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CĂ©cile, L’imprĂ©visible đŸ€—đŸ€—đŸ€—

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CĂ©cile, L’imprĂ©visible đŸ€— :

Cette page s’adresse principalement Ă  mes amis wordspressiens 🙂…

À celles et ceux qui aiment me lire et me commenter depuis pas mal d’annĂ©es lorsque je publie quelques rares articles ici


Je pense bien Ă©videmment Ă  ma SolĂšne ❀, Ă  Éveline ❀, Ă  FrĂ©dĂ©ric 🌟 et bien-sĂ»r Ă  Jean-Louis 🌟


Voici leurs blogs respectifs juste ici :

https://solenev.wordpress.com/

https://ael56.wordpress.com/

https://thedude524.com/

https://toutloperaoupresque655890715.com/

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Oui, c’est bien sur la vaste plateforme de WordPress que j’ai eu le grand plaisir de vous rencontrer et de vous dĂ©couvrir Ă  travers vos passions puis de me lier d’amitiĂ© avec vous au fil du temps


Et je dois bien avouer et j’insiste sur ce fait que vous ĂȘtes pour moi des amis de grande qualité 

Et soyez certain que je ne pourrai dire ceci qu’en toute sincĂ©ritĂ© sinon je n’en verrai point l’intĂ©rĂȘt


Car il est vrai que l’amitiĂ© est assez rare de nos jours alors elle reste pour moi indĂ©niablement prĂ©cieuse et d’autant plus dĂ©licieuse lorsqu’il s’agit de personnes d’exception


Oui, des ĂȘtres qui mĂ©ritent l’attention tant ils sont charmants, sans la moindre prĂ©tention


Des ĂȘtres qui ont tout simplement du cƓur, de belles valeurs


Et qui ont cette mĂȘme envie de vouloir transmettre et d’échanger sans calculer ni lĂ©siner


Et c’est bien ça, l’amitiĂ©, n’est-ce pas ?

En tout cas, moi, je vois les choses comme ça


Et lĂ , je ne peux dire que Merci Ă  WordPress oĂč encore merci Ă  la vie de m’avoir permis de tomber sur vous ici


C’est pourquoi je tenais tant Ă  vous adresser ces quelques mots car bien souvent on n’ose pas les dire juste par pudeur oĂč tout simplement parce-que l’on manque de temps oĂč peut-ĂȘtre aussi Ă  cause du fait que l’on passerait (trĂšs injustement d’ailleurs) pour une personne un peu trop affable


Ce qui est totalement ridicule et absurde, vous en conviendrez


Mais c’est que de nos jours on est tellement jugĂ©s, cataloguĂ©s, qu’on n’arrive plus vraiment Ă  s’y retrouver


Ah ! Les satanĂ©s prĂ©jugĂ©s ! DĂ©cidĂ©ment, nous vivons dans un monde oĂč il y en a tant que cela finit par en ĂȘtre lassant et mĂȘme par nous rendre quelque peu blasĂ©s Ă  force d’écouter le faux du vrai


Et souvent, oui, bien trop souvent on nĂ©glige les petites attentions qui pourtant font rĂ©ellement plaisir Ă  chacun d’entre nous


Oui, à nous tous sans exception car finalement on les aime bien, mine de rien


Et puis ce n’est pas si compliquĂ© d’ĂȘtre attentionné 

Cela ne demande pas non plus grand-chose de l’ĂȘtre


OĂč peut-ĂȘtre que si oĂč peut-ĂȘtre que non, allez savoir


Mais Stop ! je vais m’arrĂȘter lĂ  pour ce soir car ce n’est point rigolo de vouloir jouer sur les mots


DĂ©jĂ  que nous vivons dans un monde oĂč tout n’est que robotisation, rapiditĂ© et nĂ©gligence Ă  souhait


Alors je m’en abstiendrai bien volontiers


Et je vous dirai plutĂŽt ceci en toute modestie :

Mes chers amis, je vous apprĂ©cie car vous ĂȘtes pour moi la courtoisie, la gentillesse, la finesse d’esprit, sans oublier l’humour aussi


À dire vrai, tous les ingrĂ©dients qui permettent de construire et d’embellir une amitiĂ© sans la moindre hypocrisie


Voilà, c’est dit !

Et j’avais tout simplement envie de vous l’écrire ici car on dit que les paroles s’envolent et que les Ă©crits restent


Alors grĂące Ă  WordPress j’ai pu rĂ©aliser ce petit geste


Pour exprimer ce que je ressentais envers vous en toute simplicité 

Mais voilĂ  que c’est fait aujourd’hui, un certain mois de FĂ©vrier 2022, juste peu de temps avant ma date d’anniversaire (sans le faire exprĂšs) qui tombera cette annĂ©e pile poil un Dimanche


TrĂšs prĂ©cisĂ©ment le jour exact de ma naissance dans une grande Ăźle lointaine de L’OcĂ©an Indien


OĂč parait-il un bel arc-en-ciel accompagnĂ© d’un magnifique soleil Ă©taient apparus ensemble ce jour-lĂ  pour m’accueillir dans ce vaste monde aprĂšs des jours interminables de pluies


Et ce fut à cet instant précis que la petite Cécile poussait alors son premier cri


Elle est pas belle la vie ? Bien-sûr que si


D’ailleurs je suis Ă©mue maintenant par cette petite escale, cette petite escapade dans le temps


Si bien que j’en aurai presque oubliĂ© ce que je devais pourtant vous annoncer


Excusez-moi encore de m’ĂȘtre Ă©garĂ©e en voyageant dans mon passé 

Mais c’est souvent le Hic avec moi lorsque je deviens nostalgique


Je vais donc reprendre lĂ  oĂč je m’étais arrĂȘtĂ©e


Et comme je ne fais jamais les choses Ă  moitiĂ©, je vais m’y atteler sans plus tarder


Comme vous le savez oĂč peut-ĂȘtre pas suffisamment, je suis une personne imprĂ©visible oĂč plutĂŽt extrĂȘmement imprĂ©visible


Je pense d’ailleurs qu’une petite apartĂ© s’imposerait maintenant pour pouvoir m’expliquer avant d’en arriver au vif du sujet


Alors ĂȘtre imprĂ©visible, est-ce si bien que ça ? Je vous rĂ©pondrai Oui et Non Ă  la fois


Mais pourquoi ça ?

L’imprĂ©visibilitĂ© reste quelque-chose de mystĂ©rieux oĂč d’exaltant si on l’utilise Ă  bon escient


Car oui, elle reste trÚs appréciable, agréable pour rendre nos vies beaucoup plus amusantes ou excitantes


Mais hĂ©las, elle peut ĂȘtre aussi dĂ©rangeante voire exaspĂ©rante si on triche avec elle


Je veux dire par lĂ  si on l’utilise Ă  des fins machiavĂ©liques juste pour manipuler quelqu’un


Car avec elle on ne sait jamais vĂ©ritablement Ă  quoi s’attendre oĂč mĂȘme sur quel pied danser


Et c’est bien ça le problĂšme avec les personnes imprĂ©visibles


Mais tout ce que je peux vous en dire c’est qu’il faut savoir rester bienveillant


Et finalement, ce ne sera pas si sorcier que ça d’assumer son cĂŽtĂ© imprĂ©visible oĂč mĂȘme de vouloir le revendiquer


Cela pourrait ĂȘtre plutĂŽt enthousiasmant et mĂȘme trĂšs intĂ©ressant


Puisqu’avec l’imprĂ©visibilitĂ© on ne peut guĂšre s’ennuyer


Alors oui, je l’avoue, je suis une personne imprĂ©visible qui peut changer d’avis comme de chemises mais pas pour dĂ©truire mon prochain


Non, loin de là


Et vous savez pourquoi ?

Parce-que j’ai en moi cette devise que j’aime me rĂ©pĂ©ter parfois dans la tĂȘte et que bien-sĂ»r vous connaissez tous dĂ©jĂ  :

À savoir : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse » oĂč encore « Traite les autres comme tu voudrais ĂȘtre traitĂ© »

Disons qu’avec Moi, on pourrait en perdre son Latin avec mon fameux cĂŽtĂ© imprĂ©visible mais pas tant que ça finalement


Et puis comme je le disais prĂ©cĂ©demment, il suffit juste d’ĂȘtre bienveillant


Est-ce si compliquĂ© que ça ? Certains vous rĂ©pondront que oui et d’autres que non


Quoi qu’il en soit, telle est la question

Être ou ne pas ĂȘtre bienveillant


Mais bon, c’est ainsi depuis la nuit des temps de toute façon alors on ne va pas refaire le monde sur le mot « bienveillance » car cela ne servirait strictement Ă  rien


Je ne dirai qu’une seule chose Ă  ce sujet : On l’a en soi oĂč on ne l’a pas, c’est aussi simple que ça


Et maintenant, passons au vif du sujet


DĂ©sormais, vous savez que je suis une personne imprĂ©visible mais ce n’est pas si mal puisque je suis aussi pleine de surprises


Vous savez Ă©galement que j’écris quelques textes au grĂ© de mon imagination et que je les publie de temps en temps voire trĂšs rarement oĂč mĂȘme Ă©pisodiquement ici, sur WordPress


Mais je vous rassure cela ne me stresse aucunement


La vĂ©ritable raison est que je pourrais trĂšs bien en publier certains mais disons que je prĂ©fĂšre les laisser hiberner bien tranquillement dans leur nid douillet, Ă  l’intĂ©rieur de mes tiroirs


Et puis il faut dire aussi que je n’aime rien prĂ©cipiter au hasard


Quoique ça dĂ©pend selon mon degrĂ© d’imprĂ©visibilité 

OĂč peut-ĂȘtre aussi, en grande partie, parce-que je ne suis aucune rĂšgle Ă  ce sujet et que je dĂ©teste me faire pression, me bousculer


Car j’aurai la vague impression de tout bĂącler oĂč pire de tout nĂ©gliger


Ce qui serait Ă  l’encontre de mes idĂ©es


Voilà pourquoi je ne publie que trùs rarement


Disons que c’est dans ma nature de faire les choses autrement, diffĂ©remment


D’ĂȘtre Ă  contre courant, telle les dunes de sable au Sahara se façonnant au grĂ© du vent


D’ĂȘtre moi, tout simplement


Car j’aime prendre mon temps


J’aime Ă©crire car c’est ma passion et ce depuis si longtemps que je ne pourrai m’en passer


Alors maintenant, vous saurez pourquoi je ne publie rien oĂč pas assez


Mais je ne voudrais pas vous perdre en chemin avec ce long discours sans fin


Alors voici ce que je voulais vous annoncer mes chers amis :

Actuellement, je suis en train d’écrire une Ɠuvre de mon imagination qui me rĂ©clame beaucoup d’attention et bien-sĂ»r de mon temps


Et en gĂ©nĂ©ral, lorsque je me plonge dans l’écriture, j’aime alors me rĂ©fugier dans une certaine solitude sans ĂȘtre pour autant en mode « hibernation » 

Tout en Ă©tant accompagnĂ©e d’une douce musique de film qui m’aide Ă  mieux me concentrer et Ă  ne point m’éparpiller


Car c’est ainsi que j’aime Ă©crire


Et donc je suis venue vous dire aujourd’hui que j’ai un grand projet qui me tient particuliĂšrement Ă  cƓur depuis pas mal d’annĂ©es et que je souhaiterais pouvoir enfin concrĂ©tiser


Oui, j’aimerais me lancer dans la publication de mon premier roman


Pas dans l’instant bien Ă©videmment puisque celui-ci reste encore inachevĂ© mais juste au bon moment


Et ne m’en demandez pas plus à ce sujet car je ferai exprùs de rester secrùte, muette


Un peu comme ce magicien qui sortirait soudainement de son élégant chapeau noir un joli lapin tout blanc


Vous voyez oĂč je veux en venir


Oui, mon fameux cÎté imprévisible quelque peu irrésistible, vous ne trouvez pas ?

Alors ne m’îtez surtout pas ce petit plaisir de vous en faire un jour la surprise


Mais pour l’instant, chaque chose en son temps


Et donc tout ceci pour vous dire que je serai absente de la plateforme WordPress durant un certain temps


Mais rassurez-vous, je reviendrai de toute façon tĂŽt oĂč tard ici car c’est Ă©crit


Et sachez, bien entendu que vous en serez informés


Et puis durant mon absence prolongĂ©e, je continuerai Ă  vous lire, Ă  vous Ă©couter (Je pense Ă  Jean-Louis en disant ceci) sans toutefois vous commenter, j’en suis navrĂ©e


Cependant, j’espùre que vous me pardonnerez


OĂč peut-ĂȘtre que selon mon emploi du temps je viendrai parfois comme ça vous commenter sans que vous ne vous y attendiez


Mais ça vous le saurez


Pour l’heure, c’est un peu prĂ©maturĂ© mais n’oubliez pas que je suis imprĂ©visible et qu’avec moi tout est possible


Finalement, la vie est un peu comme la terre qui tourne autour du soleil


Parfaitement immuable sans le moindre nuages


OĂč parfaitement imprĂ©visible comme une certaine CĂ©cile


Mais ce qui compte en fin de compte c’est que la vie continuera toujours son parcours


Et que les changements inopinĂ©s, heureux oĂč malheureux nous permettront toujours de nous renouveler pour mieux avancer


Car c’est ainsi qu’est la vie


Et qu’on a tous Ă  y gagner d’ĂȘtre dans l’imprĂ©visibilité 

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Et j’ajouterai aussi ceci mes chers amis :

Prenez bien soin de vous et essayez d’ĂȘtre heureux autant que possible sur cette terre et mĂȘme si c’est parfois galĂšre


Et si jamais je vous manquais un peu trop (Sait-on jamais đŸ˜đŸ€Ł), sachez que vous pourrez toujours prendre de mes nouvelles via les rĂ©seaux sociaux oĂč encore par le biais de mon adresse mail :

cecileecrivaine@gmail.com

Allez ! À trĂšs bientĂŽt, je l’espĂšre


Et gros bisous de CĂ©cilou đŸ€— 💕đŸŒč

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CĂ©cile, L’imprĂ©visible đŸ€—

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Le Petit Dragon : Un Conte d’Hiver đŸČ

Layana Ă©tait en train d’observer le petit dragon aux larges Ă©cailles vertes bleutĂ©es avec beaucoup de curiositĂ© lorsque celui-ci sembla vouloir lui dire quelque-chose


Quelque-chose d’important oĂč serait-ce plutĂŽt l’Ɠuvre de son imagination fertile qui lui jouait encore des tours ? Quoi qu’il en soit elle le saurait bien assez tĂŽt


Pour l’heure, totalement hypnotisĂ©e par cet ĂȘtre des plus Ă©trange et fascinant, elle continuait Ă  l’examiner sur toutes les coutures sans Ă©prouver la moindre peur


D’ailleurs, elle finit mĂȘme par oser tendre sa main pour lui caresser le dessus de la tĂȘte tout en espĂ©rant qu’à cet approche, il ne tenterait pas de s’enfuir.

