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22 Mai ♄♄♄

22 Mai, date que je n’oublierai jamais


Date qui m’émeut toujours autant lorsque je repense Ă  toi, Papa


Date de ta naissance, de ton entrée dans ce monde


Date que je souhaitais mettre en lumiĂšre aujourd’hui, ce Mercredi 22 Mai 2019 si ensoleillĂ© dans le Sud de la France


Ce soleil que tu aimais tant


D’ailleurs, lorsque tu nous as quittĂ©s en Novembre 2017, il y avait un grand soleil radieux le jour de ton enterrement
 Certes, il faisait trĂšs froid mais le soleil Ă©tait là


Tu avais alors rejoins l’immensitĂ© du ciel bleu azur un Mercredi matin tout comme celui d’aujourd’hui du mois de Mai de ton anniversaire


Un mercredi alors si triste et douloureux


Un mercredi qui me fit aussi prendre conscience à quel point je t’aimais


Non pas que je l’ignorais


Mais parfois on sous-estime ses sentiments


On ne se rend pas compte des années qui passent, qui elles, justement, nous rapprocheront pourtant un peu plus et irrémédiablement de la Mort


On ne fait pas suffisamment attention et un jour le moment fatidique que l’on repousse constamment de notre esprit finit par arriver


Cela fait hĂ©las parti de la vie, c’est vrai, mais c’est une chose que j’ai toujours autant de mal Ă  accepter


Je t’aimais tant mais je ne m’en rendais pas compte
 Pas compte Ă  quel point mon amour pour toi Ă©tait immense


Aujourd’hui, je sais


Et il y a tant de choses que j’aurais voulu encore te dire oĂč partager avec toi

On ne dit jamais assez « Je t’aime » aux personnes que l’on aime


Pas suffisamment en tous les cas et surtout de leurs vivants
 Sans doute par pudeur


Mais là encore, c’est une erreur de penser ainsi


Aujourd’hui, je t’écris et je revois tant de souvenirs de toi


De si beaux et merveilleux souvenirs


Alors voici ces quelques mots que je voulais te dĂ©dier car je t’aime fort et que je ne peux t’oublier


Ta Naissance :

Né un 22 Mai 1935 à Caudéran en Gironde à 02H00 du matin, ton signe astrologique est bien donc celui du Gémeaux.

En tant que signe d’air (tout comme moi), tu Ă©tais toujours reliĂ© Ă  tout ce qui concernait l’esprit.

Mercure, ta planĂšte te permettait de voler avec aisance d’une situation Ă  l’autre, d’un lieu Ă  l’autre avec une certaine facilitĂ©.

C’est pourquoi ton signe « GĂ©meaux » reprĂ©sentĂ© par des jumeaux identiques est Ă©galement symbolisĂ© par cette icĂŽne ci-aprĂšs qui ressemble fortement Ă  s’y mĂ©prendre en regardant de loin Ă  une paire d’ailes (en tous les cas cette icĂŽne lĂ  dont j’avoue particuliĂšrement aimer parmi toutes celles qui existent).

 

Ainsi, tu avais donc la facultĂ© de t’adapter Ă  n’importe quelle situation et ce malgrĂ© certains obstacles rencontrĂ©s dans ta vie


Tes ailes de GĂ©meaux te rendaient alors agile, libre et lĂ©ger comme peut l’ĂȘtre un oiseau


Tu dĂ©gageais une telle jeunesse Ă©ternelle, un charme adolescent, un sourire en coin, une lueur dans le regard pouvant sĂ©duire n’importe qui Ă  ton passage…

Ta curiositĂ©, ton intelligence, deux atouts majeurs de ta personnalitĂ© ne cessaient de t’enrichir et de te faire continuellement Ă©voluer


Tu avais toujours soif de connaissances, de nouvelles expĂ©riences car tu t’intĂ©ressais au monde qui t’entoure


Ne surtout pas restĂ© figĂ© sur certains soucis du passĂ© mais au contraire avancer ; tels Ă©taient tes maĂźtres mots car c’était ainsi que tu fonctionnais


Tu n’étais pas un homme Ă  te laisser abattre


Et si parfois la nostalgie te gagnait, c’était tout simplement parce que tu aimais ton passĂ© d’expatriation Ă  l’étranger


Et puis c’est humain d’ĂȘtre nostalgique, cela fait parti de la vie


Et toi, tu aimais tant la vie


VoilĂ  toutes les facettes qui caractĂ©risaient tant l’homme que tu Ă©tais


Sociable, gĂ©nĂ©reux, aimant beaucoup l’humour, tu Ă©tais un vĂ©ritable boute-en-train


Ah ! Tu avais une si belle personnalité ! Et je ne dis pas cela parce que je suis ta fille


Pour moi, tu Ă©tais un pĂšre exceptionnel, si sensible, si protecteur, si bon


Il est certain qu’en Ă©crivant tout cela sur toi et surtout en employant chaque verbe Ă  l’imparfait, je ne peux m’empĂȘcher d’avoir les larmes aux yeux mais c’est ainsi et je n’y peux rien


Tu me manques tant Papa


On dit que le temps guérit peu à peu les chagrins endurés mais me concernant je dirais que non


Tu es parti il y a dĂ©jĂ  1 an et 6 mois mais je ne m’en remets toujours pas


C’est pourquoi je tenais Ă  t’écrire ce petit texte, rien que pour toi


Mais avant d’en dire encore davantage sur tout ce que tu Ă©tais, je voudrais tout d’abord faire un petit retour en arriĂšre


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Un retour sur ton passé :

Dans les annĂ©es 50, ta mĂšre qui travaillait alors pour l’ambassade du Mexique avait Ă  cette Ă©poque-lĂ  pas mal d’ambition pour toi lorsque tu Ă©tais encore Ă©tudiant dans ton Ă©cole de commerce Ă  Marseille.

Elle souhaitait fortement que tu deviennes Avocat oĂč encore Journaliste. Mais ce qu’elle ignorait Ă©tait que ta destinĂ©e ne se profilerait point dans ces secteurs du travail mais plutĂŽt vers une autre filiĂšre


Une filiÚre qui te réserverait alors de bien belles surprises et opportunités


Une filiĂšre, certes au dĂ©part des plus classique puisqu’il s’agissait du domaine de la ComptabilitĂ© mais qui deviendrait au fil du temps et trĂšs nettement beaucoup plus enrichissante et stimulante


Toi-mĂȘme, tu ne pouvais alors pas encore t’en douter mais la voie que tu Ă©tais en train d’emprunter te mĂšnerait vers plusieurs et belles contrĂ©es


Elle te conduirait Ă  bord d’un Boeing pour aller vers ton premier pays africain : Madagascar Ă  Antananarivo puis en direction de Namakia, un village situĂ© en pleine brousse non loin de la mer mais pas non plus coupĂ© du monde oĂč encore totalement en vase clos comme on pourrait le penser
 Loin de là


Un endroit trÚs plaisant, un véritable lieu de Cocagne comme tu aimais à le dire à quiconque lorsque tu racontais ta vie passée là-bas


Un lieu inoubliable oĂč se trouvait alors la sociĂ©tĂ© sucriĂšre « Siramamy » (signifiant « Sucre » en langue Malgache) dans laquelle tu travaillais en tant que Chef-Comptable.

Une sociĂ©tĂ© qui marquerait alors Ă  jamais ta carriĂšre professionnelle et qui te propulserait quelques annĂ©es aprĂšs vers d’autres pays africains : CĂŽtĂ© d’Ivoire Ă  Abidjan, GuinĂ©e Ă  Conakry, Tchad Ă  N’Djamena puis Ă  nouveau un retour Ă  Madagascar Ă  Antananarivo dans les annĂ©es 92. Et bien-sĂ»r toujours accompagnĂ© de ta petite famille (Maman, Olivier et moi) !

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Et donc, pour en revenir au souhait de ta Maman qui voulait que tu deviennes avocat oĂč encore Journaliste lorsque tu Ă©tais jeune, on peut dire aujourd’hui avec du recul, que tu n’aurais vraiment rien eu Ă  envier Ă  ces deux mĂ©tiers. Bien au contraire, puisque ton goĂ»t de l’aventure, de l’exploration, des voyages, de l’évasion furent pleinement exaucĂ©s et accomplis de bout en bout


Et ce que tu ne savais pas non plus encore, c’est que tu aurais connu aussi le grand amour à Madagascar


L’amour de ta vie, celle qui serait alors devenue ta femme ainsi que la mùre de tes enfants


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Oui, la terre si rouge de Madagascar que tu avais alors foulĂ© du pied pour la toute premiĂšre fois Ă  l’ñge de 33 ans un certain 26 FĂ©vrier 1968 t’avait donc rĂ©ellement portĂ©e chance


Elle t’avait permis de rencontrer Maman, de vous aimer puis de vous unir quelques annĂ©es aprĂšs en 1972 Ă  Majunga Ă  la mĂȘme date que celle de ton arrivĂ©e Ă  Madagascar


DĂ©cidĂ©ment, le 26 FĂ©vrier Ă©tait Ă  n’en pas douter une date porte-bonheur symbolique !

Quelle magnifique histoire d’amour ! N’est-ce pas ?

Maintenant, Papa, je te propose d’aller encore plus loin dans ton passé 

Parlons à présent un peu de ton enfance.

Une enfance que tu aimais bien nous raconter de temps en temps et que je souhaiterais retranscrire ici, dans cet article


Nous étions alors dans les années 40 et tu séjournais dans la maison de tes grands-parents maternels située à Chalon-sur-SaÎne.

Un jour de sortie, dans les rues du centre-ville, ta grand-mĂšre et toi Ă©tiez tombĂ©s sur un soldat Allemand. Et en te voyant, sans doute par rapport Ă  ton adorable petite bouille de garçonnet ĂągĂ© de 5 ans, le soldat avait souhaitĂ© t’offrir des bonbons. Ta Grand-mĂšre accepta sans rechigner qu’il te les donna afin de ne pas le contrarier oĂč tout simplement juste par crainte vu le contexte de l’époque
 Quoi qu’il en soit, et comme n’importe quel enfant insouciant de ton Ăąge, tu Ă©tais bien content de sucer tes bonbons


Une autre fois encore, toujours lors d’une promenade dans les rues de Chalon-sur-SaĂŽne, c’était alors durant la pĂ©riode de la libĂ©ration de la France, tu avais donc 9 ans ; vous Ă©tiez tombĂ©s Ă  nouveau ta Grand-mĂšre et toi sur un soldat mais cette fois-ci un G.I (soldat AmĂ©ricain) qui t’offrit spontanĂ©ment des chewing-gum comme ils aimaient bien le faire Ă  cette Ă©poque-lĂ  avec tous les Français


Une confiserie que tu dĂ©couvrais alors avec dĂ©lectation et pour la toute premiĂšre fois de ta vie d’enfant.
Une confiserie dont le goĂ»t mentholĂ©/sucrĂ© ainsi que leur fameuse texture en gomme destinĂ©e Ă  ĂȘtre mĂąchĂ©e et non avalĂ©e firent sans aucun doute ton Ă©merveillement vu qu’il n’existait point ce genre de sucrerie en France.

Ce fut d’ailleurs Ă  ce moment-lĂ  que tu appris que le Cheming-gum avait Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en AmĂ©rique et que les G.I en avaient ramenĂ©s plein de lĂ -bas dans leurs bardas lors de leur dĂ©barquement en Normandie, le 06 Juin 1944 pour libĂ©rer et sauver la France.

Et pour continuer la petite histoire du chewing-gum, l’un de ces G.I, Courtland E. Parfet dĂ©cida un jour de revenir en France en 1952 pour y lancer la marque « Hollywood », un chewing-gum Ă  la chlorophylle entiĂšrement alors fabriquĂ© en France et qui plus est dans la premiĂšre usine qui venait de s’installer Ă  Montreuil.

Et voilà comment le fameux Cheming-gum (bubble gum) finit par se populariser en France à la fin de la deuxiùme guerre mondiale et qu’il devint de plus en plus à la mode


IntĂ©ressant, n’est-ce pas ? Je parle de ton enfance et j’en apprends des choses car j’ignorais que la marque « Hollywood » avait Ă©tĂ© entiĂšrement fabriquĂ©e en France… Comme quoi !

Alors Papa, que dirais-tu de parler encore d’une autre anecdote ? Maintenant que je suis sur ma lancĂ©e, je ne vais pas m’arrĂȘter en si bon chemin
 C’est parti !

Ton Grand-pĂšre maternel que tu apprĂ©ciais vraiment beaucoup, Pharmacien de profession tenait sa propre officine dans le centre-ville de Chalon-sur-SaĂŽne et lorsque tu Ă©tais en vacances scolaires et que tu venais sĂ©journer chez tes grands-parents, tu ne manquer jamais de te retrouver avec lui dans sa pharmacie et d’observer avec grand intĂ©rĂȘt tout ce qu’il accomplissait et surtout la maniĂšre dont il prĂ©parait les mĂ©dicaments de sa clientĂšle. Tu trouvais cela particuliĂšrement fascinant et passionnant qu’il puisse par de savants mĂ©langes et dosages bien pesĂ©s, fabriquer sous tes yeux Ă©bahis des mĂ©dicaments qui par la suite, permettraient de soigner et de guĂ©rir les patients venant alors les rĂ©cupĂ©rer.

D’ailleurs, Ă  force de venir sur le lieu de travail de ton Grand-pĂšre, tu finissais mĂȘme par apprĂ©cier l’odeur de tous ces mĂ©dicaments


Si certaines personnes n’aiment pas trop ce genre d’odeur, toi, par contre tu ne trouvais pas cela si dĂ©sagrĂ©able que ça


En fait, tu commençais Ă  aimer tout ce qui Ă©tait en relation avec la mĂ©decine et mĂȘme que la vue du sang ne te faisait point peur


Quelques annĂ©es aprĂšs, lorsque tu fis ton service militaire obligatoire et qu’on t’affecta au poste d’infirmier, tes supĂ©rieurs disaient de toi que tu savais mieux que personne administrer les piqĂ»res aprĂšs ton apprentissage en la matiĂšre bien-sĂ»r. C’était devenu pour toi ta grande spĂ©cialitĂ© d’insĂ©rer une aiguille dans la veine d’un avant-bras oĂč encore dans le muscle d’une fesse. Et donc, le maniement de la seringue n’avait plus aucun secret pour toi !

Tout cela pour dire, que le domaine de la mĂ©decine t’attirait mais pas non plus pour en faire ton mĂ©tier.

Certes, pas mĂ©decin mais tu veillais toujours Ă  avoir avec toi toutes sortes de mĂ©dicaments Ă  portĂ©e de main, au cas oĂč, sait-on jamais ?

Et puis ne dit-on pas qu’il vaut mieux prĂ©venir que guĂ©rir ? Et donc, toi, tu Ă©tais toujours bien muni, peut-ĂȘtre un peu trop d’ailleurs et c’est sans doute pour cela que Maman disait toujours de toi en te taquinant que tu Ă©tais une vĂ©ritable armoire Ă  pharmacie Ă  toi tout seul ! Ce qui Ă©tait la stricte vĂ©ritĂ© !

Un petit mal de tĂȘte ? Demande Ă  Papa, c’est certain qu’il aura de l’aspirine sur lui


Et il s’avĂ©rait que c’était toujours le cas et ce durant des annĂ©es et des annĂ©es


Un petit bobo ? Des crampes d’estomac ? Un mal au cƓur ? Papa aura trĂšs certainement de quoi te soigner, c’est sĂ»r


Quand j’y repense Ă  tous ces instants-lĂ , cela me fait sourire et me rappelle ĂŽ combien c’était le bon temps


Ah ! Tu étais vraiment un sacré Papa !

