il ? Il devrait flotter Ă  la surface de l’eau… »

Tamara se rapprocha davantage du bassin et commença Ă  l’examiner Ă  son tour. Ne voyant pas le corps de celui-çi, elle ne pu que confirmer ses propos.

« Je ne comprends vraiment pas ! Pourtant je vous assure qu’il Ă©tait bien dans ce bassin puisque je l’ai vu s’y noyer. J’avoue que c’est incomprĂ©hensible… »

« Vous ĂȘtes certaine qu’il Ă©tait bien mort ? »

« Mais oui ! » dit Tamara d’un ton agacĂ©. « Je vous avais dĂ©jĂ  expliquĂ© auparavant que j’Ă©tais restĂ©e un long moment Ă  le regarder se dĂ©battre dans l’eau. J’ai bien vu ensuite qu’il Ă©tait mort puisqu’il ne bougeait plus du tout. Je vous assure que je vous dis la stricte vĂ©ritĂ© ! Vous ne me croyez pas ? »

« Eh bien…Je vous crois biensĂ»r. Mais son corps n’est pas lĂ …C’est tout de mĂȘme Ă©trange… »

Elisa avait apprit au cours de ses Ă©tudes que lorsqu’une personne se noie et qu’elle dĂ©cĂšde, elle coule progressivement au fond de l’eau car la densitĂ© d’un corps mort (poumons vides d’air) est trĂšs lĂ©gĂšrement supĂ©rieure Ă  celle de l’eau.

Elle savait aussi que sous l’impulsion de la putrĂ©faction qui provoque la formation de gaz ; cela donne au corps un poids spĂ©cifique qui le fera flotter puis remonter alors progressivement Ă  la surface.

Il fallait Ă©galement mettre en compte que dans l’eau de mer, la densitĂ© en sel est importante, c’est pourquoi un corps remontera plus rapidement entre 3 et 7 jours par rapport Ă  l’eau douce entre 20 jours Ă  1 mois en moyenne.

Mais dans ce cas prĂ©cis, Tamara avait bien expliquĂ© qu’elle avait d’abord donnĂ© un coup de couteau dans le ventre de Batisto avant de le pousser ensuite dans ce bassin.

Il Ă©tait donc blessĂ© et se vidait de son sang alors selon toute probabilitĂ©, son cadavre qui devait ĂȘtre en Ă©tat de putrĂ©faction aurait dĂ» remonter Ă  la surface Ă©tant donnĂ© qu’il s’Ă©tait dĂ©jĂ  Ă©coulĂ© quelques heures depuis qu’il y Ă©tait tombĂ©.
Alors qu’en dĂ©duire ? se demanda t-elle en regardant Tamara qui venait de lui tourner le dos.

Est-ce que Batisto Ă©tait vraiment tombĂ© dans ce bassin ? et si oui, il aurait dĂ» alors flotter Ă  la surface de l’eau. Et si jamais il se trouvait tout simplement au fond de l’eau, alors dans ce cas-lĂ , il serait pratiquement impossible d’avoir le fin mot de l’histoire, vu la profondeur de celui-çi.

Que de questions sans réponses ! se dit-elle.

Soudain, elle entendit des sanglots. C’Ă©tait Tamara qui Ă©tait en train de pleurer Ă  chaudes larmes, alors contre toute attente, elle se rapprocha d’elle et lui pressa doucement l’Ă©paule.

« Que vous arrive t-il Tamara ?

« Mais c’est Ă  cause de vous si je pleure. Vous avez l’air de douter de tout ce que je vous ai dit et ça me fait beaucoup de mal »

Elisa regrettait dĂ©jĂ  le fait qu’elle se soit un peu trop appesanti sur cette histoire de cadavre flottant et s’empressa de le lui dire :

« Excusez-moi Tamara. Je n’aurais pas dĂ» autant insister. Le corps de ce Batisto doit certainement se trouver au fond de ce bassin. Je ne voudrais pas que vous pensiez que j’ai doutĂ© de tout ce que vous m’avez dit depuis le dĂ©but, bien au contraire, sinon je ne vous aurai jamais suivi dans cette forĂȘt. C’Ă©tait juste que je me posai quelques questions mais Ă  prĂ©sent, tout va bien. Vous me croyez j’espĂšre ? »

Les yeux rougis de Tamara la fixaient avec une telle intensitĂ© de tristesse, qu’Elisa se savait plus oĂč se mettre.