Mais non, il ne dĂ©tala pas et sembla mĂȘme apprĂ©cier ce contact inopinĂ© qu’il n’avait sans nul doute encore jamais connu de sa vie


Layana se fĂ©licita d’avoir osĂ© ce petit geste qui pourrait peut-ĂȘtre crĂ©er plus tard un lien de confiance entre elle et lui


Mais quel Ă©trange hasard tout de mĂȘme de s’ĂȘtre retrouvĂ©e nez Ă  nez face Ă  cet animal et plus particuliĂšrement aujourd’hui, un certain Vendredi 13 dans cette immense forĂȘt de pins odorants. Une forĂȘt qu’elle apprĂ©ciait tant, trĂšs Ă©loignĂ©e de la ville tumultueuse oĂč elle habitait un petit appartement qu’elle n’hĂ©sitait jamais Ă  la moindre occasion Ă  s’en Ă©chapper pour venir ici, seule, se ressourcer, se vider la tĂȘte


Car oui, elle adorait plus que tout s’aventurer ici, sac à dos sur le dos, explorant alors infatigablement toute cette magnifique et luxuriante nature qui l’entourait.

Et comme le hasard fait toujours bien les choses, elle Ă©tait mĂȘme tombĂ©e sur cet Ă©trange animal, ce petit dragon aux Ă©cailles toutes vertes bleutĂ©es


Il fallait croire que la chance tournait enfin en sa faveur !

Et dire qu’elle avait dĂ©jĂ  imaginĂ© ce genre de rencontre insolite mais uniquement dans ses rĂȘves d’enfant, pas dans la rĂ©alitĂ© et encore moins aujourd’hui, Ă  l’ñge qu’elle avait


Et là, tout devenait soudainement bien réel


De quoi halluciner ! Mais pour combien de temps le rĂȘve durerait ? Enfin, s’il s’agissait bien d’un rĂȘve et non d’un cauchemar


Le petit dragon, quant Ă  lui, semblait ressentir la mĂȘme Ă©motion qu’elle et dĂ©cida de se rapprocher davantage d’elle comme s’il souhaitait que leur rencontre perdure dans le temps


Ses immenses yeux verts Ă©meraudes irisĂ©s ne cessaient d’observer Layana dans les moindres dĂ©tails : son visage, ses cheveux, ses mains tant il Ă©tait intriguĂ© oĂč alors terriblement curieux


Sans doute le signe qu’il n’avait encore jamais vu d’humain d’aussi prĂšs


Un dragon quelque peu farouche au début de leur rencontre mais qui le semblait beaucoup moins maintenant


Un dragon que Layana souhaitait elle aussi encore plus découvrir


Petit de taille, Ă  peine 88 centimĂštres de hauteur, mais pas non plus inoffensif de par son imposante mĂąchoire dotĂ©e de crocs extrĂȘmement bien acĂ©rĂ©es, le dragon devait sans nul doute ĂȘtre un adversaire des plus redoutable si quiconque osait s’attaquer Ă  lui


Et avec ses deux pattes avant armĂ©es de griffes crochues ressemblant trĂšs fortement Ă  celles du terrible Velociraptor, il semblait alors sortir tout droit de l’ùre prĂ©historique.

Pour vous dire Ă  quel point ce dragon n’était pas si adorable que ça malgrĂ© ses grands et magnifiques yeux verts, seuls attraits de son physique dĂ©pareillant totalement avec son corps disgracieux voire mĂȘme repoussant


D’ailleurs, n’importe quelle personne sensĂ©e aurait dĂ©jĂ  dĂ©campĂ© sur le champ mais bizarrement, pas Layana qui persistait encore Ă  lui caresser le sommet de la tĂȘte


Était-elle alors totalement inconsciente oĂč franchement suicidaire ? Elle-mĂȘme ne le savait pas vraiment


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Elle continuait toujours Ă  le caresser lorsque subitement elle arrĂȘta son geste car quelque-chose la turlupinait


Écoutant alors sa petite voix intĂ©rieure, elle finit par avouer au dragon dans un murmure :

« Dommage que tu ne puisses pas me parler
 »

C’est alors que timidement celui-ci esquissa un sourire comme s’il venait de parfaitement la comprendre.

« Mais ce n’est pas possible ! » s’écria Layana quelque peu dĂ©contenancĂ©e sans se douter une seule seconde qu’il allait s’apprĂȘter Ă  lui dire :

« Je sais parler ta langue »

Abasourdie par ce qu’elle venait d’entendre à l’instant de sa bouche, Layana se figea brusquement ne sachant plus que dire


Incroyable ! Le dragon venait de s’adresser Ă  elle et qui plus est bien distinctement comme s’il Ă©tait coutumier Ă  cette forme de langage, comme si c’était innĂ© chez lui.

Mais comment cela pouvait t-il ĂȘtre possible ? s’interrogea t-elle plus intriguĂ©e que jamais mais nĂ©anmoins extrĂȘmement ravie de savoir que le petit dragon pourrait enfin communiquer avec elle, ce qui faciliterait bien les choses entre eux deux.

Sans plus attendre, elle lui demanda :

« Tu sais parler la langue des humains ? »

« Oui, comme tu peux le constater ! » s’exclama le petit dragon tout souriant.

Et en plus de savoir parler, il était tout autant capable de lui sourire ! Décidément, ce dragon était bien surprenant ! se dit-elle dans une certaine euphorie


« Mais dis-moi, comment se fait-il que tu puisses parler alors que tu es un animal ? »

« Disons que je ne suis pas un animal ordinaire puisque je suis un dragon. D’ailleurs, aucun de mes congĂ©nĂšres ne savent parler comme moi »

« Ah oui ? Mais alors, tu es le seul à pouvoir communiquer dans ma langue ? »

« Exactement ! Le seul et unique dragon ! » lui dit-il dans un large sourire.

« waouh ! Je suis vraiment impressionnée ! Tu as donc été en relation avec des humains ? »

« Oui, il y a bien longtemps de ça quand tout allait bien avec eux » se rembrunit-il tout à coup.

« Que veux-tu dire par lĂ  ? » s’inquiĂ©ta t’elle aussitĂŽt en voyant son air sombre.

Celui-ci hĂ©sita quelques secondes avant de lui rĂ©pondre d’un ton trĂšs hargneux et sans aucune complaisance :

« Autrefois, j’aimais les humains mais aujourd’hui, je ne me risquerai plus jamais Ă  les frĂ©quenter ! »

Il venait alors de lui cracher tout son mĂ©pris au visage comme s’il Ă©tait soudainement consumĂ© par une immense rage intĂ©rieure trop longtemps contenue


D’ailleurs, Ă  cet instant prĂ©cis, Layana pouvait ressentir toute la haine qu’il Ă©prouvait envers la race humaine.

C’est alors qu’elle eut froid dans le dos


Que dire aprĂšs ce qu’il venait de lui avouer ? Se taire oĂč au contraire continuer de discuter avec lui comme si de rien n’était, histoire de ne pas lui faire montrer sa peur
 Pas si Ă©vident que ça mais c’était pourtant l’unique option qui lui restait


« Mais alors pourquoi avoir appris notre langue ? » répliqua t-elle en le regardant effrontément droit dans les yeux.

« Au dĂ©part, c’était pour mieux comprendre les humains mais finalement cela ne m’a servit strictement Ă  rien » lui rĂ©pondit-il froidement tout en plissant extrĂȘmement les siens comme s’il souhaitait davantage l’effrayer.

Mais oĂč voulait-il en venir Ă  la fin ? Que cherchait-il exactement ?

Finalement, la magie du dĂ©but de leur rencontre ne tarderait pas Ă  tourner au vinaigre ; ce qu’elle ne souhaitait absolument pas. Mais comment faire si ce petit dragon dĂ©clenchait dĂ©jĂ  les hostilitĂ©s alors qu’ils se connaissaient Ă  peine ? Vite, il fallait absolument qu’elle le fasse changer d’avis sur ses prĂ©jugĂ©s.

Et pour crever dĂ©finitivement l’abcĂšs, quitte Ă  le dĂ©plaire, elle osa Ă  nouveau lui rĂ©pliquer :

« Mais pourquoi considÚres tu les humains comme tes ennemis ? »

Izygreen, c’est ainsi qu’il se nommait, se demanda s’il n’était pas allĂ© un peu trop loin avec elle en lui parlant d’une maniĂšre aussi brutale car il est vrai qu’elle semblait ĂȘtre assez diffĂ©rente des autres humains.

Certes, il ne pouvait pas non plus l’affirmer mais c’était ce qu’il ressentait tout en se demandant Ă©galement si elle pouvait ĂȘtre totalement dĂ©nuĂ©e de mĂ©chanceté 

En la regardant telle qu’elle Ă©tait, on pourrait dire que oui mais sait-on jamais avec les humains alors il prĂ©fĂ©rait rester mĂ©fiant


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Cela faisait un certain temps dĂ©jĂ  qu’il avait Ă©piĂ© Layana tout en veillant Ă  rester bien cachĂ© lorsque chaque vendredi elle empruntait le petit sentier menant Ă  sa forĂȘt de pins, lĂ  oĂč trĂšs prĂ©cisĂ©ment il vivait Ă  l’intĂ©rieur d’une grotte avec quelque uns de ses amis congĂ©nĂšres.

Une grotte secrĂšte, non rĂ©pertoriĂ©e gĂ©ographiquement mais que vraisemblablement cette humaine venait de rĂ©ussir Ă  trouver Dieu sait comment. Ce qui ne prĂ©sageait rien de bon pour lui et ses amis. Leur cachette risquant alors d’ĂȘtre mise au grand jour Ă  cause d’elle


Pour l’heure, il avait remarquĂ© qu’elle venait toujours seule lorsqu’elle s’aventurait ici, ce qui Ă©tait plutĂŽt bon signe mais qui ne dirait pas qu’un de ces jours elle dĂ©ciderait de venir accompagnĂ©e ?

De plus, elle avait pour habitude de laisser garĂ©e sa voiture non loin de lĂ  puis de marcher des heures durant au cƓur de l’immense forĂȘt touffue Ă  explorer les environs


Et Ă  force d’exploration justement, elle avait fini par trouver leur fameuse cachette secrĂšte. Une grotte pourtant bien dissimulĂ©e mais pas suffisamment apparemment


Certes, elle n’avait pas encore osĂ© y pĂ©nĂ©trer mais peut-ĂȘtre qu’un jour elle le voudrait ? Et ça, il ne pouvait pas le permettre


Alors, que faire de cette humaine ?

Encore une fois, elle paraissait ĂȘtre inoffensive aujourd’hui mais elle pourrait tout aussi bien devenir dangereuse demain


En plus, pour couronner le tout, il avait osĂ© enfreindre l’une des rĂšgles fondamentales de son clan dont il avait pourtant jurĂ© fidĂ©litĂ© durant 5 longues annĂ©es : À savoir, celle de ne plus jamais cĂŽtoyer d’humains et plus particuliĂšrement Lui Izigreen, le seul dragon Ă  les avoir approcher de trĂšs prĂšs


Et lĂ , sa promesse Ă©tait dĂ©sormais rompue, bafouĂ©e puisqu’il s’était permis de discuter avec cette simple mortelle


Mais pourquoi diable avait-il fait cela ? Tout ça parce-qu’il supposait qu’elle Ă©tait diffĂ©rente des autres humains ? Mais comment pouvait-il en ĂȘtre si certain ?

En fin de compte, ne finirait-il pas par regretter amĂšrement son acte ?

Mais ça, il ne tarderait pas à bientît le savoir


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Maintenant qu’il Ă©tait devant le fait accompli, plus question pour lui de se dĂ©filer alors il dĂ©cida de reprendre le cours de leur conversation comme si de rien n’était en rĂ©pondant Ă  la fameuse question que Layana venait de lui poser :

« Mais pourquoi considÚres tu les humains comme tes ennemis ? »

C’est alors qu’il lui rĂ©pondit :

« Autrefois, je pensais que les humains étaient indulgents, tolérants, bienveillants, mais je me trompais lourdement à leurs sujets »

Layana comprit que le dragon en voulait Ă  certains humains, ce qui Ă©tait bien triste mais il ne pouvait pas non plus tous les mettre dans le mĂȘme panier et croire qu’ils n’étaient que des clones Ă  la chaĂźne


« Mais tu sais, chaque humain est différent » lui dit t-elle avec tact.

« Oui, tu as peut-ĂȘtre raison sur ce fait mais c’est trĂšs dur pour moi de vous faire Ă  nouveau confiance »

Layana ne souhaitait pas que leur discussion devienne conflictuelle alors pour atténuer la colÚre du dragon, elle lui demanda :

« As-tu un nom ? »

ÉtonnĂ© par cette soudaine question, le dragon resta quelques secondes muet puis finit par lui rĂ©pondre :

« Je m’appelle Izygreen »

« TrĂšs beau nom, Izygreen. Moi, c’est Layana »

Le dragon trouva que le prĂ©nom de cette humaine Ă©tait fort joli mais prĂ©fĂ©ra taire son compliment. Layana n’en fut pas vexĂ©e.

« Maintenant que les prĂ©sentations sont faites, peux-tu me dire ce que les humains t’ont fait exactement ? »

VoilĂ  qu’elle entrait enfin dans le vif du sujet, tant mieux car il Ă©tait impatient de lui avouer sans complaisance tout ce qu’il avait sur le cƓur.

« Avant j’avais une compagne
 »

Le dragon s’arrĂȘta net. Repenser Ă  son passĂ© le faisait encore horriblement souffrir mais il se devait d’aller jusqu’au bout de son tĂ©moignage.

« Il y a 5 ans de ça, j’avais une compagne mais hĂ©las un jour elle me fut enlevĂ©e par d’ignobles humains. Deux humains que je connaissais pourtant trĂšs bien »

Layana en resta bouche bée. Voilà pourquoi le dragon était si haineux envers la race humaine


« J’en suis vraiment dĂ©solĂ©e » dĂ©plora t-elle.

Le dragon ignora sa compassion et continua son récit :

« Ma bien aimĂ©e Ă©tait tombĂ©e dans leur piĂšge machiavĂ©lique qu’ils avaient bien-sĂ»r orchestrĂ© Ă  mon insu alors que nous Ă©tions pourtant devenu amis durant prĂšs de 8 mois. En fait, ces deux hommes avaient rĂ©ussi Ă  gagner ma confiance juste pour arriver Ă  leur fin. Et moi je n’ai rien vu venir. Ils ont capturĂ© ma compagne, l’ont ensuite emmenĂ©e dans leur base secrĂšte oĂč elle y fut sĂ©questrĂ©e et Ă©tudiĂ©e durant de longs mois Ă  l’intĂ©rieur d’une cage en verre tel un rat de laboratoire »

« Oh ! Mon Dieu ! Quelle horreur ! » s’écria Layana choquĂ©e par ce que le dragon venait de lui rĂ©vĂ©ler.

« Et elle Ă©tait si malheureuse d’ĂȘtre leur prisonniĂšre qu’elle finit par en mourir de chagrin » ajouta t’il avec indignation.

« C’est si affreux
 » compatit Layana toute bouleversĂ©e.

« Et depuis son dĂ©cĂšs je me sens toujours autant coupable de n’avoir pas pu la dĂ©livrer des griffes de ces ordures. Je suis comme rongĂ© de l’intĂ©rieur et tellement en colĂšre
 »

À cet instant, Layana aurait voulu soulager l’immense peine du dragon par un geste d’affection mais ne pu que lui dire :

« Je comprends ta colÚre Izzigreen »

« Ah oui ? » lui cracha t-il alors avec mépris.