Et maintenant mon Papounet, que dirais-tu si nous parlions un peu de tes goĂ»ts, de tes passions, de ce que tu aimais oĂč encore dĂ©testais ? Tu es partant ? Alors on y va


Épicurien dans l’ñme, tu ne pouvais cĂ©der Ă  la tentation de dĂ©guster une belle entrecĂŽte de bƓuf saignante accompagnĂ©e de ses pommes de terre sautĂ©es et bien-sĂ»r le tout relevĂ© d’un soupçon de moutarde et si possible Ă  l’ancienne


Tu Ă©tais un tantinet Carnivore et si on t’aurait demandĂ© de ne plus manger de viande rouge, de devenir pour ainsi dire VĂ©gĂ©tarien, tu aurais alors Ă©tĂ© bien malheureux


La nourriture Ă©tait trĂšs importante pour toi voire essentielle pour pouvoir te sentir bien
 Elle contribuait Ă  ton bonheur


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Voici d’ailleurs une petite liste de ce que tu aimais particuliùrement savourer :

Les huütres, les crevettes, le saumon, les moules-frites, le foie gras, l’andouillette, l’omelette aux champignons, le saucisson à l’ail, les spaghettis à la bolognaise, les lasagnes, la moussaka, le gratin dauphinois, le melon bien frais, les fraises à la chantilly, les truffes, le chocolat noir et bien d’autres mets encore


Tu mangeais un peu de tout à part les abats ainsi que toutes les catégories de fromages que tu fuyais comme la peste !

Et rien que d’y penser, cela me fait à nouveau sourire


C’est vrai que tu Ă©tais vraiment fĂąchĂ© avec le fromage.

Je me souviens encore des Saints Sylvestres passĂ©s ensemble en famille dans des restaurants dansants et prĂ©cisĂ©ment au fameux moment oĂč le serveur ne tarderait plus Ă  nous apporter nos assiettes remplies de diffĂ©rentes variĂ©tĂ©s de portions de fromages. Et c’est lĂ  que je faisais exprĂšs de te taquiner en te disant :

« Papa ! Tu vas adorer la suite du menu de fĂȘte ! »

« Ah oui ? Qu’est-ce que c’est ? » me disais-tu alors intriguĂ© sans savoir que je te faisais une blague.

« C’est du fromage Papounet ! Tu sais, ce que tu adores le plus ! »

Tu faisais alors directement la grimace en signe de dégoût puis pour te venger tu nous disais :

« Mais comment faites-vous pour manger ça ? L’odeur est franchement dĂ©sagrĂ©able !  »

Et nous, on renchérissait de plus belle :

« Tu es sûr que tu ne veux vraiment pas y goûter ? »

« Ah non alors ! Jamais d’la vie ! »

« Tu ne sais pas ce que tu perds ! » lui disions-nous alors en riant.

« Je ne perds rien du tout ! Allez ! Terminez plutÎt vos fromages qui sentent mauvais ! »

« Tu exagĂšres Papa ! Ça ne sent pas si mauvais que ça » disais-je alors en Ă©clatant de rire.

« Oh que si ! D’ailleurs, ça commence dĂ©jĂ  Ă  m’Ă©coeurer
 Pour vous dire ! »

DĂ©cidĂ©ment, le fromage et toi, c’était tout bonnement impossible !

Ah ! comme j’aimerais encore t’entendre me dire que tu dĂ©testais le fromage
 Cela m’amusait tellement


Certes, définitivement fùché avec le fromage mais friand des bonnes tartes aux pommes de Maman, de son onctueuse mousse au chocolat ainsi que de son fameux flan maison


Sans oublier la « ForĂȘt noire » que tu adorais dĂ©guster Ă  chacun de tes anniversaires


Et puis il y avait aussi les bonnes madeleines dorĂ©es Ă  souhait, les croissants Ă  la confiture d’abricots oĂč encore les gaufres sucrĂ©s qui te procuraient toujours autant de plaisir en les accompagnant d’un grand verre de lait bien chaud


C’est que tu Ă©tais trĂšs gourmand


Mais qui a dit déjà que la gourmandise était un vilain défaut ? Pas toi, en tous les cas


On sait maintenant tes goĂ»ts gustatifs mais qu’en est-il de tes passions ? Il serait temps d’en parler


Lorsque tu Ă©tais enfant, tu aimais beaucoup aller au cinĂ©ma… C’était un moment agrĂ©able qui te plaisait Ă©normĂ©ment ! Pouvoir visionner des films sur grand Ă©cran Ă©tait quelque-chose de magique pour toi. Si bien, que tu aurais bien voulu que le film ne s’arrĂȘta jamais
 En fait, Ă©tant dĂ©jĂ  un enfant trĂšs sensible, tu souhaitais tout simplement que la magie du film continua encore et encore d’opĂ©rer tout en illuminant  indĂ©finiment l’intĂ©rieur de la vaste salle obscure


Étrange oĂč pas, j’Ă©tais exactement comme toi enfant et mĂȘme durant la pĂ©riode de mon adolescence
 Pour dire ! Tel pĂšre, telle fille !

Et donc, les annĂ©es passants, tu aimais toujours autant aller au cinĂ©ma mais avec l’arrivĂ©e des K7 vidĂ©os puis enfin des DVD, tu prĂ©fĂ©rais largement regarder les films via ton tĂ©lĂ©viseur.

Tu apprĂ©ciais beaucoup les films qui te faisaient rire tels que : 4 mariages et 1 enterrement, Pour le pire et le meilleur, Le dĂźner de cons, Les Visiteurs 1 et 2 mais certainement pas le 3 que tu trouvais ratĂ©, Le grand blond avec une chaussure noire, La chĂšvre, Rain Man, Mme Doubtfire oĂč encore Forrest Gump avec sa fameuse rĂ©plique que tu aimais bien et moi aussi d’ailleurs :

« La vie, c’est comme une boĂźte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber »

L’humour Ă©tait trĂšs important pour toi
 D’ailleurs, sans cela, je pense que la vie t’aurait paru un peu fade


Une fois, je me souviens t’avoir demandĂ© quel genre de film tu aurais souhaitĂ© emmenĂ© avec toi si jamais tu devais te retrouver seul sur une Ăźle dĂ©serte. Et tu m’avais alors rĂ©pondu sans la moindre hĂ©sitation :

« Un film rigolo, ça c’est certain vu la situation dĂ©sespĂ©rĂ©e »

Et je t’avais ensuite demandĂ© :

« Mais quel film exactement ? »

« Le dßner de cons ! Il est tellement marrant ce film ! Au moins, je me sentirais moins triste dans ta fameuse ßle déserte ! »

Et je ne pouvais qu’abonder dans ton sens


Sacré Papa !

Non seulement tu aimais bien regarder des comĂ©dies mais tu aimais bien aussi pratiquer l’humour de temps Ă  autres en nous lançant toutes sortes de blagues et vannes pour ton plus grand plaisir…

Il faut dire aussi que tu avais pas mal de K7 audio humoristiques de Raymond Devos, de Fernand Reynaud oĂč encore de Guy Bedos que tu avais prĂ©cieusement conservĂ© depuis des annĂ©es et des annĂ©es et que tu aimais bien Ă©couter durant tes moments de loisirs et ce, sans jamais en ĂȘtre lassé 

Voici d’ailleurs les sketchs que tu prĂ©fĂ©rais sans doute le plus :

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Nous savons Ă  prĂ©sent que tu adorais l’humour mais pas que puisque tu aimais aussi Ă©couter de la musique. Cela pouvait aller de la musique classique, aux chansons de Georges Moustaki que tu apprĂ©ciais particuliĂšrement oĂč encore des musiques des Ăźles que tu avais appris Ă  aimer grĂące Ă  Maman et dont tu n’hĂ©sitais pas Ă  venir te trĂ©mousser sur la piste de danse avec elle en les Ă©coutant


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Car oui, tu Ă©tais un excellent danseur qui savait autant bien danser le Tango, la Valse que le Rock, le Cha-cha oĂč encore le Sega. Tous les pas de chacune de ces danses n’avaient aucun secret pour toi


Ce fut d’ailleurs toi qui initia Maman (à Madagascar) en lui apprenant quelques bases essentielles de la danse qui lui permirent ainsi à son tour de devenir tout comme toi une excellente danseuse.

Non seulement tu avais trouvé la femme de ta vie mais tu avais à présent la meilleure partenaire de danse qui soit !

Et quel beau couple vous Ă©tiez lorsque vous vous mettiez Ă  danser ensemble sur la piste de danse


À chaque fois, vous faisiez sensation


Ah ! C’était vraiment de merveilleux souvenirs que ces instants-lĂ  et ils resteront Ă  jamais gravĂ©s dans ma mĂ©moire


Mon petit Papounet, voilà que nous arrivons déjà presque à la fin de mon article


Et je sais que tu aimerais que cela continue encore et encore et moi aussi d’ailleurs


Tu me manques tellement…

Tu Ă©tais vraiment un Papa en or
 Un Papa si protecteur


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Sache que tu resteras pour toujours dans mon cƓur


Sache que le temps Ă©coulĂ© ne pourra t’effacer,

Sache que tu me manqueras toujours Ă©ternellement…

Sache que tous ces instants passés avec toi resteront


Oui, ils resteront infiniment gravĂ©s dans mon esprit…

Car je t’aime immensĂ©ment Papa ChĂ©ri ♄♄♄.

Ta fille, CĂ©cile.

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Ma petite Ă©toile đŸŒŸ

Pour toi, mon Papa… Ma petite Ă©toile…

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Un sĂ©duisant jeune homme trĂšs charmeur…

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Aimant dĂ©jĂ  beaucoup les voyages….

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Un charme fou… On comprend pourquoi Maman tomba amoureuse de toi et toi d’elle rien qu’en la voyant sur une certaine plage dĂ©serte de Madagascar portant le nom de « Empassy Bueny ». Tu avais ce jour-lĂ  succombĂ© Ă  sa grande beautĂ©… Tu Ă©tais  tombĂ© trĂšs amoureux de celle qui serait devenue un beau jour ta femme… Vous Ă©tiez vĂ©ritablement faits l’un pour l’autre ❀…

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Deux belles Ăąmes soeurs ❀❀… Deux destins qui devaient se rencontrer dans la Grande Île de Madagascar…

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Une histoire d’amour qui dura trĂšs longtemps… 49 ans !!! ❀

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Un souvenir de ta 1Ăšre Communion… Cet ange te protĂ©geait tout au long de ta vie. Tu le gardais bien prĂ©cieusement dans tes affaires… Aujourd’hui, c’est un honneur pour moi de le garder Ă  mon tour, bien prĂ©cieusement…

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En ce dimanche 17 Juin 2018, je pense à toi


Je revois encore ton joli sourire lorsque je te souhaitais une bonne fĂȘte des Papas


Lorsque je t’offrais des petits cadeaux accompagnĂ©s d’une jolie carte…

Une carte que tu aimais lire Ă  haute voix tant cela te faisait plaisir…

Et quel plaisir des yeux que celui de te voir heureux en ces jours de fĂȘte des pĂšres…

Tu sais… je revois tant de souvenirs de toi que je ne peux m’empĂȘcher de verser quelques larmes
.

Tu me manques tant
 Je n’y peux rien… C’est ainsi…

Ton absence est si dure à vivre
.

Mais comme tu peux le voir
 je n’ai pas pu m’empĂȘcher de te dĂ©dier encore un article car j’y tenais tout simplement…

Pour moi, c’est juste une magnifique preuve d’amour…

Une preuve que je t’aime fort…

Et quoi de plus beau que de pouvoir parler de toi…

Cela veut dire que je ne t’oublie pas et que tu restes dans mes pensĂ©es…

C’est pourquoi je tenais Ă  te souhaiter aujourd’hui une bonne fĂȘte des Papas et mĂȘme si tu n’es plus Ă  nos cĂŽtĂ©s


Oui
 mĂȘme si tu n’es plus lĂ  car je sais que tu nous regardes de ton nouveau monde et que tu nous Ă©coutes


Tu es notre petite Ă©toile d’amour
.

Tu nous Ă©claires de ta rayonnante clartĂ© et tu nous protĂšges…

Tu avais tant de bontĂ© en toi…

Oh Papa… Je t’aime tant…❀

Je ne cesserai jamais de te souhaiter ta fĂȘte des PĂšres en pensant trĂšs fort Ă  toi…

Tu restes Ă  jamais dans mon cƓur… 💘

Un cƓur qui te pleure encore et encore…

Je t’aime 💘


Ta fille, CĂ©cile ❀

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Petits souvenirs de ton parcours professionnel dont je suis si fiĂšre :

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Un pin’s de la SociĂ©tĂ© « SAGA » pour laquelle tu travaillais en Afrique. Une expatriation merveilleuse Ă  travers plusieurs pays : Madagascar en 1968, CĂŽte D’Ivoire en 1980, GuinĂ©e en 1987, Tchad en 1989, Madagascar en 1992… Des voyages que je n’oublierai jamais… De jolis souvenirs passĂ©s Ă  l’Ă©tranger en famille que je garde jusqu’Ă  prĂ©sent en mĂ©moire…

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Montre de la SociĂ©tĂ© Saga… je la garde bien prĂ©cieusement en souvenir de toi 💗.

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Voici quelques chansons pour toi 💘 : Je sais que tu les Ă©couteras avec plaisir et beaucoup d’Ă©motions :

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Je t’aime fort mon Papa 💖💖💖. Je te garde dans mon coeur pour toujours ❀❀

MĂ©tamorphose 🩋

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Je me souviens encore d’un joli souvenir de mon enfance passĂ©e en GuinĂ©e Ă  Conakry. C’Ă©tait dans les annĂ©es 88 et j’avais 11 ans. Mon petit frĂšre, quant Ă  lui Ă©tait ĂągĂ© de 10 ans.

Maman adorait nous faire dĂ©couvrir tout ce qui Ă©tait en relation avec la nature : aussi bien dans le domaine vĂ©gĂ©tal qu’animal.

Depuis que nous vivions en Guinée, nous avions déjà appris pas mal de choses sur ces divers sujets et je dois bien avouer que nous aimions bien les découvrir au fur et à mesure car en matiÚre de bestioles, la Guinée en regorgeait de toutes sortes.

Et il ne fallait pas aller bien loin pour pouvoir les observer.

En effet, le jardin de notre maison de fonction Ă©tait un vĂ©ritable sanctuaire pour dĂ©nicher diverses espĂšces d’insectes…

Mon frĂšre et moi Ă©tions Ă  un Ăąge oĂč nous voulions tout savoir sur le rĂšgne animal et vĂ©gĂ©tal. Quoique pour ma part, je prĂ©fĂ©rais de loin les vĂ©gĂ©taux…

Par contre, mon frĂšre lui, aimait bien les deux (le monde vĂ©gĂ©tal et animal) et en savait dĂ©jĂ  un rayon par rapport Ă  moi car il se documentait beaucoup concernant ces deux sujets qu’il affectionnait particuliĂšrement.

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L’expĂ©rience :

Ce jour-lĂ , je m’en souviens encore comme si c’Ă©tait hier. Maman voulait nous faire montrer une petite expĂ©rience qu’elle avait faites dĂ©jĂ  elle-mĂȘme lorsqu’elle Ă©tait enfant et qu’elle vivait Ă  Madagascar Ă  Namakia.

