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Interview de Lauraline Aday

R√©cemment, une jeune auteure qui se nomme Lauraline Aday¬†m’a nomin√©e le 29 Janvier 2016 afin de r√©pondre √† son interview.

Voici l’article qu’elle avait publi√© ce jour-l√† concernant sa nomination pour le Liebster Award :

liebster-award

Je l’ai rencontr√©e sur la plateforme de WordPress en Janvier 2016 et depuis on se follow.

C’est une personne tr√®s sympathique et spontan√©e. Tout ce que j’aime √† vrai dire !
Je trouve qu’elle a beaucoup de talent dans le domaine de l’√©criture qui est sa passion.

Voici un extrait de son roman qu’elle a √©crit il y a un an et que vous pourrez lire (personnellement j’ai vraiment appr√©ci√© !) afin de d√©couvrir son univers litt√©raire. Le titre de son roman est :

Penthésilée

A ce sujet, elle recherche un √©diteur qui voudrait bien le publier alors si jamais vous lisiez cet article, n’h√©sitez pas √† lire son oeuvre…

J’esp√®re de tout coeur que son r√™ve pourra enfin se r√©aliser car elle le m√©rite vraiment vu qu’elle √©crit fort bien !

Merci encore √† toi Lauraline de m’avoir invit√©e √† participer √† ton interview qui me ramena loin en arri√®re dans mes souvenirs par certaine de tes questions…

****

Et voici son interview : 11 choses que Lauraline aimerait savoir sur moi :

1. Depuis quand écrivez-vous ?

Lorsque j’√©tais √Ęg√©e de 10 ans, mes parents m’avaient offert un journal intime pour mon anniversaire. Ce fut √† partir de ce moment l√† que je commen√ßai √† y √©crire mes instants les plus pr√©cieux et je dois dire qu’il y en avait beaucoup. J’adorais ce journal (que j’ai malheureusement √©gar√© depuis) car il me permettait de m’√©vader et de r√™ver.

D’aussi loin que je m’en souvienne, je n’y √©crivais que des choses positives et heureuses vu que j’√©tais une enfant tr√®s √©panouie et si insouciante…Je me souviens encore de sa couverture avec la fameuse Panth√®re rose qui √©tait dessin√©e dessus. Il restera pour moi un merveilleux souvenir d’√©critures…

panthère pink

2. Quel est le premier texte que vous ayez écrit ?

Lorsque je vivais en afrique (Tchad √† N’Djamena), je me souviens que j’avais √©crit une petite histoire qui parlait de loups-garous. Je l’avais √©crite dans un grand cahier de format A4 dont la couverture √©tait rigide et brillante. C’√©tait une histoire assez longue (10 pages recto-verso) dont j’√©tais particuli√®rement fi√®re et qui avait pour titre : « La mutation ».

J’avais 14 ans et je dois bien avouer qu’√† cette √©poque l√† j’adorais tout ce qui se rapportait au domaine du fantastique et de la science fiction.

D’ailleurs, je n’ai pas beaucoup chang√©e √† ce sujet puisque c’est toujours le cas aujourd’hui.

loup gare au loup

3. Est-ce que vous planifiez toute votre histoire, ou est-ce que vous vous lancez ¬ę au feeling ¬Ľ ?

J’ai pour habitude de tout planifier dans ma vie de tous les jours mais bizarrement pas dans le domaine de l’√©criture.
En ce qui concerne mes écrits, je fonctionne uniquement au feeling.

J’ai une id√©e qui me traverse subitement l’esprit puis mon imagination commence alors √† galoper un peu dans tous les sens et √† partir de ce moment l√†, je jette √† la vol√©e quelques phrases ou/et mots sur une feuille afin de ne rien oublier.

 

4. Avez-vous déjà fini d’écrire un roman ? Quel est son titre et de quoi parle-t-il ?

J’ai toujours aim√© √©crire depuis que je suis toute jeune mais lorsque j’ai commenc√© √† me lancer v√©ritablement c’√©tait dans les ann√©es 2009. J’√©tais alors √Ęg√©e de 32 ans.

Ayant la nostalgie de mon pass√© d’expatriation √† travers l’Afrique (Guin√©e √† Conakry, Tchad √† N’Djamena et Madagascar √† Antananarivo), j’avais d√©cid√© de retranscrire mes plus beaux souvenirs pass√©s l√†-bas, sous forme d’anecdotes.

Voici un de mes plus beaux souvenirs que vous pourrez découvrir et qui à pour titre :

Le manguier voyageur

 

5. Qu’est-ce que vous aimez écrire ?

J’aime √©crire mes souvenirs d’enfance pass√©s en Afrique o√Ļ en France √† Marseille.

J’aime √©galement inventer des petites histoires au gr√© de mon imagination. Les sujets peuvent √™tre tr√®s vastes et vari√©s. Je n’ai pas sp√©cialement de pr√©f√©rence. L√† aussi, je fonctionne au feeling. Il est vrai que j’aime bien les thrillers mais pas que…

 

6. Quel est votre lieu favori pour écrire ?

J’√©cris principalement dans ma chambre via mon fid√®le ordinateur portable. C’est mon endroit favori car je m’y sens bien, tout simplement.

Mes sources d’inspirations me viennent en √©coutant des musiques de films (mais pas que, puisqu’actuellement j’aime bien √©couter en boucle « Love me like you do » d’Ellie Goulding) sur mon ordinateur.

Mon imagination s’envole et √† partir de ce moment l√† je me mets √† pianoter sur mon clavier durant des heures.

D’ailleurs, je ne vois jamais le temps passer lorsque j’√©cris…

 

7. Quel est votre auteur / livre préféré ?

Mon auteure pr√©f√©r√©e est sans conteste : Mary Higgins Clark et ce depuis de nombreuses ann√©es…

Pourquoi cette auteure ? Lorsque je vivais √† Madagascar √† Antananarivo et que j’avais 16 ans, je me souviens que j’avais un beau jour emprunt√© un livre √† la biblioth√®que de mon lyc√©e (Lyc√©e Fran√ßais de Tananarive) qui avait pour titre « La nuit du renard ».

Ce fut le titre qui attira le plus mon attention. Etant assez press√©e ce jour-l√†, je n’avais m√™me pas pris la peine de lire le sujet. Quant √† son auteure, son nom ne me disait rien du tout. Mais √† peine avais-je commenc√© √† lire le premier chapitre que j’en fus litt√©ralement scotch√©e…

« La nuit du renard » devint alors pour moi mon roman pr√©f√©r√© et ce jusqu’√† aujourd’hui. Disons qu’il reste mon livre f√©tiche.

La suite fut prévisible : je lisais donc tous les romans de mon auteure préférée que je trouvais à la bibliothèque de mon lycée.

la nuit renard

8. Cinq livres que vous emporteriez sur une √ģle d√©serte?

– « La maison du guet » de Mary Higgins Clark

– « M√©chant gar√ßon » de Jack Vance

– « Racines » de Alex Haley

– « L’√ģle du docteur Moreau » de H.G. Wells (Herbert Georges Wells)

–  » Anna Karenine » de L√©on Tolstoi

mort eau doc

9. Un projet en cours, dont vous aimeriez nous parler ?

Actuellement je suis en train d’√©crire une nouvelle en plusieurs parties dont le titre est : « La derni√®re danse de la lune ».

Vous pourrez découvrir mon histoire en cliquant sur ce lien :

La dernière danse de la lune

C’est une histoire qui me tient particuli√®rement √† coeur et que j’ai commenc√© √† √©crire durant l’√©t√© 2015 (juillet/ao√Ľt).

J’ai voulu me lancer gr√Ęce √† une amie que j’ai rencontr√© sur Twitter et qui s’appelle Michelle. Elle m’a donn√© l’envie d’inventer et de publier mon histoire sur wordpress. Merci √† toi ma Belette !

Depuis, je n’ai de cesse de me r√©p√©ter les m√™mes phrases d’encouragement :

« Il faut toujours croire en ses r√™ves et aller jusqu’au bout pour pouvoir les r√©aliser »

« Ne surtout pas abandonner et suivre son chemin malgr√© les emb√Ľches »

 

10. Que peut-on vous souhaiter pour 2016 ?

Une question tr√®s difficile pour moi… Je ne dirais qu’une chose : la vie, c’est comme une bo√ģte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber…

C’est une r√©plique d’un film dont le titre est « Forrest Gump ». En ce qui me concerne, √ßa me parle beaucoup…

 

11. Qu’est-ce que vous aimez à propos de mon blog ? Qu’est-ce que vous aimez moins ?

Lorsque je me suis balad√© pour la premi√®re fois sur ton blog un certain mois de janvier 2016, j’ai √©t√© tout de suite attir√©e par tous les titres de tes articles. Je ne sais pas pourquoi… Encore une fois, une histoire de feeling…

Ce fut en lisant cet article de toi :¬†Penth√©sil√©e¬†que j’ai compris alors que je souhaitais en conna√ģtre davantage sur ton univers litt√©raire mais pas que…

En effet, je trouve que tu as tout simplement une belle personnalité et surtout une spontanéité qui fait vraiment plaisir.

Je tenais encore √† te remercier ma ch√®re Lauraline concernant cette petite interview que j’ai pris plaisir √† r√©pondre.

Gros bisous à toi et surtout crois toujours en tes rêves !

Cécile, la Suricate

Suricate mignon

La derni√®re danse de la lune : Chapitre 2 : La for√™t de Diamond

la derniere danse de la lune

 

A l’or√©e de la for√™t de Diamond : 14H10.

Elisa regarda une derni√®re fois derri√®re elle. Elle posa ses yeux sur le sable si blanc puis les attarda sur le ciel d’un bleu intense parsem√© de quelques nuages. Il faisait tellement beau ! On aurait dit un jour ordinaire. Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, elle se promenait tranquillement sur cette plage en chantonnant son air pr√©f√©r√© sans s’imaginer un seul instant que tout ce merveilleux r√™ve se transformerait en un horrible cauchemar. C’√©tait presque irr√©aliste et insens√©.

Un bref instant elle eut une pens√©e pour ses parents en regardant la progression de deux gros nuages blancs qui se suivaient l’un derri√®re l’autre. Se pourrait-il qu’elle ne s’en sorte pas et qu’elle ne les reverrait plus jamais ? Cette id√©e la fit fr√©mir. Pourtant, il ne fallait pas qu’elle baisse les bras mais alors quel serait son destin ici √† Diamond ?

Soudain elle trouva que le nom de cette √ģle √©tait ironique. Son s√©jour ici n’avait rien d’√©clatant ni de lumineux, bien au contraire. Mais alors, quel en serait le d√©nouement ? La noirceur ou la lumi√®re ? Elisa l’ignorait encore…

A contre coeur, elle détourna son regard de cette si jolie plage puis avec force et détermination suivit Tamara sans davantage se poser de questions.

****

Toutes les deux venaient de p√©n√©trer dans les profondeurs de la jungle de « Diamond » qui paraissait √™tre inhospitali√®re tant il y faisait sombre.
Imp√©n√©trable, infranchissable et √©paisse : tels fut les adjectifs p√©joratifs qu’Elisa eut en t√™te lorsqu’elle se retrouva au coeur de cet enfer verdoyant qui √©tait envahi de lianes et de toutes sortes de v√©g√©tations luxuriantes.

Il faisait si chaud et lourd que l’air √©tait suffocant, presque irrespirable si bien qu’Elisa commen√ßait √† beaucoup transpirer et que sa tunique certes tr√®s l√©g√®re lui collait d√©j√† √† la peau. Quelle sensation d√©sagr√©able que de se sentir toute poisseuse ! se dit-elle en pestant.

Quelques moustiques virulents venaient de lui piquer les bras et les jambes et n’avaient de cesse de lui tournoyer tout autour en faisant de perp√©tuels bruits de « bzz » aigus √† ses oreilles ; ce qui devenait de plus en plus horripilant.
Elle tentait √† chaque fois de les chasser de la main mais en vain, ils revenaient toujours…

D√©cid√©ment rien n’allait sur cette √ģle !

Depuis qu’elle marchait dans cette for√™t, elle avait l’impression que le poids de son sac avait augment√© de volume alors qu’il n’en √©tait rien.

Le frottement de la bandouli√®re en nylon lui lac√©rait litt√©ralement l’√©paule droite lui causant d’affreuses douleurs qui l’√©puisaient mais elle tenait bon car il √©tait hors de question qu’elle abandonna son sac. Il y avait √† l’int√©rieur bien trop de choses importantes qui lui seraient sans doute indispensables pour la suite des √©v√®nements alors elle se devait d’√™tre courageuse et de ne surtout pas baisser les bras.

Oui, elle d√©testait au plus haut point cette for√™t car elle s’y sentait oppress√©e et mal √† l’aise mais h√©las elle n’avait pas d’autre choix que d’avan√ßer sans se plaindre.

Cela faisait d√©j√† un certain temps qu’elle et Tamara marchaient inlassablement et pourtant elles n’avaient toujours pas atteint leur objectif : celui de se rendre √† la fameuse cabane.

Il était 14H45.

****

Par certains endroits, il y avait des raies de lumi√®res qui filtraient √† travers les branchages des hauts arbres, rendant une ambiance un peu plus rassurante √† ce lieu qui n’√©tait gu√®re accueillant.

Mais malgr√© ces rares √©claboussures lumineuses, Elisa trouvait encore que cette for√™t √©tait bien trop sombre et elle regrettait d√©j√† d’avoir quitt√© la plage.

De temps √† autre, le silence de la jungle √©tait troubl√© par le bruissement des feuilles, le craquement des branches sous leurs pas ainsi que par toutes sortes de bruits d’animaux : cris d’oiseaux, coassements d’amphibiens, insectes volants, ect..

Soudain Elisa sentit le chatouillement de quelque chose qui venait de se coller sur son avant-bras gauche.

En regardant d’un peu plus pr√®s, elle constata que c’√©tait une toile d’araign√©e alors d’un revers de main et √† plusieurs reprises, elle essaya tant bien que mal de retirer les fils de soie qui √©taient √† la fois tr√®s r√©sistants et fortement √©lastiques.

Lorsqu’elle y arriva enfin et qu’elle pensait en avoir fini avec cette malencontreuse rencontre, subitement elle aper√ßut une grande araign√©e noire √† la forme allong√©e avec de tr√®s longues pattes en train de descendre de son fil provenant d’une immense toile circulaire qui devait bien atteindre dans les 2m de diam√®tre. La toile ressemblait √† s’y m√©prendre √† un hamac.

En voyant l’araign√©e qui pendait toujours sur son fil, Elisa ne pu s’emp√™cher de pousser un petit cri d’effroi puis un second lorsque celle-√ßi tomba juste √† ses pieds. Pour √©viter qu’elle ne lui grimpa dessus, elle eut un mouvement de recul puis s’√©cria avec d√©go√Ľt « Quelle horreur ! »

Elisa connaissait bien cette esp√®ce d’araign√©e qu’elle avait d√©j√† vu dans le jardin de sa maison √† Antin√©a et dont elle en avait une peur bleue. C’√©tait une N√©phile dor√©e. Une araign√©e qui √©tait certes passive et inoffensive mais dont la morsure pouvait √™tre douloureuse.

Et dire qu’elle aurait pu me tomber dessus ! se dit-elle dans son for int√©rieur mais heureusement il y eut plus de peur que de mal.
Alert√©e par les cris d’Elisa, Tamara venait de se retourner et lui demanda avec inqui√©tude :

« Que se passe t-il Elisa ? »

« D√©sol√©e, je suis tomb√©e sur une araign√©e et j’ai eu peur. Mais tout va bien √† pr√©sent »

Entre-temps, la Nephile dor√©e s’√©tait √©loign√©e en courant √† toutes pattes vers un immense arbre entour√© de lianes et venait de totalement dispara√ģtre sous des feuillages.
Après ce petit incident, les deux jeunes femmes continuèrent leur ascension vers le sommet de la montagne.

Il était 15H10.

****

Elisa se demandait encore si elles avaient eu raison de pénétrer dans cette forêt. Et si tout cela les menait au contraire vers le tueur ?
De plus, la situation ne ferait qu’empirer avec la tomb√©e de la nuit ; ce qui ne la rassura pas du tout et amplifia davantage sa peur.