« Pourtant, vous avez doutĂ© de moi Elisa. Je trouve ça dommage. Vous savez, c’est suffisamment assez dur pour moi de revenir ici, lĂ  oĂč mon mari est mort. J’aurai aimĂ© plus de soutien de votre part » dit-elle d’un ton larmoyant et quelque peu accusateur.

« Mais j’ai confiance en vous Tamara. C’Ă©tait juste une simple question que je me posai, rien de plus. Il ne faut surtout pas que vous y voyiez un quelconque reproche. Je ne vous accuse de rien. De toute façon je suis certaine que cette ordure doit se trouver au fond de ce bassin. Allez ! n’en parlons plus si vous le voulez bien. Nous devrions quitter cet endroit Ă  prĂ©sent pour rejoindre la cabane car il se fait tard »

« D’accord, mais j’espĂšre que vous ne douterez plus de moi dĂ©sormais car je vous apprĂ©cie Elisa »

« Oui, ne vous inquiĂ©tez plus pour ça. Et comme je vous l’ai dĂ©jĂ  dit, je vous soutiendrai jusqu’au bout »

« Merci Elisa » dit Tamara en prenant un pan de sa tunique pour s’essuyer les yeux.

Décidément Elisa manquait de tact envers cette pauvre jeune femme mais désormais elle ferait attention.
Et puis de toute façon, elle n’avait pas le choix, il fallait bien qu’elle lui fasse confiance alors sans rĂ©flĂ©chir davantage elle essaya de mettre en arriĂšre plan, cette histoire de cadavre flottant mĂȘme si ce point restait tout de mĂȘme un mystĂšre incomprĂ©hensible…

****

Quelques minutes plus tard, les deux jeunes femmes se retrouvÚrent cÎte à cÎte devant le vertigineux précipice que Tamara avait décrit et qui se trouvait non loin des deux cabanes.

Tout Ă  fait en bas, une vision d’horreur : on pouvait aperçevoir dans de hautes herbes tout prĂšs d’un amoncellement de pierres, le corps d’un homme qui gisait face contre terre, dans une mare de sang noirĂątre avec prĂšs de lui, un sac Ă©ventrĂ© et tout autour, toutes sortes de dĂ©bris d’objets indescriptibles.

Son dos Ă©tait transperçé d’un long pique et au niveau de sa perforation, il y avait une large aurĂ©ole de sang qui maculait son t-shirt bleu ciel.

Elisa n’avait encore jamais vu un cadavre de sa vie et surtout pas dans un tel Ă©tat : il s’agissait tout de mĂȘme d’un meurtre perpĂ©trĂ© par deux hommes sans scrupules.

Soudain elle fut prise de spasmes et faillit vomir mais elle réussit tant bien que mal à se ressaisir.
De son cÎté, Tamara les bras croisés avait les yeux rivés sur son défunt mari et ne semblait avoir aucune réaction. Que pouvait bien t-elle ressentir en le revoyant ainsi ? se demanda t-elle avec une certaine inquiétude.

****

Il commençait Ă  se faire tard et le ciel s’assombrissait de plus en plus.
Le soleil ne tarderait pas à décliner.
Il Ă©tait exactement 17H20.

Les deux jeunes femmes Ă©taient toujours en train d’observer le cadavre qui se trouvait au fond du ravin lorsqu’Elisa souhaita en savoir davantage concernant l’Ă©trange pique qui Ă©tait plantĂ© dans le dos de celui-çi.