A cette Ă©poque lĂ , elle avait Ă  peu prĂšs le mĂȘme Ăąge que nous et aimait bien explorer la nature et ses insectes environnants.

Il fut donc primordial pour elle de nous faire montrer Ă  son tour, ladite expĂ©rience et je dois bien avouer que nous Ă©tions dĂ©jĂ  trĂšs excitĂ©s et impatients, mon frĂšre et moi, de pouvoir enfin la dĂ©couvrir…

Avant de nous entraĂźner dehors, elle prit une grosse boĂźte d’allumettes vide qu’elle transporta avec elle et nous dit qu’elle en aurait besoin au moment voulu.

boite

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Exploration dans notre jardin :

Maman, mon petit frĂšre et moi sortĂźmes donc dehors et nous retrouvĂąmes dans notre charmant jardin puis elle nous dit sans plus attendre qu’elle Ă©tait Ă  la recherche d’une chenille Ă  papillons pour pouvoir rĂ©aliser sa fameuse expĂ©rience.

Au bout de quelques instants, elle finit par en trouver une qui Ă©tait collĂ©e Ă  l’envers sur une des feuilles d’un petit arbuste.

papillon cocon

Elle commença alors Ă  la dĂ©coller tout doucement car elle Ă©tait fragile et qu’il ne fallait pas trop la manipuler avec les doigts puis, une fois dĂ©collĂ©e de sa feuille, elle la dĂ©posa bien dĂ©licatement Ă  l’intĂ©rieur de la boĂźte d’allumettes qu’elle tenait toujours dans sa main.

La chenille en question s’Ă©tait dĂ©jĂ  enroulĂ©e dans son cocon de soie et remuait encore lĂ©gĂšrement Ă  l’intĂ©rieur de celui-çi car elle n’Ă©tait pas tout Ă  fait arrivĂ©e au stade de sa transformation en chrysalide.

En effet, maman voulait tout d’abord nous faire dĂ©couvrir l’Ă©volution de celle-çi lorsqu’elle s’Ă©tait Ă  peine enturbannĂ©e dans son fil de soie.

C’est pourquoi, elle avait fait exprĂšs de la choisir Ă  ce stade de mutation afin que nous puissions observer par la suite, chaque dĂ©tail de sa future transformation…

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Petite parenthĂšse : La chenille :

papillon guinée

La chenille est la larve éruciforme des papillons. Certains hyménoptÚres dont les larves ressemblent beaucoup à celles des lépidoptÚres sont appelées fausse-chenille.

La chenille, une fois arrivĂ©e Ă  son plein dĂ©veloppement, s’enveloppe dans un cocon afin de se transformer en chrysalide qui va Ă  son tour devenir l’insecte adulte.

Seules certaines espĂšces de chenille tissent autour d’elles un vĂ©ritable cocon pour se mettre Ă  l’abri en vue de leur nymphose (la nymphose Ă©tant le passage Ă  l’Ă©tat de nymphe, que l’on appelle chrysalide chez les papillons).

chenille pour papy

D’autres se contentent de se fixer Ă  un support par une ceinture de soie, fil sĂ©crĂ©tĂ© de la mĂȘme maniĂšre, mais en faible quantitĂ©.

D’autres encore s’enterrent dans l’humus Ă  faible profondeur, dans une loge plus ou moins soyeuse : c’est le cas de la plupart des Sphinx.

chenille chenille

  1. TĂȘte 
  2. Thorax
  3. Abdomen
  4. Segment
  5. Corne post-abdominale
  6. Fausses pattes
  7. Stigmate
  8. Pattes
  9. PiĂšces buccales

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Observation de la bestiole :

En ce qui concernait notre petite expĂ©rience, notre chenille avait d’ores et dĂ©jĂ  tissĂ© autour d’elle son fameux cocon (pas dans son intĂ©gralitĂ©) si particulier qui Ă©tait encore transparent et pas tout Ă  fait opaque puisqu’on pouvait encore la voir Ă  l’intĂ©rieur.

En effet, je pouvais aperçevoir son Ă©trange petite tĂȘte ainsi que son corps de couleur vert clair qui continuait Ă  se mouvoir dans sa fine enveloppe blanchĂątre.

A l’intĂ©rieur de son fin cocon, la bestiole semblait tout droit venir de la planĂšte Mars tellement elle avait un drĂŽle d’aspect. On aurait dit un petit alien…

Cela me faisait bizarre de pouvoir l’observer ainsi en direct, sur toutes les coutures et non dans un documentaire animalier.

C’Ă©tait bien plus intĂ©ressant et je dois bien avouer assez fascinant de la regarder et de la jauger dans les moindres dĂ©tails.

Elle paraissait Ă  la fois forte et fragile : d’une part Ă  cause de son cocon dont elle Ă©tait prisonniĂšre mais d’autre part, bien vivace lorsque qu’elle remuait de temps en temps Ă  l’intĂ©rieur de celui-çi.

En somme, ce petit ĂȘtre si bizarre et si petit soit-il avait dĂ©jĂ  une certaine force de caractĂšre qui ne nous laissait pas indiffĂ©rent, mon frĂšre et moi.

Elle avait rĂ©ussi Ă  attiser notre grande curiositĂ© et nous Ă©tions dĂ©jĂ  trĂšs impressionnĂ©s par elle…

Mais il n’empĂȘche qu’elle me faisait Ă©galement un peu peur Ă©tant donnĂ© que je n’aimais pas trop le monde des insectes…

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La bestiole dans sa boĂźte d’allumettes :

Notre petite trouvaille Ă  l’intĂ©rieur de sa boĂźte d’allumettes lĂ©gĂšrement entrouverte ; maman, mon petit frĂšre et moi rentrĂąmes Ă  nouveau Ă  l’intĂ©rieur de notre maison.

Maman dĂ©posa la boĂźte sur l’une des Ă©tagĂšres du grand buffet de notre salon. Ainsi, nous pourrions voir facilement l’Ă©volution de la fameuse chenille lorsque nous le souhaiterions…

« VoilĂ  les enfants. Vous avez vu que la chenille remuait encore Ă  l’intĂ©rieur de son cocon. Ensuite, de plus en plus, elle va le consolider pour se transformer enfin en une chrysalide » dit-elle en nous souriant.

Olivier Ă©tait beaucoup plus curieux que moi et lui demanda presque aussitĂŽt :

« Maman ? Est-ce que la chenille va bien respirer ? »

« Mais oui Olivier. Regarde, j’ai laissĂ© entrouverte la boĂźte pour justement qu’elle ait son oxygĂšne. Ne t’inquiĂšte pas. Tout ira bien pour elle jusqu’Ă  ce qu’elle se transforme en chrysalide »

« Chouette ! On verra toute sa transformation alors ? » dit-il dans un large sourire.

« Eh oui mon Coco ! Toi et ta soeur pourrez voir toute son Ă©volution en direct. Ce sera bien mieux qu’un documentaire tĂ©lĂ©visĂ© ! »

En ce qui me concernait, je n’osais pas trop toucher la boĂźte oĂč Ă©tait logĂ©e cette Ă©trange bestiole mais cela m’intĂ©ressait tout de mĂȘme. Il est vrai que je n’aimais pas trop le monde des insectes mais en ce qui concernait celle-çi, j’avais envie de connaĂźtre son Ă©volution.

Et puis maman m’avait assurĂ© que la bestiole en question ne pourrait guĂšre s’enfuir vu que la boĂźte d’allumettes n’Ă©tait que lĂ©gĂšrement entrouverte. D’ailleurs, en voyant mon air inquiet, maman se mit Ă  rire.

« Mais ne t’inquiĂšte pas CĂ©cile ! Tu vois bien que cette chenille est enroulĂ©e dans son cocon. En plus, bientĂŽt elle ne bougera plus du tout. Crois-moi, tu ne risques rien. Et lorsqu’elle commençera Ă  sortir de son cocon, maman t’a dĂ©jĂ  dit qu’on irait ensemble dehors pour qu’elle puisse dĂ©ployer ses ailes. D’accord ? Tu es rassurĂ©e maintenant ma Poupoule ? »

« Oui, maman » dis-je dans un timide sourire quelque peu crispĂ©.

****

Olivier, contrairement Ă  moi Ă©tait fou de joie. De temps en temps il ne pouvait pas s’empĂȘcher de regarder par l’ouverture de la boĂźte pour y observer notre petite chenille.

Une fois qu’il l’avait pour la Ă©niĂšme fois observĂ©e sur toutes les coutures ; il revenait alors en sautillant vers moi qui Ă©tait sagement installĂ©e dans le canapĂ© du salon en train de jouer Ă  un jeu vidĂ©o puis invariablement il me disait avec beaucoup d’enthousiasme :

« CĂ©cile ! J’ai encore regardĂ© la chenille. Elle remue toujours un peu. J’ai hĂąte qu’elle devienne une chrysalide comme maman nous a dit »

Sachant qu’il affectionnait particuliĂšrement le monde des insectes, je lui demandais alors :

« Et tu sais ce que c’est une chrysalide ? »

« BiensĂ»r. Maman nous a dĂ©jĂ  expliquĂ©. Et puis j’ai aussi appris en lisant mon magazine « Sciences et vies Junior ». Tu sais, c’est trop incroyable ces bĂȘtes lĂ  ! Moi, en tout cas je les aime bien. Et toi ? »

« Oui ça va. De toute façon, maman a dit que la chenille ne pouvait pas s’enfuir de la boĂźte… » dis-je avec une pointe d’apprĂ©hension dans la voix.

« Pfff ! N’importe quoi ! Tu vas pas avoir peur aussi de cette chenille ! BientĂŽt, elle ne pourra plus bouger du tout. Et puis maman nous a dit qu’elle ne voulait pas qu’elle sorte totalement de sa chrysalide lorsqu’elle deviendra un papillon. T’as rien Ă  craindre du tout CĂ©cile ! Je t’assure ! T’es trop inquiĂšte toi ! Allez, viens la voir de plus prĂšs avec moi » dit-il en m’attrapant dĂ©jĂ  par le bras.

« Oui ! Attends, j’Ă©teins d’abord mon jeu vidĂ©o puis je viens tout de suite la voir avec toi » dis-je un peu Ă  contre-coeur.

****

Quelques instants aprĂšs, j’Ă©tais Ă  ses cĂŽtĂ©s en train d’observer l’Ă©trange bestiole qui n’Ă©tait vraiment pas jolie…

Quant Ă  mon frĂšre, lui, il semblait totalement sous le charme de ladite bĂ©bĂȘte. Il en Ă©tait littĂ©ralement fascinĂ©.

papillon vert

J’aimais bien le regarder en train de s’extasier et s’exclamer au sujet de celle-çi. Il faut dire qu’il adorait tout ce qui se rapportait Ă  la nature. Tout l’intriguait Ă  ce sujet. Le monde des insecte l’Ă©merveillait. A ce sujet, il ressemblait Ă©normĂ©ment Ă  maman lorsqu’elle avait son Ăąge. Il Ă©tait d’ailleurs autant curieuse qu’elle et voulait toujours tout savoir et plus particuliĂšrement sur ces chĂšres insectes…

Oui, j’aimais bien le regarder en train d’observer notre chenille. C’est pourquoi il est tellement facile pour moi de vous raconter dans les moindres dĂ©tails ce joli souvenir de mon enfance.

Pendant qu’il observait la bestiole, moi, j’immortalisais cet instant dans un coin de ma tĂȘte tout en ne sachant pas qu’un beau jour j’aurais souhaitĂ© le retranscrire Ă  l’Ă©crit et qui plus est dans le vaste monde du virtuel.

Et puis, comme je vous l’avais dĂ©jĂ  dit dans un de mes nombreux articles de souvenirs, Olivier ne m’avait jamais fait un sale petit tour de gamin comme le font certains petits frĂšres envers leurs soeurs.

Non, je dois bien avouer qu’il n’Ă©tait pas du tout comme ça. Il savait que j’avais peur des insectes et que j’en avais une sainte horreur ; d’ailleurs il s’en moquait parfois mais jamais il n’allait plus loin que ça en m’en lançant une sur moi par exemple. Non, et fort heureusement d’ailleurs, sinon je n’aurais guĂšre apprĂ©ciĂ© et cela aurait valu Ă  mes yeux, d’ĂȘtre une trahison, ni plus, ni moins !

Bref, j’Ă©tais surtout intriguĂ©e par mon jeune frĂšre.

Le voir autant passionnĂ© par ces Ă©tranges bestioles me sidĂ©rait quelque peu mais je finissais par m’y adapter. Sans doute Ă©tait-ce dĂ©jĂ  l’amour inconditionnel d’une soeur aĂźnĂ©e envers son petit frĂšre car il faut bien que je l’avoue, j’Ă©tait totalement attendrie par lui.

C’Ă©tait disons plutĂŽt lui qui me fascinait autant que la petite bestiole.

Et vous me diriez alors pourquoi ? Tout simplement parce que d’une part je l’aimais et que d’autre part, je le trouvais trĂšs dĂ©brouillard pour son jeune Ăąge et trĂšs vif d’esprit.

C’Ă©tait dĂ©jĂ  un vĂ©ritable trombe de l’air qui adorait explorer, s’aventurer, trifouiller, fouiner sans peurs ni craintes dans Ă  peu prĂšs tout et n’importe quoi… Un vrai petit aventurier qui Ă©tait avide de savoir et de tout connaĂźtre sur notre belle et si vaste nature…

J’Ă©tais tout l’inverse, c’est pourquoi je l’admirais tant car contrairement Ă  lui, je n’Ă©tais pas une fanatique de la nature et encore moins des insectes…

Non, moi c’Ă©tait de grimper sur MON MANGUIER VOYAGEUR , de me jucher sur la plus haute des branches afin d’admirer le ciel, les nuages, les oiseaux, l’ocĂ©an, les vagues, ressentir le vent, laisser les rayons du soleil me chauffer le visage et le corps et observer de temps en temps, mon cher petit frĂšre en train de jouer en bas sur la terre ferme avec tous ces Ă©tranges insectes…

fourmi noire

 

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Je lui laissai bien volontiers ce plaisir et prĂ©fĂ©rais le regarder du haut de mon arbre, en train de s’extasier sur telle ou telle espĂšce d’insecte qu’il venait de dĂ©nicher…

A le voir ainsi si dĂ©brouillard et si mĂ©ticuleux avec ces bĂ©bĂȘtes, je me disais souvent au plus profond de moi-mĂȘme qu’il Ă©tait l’aĂźnĂ© et que moi, j’Ă©tais sa petit soeur… Je ne ne sais pas pourquoi mais je le pensais rĂ©ellement Ă  cette Ă©poque lĂ . Il semblait si sĂ©rieux et attentionnĂ© envers la nature qui l’entourait alors que moi j’en Ă©tais parfaitement dĂ©sinvolte.

Ce n’Ă©tait pas pĂ©joratif pour moi de penser que j’Ă©tais sa petite soeur, bien au contraire puisque cela me rĂ©confortait de le savoir diffĂ©rent de moi. De le savoir si audacieux et si aventureux…

Tout ceci pour vous dire que notre chenille Ă©tait certes une formidable dĂ©couverte mais dĂ©couvrir le cĂŽtĂ© explorateur de mon jeune frĂšre l’Ă©tait tout autant…

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Quelques jours aprĂšs (disons 5 jours plus tard), notre fameuse chenille ne bougeait plus du tout comme si celle-çi Ă©tait morte mais ce n’Ă©tait pas du tout le cas.