« Oui, c’est la vĂ©rité  Comment ne pourrais-je pas ĂȘtre rĂ©voltĂ©e et triste par tout ce que tu as endurĂ© ? »

Mais le dragon refusait obstinĂ©ment de la croire alors il baissa la tĂȘte comme s’il n’avait rien entendu et continua son discours mĂ©prisant :

« J’ai tant de haine envers les Humains que c’est impossible pour moi de leur pardonner ce qu’ils ont infligĂ© Ă  ma compagne »

Layana partageait sincĂšrement sa souffrance mais ne savait pas comment le consoler alors elle se risqua Ă  lui demander :

« Ces criminels, ces deux hommes dont tu viens de me parler, est-ce qu’ils avaient kidnappĂ© ta compagne ici dans cette forĂȘt ? »

Le dragon fut trĂšs Ă©tonnĂ© par sa question et se demanda pourquoi est-ce qu’elle ne le contrait pas sur ses propos si virulents envers la race humaine vu qu’elle Ă©tait une des leurs mais finit par lui rĂ©pondre sans pour autant se radoucir :

« Non, elle et moi vivions auparavant dans une autre forĂȘt parmi notre clan mais suite Ă  sa capture, on a dĂ» tous s’enfuir trĂšs loin de notre lieu d’habitation pour venir vivre ici en toute sĂ©curitĂ© car ce n’était pas rĂ©pertoriĂ© gĂ©ographiquement par ces satanĂ©s humains »

« Je vois
 » s’attrista Layana.

« Oui, tu vois tout ce que j’ai dĂ» endurer moi et mon clan Ă  cause de deux maudits humains »

« Je suis tellement dĂ©solĂ©e Izigreen
 »

« Oui, tu l’es
 Mais tout ce que je sais maintenant c’est qu’il y a un autre problĂšme qui m’embarrasse »

« Mais lequel ? » demanda t-elle sur la dĂ©fensive tout en sachant pertinemment oĂč il voulait en venir.

« Tu viens de dĂ©couvrir notre plus prĂ©cieux refuge. Et ça, c’est un trĂšs gros problĂšme que je ne peux ignorer » ajouta-t-il d’un regard menaçant.

Ses grands yeux vert Ă©meraude venaient alors de s’Ă©trĂ©cir Ă  l’extrĂȘme, ne prĂ©sageant rien de bon pour Layana


Tout Ă  coup, elle eut trĂšs peur de lui. Si peur qu’elle eut du mal Ă  concentrer son esprit sur une possible tentative d’Ă©vasion. Elle comprit alors avec dĂ©sarroi qu’elle Ă©tait prise au piĂšge, pire, totalement vulnĂ©rable et Ă  la merci d’un dragon trĂšs hostile


Finalement le doux rĂȘve du dĂ©but de leur rencontre tournerait en fin de compte au cauchemar et dans pas si longtemps que ça


****


Layana se trouvait si proche du dragon que mĂȘme si elle osait fuir, il l’a rattraperai aussitĂŽt en deux temps trois mouvements


Et donc la fuite ne faisant dĂ©sormais plus du tout partie de son plan, elle commença Ă  sombrer dans une sorte de torpeur oĂč plutĂŽt un Ă©tat second qui ne lui ressemblait pas


Quoique, dans une telle situation, qui ne sombrerait pas ?

Mais comme elle Ă©tait du genre Ă  ĂȘtre combative, Ă  ne surtout pas baisser les bras aussi facilement, quitte Ă  devoir en payer de sa vie, elle dĂ©cida d’affronter le dragon en lui posant la terrible question tout en veillant Ă  ne pas faire trembler sa voix :

« Que vas-tu faire de moi maintenant ? »

****

Pour connaĂźtre la suite de cette histoire, vous aurez un choix Ă  faire.

Et pour ce faire, vous devrez cliquer sur le titre que vous souhaitez et que vous trouverez ci-aprĂšs :

Ah oui ! J’allais oublier, il vous faudra au prĂ©alable et en privĂ© via les rĂ©seaux sociaux si nous sommes amis me demander le fameux mot de passe oĂč encore via cette adresse mail : cecileecrivaine@gmail.com pour chacune de ces suites car elles sont en mode « protĂ©gĂ©es par un mot de passe » pour pouvoir accĂ©der Ă  leurs lectures…

Oui, je l’ai fait un peu exprĂšs mais par pour vous embĂȘter. C’est juste que j’avais envie d’Ă©veiller votre curiositĂ©…

Alors sans plus tarder, je vous prĂ©sente les deux suites de « L’histoire du Petit Dragon » que vous pourrez choisir Ă  votre guise en cliquant sur l’une oĂč bien l’autre version… OĂč bien Ă©videmment sur les deux si jamais (sait-on jamais) vous Ă©tiez hyper curieux…

Voici Les deux titres de la suite de l’histoire du Petit Dragon đŸČ :

UNE FIN SOMBRE COMME LA NUIT 🌃 :

https://histoirescecile13.wordpress.com/?p=3269

****

UNE FIN CLAIRE COMME DE L’EAU DE ROCHE đŸžïž :

https://histoirescecile13.wordpress.com/?p=3287

Je vous souhaite de trĂšs belles fĂȘtes de NoĂ«l !

CĂ©cile, La Suricate.

Le Stylo Humain đŸ–ïž

Il Ă©tait une fois un Stylo qui en avait marre qu’on le traita toujours comme un « objet »,


Qu’on le traita uniquement de « Stylo bic » oĂč encore de « stylo plume » le rendait extrĂȘmement triste, voire colĂ©rique,


Car oui, il n’était pas que cela, Lui..


Il Ă©tait bien plus encore



Puisqu’il Ă©tait capable, d’immortaliser tout ce qui Ă©tait engouffrĂ© oĂč cachĂ© Ă  jamais dans votre esprit,


Que celui-ci soit serein oĂč tourmentĂ©,


Que celui-ci soit joyeux oĂč malheureux,


Peu importe,


Il Ă©tait capable, Lui, de vous faire jaillir, Ă©crire, toutes vos idĂ©es fertiles comme ça sur un simple papier brouillon, un buvard oĂč encore un support d’une extrĂȘme finesse,


Oui, capable de vous faire dessiner avec allĂ©gresse oĂč encore tristesse tout ce qui pouvait ĂȘtre enfoui au plus profond de votre cƓur,


Capable de vous faire virevolter de bonheur, travailler avec ardeur, juste en laissant glisser son encre turquoise, rouge passion oĂč infiniment noir tel les ailes de cet oiseau que l’on appelle « Corbeau »,


Oui, ce stylo a tant de pouvoirs multiples qu’on ne pourrait le laisser figĂ©, enfermĂ©, abandonnĂ© dans sa cage dorĂ©e toute prĂ©destinĂ©e,


Celle que vous avez dĂ©cidĂ© sciemment de lui attribuer, de le caser tel un pion sur un Ă©chiquier, sans son consentement depuis tant et tant d’annĂ©es,


Oui, il en avait assez, Lui, que vous le surnommiez sans arrĂȘt « Objet » comme s’il n’était que ça,


Alors qu’il est bien plus encore



Car voyez-vous, Lui, il se voit tout comme vous, pareil que vous,


Oui, il se voit en ĂȘtre humain,


Un ĂȘtre humain intelligent, artiste, poĂšte, crĂ©ateur,


Un ĂȘtre humain innovateur, dessinateur, magicien, Ă©crivain,


Un ĂȘtre humain, tout simplement,


Pas juste un stylo oĂč un objet



Et c’est pourquoi, dùs l’heure, dùs cet instant, vous changerez enfin votre opinion, votre comportement,


Vous changerez enfin votre mentalité si toutefois, bien-sûr, vous y consentiez



Là, sans plus attendre, aujourd’hui, maintenant,
Car il est temps



Oui, dĂ©sormais, vous ne verrez plus jamais votre stylo de la mĂȘme façon,


Vous le regarderez différemment,


Vous le respecterez infiniment en Ă©vitant de mĂąchouiller inlassablement son capuchon,


Vous lui direz alors que vous ĂȘtes reconnaissant de son existence, de son importance



Vous lui avouerez aussi que sans Lui, vous ne pourriez plus extérioriser votre imagination débordante,


Et lui chuchoterez ceci : Que vous aurez toujours besoin de Lui, de ses services sans aucune limite,


Et enfin, que vous continuerez encore et toujours Ă  lui confier tout vos secrets, ce que vous avez sur le cƓur oĂč qui vous tiennent Ă  cƓur



Car oui, Lui, il est bien plus qu’un simple objet,


Loin d’ĂȘtre robotisĂ© oĂč formatĂ©,


Il est tout simplement Lui, le Stylo Humain qui vous tendra toujours la main dans les moindres moments de joie oĂč de chagrin



Alors, prenons grand soin de Notre cher Stylo Humain car il le vaut bien


CĂ©cile, La Suricate

L’absence 🌠

L’absence est si dure Ă  vivre


Je dirais qu’elle est intolĂ©rable et comparable Ă  un baromĂštre


TantĂŽt un degrĂ© de souffrance plus Ă©levé 

TantĂŽt un peu moins selon ses pensĂ©es envers l’ĂȘtre disparu


Ce n’est pas constant


C’est trĂšs variable


On ne saura alors jamais vraiment à quel degré on va se situer


Cela dépend des jours


Cela dépend de notre humeur


Cela dĂ©pend de soi…

L’absence, quant Ă  elle, viendra parfois s’immiscer dans votre esprit


Tout doucement
 Sans faire de bruits


Ensuite vous voudrez absolument la matérialiser


La rendre vivante


Comme si l’ĂȘtre cher disparu Ă©tait Ă  nouveau face Ă  vous en train de vous sourire


C’est alors que vous lui rendrez le vĂŽtre tant vous serez heureux de voir cette merveilleuse apparition juste lĂ , devant vos yeux


Mais hélas suivant votre pensée ; cette soudaine apparition pourra tout aussi bien disparaßtre


Et lĂ , vous serez Ă  nouveau confrontĂ© Ă  la dure rĂ©alitĂ© de l’absence


Cette absence si douloureuse
 si omniprĂ©sente
 qu’elle en devient suffocante
 presque irrespirable


Vous souhaiterez alors que l’apparition fugace revienne Ă  nouveau comme par enchantement


Et pour ce faire, il faudra vous remémorer un souvenir


Un souvenir tout simple qui vous liait à la personne disparue


Un souvenir heureux ou encore malheureux


Car oui
 il peut y avoir des souvenirs pas trĂšs gais aussi
 mais peu importe du moment que l’ĂȘtre cher revienne Ă  nouveau auprĂšs de vous


La mĂ©moire est donc primordiale dans ces moments là


Oui, l’absence n’est vraiment pas facile Ă  gĂ©rer


Elle vous ronge parfois de l’intĂ©rieur surtout les soirs de solitude


Mais la question est : Peut-on vivre avec l’absence ?

Oui et non
L’absence vous serrera toujours le cƓur


C’est ainsi car vous aimiez tant cet ĂȘtre cher disparu qu’il ne peut en ĂȘtre autrement


La seule solution serait alors d’oublier


Mais si vous ne le souhaitez pas ?

Si vous préférez au contraire raviver le passé en repensant à cet absent si précieux


Si vous préférez au contraire le revoir prÚs de vous


Le rendre Ă  nouveau bien vivant en train de vous serrer dans les bras, vous faire un bisou sur la joue…

Revoir tout simplement son sourire ou encore ses Ă©clats de rire…

Revoir tout son ĂȘtre, juste lĂ  devant vos yeux embuĂ©s de larmes


Car les larmes finiront par tomber


D’abord une le long de votre joue puis d’autres encore qui finiront par suivre


Vous n’y pourrez rien


C’est ainsi
 Ă  part si vous contrĂŽlez votre vive Ă©motion mais il est prĂ©fĂ©rable au contraire de se laisser aller…

De se laisser emporter
glisser


De vous rĂ©fugier dans les souvenirs du passé 

Cela vous fera du bien mais aussi du mal


Telle est la dure loi de l’absence


Une rĂšgle que l’on ne peut hĂ©las outrepasser


Et pourquoi résister de toute façon ?

Se laisser aller est donc le meilleur remùde qui soit afin de pouvoir rejoindre votre absent


Pour juste le revoir


Le revoir quelques instants
 quelques minutes
 ou quelques secondes


Peu importe le temps qui vous sĂ©pare de lui ; du moment qu’il transformera son absence en prĂ©sence


Une prĂ©sence qui vous comblera de joie mĂȘme si celle-ci restera Ă©phĂ©mĂšre…

Une présence que je voudrais tant garder prÚs de moi


Une présence qui me manque tous les jours


Une présence qui reste pourtant dans mon esprit


Papa
. Ton absence est si difficile à vivre


Que je ne peux m’empĂȘcher de te refaire revivre comme si tu n’avais jamais quittĂ© cette terre


Comme si tu Ă©tais toujours là


D’ailleurs, il en sera toujours ainsi


Pour moi, tu es là
Oui, tu es toujours lĂ …

Ton absence ne fait que raviver un peu plus chaque jour ta rayonnante présence


Tu ne fais pas parti de mon passé 

Tu suivras toujours mes pas


Tu me guideras


Tu resteras ma lumiĂšre Ă©clatante lorsque j’aurai peur dans la nuit noire


Tu resteras un pÚre présent pour moi


Car oui, plus que jamais, ton absence ne fait que raviver tout ton ĂȘtre


Ton existence telle une seconde naissance


L’absence ne pourra pas t’effacer car moi je ne cesserai jamais de t’aimer Ă  travers mes pensĂ©es


Des pensĂ©es qui me feront Ă©ternellement voyager pour ĂȘtre toujours Ă  tes cĂŽtĂ©s


Des pensĂ©es qui te font d’innombrables fois renaĂźtre Ă  l’infini dans les profondeurs de mon esprit…

Un esprit qui me relie un peu plus chaque jour Ă  toi…

Je t’aime Papa 💟💟💟

L’Ă©toile de ma vie đŸŒ 

Une Ă©toile diffĂ©rente des autres brillait de mille feux dans le ciel noir d’encre…

Elle ne pouvait s’arrĂȘter de scintiller tant elle voulait qu’on puisse l’admirer sans jamais la perdre de vue


La nuit lui permettait d’ĂȘtre distinguĂ©e, unique au monde,

Et de voyager dans les airs sans aucune limite, ni aucune frontiĂšre…

La nuit l’enveloppait de sa profonde noirceur mais sans jamais la voiler…

Bien au contraire,

Elle la propulsait toujours au devant de la scùne telle une reine ou encore une star au sommet de sa gloire


La nuit était sa plus fidÚle alliée


GrĂące Ă  elle, elle n’Ă©teindrait jamais son incandescente flamme dans la noirceur de son opacitĂ©…

La nuit ne lui faisait plus peur…

Elle lui faisait battre Ă  nouveau son cƓur dans un rythme rĂ©gulier ou effrĂ©nĂ©,

Selon l’intensitĂ© de la voluptueuse noirceur de son encrier


La rendant alors beaucoup plus vibrante et pĂ©tillante…

Ainsi, celle-çi lui permettait de ne jamais sombrer dans l’oubli…

Pourtant, au tout dĂ©but de l’histoire, ce fut bien diffĂ©rent…

Puisque durant fort longtemps, elle avait toujours craint sa noirceur infinie


Mais ce n’Ă©tait plus le cas aujourd’hui…

Et chaque soir, elle aimait bien revĂȘtir son costume de lumiĂšre brillantissime pour aller danser,

Au bal masqué de sa bien-aimée,

La mystĂ©rieuse nuit opaque si attirante et troublante…

Un plaisir immense que celui de danser avec elle toutes les nuits sans oublier le fougueux baiser de minuit…

Lui faisant alors tourner la tĂȘte et pousser des ailes dans le dos pour s’envoler toujours plus haut…

Ce qu’elle pouvait se sentir sereine dans les bras de son ciel !