Elle regarda devant elle, la longue queue de cheval noire qui se balançait de droite à gauche.
Tamara marchait d’un pas d√©cid√© et ne semblait pas autant perturb√©e qu’elle. Elle suivait son chemin et rien ne semblait pouvoir l’arr√™ter.

D’ailleurs, pas une seule fois, mis √† part l’√©pisode de l’araign√©e, elle ne s’√©tait retourn√©e pour lui demander si tout allait bien.
Etrange jeune femme se dit-elle mais elle ne pouvait pas non plus lui porter un jugement trop h√Ętif √©tant donn√© qu’elle venait de perdre son mari dans d’affreuses circonstances.

Elisa √©tait ext√©nu√©e et commen√ßait √† entendre les gargouillis de son estomac. Elle avait tr√®s faim. Et dire que pour le repas de ce midi, elle devait d√©guster de d√©licieuses langoustes au beurre d’ail et au lieu de cela, elle se retrouvait ici √† marcher sans fin. Et pour noircir le tableau, un homme dangereux se cachait quelque-part, sans doute en train de les √©pier √† cet instant m√™me.

Et de son c√īt√©, Tamara ne lui avait plus jamais adress√© la parole. Elle continait sa route sans se retourner alors n’en pouvant plus, Elisa d√©cida de briser le silence et cria √† son attention :

« Tamara ! Tamara ! Vous pouvez vous arr√™ter un instant s’il vous pla√ģt ! »

La jeune femme s’arr√™ta aussit√īt puis fit volte face.

« Que se passe-t-il encore ? » demanda t-elle avec une pointe d’agacement.

Elisa fut surprise par le ton de sa voix mais ne lui en tenu pas rigueur.

« On pourrait faire une petite pause ? Je suis morte de fatigue et j’ai faim pas vous ? J’ai des petits pains aux raisins dans mon sac. Cela ne nous prendra que quelques minutes pour les manger »

Tamara changea imm√©diatement d’attitude en lui faisant un petit sourire ; sans doute pour se rattraper du ton qu’elle avait employ√© envers elle.

« D√©sol√© Elisa. Oui, biens√Ľr on va s’arr√™ter un peu. Vous avez raison, moi aussi j’ai faim. Et puis ce ne sont pas ces quelques minutes de repos qui vont nous faire perdre du temps. On a d√©j√† bien avanc√©es »

Elisa s’empressa de fouiller dans son sac de plage et en extirpa un paquet de petits pains aux raisins.

Avec h√Ęte, elle retira l’attache du sachet puis commen√ßa √† en prendre un √† l’int√©rieur qu’elle tendit √† Tamara. Elle en reprit un autre pour elle puis sans plus attendre commen√ßa √† le d√©vorer tellement elle avait faim. Tamara n’√©tait pas en reste elle non plus, et √† peine eut-elle termin√© le sien, qu’elle en r√©clama un second. Elisa l’imita. A toutes les deux, elles avaient mang√© trois petits pains chacune tout en buvant quelques gorg√©es d’eau.

« C’√©tait tr√®s bon Elisa, merci beaucoup. Au moins, nous avons pu reprendre des forces. En plus nous ne sommes plus tr√®s loin des cabanes. Remettons nous vite en route si vous le voulez bien ! »

Sur ces mots, elle continu√®rent √† nouveau leur marche dans l’√©paisse for√™t de Diamond.
A travers les branchages des hauts arbres, on pouvait aperçevoir que le ciel changeait légèrement de nuances.

Elisa regarda sa montre. Le cadran indiquait qu’il √©tait d√©j√† 16H15.

****

Au bout d’un instant, Elisa crut entendre le ruissellement d’une eau qui coulait dans les environs.
Non elle ne r√™vait pas, c’√©tait tout proche et le bruit de l’eau s’accentuait au fur et √† mesure qu’elle et Tamara s’en rapprochait.

Soudain une image à couper le souffle leur apparut.
Elle virent droit devant elles un spectacle d’une magnificence absolue.
D’une paroi rocheuse tr√®s abrupte, jaillissait une incroyable chute d’eau qui venait se jeter en contrebas dans un grand bassin d’eau claire, l’accompagnant d’un fort bruit de percussion tellement son d√©bit √©tait fort et rapide.

De l√† o√Ļ elle se trouvait, Elisa pouvait sentir le souffle humide de la cascade lui caresser le front et les joues tout en faisant l√©g√®rement virevolter sa longue queue de cheval blonde.

Et de ce flot ininterrompu, de fines gouttelettes d’eau vinrent se projeter sur son visage et ses membres, enveloppant peu √† peu sa peau d’une fine pellicule de bruine.
C’√©tait une sensation assez agr√©able, quoique un peu trop rafra√ģchissante √† son go√Ľt surtout en cette fin de journ√©e. D’ailleurs, elle ne pu s’emp√™cher de frissonner.

C’√©tait donc lui le g√©ant de la nature de Diamond ; le fameux voile de la Mari√©e qui faisait parti des visites incontournables de cette √ģle et qu’Elisa √©tait en train d’admirer √† cet instant m√™me mais dans des circonstances pas tr√®s r√©jouissantes.

Elle se rapprocha du grand bassin, se pencha légèrement en avant et commença à le scruter dans les moindres détails lorsque Tamara lui tapota.

« C’est juste apr√®s cette chute d’eau, en montant un peu plus vers le haut, que mon mari est mort »

Les sourcils fronc√©s, Elisa n’avait pas vraiment √©cout√© ce qu’elle venait de lui dire car elle √©tait soucieuse.
En effet, elle avait beau regarder le bassin, elle ne voyait toujours pas le cadavre du Guide Batisto qui normalement, aurait d√Ľ flotter √† la surface de l’eau alors sans plus attendre, elle l’interrogea :

« Tamara, je ne vois pas le corps de Batisto ? o√Ļ est-il ? Il devrait flotter √† la surface de l’eau… »

Tamara se rapprocha davantage du bassin et commen√ßa √† l’examiner √† son tour. Ne voyant pas le corps de celui-√ßi, elle ne pu que confirmer ses propos.

« Je ne comprends vraiment pas ! Pourtant je vous assure qu’il √©tait bien dans ce bassin puisque je l’ai vu s’y noyer. J’avoue que c’est incompr√©hensible… »

« Vous √™tes certaine qu’il √©tait bien mort ? »

« Mais oui ! » dit Tamara d’un ton agac√©. « Je vous avais d√©j√† expliqu√© auparavant que j’√©tais rest√©e un long moment √† le regarder se d√©battre dans l’eau. J’ai bien vu ensuite qu’il √©tait mort puisqu’il ne bougeait plus du tout. Je vous assure que je vous dis la stricte v√©rit√© ! Vous ne me croyez pas ? »

« Eh bien…Je vous crois biens√Ľr. Mais son corps n’est pas l√†…C’est tout de m√™me √©trange… »

Elisa avait apprit au cours de ses √©tudes que lorsqu’une personne se noie et qu’elle d√©c√®de, elle coule progressivement au fond de l’eau car la densit√© d’un corps mort (poumons vides d’air) est tr√®s l√©g√®rement sup√©rieure √† celle de l’eau.

Elle savait aussi que sous l’impulsion de la putr√©faction qui provoque la formation de gaz ; cela donne au corps un poids sp√©cifique qui le fera flotter puis remonter alors progressivement √† la surface.

Il fallait √©galement mettre en compte que dans l’eau de mer, la densit√© en sel est importante, c’est pourquoi un corps remontera plus rapidement entre 3 et 7 jours par rapport √† l’eau douce entre 20 jours √† 1 mois en moyenne.

Mais dans ce cas pr√©cis, Tamara avait bien expliqu√© qu’elle avait d’abord donn√© un coup de couteau dans le ventre de Batisto avant de le pousser ensuite dans ce bassin.

Il √©tait donc bless√© et se vidait de son sang alors selon toute probabilit√©, son cadavre qui devait √™tre en √©tat de putr√©faction aurait d√Ľ remonter √† la surface √©tant donn√© qu’il s’√©tait d√©j√† √©coul√© quelques heures depuis qu’il y √©tait tomb√©.
Alors qu’en d√©duire ? se demanda t-elle en regardant Tamara qui venait de lui tourner le dos.

Est-ce que Batisto √©tait vraiment tomb√© dans ce bassin ? et si oui, il aurait d√Ľ alors flotter √† la surface de l’eau. Et si jamais il se trouvait tout simplement au fond de l’eau, alors dans ce cas-l√†, il serait pratiquement impossible d’avoir le fin mot de l’histoire, vu la profondeur de celui-√ßi.

Que de questions sans réponses ! se dit-elle.

Soudain, elle entendit des sanglots. C’√©tait Tamara qui √©tait en train de pleurer √† chaudes larmes, alors contre toute attente, elle se rapprocha d’elle et lui pressa doucement l’√©paule.

« Que vous arrive t-il Tamara ?

« Mais c’est √† cause de vous si je pleure. Vous avez l’air de douter de tout ce que je vous ai dit et √ßa me fait beaucoup de mal »

Elisa regrettait d√©j√† le fait qu’elle se soit un peu trop appesanti sur cette histoire de cadavre flottant et s’empressa de le lui dire :

« Excusez-moi Tamara. Je n’aurais pas d√Ľ autant insister. Le corps de ce Batisto doit certainement se trouver au fond de ce bassin. Je ne voudrais pas que vous pensiez que j’ai dout√© de tout ce que vous m’avez dit depuis le d√©but, bien au contraire, sinon je ne vous aurai jamais suivi dans cette for√™t. C’√©tait juste que je me posai quelques questions mais √† pr√©sent, tout va bien. Vous me croyez j’esp√®re ? »

Les yeux rougis de Tamara la fixaient avec une telle intensit√© de tristesse, qu’Elisa se savait plus o√Ļ se mettre.

« Pourtant, vous avez dout√© de moi Elisa. Je trouve √ßa dommage. Vous savez, c’est suffisamment assez dur pour moi de revenir ici, l√† o√Ļ mon mari est mort. J’aurai aim√© plus de soutien de votre part » dit-elle d’un ton larmoyant et quelque peu accusateur.

« Mais j’ai confiance en vous Tamara. C’√©tait juste une simple question que je me posai, rien de plus. Il ne faut surtout pas que vous y voyiez un quelconque reproche. Je ne vous accuse de rien. De toute fa√ßon je suis certaine que cette ordure doit se trouver au fond de ce bassin. Allez ! n’en parlons plus si vous le voulez bien. Nous devrions quitter cet endroit √† pr√©sent pour rejoindre la cabane car il se fait tard »

« D’accord, mais j’esp√®re que vous ne douterez plus de moi d√©sormais car je vous appr√©cie Elisa »

« Oui, ne vous inqui√©tez plus pour √ßa. Et comme je vous l’ai d√©j√† dit, je vous soutiendrai jusqu’au bout »

« Merci Elisa » dit Tamara en prenant un pan de sa tunique pour s’essuyer les yeux.

Décidément Elisa manquait de tact envers cette pauvre jeune femme mais désormais elle ferait attention.
Et puis de toute fa√ßon, elle n’avait pas le choix, il fallait bien qu’elle lui fasse confiance alors sans r√©fl√©chir davantage elle essaya de mettre en arri√®re plan, cette histoire de cadavre flottant m√™me si ce point restait tout de m√™me un myst√®re incompr√©hensible…

****

Quelques minutes plus tard, les deux jeunes femmes se retrouv√®rent c√īte √† c√īte devant le vertigineux pr√©cipice que Tamara avait d√©crit et qui se trouvait non loin des deux cabanes.

Tout √† fait en bas, une vision d’horreur : on pouvait aper√ßevoir dans de hautes herbes tout pr√®s d’un amoncellement de pierres, le corps d’un homme qui gisait face contre terre, dans une mare de sang noir√Ętre avec pr√®s de lui, un sac √©ventr√© et tout autour, toutes sortes de d√©bris d’objets indescriptibles.

Son dos √©tait transper√ß√© d’un long pique et au niveau de sa perforation, il y avait une large aur√©ole de sang qui maculait son t-shirt bleu ciel.

Elisa n’avait encore jamais vu un cadavre de sa vie et surtout pas dans un tel √©tat : il s’agissait tout de m√™me d’un meurtre perp√©tr√© par deux hommes sans scrupules.

Soudain elle fut prise de spasmes et faillit vomir mais elle réussit tant bien que mal à se ressaisir.
De son c√īt√©, Tamara les bras crois√©s avait les yeux riv√©s sur son d√©funt mari et ne semblait avoir aucune r√©action. Que pouvait bien t-elle ressentir en le revoyant ainsi ? se demanda t-elle avec une certaine inqui√©tude.

****

Il commen√ßait √† se faire tard et le ciel s’assombrissait de plus en plus.
Le soleil ne tarderait pas à décliner.
Il était exactement 17H20.

Les deux jeunes femmes √©taient toujours en train d’observer le cadavre qui se trouvait au fond du ravin lorsqu’Elisa souhaita en savoir davantage concernant l’√©trange pique qui √©tait plant√© dans le dos de celui-√ßi.

« Tamara ? vous voyez ce que je vois » dit-elle en pointant du doigt le cadavre. « Il a un pique ou une sorte de lance qui lui transper√ße le dos. Vous savez de quoi il s’agit ? »

Tamara plissa les yeux et commença à scruter davantage le cadavre de son mari.

« Oui vous avez raison, je ne me rappelai pas du tout qu’il avait ce pique dans le dos » dit-elle h√©b√©t√©e. « Maintenant que vous m’en parlez…Je sais que lorsque votre guide me battait, je n’avais pas pu voir ce que Batisto lui faisait subir. Il a du sans doute le lui enfoncer lorsque j’√©tais √©vanouie. Mais par contre je ne sais vraiment pas de quel genre de pique il s’agit »

« Ok. De toute fa√ßon on n’aura jamais le fin de mot de cette histoire puisque comme vous d√ģtes, vous √©tiez √©vanouie au moment o√Ļ ces hommes ont tu√© votre mari. Par contre, j’avais une derni√®re question Tamara »

« Oui allez y. Je vous √©coute »

« C’√©tait le sac √† dos de votre mari que je vois l√† ? »

« Oui, effectivement. Il en avait un avec tous nos affaires dedans. Moi, par contre, j’avais d√©cid√© de ne rien porter car j’ai des probl√®mes de dos »

« Ah d’accord ! Mais tous ces d√©bris de couleur vert que je vois autour de lui, vous savez ce que c’est ? On aurait dit des morceaux de plastique mais je n’en suis pas certaine. Et vous ? Qu’en pensez-vous ? »

« Oui, je sais ce que c’est. C’est notre glaci√®re. Elle √©tait de couleur verte clair. Mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi elle se trouve au fond de ce ravin. Ces hommes l’auraient jet√©e mais pour quelle raison ? Il y avait juste des aliments et des bouteilles d’eau √† l’int√©rieur. C’est bizarre je trouve… »

« Oui, vous avez raison. Mais pourquoi auraient-ils fait √ßa alors ? C’est √©trange tout de m√™me… »

D√©cid√©ment, il y avait bien trop de myst√®res dans cette for√™t qui restaient en suspens et sans r√©ponses ; ce qui n’√©tait pas du tout √©vident pour Elisa de ne pas pouvoir les √©lucider et devoir en fin de compte les accepter tels quels sans broncher…

« Elisa? Vous m’√©coutez ? Vous semblez ailleurs… »

« Heu…Excusez-moi…Vous disiez ? »

« Je disais que nous sommes √† quelques m√®tres des cabanes. Nous devrions quitter cet endroit maintenant. J’ai du mal √†… »

Elisa regarda Tamara qui avait des larmes aux yeux et comprit une fois de plus qu’elle venait √† nouveau d’√™tre maladroite.

« Je suis vraiment d√©sol√©e Tamara. Oui biens√Ľr, je comprends. Quittons cet endroit au plus vite »

« Ce n’est pas grave Elisa. Si je pleure ce n’est pas parce que j’ai vu son cadavre au fond de ce pr√©cipice m√™me si biens√Ľr cela m’a fait beaucoup de mal de le revoir dans cet √©tat…Non, je repensai plut√īt √† notre arriv√©e sur cette √ģle, que nous √©tions tellement heureux lui et moi mais c’est si loin tout √ßa. N’en parlons plus. Je pr√©f√®rerais quitter cet endroit au plus vite. Les cabanes se trouvent √† quelques m√®tres seulement mais on ne peux pas les voir d’ici √† cause des arbres et de la v√©g√©tation. D√©p√™chons-nous s’il vous pla√ģt. Il se fait tard et la nuit ne va pas tarder √† tomber »

« Oui, allons-y ! » dit Elisa qui √©tait partag√©e entre la tristesse pour Tamara et l’espoir de rejoindre enfin les cabanes.