En fait, son enveloppe corporelle avait totalement changĂ©e d’aspect et de couleur. Elle semblait plus solide qu’avant et sa teinte Ă©tait entre le marron et le beige clair.

marron beige chrysalide

Olivier en était davantage fasciné car il savait que bientÎt la chrysalide deviendrait un majestueux papillon.

Il trĂ©pignait d’impatience et ne cessait de me rĂ©pĂ©ter :

« T’as vu CĂ©cile ! ça y est ! c’est comme maman nous a dit ! BientĂŽt, elle va dĂ©chirer sa chrysalide. J’ai trop hĂąte ! et toi ? »

« Moi aussi » dis-je dans un petit sourire.

Je ne sais pas pourquoi mais Ă  cet instant prĂ©cis oĂč je lui parlais, j’Ă©tais vraiment sincĂšre. J’avais hĂąte Ă©galement de voir enfin l’envolĂ©e de cette bestiole.

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Petite parenthĂšse : La chrysalide :

chrysalide transf

Chez les insectes holomĂ©taboles (c’est-Ă -dire aux mĂ©tamorphoses complĂštes, par exemple les papillons et les abeilles), qui effectuent deux mues de mĂ©tamorphose, la chrysalide est le stade de dĂ©veloppement intermĂ©diaire entre la larve et l’adulte.

Les chrysalides durcissent et changent de couleur. Les papillons selon les espĂšces se mĂ©tamorphosent au bout d’une semaine.

Quelques heures avant l’émergence du papillon, l’enveloppe de la chrysalide devient transparente chez certaines espĂšces et laisse apparaĂźtre les couleurs des papillons.

Lorsque les segments abdominaux se distendent, l’émergence est imminente. Un autre nom pour dĂ©signer ce stade intermĂ©diaire est la nymphe.

chrysalide papillon

Une des caractĂ©ristiques de la nymphe est qu’elle ne se nourrit pas (ses piĂšces buccales et son tube digestif subissent aussi une mĂ©tamorphose importante) et qu’elle vit sur ses rĂ©serves.

La nymphe des lĂ©pidoptĂšres est souvent appelĂ©e chrysalide. La nymphe peut, selon les espĂšces, ĂȘtre protĂ©gĂ©e par un cocon.

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La métamorphose :

Voici une vidĂ©o intĂ©ressante sur la mutation d’une chenille Ă  papillon : ici, il s’agit du Papillon Monarque.

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Deux jours plus tard, maman s’Ă©cria :

« Regardez les enfants ! Venez voir ! Vite ! La bĂȘte est en train de crever son enveloppe. Vous voyez, regardez bien »

Je n’en revenais pas et je dois bien avouer que j’en fus littĂ©ralement subjuguĂ©e.

En effet, l’Ă©trange bĂȘte semblait pousser avec sa tĂȘte la fibre du cocon dans lequel elle Ă©tait enfermĂ©e.

De nouveau (comme au tout dĂ©but, oĂč maman l’avait dĂ©collĂ©e de sa feuille), l’insecte bougeait Ă  l’intĂ©rieur de son enveloppe qui Ă©tait trĂšs Ă©paisse et opaque.

Sous nos yeux d’enfants Ă©merveillĂ©s et fascinĂ©s, la vie naissait.

Un petit ĂȘtre voulait sortir de sa prison qui l’avait pourtant protĂ©gĂ©e jusqu’alors car il Ă©tait tout simplement dĂ©sireux de connaĂźtre la libertĂ©…

Du coin de l’oeil, j’observais Ă©galement mon petit frĂšre et j’Ă©tais heureuse de le voir heureux…

« Regarde maman, il vient de passer sa trompe. Il va pas tarder Ă  sortir de sa chrysalide. Hein, pas vrai maman ? »

trompe papillon

« Oui, mon Coco ! Effectivement. D’ailleurs, nous allons vite aller dehors, maintenant. Venez, suivez-moi. Vite, il va pas tarder Ă  sortir entiĂšrement de son cocon »

Maman transporta avec elle la boĂźte d’allumettes dont elle avait retirĂ© complĂštement le couvercle et sortit rapidement dehors avec nous, Ă  ses cĂŽtĂ©s.

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L’envolĂ©e majestueuse :

le papillon et son cocon

A présent, le papillon dont les ailes étaient froissées et fripées ne tarderait plus à sortir de son épais cocon.

Il se dĂ©battait tant bien que mal mais s’arrĂȘtait de temps en temps car il Ă©tait encore faible.

Il se tortillait dans tous les sens et ne cessait de fissurer son cocon à force de se débattre.

Les antennes de sa tĂȘte Ă©taient d’ores et dĂ©jĂ  sorties Ă  l’extĂ©rieur ainsi que ses ailes et bientĂŽt la coque si Ă©paisse de son enveloppe ne tarderait pas Ă  se dĂ©tacher de son abdomen.

« Maman ! CĂ©cile ! Regardez ! ça y est ! il vient de sortir totalement de son cocon ! Vous avez vu ?? Wahou ! Il est trop beau ! T’as vu les couleurs de ses ailes CĂ©cile ? » s’exclama Olivier en me les montrant du doigt.

« Oui. Ses ailes sont jolies » rĂ©pondis-je tout bas, sous le coup de l’Ă©motion et de la fascination.

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Maman Ă©tait vraiment heureuse de nous faire dĂ©couvrir en direct ce qu’elle mĂȘme avait vĂ©cu des annĂ©es auparavant lorsqu’elle n’Ă©tait qu’une enfant.

« Vous voyez les enfants. VoilĂ  ce que Maman avait vu lorsqu’elle Ă©tait petite fille Ă  Madagascar et dont je vous parlais Ă  chaque fois Ă  Sausset-Les-Pins. C’est beau, non ? »

« Oh oui Maman ! » rĂ©pondit aussitĂŽt mon petit frĂšre qui ne cessait de sourire tellement il Ă©tait Ă©merveillĂ©.

« Il va bientĂŽt s’envoler Maman ? »demandais-je un peu intriguĂ©e.

« Oui, ma Poupoule. Il ne va plus tarder »

J’Ă©tais aux anges de voir ma mĂšre et mon petit frĂšre si complices vu qu’ils aimaient bien les papillons puis spontanĂ©ment je fis une bise Ă  Maman comme pour la remercier de cet instant, de ce partage qu’elle venait de nous faire vivre.

« VoilĂ  ! il va s’envoler ! » s’exclama Olivier en tapant dans ses mains.

« Oui, mon Coco ! Il va s’envoler, maintenant » dit Maman, les yeux brillants de joie.

A cet instant prĂ©cis, Olivier ne put s’empĂȘcher d’effleurer les ailes du papillon.

« Ses ailes sont douces » chuchota t-il.

Et Ă  peine eut-il prononcĂ© cette phrase, que le papillon Ă©tira ses ailes et commença Ă  voleter maladroitement vers la branche la plus basse d’un arbuste.

papillon

Il s’y posa dessus puis commença Ă  se faire une petite toilette Ă  l’aide de ses longues pattes qu’il ne cessait de mouvoir vers sa petite tĂȘte.

envol du papillon

Au bout de quelques instants, il quitta sa branche puis vola davantage plus haut jusqu’Ă  ce qu’on ne puisse plus l’aperçevoir du tout.

En effet, il venait de voler par dessus le haut mur de clÎture alvéolé qui faisait face à la mer.

Sans doute avait-il Ă©tĂ© attirĂ© par l’ocĂ©an. Nul ne le saura jamais.

Quoi qu’il en soit, nous avions assistĂ© en direct, mon frĂšre et moi Ă  sa majestueuse envolĂ©e vers le vaste monde.

butter vole loin

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Un spectacle magnifique de la nature que je tenais Ă  vous dĂ©crire dans les moindres dĂ©tails Ă  travers cet article et que je n’oublierai jamais.

Interview de Lauraline Aday

RĂ©cemment, une jeune auteure qui se nomme Lauraline Aday m’a nominĂ©e le 29 Janvier 2016 afin de rĂ©pondre Ă  son interview.

Voici l’article qu’elle avait publiĂ© ce jour-lĂ  concernant sa nomination pour le Liebster Award :

liebster-award

Je l’ai rencontrĂ©e sur la plateforme de WordPress en Janvier 2016 et depuis on se follow.

C’est une personne trĂšs sympathique et spontanĂ©e. Tout ce que j’aime Ă  vrai dire !
Je trouve qu’elle a beaucoup de talent dans le domaine de l’Ă©criture qui est sa passion.

Voici un extrait de son roman qu’elle a Ă©crit il y a un an et que vous pourrez lire (personnellement j’ai vraiment apprĂ©ciĂ© !) afin de dĂ©couvrir son univers littĂ©raire. Le titre de son roman est :

Penthésilée

A ce sujet, elle recherche un Ă©diteur qui voudrait bien le publier alors si jamais vous lisiez cet article, n’hĂ©sitez pas Ă  lire son oeuvre…

J’espĂšre de tout coeur que son rĂȘve pourra enfin se rĂ©aliser car elle le mĂ©rite vraiment vu qu’elle Ă©crit fort bien !

Merci encore Ă  toi Lauraline de m’avoir invitĂ©e Ă  participer Ă  ton interview qui me ramena loin en arriĂšre dans mes souvenirs par certaine de tes questions…

****

Et voici son interview : 11 choses que Lauraline aimerait savoir sur moi :

1. Depuis quand Ă©crivez-vous ?

Lorsque j’Ă©tais ĂągĂ©e de 10 ans, mes parents m’avaient offert un journal intime pour mon anniversaire. Ce fut Ă  partir de ce moment lĂ  que je commençai Ă  y Ă©crire mes instants les plus prĂ©cieux et je dois dire qu’il y en avait beaucoup. J’adorais ce journal (que j’ai malheureusement Ă©garĂ© depuis) car il me permettait de m’Ă©vader et de rĂȘver.

D’aussi loin que je m’en souvienne, je n’y Ă©crivais que des choses positives et heureuses vu que j’Ă©tais une enfant trĂšs Ă©panouie et si insouciante…Je me souviens encore de sa couverture avec la fameuse PanthĂšre rose qui Ă©tait dessinĂ©e dessus. Il restera pour moi un merveilleux souvenir d’Ă©critures…

panthĂšre pink

2. Quel est le premier texte que vous ayez Ă©crit ?

Lorsque je vivais en afrique (Tchad Ă  N’Djamena), je me souviens que j’avais Ă©crit une petite histoire qui parlait de loups-garous. Je l’avais Ă©crite dans un grand cahier de format A4 dont la couverture Ă©tait rigide et brillante. C’Ă©tait une histoire assez longue (10 pages recto-verso) dont j’Ă©tais particuliĂšrement fiĂšre et qui avait pour titre : « La mutation ».

J’avais 14 ans et je dois bien avouer qu’Ă  cette Ă©poque lĂ  j’adorais tout ce qui se rapportait au domaine du fantastique et de la science fiction.

D’ailleurs, je n’ai pas beaucoup changĂ©e Ă  ce sujet puisque c’est toujours le cas aujourd’hui.

loup gare au loup

3. Est-ce que vous planifiez toute votre histoire, ou est-ce que vous vous lancez « au feeling » ?

J’ai pour habitude de tout planifier dans ma vie de tous les jours mais bizarrement pas dans le domaine de l’Ă©criture.
En ce qui concerne mes Ă©crits, je fonctionne uniquement au feeling.

J’ai une idĂ©e qui me traverse subitement l’esprit puis mon imagination commence alors Ă  galoper un peu dans tous les sens et Ă  partir de ce moment lĂ , je jette Ă  la volĂ©e quelques phrases ou/et mots sur une feuille afin de ne rien oublier.

 

4. Avez-vous dĂ©jĂ  fini d’écrire un roman ? Quel est son titre et de quoi parle-t-il ?

J’ai toujours aimĂ© Ă©crire depuis que je suis toute jeune mais lorsque j’ai commencĂ© Ă  me lancer vĂ©ritablement c’Ă©tait dans les annĂ©es 2009. J’Ă©tais alors ĂągĂ©e de 32 ans.

Ayant la nostalgie de mon passĂ© d’expatriation Ă  travers l’Afrique (GuinĂ©e Ă  Conakry, Tchad Ă  N’Djamena et Madagascar Ă  Antananarivo), j’avais dĂ©cidĂ© de retranscrire mes plus beaux souvenirs passĂ©s lĂ -bas, sous forme d’anecdotes.

Voici un de mes plus beaux souvenirs que vous pourrez découvrir et qui à pour titre :

Le manguier voyageur

 

5. Qu’est-ce que vous aimez Ă©crire ?

J’aime Ă©crire mes souvenirs d’enfance passĂ©s en Afrique oĂč en France Ă  Marseille.

J’aime Ă©galement inventer des petites histoires au grĂ© de mon imagination. Les sujets peuvent ĂȘtre trĂšs vastes et variĂ©s. Je n’ai pas spĂ©cialement de prĂ©fĂ©rence. LĂ  aussi, je fonctionne au feeling. Il est vrai que j’aime bien les thrillers mais pas que…

 

6. Quel est votre lieu favori pour Ă©crire ?

J’Ă©cris principalement dans ma chambre via mon fidĂšle ordinateur portable. C’est mon endroit favori car je m’y sens bien, tout simplement.

Mes sources d’inspirations me viennent en Ă©coutant des musiques de films (mais pas que, puisqu’actuellement j’aime bien Ă©couter en boucle « Love me like you do » d’Ellie Goulding) sur mon ordinateur.

Mon imagination s’envole et Ă  partir de ce moment lĂ  je me mets Ă  pianoter sur mon clavier durant des heures.

D’ailleurs, je ne vois jamais le temps passer lorsque j’Ă©cris…

 

7. Quel est votre auteur / livre préféré ?

Mon auteure prĂ©fĂ©rĂ©e est sans conteste : Mary Higgins Clark et ce depuis de nombreuses annĂ©es…

Pourquoi cette auteure ? Lorsque je vivais Ă  Madagascar Ă  Antananarivo et que j’avais 16 ans, je me souviens que j’avais un beau jour empruntĂ© un livre Ă  la bibliothĂšque de mon lycĂ©e (LycĂ©e Français de Tananarive) qui avait pour titre « La nuit du renard ».

Ce fut le titre qui attira le plus mon attention. Etant assez pressĂ©e ce jour-lĂ , je n’avais mĂȘme pas pris la peine de lire le sujet. Quant Ă  son auteure, son nom ne me disait rien du tout. Mais Ă  peine avais-je commencĂ© Ă  lire le premier chapitre que j’en fus littĂ©ralement scotchĂ©e…

« La nuit du renard » devint alors pour moi mon roman prĂ©fĂ©rĂ© et ce jusqu’Ă  aujourd’hui. Disons qu’il reste mon livre fĂ©tiche.

La suite fut prévisible : je lisais donc tous les romans de mon auteure préférée que je trouvais à la bibliothÚque de mon lycée.

la nuit renard

8. Cinq livres que vous emporteriez sur une ßle déserte?

– « La maison du guet » de Mary Higgins Clark

– « MĂ©chant garçon » de Jack Vance

– « Racines » de Alex Haley

– « L’Ăźle du docteur Moreau » de H.G. Wells (Herbert Georges Wells)

–  » Anna Karenine » de LĂ©on Tolstoi

mort eau doc

9. Un projet en cours, dont vous aimeriez nous parler ?

Actuellement je suis en train d’Ă©crire une nouvelle en plusieurs parties dont le titre est : « La derniĂšre danse de la lune ».