Blottie Ă  l’intĂ©rieur de son long manteau noir opaque si douillet…

Mettant bien en valeur ses contours pyramidales ainsi que sa jolie robe dorée pailletée.

Elle avait alors l’impression suprĂȘme de se rĂ©vĂ©ler,

D’ĂȘtre au firmament de son apogĂ©e


Et de pouvoir enfin tendre la main Ă  son prochain,

Pouvoir ainsi effacer tous les chagrins,

En Ă©clairant de mille feux leur chemin,

De sa vive et lumineuse clartĂ©…

De sa bienveillante bonté,

Toutes ces ùmes esseulées,

Perdues dans le désert,

Essayant de lutter tant bien que mal,

Dans les profondeurs abyssales,

Mais Ă  qui on avait fait tant de mal,

Qu’une certaine belle Ă©toile,

N’avait pas hĂ©sitĂ© Ă  tenir l’ultime promesse de tous les sauver…

De les libérer un à un de leur prison de tristesse


Tout en chassant leur mal-ĂȘtre…

Et en leur offrant protection et consolation


Grùce à la puissance de son infinie clarté,

Permettant ainsi de guider chacune de ces personnes dĂ©sespĂ©rĂ©es vers les chemins de la lumiĂšre et de la libertĂ©…

La belle Ă©toile apparaissait alors toute radieuse et lumineuse dans le si vaste ciel,

Tel un arc en ciel aux mille couleurs,

RĂ©duisant ainsi au silence toutes ces affreuses souffrances…

« Ô nuit ! Reste toujours mon amie ! »

« Mais il en sera toujours ainsi ma chĂšre petite Ă©toile chĂ©rie car vois-tu, je t’apprĂ©cie tant qu’il ne pourrait en ĂȘtre autrement »

« Oh merci infiniment ! Douce et tendre nuit de ma vie »

La nuit lui avait ainsi promis de toujours bien veiller sur elle


Puis ajouta ceci dans le creux de son oreille :

« Tu es si belle, merveilleuse Ă©toile de ma vie ! DĂ©sormais, tu seras pour toujours et Ă  jamais sous ma protection. Aucune malveillance ne pourra donc t’atteindre car vois-tu, tu fais dĂ©sormais partie de mon univers ; un univers qu’aucun homme sur terre n’oserait dĂ©fier tant il me craindrait… »

Et si jamais un jour on te pointait du doigt ; sache que ce ne serait que pour l’irradiance de ton intense clartĂ©…

VoilĂ  pourquoi, tu es devenue depuis quelque peu, mon Ă©toile scintillante prĂ©fĂ©rĂ©e…

Celle que j’aime tant chĂŽyer parmi toutes celles de mon ciel noir de jais…

Et sais-tu petite Ă©toile adorĂ©e que certaines personnes en quĂȘte d’espoir ou d’amour ne manqueront pas de te demander d’exaucer leur unique vƓu tout en admirant la magnificence de tes traits lumineux ?

Sais-tu aussi que certaines d’entre elles voudront que tu guides leur pas incertains Ă  travers l’obscuritĂ© de la forĂȘt enchantĂ©e ?

Je pense que tu le sais déjà fort bien ma chÚre petite étoile


Et connaissant ton cĂŽtĂ© protecteur ; tu te rĂ©jouiras sans doute Ă  l’avance de toutes ces missions Ă  entreprendre vu que tu as le cƓur sur la main…

Ah ! Petite Ă©toile de ma vie ! tu as tant de choses Ă  offrir Ă  ton prochain


Tu es si merveilleuse et fabuleuse dans mon univers de noirceur,

Que seule ta prĂ©sence suffit Ă  rendre mon coeur infiniment heureux…

Et surtout, n’oublie pas que dans mon ciel, tu seras toujours Ă©ternellement chez toi…

« Ah ! Petite Ă©toile de ma vie ! Ne cesse surtout pas de briller de mille feux dans mon paradis noir afin que je puisse toujours t’admirer »

« Car, comme tu le sais, je ne cesserai jamais de t’aimer
 »

CĂ©cile Vidal, La Suricate đŸŸđŸŸ

Un jour extraordinaire â˜„

Je me rappelle encore d’un souvenir trĂšs intense passĂ© Ă  Madagascar, dans la Capitale d’Antananarivo…

J’avais 16 ans et j’Ă©tais en classe de 3iĂšme.

Nous Ă©tions dans les annĂ©es 92 et notre professeure Principal de l’Ă©poque avait eu l’idĂ©e d’organiser une sortie d’Ă©lĂšves…

C’Ă©tait un jour de semaine et plus prĂ©cisĂ©ment un matin aux alentours de 9H30.

Un matin tout Ă  fait ordinaire mais qui allait se transformer en un jour extraordinaire…

D’ailleurs, je m’en souviens encore comme si c’Ă©tait hier….

****

Voici mon histoire :

Mes camarades et moi Ă©tions en train d’attendre l’arrivĂ©e du bus dans la vaste cour du LycĂ©e Français de Tananarive (l’ancien lycĂ©e : Le MonastĂšre).

Nous Ă©tions accompagnĂ©s de notre professeure principal de Français (Je me souviens encore de son nom de famille : elle s’appelait Mme Origlio) et nous discutions avec elle de la fameuse sortie culturelle pendant que tous les autres Ă©lĂšves du LycĂ©e avaient dĂ©jĂ  tous rejoint leurs classes d’Ă©tudes…

À cet instant lĂ , le lycĂ©e semblait dĂ©sertique et Ă©tait devenu totalement silencieux mis Ă  part nos petits bavardages entre nous et notre professeure.

Je me disais mĂȘme qu’il Ă©tait redevenu ce qu’il Ă©tait autrefois : c’est Ă  dire, un MonastĂšre. Un monastĂšre paisible oĂč le silence Ă©tait roi…

Oui, cela faisait du bien de ne plus entendre le brouhaha perpétuel de tous ces élÚves.

On aurait mĂȘme dit que le temps s’Ă©tait figĂ© comme s’il n’y avait plus personne sur cette Terre…

Je n’exagĂšre pas le moins du monde en vous disant cela et pour tout vous dire, je savourais pleinement ce moment avec un immense plaisir.

Je regardais les alentours tout en discutant avec une amie de l’Ă©poque et nous nous disions, toutes les deux, que nous avions vraiment beaucoup de chance de pouvoir faire cette sortie (escapade) alors que tous les autres Ă©lĂšves du lycĂ©e Ă©taient en train d’Ă©tudier Ă  l’intĂ©rieur de piĂšces confinĂ©es, par cette si belle matinĂ©e chaude et ensoleillĂ©e…

****

Au bout de quelques minutes, le silence de plomb fut interrompu par l’arrivĂ©e de notre bus qui venait tout juste de s’engager dans la cour du lycĂ©e.

Il roulait dans notre direction tout en faisant pas mal de bruits Ă  cause des petits graviers que ses grandes roues projetaient de part et d’autres sur son passage.

Il Ă©tait en train de contourner la vaste cour puis fini par effectuer une marche arriĂšre afin de se placer directement devant la route principale d’oĂč il venait d’arriver.

La manƓuvre terminĂ©e, le chauffeur laissa tourner son moteur puis nous fit signe de nous rapprocher afin de monter Ă  l’intĂ©rieur de son bus.

Ce que nous fĂźmes rapidement.

Une fois Ă  l’intĂ©rieur, il vĂ©rifia que nous Ă©tions tous bien installĂ©s Ă  l’arriĂšre et nous demanda si nous voulions Ă©couter un peu de musique.

Ayant eu l’approbation de notre Professeure, mes camarades et moi lui rĂ©pondĂźmes tous en chƓur que oui !

****

Petite parenthĂšse avant de continuer mon histoire :

Madame Origlio avait la rĂ©putation d’ĂȘtre une excellente professeure qui savait hisser ses Ă©lĂšves vers le haut.

Elle Ă©tait ouverte d’esprit mais trĂšs stricte lorsqu’elle enseignait son cour de français et ne supportait pas les bavardages intempestifs dans sa classe.

Mais dans certaines occasions comme celle d’aujourd’hui par exemple, elle savait ĂȘtre souple et trĂšs gĂ©nĂ©reuse.

J’adorais Ă©tudier le français avec elle et je dois bien avouer que j’Ă©tais trĂšs douĂ©e en la matiĂšre (disons que ça aide beaucoup).

D’ailleurs, Ă  maintes reprises, elle en faisait souvent la remarque lorsque j’obtenais d’excellentes notes, suite aux multiples rĂ©dactions qu’elle nous imposait et dont les diffĂ©rents sujets avaient souvent le don (fort heureusement) de toujours m’inspirer.

Et pour donner l’exemple aux autres Ă©lĂšves, elle ne pouvait s’empĂȘcher de lire Ă  haute voix le texte de ma copie (avant de me la rendre) ; ce qui avait tendance Ă  m’intimider et Ă  vouloir me cacher mille pieds sous terre.

Je me souviens aussi des fins de trimestre avec ses fameux bilans qu’elle n’oubliait jamais de nous exposer en commençant toujours et inĂ©vitablement son discours par le mien et ce bien Ă©videment devant tous mes camarades de classe (chose qui me mettait indĂ©niablement trĂšs mal Ă  l’aise) :

« CĂ©cile ! Vous ĂȘtes une fois de plus la premiĂšre de votre classe dans ma matiĂšre ! FĂ©licitations ! »

DĂšs lors oĂč elle prononçait ces paroles, mon visage devenait soudainement rouge pivoine tellement j’Ă©tais embarrassĂ©e vis Ă  vis de mes camarades (Il faut dire aussi qu’Ă  cette Ă©poque lĂ , je n’avais aucune confiance en moi).

La suite était alors prévisible


Quelques-uns d’entre eux ne manquaient pas de lui rĂ©torquer avec un certain agacement :

« Mais Madame, c’est pas notre faute si elle a toujours de l’inspiration pour vos rĂ©dactions… C’est dur de rĂ©diger un texte comme ça, surtout si on n’est pas inspirĂ©… »

Et Mme Origlio leur rĂ©pondait invariablement ceci avec une pointe d’ironie :

« C’est parce que vous ne vous donnez pas la peine de vous atteler Ă  la tĂąche. Il faut le vouloir aussi et non attendre que cela vous tombe du ciel »

Puis elle rajoutait :

« Vous savez, si CĂ©cile rĂ©ussit Ă  faire de bonnes rĂ©dactions, ce n’est pas un simple hasard. Elle travaille tout simplement. Et Ă  force, elle s’amĂ©liore davantage. Mais si vous ne travaillez pas bien votre texte, celui-ci sera alors forcĂ©ment mauvais. C’est pourquoi, je ne cesse de vous rĂ©pĂ©ter Ă  chacun de mes cours que le travail compte Ă©normĂ©ment. Tout le monde peut avoir de l’imagination. Mais ce qui reste difficile, je vous l’accorde, c’est de pouvoir rĂ©diger votre texte en le rendant comprĂ©hensible, agrĂ©able Ă  lire et si possible sans fautes d’orthographe. Tout ceci n’est pas Ă©vident mais c’est possible Ă  force de travail »

Et certains d’entre eux lui rĂ©pliquaient alors aussitĂŽt en ricanant :

« Mais Madame ! c’est impossible de faire tout ça ! et en plus sans fautes d’orthographe ? »

« Pourtant, je vous affirme que c’est tout Ă  fait possible. Pourquoi croyez-vous que je sois ici alors ? Il faut travailler davantage et vous vous amĂ©liorerez tout comme le fait CĂ©cile »

« Oh non ! Ne leur dĂźtes surtout pas ça ! » me disais-je alors dans mon for intĂ©rieur ; le nez dans la feuille de copie qu’elle venait tout juste de me rendre.

Et malheureusement, je savais qu’Ă  ces moments-lĂ , toute la classe et y compris mon amie de l’Ă©poque (qui n’en Ă©tait pas vraiment une finalement) n’apprĂ©cieraient point tous ces compliments Ă  mon Ă©gard et que forcĂ©ment, j’attiserai leurs mĂ©pris.

C’est pourquoi, j’Ă©tais le plus souvent une personne solitaire lors des diffĂ©rents cours en classe ou encore pendant les rĂ©crĂ©ations.

Je n’avais pour ainsi dire qu’une seule amie mais lĂ  encore je savais pertinemment que le mot « amie » n’Ă©tait pas vraiment appropriĂ©, qu’il fallait le mettre entre parenthĂšse, puisqu’elle n’Ă©tait pas une vĂ©ritable amie comme j’aurais voulu qu’elle le soit.

En fait, ce que j’avais compris Ă  cette Ă©poque lĂ , c’est qu’il ne fallait surtout pas que je m’entiche d’avoir une amie sincĂšre puisque c’Ă©tait du domaine de l’impossible.

Par contre, ce que je savais au fond de moi, c’Ă©tait que la solitude Ă©tait la meilleure de mes amies et alliĂ©es puisque « ELLE » ne m’avait jamais laissĂ©e tomber, trahie ou contrariĂ©e.

D’ailleurs, jusqu’au jour d’aujourd’hui, j’aime toujours autant la solitude.

Alors vous l’aurez compris ; ce qui m’importait le plus lorsque j’étais Ă©tudiante en classe de 3iĂšme, c’Ă©tait d’ĂȘtre avant tout apprĂ©ciĂ©e par ma professeure de Français : Mme Origlio et d’avoir la joie de suivre chacun de ses cours.

D’ailleurs, Ă  la fin de mon annĂ©e de 3iĂšme, ce fut grĂące Ă  elle et Ă  ses conseils avisĂ©s que j’avais dĂ©cidĂ© d’emprunter une autre voie que celle qui m’Ă©tait destinĂ©e.

En effet, n’Ă©tant pas au niveau exigĂ© par rapport aux autres matiĂšres que j’avais du mal Ă  suivre ; Mme Origlio me conseilla la filiĂšre de la formation professionnelle de BEPacc (Brevet d’Ă©tudes professionnel d’Administration, Commercial et Comptable) qui au final contribua largement Ă  mon Ă©panouissement d’Ă©tudiante.

Je ne la remercierai jamais assez de m’avoir conseillĂ©e de suivre cette formation qui fut pour moi une belle rĂ©ussite au cours de mes deux annĂ©es de BEPacc passĂ©es au LycĂ©e Français d’Antananarivo et dont j’obtenu en finalitĂ© haut la main mes deux diplĂŽmes avec beaucoup de fiertĂ©.

****

AprĂšs cette longue parenthĂšse que je me devais de vous raconter, je peux enfin reprendre le cours de mon histoire.