****

Toutes les deux se dirigeaient avec h√Ęte vers les deux cabanes qui √©taient plac√©es, l’une derri√®re l’autre, avec un grand espace de v√©g√©tation entre les deux.

« Enfin ! voici les fameuses cabanes » se dit Elisa qui voulait au plus vite s’engouffrer √† l’int√©rieur de l’une d’elles. C’est vrai qu’elles √©taient vraiment bien cach√©es et personne n’aurait pu se douter un seul instant, qu’il y en avait deux ici √† part les connaisseurs de cette √ģle.

L’ossature des cabanes (murs et charpentes) √©tait enti√®rement construite en bois ainsi que la couverture de leurs toits (tuiles en bois). Tamara n’avait pas menti lorsqu’elle avait pr√©cis√© leur rusticit√©s et biens√Ľr, elles √©taient con√ßues sans eau, ni √©lectricit√©.

****

La premi√®re cabane dont avait parl√© Tamara √©tait effectivement rest√©e entrouverte mais impossible de savoir s’il y avait quelqu’un ou pas √† l’int√©rieur.
Pour en avoir le coeur net, Tamara insista pour s’y rendre seule afin de v√©rifier si celle-√ßi √©tait vraiment inoccup√©e.

Pendant ce temps, Elisa l’attendait, cach√©e derri√®re un √©norme tronc d’arbre tout en observant les alentours.
Tamara se retrouva enfin devant la fa√ßade de celle-√ßi, pr√®s de sa porte d’entr√©e puis y donna un magistral coup de pied. Elle s’ouvrit alors davantage mais il faisait tellement sombre √† l’int√©rieur que c’√©tait difficile de distinguer quoi que ce soit.

Arm√©e d’un long b√Ęton en bois qu’elle venait de trouver par terre, Tamara commen√ßa √† franchir le seuil de la porte et tout en avan√ßant √† petits pas, le brandit en faisant de grands va-et-vient de droite √† gauche comme si elle se battait contre une personne mais invisible.

Elle renouvella ce geste plusieurs fois tout en frappant le sol, le mobilier et les objets qui se trouvaient dans les alentours puis constatant qu’il n’y avait vraiment personne, se retourna et cria tr√®s fort √† l’attention d’Elisa :

« Il n’y a personne ! Venez Elisa ! D√©p√™chez-vous ! » dit-elle avec un grand sourire de satisfaction.

Elisa n’avait eu de cesse de l’observer et ce fut avec un grand soulagement qu’elle accueillit la bonne nouvelle. « Tant mieux » se dit-elle en soupirant.

Par contre, en ce qui concernait l’individu en question ; elle se posait toujours d’innombrables questions √† son sujet. Qu’√©tait-il r√©ellement devenu ? Il √©tait bless√©. Aurait-il pu alors dans ce cas l√†, succomber √† ses blessures ? Mais ce n’√©tait qu’une hypoth√®se.

Et si jamais, il √©tait plut√īt cach√© quelque-part ici √† les √©pier. Pourtant elle n’avait rien remarqu√© √† moins qu’elle n’ait pas fait suffisamment attention. A cette id√©e, elle se mit √† fr√©mir et sans plus tarder, courut tr√®s vite vers la cabane o√Ļ Tamara l’attendait sur le seuil de la porte avec beaucoup d’impatience.

« Venez Elisa ! rentrons enfin √† l’int√©rieur. Heu…Dites-moi, vous n’auriez pas √† tout hasard de quoi nous √©clairer ? On ne voit pas grand chose √† l’int√©rieur »

« Oui j’ai ce qu’il faut » r√©pondit Elisa avec un premier petit sourire rempli d’espoir.

Il était exactement 17H55 et dans quelques minutes il ferait nuit noire dans la lugubre forêt de Diamond.

****

La derni√®re danse de la lune : Chapitre 1 : Elisa

la derniere danse de la lune

 

Elisa marchait le long de la plage de sable fin tout en chantonnant son air pr√©f√©r√© : « Wonderful life » du chanteur Black.
Une bien jolie chanson qui √©tait tout √† fait en ad√©quation avec ce moment de pur bonheur qu’elle √©tait en train de savourer sans se soucier du temps qui passe.

Ce fameux temps qui nous fait tant d√©faut dans notre monde moderne actuel et qui nous emp√™che d’appr√©cier les joies simples de la vie.
Elisa avait conscience qu’elle avait beaucoup de chance d’√™tre ici ; seule au monde (enfin presque) et loin de tout.

Elle avait enfin r√©alis√© son r√™ve : celui de se promener bien tranquillement sur cette immense plage d√©serte car jamais, auparavant elle n’aurait cru cela possible et pourtant c’√©tait bel et bien r√©el et ce pour son plus grand plaisir.
Et comme le disait si bien la chanson : la vie est merveilleuse !

****

Elle se souvenait encore de son inoubliable p√©riple en catamaran avant de d√©barquer ici sur cette jolie petite √ģle qui portait le nom de « Diamond » en raison de la puret√© de son lagon et de son sable si blanc.

La veille, elle se trouvait √† Bambousya (un village touristique et baln√©aire de la c√īte ouest de l’√ģle Epic√©a) dans un charmant h√ītel-restaurant, le « Paradise Beach » situ√© en bordure de mer avec un acc√®s direct sur une plage priv√©e.

L’h√ītel disposait de 40 chambres √©quip√©es de la climatisation, minibar, t√©l√©phone, ect, sans oublier l’acc√®s gratuit √† internet, ce qui n’√©tait pas n√©gligeable √©tant donn√© qu’Elisa avait du mal √† vivre sans son smartphone ou sa tablette.
Mais pas pour aujourd’hui o√Ļ elle avait bien volontiers ranger toutes ces technologies modernes dans le placard de sa chambre afin de profiter pleinement de ce moment de libert√© et d’√©vasion !

Et puis de toute fa√ßon, la petite √ģle « Diamond » √©tait situ√©e dans une zone blanche donc il n’y avait pas de r√©seau internet et encore moins de wifi.

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Le « Paradise Beach » proposait diverses activit√©s tels que : Golf, bodyboard, Planche √† voile, Kayak , Voile, Sentier de randonn√©e √† pied ou √† bicyclette, Parachutisme ascensionnel, Cours de golf y compris des excursions en bateau (catamaran ou grands voiliers) tout autour de la c√īte, vers de magnifiques √ģlots.

Son Guide touristique qui s’appelait Philippo lui avait d√©crit qu’il y avait pr√®s d’une centaine de petits √ģlots dont certains √©taient proches de la c√īte et d’autres plus loin et plus difficiles d’acc√®s et que quelques-uns d’entre eux seulement √©taient des r√©serves naturelles avec une faune end√©mique exceptionnelle o√Ļ l’on pouvait y croiser quelques sp√©cimens d’animaux tout en se baladant.

Leurs eaux cristallines √©taient id√©ales pour y faire de la plong√©e en apn√©e ou encore du scooter sous-marin avait-il pr√©cis√©. Plusieurs activit√©s s’offraient aux touristes s’ils le d√©siraient car tout √©tait possible selon lui si l’on souhaitait r√©aliser un r√™ve bien pr√©cis.

D’ailleurs, il lui avait fortement conseill√© de visiter l’un d’entre eux : « Diamond », r√©put√© pour √™tre plus au calme car moins fr√©quent√© et qui d’apr√®s lui √©tait un v√©ritable paradis terrestre qu’elle ne serait pas pr√®s d’oublier et que l’occasion ne se pr√©senterait pas deux fois si elle voulait en avoir plein la vue et vivre enfin une aventure extraordinaire √† la Robinson Cruso√©.
En effet, un bien joli programme en perspective…

Elisa avait donc fait son choix : elle avait opt√© pour deux jours et une nuit √† Diamond en incluant les d√©jeuners/d√ģners, pique-niques, barbecues y compris quelques activit√©s telles que : Kayak, plong√©e sous-marine dans l’oc√©an Pacifique, farnientes et balades dans l’√ģlot inhabit√©.

Le p√©riple s’effectuerait en catamaran de croisi√®re priv√©e en compagnie de son Guide Philippo qui serait le navigateur.
Mais ce qui l’enthousiasmait le plus dans toute cette exp√©dition de r√™ve √©tait de dormir une nuit dans une cabane qui se trouvait en haut d’une montagne, au coeur de la for√™t luxuriante de Diamond et √† quelques m√®tres d’une chute d’eau qui portait le nom du « Voile de la Mari√©e » et qui d’apr√®s son Guide √©tait d’une beaut√© exceptionnelle √† couper le souffle.

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Et voici qu’elle √©tait en train de marcher sur cette magnifique plage de sable fin qui ressemblait √† de la poudre de diamant tellement son √©clat √©tait intense et d’un blanc immacul√©.
Diamond portait vraiment bien son nom ! Tout √©tait sublime ici. Un vrai paysage de carte postale et d’un calme olympien…

Le soleil √©tait √† son z√©nith, il lui mordait la peau mais qu’importe puisqu’elle avait pris le soin de bien s’enduir le corps et le visage de protection solaire qui sentait agr√©ablement bon la fleur de Tiar√©.
De plus, elle portait une casquette et par dessus son maillot de bain deux pièces, une tunique de plage en voile soyeux de couleur bleue ciel, agrémentée de manches courtes chauve-souris joliment fendues sur les épaules.

Cette tenue fluide et a√©rienne √©tait bien appropri√©e √† la chaleur intense d’aujourd’hui.
Et pour ne pas d√©plaire, il y avait m√™me une l√©g√®re brise qui venait lui caresser le visage, les cheveux ; ce qui rendait agr√©able sa marche, sous le soleil ardent de cette belle matin√©e de ce samedi 26 Ao√Ľt 2015.

****

Cela faisait d√©j√† une bonne vingtaine de minutes qu’elle se promenait tranquillement sur cette plage et pas un seul chat √† l’horizon.
Son Guide Philippo ne lui avait pas menti ; cette petite √ģle √©tait encore m√©connue des touristes car difficile d’acc√®s et seuls les insulaires et les guides exp√©riment√©s tel que lui pouvaient conna√ģtre cet endroit b√©ni des Dieux !

Elisa ne regrettait vraiment pas cette excursion ; elle se sentait bien ici, elle était heureuse et parfaitement en osmose avec la nature.

****

Philippo ne tarderait pas √† la rejoindre, il √©tait rest√© sur le catamaran qui √©tait amarr√© non loin d’ici afin d’y prendre quelques √©quipements pour cette nuit et ramener le repas et les boissons pour le d√©jeuner de ce midi.

Le menu pr√©vu par le restaurant de l’H√ītel √©tait des plus all√©chants :

РSalade de crudités variées et sambos au poisson,
– Langoustes grill√©es au beurre d’ail accompagn√©es de riz blanc, de curry de courgettes et d’aubergines avec du bon pili-pili (piment). Et pour terminer ce repas, en guise de dessert : Des bananes flamb√©es au Rhum des √ģles avec boules de glace au coco. Un vrai festin !

****

Elisa avait h√Ęte de d√©jeuner car elle commen√ßait √† avoir faim.
Elle regarda sa montre bracelet waterproof qui avait √©t√© d’une tr√®s grande √©tanch√©it√© lorsqu’elle avait fait de la plong√©e sous-marine il y a une heure de temps d√©j√†, en compagnie de son Guide.

Il était 10H55.
Elle s’arr√™ta un instant, se retourna, mit sa main en visi√®re √† cause du soleil √©blouissant et regarda au loin.
Elle avait d√Ľ beaucoup marcher car elle ne voyait plus du tout le catamaran. Mais que pouvait bien faire Philippo ? Il n’√©tait toujours pas revenu la rejoindre.

Sans doute qu’elle s’inqui√©tait pour rien. Il n’allait plus tarder √† pr√©sent alors en attendant son retour, Elisa d√©cida de faire une petite halte ici.
Elle d√©posa son sac de plage qu’elle portait en bandouli√®re puis en extirpa une grande serviette qu’elle √©tala sur le sable chaud.
Avant de s’allonger dessus, elle fouilla √† nouveau dans celui-√ßi et en sortit une petite bouteille d’eau dont elle but quelques gorg√©es qui la d√©salt√©r√®rent aussit√īt tellement c’√©tait bien frais.

Jamais elle n’aurait pu faire ce petit voyage sans son fid√®le sac de plage. En effet, il y avait pas mal de choses qu’elle avait transport√©es √† l’int√©rieur : une petite glaci√®re isotherme souple contenant trois petites bouteilles d’eau glac√©es et une canette de jus d’orange Minute Maid, un paquet d’une dizaine de petits pains aux raisins qu’elle avait achet√© ce matin √† la p√Ętisserie de l’H√ītel, ses tennis pour la promenade de tout √† l’heure dans la for√™t tropicale de Diamond pour y voir « le voile de la mari√©e », sa grande serviette √©ponge et une autre plus petite pour s’essuyer apr√®s ses baignades, un maillot de bain une pi√®ce de couleur bleu marine, des v√™tements de rechange, un gros tube de cr√®me solaire, une trousse de toilette et sans oublier sa grosse lampe de poche √©tanche pour ce soir.

Et pour je ne sais quelle raison, elle avait aussi pr√©vu d’emmener avec elle, un briquet offert par l’h√ītel (non pas qu’elle fumait, bien au contraire mais juste au cas o√Ļ) ainsi que son couteau Suisse 21 pi√®ces multifonctions ultra compact que son p√®re lui avait offert pour son anniversaire, il y a 6 mois de √ßa et qu’elle avait dissimul√© dans un mouchoir en tissu fleuri afin de le prot√©ger des intemp√©ries. Un accessoire id√©al pour les d√©placements en ext√©rieur lui avait-il soulign√©. Elle le revoyait encore en train de lui rab√Ęcher, dans un large sourire :

« Et surtout ne te d√©place jamais sans lui, il pourrait t’√™tre utile et ce √† n’importe quelle occasion. C’est un couteau magique qui te simplifiera la vie…Je t’assure Elisa ! Prends en bien soin »

Et elle lui répondait invariablement :

« Oui, d’accord Papa c’est not√© ! Je le garderai bien pr√©cieusement avec moi et je l’emm√®nerai partout o√Ļ j’irais… »

Et c’est ce qu’elle avait fait aujourd’hui.
De toute fa√ßon ses parents lui avaient appris √† devenir une personne tr√®s pr√©voyante et ce depuis sa plus tendre enfance alors disons que c’√©tait presque inn√© chez elle de se d√©placer avec pas mal de choses dans son sac afin de ne rien manquer.

Et comme disait un certain proverbe : « Mieux vaut trop que pas assez ».
C’est pourquoi, m√™me si son guide √©tait chevronn√© dans son domaine et qu’il avait tout pr√©vu pour ces deux jours, elle pr√©f√©rait faire confiance √† son instinct.

Quoique pour l’instant tout allait pour le mieux ; pas le moindre nuage en vu, au sens propre comme au sens figur√©.
Tout s’√©tait parfaitement bien d√©roul√© jusqu’√† pr√©sent ; alors aucune inqui√©tude √† avoir se dit Elisa en esquissant un demi-sourire.

****

Allong√©e sur sa serviette, sa casquette √† visi√®re lui couvrant le visage ; Elisa ferma les paupi√®res et commen√ßa √† s’endormir tout en √©coutant paisiblement le doux murmure du vent et le ressac incessant de la mer.
Et le temps s’√©coula, s’√©grena…
Elisa venait de s’assoupir et n’avait pas vu le temps passer…

Il était déjà 12H15.

****

Soudain, des petites gouttes d’eau froides lui tomb√®rent sur la jambe et le pied droit.
Oh non ! Se pourrait-il qu’il pleuve ?? Pourtant il faisait un temps si radieux !
Que c’√©tait d√©sagr√©able ! Si bien qu’Elisa commen√ßa √† se r√©veiller peu √† peu.