Vous pourrez découvrir mon histoire en cliquant sur ce lien :

La derniĂšre danse de la lune

C’est une histoire qui me tient particuliĂšrement Ă  coeur et que j’ai commencĂ© Ă  Ă©crire durant l’Ă©tĂ© 2015 (juillet/aoĂ»t).

J’ai voulu me lancer grĂące Ă  une amie que j’ai rencontrĂ© sur Twitter et qui s’appelle Michelle. Elle m’a donnĂ© l’envie d’inventer et de publier mon histoire sur wordpress. Merci Ă  toi ma Belette !

Depuis, je n’ai de cesse de me rĂ©pĂ©ter les mĂȘmes phrases d’encouragement :

« Il faut toujours croire en ses rĂȘves et aller jusqu’au bout pour pouvoir les rĂ©aliser »

« Ne surtout pas abandonner et suivre son chemin malgrĂ© les embĂ»ches »

 

10. Que peut-on vous souhaiter pour 2016 ?

Une question trĂšs difficile pour moi… Je ne dirais qu’une chose : la vie, c’est comme une boĂźte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber…

C’est une rĂ©plique d’un film dont le titre est « Forrest Gump ». En ce qui me concerne, ça me parle beaucoup…

 

11. Qu’est-ce que vous aimez à propos de mon blog ? Qu’est-ce que vous aimez moins ?

Lorsque je me suis baladĂ© pour la premiĂšre fois sur ton blog un certain mois de janvier 2016, j’ai Ă©tĂ© tout de suite attirĂ©e par tous les titres de tes articles. Je ne sais pas pourquoi… Encore une fois, une histoire de feeling…

Ce fut en lisant cet article de toi : PenthĂ©silĂ©e que j’ai compris alors que je souhaitais en connaĂźtre davantage sur ton univers littĂ©raire mais pas que…

En effet, je trouve que tu as tout simplement une belle personnalité et surtout une spontanéité qui fait vraiment plaisir.

Je tenais encore Ă  te remercier ma chĂšre Lauraline concernant cette petite interview que j’ai pris plaisir Ă  rĂ©pondre.

Gros bisous Ă  toi et surtout crois toujours en tes rĂȘves !

CĂ©cile, la Suricate

Suricate mignon

Souvenirs culinaires

Souvenirs culinaires en Guinée à Conakry : Année 1987 : Une douce gourmandise : Patates-douces-blanches

32636538 Je me rappelle encore lorsque ma mĂšre faisait frire des patates douces Ă  chair blanche (Ă  peau blanche) et que du salon ou je me trouvais ; je pouvais sentir toutes les effluves de friture… patate-douceJ’attendais alors avec beaucoup d’impatience, le moment ou elle dĂ©poserait sur la grande table Ă  manger ; un grand saladier en verre dans lequel se trouvaient les fameuses tranches de patates douces frits et toutes dorĂ©es… 60735525_p Puis Maman ne manquait jamais de nous rappeler Ă  moi et Ă  mon frĂšre : « Les enfants, faites trĂšs attention !! j’ai dĂ©posĂ© le saladier ici pour que les patates douces puissent se refroidir un peu car pour l’instant, elles sont trĂšs bouillantes !!! alors n’y touchez pas encore !!! d’accord ?? » Et je m’empressais de lui dire :  » Oui, Maman…On n’y touchera pas…c’est promis !!! » Mais c’Ă©tait tout simplement impossible pour moi d’attendre plus longtemps car la simple vue de ces patates me donnaient tout simplement l’eau Ă  la bouche… Et biensĂ»r, vous devinez la suite…Je me prĂ©cipitai en cachette pendant que Maman avait le dos tournĂ© et qu’elle se trouvait encore en cuisine ; pour chiper deux grandes tranches de patate douce… Sur le coup, c’est vrai que la chaleur des patates me brĂ»lait un peu le bout des doigts mais qu’importe du moment que j’avais rĂ©ussi Ă  en prendre au moins deux : une pour moi et une pour mon petit frĂšre. 8185233 Et quel plaisir immense ensuite, de pouvoir dĂ©guster cette chĂšre petite gourmandise… Je me souviens encore du goĂ»t de cette patate frite que j’avais plaisir Ă  avoir en bouche ; de la saveur de son sucre en poudre fondu et Ă  peine sĂ©chĂ© qui la recouvrait si finement… sucre_poudre C’est vrai que je garderai toujours au fond de ma mĂ©moire cette jolie image de moi et de mon petit frĂšre en train de savourer avec dĂ©lice notre petit pĂȘchĂ© mignon… sucre-en-poudre Ah les souvenirs d’enfance !!! quelles merveilles tout de mĂȘme !!!

Le Manguier voyageur

J’aimerais vous raconter un souvenir de la GuinĂ©e qui me touche particuliĂšrement Ă  chaque fois que j’y songe lorsque j’ai de la nostalgie par rapport Ă  mon enfance passĂ©e en Afrique…

A cette Ă©poque lĂ , je devais bien avoir 9 ou 10 ans et je m’en souviens encore comme si c’Ă©tait hier…

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Le manguier de l’Ă©vasion :

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Comme je vous l’avais dĂ©jĂ  racontĂ© lors de mes prĂ©cĂ©dentes anecdotes, notre maison de fonction Ă©tait situĂ©e en bordure de mer et sa façade faisait face Ă  un haut mur ajourĂ© d’alvĂ©oles par lesquelles on pouvait aperçevoir une magnifique plage de sable blanc…

Parfois, il pouvait mĂȘme arriver que l’un de nos 3 chats passait la tĂȘte Ă  travers l’une d’entre elles ; afin de regarder sans doute juste par curiositĂ© ; ce qui se passait derriĂšre…

Et au devant, tout Ă  fait Ă  droite de ce haut mur, se trouvait un grand et bel arbre fruitier qui n’Ă©tait autre qu’un manguier…

La partie inférieure des branchages de celui-çi venait se coucher littéralement sur le dessus du mur qui était incrusté de brisures de verres de bouteilles trÚs tranchantes afin de dissuader les voleurs de franchir le mur cÎté plage.

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Mon arbre Ă  moi !
Un arbre qui Ă©tait pour moi comme un confident bien vivant et bien plus encore car il me transportait Ă  chaque fois que je le souhaitais, loin du monde rĂ©Ăšl dans des voyages extraordinaires, au-delĂ  des frontiĂšres, dans les airs ! vers de nouvelles contrĂ©es…

J’adorais ce manguier qui me permettait de m’Ă©vader l’esprit et de rĂ©aliser chacun de mes rĂȘves rien qu’en regardant de mes yeux Ă©merveillĂ©s, la mer, le ciel et les nuages si blancs…

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De mon arbre, juchĂ©e tout Ă  fait en haut de la cime, je pouvais aperçevoir toute l’immensitĂ© de l’ocĂ©an Atlantique et sentir ses agrĂ©ables odeurs d’algues et d’embruns…

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J’Ă©coutais avec allĂ©gresse le bruit du ressac de la mer mais aussi celui du vent, entremĂȘlĂ©s par les cries de joie des quelques enfants GuinĂ©ens qui jouaient, non loin de lĂ , sur la plage…

Tous mes sens Ă©taient en Ă©veil :
– La vue de ce superbe tableau reprĂ©sentait tantĂŽt, (suivant les jours) une mer houleuse ou lisse comme une ardoise…

– Le bruit des vagues me berçait tandis que le souffle du vent de la mer venait me rafraĂźchir les yeux qui restaient lĂ©gĂšrement plissĂ©s Ă  cause de la force de celui-çi…

– Le vent me caressait tout doucement le visage et me procurait une vĂ©ritable sensation de bien-ĂȘtre et de fraĂźcheur grĂące Ă  sa ventilation ; tellemement il faisait extrĂȘmement chaud en GuinĂ©e…

Je me rappelle qu’Ă  ces moments lĂ , je me sentais si sereine, si libre, si heureuse et en totale harmonie avec la nature, la mer, le ciel et le vent…

Ce vent que j’aimais tant et qui faisait virevolter par moment, ma longue queue de cheval blonde qui venait me chatouiller le visage…

A ces moments lĂ , j’avais l’impression de m’envoler tel un oiseau dans ce ciel si bleu, parsemĂ© de nuages et qui me fascinait tant…

Je respirais l’air marin Ă  pleins poumons et je me sentais libre face au vent de la mer comme si je gouvernais le monde entier…(exactement comme la fameuse scĂšne du film « Titanic » ou le hĂ©ros « Jack » se sentait ĂȘtre le « Roi du Monde »)

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Je me sentais ĂȘtre la Reine de tout l’ocĂ©an Atlantique ! et pourquoi pas du monde entier tellement j’Ă©tais devenue une gĂ©ante dotĂ©e d’une force surnaturelle qui pouvait surmonter n’importe quel problĂšme et biensĂ»r pouvoir aider mon prochain en un claquement de doigt et ce, sans aucun effort, telle une hĂ©roine de bande dessinĂ©e…

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Oui, grĂące Ă  mon arbre magique, je pouvais accomplir tout ce que je ne pouvais pas rĂ©aliser en tant qu’ĂȘtre humain mortel sur cette terre…

Ce manguier me grandissait et me permettait d’ĂȘtre au-dessus de tout, rien qu’en touchant son Ă©corce qui Ă©tait Ă  la fois douce et rugueuse..

Oui, je pouvais ressentir toute sa force…

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GrĂące Ă  lui, j’avais des ailes virtuelles dans le dos et je pouvais tout combattre sans craindre qui que ce soit car je devenais invincible et intouchable grĂące Ă  ses pouvoirs surnaturels qu’il m’avait transmise…

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Mon chat Poussy-cat :

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J’aimais bien Ă©galement, emmener avec moi mon adorable chat Poussy-cat que j’installais bien confortablement dans son panier en raphia.

Ensuite, je reliais ensemble les deux anses du panier par une Ă©paisse corde en plastique en formant un triple noeud afin que cela soit bien solide.

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Puis je rattachais le bout de la corde Ă  une grosse branche bien costaude afin que mon chat puisse dormir en toute tranquillitĂ© sans risque que la corde ne cĂšde et que celui-çi ne tombe en bas de l’arbre.

Ce que je tiens Ă  signaler, c’est que ce genre de dĂ©sagrĂ©ment ne lui Ă©tait encore jamais arrivĂ© car je faisais toujours trĂšs attention Ă  la robustesse de la corde et biensĂ»r Ă  la soliditĂ© de la branche Ă  laquelle son panier Ă©tait suspendu.

Et voilĂ  que mon chat dormait paisiblement dans son panier qui faisait de temps en temps des vas et vient tel un balançier Ă  cause du vent oĂč tout simplement parce qu’il s’Ă©tait mis debout sur ses 4 pattes pour pouvoir changer de position.

A ces moments-lĂ , il faisait remuer assez dangereusement son panier mais disons qu’il Ă©tait trĂšs habile puisqu’il ne perdait jamais l’Ă©quilibre et qu’il arrivait toujours Ă  stabiliser le fameux balançier.

Le panier de mon chat Ă©tait suspendu Ă  la plus haute des branches, tout prĂšs de moi et souvent je me mettais Ă  lui caresser le dos, le ventre et la tĂȘte tout en lui murmurant des mots doux.

Inutile de vous dire que nous Ă©tions lui et moi en totale symbiose…

Poussy-cat n’avait pas du tout le vertige et cela se voyait qu’il avait totalement confiance en moi puisqu’il arrivait Ă  dormir prĂšs de deux heures de temps dans son panier qui Ă©tait suspendu dans le vide…

Je crois mĂȘme qu’il adorait ces moments-lĂ  avec moi et biensĂ»r, c’Ă©tait rĂ©ciproque en ce qui me concernait.

Il faut dire que je l’adorais tellement mon Poussy-cat…

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Une petite frayeur :
Je me rappelle d’un certain jour…

J’Ă©tais debout sur une des grosses branches du manguier et je regardais l’ocĂ©an droit devant moi tout en rĂȘvassant.

Il pouvait m’arriver Ă©galement de cueillir une ou deux mangues bien mĂ»res que je plaçais ensuite Ă  l’intĂ©rieur d’un sac en plastique restĂ© accrochĂ© Ă  l’une des branches de l’arbre.

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Je n’aimais pas les mangues Ă  l’Ă©poque ; par contre ma Maman en raffolait alors le plus souvent je les lui donnais.

Aujourd’hui, j’ai appris Ă  les apprĂ©cier et je dois bien avouer qu’elles sont devenues l’un de mes fruits exotiques prĂ©fĂ©rĂ©es.

De temps en temps, j’aimais bien aussi regarder la villa de notre voisin qui se trouvait Ă  droite de notre manguier, derriĂšre le haut mur de clĂŽture.

Comme je me trouvais Ă  la cime de l’arbre, j’arrivais facilement Ă  observer son jardin oĂč se baladaient deux grands lĂ©vriers Afghans gris qui ne pouvaient pas me voir tellement j’Ă©tais bien cachĂ©e parmi les feuillages de mon manguier…

J’aimais bien les regarder et de temps en temps je voyais Ă©galement un des domestiques sortir de la villa pour leur donner Ă  manger.

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A un moment donnĂ©, je voulais juste changer de position car j’avais un peu des fourmis dans les jambes alors je dĂ©cidai d’agripper une des branches afin de me soutenir puis une autre et encore une autre quand soudain je faillis basculer en arriĂšre.

En effet, avec horreur je m’aperçus que je tenais dans ma main droite un espĂšce de long bĂąton, un peu mou…

C’Ă©tait un phasme ! un de ces horribles phasmes bizarres que je dĂ©teste tant !

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Petite parenthĂšse : Le Phasme :
Les phasmes sont des insectes herbivores qui se fondent dans leur environnement en imitant Ă  la perfection des brindilles, des feuilles mortes ou vertes, voire des lichens.

On parle dans ce cas d’homotypie et d’homochromie (respectivement « mĂȘme forme, mĂȘme couleur ») et ce type de mimĂ©tisme est Ă  l’origine de son nom vernaculaire : le « BĂąton du Diable ».

Ce camouflage est poussĂ© jusque dans leur façon de se mouvoir, puisqu’ils se dĂ©placent lentement, par Ă -coups, comme une branche ballottĂ©e par le vent. La plupart peuvent Ă©galement rester parfaitement immobiles pendant des heures.

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Je poussai un grand cri puis avec effroi et dĂ©goĂ»t je secouai frĂ©nĂ©tiquement ma main puis illico presto cette espĂšce de petite branche qui n’en Ă©tait pas une du tout tomba sur les graviers par terre, juste au pied de l’arbre…

AmeutĂ© par mes cris, le gardien de jour courut trĂšs vite vers le manguier oĂč j’Ă©tais perchĂ©e ; leva les yeux vers moi et me dit en fronçant les sourcils :

« C’est quoi CĂ©cile ! toi vu bĂȘte ? »

Du haut de mon arbre, Je lui répondis en criant :

« Oui Bas ! » (notre gardien de jour s’appelait Bas) « Il y a une grosse bĂȘte. Regarde ! Elle se trouve juste Ă  cĂŽtĂ© de toi. Regarde ! prĂšs de tes pieds. LĂ  ! LĂ  ! Il est toujours lĂ , prĂšs de tes pieds ! »

Je lui dĂ©signai du doigt l’horrible bestiole qui marchait trĂšs lentement sur les petits cailloux blancs.