« Tamara ? vous voyez ce que je vois » dit-elle en pointant du doigt le cadavre. « Il a un pique ou une sorte de lance qui lui transperçe le dos. Vous savez de quoi il s’agit ? »

Tamara plissa les yeux et commença à scruter davantage le cadavre de son mari.

« Oui vous avez raison, je ne me rappelai pas du tout qu’il avait ce pique dans le dos » dit-elle hĂ©bĂ©tĂ©e. « Maintenant que vous m’en parlez…Je sais que lorsque votre guide me battait, je n’avais pas pu voir ce que Batisto lui faisait subir. Il a du sans doute le lui enfoncer lorsque j’Ă©tais Ă©vanouie. Mais par contre je ne sais vraiment pas de quel genre de pique il s’agit »

« Ok. De toute façon on n’aura jamais le fin de mot de cette histoire puisque comme vous dĂźtes, vous Ă©tiez Ă©vanouie au moment oĂč ces hommes ont tuĂ© votre mari. Par contre, j’avais une derniĂšre question Tamara »

« Oui allez y. Je vous Ă©coute »

« C’Ă©tait le sac Ă  dos de votre mari que je vois lĂ  ? »

« Oui, effectivement. Il en avait un avec tous nos affaires dedans. Moi, par contre, j’avais dĂ©cidĂ© de ne rien porter car j’ai des problĂšmes de dos »

« Ah d’accord ! Mais tous ces dĂ©bris de couleur vert que je vois autour de lui, vous savez ce que c’est ? On aurait dit des morceaux de plastique mais je n’en suis pas certaine. Et vous ? Qu’en pensez-vous ? »

« Oui, je sais ce que c’est. C’est notre glaciĂšre. Elle Ă©tait de couleur verte clair. Mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi elle se trouve au fond de ce ravin. Ces hommes l’auraient jetĂ©e mais pour quelle raison ? Il y avait juste des aliments et des bouteilles d’eau Ă  l’intĂ©rieur. C’est bizarre je trouve… »

« Oui, vous avez raison. Mais pourquoi auraient-ils fait ça alors ? C’est Ă©trange tout de mĂȘme… »

DĂ©cidĂ©ment, il y avait bien trop de mystĂšres dans cette forĂȘt qui restaient en suspens et sans rĂ©ponses ; ce qui n’Ă©tait pas du tout Ă©vident pour Elisa de ne pas pouvoir les Ă©lucider et devoir en fin de compte les accepter tels quels sans broncher…

« Elisa? Vous m’Ă©coutez ? Vous semblez ailleurs… »

« Heu…Excusez-moi…Vous disiez ? »

« Je disais que nous sommes Ă  quelques mĂštres des cabanes. Nous devrions quitter cet endroit maintenant. J’ai du mal Ă … »

Elisa regarda Tamara qui avait des larmes aux yeux et comprit une fois de plus qu’elle venait Ă  nouveau d’ĂȘtre maladroite.

« Je suis vraiment dĂ©solĂ©e Tamara. Oui biensĂ»r, je comprends. Quittons cet endroit au plus vite »

« Ce n’est pas grave Elisa. Si je pleure ce n’est pas parce que j’ai vu son cadavre au fond de ce prĂ©cipice mĂȘme si biensĂ»r cela m’a fait beaucoup de mal de le revoir dans cet Ă©tat…Non, je repensai plutĂŽt Ă  notre arrivĂ©e sur cette Ăźle, que nous Ă©tions tellement heureux lui et moi mais c’est si loin tout ça. N’en parlons plus. Je prĂ©fĂšrerais quitter cet endroit au plus vite. Les cabanes se trouvent Ă  quelques mĂštres seulement mais on ne peux pas les voir d’ici Ă  cause des arbres et de la vĂ©gĂ©tation. DĂ©pĂȘchons-nous s’il vous plaĂźt. Il se fait tard et la nuit ne va pas tarder Ă  tomber »

« Oui, allons-y ! » dit Elisa qui Ă©tait partagĂ©e entre la tristesse pour Tamara et l’espoir de rejoindre enfin les cabanes.