Elle retira sa casquette qui lui bouchait la vue puis avec effroi et stup√©faction vit une jeune femme qui se tenait l√†, debout juste √† c√īt√© d’elle, le dos l√©g√®rement courb√© en avant avec de longs cheveux noirs √©parses et d√©goulinants d’eau…

La jeune femme grelottait de froid ; sans doute d√Ľ √† cause de l’humidit√© de ses v√™tements qui lui collaient √† la peau.
Elle avait le visage tuméfié avec un énorme bleu violacé sur le front et des traces de griffures sur la joue gauche.
Un petit filet de sang lui coulait le long de la narine droite jusqu’au menton et ses grands yeux noirs √©taient rougis par des larmes incessantes.

Elle portait un t-shirt blanc cass√©, d√©chir√© √† l’encolure et t√Ęch√© d’aur√©oles de sang d√©lav√© au niveau du ventre. Son bermuda bleu ciel √©tait macul√© de traces de sang comme si elle s’√©tait essuy√© les mains dessus quant √† ses baskets, on ne distinguait plus vraiment leurs couleurs tellement elles √©taient sales.

Elle √©tait vraiment dans un piteux √©tat et n’arr√™tait pas de pleurer.
Elisa se redressa rapidement √† l’aide de ses coudes et se mit debout face √† la jeune femme puis lui demanda :

« Que vous est-il arriv√©e ? vous √™tes bless√©e…qui vous a fait √ßa ? »

« J’√©tais dans la montagne l√†-bas, avec mon mari et… »

La jeune femme renifla puis d’un revers de main essuya le petit √©coulement de sang qui lui sortait de sa narine droite. Les mots ne sortaient plus de sa bouche et elle semblait t√©tanis√©e alors Elisa s’approcha davantage d’elle et lui pressa gentiment l’√©paule pour l’encourager √† parler.

« Continuez, je vous prie…Que s’est-il pass√© ? »

La jeune femme cessa de pleurer et dit d’une voix √©teinte :

« On √©tait dans cette for√™t l√†-bas… »

Elle désigna du doigt une étendue de verdure luxuriante qui se trouvait au loin, juste après la plage.

« J’√©tais en train de pr√©parer des sandwichs. On se trouvait pr√®s de notre cabane. Mon mari discutait avec notre Guide Batisto et je coupai du pain. Soudain, j’ai vu un homme qui venait vers nous. Il √©tait sorti de nulle part et il avait l’air tr√®s mena√ßant. J’ai cri√© tr√®s fort pour avertir mon mari et Batisto mais subitement je ne sais pas pourquoi notre Guide s’en ait pris √† mon mari. Il le battait tellement fort qu’il s’est retrouv√© par terre. Batisto n’arr√™tait pas de lui taper dessus sans fin. Oh mon Dieu ! mon pauvre mari ! Je le voyais qu’il souffrait mais j’√©tais impuissante, incapable de l’aider. J’√©tais terrifi√©e. Subitement, l’autre homme s’est retrouv√© pr√®s de moi. Je ne l’avais pas vu venir car j’√©tais pr√©occup√©e par mon mari. J’ai tent√© de m’enfuir mais il m’a rattrap√©. Ensuite, il n’a pas arr√™t√© de me battre ; il me donnait de violent coups sur tout le corps mais le pire fut lorsqu’il me donna un violent coup de poing au front. Je pense que j’ai d√Ľ m’√©vanouir car je ne me souviens plus de rien. je ne sais plus ce qui s’est pass√© en ce qui concerne mon mari. Et je…. »

La jeune femme s’arr√™ta de parler. Des larmes lui coulaient √† nouveau le long de ses joues et tout son corps √©tait secou√© de tremblements tellement elle devait avoir froid mais malgr√© le choc qu’elle avait subi, elle continua son histoire :

« Lorsque j’ai repris connaissance et que je me suis relev√©, j’ai vu √† nouveau cet inconnu qui m’avait frapp√©. Il riait avec notre Guide mais par contre je ne voyais plus nulle part mon mari. J’avais tr√®s mal √† la t√™te. Je titubais puis √† un moment donn√© j’ai vu par terre mon couteau de cuisine alors je m’en suis vite empar√© et je l’ai cach√© derri√®re mon dos. C’est alors que Batisto s’est avanc√© vers moi. Il n’arr√™tait pas de rire puis il m’a dit qu’il avait tu√© mon mari et qu’il avait ador√© lui faire du mal. Il me disait que mon Mari avait cri√© comme une gonzesse. Ce sont ses propres mots. Cette ordure me d√©bitait √ßa avec le plus grand m√©pris alors comme j’avais beaucoup de haine √† ce moment l√† et qu’il se rapprochait de plus en plus de moi, je n’ai pas h√©sit√©, je me suis jet√©e sur lui et je lui ai enfonc√© le couteau dans le ventre, au plus profond que j’ai pu puis je l’ai vite retir√© pour le garder avec moi. Il a cri√© tr√®s fort et ensuite il est tomb√© par terre. L’autre type a vu son acolyte au sol et il a couru vers moi. J’√©tais effray√©e. J’ai tent√© de me sauver mais il a finit par me rattraper et il m’a donn√© une grande gifle. J’avais tr√®s mal mais je ne sais comment et par quel miracle j’ai r√©ussi √† lui donner un coup de pied dans les parties. C’est √† ce moment l√† que j’ai vite ramass√© le couteau que j’avais perdu et lorsqu’il s’est approch√© √† nouveau de moi, je le lui ai enfonc√© dans la poitrine. L’homme criait de rage et il m’insultait en me regardant d’un air mena√ßant. Puis il a retir√© le couteau qui √©tait toujours plant√© dans sa poitrine et l’a jet√© par terre. Il y avait une grosse t√Ęche de sang sur son t-shirt. Je me souviens ensuite qu’il m’avait menac√© en me disant qu’il reviendrait me tuer puis il a couru et a disparu dans la for√™t. Depuis, je ne l’ai plus jamais revu. Je ne sais pas ce qu’il est devenu mais j’aurais voulu qu’il meurt … »

Elisa en avait la chair de poule. Ce que venait de vivre cette jeune femme était insoutenable.

« Mon Dieu ! Mais c’est terrible ce que vous venez de vivre ! C’est inimaginable ! Je suis vraiment d√©sol√©e. Et qu’est devenu votre Mari ? Et ce guide qui l’avait battu ? »

La jeune femme continua son histoire :

« Lorsque cet homme qui m’avait frapp√© s’est sauv√©, j’ai essay√© de rechercher Batisto car je ne le voyais plus nulle part alors je suis all√©e vers la chute d’eau qui se trouve √† quelques m√®tres des deux cabanes. C’est l√† que je l’ai revu. Il rampait tout pr√®s du bassin de la cascade. Je l’ai vu se redresser et marcher avec difficult√© vers l’avant de la for√™t ; il voulait sans doute s’enfuir lui aussi comme l’avait fait son acolyte, alors sans h√©siter, je me suis pr√©cipit√© vers lui et je l’ai violemment pouss√© dans le bassin. Il est tomb√© dedans et lorsque je me suis rapproch√©, j’ai vu qu’il se d√©battait dans l’eau pendant un certain temps puis plus rien. J’ai constat√© alors qu’il √©tait mort. »

Elisa n’en revenait toujours pas. Quelle √©pouvantable histoire !!

« Et donc ce Batisto s’est noy√© dans ce bassin. Mais en ce qui concerne votre mari ? qu’est-il devenu ? »

« Mon mari est mort et je… »

« Mon Dieu ! ce n’est pas possible ! Mais o√Ļ l’avez-vous retrouv√© ? » dit Elisa totalement affar√©e.

« Je l’ai cherch√© partout et j’ai fini par tomber sur une de ses baskets que j’ai trouv√© √† c√īt√© d’un ravin, pas tr√®s loin de notre cabane. C’est l√† que j’ai revu mon mari au fond de ce pr√©cipice. Il y avait plein de sang autour de lui…
« Mon Dieu ! mais c’est abominable ! Je suis tellement d√©sol√©e que vous ayez perdu votre mari… »

Elisa √©tait abasourdie par ce qu’elle venait d’entendre. Elle commen√ßait √† avoir de plus en plus peur mais elle ne pouvait pas se permettre de perdre son sang-froid face √† cette jeune femme qui √©tait en √©tat de choc et de d√©tresse. Alors elle se ressaisit et lui demanda :

« Comment vous appelez-vous ? »

« Tamara »

« Moi c’est Elisa. Encore d√©sol√©e Tamara de vous rencontrer ainsi, en de telles circonstances. C’est si triste pour votre mari. Vous √©tiez ici en excursion ? »

« Oui, mon mari Juanes et moi √©tions venus ici pour notre voyage de noces. Je ne comprends pas pourquoi il y a eu tout √ßa. J’ai tout perdu √† cause de ces deux hommes. Ces monstres… »

Elisa n’avait plus de mots et ne savait comment consoler la jeune femme qui avait tellement subi alors elle fouilla dans son sac de plage et en sorti une petite serviette qu’elle tendit √† la jeune femme.

« Tenez, vous devriez vous essuyer. Vous √™tes tremp√©e. Vous devez avoir froid. J’ai aussi des v√™tements de rechange. Vous devriez retirer les v√ītres et enfiler ceci. Je pense qu’elle vous ira »

« Merci. C’est vrai que j’ai froid… »

La jeune femme s’ex√©cuta. Elle retira son t-shirt t√Ęch√© de sang ainsi que son bermuda qu’elle jeta en boule, √† ses pieds. Elle √©tait en petite tenue mais ne semblait pas trop √™tre g√™n√©e devant Elisa. Elle commen√ßa √† s’essuyer fr√©n√©tiquement le corps puis les cheveux.

En la regardant faire, Elisa remarqua qu’elle avait quelques bleus au niveau de la poitrine et des √©paules. Ces individus avaient d√Ľ beaucoup la brutaliser d’o√Ļ l’apparition de ces marques. Cette femme avait vraiment beaucoup souffert mais elle avait r√©ussi √† se d√©fendre face √† ces deux tortionnaires et Elisa trouvait qu’elle avait eu beaucoup de cran et de courage pour se sortir de cet enfer.

Lorsque Tamara eut terminé de se sécher, elle enfila la tunique en voile imprimée de couleur fushia qui ressemblait à celle que portait Elisa à la seule différence du coloris.
En les voyant habill√©es ainsi, on aurait dit deux soeurs jumelles √† part que l’une √©tait blonde √† la peau claire et l’autre brune √† la peau ambr√©e.

« Vous √™tes plus au sec ainsi et la tunique vous va bien » lui dit Elisa. Elle s’approcha de Tamara et lui toucha doucement le front.

« Est-ce que c’est encore douloureux ? »

« Un peu, mais √ßa va. Et je me sens beaucoup mieux dans ce v√™tement. Merci beaucoup Elisa »

« De rien. Et votre nez ? J’ai vu que vous saigniez tout √† l’heure… »

« Non, ce n’est rien. J’ai parfois des saignements de nez et ce depuis mon enfance mais √ßa n’a rien √† voir avec ces sales brutes. Mais √ßa va maintenant, je ne saigne plus du tout »

« Alors je suis rassur√©e »

Elisa avait remarqué que les cheveux de Tamara étaient très emmêlés alors elle lui proposa son peigne à larges dents pour les discipliner.

« Auriez-vous aussi un √©lastique pour que je puisse les attacher ? Je ne les supporte plus comme √ßa » demanda Tamara, tout en coiffant sa longue chevelure √©b√®ne.

« Oui, biens√Ľr »

Elisa fouilla dans sa trousse de toilette et en sorti un chouchou en velours noir.

« Tenez, c’est un chouchou. Je n’ai pas d’√©lastique »

« √ßa ira tr√®s bien. Merci Elisa »

Tamara √©tait en train de nouer ses cheveux en une haute queue de cheval. Coiff√©e ainsi, elle √©tait compl√®tement diff√©rente. Cela lui donnait un air dynamique et encore plus combatif que jamais, pr√™te √† affronter n’importe quel adversaire. Du moins, c’est l’apparence que lui donnait cette nouvelle coiffure. En l’observant dans les d√©tails, Elisa avait encore une question qui lui br√Ľlait les l√®vres ; un √©l√©ment qu’elle n’arrivait pas √† comprendre, alors elle se lan√ßa :

« Je me posais une question Tamara… »

« Oui, allez-y »

« Pourquoi √©tiez-vous toute tremp√©e lorsque vous √™tes venue vers moi ? »

« Heu…Oui c’est vrai, j’ai oubli√© de vous dire. Lorsque j’ai vu mon mari en bas dans le pr√©cipice avec tout ce sang autour de lui, je ne pouvais plus supporter d’avoir le sang de ces sales types sur les mains alors j’ai d√©cid√© d’aller me les laver √† la cascade. En marchant, j’ai aper√ßu mon couteau de cuisine par terre qui √©tait plein de sang alors je l’ai ramass√© puis je me suis dirig√© √† la source de la cascade. Je me suis d’abord lav√© les mains puis j’ai commenc√© √† rincer la lame du couteau. Mais c’est √† ce moment l√† que je n’ai pas fait attention et que j’ai gliss√©. J’ai perdu l’√©quilibre et je suis tomb√©e dans le bassin o√Ļ se trouvait le cadavre de cette ordure de Batisto. Heureusement, j’ai r√©ussi √† me sortir de l√† tant bien que mal car le bassin est tr√®s profond. J’√©tais enti√®rement mouill√©e et je venais de perdre mon couteau alors j’ai voulu quitter cet endroit de malheur au plus vite. Au cours de mon trajet pour retourner √† la plage, j’avais beaucoup transpir√© et je me sentais toute poisseuse et sale, alors lorsque je me suis retrouv√© face √† la mer, j’ai vite retir√© mes baskets et sans r√©fl√©chir je me suis jet√© √† l’eau. Je voulais me laver de toute cette crasse. Et c’est vrai qu’√† un moment donn√©, lorsque je nageais sous l’eau, j’ai repens√© √† mon mari. J’√©tais √† nouveau boulevers√©e et tr√®s en col√®re. Alors j’ai voulu mourir…mais… »

Les yeux de Tamara √©taient embu√©s de larmes qu’elle ne pouvait r√©fr√©ner. Emue par ce qu’elle venait de lui r√©v√©ler, Elisa eut un geste de tendresse envers elle. Elle lui prit les mains et les enserra tout doucement dans les siennes puis constatant qu’elle ne portait pas d’alliance, elle ne pu s’emp√™cher de lui dire :

« Je viens de remarquer que vous ne portez pas d’alliance √† votre doigt ? »

Tamara regarda un instant sa main gauche qui √©tait effectivement d√©nud√©e. Elle resta un instant sans voix comme si elle se sentait fautive puis se remit √† pleurer si bien qu’Elisa regrettait d√©j√† de lui avoir pos√© cette question.

« Vous allez trouver √ßa compl√®tement idiot de ma part mais je vous assure que c’est la v√©rit√©. Lorsque je prends ma douche, j’ai pour habitude de retirer ma bague pour ne pas l’ab√ģmer. Mais cette fois-√ßi j’ai d√Ľ oublier de la remettre √† mon doigt. La bague est donc rest√©e chez nous dans notre maison √† Antin√©a. Biens√Ľr lorsque mon mari et moi sommes venus √† Diamond, je m’en suis aper√ßu mais c’√©tait d√©j√† trop tard. Vous pensez que c’√©tait un mauvais pr√©sage ? C’est vrai maintenant que j’y pense. Comment ai-je pu oublier mon alliance… » dit-elle les yeux noy√©s de larmes.