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Bas venait enfin d’aperçevoir le grand phasme…

Il le ramassa et le jeta trĂšs haut et trĂšs loin par dessus le mur de clĂŽture puis l’horrible insecte vint alors s’Ă©craser sur le sable de la plage. De lĂ  ou j’Ă©tais, j’avais vu toute la scĂšne…

C’Ă©tait la seule et unique mĂ©saventure que j’avais eu sur mon arbre ! et heureusement !

Et je me rappelle que ce jour-lĂ  j’avais eu la trouille de ma vie surtout pour une personne telle que moi qui dĂ©teste tous les insectes Ă  part la coccinelle que j’arrive Ă  peu prĂšs Ă  tolĂ©rer…

Sinon en dehors de cette petite frayeur que j’avais eu, ce manguier Ă©tait pour moi un vĂ©ritable petit refuge dont j’adorais y passer des heures et des heures car il me permettait de voyager entre terre, mer et ciel comme si j’Ă©tais un oiseau ou tout simplement un des Ă©lĂ©ments de la nature tel que le vent…

C’est pourquoi, j’ai dĂ©cidĂ© Ă  travers cet article de l’appeler : Le manguier voyageur…

Je tenais absolument Ă  vous faire partager cette petite anecdote que je n’oublierai jamais car cela restera pour moi un de mes plus beaux moments magiques de mon enfance, passĂ©e en GuinĂ©e Ă  Conakry…

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Je me souviens encore d’un trĂšs joli souvenir de la GuinĂ©e lorsque nous habitions encore, ma famille et moi dans notre charmante villa situĂ©e en bord de mer, Ă  l’avenue Madina Corniche, dans la Capitale de la GuinĂ©e, Ă  Conakry…

****

Mon frĂšre « Olivier » aimait beaucoup s’amuser Ă  explorer notre jardin car je dois dire qu’il y avait une multitude de toutes sortes d’insectes trĂšs insolites et Ă©tant donnĂ© qu’il avait une passion certaine pour les fourmis ; il aimait bien Ă©galement observer d’autres spĂ©cimens d’insectes pour son plus grand plaisir !

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Pour ma part, je n’aimais pas du tout le monde des insectes mais alors pas du tout, Ă  part peut-ĂȘtre pour les fourmis ou encore les coccinelles mais c’est tout !

Un jour, pendant que je jouais avec nos deux chiens Urs et Biciline ainsi que nos 3 chats, Olivier m’interpella et me demanda de le suivre car il avait quelque-chose Ă  me faire montrer.

Je le suivis avec pas mal d’inquiĂ©tude, non pas que je me mĂ©fiais de lui car je dois bien avouer que jamais il ne m’avait jouĂ© un sale petit tour comme certains petits frĂšres osent le faire par sadisme envers leurs soeurs.

Non, bien au contraire, Olivier ne m’avait jamais fait quoi que ce soit pour m’effrayer en me lançant un insecte sur moi par exemple, non jamais et tant mieux d’ailleurs !

Par contre, le seul inconvĂ©nient chez lui, Ă©tait que si jamais je voulais qu’il Ă©crabouille vite fait bien fait une mante religieuse (j’ai horreur de ces sales bestioles) qui osait se mettre en travers de mon chemin, il ne le faisait jamais car il estimait que chaque insecte mĂ©ritait de vivre et donc il prenait l’insecte en question et le jetait un peu plus loin afin que celui-çi puisse continuer sa petite vie…

Eh oui ! il Ă©tait trĂšs respectueux de la nature et du monde des insectes, pour mon plus grand malheur ! (Je veux parler des insectes bien entendu)

Ce fut donc avec une lĂ©gĂšre apprĂ©hension que je suivis mon petit frĂšre en me demandant tout de mĂȘme ce qu’il allait bien me faire montrer ; sans doute le fameux QG de ces chĂšres fourmis…

Enfin arrivĂ©s sur le fameux lieu oĂč se trouvait ladite chose, Olivier me dit :

« Viens avec moi CĂ©cile. Allez viens. Suis-moi et accroupis toi derriĂšre ce petit arbuste. Regarde lĂ -bas… Tu as vu ?? »

Une fois m’ĂȘtre accroupie, je regardai dans la direction qu’il me dĂ©signait du doigt.

Et ce fut Ă  ce moment lĂ  que j’aperçus une bien Ă©trange bestiole que je n’avais jusqu’alors pas encore remarquĂ©e dans notre jardin car cela ne faisait pas trĂšs longtemps que nous vivions en GuinĂ©e. Et donc, nous n’avions pas encore fait suffisamment le tour de toutes ces charmantes bĂ©bĂȘtes…

Cette bestiole lĂ , semblait venir tout droit de l’Ăšre prĂ©historique tellement elle Ă©tait diffĂ©rente de tous les insectes que j’avais jusque lĂ  dĂ©jĂ  vu dans ma vie d’enfant. Et il se trouvait que cet extraordinaire animal Ă©tait lĂ , juste devant mes yeux, Ă  quelques mĂštres seulement de moi…

Vraiment incroyable une telle dĂ©couverte ! et qui plus est dans notre jardin…

****

Puis, avec un petit sourire en coin, Olivier me dit :

« T’as vu ?? C’est la premiĂšre fois que je vois un tel spĂ©cimen. Il est beau, non ? Tu as vu ses pattes ? Et sa tĂȘte ? Trop bizarre, hein ?? »

« Oui c’est vrai, tu as raison » lui rĂ©pondis-je. « J’avais jamais vu une telle bestiole ! Elle fait un peu peur. Mais qu’est-ce qu’il fait lĂ  ?? » ajoutai-je avec curiositĂ©.

Le grand lĂ©zard venait de boire une petite lampĂ©e d’eau d’une petite flaque boueuse (la veille, il y avait eu une forte pluie) puis il enfouit sa drĂŽle de tĂȘte prĂ©historique dans un petit trou qui devait ĂȘtre assez profond car Ă  prĂ©sent, je ne voyais plus que ses deux pattes arriĂšres griffues ainsi que sa si longue queue…

C’est alors que mon frĂšre me dit :

« Ă§a fait un moment que je l’observe et j’ai vu qu’il n’arrĂȘtait pas de sortir des trucs ronds et blancs du petit trou ; sans doute des oeufs et qu’il les crevait ensuite avec ses pattes de devant pour manger ce qu’il y a dedans. Je pense que ce doit ĂȘtre un mĂąle sinon il aurait pas manger ses propres oeufs si c’Ă©taient les siens… »

« Mais Ă  qui sont les oeufs alors ? demandai-je. « Berk, il est dĂ©gueulasse en tout cas. Pourquoi il mange ça ?? Il est mĂ©chant, je trouve. Il tue des bĂ©bĂ©s »

« Mais c’est la nature CĂ©cile ! Tu peux pas empĂȘcher ça. Je pense que les oeufs appartiennent Ă  la femelle lĂ©zard qui lui ressemble un peu, sauf que j’ai remarquĂ© qu’elle est beaucoup plus petite que lui. Je l’ai vu tout Ă  l’heure avant de voir le grand mĂąle et elle mettait souvent sa tĂȘte Ă  l’intĂ©rieur du petit trou mais je sais pas trop ce qu’elle y faisait. Puis ensuite, j’ai vu le grand lĂ©zard qui venait tout prĂšs du trou pendant que la femelle Ă©tait partie. Et c’est lĂ  que j’ai mieux observĂ© le manĂšge du mĂąle et que j’ai voulu que tu vois ça. Depuis tout Ă  l’heure, il a dĂ©jĂ  mangĂ© 3 oeufs »

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« Mais tu le laisses faire ? Pourquoi ?? Et la femelle ?? Qu’est-ce qu’elle fait ?? pourquoi elle revient pas ?? »

« Mais elle Ă©tait revenue tout Ă  l’heure. Sauf que le mĂąle lui barrait la route qui mĂšne Ă  ses oeufs et il avait l’air de la menacer alors elle s’est enfuit quelque part et depuis elle n’est plus revenue. Mais je voulais faire quelque-chose, c’est pour ça que je t’ai appelĂ©. Tu veux que je te dise mon plan ? »

« Mais c’est quoi comme plan ?? Qu’est-ce que tu veux faire ? Dis-moi… »

Avec de nouveau ce petit sourire que je lui connaissais si bien ; il me dit :

« VoilĂ , j’aimerais l’attraper et le placer Ă  l’intĂ©rieur de la gloriette. Ensuite, on pourrait lui donner Ă  manger, prendre soin de lui et mieux l’observer. Tu sais, c’est rare une bĂȘte comme ça ! Moi, en tout cas, j’aimerais bien le faire et toi ?? »

« Eh bien, je sais pas trop… Il fait un peu peur quand mĂȘme. Comment on ferait pour l’attraper ? En plus, il a des griffes. Je sais pas trop… Tu crois vraiment qu’il faudrait faire ça ?? »

« Mais oui, pourquoi pas ?? Allez CĂ©cile ! N’aie pas peur. Je suis lĂ . Regarde, j’ai dĂ©jĂ  cette ficelle en raphia que je viens de faire un noeud coulant pour pouvoir l’attraper. Toi, tu prendras ce bĂąton pour l’empĂȘcher de fuir et alors il sera pris au piĂšge ici mĂȘme. C’est le lieu idĂ©al pour l’attraper, je trouve… »

****

En effet, nous nous trouvions dans l’allĂ©e principale qui menait Ă  notre jardin avec des murs en vis Ă  vis.

Il y avait le haut mur de clĂŽture qui se trouvait Ă  notre gauche et dont le dessus Ă©tait parsemĂ© de bris de verres (pour dissuader les voleurs de le franchir) ; quant Ă  notre droite, il y avait le mur de notre propre maison qui longeait notre allĂ©e ; oĂč se trouvait trĂšs prĂ©cisĂ©ment notre « Grand LĂ©zard »…

AussitĂŽt dit, aussitĂŽt fait, nous dĂ©cidĂąmes de mettre Ă  exĂ©cution notre plan machiavĂ©lique…

****

Mon frĂšre rĂ©ussit tant bien que mal Ă  capturer l’Ă©trange animal en lui passant la corde au cou pendant que moi je tapais trĂšs fort sur le sol de l’allĂ©e avec mon bĂąton afin qu’il ne puisse pas se frayer un passage et s’enfuir entre nos jambes.

AcculĂ© au mur de notre maison, le lĂ©zard Ă©tait bel et bien pris au piĂšge tandis que mon frĂšre Ă©tait en train de bien lui nouer le collier autour de son cou tout en veillant Ă  ne pas trop le lui serrer trop fortement afin que celui-çi n’en soit pas gĂȘnĂ©.

Enfin capturĂ©, notre trophĂ©e se trouvait Ă  prĂ©sent Ă  l’intĂ©rieur de notre gloriette, en train de ne cesser de glisser sur le carrelage Ă  cause de ses pattes griffues qui n’adhĂ©raient pas bien Ă  la surface trop lisse de celui-çi. Il essayait en vain de courir pour pouvoir s’enfuir mais sans succĂšs…

Le grand lĂ©zard Ă©tait attachĂ© de maniĂšre Ă  ce qu’il ne puisse pas s’enfuir de la gloriette pour aller dans le jardin mais il avait assez de laisse et suffisamment d’espace pour pouvoir marcher et se dĂ©gourdir les pattes.

Quelques temps plus tard, à force de glisser sur le carrelage, il commençait Ă  se fatiguer et sĂ»rement Ă  rĂ©aliser qu’il n’arriverait pas Ă  se sauver.

C’est alors qu’il finit par se calmer et donc Ă  ne plus se rebeller ; ce qui nous permĂźmes Ă  mon frĂšre et Ă  moi de pouvoir faire enfin, plus ample connaissance avec notre nouvel hĂŽte que nous avions dĂ©cidĂ© de baptiser : « LĂ©on ».

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Léon, le lézard géant :

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Petite parenthĂšse : « Le Crotaphytus collaris » :

Le Crotaphytus collaris est une espĂšce de sauriens de la famille des Crotaphytidae.

Ce lĂ©zard atteint environ 30 centimĂštres (queue comprise). Il a une large tĂȘte, des membres bien dĂ©veloppĂ©s avec des doigts longs et pourvus de griffes. Le corps est assez aplati et large.

Le Crotaphytus collaris possĂšde un collier noir autour du cou, caractĂ©ristique. La tĂȘte du mĂąle peut ĂȘtre jaune ou orange vif. Le reste de la livrĂ©e est colorĂ©e, avec une dominance de bleu azur, vert – gris, parsemĂ©e de taches jaunes ou grisĂątres. Cette livrĂ©e peut ĂȘtre assez variĂ©e selon les sous-espĂšces.

La femelle prĂ©sente en gĂ©nĂ©ral des couleurs plus ternes dans les bruns, sauf lorsqu’elle est en pĂ©riode de ponte, oĂč apparaissent des tĂąches et des traits rouge-orangĂ© sur la gorge et le flanc.

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Cela faisait dĂ©jĂ  pas mal de jours que LĂ©on vivait chez nous dans notre gloriette et je dois bien avouer que mon frĂšre et moi avions commencĂ© Ă  nous y attacher trĂšs fortement…

Pour ainsi dire, il Ă©tait devenu la mascotte de la maison et mĂȘme si au dĂ©but nos parents n’Ă©taient pas tout Ă  fait d’accord sur le principe de sa captivitĂ©, ils finirent par nous laisser faire, vu que Maman connaissait parfaitement ce genre de jeu qu’elle avait pratiquait elle-mĂȘme durant sa jeunesse, sauf qu’Ă  la seule diffĂ©rence prĂšs, c’est qu’elle n’avait encore jamais gardĂ© en captivitĂ© un lĂ©zard mais plutĂŽt jouer avec eux…

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Au fil des jours qui passaient, LĂ©on Ă©tait devenu trĂšs gentil et il aimait bien qu’on lui donne toutes sortes de nourritures : Des petits insectes tels que des vers de terre, des sauterelles, des mantes religieuses gĂ©antes (cela ne lui faisait pas peur de gober de trĂšs gros insectes vu que sa gueule Ă©tait dĂ©mesurĂ©e) que je chargeais bien volontiers mon petit frĂšre de les lui donner, vu que j’avais une trouille bleue de tous ces insectes et encore plus des mantes religieuses ! Quelle horreur ! 

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Pour ma part, j’aimais bien lui donner des petites feuilles de salade que Maman me donnait lorsqu’elle faisait de la salade verte pour ses repas…

Bref, mon frĂšre et moi, nous occupions fort bien de notre petit LĂ©on…

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Et comme on l’avait attrapĂ© durant nos congĂ©s de scolaritĂ©, on prenait bien soin de lui dĂšs le lever du matin jusqu’en fin d’aprĂšs-midi. On adorait jouer avec lui, le nourrir ou encore le caresser…

Il est vrai qu’en ce qui me concernait, je n’avais jamais osĂ© lui caresser la tĂȘte ou encore le ventre et je prĂ©fĂ©rais de loin que ce soit mon petit frĂšre qui lui fasse ce genre de soin.

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Mais ça n’empĂȘchait pas que je l’aimais bien notre lĂ©zard mĂȘme si celui-çi avait une tĂȘte un peu Ă©trange et qu’il ressemblait quelque peu Ă  un tyrannosaure rex de la prĂ©histoire, certes en version miniature et en beaucoup moins fĂ©roce ou effrayant que l’original… Je le trouvais tout de mĂȘme assez mignon !