Ce fut donc en musique, que le bus quitta enfin la cour du lycĂ©e et commença Ă  emprunter sans plus tarder la fameuse route qui nous conduirait au centre-ville d’Antananarivo.

C’Ă©tait parti pour l’aventure !

Mes camarades et moi, concrétisions enfin notre fameuse sortie culturelle !

Le bus nous emmenait donc en direction du Centre Culturel Albert Camus et moi, j’Ă©tais dĂ©jĂ  en train de rĂȘvasser en me disant que je dĂ©couvrirai enfin et pour la toute premiĂšre fois la fameuse salle de cinĂ©ma dans laquelle mes parents avaient dĂ©jĂ  visionnĂ© pas mal de films durant les annĂ©es 77 Ă  79…

Au fur et Ă  mesure que nous nous rapprochions de notre destination ; j’Ă©tais toute excitĂ©e de joie et je savourais pleinement chaque instant de notre voyage en bus.

Quant Ă  mes camarades, eux aussi Ă©taient aux anges et trĂšs impatients d’arriver au fameux Centre Culturel.

AprĂšs une bonne quarantaine de minutes de trajet et quelques embouteillages que l’on ne pouvait hĂ©las guĂšre Ă©viter, (La Capitale de Tananarive est rĂ©putĂ©e pour ses embouteillages) nous arrivĂąmes enfin Ă  bon port.

Le bus se gara ensuite devant le grand bĂątiment du centre Culturel.

****

A peine avais-je franchi le seuil du vaste hall du Centre Culturel ; lĂ  oĂč se situait le comptoir d’accueil ; que j’en fus totalement enchantĂ©e.

La dĂ©coration des lieux Ă©tait vraiment magnifique et d’une trĂšs grande classe…

La suite des événements promettait de me réserver de bien belles surprises


Et ce fut d’ailleurs le cas lorsque nous nous retrouvĂąmes au premier Ă©tage et que je poussais enfin une haute porte battante qui menait Ă  l’immense salle de cinĂ©ma Ă  l’intĂ©rieur de laquelle nous devions, mes camarades et moi visionner le fameux film tant attendu.

« Wahou ! » m’exclamais-je tout haut en regardant tout autour de moi.

C’Ă©tait un peu comme si je me retrouvais dans une salle de cinĂ©ma en France mais avec ce petit quelque chose de diffĂ©rent, d’original que je n’avais encore jamais vu ailleurs et qui se trouvait juste lĂ , devant mes yeux Ă©bahis.

La salle était vraiment trÚs spacieuse et avait des allures de Belle époque avec son sublime habillage (sol, plafond et murs) rouge bordeaux des plus profond et si raffiné.

Quant aux Ă©lĂ©gants fauteuils de velours de la mĂȘme couleur dominante ; ils vous invitaient Ă  vous y installer bien confortablement tant leurs revĂȘtements semblaient Ă  la fois doux et moelleux.

Tout n’Ă©tait que somptuositĂ© ici et la couleur rouge bordeaux y Ă©tait pour beaucoup.

En effet, grĂące Ă  elle, la salle de cinĂ©ma semblait tout droit sortir d’un bel opĂ©ra et c’Ă©tait sans doute pour cela qu’elle en devenait exceptionnelle, ne ressemblant alors Ă  aucune autre.

Avec de tels atours, cette magnifique salle ne pouvait que vous convier Ă  y passer un agrĂ©able moment lors de la diffusion d’un film sur son grand Ă©cran.

Et moi, j’Ă©tais dĂ©jĂ  trĂšs sensible Ă  toute cette ambiance feutrĂ©e et chaleureuse.

Sans oublier l’agrĂ©able fraĂźcheur de la climatisation qui contrastait avec la chaleur Ă©crasante du dehors.

Oui, je me sentais vraiment bien ici…

J’Ă©tais littĂ©ralement tombĂ©e sous le charme de cette salle et j’avais comme l’impression de me retrouver dans un cocon de bien ĂȘtre m’enveloppant peu Ă  peu de son infinie douceur.

Je me laissais alors totalement envahir et submerger par cette sensation unique d’apaisement tout en me disant que j’avais vraiment beaucoup de chance de me retrouver ici, et qui plus est dans mon beau pays natal de Madagascar.

Et rien que d’y penser, j’Ă©tais encore plus envoĂ»tĂ©e et fascinĂ©e par ce lieu hors du temps qui me transportait dans un autre monde, un autre univers.

Un univers fantastique et magique…

****

AprĂšs avoir longuement admirĂ© la vaste salle de cinĂ©ma ; je m’asseyais enfin bien confortablement dans l’un de ces fauteuils de velours rouge.

En caressant le tissu de ma main ; je constatais qu’il Ă©tait vraiment comme je me l’Ă©tais imaginĂ© : trĂšs doux et trĂšs soyeux.

Comme j’Ă©tais bien dans ce fauteuil !

À prĂ©sent, je n’avais qu’une seule hĂąte : regarder le fameux film qui n’avait eu que des Ă©loges auprĂšs des critiques de cinĂ©ma…

Et quel rĂȘve absolu pour une cinĂ©phile telle que moi de pouvoir enfin le regarder bien tranquillement dans une salle quasi dĂ©serte.

DĂ©serte et qui plus est sans ĂȘtre ennuyĂ©e par une personne trop grande qui se trouverait comme par hasard juste devant moi ou qui aurait une de ces criniĂšres volumineuses et sauvages nuisant fatalement et gravement Ă  la vision de mon film.

Oh oui ! Quel plaisir immense que celui de ne point subir toutes ces incommoditĂ©s et d’avoir l’impression unique d’ĂȘtre seule au monde comme si le film ne serait diffusĂ© que pour moi et moi uniquement.

J’en ferais l’expĂ©rience et j’Ă©tais dĂ©jĂ  aux anges…

****

Mes camarades Ă©taient eux aussi sous le charme de cette immense salle et Ă©taient de plus en plus excitĂ©s Ă  l’idĂ©e qu’ils regarderaient dans une poignĂ©e de minutes le fameux film.

N’ayant Ă  l’Ă©poque pas de meilleure amie attitrĂ©e ; je m’Ă©tais donc installĂ©e Ă  l’Ă©cart des autres Ă©lĂšves afin d’Ă©viter d’Ă©couter leur discussions entre eux.

Ainsi, je profiterai pleinement de mon film.

Confortablement assise dans mon fauteuil, j’attendais donc que les lumiĂšres s’Ă©teignent enfin mais il semblait que le projectionniste n’Ă©tait pas encore prĂȘt pour diffuser le film.

Sans doute un retard imprévu de sa part mais qui finirait bien par se régler.

Alors pour passer le temps, je décidais de me retourner pour voir quels élÚves se trouvaient derriÚre moi.

À ma grande surprise, il n’y en avait aucun Ă  part ma Prof de Français prĂ©fĂ©rĂ©e qui Ă©tait en train de me sourire et sur le point de me dire quelque chose vu qu’elle venait de se pencher vers mon fauteuil.

Je lui souris Ă©galement et c’est alors qu’elle me dit avec enthousiasme :

« Vous ne serez pas déçue CĂ©cile !Ce film vous plaira beaucoup ! Je l’ai dĂ©jĂ  vu et connaissant votre sensibilitĂ© je suis certaine qu’il vous Ă©mouvra. Sans parler de sa bande originale qui est vraiment sublime. Je sais que vous aimez les musiques de films, n’est-ce pas ? »

« Oui, c’est vrai Madame » lui rĂ©pondis-je un peu intimidĂ©e.

« Je pense que vous l’aimerez aussi» rajouta t-elle.

À peine eut-t-elle fini de prononcer ces quelques mots que soudainement toutes les lumiĂšres de la salle de cinĂ©ma s’Ă©teignirent toutes en mĂȘme temps.

Nous Ă©tions alors dans l’obscuritĂ© la plus totale et je ne voyais plus du tout le visage de Mme Origlio qui Ă©tait en train de me chuchoter :

« Ah ! Ça y est ! Le film va enfin commencer ma chĂšre CĂ©cile ! Je vous souhaite un trĂšs bon film ! »

« Merci. À vous aussi Madame » lui chuchotais-je Ă  mon tour.

On ne voyait strictement rien dans tout ce noir.

Je me retournais alors pour faire face Ă  nouveau au grand Ă©cran et constatais qu’il venait tout juste de s’illuminer en faisant apparaĂźtre les premiĂšres images du gĂ©nĂ©rique du film.

Des images rouges et noirs reprĂ©sentant des scĂšnes historiques d’AmĂ©rindiens ainsi que de Colons sous un fond musical qui me donna d’emblĂ©e des frissons.

Une musique à couper le souffle tant sa mélodie était des plus envoûtante et fascinante.

Une musique dont je tombais irrémédiablement amoureuse.

Et lorsque le titre du film apparu : « 1492, Christophe Colomb » ; suivi de ce texte :

« Il y 500 ans, L’Espagne Ă©tait une Nation LivrĂ©e Ă  la Peur Et Ă  la Superstition Sous la Loi de la Couronne Et d’une Inquisition Qui persĂ©cutait Sans merci Tous ceux qui osaient rĂȘver.

Un Seul Homme défia Ce pouvoir.

Conscient de son Destin, Il traversa La Mer des TĂ©nĂšbres, En quĂȘte d’Honneurs et d’Or Pour La Plus Grande Gloire de Dieu »

Je savais d’instinct que j’aimerais d’ores et dĂ©jĂ  ce film et mĂȘme en ne l’ayant jamais vu.

C’Ă©tait pour moi comme une certitude.

Et je ne m’Ă©tais point trompĂ©e puisqu’il devint par la suite mon film historique prĂ©fĂ©rĂ©.

Et l’ultime cerise sur le gĂąteau fut de pouvoir le regarder dans la mĂȘme salle de cinĂ©ma que mes parents avaient autrefois frĂ©quentĂ©e, des annĂ©es auparavant.

Des années avant ma naissance.

Oui, cela ne faisait qu’intensifier le cĂŽtĂ© magique et Ă©motionnel que j’éprouvais.

Une journĂ©e cinĂ©ma qui fut l’un des plus beaux moments de ma vie.

Un moment qui n’appartenait qu’Ă  moi, comme si le temps s’Ă©tait subitement arrĂȘtĂ© et suspendu dans l’air…

Un grand moment d’Ă©motion avec une musique de film inoubliable qui me donne encore la chair de poule Ă  chaque fois que je l’Ă©coute et une petite larme Ă  l’Ɠil de nostalgie…

Une musique qui restera Ă©ternellement dans mon cƓur et qui me rappellera toujours cette sĂ©ance de cinĂ©ma ainsi que mon Ăźle natale avec tous les merveilleux moments passĂ©s lĂ -bas.

Un chef d’Ɠuvre musical digne du trĂšs grand compositeur Vangelis et qui restera incontestablement ma bande originale number one parmi toutes celles que j’aime.

Un souvenir cinĂ©ma que je n’oublierai jamais et que je souhaitais tout simplement partager avec vous.

Son plus beau cadeau sur Terre 🎁 La suite…

L’hypnotisant et chaleureux feu de cheminĂ©e avec ses braises crĂ©pitantes et rougeoyantes dans son Ăątre.

Oh ! Rien que d’y penser, elle avait presque hĂąte !

Oui, un bon feu de cheminĂ©e qui lui rĂ©chaufferait le cƓur et l’ñme durant l’hiver.

Entendre le doux son du bois craquer au contact des flammes dansantes et lumineuses lui ferait trĂšs certainement oublier sa forĂȘt enchantĂ©e


L’oublier un temps soit peu, c’est vrai, mais pas dans ses rĂȘves nocturnes pendant que la neige se mettrait Ă  tomber dehors et finirait par la recouvrir intĂ©gralement d’un joli manteau d’une blancheur immaculĂ©e…

Voilà tout ce dont à quoi ce buffet en pin massif lui faisait penser


À toutes ces belles choses qui la rendaient infiniment heureuse…

Ah ! qu’elle aurait aimĂ©, Ă  cet instant prĂ©cis, se retrouver dans sa merveilleuse forĂȘt !

Mais cela n’aurait pas Ă©tĂ© raisonnable, Ă©tant donnĂ© qu’il avait bien trop plu.

Tout ne serait donc qu’humiditĂ© et rien que d’y penser Mira en fut Ă©cƓurĂ©e !

Non, il Ă©tait plus sage d’attendre que celle-ci redevienne bien sĂšche comme elle l’Ă©tait il n’y a pas si longtemps.

« Peut-ĂȘtre aprĂšs demain et biensĂ»r Ă  condition que Maman ne soit pas lĂ  » se dit-elle tout en baillant.

****

Mira attendait toujours bien sagement que sa Maman revienne mais elle trouvait que le temps Ă©tait de plus en plus long et commençait sĂ©rieusement Ă  s’inquiĂ©ter de son absence prolongĂ©e.

Soudain, elle sursauta en entendant :

« Cou-cou ! Cou-cou ! Cou-cou ! »

Le bruit provenait de l’horloge en bois qui se trouvait juste au-dessus de la porte de la cuisine.

CentrĂ©e au beau milieu de celle-ci ; une petite porte arrondie venait Ă  peine de s’ouvrir laissant surgir un oiseau qu’elle connaissait fort bien et qui avait le don de l’horripiler.

Il s’agissait de « Canari », le fameux oiseau de malheur qui se cachait Ă  l’intĂ©rieur et qui rĂ©apparaissait de temps en temps quand cela lui chantait.

Et lĂ , il Ă©tait en train de siffloter gaiement dans un son particuliĂšrement aigu qui l’agaçait :

« Cou-cou ! Cou-cou ! Cou-cou ! »

Elle le regarda d’un air mauvais et mĂ©prisant :

« Mais tais-toi donc le Canari ! Pfff ! Oh la la ! On a compris le message ! Il est telle heure ! Et alors ? C’est pas la fin du monde que je sache ! » lui lança t-elle rageuse avec cette irrĂ©sistible envie de lui arracher le bec en deux temps trois mouvements pour qu’il puisse se taire une bonne fois pour toutes.

« Cou-cou ! Cou-cou ! » continua de chanter le petit oiseau sans vergogne.

Il venait d’annoncer qu’il Ă©tait exactement 17H00.

Mira avait toujours aimĂ© cette bonne vieille horloge en bois qui devait trĂšs certainement dater de l’avant guerre.

Les jolies arabesques qui y Ă©taient gravĂ©es lui donnaient une allure des plus singuliĂšre et d’une rare authenticitĂ©.

C’Ă©tait vraiment une magnifique horloge !

Par contre, le petit ĂȘtre arrogant qui se renfermait dans ses entrailles n’avait pas le moins du monde sa grĂące.

À dire vrai, elle le dĂ©testait.

Certes, c’Ă©tait peut-ĂȘtre un bel oiseau avec son plumage jaune poussin des plus rayonnant mais elle n’arrivait plus Ă  supporter son sempiternel « Cou-cou » lui sortant de son minuscule bec orange vif.

Deux couleurs des plus criardes qui se voyaient Ă  des kilomĂštres Ă  la ronde !

C’est pourquoi elle aimait bien se moquer de lui en l’appelant : Canari.

Quant Ă  ses petits yeux noirs vifs et malicieux ; ils semblaient toujours la narguer lorsqu’il jaillissait subrepticement de son antre fermĂ©e Ă  double tour.