« Non, Tamara. Ne vous m√©prenez pas. Si je vous ai pos√© cette question, ce n’est pas pour vous accabler. Vous ne devez pas vous sentir coupable par rapport √† cette bague, cela n’a rien √† voir du tout ! C’√©tait juste un oubli. Rien de plus. Ce n’√©tait en aucun cas un mauvais pr√©sage comme vous venez de le dire. Non, rien de cela. Et puis, vous ne pouviez pas pr√©voir ce qui allait se passer sur cette √ģle »

« Je ne sais pas mais tout ce que je sais, c’est que j’ai perdu mon mari… »

« Oui et c’est vraiment tragique ce que vous avez v√©cu mais je vous en prie Tamara, chassez de votre esprit cette histoire de mauvais pr√©sage. Vous n’y √™tes absolument pour rien. Et moi, je suis l√† avec vous. Et je voulais vous dire aussi que lorsque vous m’avez racont√© tout √† l’heure que vous vouliez vous suicider, eh bien, j’ai √©t√© tr√®s √©mue d’apprendre cela. Je suis sinc√®re Tamara. Et sachez une chose, votre mari n’aurait jamais voulu que vous fassiez ce geste. Vous √™tes en vie et c’est tout ce qui compte. Vous m’avez entendu ? Vous √™tes une personne tr√®s forte. Et vous avez tout mon soutien »

« Merci Elisa. Vous √™tes si gentille avec moi. Mais vous savez, c’est gr√Ęce √† vous si je ne suis pas pass√©e √† l’acte »

« Gr√Ęce √† moi ? »

« Oui, gr√Ęce √† vous. Lorsque je nageais sous l’eau et que je suis remont√©e √† la surface pour reprendre une derni√®re fois mon souffle, j’ai remarqu√© au loin une petite t√Ęche bleue sur la plage. Je n’en croyais pas mes yeux alors je suis vite sortie de l’eau, j’ai enfil√© mes baskets et j’ai couru sans m’arr√™ter vers cette t√Ęche. Puis au fur et √† mesure que je m’en rapprochai, j’ai constat√© que c’√©tait bien une personne qui √©tait allong√©e sur une serviette. Et √† partir de ce moment l√†, vous ne pouvez pas savoir √† quel point ce fut une v√©ritable d√©livrance pour moi lorsque je suis tomb√©e sur vous et qui plus est une femme. Je n’aurais sans doute pas eu confiance si j’√©tais tomb√©e sur un homme. C’est pourquoi je tenais √† vous remercier Elisa. Encore merci d’√™tre l√† et de me soutenir »

« Mais c’est tout √† fait normal Tamara. Et je vous soutiendrai encore jusqu’au bout »

****

Elisa jeta un bref coup d’oeil √† sa montre. Il √©tait d√©j√† 13H20.

Les sourcils fronc√©s, elle regarda au loin l’imposante montagne qui se dressait juste apr√®s la plage puis avec une certaine anxi√©t√© dans la voix, s’empressa de dire √† Tamara :

« Je voulais vous demander. En ce qui concerne l’homme qui s’est enfui. Il pourrait revenir ici pour nous faire du mal ? Il doit sans doute nous √©pier au moment m√™me o√Ļ nous parlons. Vous ne pensez pas ? Et si jamais il vous avez suivi ? »

« Non, il ne m’a pas suivi et j’en suis certaine car je n’ai eu de cesse de regarder autour de moi avant de venir sur cette plage »

Pourtant, il y avait quelque-chose qui clochait se dit Elisa dans son for int√©rieur. Une chose qui la tracassait encore. Mais quoi donc ? Soudain elle fut prise de panique. Elle l’avait compl√®tement oubli√©. C’√©tait son Guide Philippo. Mais qu’√©tait-il devenu depuis tout ce temps ??

Avec affolement, elle fit part de son inquiétude à Tamara et sans plus attendre commença à lui raconter le début de son histoire :
« Moi aussi j’√©tais en excursion sur cette √ģle. Mais avant de me retrouver ici √† Diamond, j’√©tais en catamaran avec mon Guide.

C’est lui qui naviguait le bateau et au cours de notre p√©riple, on avait fait de la plong√©e sous-marine ensemble. Ensuite on a d√©barqu√© sur cette plage, il a amarr√© le bateau puis il m’a dit que je pouvais aller me promener un peu plus loin si je le souhaitai pendant qu’il d√©chargerait nos affaires. Je me suis donc balad√© puis j’ai d√©cid√© de m’allonger un peu en l’attendant. Je me suis endormie et vous √™tes apparu. Et depuis notre rencontre, je n’ai plus jamais revu mon Guide qui s’appelle Philippo…Je me dema.. »

Soudain Tamara lui coupa la parole.

« Vous d√ģtes qu’il s’appelait Philippo ? Ce pr√©nom me dit vaguement quelque-chose. C’est encore flou mais il me semble que j’ai entendu ce pr√©nom lorsque j’√©tais √©vanouie. J’entendais des bribes de voix. Oui, j’en suis certaine maintenant. Je me souviens de ce pr√©nom… »

Elisa n’osait y croire. L’id√©e m√™me de penser que Philippo pouvait avoir un lien avec toute cette sordide histoire lui fit dresser les cheveux sur la t√™te. Pour en avoir le coeur net elle posa la question cruciale qui √©clairerait enfin sa lanterne :

« Vous souvenez-vous des v√™tements que cet homme portait ? »

« oui, je m’en souviens clairement » s’empressa de dire Tamara. « Il portait un t-shirt jaune avec une inscription dessus. Attendez, √ßa va me revenir. Oui voil√†, c’√©tait √©crit : Black and White »

Mon Dieu ! c’√©tait donc son Guide Philippo. Elle n’en croyait toujours pas ses oreilles et pourtant c’√©tait bien lui. Il n’y avait plus aucun doute l√†-dessus. Elisa en avait la naus√©e.

« C’est bien lui » dit-elle avec d√©go√Ľt. « C’est mon Guide. Il portait effectivement un t-shirt de cette couleur avec l’inscription que vous venez de mentionner : Black and White. Mon Dieu, et dire que j’avais fait de la plong√©e avec lui. Il semblait si gentil. C’est totalement insens√© ! Mais pourquoi aurait-il fait tout √ßa ? »

« Je ne sais pas. Mais en tous cas, il avait l’air de bien conna√ģtre notre guide Batisto. Je me rappelle encore de leurs satan√©s rires !! Moi aussi je n’aurais jamais cru que notre Guide nous aurait fait du mal. Et comme vous d√ģtes, lui aussi il paraissait √™tre tr√®s gentil. Les apparences sont parfois trompeuses. On croit conna√ģtre une personne mais c’est tout l’inverse et j’en sais quelque-chose. A cause de ces deux hommes, j’ai tout perdu. Finalement, mon mari et moi n’aurions jamais d√Ľ venir sur cette fichue √ģle de malheur. Il serait encore en vie maintenant. Je regrette tellement qu’on soit venus ici ! »

« Vous avez raison Tamara. A cause d’eux, vous avez perdu votre mari. C’est tellement horrible ce que vous avez v√©cu ! Qu’allons nous faire maintenant ? On se retrouve toutes les deux seules sur cette √ģle perdue. Qu’allons-nous devenir ? Qui va venir nous sortir de l√† ? »

« Je ne sais pas Elisa mais on va tout faire pour pouvoir s’en sortir. Et puis heureusement nous sommes deux »

« Oui, c’est vrai mais ce n’est pas rassurant avec ce sale type qui est dans les parages. J’ai quand m√™me peur. Vous auriez un plan en t√™te pour se sortir de cette gal√®re ? »

« Oui j’ai un plan qui pourrait √™tre possible. D√ģtes-moi, quelle heure est-il ? »

Elisa regarda sa montre. Et dire qu’en venant sur cette √ģle, elle se disait qu’elle oublierait les heures qui passent ; eh bien ce n’√©tait plus le cas √† pr√©sent, au contraire le temps √©tait compt√© plus que jamais…

« Il est exactement 14H00 »

« Il faudrait quitter cet endroit au plus vite » dit Tamara.

« Mais pour aller o√Ļ ? »

Tamara regarda la for√™t luxuriante qui √©tait √† environ 3 kilom√®tres de l√† o√Ļ elles se trouvaient puis elle dit :

« Je pense qu’on devrait aller l√†-bas dans la for√™t. Ici on est trop en vue. Et la nuit va vite tomber. En haut de cette montagne, il y a deux cabanes qui se trouvent l’une √† c√īt√© de l’autre. La deuxi√®me qui √©tait juste derri√®re la premi√®re √©tait ferm√©e √† clef car elle √©tait inoccup√©e. Mon mari et moi dormions dans la premi√®re cabane. Ces cabanes sont des sortes de refuge pour les rares touristes qui s√©journent ici. On pourrait vous et moi, s’enfermer √† clef dans la cabane que je connais. Je me souviens que la porte d’entr√©e √©tait rest√©e entrouverte avant que les deux hommes nous attaquent mon mari et moi. Je le sais car j’√©tais en train de pr√©parer des sandwichs et que je faisais des all√©es et venues entre la cabane et l’ext√©rieur. Moi, je ne vois que cette solution pour nous prot√©ger de cet homme »

« Mais o√Ļ se trouve cette clef pour pouvoir s’enfermer dans cette cabane ? »

« Lorsque mon mari et moi dormions dans la cabane, nous nous y enfermions √† clef pendant que Batisto de son c√īt√© dormait sous sa tente √† quelques m√®tres de nous. Je me rappelle que tous les matins, il avait pour habitude de nous r√©clamer √† chaque fois la clef de notre cabane et j’avais remarqu√© qu’il la rangeait toujours dans l’une des poches ext√©rieures de son sac √† dos. Et quand votre guide nous avait agress√©, le sac se trouvait √† l’int√©rieur de notre cabane. Il √©tait pos√© sur la table √† manger. Et je suis certaine qu’il doit toujours y √™tre. Il faudrait absolument mettre la main dessus et r√©cup√©rer la fameuse clef. Et √† ce moment l√†, on serait sauv√©es vous et moi ! Du moins, on serait beaucoup plus en s√©curit√© qu’√† l’ext√©rieur. Je ne vois que cette solution pour l’instant. Ensuite, on verra bien ce qu’on pourra faire pour la suite des √©v√®nements »

« Mais, vous oubliez un d√©tail Tamara ? Et si jamais ce Philippo √©tait revenu sur ses pas pendant que vous √™tes venue sur cette plage ? Il pourrait alors se trouver dans cette cabane et avoir la fameuse clef avec lui ! C’est vraiment trop dangereux et risqu√© d’aller l√†-bas ! »

« Oui c’est vrai que c’est risqu√© ! Mais nous n’avons pas le choix ! On ne peut pas rester ici ind√©finiment. Personne ne viendra nous chercher. Mon mari et moi avions opt√© pour 4 jours d’excursion √† Diamond et depuis notre arriv√©e ici, nous n’y avons dormi que 2 nuits. Alors vous comprendrez que dans l’imm√©diat, personne ne viendra s’inqui√©ter de notre sort. Et en ce qui vous concerne, c’est pareil puisque vous venez √† peine de d√©barquer aujourd’hui sur cette √ģle. Rappelez-moi Elisa, vous deviez s√©journer ici durant combien de jours ? »

« 2 jours et 1 nuit » dit-elle avec amertume.

« Vous voyez bien ! Personne ne viendra nous sauver avant ! Croyez-moi Elisa, il faut absolument rejoindre cette cabane si on veut s’en sortir ! »

Elisa constata avec effroi, qu’effectivement personne ne viendrait les secourir tant que ces jours d’excursions n’auraient pas √©t√© √©coul√©s. Et donc cette nuit promettait d’√™tre longue et angoissante…

« Qu’en pensez-vous Elisa ? Il faut se d√©cider maintenant. Le temps est compt√© ! »

« Vous avez sans doute raison mais c’est effrayant de savoir que ce type est toujours l√† quelque part… »

« Oui, c’est vrai. Mais il est bless√© √† la poitrine et il perdait d√©j√† beaucoup de sang lorsque je l’ai vu s’enfuir. Il est donc en √©tat de faiblesse. Et n’oubliez pas, nous sommes deux ! On a un avantage sur lui ! on pourra mieux se d√©fendre si jamais √ßa tournait mal »

Elisa √©tait tout de m√™me perplexe mais ce que disait Tamara n’√©tait pas d√©nu√© de sens, bien au contraire. En effet, comme elle venait de le souligner √† l’instant, Philippo √©tait bless√© mais elle ne savait pas pourquoi, elle avait tout de m√™me peur de devoir s’aventurer dans cette for√™t.

« Et si on tentait d’aller plut√īt l√† o√Ļ le catamaran est amarr√© ? » dit-elle.

« Surtout pas ! et pour y faire quoi ? Il pourrait m√™me d√©j√† y √™tre pendant que nous discutons. De plus on n’y serait pas √† l’abri vous et moi. Il faut au contraire partir d’ici et se diriger vers la cabane o√Ļ l’on pourrait s’y enfermer √† clef. On y serait beaucoup plus en s√©curit√©. Je vous assure. Et comme je vous l’ai d√©j√† dit, je connais bien l’endroit »

« D’accord, vous devez sans doute avoir raison. Il vaut mieux s’en tenir √† votre plan. Je pense effectivement qu’on serait beaucoup plus en s√©curit√© √† l’int√©rieur de la cabane »

« Oui, je le pense aussi. Il vaut mieux se d√©p√™cher Elisa car la nuit tombe vite ici. Ne perdons plus un instant. Allons-y »

Sur les conseils de Tamara, Elisa √©changea sa paire de tongues par ses tennis puis ramassa le reste de ses affaires qu’elle rangea √† l’int√©rieur de son sac de plage. Elle √©tait fin pr√™te mais elle avait peur. Pourtant, il fallait bien qu’elle fasse confiance √† Tamara qui avait l’air d’√™tre une personne combative et tr√®s d√©termin√©e. Ce qui √©tait rassurant en un sens mais voil√† elle doutait encore et ne pouvait s’emp√™cher d’avoir de l’appr√©hension.

****

Et voici que les deux jeunes femmes couraient vers la grande étendue de forêt verdoyante qui se trouvait droit devant elles.

Tamara avait pr√©venu Elisa que la cabane se trouvait tout de m√™me assez loin et qu’il faudrait acc√©l√©rer le pas afin de ne pas se faire prendre par la nuit.
Et c’est ce qu’elles faisaient √† cet instant l√†. Courir sans s’arr√™ter.

****

Enfin arriv√©es √† l’or√©e de la for√™t, toutes deux s’immobilis√®rent.

Elles √©taient essouffl√©es par leur course alors avant de continuer leur chemin, Elisa proposa √† Tamara de boire un peu d’eau afin de reprendre des forces.
Une fois après avoir étanché leur soif, elles étaient prêtes à se remettre en route.

« Allons-y Elisa !! et surtout faites attention o√Ļ vous mettrez les pieds. C’est assez caillouteux par certains endroits… »

« OK. Merci Tamara. Je ferai attention »

**** 

Ir√®ne Peyre De Lescure : Ma Mamie

Pour toi, Mamie :

Je d√©die cette page √† mes grands-parents maternels qui me manquent vraiment beaucoup…

Je souhaitais leur rendre cet hommage afin de leur dire à quel point je les trouvais formidables.

Je les regrette √©norm√©ment…

Je sais qu’ils me regardent de l√† o√Ļ ils se trouvent et je me dis qu’ils auraient √©t√© fiers de moi ; de la personne que je suis devenue…

En effet, ils n’ont pas eu le temps de me conna√ģtre davantage ; ce que je regrette infiniment, car ils sont partis beaucoup trop t√īt…

Lorsqu’ils sont partis,¬†ma famille et moi √©tions √† l’√©tranger (Guin√©e puis Tchad).

En ce qui concerne leur d√©c√®s : j’√©tais √Ęg√©e de 11 ans lorsque ma Mamie est d√©c√©d√©e (Je vivais en Guin√©e) et j’avais 15 ans lorsque mon Papy nous a quitt√©… (Je vivais au Tchad)

****

Ma Grand-Mère maternelle :

Ma Grand-M√®re maternelle « Ir√®ne Peyre de Lescure » est n√©e √† Majunga (ses origines sont R√©unionnaise et de Poitiers, France).

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Carte de Madagascar (Vous pouvez aperçevoir Majunga)

Carte Google de Majunga

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Ile de la Réunion

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Ma Mamie est d√©c√©d√©e √† l’√Ęge de 70 ans en France.

Elle est d√©c√©d√©e des suites d’un cancer g√©n√©ralis√©…

C’est vraiment « d√©gueulasse » cette maladie,¬†elle emporte les personnes que l’on aime comme √ßa, sournoisement, sans faire de bruit…

Et cette « saloperie » de maladie m’a enlev√©e ma jolie Maminette…

Ma tendre Maminette qui √©tait si douce et si gentille…

****

Mamie, une fine cuisinière :

Je me rappelle d’un souvenir de toi Mamie, o√Ļ tu √©tais install√©e √† une table, √† l’int√©rieur de ta cuisine ; tu √©tais en train d’√©craser des cacahu√®tes grill√©es dans un mortier, afin de les r√©duire en poudre (un mortier et un pilon en pierre que tu avais pr√©cieusement ramen√© de ta terre natale : Madagascar).