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Et ce fut donc durant prĂšs de 2 semaines que nous gardĂąmes en captivitĂ© notre petit LĂ©on que nous aimions tant…

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Mais un jour, mon frĂšre et moi dĂ©cidĂąmes qu’il fallait le remettre en libertĂ© car nous avions remarquĂ© que de plus en plus, il y avait d’autres lĂ©zards de son espĂšce qui venaient lui rendre visite par curiositĂ© ou qui venaient lui chercher querelle…

Et comme il Ă©tait attachĂ© par une corde, il ne pouvait pas bien se dĂ©fendre face Ă  ses dĂ©tracteurs qui n’hĂ©sitaient pas Ă  s’attaquer Ă  lui en le mordant, lui laissant au passage quelques vilaines petites cicatrices sur le corps…

De plus, mon frĂšre et moi n’Ă©tions pas non plus 24 h/24 Ă  le protĂ©ger car nous avions aussi d’autres occupations et ce fut donc en parti Ă  cause de toutes ces raisons, que nous dĂ©cidĂąmes un beau jour, de le relĂącher afin qu’il redevienne libre comme il l’Ă©tait autrefois…

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La liberté de Léon :

Ce jour lĂ , chose trĂšs rarissime dans le domaine de nos amis les lĂ©zard, Monsieur LĂ©on ne voulait plus du tout nous quitter et ce malgrĂ© que mon frĂšre lui eut retirĂ© son collier…

Il s’Ă©tait trop habituĂ© Ă  nous et il restait plantĂ© lĂ , Ă  nous regarder de ses petits yeux noirs en amande, comme s’il nous disait :

« Mais je ne veux pas partir ! Je veux rester avec vous ! S’il vous plaĂźt, laissez-moi avec vous ! Je vous aime bien, moi… »

Mon frĂšre et moi Ă©tions trĂšs tristes de le laisser partir mais on voulait vraiment qu’il retrouve sa libertĂ©…

Alors d’un geste de la main, on lui faisait signe de s’en aller et on lui disait :

« Allez LĂ©on ! Il faut que tu partes maintenant. Tu verras, tu seras trĂšs heureux en libertĂ©. Allez, vas-y petit LĂ©on. Va retrouver ta libertĂ©. On ne t’oubliera jamais gentil petit LĂ©on…On t’aime, tu sais… »

Au bout d’un certain temps, il inclina la tĂȘte comme s’il avait compris notre message puis il nous regarda pour la derniĂšre fois de ses Ă©tranges petits yeux malicieux puis s’enfuya Ă  toutes pattes Ă  travers une des alvĂ©oles de notre mur de clĂŽture qui donnait sur la plage…

Et hop ! en un rien de temps, il s’Ă©tait retrouvĂ© Ă  l’extĂ©rieur de notre jardin, cĂŽtĂ© plage ; l’endroit mĂȘme oĂč tous ses amis les lĂ©zards de son espĂšce, aimaient bien rĂ©chauffer leur corps au soleil et qui devaient trĂšs certainement l’attendre Ă  ce moment-lĂ …

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Et voilà que notre ami Léon était bel et bien parti pour de nouvelles aventures.

Des aventures qui n’appartiendraient qu’Ă  lui…

DĂ©sormais, nous n’aurions plus jamais le plaisir et le privilĂšge de pouvoir observer notre petit lĂ©zard…

Mais c’Ă©tait notre souhait ! alors nous n’avions aucun regret Ă  ce sujet !

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LĂ©on fut donc le seul et dernier des lĂ©zards de son espĂšce Ă  ĂȘtre restĂ© en captivitĂ© chez nous et Ă©galement le seul Ă  ĂȘtre observĂ© de trĂšs prĂšs durant plusieurs jours…

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Pour toutes celles ou tous ceux qui se demanderaient si un jour, mon frĂšre et moi Ă©tions tombĂ©s par hasard sur notre petit LĂ©on ; la rĂ©ponse sera nĂ©gative…

LĂ©on avait quelques particularitĂ©s physiques telles que de longues balafres sur ses flancs ainsi qu’une tĂȘte bien spĂ©cifique que l’on aurait pu reconnaĂźtre entre mille parmi tous ses congĂ©nĂšres…

Non, notre LĂ©on ne revint plus jamais chez nous mais cela ne nous attristĂąmes pas ; bien au contraire, puisque nous nous disions qu’il devait sans doute couler des jours heureux ailleurs, avec ses amis(es) les lĂ©zards de son espĂšce…

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C’Ă©tait l’histoire de LĂ©on, notre lĂ©zard gĂ©ant que je voulais absolument vous raconter car il faisait parti de l’un de mes plus beaux souvenirs passĂ©s en GuinĂ©e lorsque j’avais 10 ans. Un Ăąge oĂč l’on est intrĂ©pide et que la dĂ©couverte est trĂšs enrichissante…

Une bien jolie dĂ©couverte

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Je me rappelle encore d’un souvenir lointain qui date depuis fort longtemps : en effet, je devais bien avoir 10 ou 11 ans…
Mais je m’en souviens encore comme si c’Ă©tait hier…

Ce jour lĂ , je me trouvais dehors en compagnie de mon petit frĂšre en train de jouer avec nos chats et nos chiens.
Nous attendions l’arrivĂ©e de notre pĂšre qui ne devait pas tarder Ă  rentrer de son travail afin d’aller dĂ©jeuner en famille au restaurant chinois qui s’appelait : « Le Jardin Chinois » et qui se trouvait non loin de notre villa.

Soudain nous entendĂźmes le klaxon de notre voiture que je savais parfaitement reconnaĂźtre entre mille. C’Ă©tait Papa qui arrivait enfin de son travail.
Je regardais ma montre. Il Ă©tait exactement 12H00 pile.
Mon pĂšre gara le 4×4 dans l’allĂ©e qui menait Ă  notre jardin pendant que notre gardien de jour refermait les portes du portail.

Mon frĂšre et moi, nous prĂ©cipitĂąmes vers lui afin de lui dire bonjour et de l’embrasser chacun notre tour.

Puis mon frĂšre dĂ©cida d’aller vĂ©rifier le fameux QG de ses fourmis car Ă  cette Ă©poque lĂ , je remarquai qu’il aimait beaucoup les observer et mĂȘme leur donner Ă  manger ; voire les protĂ©ger de tous prĂ©dateurs car je crois bien qu’il devait en ĂȘtre rĂ©ellement passionnĂ© de ces insectes (une similitude que mon frĂšre avait avec notre Maman qui adorait, elle aussi, lorsqu’elle Ă©tait petite, jouer avec ces charmantes petites bestioles) par rapport Ă  moi qui prĂ©fĂ©rait de loin : les chats.

Bref, pendant que mon petit frĂšre observait ses chĂšres fourmis en train de construire leur forteresse, moi je regardais mon pĂšre du coin de l’oeil.

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AprĂšs que mon pĂšre eut demandĂ© un verre d’eau glacĂ© au domestique qui se trouvait encore Ă  l’intĂ©rieur de notre maison en train de terminer son mĂ©nage et pendant que Maman se prĂ©parait dans sa chambre pour s’apprĂȘter Ă  sortir ; je ne pouvais m’empĂȘcher de me dire rien qu’en regardant son visage qu’il avait dĂ» sĂ»rement se passer quelque-chose aujourd’hui, car il me paraissait bien absent.

Je m’asseyais donc prĂšs de lui alors qu’il Ă©tait en train de boire son verre d’eau, tranquillement installĂ© sur le petit muret de notre gloriette qui Ă©tait situĂ©e au centre de notre jardin puis je dĂ©cidai de lui poser la question qui me brĂ»lait les lĂšvres :

« Papa, tu m’as l’air bien soucieux, il s’est passĂ© quelque-chose ? on aurait dit que tu es un peu triste ? »

Papa me répondit avec un petit sourire :

 » Pourquoi tu me poses cette question ? Je vois que tu es toujours autant curieuse CĂ©cile… »

« Mais je vois bien que tu as l’air soucieux comme si tu avais fait quelque-chose…mais je sais pas quoi…Allez dis-moi…s’il te plaĂźt…s’il te plaĂźt »

« Mais je n’ai rien fait. Enfin, si…il y a quelque-chose. Tout Ă  l’heure lorsque je conduisais, j’ai failli Ă©craser un chat mais je ne sais pas vraiment si j’ai pu l’Ă©viter ou pas. Je ne sais pas du tout. Je pense peut-ĂȘtre l’avoir Ă©vitĂ© mais maintenant je n’en suis plus si sĂ»r que ça…enfin bref, j’en sais rien du tout… »

« C’est vrai ?? Mais sur quelle route tu te trouvais ? »

« C’Ă©tait tout prĂšs de notre maison. Pas loin du tout, juste sur la route Ă  double sens qui est devant chez nous, l’avenue Madina Corniche »

« Mais alors, on devrait aller voir…Peut-ĂȘtre que le chat doit ĂȘtre toujours lĂ …et s’il est blessĂ©, on pourrait le sauver. C’Ă©tait un chat, comment ? Comme nos 3 chats ? grands comme eux ? »

« Mais enfin CĂ©cile ! ce chat, mĂȘme s’il est encore vivant, il doit ĂȘtre dĂ©jĂ  trĂšs loin. C’Ă©tait un petit chat. Enfin, je sais plus. Mais on ne va pas partir lĂ  pour aller chercher un chat. Oublie ça, surtout que Maman ne va pas tarder Ă  sortir pour qu’on aille au restaurant. Laisse tomber. Je sais que tu aimes les chats mais lĂ  je t’assure, ça sert Ă  rien du tout. Allez, laisse tomber. Je n’aurais pas dĂ» t’en parler, d’ailleurs »

Je lui répondis aussitÎt, avec un certain agacement dans la voix :

« Si ! il faut qu’on y aille ! ou alors j’irais voir sans toi mais je t’en prie, viens s’il te plaĂźt ! il faut se dĂ©pĂȘcher maintenant ! »

Je l’agrippai par le bras en le tirant fortement vers moi afin qu’il se lĂšve.

« Allez viens Papa ! »

Subitement, ne pouvant plus attendre, je me mis Ă  courir vers le portail et demandai au gardien de l’ouvrir afin que je puisse sortir.

AussitĂŽt, mon pĂšre courut derriĂšre moi et cria :

« CĂ©cile ! Mais non ! oĂč vas-tu ? Reviens… »

Avant de sortir dans la rue, je lui dis de mon air le plus triste :

« Viens, on va juste aller voir Papa puis on revient. Je veux juste savoir qu’est-ce qu’est devenu ce chat… viens, s’il te plaĂźt… »

Puis mon pĂšre me suivit et nous sortĂźmes ensemble dans la rue ; la fameuse avenue qui portait le nom de « Madina Corniche » pendant que le Gardien maintenait lĂ©gĂšrement le portail entrouvert.

L’avenue grouillait de monde et il y avait un va et vient de voitures sur la grande route Ă  double sens.
Ici, c’Ă©tait loin d’ĂȘtre le havre de paix de notre maison avec tous ces bruits assourdissants.

Soudain, j’aperçus Ă  ma droite, une femme GuinĂ©Ăšnne assez forte qui Ă©tait en train de faire griller des maĂŻs au bord de la route (comme il en existe souvent ici, en GuinĂ©e) et qui venait de donner un magistral coup de pied dans l’arriĂšre train d’un tout petit chat. Sans aucun doute un chaton.

Mais de lĂ  oĂč je me trouvais, je n’arrivais pas Ă  bien distinguer la scĂšne alors je m’Ă©criai vers mon pĂšre avec pas mal d’excitation dans la voix :

« Papa ! Papa ! Je viens de voir le chat ! Je suis sĂ»re que c’est celui que tu as failli Ă©craser ! C’est lui ! Viens ! La femme vient de lui donner un coup de pied ! Oh non ! Vite, il faut y aller ! »

Je courus trĂšs vite vers la femme GuinĂ©Ăšnne qui parut trĂšs surprise de me voir lĂ  ; sans doute qu’elle n’Ă©tait pas habituĂ©e Ă  voir une petite fille « Blanche » qui Ă©tait en train de courir pour je ne sais quelle raison, sur cette avenue…

Puis la femme comprit et se mit Ă  Ă©clater de rire en regardant le petit chat qui fuyait.
Moi, de mon cĂŽtĂ©, en un clin d’oeil, j’avais aperçu la petite boule de poil de couleur tigrĂ©e rouquine qui courait en boitillant, vers une bouche d’Ă©gout.

Je courus trĂšs rapidement vers le chaton qui avait dĂ©jĂ  engouffrĂ© sa petite tĂȘte Ă  l’intĂ©rieur de l’Ă©gout (il avait pratiquement la moitiĂ© de son corps Ă  l’intĂ©rieur) puis d’un geste trĂšs rapide, j’attrapai sa queue et la tirait de toute mes forces vers moi afin que je puisse l’extirper de cet endroit si sale et puant.

Mais ce ne fut pas Ă©vident du tout car (ce n’est pas la meilleure maniĂšre qu’il soit pour attraper un chat) le chaton Ă©tait non seulement trĂšs effrayĂ© par le bruit de cette avenue si bruyante mais aussi par le sale coup de pied qu’il venait de reçevoir.

Mais je rĂ©ussis tant bien que mal Ă  l’attraper de justesse. A prĂ©sent, je le tenais bien fermement dans mes mains afin qu’il ne puisse surtout pas s’Ă©chapper.
Il Ă©tait si frĂȘle et si apeurĂ© qu’il tremblait de tout son corps dans mes bras.
Il me ragardait de ses petits yeux verts en amande et il ne cessait de cracher. Un vrai petit rebelle !

Minouchkaya :

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Voici Minouchkaya Ă  l’Ăąge adulte. Ici, elle se trouve au Tchad avec l’un de ses chatons.

Ce chaton Ă©tait tout mignon et il ressemblait Ă©trangement Ă  la chatte de ma Maman qui s’appelait « Minith » et qui Ă©tait trĂšs gravement malade.
Il ne cessait de me mordiller le bout des doigts et il sortait les griffes car il Ă©tait trĂšs apeurĂ©. Quoi de plus normal, vu qu’il n’avait plus confiance en l’ĂȘtre humain et qu’il devait penser que je voulais sans doute, lui faire du mal.