Sans doute qu’il se sentait Ă  l’abri, lĂ  haut, Ă  l’intĂ©rieur de son refuge et qu’il savait fort bien que Mira n’aurait pas pu lui faire quoi que ce soit


Ah ! Comme elle aurait voulu l’attraper pour lui rĂ©gler enfin son compte !

Oui ! Pour toutes ces fois oĂč il avait eu l’audace de la faire sursauter en lui chantant Ă  tue tĂȘte ses infernales coucous rĂ©pĂ©titifs


« Cou-cou ! Cou-cou ! »

Mais il ne perdait rien pour attendre celui-là


Un beau jour, elle se vengerait. Elle ne savait pas encore par quel moyen mais elle finirait bien par trouver…

Elle l’observa encore. C’est fou comme il avait l’air vivant, lĂ  haut sur son perchoir en train de lui chanter la sĂ©rĂ©nade !

C’en Ă©tait presque bluffant !

Monsieur Canari faisait son intĂ©ressant. Son grand show. Il devait trĂšs certainement se prendre pour Monsieur Rossignol alors qu’il avait une voix stridente de crĂ©celle !

Mira ne le dĂ©testait pas tant que ça


Non, c’Ă©tait bien pire. Elle le haĂŻssait !

Elle Ă©tait pourtant habituĂ©e Ă  le voir quotidiennement et ce depuis pas mal d’annĂ©es dĂ©jĂ  mais bizarrement, elle ne s’Ă©tait point faites Ă  son chant.

Non, celui-lĂ , elle n’arrivait toujours pas Ă  l’ingurgiter


Cependant, elle reconnaissait qu’il accomplissait fort bien son travail d’annonceur


Ah ça oui ! Et ce durant ces 5 annĂ©es oĂč elle avait habitĂ© ici.

Et d’aussi loin qu’elle s’en souvienne, jamais encore il n’avait eu la moindre extinction de voix


Non ! Une vraie machine de guerre ce Canari lĂ  ! Et biensĂ»r n’ayant pas la moindre pitiĂ© pour ses oreilles fines et si dĂ©licates.

Elle avait bien essayĂ© de se faire Ă  son chant oĂč encore de contrĂŽler ses sursauts lorsqu’il entonnait ses horribles coucou mais elle avait fini par jeter l’Ă©ponge…

C’Ă©tait tout bonnement impossible !

Résultat des courses : elle détestait toujours autant sa voix et continuait à tressaillir lorsque le volatile en bois sortait de sa cachette tel un clown machiavélique.

Dieu qu’elle le mĂ©prisait !

Mira l’observait encore lorsque soudain la petite porte en bois se referma enfin sur lui.

« Pfff, il Ă©tait temps ! » soupira t-elle en regardant les grandes aiguilles noires de l’horloge.

Elles annonçaient qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  17H15.

« Mais que pouvait bien faire Laura ? Elle n’Ă©tait toujours pas revenue » s’inquiĂ©ta t-elle en tournant la tĂȘte vers la porte d’entrĂ©e du salon.

****

Mira commençait à avoir une petite faim alors elle franchit le seuil de la cuisine dont la porte était restée grande ouverte.

Immédiatement, elle remarqua au loin une petite assiette garnie de madeleines dorées qui reposait sur la table centrale.

Juste Ă  cĂŽtĂ© de celle-ci se trouvait un bol Ă  anse accompagnĂ© d’une petite cuillĂšre Ă  cafĂ©.

Mira n’aimait pas trop les madeleines car elles avaient tendance Ă  lui coller au palais et puis il faut dire aussi que ce n’Ă©tait pas trop sa tasse de thĂ©.

Son intĂ©rĂȘt se porta donc sur le bol en porcelaine blanc Ă  gros pois rouges.

Que pouvait bien t-il contenir ? se demanda t-elle en ne le quittant pas de ses yeux perçants.

Sa curiositĂ© grandissait au fur et Ă  mesure qu’elle se rapprochait de la grande table.

Ses narines sentirent les effluves d’un parfum vanillĂ©.

Se pourrait-il que Laura lui ai préparé son dessert préféré ?

Une bonne et onctueuse crĂšme dessert Ă  la vanille ?

Hum ! Rien que d’y songer, Mira Ă©tait dĂ©jĂ  toute excitĂ©e Ă  l’idĂ©e qu’elle le dĂ©gusterait dans quelques secondes.

Un exquis dessert lacté rien que pour elle ! Elle en avait de la chance !

Et sa Maman avait bien veillĂ© Ă  le sortir du frigo Ă  l’avance car elle savait que Mira aimait le manger Ă  tempĂ©rature ambiante et non glacĂ©e.

Le goĂ»t s’en trouvait bien meilleur.

Décidément, elle avait vraiment une Maman en or.

C’Ă©tait donc ça la fameuse surprise que Laura lui avait concoctĂ©e ?

Pourtant, elle aurait jurĂ© que sa Maman lui avait bien dit qu’elle lui ramĂšnerait un cadeau en revenant de ses courses.

Mira plissa les yeux de contentement.

Se pourrait-il alors qu’il y ait une deuxiĂšme surprise ?

Elle s’apprĂȘtait Ă  dĂ©guster sa gourmandise lorsque soudain, elle entendit un drĂŽle de bruit qui provenait du salon.

Ah ! Non ! Personne n’avait le droit de la dĂ©ranger lorsqu’elle Ă©tait Ă  table !

« Fichu bruit ! Va t’en ! Et laisse moi savourer ce dĂ©licieux met »

Mira se pourlĂ©cha les babines, prĂȘte Ă  attaquer son savoureux dessert.

« Crrr, crrr, crrr »

Oh non ! Le bruit de tout Ă  l’heure venait encore de recommencer et cette fois-çi il ne s’arrĂȘtait plus.

« Ah ! Mais c’est pas vrai ça ! Je ne peux vraiment pas ĂȘtre tranquille aujourd’hui ! »

À contre cƓur elle laissa son assiette de cĂŽtĂ© et retourna vite sur ses pas.

Du seuil de la cuisine elle inspecta de ses yeux d’aigle le vaste salon.

« Crrr, crrr, crrr »

Le bruit s’intensifiait davantage. C’Ă©tait un peu comme un grattement Ă  une porte mais elle n’arrivait pas Ă  dĂ©celer de quoi il s’agissait exactement.

À l’affĂ»t et aux aguets, elle avança Ă  pas de loup Ă  l’intĂ©rieur du salon tout en scrutant les alentours mais ce n’Ă©tait pas si Ă©vident que ça vu qu’il faisait Ă  nouveau sombre ici.

Nous Ă©tions en plein mois d’octobre et le soleil se couchait beaucoup plus tĂŽt.

BientĂŽt il ne tarderait plus Ă  faire nuit noire.

« Crrr, crrr, crrr »

Les sens en alerte, Mira Ă©piait les moindres recoins de la piĂšce.

« Crrrr, crrr, crrr »

Par moment, le grattement s’interrompait, rendant alors difficile la recherche de sa provenance.

« Crrr, crrr, crrr »

« Ah la la ! Fichu bruit ! Mais oĂč te caches tu ? » s’agaça Mira.

Soudain AllĂ©luia ! Elle cru voir quelque chose bouger lĂ -bas, lĂ  oĂč Ă©tait placĂ© son fauteuil.

Vite, sans plus attendre, elle couru en sa direction puis au dernier moment décida de se positionner juste derriÚre lui afin de mieux épier la chose qui remuait.

Ses yeux verts n’Ă©taient plus que deux fentes extrĂȘmement Ă©trĂ©cis Ă  force de scruter dans la pĂ©nombre les contours de cette Ă©trangetĂ©.

Une étrangeté qui avait dû ressentir sa présence car à cet instant précis, elle ne bougea plus du tout.

Sans doute, avait-elle entendu Mira


« Mince alors ! Allez ! Gratte encore saleté ! Pourquoi tu bouges plus ? » marmonna t-elle entre ses dents.

Soudain, la bestiole recommença innocemment sa petite besogne sans prĂȘter attention Ă  Mira qui Ă©tait Ă  prĂ©sent juste derriĂšre elle.

Les yeux toujours Ă©trĂ©cis Ă  l’extrĂȘme, Mira reconnut enfin le petit animal.

« Quoi ! ? Ce n’Ă©tait qu’une vulgaire souris ! ? » s’indigna t-elle courroucĂ©e et prĂȘte Ă  lui bondir dessus.

Tout ce raffut n’était dĂ» qu’à une insignifiante petite souris ?

Une souris blanche qui Ă©tait en train de gratter frĂ©nĂ©tiquement avec ses pattes avant un coin fissurĂ© de la plinthe en bois du mur de droite. Celui-lĂ  mĂȘme oĂč se trouvait Ă  quelques centimĂštres son fauteuil en velours.

À l’attaaaaaque !!

Toutes griffes dehors, Mira bondit en avant tel un boulet de canon mais au moment oĂč elle allait se jeter sur le rongeur ; celui-ci se faufila aussi vite que l’Ă©clair par un petit trou attenant Ă  l’Ă©troite fissure qu’il n’avait pas eu le temps d’Ă©largir.

« Oh non ! SaletĂ© va ! T’as rĂ©ussi Ă  ĂȘtre plus rapide que moi ! » pesta t-elle dĂ©pitĂ©e d’avoir pu manquer son coup.

Et dire qu’elle avait Ă©tĂ© Ă  deux doigts de lui rĂ©gler son compte !

« Une vraie Speedy Gonzales ! celle-là ! » admit-elle avec une certaine fascination.

« Mais tu ne perds rien pour attendre ! » souffla t-elle sournoisement.

« En plus tu as osĂ© faire ta petite cachette juste Ă  cĂŽtĂ© de mon fauteuil. Ah la la ! Grave erreur, vilaine souris ! » s’insurgea t-elle en regardant d’un Ɠil l’intĂ©rieur du trou par lequel le rongeur s’Ă©tait introduit si lĂąchement.

Mais hélas, celui-ci semblait totalement vide.

Speedy Gonzales s’Ă©tait bel et bien volatilisĂ©e.

Elle avait dĂ» trĂšs certainement emprunter une des nombreuses galeries creusĂ©es par elle oĂč ses congĂ©nĂšres.

Car s’il y en avait une ; il devait alors y en avoir plusieurs


Elle prendrait alors son temps et un malin plaisir Ă  les pourchasser l’une aprĂšs l’autre…

En tous cas, Ă  l’avenir, elle resterait vigilante car elle dĂ©testait que des intrus envahissent son territoire.

Speedy Gonzales et le Canari ne perdaient rien pour attendre…

Mira regarda autour d’elle.

Avec la venue impromptue de cette souris, elle ne s’Ă©tait pas aperçu que le salon Ă©tait Ă  prĂ©sent plongĂ© dans le noir.

Elle ne craignait point la nuit mais elle commençait à se faire du mauvais sang pour sa Maman.

Elle jeta un Ɠil Ă  la porte d’entrĂ©e qui Ă©tait toujours obstinĂ©ment fermĂ©e


Mais que pouvait bien faire Laura Ă  cette heure si tardive ?

Pour passer le temps, elle décida de rester encore quelques instants devant le trou de la plinthe, histoire de voir si la souris finirait bien par en ressortir.

Mais Speedy Gonzales Ă©tait loin d’ĂȘtre bĂȘte.

Ce soir, il Ă©tait Ă©vident qu’elle ne montrerait plus le bout de son museau.

Mira devait se résigner.

Elle commença Ă  bĂąiller d’ennui et repensa Ă  nouveau aux douces paroles de sa Maman :

« Je te ramÚnerai une petite surprise ma Mira ! Sois bien sage surtout ! »

Les rĂ©pĂ©ter inlassablement dans sa tĂȘte lui permettaient de se rassurer et mĂȘme si elle commençait Ă  redouter le pire.

« Pourvu que sa Maman n’ait pas eu un accident sur la route » se demanda t-elle trĂšs inquiĂšte.

Mais il ne fallait surtout pas qu’elle perde les pĂ©dales.

Et pour cela, il valait mieux qu’elle resta positive en se disant que Laura ne tarderait plus Ă  revenir.

Soudain, elle repensa Ă  son onctueuse crĂšme dessert qu’elle avait bien failli oublier Ă  cause de la satanĂ©e Speedy Gonzales.

Celle-ci lui redonnerait du baume au cƓur concernant son inquiĂ©tude pour sa Maman et lui permettrait Ă©galement d’oublier le fĂącheux petit incident qu’elle avait eu avec le rongeur.

****

Mira venait Ă  peine de terminer sa dĂ©licieuse crĂšme dessert Ă  la vanille lorsqu’elle repensa encore aux paroles de Laura :

« Je reviendrai avec une petite surprise pour toi ma Chérie. Sois bien sage surtout ! »

VoilĂ  ce qu’elle lui avait dit avant de refermer derriĂšre elle, la lourde porte d’entrĂ©e en bois massif.

Elle ne pouvait s’empĂȘcher de se la ressasser en boucle.

Elle revoyait aussi l’image de son doux visage souriant avec ce joli foulard rose pastel nouĂ© autour de son cou dĂ©licatement parfumĂ©.

Un parfum aux notes florales emportĂ© dans le sillage du vent frais de cet aprĂšs-midi lĂ  et que Mira n’avait point oubliĂ©.

À cette pensĂ©e, elle eut une boule dans la gorge. Sa Maman lui manquait…

Soudainement, elle entendit le Canari chanter :

« Cou-cou ! Cou-cou ! »

Elle sursauta mais bizarrement ne lui en voulut pas.

Cet oiseau de malheur rompait le silence de plomb qui régnait dans la vaste maison et cela la rassurait.

Et mĂȘme si son « Cou-cou » Ă©tait dĂ©testable ; elle lui en Ă©tait quand mĂȘme reconnaissante


Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, elle mourait d’envie de lui arracher le bec !

Ce n’Ă©tait plus le cas maintenant. Le Canari Ă©tait devenu son ami.

Il venait d’annoncer qu’il Ă©tait exactement 19H00.

Son inquiétude redoubla.

Jamais encore sa Maman n’Ă©tait arrivĂ©e en retard. Elle respectait toujours ses promesses…

Mais que faisait-elle alors ?

Elle regarda par la baie vitrĂ©e. Le jardin Ă©tait dans l’obscuritĂ© totale et il n’y avait pas Ăąme qui vive.

Sa Maman ne donnait pas de cours le samedi au lycĂ©e et c’est pour cela qu’elle profitait toujours de ce jour pour faire ses courses.

« Maman ! Reviens moi ! S’il te plaĂźt ! »

Elle faisait cet ultime vƓu tout en regardant le ciel noir opaque dĂ©nuĂ© d’Ă©toiles


Soudain, elle entendit un cliquetis Ă  la porte.

Incroyable mais vrai ! Sa demande avait-elle été exaucée ? !

Vite, le cƓur battant et sans plus attendre, elle courut vers la porte et attendit.

Son impatience la rendait fébrile et trÚs nerveuse.

Subitement, la porte s’ouvrit enfin en grand, laissant apparaĂźtre sa douce et belle Maman qui lui lança :

« Coucou ma chĂ©rie ! Oui, je sais, je suis trĂšs en retard. Attends, je vais allumer. On n’y voit strictement rien ici ! »

Le grand lustre du salon s’illumina immĂ©diatement, Ă©clairant toute la piĂšce d’une intense lumiĂšre qui faisait plaisir Ă  voir.