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Mortier et pilon en pierre

Dans cette cuisine, je revois encore tr√®s clairement ;¬†cette sc√®ne de toi, o√Ļ √† travers la vitre d’une fen√™tre, filtrait un petit rayon de soleil, venant illuminer ton doux et joli visage, ainsi que toute ta personne…

Un bien joli tableau, que cet instant l√† !¬†dont je n’oublierai jamais…(dommage que je n’ai pas pu immortaliser cet instant magique, par une photographie).

Et donc tu continuais tranquillement √† piler les cacahu√®tes…

Puis, une fois que celles-√ßi furent r√©duites en p√Ęte ; tu pr√©paras ton fameux « rougail cacahu√®tes » (sans doute un de tes p√©ch√©s mignons dont tu raffolais tant et qui provenait de tes origines r√©unionnaises).

C’est vrai que c’√©tait tr√®s bon !

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Ma Mamie aimait beaucoup faire la cuisine et autrefois lorsqu’elle habitait √† Namakia avec mon Papy et leurs enfants, il lui arrivait souvent de faire les recettes suivantes :

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  • Poulet au coco,
  • R√īti de porc aux pois du Cap,
  • Br√®des mafanes ou Romazava,

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Pois du Cap cru

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Pois du Cap en sauce

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Brèdes mafanes

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Romazava

  • Rougail pistaches,
  • Rago√Ľt de viandes de boeuf aux bananes vertes et au lait de coco,
  • Eminc√©s de viandes de pot au feu aux confits d’oignons d√©glac√©s au vinaigre de vin,
  • Grains de ma√ģs bouillis au lait sucr√©,
  • G√Ęteaux de patates douces,
  • Beignets de manioc,

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Bananes vertes

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G√Ęteau de patates douces

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Les bonnes confitures de ma Mamie qu’elle concoctait elle-m√™me :

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  • Confiture de tamarin,
  • Confiture de mangue,
  • Confiture de papaille,
  • Confiture de goyave,
  • Confiture de z√©vi,

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Tamarins

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Voici des Zévis

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Goyaves

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C’est Maman qui m’a racont√© tous les souvenirs culinaires de sa m√®re car elle aimait bien la regarder cuisiner (lorsqu’elle vivait chez ses parents √† Namakia) et du coup en l’observant, elle m√©morisait et apprenait chaque recette de celle-√ßi.

D’ailleurs ce f√Ľt gr√Ęce √† ses parents que ma Maman tomba tr√®s t√īt dans la marmite de la passion culinaire et c’est pour cela qu’elle cuisine autant bien aujourd’hui…

En ce qui me concerne, je n’ai vraiment pas de talent en la mati√®re mais je dois avouer que la cuisine m’int√©resse alors peu que peu j’apprends beaucoup √† travers ma Maman…

****

Souvenir gravé dans mon coeur :

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Je me rappelle aussi d’un autre souvenir de toi, Mamie, o√Ļ tu m’avais donn√© un bien joli cadeau ; une petite gourmette en or.

Je m’en souviens encore comme si c’√©tait hier…

Tu me l’avais offerte comme √ßa ; sans occasion particuli√®re…(ce n’√©tait pas mon anniversaire)

Et je me rappelle encore de ce que tu m’avais dit¬†lorsque tu m’avais mis la gourmette autour de mon poignet :

« C’est pour toi…√ßa te portera bonheur C√©cile…Je te la donne car tu es une gentille fille comme ta Maman et que tu es si jolie…tu es comme une poup√©e… »

Puis tu m’avais tendrement embrass√© sur la joue…

Je n’oublierai jamais ce beau moment de complicit√© entre toi et moi ma Maminette Ch√©rie…

Je me rappelle qu’√† cette p√©riode, je devais bien avoir 8 ou 9 ans lorsque tu m’avais donn√© ce joli bracelet.

Ce jour-l√†, je me souviens que tu m’avais fait un grand honneur en me l’offrant comme √ßa, juste par amour envers moi…

Mais ce qui est le plus triste dans cette belle histoire ma ch√®re Maminette Ch√©rie ; c’est que j’ai eu la malchance de perdre ce joli bracelet auquel je tenais tant…et je ne sais comment d’ailleurs…

Un jour, je m’√©tais aper√ßue qu’il n’√©tait plus attach√© √† mon poignet et prise de panique j’ai bien essay√© de le chercher partout en me disant que je finirais bien par le retrouver mais non il s’√©tait volatilis√© √† jamais…

Alors, j’ai d√Ľ me r√©soudre au pire : le bracelet √©tait tomb√© quelque part ; je ne sais dans quel endroit ; bref il √©tait bel et bien perdu dans la nature et c’√©tait une certitude que je ne le retrouverais plus jamais…

D’ailleurs, je m’en √©tais beaucoup voulue¬†(jusqu’√† aujourd’hui d’ailleurs…) de l’avoir perdu car cette gourmette repr√©sentait tellement pour moi…

Non seulement par sa mati√®re pr√©cieuse (en or) mais aussi par ce qu’il en √©manait un lien profond qui me rattachait √† toi, ma douce Mamie…

Aujourd’hui je ne poss√®de peut-√™tre plus ce joli bijou mais je garderai toujours et √©ternellement ce beau souvenir de toi…

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Et telle une gourmette sur laquelle on y graverait son pr√©nom ; je tiens √† te dire ma douce Maminette que je graverai √† jamais dans mon coeur ; cette belle image de toi, m’offrant ce merveilleux cadeau…

Je t’aime Mamie et je ne t’oublierai jamais. Ta petite fille : C√©cile

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Cliquez sur ce lien si vous souhaitez √©couter la musique que j’ai concoct√© pour ma Grand-M√®re maternelle :

MUSIQUE DE MA MAMIE

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Alors vous l’aurez compris ; voil√† pourquoi je souhaitais absolument rendre hommage √† mes grands-parents maternels afin de leur dire tout simplement que je les aime et que je ne les oublierai jamais….

Th√©odore Peyre De Lescure : Mon Papy

Pour toi, Papy :

Je d√©die cette page √† mes grands-parents maternels qui me manquent vraiment beaucoup…

Je souhaitais leur rendre cet hommage afin de leur dire √† quel point je les trouvais formidables…

Je les regrette √©norm√©ment…

Je sais qu’ils me regardent de l√† ou ils se trouvent et je me dis qu’ils auraient √©t√© fiers de moi ; de la personne que je suis devenue…

En effet, ils n’ont pas eu le temps de me conna√ģtre davantage ; ce que je regrette infiniment car ils sont partis beaucoup trop t√īt…

Lorsqu’ils sont partis,¬†ma famille et moi √©tions √† l’√©tranger (Guin√©e puis Tchad).

En ce qui concerne leur d√©c√®s : j’√©tais √Ęg√©e de 11 ans lorsque ma Mamie est d√©c√©d√©e (Je vivais en Guin√©e) et j’avais 15 ans lorsque mon Papy nous a quitt√© (Je vivais au Tchad).

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Mon Grand-Père maternel :

Mon grand-père maternel : Théodore Peyre De Lescure est né à Tuléar (ses origines sont : Réunionnaise et de Vendée, France).

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Carte Google de Tuléar

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Ile de la Réunion

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Mon Papy est d√©c√©d√© en France, dans un tragique accident de voiture (il avait √©t√© victime d’un mauvais conducteur qui s’√©tait arr√™t√© √† un virage et qui plus est par un mauvais temps de brouillard).

Et par le comportement inadmissible et tr√®s dangereux de ce chauffard, mon Grand-P√®re en est mort…

C’est pourquoi, je trouve totalement injuste qu’il soit parti de cette mani√®re et de fa√ßon si brutal…

Mais ce que je trouve encore plus injuste ; c’est qu’il nous ait quitt√© comme √ßa sans m√™me pouvoir nous dire un dernier au-revoir…

Mon tendre Papinet √©tait un homme tr√®s costaud pour son √Ęge et il avait vraiment une sant√© de fer.

Il avait une tr√®s bonne hygi√®ne de vie et je suis s√Ľr qu’il aurait v√©cu tr√®s certainement, centenaire !

Mon Papinet était un homme droit, intègre avec des valeurs familiales.

Dot√© d’un caract√®re fort √† toute √©preuve et d’un esprit tr√®s vif, mon Papinet √©tait toujours tr√®s actif pour son √Ęge (82 ans).

En effet, il adorait faire la cuisine¬†et comme tout passionn√© d’art culinaire, il se r√©veillait toujours tr√®s t√īt afin de pouvoir concocter tous ses bons petits plats.

Et je peux vous dire qu’il cuisinait vraiment tr√®s bien ! un v√©ritable cordon bleu !

Je me souviendrai toujours des bons petits plats qu’il nous mitonnait √† mes parents, mon petit fr√®re et moi lorsqu’on venait lui rendre visite dans son appartement.

Je sens encore toutes ces bonnes odeurs qui me donnaient l’eau √† la bouche.

Un souvenir culinaire qui me frappe encore particulièrement : Ses fameux steaks de boeuf au poivre noir accompagnés de riz blanc, de pommes de terre sautées et de brèdes mafanes.

Hum ! un pur r√©gal des papilles…

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Les fameuses brèdes mafanes

Et il pouvait lui arriver √©galement de faire un confit d’oignons d√©glac√© au vinaigre de vin en guise de condiment afin de rehausser ses plats…

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Hum…et je peux vous dire que son confit √©tait vraiment tr√®s go√Ľteux…

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Mais évidemment pas de plats sans pili-pili (piment) ou piments antillais, comme diraient mon Papy, ma Mamie ou encore ma Maman.

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Il est vrai qu’√† ce sujet, en ce qui me concerne, je pr√©f√®re agr√©menter mes plats de sauce Tabasco (made in USA) car le pili-pili ou le piment antillais sont trop forts pour moi.

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C’est vrai que pour ce coup-l√†, je n’ai pas du tout suivi ma m√®re ou mes grands-parents…

Mais apr√®s tout, peu importe le type de piment que l’on mange, du moment qu’il soit assez fort pour √©veiller nos sens et nos papilles et le tour est jou√©, non ?

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Voici le piment Antillais

Et pour parfaire ce repas si go√Ľteux,¬†mon Papinet concoctait aussi en guise de dessert : de succulents beignets de bananes.

Ah ! ses fameux beignets de bananes ! un vrai d√©lice…

****

C’est pour vous dire √† quel point mon Papy avait vraiment une passion certaine pour la cuisine et que parmi tous ses talents culinaires, il aimait bien aussi cuisiner les mets suivants :

  • Poissons frits en carry aux margozes,
  • Rougail tomates,
  • Rougail d’oignons,
  • Rougail de margozes (pour accompagner tous les plats)

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Voici des margozes

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Une margoze coupée en deux

  • Confit d’oignons √©minc√©s et d√©glac√© au vinaigre de vin (se d√©guste en accompagnement de viandes rouges et de l√©gumes),
  • Eminc√©s de viandes de pot au feu, aux confits d’oignons d√©glac√©s au vinaigre de vin.

****

Souvenir de mon Papy :

Matin bonheur :

Je me rappelle des bons petits déjeuners lorsque ma famille et moi séjournions chez mon Papy et ma Mamie.

Je m’en souviens encore comme si c’√©tait hier…

Je me r√©veillais le matin et je sentais d√©j√† les bonnes odeurs de pains grill√©s, de croissants et de caf√©…

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Lorsque j’aper√ßevais la grande table de la salle √† manger avec toutes ces merveilles, je n’avais qu’une h√Ęte, m’installer √† table et d√©guster enfin toutes ces petites douceurs.

J’adorais boire le bon lait au chocolat « Nesquik »¬†tout en croquant de belles tartines de pain beurr√©es, croustillantes √† souhait et bien napp√©es de confiture d’abricots ou de cerises griottes.

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C’√©tait v√©ritablement pour moi, un pur r√©gal…

J’√©tais tellement gourmande, qu’il pouvait m’arriver de manger 3 ou 4 belles tartines, accompagn√©es d’un bon croissant bien chaud.

Et parfois mon Papy pouvait m√™me nous faire quelques cr√™pes car il voulait nous faire plaisir, tout simplement…

Hum ! de quoi me rendre encore plus gourmande !

Pour vous dire √† quel point j’adorais prendre les petits d√©jeuners chez mes grands-parents !

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Je n’oublierai jamais ces merveilleux petits d√©jeuners entour√©s de mes Grands-parents, de mes parents, de mes deux oncles (Francis et Christian) ainsi que de mon petit fr√®re.

Pour moi, ces petits d√©jeuners repr√©sentaient de grands moments de joies et d’all√©gresses…

Ces matins l√†, resteront √† jamais grav√©s dans mon coeur car ils respiraient tout simplement le bonheur….

****

Un autre souvenir de mon Papinet :

Tendre Snorky :

Je me souviens de toi Papy, lorsque tu nous avais fait une petite surprise à mon petit frère et à moi lorsque nous étions venus te rendre visite (A cette époque là je devais avoir 9 ans et mon petit frère devait bien avoir 7 ans).

Ce jour-là (un jour tout à fait ordinaire), tu nous avais réuni dans ton salon et tu nous avais dit :

« Les enfants, j’ai une petite surprise pour vous. J’esp√®re que vous aimerez. Tenez c’est pour vous… »

Puis tu avais d√©pos√© sur la table √† manger deux adorables peluches qui repr√©sentaient des « Snorky ». En d√©signant du doigt l’une d’elles, tu m’avais dit :

« Tiens C√©cile, cette peluche l√†, est pour toi… »

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Une petite parenth√®se s’impose avant de continuer mon histoire :

Les Snorky sont des petites créatures sous-marines colorées, toujours prêtes à aider en cas de problème.

Elles disposent d’une sorte de tuba sur la t√™te dont elles se servent pour avancer sous l’eau.

Les Snorky √©tait une s√©rie t√©l√©vis√©e d’animation Am√©ricaine, diffus√©e √† la TV dans « le club doroth√©e » durant les ann√©es 84 √† 89).

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****

Puis tu avais donné à mon frère la seconde peluche en lui disant :

« Tiens Olivier, √ßa c’est pour toi… »

Mais ce que tu ignorais encore mon petit Papinet ; c’est que tu avais fait une l√©g√®re erreur en me donnant la peluche qui se nommait « Astral ».

En effet, tu avais confondu¬†les deux peluches en pensant sans doute que la peluche « Astral » devait √™tre une fille et que la peluche « Daphn√© » devait √™tre « un gar√ßon » (Il faut dire que leurs pr√©noms respectifs n’√©taient pas indiqu√©s).

Et cela n’avait pas √©chapp√© non plus √† mon petit fr√®re¬†qui s’√©tait vite empress√© de te dire :

« Papy, tu t’es tromp√©. Tu m’as donn√© « la Snorky fille ». Et √† C√©cile, tu lui as donn√© le gar√ßon… »

Ah ! mon petit Papy, tu ne pouvais pas savoir et je me rappelle que tu nous avais même dit :

« Ah bon ? je savais pas du tout. D√©cid√©ment, je ne suis pas trop √† la page sur ce genre de chose… »

Et je me rappelle que mon fr√®re et moi, on t’avait r√©pondu presque en m√™me temps :

« Mais Papy, c’est pas grave du tout. Il suffit qu’on s’√©change les peluches »

Aussit√īt dit, aussit√īt fait,¬†mon fr√®re et moi s’√©tions √©chang√©s les peluches et ce fut avec un large sourire que l’on vint t’embrasser afin de te remercier.

Et ce fut à ce moment là que tu nous dis en souriant :

« Alors √ßa vous pla√ģt les enfants ? je suis bien content. Par contre je savais pas du tout qu’il y avait des filles ou des gar√ßons dans ces peluches l√† »

Oui, ce jour-là, tu ne le savais peut-être pas mon Papy adoré mais tu nous avais fait une bien jolie surprise à mon petit frère et à moi.

Une très belle attention de ta part qui nous avait beaucoup touchés.

C’est vrai qu’elles √©taient bien mignonnes ces petites peluches !