Pourtant je ne cessai de le rassurer en lui murmurant des mots doux tout prĂšs de ses petites oreilles si pointues :

« Coucou, toi ! non, non et non, tu ne m’Ă©chapperas pas. Je te tiens trĂšs bien. Tu te rends compte que tu aurais pu t’enfuir dans cet Ă©gout si sale. Non, tu ne seras plus dans la rue. Tu es sauvĂ© maintenant ! Et on ne te fera plus de mal…Eh !! tu sais que tu ressembles beaucoup Ă  Minith ! Tu le sais mon joli chaton ? Aie ! Aie ! Mais tu oses me mordre et me griffer petit rebelle ! »

Je passai devant la femme GuinĂ©Ăšnne qui venait il n’y a pas si longtemps d’Ă©clater de rire. Elle me regarda d’un air incrĂ©dule et pointa du doigt le chaton que je tenais dans les mains puis me dit :

« Ah ! Tu as trouvĂ© le chat ! Il voulait manger mon maĂŻs alors j’ai tapĂ© lui…Mais lui, il n’a plus sa maman, je crois…Tu vas prendre lui ? »

Mon pÚre qui se trouvait tout prÚs de moi, lui répondit :

« Oui, on va garder le chat mais toi pas trĂšs gentille avec le chat… »

La femme lui répondit en riant :

« Ah ! missieu ! Oui pas gentille avec lui mais vous maintenant garder lui dans votre maison…C’est bon pour lui…Lui, trĂšs content maintenant… »

AprĂšs avoir dit au revoir Ă  cette femme que je n’aimais pas du tout, mon pĂšre et moi, nous rendĂźmes trĂšs vite chez nous, avec notre merveilleuse dĂ©couverte.
Mon petit frĂšre ne s’Ă©tait mĂȘme pas rendu compte de notre absence tellement il Ă©tait absorbĂ© par ses chĂšres fourmis !
Je vins vers lui et lui dit :

« Regarde Olivier, ce qu’on a trouvĂ© Papa et moi ! t’as vu ? C’est un petit chaton »

Olivier qui Ă©tait accroupi, se leva et regarda la petite boule de poil qui ne cessait de se contorsionner dans mes mains pour pouvoir s’enfuir.

« Wahou ! Mais vous l’avez trouvĂ© oĂč ? C’est vrai qu’il ressemble beaucoup Ă  Minith ! Il fait que cracher ! »

« C’est grĂące Ă  CĂ©cile ! » dit mon pĂšre. « Elle a tout fait pour qu’on aille retrouver le chat que je pensais avoir Ă©crasĂ© sur la route. Le chat Ă©tait toujours lĂ  mais Ă  un moment donnĂ©, il a failli s’Ă©chapper Ă  l’intĂ©rieur d’un Ă©gout. Heureusement que CĂ©cile Ă©tait lĂ  pour l’empĂȘcher d’aller plus loin sinon on ne l’aurait plus jamais retrouvĂ© ! »

 » Wahou ! C’est vrai CĂ©cile ? Va vite le faire montrer Ă  Maman maintenant…Vite, dĂ©pĂȘche toi… »

AussitĂŽt dit et aussitĂŽt fait. Je me retrouvai donc en un rien de temps Ă  l’intĂ©rieur de notre maison, faisant montrer Ă  Maman et Ă  notre domestique « Mamadou » notre jolie dĂ©couverte…
Mamadou dit en s’Ă©criant Ă  Maman :

« Madame ! Ce chat, il ressemble trop Ă  Minith ! C’est vrai, regarde Madame…Lui, trop beau comme Minith… »

Maman lui répondit :

« C’est vrai Mamadou ! Ce chaton ressemble vraiment beaucoup Ă  Minith ! Mais dis moi CĂ©cile, c’est un mĂąle ou une femelle ? Il faudrait vĂ©rifier. Tu peux me le donner, s’il te plaĂźt ? Je vais voir si c’est une fille ou un garçon »

Je tendis le chat Ă  ma mĂšre puis celle-çi commença Ă  bien l’observer. Au bout de quelques secondes, elle nous dit Ă  moi et Ă  Mamadou :

« C’est bien une femelle ! ah ! Je suis vraiment contente. En plus, elle est trĂšs belle ! Elle a la mĂȘme couleur que Minith. Son pelage est tigrĂ©. Il faudra bien la laver car elle est trĂšs sale »

Et ce fut ainsi que « notre belle dĂ©couverte » devint notre jolie « Minouchkaya ».

Elle resta auprÚs de nous durant des années et des années, voyageant à nos cÎtés, traversant les frontiÚres et toujours en nous apportant beaucoup de joie et de bonheur. Et au cours de ces années, elle nous donna également de bien jolies portées de chatons pour notre plus grand plaisir.

Cette jolie petit rouquine aux yeux verts fut un vĂ©ritable don du ciel car elle remplaça pour ainsi dire notre si douce Minith qui Ă©tait atteinte (Ă  cette Ă©poque lĂ ) d’un cancer gĂ©nĂ©ralisĂ© et qui mourut quelques temps plus tard, aprĂšs que l’on eut dĂ©couvert Minouchkaya.

Maman pleura beaucoup Minith car elle l’adorait plus que tout mais elle pressentait aussi depuis pas mal de temps qu’elle aurait eu une autre chatte qui aurait Ă©tĂ© sa rĂ©plique exacte mais en plus costaude et que sa remplaçante aurait vĂ©cue bien plus longtemps qu’elle…

Tout cela pour vous dire que ce jour lĂ  oĂč j’avais bien observĂ© mon pĂšre ; et bien, je pense que c’Ă©tait un jour bĂ©ni des Dieux car grĂące Ă  moi, je donnais Ă  ma douce Mamounette, l’opportunitĂ© et le bonheur d’avoir une seconde petite Minith…

Et qui sait ? Peut-ĂȘtre que c’Ă©tait tout simplement la rĂ©incarnation de Minith et que c’Ă©tait la providence qui nous l’apportait comme ça, afin d’apaiser la perte de notre regrettĂ©e Minith, par je ne sais quel miracle de la vie…

Un bien joli miracle et une bien jolie anecdote que je souhaitais absolument vous raconter…

Un amour de chat

Par un beau jour de semaine ; mes parents, mon frĂšre et moi Ă©tions allĂ©s au restaurant « Chez Papy »…
Et comme Ă  notre accoutumĂ©e, mon frĂšre et moi avions commandĂ© le mĂȘme menu dont nous raffolions particuliĂšrement….
Alors que nous mangions tranquillement ; le neveu de « Papy » vint nous annoncer que sa chatte venait d’avoir une portĂ©e de 6 chatons (les chatons avaient 2 semaines) et qu’il souhaitait en faire adopter quelques uns….

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Ma Maman fut trĂšs intĂ©rĂ©ssĂ©e par cette proposition et demanda au Neveu, qu’elle souhaitait juste en adopter 3, si c’Ă©tait possible…
Le Neveu lui dit que c’Ă©tait tout Ă  fait possible et qu’il suffisait juste qu’elle choisisse les coloris des pelages des 3 chatons…
En effet sur les 6 chatons ; le Neveu nous dit qu’ils y en avaient 3 qui Ă©taient particuliĂšrement beaux ; dont 1 mĂąle qui Ă©tait tout blanc, 1 autre mĂąle qui Ă©tait tout noir avec les 4 pattes blanches (comme si il avait enfilĂ© des chaussettes) et enfin une femelle qui avait une robe de couleur tigrĂ©e rouquine…
Le Neveu insista beaucoup sur le fait que ces 3 chatons Ă©taient vraiment trĂšs mignons (par rapport aux autres chatons de la portĂ©e) et que chacun avaient une trĂšs belle robe…
Il ne pouvait pas nous les faire montrer car ils Ă©taient chez lui, dans sa maison, mais il promit Ă  ma mĂšre qu’elle n’en serait vraiment pas déçue, bien au contraire….
Ma mĂšre qui aimait dĂ©jĂ  beaucoup les chats, lui fit entiĂšrement confiance…
Puis le Neveu lui dit : « Vous verrez Madame, vos enfants aimeront beaucoup ces petits chatons…ils sont si mignons…Vous pourrez par exemple les prendre demain si vous le souhaitez… »
Mon frĂšre et moi Ă©tions tous les deux tout excitĂ©s et nous regardĂąmes Maman en lui disant : « Oh oui, Maman !!! ce serait bien pour demain !!! »
Maman nous regarda Ă  son tour, en souriant et nous dit : « Mais oui pourquoi pas !!!… »
Puis Maman s’adressa Ă  nouveau au Neveu de « Papy » et lui dit : »Oui, ce serait parfait pour demain…On pourrait faire venir notre chauffeur le matin par exemple…et il viendrait ici au restaurant pour rĂ©cupĂ©rer les chatons…qu’en pensez-vous ? »
Le Neveu lui dit : »Mais biensĂ»r, pas de problĂšme…Vous ferez donc venir votre chauffeur, le matin vers 10 heures car je serais lĂ  en cuisine avec mon oncle…Je mettrai donc les 3 chatons dans un carton afin qu’ils ne s’Ă©chappent pas et je remettrai le carton Ă  votre chauffeur…VoilĂ  Madame….en tout cas je vous remercie de bien vouloir les adopter…et je suis sĂ»r qu’ils seront trĂšs heureux chez vous et que vos enfants s’occuperont bien d’eux…N’est-ce pas les enfants ? »
Le Neveu nous regarda avec un large sourire puis mon frĂšre et moi, on s’empressa de lui dire en choeur : « Oui !!! merci beaucoup Monsieur… »
« Mais de rien les enfants, c’est un plaisir pour moi… » dit-il en souriant…
Et inutile de vous dire que mon frĂšre et moi Ă©tions vraiment trĂšs impatient d’arriver dĂ©jĂ  au lendemain…

L’arrivĂ©e de la boĂźte en carton :
Momo, notre chauffeur, tapa Ă  la porte fenĂȘtre du salon et nous dit Ă  travers la baie vitrĂ©e : « Les enfants, vous pouvez dire Ă  Madame, que j’ai la boĂźte en carton avec les chats Ă  l’intĂ©rieur ?…Merci… »
Je lui rĂ©pondis avec excitation : « Oui, oui, attends je vais vite aller lui dire… »
Je courus et me prĂ©cipitai vers la chambre de mes parents car Maman s’y trouvait Ă  l’intĂ©rieur….
J’ouvris la porte de la chambre et lui dit : « Maman, Maman, ça y est, Momo vient de revenir avec les chatons !!! on va vite les voir, tu viens ? »
Maman me dit « Mais biensĂ»r, attends, je viens tout de suite…. »

Les 3 adorables chatons :
Le carton Ă©tait posĂ© Ă  mĂȘme le sol (de la vĂ©randa abritĂ©e de notre maison) et on pouvait y entendre, Ă  l’intĂ©rieur, des petits miaulements…
Maman dit Ă  mon frĂšre et Ă  moi : « Allez, les enfants…Ouvrez le carton, maintenant… »
Nous ouvrĂźmes le carton et subitement, un petit chaton tout blanc sauta dans mes bras…

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Je m’en souviens encore comme si c’Ă©tait hier…
Ce chaton s’Ă©tait littĂ©rallement jetĂ© dans mes bras comme s’il me disait : « Je veux ĂȘtre ton chat, CĂ©cile… »
Je le soulevai et le serrai tout contre moi en disant Ă  ma mĂšre et Ă  mon petit frĂšre : « Je voudrais qu’il soit mon chat, il est trop beau…Il est tout blanc et sa queue est toute noire….Maman, Olivier…il sera mon chat, hein ? »
Mon frĂšre ne m’Ă©coutait pas du tout…et il tenait lui aussi dans ses bras, le second chaton noir et blanc dont le nez Ă©tait tout noir…

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Au bout d’un instant, mon petit frĂšre dit Ă  ma mĂšre et Ă  moi : »Maman, CĂ©cile, j’aime beaucoup ce chaton…Ses pattes sont toutes blanches comme s’ils portaient des chaussettes et en plus son nez est trĂšs spĂ©cial…Il est tout noir… »
Ma mĂšre ne fit pas attention Ă  ce que disait mon petit frĂšre car elle avait entendu un petit miaulement qui provenait de la boĂźte en carton…
Elle s’approcha de la boĂźte et se pencha en avant afin de regarder Ă  l’intĂ©rieur…
En effet, Ă  l’intĂ©rieur, se trouvait encore cachĂ©, dans un coin du carton ; le dernier chaton qui n’Ă©tait autre qu’une petite femelle toute tigrĂ©e couleur rouquine…
Cette petite derniĂšre Ă©tait la plus sage des trois chatons et elle paraissait plus intimidĂ©e que les deux autres ; si bien que lorsque ma mĂšre la prit dans ses bras, elle nous dit Ă  moi et Ă  mon frĂšre : « Les enfants, cette petite tigrĂ©e sera Ă  moi…J’aime beaucoup sa robe…elle est vraiment trĂšs belle… »
Puis ma mĂšre nous dit : « Alors toi CĂ©cile, le chaton blanc sera Ă  toi et toi, Olivier, le chat noir et blanc sera Ă  toi…Quant Ă  moi, voici ma petite tigrĂ©e toute mignonne… »
Et ce fut donc, par cette belle matinĂ©e que nous reçûmes, ma mĂšre, mon petit frĂšre et moi, de bien jolis prĂ©sents, tels que ces 3 adorables chatons…
Les jour suivant, ma mĂšre nous aida Ă  trouver des prĂ©noms Ă  nos chatons…
Elle finit d’ailleurs, par nous trouver de bien jolis prĂ©noms qui allaient parfaitement avec ces adorables petites boules de poils…

Nos 3 chats : Pussy-Cat, Mitsou et Minith :

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Et ce fut ainsi que « Pussy-Cat » (mon chat), Mitsou (le chat de mon frĂšre) et Minith (la chatte de ma Maman) furent partis de notre vie durant plusieurs annĂ©es, pour notre plus grand bonheur…

Chez Papy

Le restaurant « Chez Papy » :

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Lorsque nous vivions en GuinĂ©e ; ma famille et moi avions pour habitude d’aller de temps en temps (en jour de semaine) dans un petit restaurant qui s’appelait : « Chez Papy ».
Ce restautant portait bien son nom puisque le chef cuisinier n’Ă©tait autre qu’un grand-pĂšre…
Et je peux vous dire que ce « Papy » lĂ , cuisinait vraiment trĂšs bien…
D’ailleurs tous les clients du restaurant et y compris nous-mĂȘme ; avions pour habitude de l’appeler « Papy »….
A cette Ă©poque lĂ , Maman me disait souvent que cet homme lui rappelait beaucoup son pĂšre…
C’est vrai que « Papy » Ă©tait une personne trĂšs gentille et trĂšs souriante….
Je me souviens encore trĂšs bien de lui…
D’aprĂšs mes souvenirs, « Papy » Ă©tait d’origine Libanaise et il avait pratiquement vĂ©cu toute sa vie en GuinĂ©e (Conakry) ; de sa jeunesse jusqu’Ă  ce qu’il devienne un Grand-pĂšre puisque qu’il avait des petits enfants…
Etant Chef cuisinier, Papy travaillait la majeure partie du temps en cuisine pendant que son neveu (ĂągĂ© de 20 Ă  25 ans) accueillait les clients…
Son neveu Ă©tait un garçon trĂšs courtois et trĂšs gentil (tout comme son oncle) et il aimait bien, lui aussi, discuter avec mes parents lorsqu’on venait dĂ©jeuner dans leur restaurant…
Pour en revenir Ă  « Papy » ; je ne m’en souviens plus trĂšs bien mais je crois bien qu’il devait bien avoir 80 ans !!! Pour vous dire !!! et il Ă©tait trĂšs actif pour son Ăąge (tout comme mon propre Grand-PĂšre, d’ailleurs)…
Lorsque mes parents, mon frĂšre et moi allions dĂ©jeuner dans son restaurant, je me rappelle que j’adorai commander les plats suivant :

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– Avocat Ă  la crevette,
– ChĂąteau-Brillant avec des bonnes frites faites maison,
– Bananes flambĂ©es aux sĂ©sames.

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Mon frĂšre et moi ; on prenait toujours ce mĂȘme menu et je peux vous dire qu’on s’en pourlĂ©chait les babines tellement c’Ă©tait succulent !!!
Je me devais de vous raconter cette petite anecdote de « Papy » ; car je souhaitai tout simplement rendre hommage Ă  cet homme que je trouvai trĂšs gentil…