Ainsi, le salon retrouvait enfin son cÎté chaleureux et sécurisant.

« Oh ma Chérie ! Tu as dû avoir peur toute seule ici dans le noir. Je suis vraiment désolée »

Laura dĂ©posa son gros sac de provisions sur le carrelage puis s’empressa de fermer Ă  clef la lourde porte en bois.

Elle se retourna et regarda Mira avec une extrĂȘme douceur dans le regard.

« Tu sais, je m’inquiĂ©tais pour toi ma Mira. Te savoir toute seule ici me tracassait. Mais je suis heureuse de te retrouver enfin. Allez, viens me faire un cĂąlin »

Tout en s’accroupissant, elle tendit les bras vers elle mais Mira ne broncha pas.

Elle restait immobile sans ciller.

« Que se passe-t-il ma Chérie ? Tu me boudes ? »

Le regard vert de Mira était réprobateur.

« Ah ! Je vois ! Tu m’en veux toujours. Mais tu sais ce n’est pas entiĂšrement de ma faute. Il y avait beaucoup de monde au supermarchĂ© et lorsque je conduisais sur la route qui mĂšne chez nous ; j’ai dĂ» faire un dĂ©tour Ă  cause d’un grave accident »

Les yeux verts de Mira s’arrondirent d’Ă©tonnement.

Mais alors l’absence prolongĂ©e de sa Maman Ă©tait donc dĂ» Ă  cause de toutes ces choses ?

« Tu m’en veux toujours ? » questionna Laura avec un petit sourire enjĂŽleur.

Avec de tels arguments ! Grand Dieu ! Biensûr que non ! Alors, contre toute attente, elle se précipita avec hùte vers sa Maman puis se caressa immédiatement tout contre elle en faisant ses pattes de velours.

« Oooh ! Ma jolie Mira ! » s’exclama Laura avec une certaine Ă©motion dans la voix.

Mira ronronnait de plaisir en ne cessant de se caresser contre elle.

« Mais toi aussi Maman ! Tu m’as manquĂ©e » miaula t-elle d’une petite voix en la dĂ©vorant des yeux.

« Oh ! J’aime quand tu me fais des cĂąlins comme ça ma Mira ! »

Laura lui caressa affectueusement la tĂȘte puis passa sa main sous son ventre tout blanc et si soyeux. Elle savait que Mira aimait bien qu’on le lui caresse en faisant de grands vas et vient.

Mira ronronnait de plus belle. Elle Ă©tait vraiment au septiĂšme ciel.

Laura lui fit ensuite un petit bisou sur le bout du nez.

« Ah ! mais j’allais oublier ta surprise ! » s’Ă©cria t-elle subitement.

« Attends, je vais la chercher dans le sac » ajouta t-elle en se relevant.

Quelques secondes plus tard, elle tenait dans sa main droite un sachet brillant qui ressemblait Ă  un gros paquet de chips.

Mira le reconnut immĂ©diatement avec son logo si particulier qui reprĂ©sentait l’empreinte d’un coussinet fĂ©lin.

« Tiens ! Regarde ! C’est pour toi ma Mira ! » s’enthousiasma Laura en commençant Ă  l’agiter de haut en bas.

« Tu reconnais ce bruit ? »

Bien Ă©videment qu’elle le reconnaissait !

Et quand bien mĂȘme il y aurait eu tout un tas de vacarme autour ; elle l’aurait encore reconnu entre mille


Mira ne cessa de le fixer de ses grands yeux verts en amande pendant que sa Maman continuait de le lui agiter sous le nez.

« Quel son merveilleux ! » miaula t-elle en ne le quittant pas des yeux.

Sa Maman venait de lui offrir un trĂšs joli cadeau : ses croquettes favorites d’aprĂšs le coussinet dorĂ© qui Ă©tait dessinĂ© dessus.

Sa marque prĂ©fĂ©rĂ©e ! Les savoureuses et fondantes croquettes de bƓuf aux lĂ©gumes verts dont elle raffolait tant.

Mira ronronna de plus belle Ă  l’idĂ©e de bientĂŽt les croquer


Mais elle ne ronronnait pas que pour elles


Est-ce que Laura s’Ă©tait aperçu qu’elle s’Ă©tait beaucoup inquiĂ©tĂ© pour elle ?

Et se doutait-elle un seul instant de l’immense amour qu’elle lui portait ?

Un amour qui surpassait tout le confort dont elle bénéficiait ici dans cette maison.

Un amour dĂ©bordant qui ne pouvait ĂȘtre comblĂ© et rassasiĂ© juste par des croquettes aussi affriolantes soient-elles.

Un amour qu’elle avait besoin de transmettre car elle n’Ă©tait peut-ĂȘtre qu’une chatte de gouttiĂšre, un fĂ©lin ronronnant Ă  la moindre caresse ou victuaille ; elle n’en restait pas moins un ĂȘtre vivant avec un cƓur rempli de sentiments Ă  l’intĂ©rieur.

Un cƓur qui n’oublierait jamais ce jour ou Laura l’avait adoptĂ©e un certain mois de juillet de l’annĂ©e 2013 Ă  la SPA ; juste en Ă©tant attirĂ©e par ses miaulements de dĂ©sespoir, sans mĂȘme la voir !

Ce jour oĂč elle Ă©tait encore tenue prisonniĂšre dans l’une de ces cages, enfermĂ©e Ă  double tour avec cinq autres amies comme elle qui attendaient en vain de se faire adopter mais sans aucun succĂšs.

Ce jour oĂč pourtant une certaine Laura avait su remarquer la dĂ©tresse dans sa voix Ă©raillĂ©e, Ă  force de miauler.

Ce jour qui avait changé irrémédiablement sa vie


Une complainte que Laura avait su Ă©couter et qui l’avait alors guidĂ©e et menĂ©e jusqu’Ă  elle.

Elle, la chatte de gouttiùre aux yeux verts


Et le coup de cƓur fut rĂ©ciproque. Aussi bien pour l’une que pour l’autre


Une rencontre qui Ă©tait sans doute Ă©crite


Le plus beau jour de sa vie…

Un jour Ă  jamais gravĂ© dans son petit cƓur de fĂ©lin.

Un cƓur qui avait enfin trouvĂ© sa Maman.

Une merveilleuse Maman qui l’avait sauvĂ©e et aimĂ©e de toute ses forces d’un amour inconditionnel


Un amour qui durerait encore et encore…

Son plus beau cadeau sur Terre…

 

Son plus beau cadeau sur Terre đŸŽ

Mira s’Ă©tait endormie dans le large fauteuil en velours si doux et si confortable qui se trouvait tout prĂšs de la grande baie vitrĂ©e.

À travers celle-ci, on pouvait voir un immense et magnifique jardin dont la pelouse venait tout juste d’ĂȘtre tondue il y a Ă  peine deux jours et qui Ă©tait Ă  prĂ©sent toute imbibĂ©e d’eau Ă  cause de l’interminable pluie.

Tout était redevenu calme dehors et peu à peu les petits moineaux revenaient se poser gaiement sur les branches dénudées des grands amandiers.
En haut de leurs cimes et par certaines ramifications de leurs branchages ; on pouvait remarquer quelques nids détruits.

Il faut dire que la tempĂȘte avait Ă©tĂ© d’une rare violence… Elle n’avait rien Ă©pargnĂ©…

Pourtant, Ă  voir les moineaux sautiller de branches en branches tout en piaffant entre eux ; ils ne semblaient guĂšre rancuniers au saccage de leurs petites demeures.

Sans doute que dans leurs langages d’oiseaux, ils prĂ©voyaient dĂ©jĂ  d’en reconstruire de nouvelles.

Par moment, ils venaient s’abreuvoir ou encore s’amuser dans les quelques flaques d’eau un peu boueuses qui s’étaient formĂ©es tels des petits cratĂšres dans les zones clairsemĂ©es de la pelouse.

Finalement, la pluie tant mĂ©prisĂ©e leur avait apportĂ©e de l’eau pour se dĂ©saltĂ©rer mais aussi la joie de pouvoir faire la toilette de leurs plumages.

Et c’était un spectacle des plus merveilleux que celui de pouvoir les observer en train de dĂ©ployer leurs petites ailes et secouer avec frĂ©nĂ©sie leurs plumes faisant alors jaillir d’innombrables gouttelettes d’eau autour d’eux.

Les moineaux avaient enfin retrouvĂ© leur joie de vivre comme si la tempĂȘte n’était jamais apparue


Mais ce n’Ă©tait hĂ©las pas le cas le cas pour tout le monde


Au centre du jardin, Ă  l’intĂ©rieur d’un pourtour de galets blancs ; de hauts rosiers buissons de couleur rouge-Bordeaux avaient perdu de leurs splendeurs Ă  cause des incessantes bourrasques de vent qui sans vergogne, les avaient entiĂšrement dĂ©pouillĂ©es de leurs si jolies et gracieuses pĂ©tales.

Elles s’étaient envolĂ©es de part et d’autre du jardin et reposaient de-ci de-lĂ  sur l’immense pelouse telles de belles endormies.

Elles avaient Ă©tĂ© arrachĂ©es de force Ă  leur mĂšre nourriciĂšre et ne tarderaient pas Ă  s’abĂźmer puis Ă  se flĂ©trir au fil des heures.

Mais pour l’instant, leur couleur rouge si profonde offrait un contraste des plus ravissant et romantique sur la vaste pelouse verte pomme.

La rageuse tempĂȘte n’avait pas rĂ©ussi Ă  dĂ©truire la magnificence de ce lieu habituellement si charmant par temps radieux


Les oiseaux tout comme les vĂ©gĂ©taux semblaient vouloir oublier ses terribles affres en continuant leur vie bien paisible tout en attendant avec une certaine impatience la venue de « Monsieur Soleil » qui les rĂ©chaufferait de bon cƓur de ses ardents et lumineux rayons.

****

La pluie s’était arrĂȘtĂ©e de tomber depuis dĂ©jĂ  quelques bonnes heures mais toujours pas de Monsieur soleil Ă  l’horizon…

Pourtant Ă  cet instant mĂȘme, le ciel venait de changer de nuance et sa couleur si grise de tout Ă  l’heure s’était alors transformĂ©e en un joli bleu gris parsemĂ© de gros nuages effilochĂ©s.

Des nuages qui n’allaient pas tarder Ă  s’Ă©vaporer selon les dires de l’annonce mĂ©tĂ©orologique diffusĂ©e hier soir Ă  la tĂ©lĂ©vision.

Cependant, Monsieur Soleil se faisait encore attendre et ne daignait toujours pas pointer le bout de son nez…

Que Diable attendait-il pour faire son entrée ?

Soudain, ĂŽ Miracle ! les premiers rayons apparurent et commencĂšrent Ă  traverser les vitres des deux grandes fenĂȘtres du salon ainsi que celle de la baie vitrĂ©e ; caressant au passage, la tĂȘte de Mira qui reposait sur l’un des accoudoirs moelleux du fauteuil.

La douce lumiĂšre s’insinua davantage Ă  l’intĂ©rieur de la piĂšce, la rendant alors beaucoup plus spacieuse et conviviale.

Elle finit ensuite par se projeter avec fougue sur les jolies courbes anatomiques de Mira et s’y attarda longuement en y faisant une jolie danse d’ondulation.

Elle explorait ainsi ce corps endormi en ne cessant d’y dessiner Ă  l’infini de douces vagues tels des tatouages Ă©phĂ©mĂšres.

Elle aimait jouer avec les sens de Mira mais que cherchait-elle exactement ?

Mira ne le savait que trop bien et faisait semblant de ne pas comprendre…

Elle ressentait les chaudes caresses des rayons du soleil lui réchauffer le corps mais elle ne voulait pas encore lui céder
 Pas tout de suite
 Pas maintenant


De son cĂŽtĂ© Mademoiselle LumiĂšre mettait du cƓur Ă  l’ouvrage en se faisant de plus en plus pressante et insistante


Elle jouait de plus belle avec Mira


Brusquement, comme si une mouche venait de la piquer ; elle fini par se lasser de ce petit jeu et dĂ©cida de terminer son incessante danse lumineuse en s’installant sur le bout de son nez ; obligeant ainsi cette derniĂšre Ă  ouvrir peu Ă  peu ses grands yeux verts en amande.

La lumiĂšre fut si forte que Mira dut les plisser afin de les accoutumer Ă  son intense luminosité 

Il faut dire que depuis pas mal d’heures dĂ©jĂ , il avait fait trĂšs sombre dans cette piĂšce.

Elle se souvenait encore des myriades de gouttelettes de pluie qui n’avaient eu de cesse de se projeter avec fracas contre les vitres des deux fenĂȘtres ainsi que sur celle de la baie vitrĂ©e lui donnant alors un lĂ©ger mal de tĂȘte suivi d’une irrĂ©sistible envie de dormir et de rejoindre sans plus tarder son cher fauteuil si douillet.

Mais le soleil venait Ă  prĂ©sent la dĂ©ranger juste pour la rĂ©veiller alors qu’elle ; elle voulait encore et encore dormir telle une Belle au bois dormant.

« Soleil ! va-t’en ! Tu aurais dĂ» venir avant
 C’est trop tard maintenant ! Je ne veux plus sortir de mon fauteuil si doux et si moelleux
 Et puis tu as beau ĂȘtre le maĂźtre de l’univers que cela n’y changerait rien alors laisse-moi tranquille »

Mais Mademoiselle Lumiùre lui chuchota à l’oreille :

« Tu dois te lever Mira ! Tu as des choses à faire. Et puis, tu as suffisamment dormi, ne trouves-tu pas petite flemmarde ? »

« Non, non
 Pourquoi viens-tu me rĂ©veiller ? Va-t’en ! J’étais en train de faire un merveilleux rĂȘve
 Oh ! Et puis tu m’énerves ! OK ! Tu as encore gagnĂ© ! »

Sortant enfin de sa léthargie, Mira finit par ouvrir en grand ses jolis yeux verts irisés de constellations ambrées qui se voyaient davantage avec la lumiÚre du soleil.

Elle se leva de son fauteuil et s’Ă©tira longuement Ă  cause des courbatures qu’elle avait attrapĂ©es Ă  force d’ĂȘtre restĂ©e trop longtemps endormie dans la mĂȘme position.

À chaque fin de repas, elle avait pour habitude de faire une sieste.

C’Ă©tait pour ainsi dire, le meilleur moment de toutes ses journĂ©es mais aujourd’hui, son sommeil n’avait pas Ă©tĂ© rĂ©parateur Ă  cause du vacarme de cette fichue pluie qui lui avait donnĂ© un terrible mal de tĂȘte avant de s’endormir.

Et le comble de tout, c’est que celle-ci n’avait eu de cesse de tomber depuis 11 heures du matin jusqu’Ă  15H30 ; de quoi la mettre de trĂšs mauvaise humeur…

Mais fort heureusement, elle ne le resterait pas bien longtemps vu qu’elle Ă©tait d’une nature toujours trĂšs gaie et optimiste.