Merci encore pour tous ces petits moments de bonheur, Papinet !

Tu me manques tellement ! Je ne t’oublierai jamais.

Je t’aime Papinet. Ta petite fille C√©cile.

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Cliquez sur ce lien pour écouter la musique de mon Grand-Père maternel :

MUSIQUE DE MON PAPY

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Alors vous comprendrez √† quel point, pourquoi je souhaitais absolument rendre hommage √† mes grands-parents maternels afin de leur dire tout simplement que je les aime et que je ne les oublierai jamais….

 

Ce jour : Deuxi√®me partie

LES 3 TIGROS

Jessica gara sa voiture dans l’√©troite ruelle qui √©tait quasi d√©serte √† cette heure de la matin√©e.

Il √©tait 08h30 et le soleil √©tait d√©j√† tr√®s ardent mais fort heureusement, aujourd’hui, il y avait pas mal de vent et c’√©tait assez agr√©able par rapport √† hier.

Jessica avait d√©cid√© de venir beaucoup plus t√īt afin de pouvoir bien profiter de ce jour.

Pour cela elle avait tout pr√©vu : une petite gla√ßi√®re remplie de deux accumulateurs, 3 bouteilles d’eau qu’elle avait pris le soin de congeler au pr√©alable afin que la bo√ģte de sorbet au cassis qu’elle adorait tant resta bien gla√ß√©e ainsi que les quelques victuailles tels que : petits sandwichs aux concombres et tomates assaisonn√©s de sauce vinaigrette aux herbes.
Oui, Jessica comptait bien en profiter au maximum ; √©tant donn√© que c’√©tait son dernier jour de cong√©s.

Cette nuit, durant son sommeil, elle n’avait cess√© de r√™ver √† sa fameuse rencontre d’hier : L’inconnu et son petit chaton si adorable.

C’√©tait tout de m√™me incroyable toute cette histoire : un chaton qui s’√©tait √©gar√© juste sur la plage o√Ļ elle se trouvait et dont elle avait pris l’habitude de s’y pr√©lasser depuis d√©j√† une semaine et puis cet homme qui √©tait venu vers elle et qui lui avait demand√© de d√ģner avec lui pour la remercier d’avoir retrouv√© son chat.

Oui, quelle histoire !!!

De toute fa√ßon, elle avait cess√© de r√™ver et ne croyait plus du tout au Prince charmant. Non, cette p√©riode √©tait belle et bien r√©volue et ce depuis pas mal d’ann√©es.
Jessica restait toujours méfiante surtout en ce qui concerne les hommes. Elle préférait garder la tête froide et elle avait bien raison.

Ne dit-on pas qu’il vaut mieux √™tre seule que mal accompagn√©e ?
Mais cette fois-çi il y avait quelque-chose de nouveau qui semblait faire changer le point de vue de Jessica.

Un ce je ne sais quoi de diff√©rent et dont elle n’arrivait pas elle-m√™me √† comprendre.

Elle se sentait happ√©e par cette √©motion qui la bouleversait et si c’√©tait un signe du destin ? √ßa peut exister ?? oui ? non ?
Enfin bref, de toute fa√ßon elle verrait bien la tournure des choses. Surtout ne rien laisser para√ģtre. Rester sur ses gardes et ne plus y croire. C’est la plus sage des d√©cisions.

Elle n’avait qu’un seul objectif : terminer bien agr√©ablement ses vacances √† la mer et au passage adopter un petit chaton puisque cet homme le lui proposait alors pourquoi ne pas accepter l’offre ?¬†

Sur ces belles pens√©es, Jessica s’extirpa de son v√©hicule en prenant son grand sac de plage qui lui rappelait l’histoire du chaton qu’elle avait transport√© la veille √† l’int√©rieur.

Jessica aimait bien ce sac de couleur bleu ciel qui allait parfaitement avec sa tenue vestimentaire d’aujourd’hui : petit top blanc √† petites fleurs bleues et roses et fines bretelles crois√©es dans le dos avec un bermuda bleu pastel uni. Un look confortable et d√©contract√© qui lui allait √† r√Ęvir et sans oublier ses tongues qui lui rappelaient Chenapan en train de les mordiller gentiment.
En se remémorant ce souvenir, elle se mit à sourire.

Bon, il ne fallait pas trop qu’elle tra√ģne. Elle regarda sa montre : il √©tait exactement 09h00 et les magasins aux alentours commen√ßaient √† peine √† ouvrir leurs portes.

Il √©tait encore trop t√īt pour faire du shopping et inutile d‚Äôemmener avec elle la petite gla√ßi√®re qui l‚Äôencombrerait plus qu‚Äôautre chose. Mieux valait la laisser encore dans le coffre de la voiture.

Jessica d√©cida d’aller se promener le long de la plage c√īt√© promenade des Anglais car c’√©tait l’une des plus belles avenues de cette petite ville portuaire.

Elle marchait tranquillement en admirant les alentours¬†puis elle aper√ßut un banc vide qui faisait face √† l’oc√©an alors elle d√©cida de s’y asseoir quelques instants.

Le vent du large lui soufflait doucement dans les cheveux et l’air sentait bon les embruns.
Il faisait d√©j√† tr√®s chaud mais c’√©tait tellement bien ventil√© que c’√©tait agr√©able.

Jessica adorait l’oc√©an depuis toujours. Cela lui rappelait de merveilleux souvenirs d’enfance qu’elle aimait bien se rem√©morer en venant se balader ici.

La vue était parfaite. La mer méditerranée bleue marine si lisse comme une ardoise. La plage de sable fin doré quasi déserte mis à part quelques touristes par çi par là et des mouettes blanches qui volaient dans le ciel bleu azuré ; sans oublier le soleil à son zénith qui illuminait ce magnifique cadre.

Oui, tout était parfait sauf que ce soleil si magnifique soit-il commençait sérieusement à cogner.

Vite, il valait mieux qu’elle mette sa casquette √† visi√®re pour se prot√©ger la t√™te ainsi que ses jolies lunettes bleut√©es.

Mais √† peine, avait-elle gliss√© la main √† l’int√©rieur de son sac de plage ; Jessica eut un sursaut lorsqu’elle entendit une voix l’interpeller dans son dos.

‚ÄúBonjour Jessica !!‚ÄĚ

C’√©tait l’inconnu d’hier apr√®s-midi et il se tenait l√† devant elle avec son √©ternel ¬†large sourire.¬†

Cette fois-çi il portait des lunettes de soleil très sombres qui lui cachaient les yeux et pas de casquette bleue marine.

Son t-shirt noir moulant √† manches courtes faisait appara√ģtre un torse muscl√© d’o√Ļ on pouvait lire devant : les inscriptions suivantes en caract√®res blancs et gris : La vie est belle !!!

Il portait un bermuda long de couleur beige sable avec des tennis blanches. Un look tr√®s d√©contract√© qui lui allait plut√īt bien‚Ķ

Jessica¬†pouvait sentir les effluves de son eau de toilette enivrante qui ressemblait fortement √† celle de Chrome Intense d’Azzaro : frais, √©pic√© et bois√© avec une pointe de menthe glac√©e. Des fragrances qu‚Äôelle aimait bien‚Ķ

Ce qui ne faisait que rajouter un c√īt√© tr√®s sexy √† ce s√©duisant trentenaire.

Thierry lui serra la main puis lui demanda :

‚ÄúPuis-je m’asseoir pr√®s de vous ?‚ÄĚ

‚Äúheu… oui biens√Ľr‚Ķ‚ÄĚ r√©pondit Jessica.

Elle poussa son sac de plage vers elle afin de lui céder la place.

‚ÄúJe vous ai vu au loin. J’√©tais en train de faire ma petite promenade matinale avant d’aller travailler. Vous allez bien ?‚ÄĚ

‚ÄúOui tr√®s bien, merci. Je me baladai un peu dans le coin avant de venir dans votre restaurant.‚ÄĚ

‚ÄúJe pensais que vous ne viendriez pas. Je suis content que vous soyez venu comme convenu pour venir chercher votre chaton. Cela me fait vraiment plaisir de vous revoir. Sinc√®rement.‚ÄĚ

‚ÄúC’est tr√®s gentil √† vous de me donner un chaton. J’adore tellement les chats. C’est une passion que j’ai depuis toute jeune.‚ÄĚ

‚ÄúEt bien en ce qui me concerne, c’est pareil. J’aime beaucoup les chats. Ils sont tellement adorables. Comme je le vous disais hier, j’ai une chatte qui s’appelle Blanchette et qui a eu une port√©e de 5 chatons il y a deux mois et j’essaye de trouver des personnes qui aimeraient bien les adopter car je ne peux pas tous les garder √† part mon petit Chenapan dont je me suis tout de suite, pris d’affection.‚ÄĚ

‚ÄúIl est vraiment beau votre Chenapan et tr√®s espi√®gle. Hier, il mordillait une de mes tongues puis il avait jou√© avec les franges de mon par√©o. Vous avez bien raison de le garder.‚ÄĚ

‚ÄúOui, merci. Je l’adore mais si je ne m’y √©tais pas autant attach√©, je vous assure que je vous l’aurais bien donn√©.‚ÄĚ

‚ÄúMais non √ßa va. Ce n’est pas grave du tout, je vous assure. Cela ne me fait rien d’en choisir un autre et puis j’aime tous les chats.‚ÄĚ

‚ÄúOk merci. »¬†

Thierry retira ses lunettes de soleil et se passa la main dans les cheveux mais les m√®ches rebelles et dor√©es lui retomb√®rent aussit√īt sur le front.

‚ÄúVous venez souvent ici ? Vous √™tes en vacances ?‚ÄĚ demanda t-il.

‚ÄúCela fait une semaine que je viens ici car je suis effectivement en cong√©s mais aujourd’hui c’est mon dernier jour. D√®s Lundi je reprend le chemin du travail.‚ÄĚ

‚ÄúC’est vrai ?? et dire que j’aurais pu vous manquer si Chenapan n’√©tait pas all√© √† votre rencontre.‚ÄĚ

Jessica regarda un bref instant les yeux bleus turquoises qui la fixaient puis détourna la tête en ne sachant quoi lui répondre.

‚ÄúExcusez-moi, je ne voulais pas vous g√™ner mais vous √™tes si belle et je ne peux pas repousser mes sentiments. Je n’ai pas cess√© de penser √† vous hier soir, √† notre rencontre gr√Ęce √† Chenapan. Rien n’√©tait pr√©m√©dit√©. Je me disais m√™me que vous ne reviendriez plus jamais et cela me tourmentait. Je suis s√©rieux‚Ķ‚ÄĚ

‚ÄúMais on se conna√ģt √† peine. Vous ne me connaissez pas‚Ķ‚ÄĚ

‚ÄúJe ne vous connais pas. C’est vrai. Mais je vous vois telle que vous √™tes et vous me plaisez beaucoup et peu importe tout le reste. Je suis c√©libataire depuis 6 mois et je recherche la femme de ma vie. Pas un simple flirt sans lendemain. J’ai essuy√© pas mal d’√©checs √† ce sujet. Je ne me jette pas sur n’importe qui comme √ßa tous les jours. Je ne suis pas un cavaleur m√™me si vous avez l’air de penser le contraire. Et encore une fois, je ne pense pas me tromper sur vous.‚ÄĚ

Jessica ne savait plus trop o√Ļ elle en √©tait ; subitement tout allait trop vite et elle ne savait quoi lui r√©pondre √† ce moment l√† puis enfin, prenant son courage √† deux mains elle lui dit :

‚ÄúVous semblez sinc√®re mais je pr√©f√®re prendre mon temps. J’esp√®re ne pas vous froisser.‚ÄĚ

‚ÄúMais bien au contraire. Je suis d’une nature patiente et d’instinct je sais si je peux me fier √† telle ou telle personne. Mais je vous comprends tout √† fait. Je ne suis qu’un √©tranger. Nous apprendrons √† nous conna√ģtre au fur et √† mesure. Mais en attendant, que diriez vous de choisir votre chaton ? Mon restaurant est √† deux p√Ęt√©s de maisons d’ici. Allons y si vous le voulez bien. Qu’en pensez-vous ?‚ÄĚ

‚ÄúOui avec plaisir. Je veux bien.‚ÄĚ

Ouf ! Jessica fut soulag√©e. Sauv√©e par le gong ; elle choisirait le chat puis dispara√ģtrait au plus vite.

Tous deux marchaient tranquillement, c√īte √† c√īte parmi la foule qui commen√ßait √† envahir les petites rues qui menaient √† la plage.

‚ÄúVoil√†, nous y sommes. Voici le restaurant dont je vous parlais. Je g√®re le resto depuis d√©j√† 4 ans. C’est un patrimoine familial que mes parents tenaient durant 30 ans. A pr√©sent ils sont des retrait√©s et c’est moi qui en suis le principal propri√©taire. C’est beaucoup de travail mais je suis fier de cette succession familiale.‚ÄĚ

Thierry entra√ģna Jessica √† l’int√©rieur de la grande salle climatis√©e du restaurant comportant une grande et large baie vitr√©e qui donnait sur une vue panoramique du bord de mer. Vraiment splendide !

Les couverts étaient déjà disposés sur chacune des tables rondes habillées de nappes blanches et agrémentées de petits vases de fleurs de bougainvilliers rose fushia.

La salle √©tait d√©cor√©e avec beaucoup de go√Ľt et on pouvait entendre les premi√®res notes musicales de ‚ÄúSong of Ocarina‚ÄĚ provenant des 4 hauts-parleurs fix√©s √† des supports murales tout autour de la pi√®ce.

Cette musique était vraiment belle et était parfaitement adaptée au cadre du restaurant. Décidément cet homme avait tout pour plaire.

« Vous aimez cette musique Jessica ?

« Oui beaucoup, j’ai d’ailleurs son album. C’est bien de Di√©go Mondena, n’est ce pas ?‚ÄĚ

‚ÄúOui, en effet. Je vois que nous avons pas mal de points communs.‚ÄĚ

Jessica esquissa un petit sourire. Oui il n’avait pas tort.

Des effluves d‚Äôoignons frits commenc√®rent √† s’√©chapper de la cuisine. Ca sentait tr√®s bon.

‚ÄúC’est mon meilleur ami et associ√© qui est d√©j√† aux fourneaux. C’est vrai qu’il est d√©j√† 11h00. Comme le temps passe vite. Il est en train de pr√©parer les crabes farcis ; la sp√©cialit√© de la maison. Venez, je vais vous le pr√©senter.‚ÄĚ

Jessica suivit Thierry dans un étroit corridor qui menait à la cuisine.

‚ÄúEt voici Vincent, le Chef cuisinier de notre √©tablissement. Vincent, je te pr√©sente Jessica. La personne dont je t’ai parl√© hier.‚ÄĚ

‚ÄúBonjour Mademoiselle. C’est un plaisir de vous conna√ģtre. C’est vous qui avait retrouv√© Chenapan ! encore merci. Je suis en train de cuisiner des crabes farcis, comme vous pouvez le voir.‚ÄĚ

‚ÄúOui et je trouve que √ßa sent tr√®s bon.‚ÄĚ

‚ÄúMerci √† vous.‚ÄĚ

Vincent portait une toque et un tablier blanc nou√© √† la taille, macul√© d’√©claboussures de sauce tomate. Il avait de l’embonpoint au niveau du ventre et ses yeux √©taient noirs comme des olives.

Son visage √©carlate, sans doute d√Ľ √† la chaleur des cuissons des diff√©rents mets qui mijotaient doucement dans plusieurs grandes et hautes casseroles, affichait n√©anmoins un large sourire bien sympathique.

On pouvait ressentir qu’il aimait bien faire la cuisine et que c’√©tait un bon vivant.

Il est vrai que toutes ces odeurs culinaires ne pouvaient que vous mettre en app√©tit et √† n’en pas douter le fameux crabe farci, sp√©cialit√© de la maison devait √™tre une pure merveille des papilles.

‚ÄúOn va te laisser mon cher Vincent. Je vais dans la v√©randa avec Jessica pour lui faire montrer les chatons.‚ÄĚ

‚ÄúOK, je retourne aux fourneaux. Au-revoir Jessica et √† bient√īt, j’esp√®re !!! Ce fut un plaisir de vous rencontrer. Je vous souhaite une belle journ√©e.‚ÄĚ

‚ÄúMerci beaucoup !! Pour moi aussi ce fut un plaisir. Au-revoir et bonne continuation !‚ÄĚ

Jessica et Thierry quitt√®rent la cuisine et se retrouv√®rent √† l’int√©rieur de la jolie v√©randa vitr√©e qui donnait √©galement vue sur la mer.