****

Toutes les deux se dirigeaient avec hĂąte vers les deux cabanes qui Ă©taient placĂ©es, l’une derriĂšre l’autre, avec un grand espace de vĂ©gĂ©tation entre les deux.

« Enfin ! voici les fameuses cabanes » se dit Elisa qui voulait au plus vite s’engouffrer Ă  l’intĂ©rieur de l’une d’elles. C’est vrai qu’elles Ă©taient vraiment bien cachĂ©es et personne n’aurait pu se douter un seul instant, qu’il y en avait deux ici Ă  part les connaisseurs de cette Ăźle.

L’ossature des cabanes (murs et charpentes) Ă©tait entiĂšrement construite en bois ainsi que la couverture de leurs toits (tuiles en bois). Tamara n’avait pas menti lorsqu’elle avait prĂ©cisĂ© leur rusticitĂ©s et biensĂ»r, elles Ă©taient conçues sans eau, ni Ă©lectricitĂ©.

****

La premiĂšre cabane dont avait parlĂ© Tamara Ă©tait effectivement restĂ©e entrouverte mais impossible de savoir s’il y avait quelqu’un ou pas Ă  l’intĂ©rieur.
Pour en avoir le coeur net, Tamara insista pour s’y rendre seule afin de vĂ©rifier si celle-çi Ă©tait vraiment inoccupĂ©e.

Pendant ce temps, Elisa l’attendait, cachĂ©e derriĂšre un Ă©norme tronc d’arbre tout en observant les alentours.
Tamara se retrouva enfin devant la façade de celle-çi, prĂšs de sa porte d’entrĂ©e puis y donna un magistral coup de pied. Elle s’ouvrit alors davantage mais il faisait tellement sombre Ă  l’intĂ©rieur que c’Ă©tait difficile de distinguer quoi que ce soit.

ArmĂ©e d’un long bĂąton en bois qu’elle venait de trouver par terre, Tamara commença Ă  franchir le seuil de la porte et tout en avançant Ă  petits pas, le brandit en faisant de grands va-et-vient de droite Ă  gauche comme si elle se battait contre une personne mais invisible.

Elle renouvella ce geste plusieurs fois tout en frappant le sol, le mobilier et les objets qui se trouvaient dans les alentours puis constatant qu’il n’y avait vraiment personne, se retourna et cria trĂšs fort Ă  l’attention d’Elisa :

« Il n’y a personne ! Venez Elisa ! DĂ©pĂȘchez-vous ! » dit-elle avec un grand sourire de satisfaction.

Elisa n’avait eu de cesse de l’observer et ce fut avec un grand soulagement qu’elle accueillit la bonne nouvelle. « Tant mieux » se dit-elle en soupirant.

Par contre, en ce qui concernait l’individu en question ; elle se posait toujours d’innombrables questions Ă  son sujet. Qu’Ă©tait-il rĂ©ellement devenu ? Il Ă©tait blessĂ©. Aurait-il pu alors dans ce cas lĂ , succomber Ă  ses blessures ? Mais ce n’Ă©tait qu’une hypothĂšse.

Et si jamais, il Ă©tait plutĂŽt cachĂ© quelque-part ici Ă  les Ă©pier. Pourtant elle n’avait rien remarquĂ© Ă  moins qu’elle n’ait pas fait suffisamment attention. A cette idĂ©e, elle se mit Ă  frĂ©mir et sans plus tarder, courut trĂšs vite vers la cabane oĂč Tamara l’attendait sur le seuil de la porte avec beaucoup d’impatience.

« Venez Elisa ! rentrons enfin Ă  l’intĂ©rieur. Heu…Dites-moi, vous n’auriez pas Ă  tout hasard de quoi nous Ă©clairer ? On ne voit pas grand chose Ă  l’intĂ©rieur »

« Oui j’ai ce qu’il faut » rĂ©pondit Elisa avec un premier petit sourire rempli d’espoir.

Il Ă©tait exactement 17H55 et dans quelques minutes il ferait nuit noire dans la lugubre forĂȘt de Diamond.

****