Elle fit un long bĂąillement Ă  s’en dĂ©faire la mĂąchoire mais c’était beaucoup plus pour exprimer son agacement que celui d’une fatigue quelconque puisqu’elle n’avait point sommeil Ă  cet instant-lĂ .

Monsieur soleil avait osé lui envoyer une de ses fidÚles servitrices pour la réveiller.

Et bien entendu, Mademoiselle LumiĂšre n’avait pas hĂ©sitĂ© la moindre seconde Ă  s’exĂ©cuter illico presto…

Elle, toujours prĂ©sente et si dĂ©vouĂ©e Ă  son poste depuis des millions et des millions d’annĂ©es devait trĂšs certainement trouver un certain plaisir non dissimulĂ© Ă  vouloir rĂ©veiller le monde entier.

Sa tĂąche quotidienne d’illuminer de mille feux notre planĂšte lui tenait tant Ă  cƓur qu’il ne valait mieux pas lui rĂ©sister


Et puis, de toute façon, elle avait l’art et la maniĂšre de savoir se faire respecter…

C’est pourquoi Mira ne lui en voulut plus du tout et quand bien mĂȘme son sommeil n’avait pas Ă©tĂ© rĂ©parateur ; eh bien, elle ferait avec


Monsieur Soleil n’avait donc pas eu si tort que ça de lui envoyer sa fidĂšle compĂšre pour la dĂ©loger de son fauteuil sinon qui d’autre l’aurait fait ?

Décidément, ces deux-là étaient trÚs complémentaires ! Et il savaient remplir leur rÎle à la perfection : lui, de tourner autour de notre bonne vieille planÚte terre et elle, de nous propager de ses intenses faisceaux lumineux.

Ainsi, grĂące Ă  l’éclat de leur rayonnement, le monde s’en trouvait heureux.

En conclusion, nous ne ferions pas grand-chose sans eux…

C’est pourquoi Mira se sentit Ă  prĂ©sent d’humeur plus guillerette et prĂȘte Ă  affronter cette fin d’aprĂšs-midi.

Elle s’étira encore tout en regardant le salon qui Ă©tait devenu nettement plus lumineux ; semblant alors reprendre enfin vie.

****

Mira avait toujours aimé cette piÚce qui ne manquait jamais de luminosité par temps radieux.

Par contre, par temps de pluie, le salon s’habillait alors d’une lugubre et austĂšre apparence qu’elle dĂ©testait au plus haut point ; lui faisant un tantinet peur et sursauter au moindre bruit.

Elle avait toujours eu une sainte horreur de la pluie et ce, depuis sa plus tendre enfance !

Mira s’Ă©tira une derniĂšre fois puis regarda par la baie vitrĂ©e l’immense pelouse qui Ă©tait toujours autant imbibĂ©e d’eau.

Elle leva les yeux au ciel et constata qu’il avait pris une jolie teinte d’un bleu limpide, sans le moindre nuages.

« Quel bien joli ciel ! » se dit-elle en ne se lassant pas de l’admirer.

Le fameux proverbe : « AprÚs la pluie vient le beau temps » était bien vrai.

La preuve Ă©tait devant ses yeux Ă©bahis.

Elle l’admira encore quelques instants puis dĂ©cida de s’extirper avec hĂąte de son fauteuil. Elle avait des tas de choses Ă  faire…

Finalement, cette fin de journĂ©e ne serait pas si morose que ça se dit-elle tout en marchant et en regardant autour d’elle.

Elle repensa alors Ă  Laura qui lui avait dit juste aprĂšs le repas de ce midi, qu’elle irait faire des courses mais qu’elle ne tarderait pas pour revenir.

Elle se souvenait également que celle-çi lui avait promis une petite surprise dÚs son retour. Mais laquelle au juste ?

Mira n’aimait pas trop les surprises et elle bouillonnait dĂ©jĂ  d’impatience de revoir au plus vite sa maman.

Mais en attendant celle-çi, que pourrait t-elle bien faire d’intĂ©ressant ?

Elle l’ignorait encore mais trouverait bien une idĂ©e d’ici lĂ …

****

Mira avait toujours aimé cette grande et belle demeure située en pleine campagne.

Elle Ă©tait certes assez Ă©loignĂ©e de la ville mais pas si isolĂ©e que ça par rapport au voisinage bienveillant qui l’entourait.

Oui, Mira Ă©tait vraiment heureuse de vivre ici.

Et parmi toutes les piÚces de la maison ; elle avait une nette préférence pour le grand salon.

C’Ă©tait son endroit favori.

Il faut dire que sa Maman Laura l’avait dĂ©corĂ© avec beaucoup de goĂ»t en agrĂ©mentant chaque pan de mur, de jolis tableaux d’aquarelles.

Ses propres Ɠuvres qu’elle aimait peindre durant ses heures de loisir car oui ; en dehors de son mĂ©tier de professeure de Français, Laura Ă©tait aussi une artiste peintre extrĂȘmement douĂ©e.

Mira ne se lassait jamais de regarder ses toiles tant elles Ă©taient belles.

Soudain, elle fut prise d’Ă©motion lorsque son regard s’attarda sur l’une d’entre elles.

Celle qu’elle prĂ©fĂ©rait le plus


Celle qui la représentait et dont elle était si admirative


Il s’agissait de son propre portrait.

Mira se souvenait encore de ce merveilleux jour oĂč Laura Ă©tait devenue sa mĂšre adoptive.

Il y avait 5 ans de ça.

5 ans de pur bonheur se dit-elle en admirant le tableau.

Une toile que sa douce et si belle Maman avait peint en son honneur pour lui dire Ă  quel point elle l’aimait de tout son cƓur et de toute son Ăąme.

La toile Ă©tait si bien rĂ©ussie que Mira avait l’impression de se voir dedans comme dans un miroir tant la ressemblance Ă©tait frappante.

Sa Maman avait su la dessiner et l’immortaliser telle qu’elle Ă©tait…

Oui, elle Ă©tait vraiment fiĂšre de ce tableau…

Elle avait eu beaucoup de chance de tomber sur une Maman telle que Laura


Et pour tout l’or du monde, elle n’en aurait souhaitĂ© une autre car oui, sa Laura Ă©tait un ĂȘtre unique et Ă  part


Cinq belles annĂ©es qu’elle grandissait et Ă©voluait Ă  ses cĂŽtĂ©s, entourĂ©e de plein d’amour.

Un amour pur et sincĂšre dont elle avait cruellement manquĂ© autrefois mais qui aujourd’hui comblait son cƓur.

Un amour si profond qu’elle avait fini par oublier les maltraitances subies dans son passĂ©…

Un passĂ© dĂ©sormais rĂ©volu car aujourd’hui, elle Ă©tait pleinement heureuse et Ă©panouie…

****

Mira sentit une agréable odeur de fraßcheur vivifiante.

Elle provenait du mobilier en bois de pin massif qui se trouvait dans le salon.

Il sentait agrĂ©ablement bon l’odeur des pins comme si on se retrouvait Ă  l’intĂ©rieur de l’une de ces forĂȘts enivrantes et revigorantes capables de libĂ©rer votre esprit.

Une odeur certes piquante et quelque peu entĂȘtante mais que Mira aimait respirer Ă  pleins poumons.

D’ailleurs, il n’y avait pas qu’elle qui apprĂ©ciait ces effluves mentholĂ©es.

Les rares convives qui passaient Ă  la maison aimaient aussi l’humer tout en faisant quelques remarques agrĂ©able Ă  son sujet :

« Hum, quelle agrĂ©able senteur Laura ! On se croirait dans une forĂȘt de pins tellement c’est vivifiant ! »

Ils pensaient alors que cette forte odeur de rĂ©sine devait sans aucun doute provenir de bougies d’ambiance alors qu’il n’en Ă©tait absolument rien.

Et c’est lĂ  que quelque peu amusĂ©e, Laura leur rĂ©pondait toujours invariablement ceci :

« Il s’agit de mes meubles et non de bougies parfumĂ©es. Ils sont tous en bois de pin »

S’ensuivait alors un petit silence d’Ă©tonnement rapidement rompu par quelques exclamations :

« Mais ce n’est pas possible !! Tu plaisantes ? Ça sent tellement bon. Tu en es certaine ? »

Et à son tour, elle leur rétorquait de son joli sourire un brin moqueur :

« C’est pourtant bien vrai. Et pour faire perdurer leur odeur si plaisante ; j’utilise une cire d’abeille liquide Ă  base d’huile essentielle de pin pour bien les nourrir et les faire briller. VoilĂ  le secret. Ni plus ni moins »

Mira aimait alors voir l’expression de leurs visages dubitatifs comme s’ils ne croyaient pas du tout Ă  ce que venait de leur rĂ©vĂ©ler sa Maman.

Et cela l’amusait d’autant plus lorsque venait le moment fatidique oĂč ils se rapprochaient du grand buffet en pin pour pouvoir le renifler de trĂšs prĂšs ; histoire de vĂ©rifier ses dires…

Oui, cela l’amusait toujours beaucoup


****

Mira s’approcha du grand buffet en pin et commença Ă  l’humer intensĂ©ment.

Elle ne pouvait s’empĂȘcher de faire ce petit rituel Ă  chaque fois qu’elle passait par ici, avant de franchir le seuil de la cuisine.

Elle le respira de trĂšs prĂšs et trĂšs longuement.

Cette effluve lui rappelait toujours celle de la forĂȘt qui se trouvait Ă  quelques mĂštres de leur demeure.

Quelques fois et lorsque Laura n’Ă©tait pas lĂ  ; elle aimait bien s’y aventurer tout en sachant que c’Ă©tait un lieu qui lui Ă©tait interdit.

En effet, Laura l’avait souvent mise en garde Ă  ce sujet, lui rĂ©pĂ©tant inlassablement les mĂȘme paroles :

« Je te prĂ©viens encore Mira ! Tu ne dois pas aller dans cette forĂȘt ! C’est bien trop dangereux et tu pourrais t’y perdre. Pourtant, je suis certaine que tu me dĂ©sobĂ©iras encore. Mais, tu ne devrais pas faire ça. J’espĂšre que tu ne le feras plus et que tu resteras bien sagement ici chez nous sinon je dirais Ă  Madame Sanchez de te garder chez elle »

Oh non ! Surtout pas Madame Sanchez !

Mira n’aimait pas du tout cette vieille dame avec sa grosse voix Ă©raillĂ©e d’ancienne fumeuse qui la faisait toujours peur.

Mais ce qu’elle dĂ©testait par-dessus tout Ă©tait bien lorsqu’elle celle-ci la prenait dans ses bras pour lui faire des cĂąlins…

Elle avait alors l’impression de littĂ©ralement Ă©touffer sous ces innombrables baisers baveux


Berk ! Elle n’aimait pas ça du tout !

Non, par pitiĂ© ! Surtout pas Madame Sanchez qui Ă©tait Ă  son goĂ»t bien trop dĂ©bordante d’amour envers elle


Certes, elle Ă©tait trĂšs gentille mais elle n’aimait pas son cĂŽtĂ© envahissant et disons-le trop Ă©touffant.

Madame Sanchez était une vieille dame ùgée de 90 ans qui vivait seule dans une grande demeure qui se trouvait non loin de la leur.

Elle n’avait plus aucune famille mais fort heureusement pas mal d’amis du voisinage y compris sa Maman venaient rĂ©guliĂšrement lui rendre quelques petites visites pour lui changer les idĂ©es et prendre de ses nouvelles.

À ces moments là, elle semblait alors beaucoup plus gaie.

Cependant, la solitude devait parfois la peser et c’est pourquoi elle avait autant besoin de transmettre son amour à tous ceux qui la cîtoyaient


Mira compatissait et avait de la peine pour elle alors elle acceptait sans trop rechigner ses bisous baveux ainsi que ses petites mignardises bien trop sucrés.

Elle savait aussi que Madame Sanchez adorait s’occuper d’elle


NĂ©anmoins, elle n’aimait pas du tout rester en sa compagnie car elle s’ennuyait Ă  mourir dans sa vieille maison et ce malgrĂ© la distrayante balançoire qui se trouvait dans son jardin.

Non ! Rien n’y faisait ! C’Ă©tait comme ça


Et Laura ne le savait que trop bien alors pourquoi lui infliger un tel chantage Ă  chaque fois qu’elle s’absentait de la maison ?

Certes, la forĂȘt lui Ă©tait interdite mais pourquoi en faire toute une histoire surtout qu’elle Ă©tait trĂšs dĂ©gourdie pour son Ăąge et pas du tout du genre Ă  se laisser influencer par n’importe qui et n’importe quoi…

Alors pourquoi ne pas lui faire tout simplement confiance ?

De toute façon, elle persisterait Ă  aller dans sa forĂȘt et ce malgrĂ© les nombreuses recommandations de Laura.

Ce n’Ă©tait sans doute pas trĂšs prudent de sa part, mais elle aimait le goĂ»t du risque et de l’aventure alors pourquoi s’en priverait-elle ?

Et puis c’Ă©tait aussi de son Ăąge de faire des petites bĂȘtises, non ? !

Elle ne voulait surtout pas vieillir sans les avoir commises sinon elle le regretterai trĂšs certainement…

Et puis cela lui faisait le plus grand bien de s’Ă©loigner de temps en temps de cette maison et de son jardin, si immense soit-il.

Car oui ! Mira aimait se sentir libre !

Libre comme l’Ă©tait le vent ou encore ces moineaux qui piaffaient gaiement entre eux sur les branches des grands amandiers


Elle avait besoin de cette liberté pour se sentir exister


Et la forĂȘt exaltait tous ses sens. Elle s’y sentait bien.

Elle aimait s’y balader mais toujours avec une certaine prudence car elle Ă©tait peut-ĂȘtre une grande aventureuse mais pas non plus une irresponsable inconsciente…

Elle savait fort bien que sa douce Maman Ă©tait une personne trĂšs inquiĂšte alors elle ne tenterait jamais le diable car elle l’aimait bien trop pour agir inconsidĂ©rĂ©ment


Mais Laura ne lui faisait pas encore entiĂšrement confiance. Elle l’a traitĂ©e toujours comme un bĂ©bé 

Son « petit bĂ©bĂ© » comme elle aimait l’appeler affectueusement


Mira aimait bien ce petit surnom mais elle ne le trouvait pas en accord avec sa personnalité intrépide.

De toute façon, personne ne pouvait lui mettre d’entraves pas mĂȘme sa bien-aimĂ©e Maman


C’est pourquoi, elle agirait toujours derriĂšre son dos durant ses absences pour pouvoir enfin partir en vadrouille.

Ben quoi ? Avait-elle le choix ?

Et il fallait qu’elle en profita encore car l’automne ne tarderait plus Ă  arriver


Elle s’en Ă©tait bien rendue compte avec l’interminable pluie d’aujourd’hui.

Elle savait alors qu’elle serait bien obligĂ©e de ralentir ses cadences d’aventuriĂšre dans sa forĂȘt ĂŽ combien si captivante car le temps hivernal deviendrait aussitĂŽt un obstacle avec son incessante et perpĂ©tuelle humiditĂ©.

L’insidieux froid que Mira dĂ©testait tant l’empĂȘcherait de faire ses petites escapades


Comme le temps deviendrait alors trop long durant cette période !

Mais elle finit par se rassurer en se souvenant d’une belle image qui lui revint en mĂ©moire.

LA SUITE…