‚ÄúVenez Jessica, je vais enfin pouvoir vous faire montrer nos adorables chatons. Ils sont l√†, dans cette caisse.‚ÄĚ

Soudain elle sentit une petite morsure tr√®s l√©g√®re √† la cheville et elle ne put s’emp√™cher de sursauter.

C’√©tait Chenapan, toujours autant espi√®gle celui-l√† !

‚ÄúH√© !!‚ÄĚ s’√©cria Jessica. « Tu veux jouer avec moi ? »

Thierry éclata de rire.

‚ÄúJe crois bien qu’il en a apr√®s vos pieds !! C’est un petit joueur ce Chenapan !! Mais dis donc toi, tu vas arr√™ter d’emb√™ter Jessica !‚ÄĚ

Jessica sourit. Décidément ce Chenapan portait bien son nom !
Elle se rapprocha de la caisse et vit les 4 autres chatons qui jouaient ensemble.¬†Qu’ils √©taient beaux ! Mais son regard fut attir√© par l’un d’entre eux qui √©tait tout blanc avec des yeux gris-bleus comme Chenapan.
Jessica prit le chaton dans ses bras et commença à lui caresser la tête.

‚ÄúJe vois que vous avez fait votre choix. C’est un m√Ęle comme Chenapan. Les 3 autres sont des femelles.‚ÄĚ

Jessica souriait. En effet elle venait de faire son choix.

‚ÄúJe l’adore d√©j√†. J’aime sa couleur toute blanche et il a vraiment de magnifiques yeux !‚ÄĚ

‚ÄúOui vous avez raison. Et celui-l√† est tr√®s doux, il n’est pas comme Chenapan.

Il est disons plus calme et tr√®s calin. Je pense en effet que vous avez fait un excellent choix.‚ÄĚ

Jessica ne cessait de caressait le petit ventre tout chaud du chaton qui fermait les yeux et ronronnait bruyamment.

‚ÄúJe ne sais comment vous remercier. Il est vraiment tr√®s beau et j’en r√™vai d√©j√† depuis longtemps d’en adopter un. C’est vraiment tr√®s gentil de votre part.‚ÄĚ

‚ÄúMais de rien Jessica !! C’est un r√©√®l plaisir !!!‚ÄĚ

Et voil√† que les yeux bleus turquoise recommen√ßaient √† nouveau √† la regarder avec insistance ; ce qui avait tendance √† la rendre nerveuse, si bien qu’elle se cramponnait √† ce chaton pour se donner une certaine contenance.

‚ÄúEt bien je pense que je vais vous laisser √† pr√©sent. Je vais devoir rentrer et ce sera mieux pour le chaton afin qu’il puisse s’acclimater √† son nouvel environnement‚ÄĚ

‚ÄúD√©j√† !‚ÄĚ s’exclama aussit√īt Thierry.

Il se rapprocha davantage d’elle.

‚ÄúVous voulez d√©j√† vous enfuir et me laisser. Vous me plaisez tellement. Je vous en prie, ne partez pas encore. J’aimerai vous inviter √† d√©jeuner pour ce midi. Je demanderai √† ma soeur de me remplacer. Je vous emm√®nerai ailleurs pour cette occasion. Je connais un petit restaurant qui fait d’excellentes moules marini√®re avec des frites faites maison ; que vous m’en direz des nouvelles. On peut y aller √† pied. Le restaurant n’est pas tr√®s loin d’ici. Vous aimez les moules ?‚ÄĚ

‚ÄúOui j’aime bien mais je ne veux pas vous ennuyer plus‚Ķ‚ÄĚ

‚ÄúMais point du tout. Cela me ferait tr√®s plaisir au contraire. Et puis, √ßa ne vous engage √† rien. Il s’agit juste d’un d√©jeuner et ensuite vous jugerez de ne plus jamais me revoir si vous le souhaitez.‚ÄĚ

Jessica se sentait toute b√™te. Oui apr√®s tout il avait raison. Cela n’engageait √† rien. Alors pourquoi pas ? Et puis elle aimait beaucoup les moules marini√®res. Au diable sa glaci√®re qui √©tait rest√©e dans le coffre de sa voiture !

‚ÄúAlors c’est oui ? Je suis content. Merci d’accepter. Je vais t√©l√©phoner √† ma soeur. Excusez-moi, je reviens dans quelques minutes. Vous pouvez red√©poser le chaton dans la caisse puis vous le reprendrez plus tard.‚ÄĚ

‚ÄúD’accord‚ÄĚ r√©pondit Jessica.

Thierry lui sourit puis disparu √† l’int√©rieur de la grande salle du restaurant.
Jessica ne pouvait plus s’√©chapper et en m√™me temps elle n’y tenait pas tant que √ßa. Il √©tait non seulement bel homme mais il √©tait aussi tr√®s galant ; un vrai gentleman comme on en trouve peut et puis il lui plaisait bien.

Cette fois, elle en √©tait certaine, ce serait sans doute lui l’homme de sa vie.
Thierry réapparut.

‚ÄúVoil√† c’est fait ! On peut y aller Jessica.‚ÄĚ

‚ÄúJe viens‚ÄĚ r√©pondit-elle dans un demi-sourire tout en regardant le petit chaton tout blanc qu’elle venait de d√©poser √† terre et qui semblait lui miauler √† son intention :

‚ÄúVas y, c’est une personne formidable, n’ai pas peur !! le grand amour est devant toi. Suit le, tout simplement.‚ÄĚ

Et ce fut en cette belle journée ensoleillée de mois de Juillet que Jessica suivit Thierry pour ne plus jamais le quitter.

Tel fut le destin de ces deux êtres qui se marièrent 8 mois après leur rencontre.
Pourquoi attendre ? puisqu’ils √©taient faits l’un pour l’autre et que tous deux le savaient d√©j√† depuis longtemps ; d√®s la seconde o√Ļ ils s’√©taient rencontr√© Ce jour.

Ce jour unique et pas comme les autres.

Ce jour de l’amour…

 

Ce jour : Premi√®re partie

BLANCHEUR

Le soleil lui br√Ľlait la peau mais elle profitait de ce moment. Le ciel √©tait d’un bleu limpide sans nuages et ce soleil si br√Ľlant l’aveuglait litt√©ralement si bien qu’elle n’aper√ßut pas le petit chaton qui courait vers elle.

Soudain, elle le vit en train de machouiller une de ses tongues. 

‚ÄúH√© petit chenapan ! Que fais tu ? Tu vas ab√ģmer ma savatte.‚ÄĚ

Le chaton √©tait trop mignon. Son petit museau √©tait d’un blanc immacul√© alors que sa robe √©tait de couleur rouquine : vraiment trop craquant.

‚ÄúEt hop je te tiens mon petit ! Tu fais quoi ici sur cette plage ? Tu t’ais perdu ou bien on t’a abandonn√© ? tu ne portes pas de collier ?‚ÄĚ ¬†

Jessica caressait le doux pelage soyeux de Snoopy. Elle avait d√©cid√© de le garder au cas o√Ļ il aurait √©t√© abandonn√© et elle avait d√©j√† choisi son petit pr√©nom pour lui car elle l’aimait d√©j√† ce petit bout de chou.

‚ÄúTu verras, je prendrais bien soin de toi mon Snoopy et je t’aimerai √©norm√©ment ».

Oui c’√©tait le signe du destin et pourquoi pas ?¬†Apr√®s tout, elle en √©tait presque certaine que personne ne viendrait r√©clamer cette jolie petite boule de poil. Une rencontre des plus improbable mais pour une fois un bien joli cadeau tomb√© du ciel.

Jessica avait un grand sac de plage presque vide alors elle d√©cida d’y installer Snoopy afin que celui √ßi ne puisse pas s’enfuir. Juste le temps de quitter cette plage, de rejoindre rapidement √† pied son v√©hicule qui √©tait stationn√© √† quelques p√Ęt√©s de maison et hop ! le tour √©tait jou√©.

Au d√©but Snoopy eut peur d’√™tre √† l’int√©rieur du grand sac puis il finit par se trouver une occupation en jouant avec les franges de son par√©o l√©g√®rement humidifi√© par l’eau de mer et qui √©tait rest√© en boule tout √† fait au fond parmi toutes ses petites affaires.

Qu’est ce qu’il √©tait joueur ce petit Snoopy !

Jessica √©tait enfin √† l’int√©rieur de sa voiture et elle chantonnait de joie tellement elle √©tait heureuse.

Aujourd’hui √©tait un jour pas comme les autres. Un jour unique ! dont elle n’oublierait jamais.

Soudain quelqu’un tapa sur la vitre c√īt√© passager. C’√©tait un homme coiff√© d’une casquette bleu marine avec des yeux rieurs couleur turquoise qui criait :

‚ÄúMademoiselle ! Heureusement que je suis venu √† temps. Vous avez pris mon petit chaton. Je l’avais perdu ce matin. Je suis vraiment navr√© mais j’aimerais bien le r√©cup√©rer s’il vous pla√ģt ! »

L’homme en question avait un sourire colgate et il semblait √™tre sinc√®re dans ses dires en ce qui concernait le petit snoopy.

Mince alors ! C’√©tait trop beau pour √™tre vrai ! se dit Jessica.¬†Elle ouvrit sa porti√®re et se retrouva nez √† nez avec Monsieur qui avait perdu son chat.‚ÄĚ

Jessica lui dit presque à contre coeur :

‚ÄúSa t√™te est toute blanche et son corps est rouquin. C’est bien votre chat ? ‚ÄĚ

‚ÄúOui‚ÄĚ s’empressa de dire Thierry, tout en lui serrant la main. ‚ÄúC’est bien mon chaton. Je vous ai vu au loin sur la plage en train de mettre Chenapan √† l’int√©rieur de votre sac. Oui c’est son petit nom car il est tr√®s espi√®gle. Je disais donc : j’ai couru mais ensuite il y avait trop de monde et je vous avais perdu de vue puis je vous revois ici dans cette rue. Heureusement, j’aurais pu vous manquer mais ne vous inqui√©tez pas, je pense que vous croyiez qu’il √©tait abandonn√© n’est-ce pas ? Vous vouliez le garder ?‚ÄĚ

‚ÄúJe suis vraiment d√©sol√©e si j’avais su. Tenez, le voici‚ÄĚ s’empressa de r√©pliquer Jessica.

Elle attrapa le petit animal qui n’arr√™tait pas de jouer avec les franges de son par√©o au fond de son sac.

‚ÄúVoil√†. Tenez le.‚ÄĚ

Jessica tendit Chenapan √† son propri√©taire qui s’empressa de le prendre dans ses bras.

‚ÄúMerci beaucoup Mademoiselle. C’est chic de votre part.‚ÄĚ

Jessica regardait le petit chaton se blottir dans les bras de l’homme. Elle √©tait sans voix. Finalement, ce n’√©tait pas un si bon jour que √ßa. Jessica allait s’appr√™ter √† dire au revoir √† l’inconnu quand celui-√ßi lui dit dans un grand sourire :

‚ÄúJ’aimerais vous inviter √† d√ģner ou encore prendre un verre s’il vous pla√ģt. Pour vous remercier d’avoir retrouv√© mon chat.‚ÄĚ

Ses yeux bleus turquoise la dévoraient intensément avec toujours cet éternel sourire de séducteur.

‚ÄúHeu‚Ķmais ce n’est pas n√©cessaire. Je vous assure. Et puis j’avais d√©cid√© de l’adopter comme vous savez.‚ÄĚ

‚ÄúEt je suis certain que vous auriez pris grand soin de lui‚ÄĚ dit l’homme tout en caressant le dos de Chenapan qui lui mordillait le bout des doigts.

‚ÄúJ’aimerais vous inviter. Je m’appelle Thierry et vous ? ‚ÄĚ

‚ÄúC’est Jessica‚ÄĚ dit-elle.

‚ÄúJe suis propri√©taire de ce petit restaurant que vous voyez l√†-bas au bord de la plage et cela me ferait vraiment plaisir de vous inviter √† d√ģner. Il est justement presque 19 heures.‚ÄĚ

‚ÄúMais c’est √† dire que…Je n’habite pas ici et je dois rentrer. Je suis d√©sol√©e. »

‚ÄúBon je n’insiste pas Jessica mais je vois que vous avez l’air d’aimer nos amis les chats. Que diriez vous si je vous offrais un de mes chatons. Il se trouve que ma chatte a eu une port√©e de 5 chatons il y a deux mois et cela me ferait plaisir de vous en offrir un. Vous pourriez le choisir. Les chatons se trouvent sur la v√©randa de mon restaurant.‚ÄĚ

Jessica se mordit la l√®vre inf√©rieure. La tentation d’avoir un petit chaton ou tout simplement refuser. Pourtant elle avait tellement envie d’avoir une petite boule de poil. Que faire ? Accepter l’offre ?

‚ÄúJe vous promets que je n’attend rien en retour si cela vous pose probl√®me. C’est juste que vous m’avez l’air sympathique et que vous √©tiez pr√™te √† me prendre mon petit chenapan alors‚Ķ‚ÄĚ

L’homme souriait sans arr√™t et ne cessait de la regarder avec insistance. Jessica aimait bien son regard mais pas que‚Ķ

Il avait un corps agr√©able et de jolis cheveux blonds dor√©s dont quelques m√®ches rebelles qui lui tombaient sur le front. Mais qu’avait elle ? Non encore un s√©ducteur comme tant d’autres qui voulait sans aucun doute s’amuser et garder un petit souvenir de vacances sur son tableau de chasse.

Jessica d√©cida de refuser l’offre si tentante et fit mine d’ouvrir sa porti√®re. Il fallait qu’elle parte.

Thierry la regardait intensément puis lui dit :

‚ÄúC’est dommage. Pourtant j’√©tais vraiment sinc√®re, vous savez. C’est vrai aussi…je ne vais pas vous mentir, je vous trouve tr√®s belle. D√®s que je vous ai vu…Mais sans doute que je dois vous faire peur d’√™tre si pressant. Pourtant, je ne le fais pas expr√®s. Je pense qu’on pourrait mieux se conna√ģtre. Je pourrais vous donner mon num√©ro de mobile. J’insiste car‚Ķ‚ÄĚ

Le visage de Jessica devint rouge pivoine.

‚ÄúVous me plaisez, c’est tout. Et je recherche une relation s√©rieuse et sinc√®re, pas du tout un petit flirt sans lendemain. J’ai pass√© l’√Ęge‚ÄĚ dit Thierry.

Il la regardait toujours autant intensément mais il ne souriait plus ; son visage était grave.

Jessica lui répondit en bafouillant :

‚ÄúHeu… je ne sais que vous dire mais par contre je voudrais bien un petit chaton si‚Ķ‚ÄĚ

Thierry lui coupa les mots de la bouche en s’√©criant de joie :

‚ÄúMais biens√Ľr Jessica. L’offre tient toujours et cela me ferait plaisir.‚ÄĚ

Jessica sourit timidement et dit :

‚ÄúMerci. L√†, je dois rentrer chez moi mais je pourrais revenir demain matin par exemple pour prendre un petit chaton.‚ÄĚ

‚ÄúOk, pas de souci. Je vous attendrai Jessica‚ÄĚ puis il s’approcha d’elle mais Jessica eut un mouvement de recul.

Thierry lui sourit.¬†‚ÄúJe voulais juste vous serrer la main.‚ÄĚ

« Oui, biens√Ľr. D√©sol√©e‚ÄĚ dit Jessica avec nervosit√©.

La main de thierry enserra la sienne avec douceur tandis que le petit chaton était juché sur son épaule droite, en train de la fixer de ses petits yeux gris bleus espiègles.

Jessica ne le savait sans doute pas mais √† cet instant l√† ; cette poign√©e de main scellerait bient√īt son destin √† celui de ce bel inconnu pour toujours, en ce fameux jour d’√©t√© tout √† fait ordinaire du mois de Juillet.

Finalement ce fut un jour extraordinaire que Jessica raconterait un beau jour avec fierté et émotion à ses deux futurs enfants…