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Un amour de Papa ūüíĖ

Pour toi, Papa :

√Ä l’occasion de la f√™te des P√®res, en ce Dimanche 18 Juin 2017, je souhaitais te d√©dier cet article pour t’exprimer tout l’amour que j’ai pour toi.

C’est la premi√®re fois que je fais un article en ton honneur et il √©tait temps d’ailleurs‚Ķ

Et pour t‚Äô√©mouvoir un peu, je voulais te raconter une anecdote qui me tient particuli√®rement √† cŇďur et qui nous lie toi et moi. Cela te fera aussi sourire en la lisant‚Ķ

Mais avant toute chose :

Bonne f√™te mon Papa ador√© que j’aime tant !

Tu es un Papa formidable et je voulais tout simplement te l’√©crire √† travers cet article.

Je sais que tu seras tr√®s √©mu mais c’est aussi le but recherch√©.

Ne dit-on pas que les paroles s’envolent et que les √©crits restent ?

Eh bien, je voulais que ce jour unique de f√™te des P√®res reste √† jamais grav√© dans ta m√©moire ainsi que sur mon blog ; un peu √† la mani√®re d’une photographie fig√©e dans le temps‚Ķ

Alors, mon petit Papounet, es-tu pr√™t √† lire la fameuse anecdote ? C’est parti !

Pour toi, mon Papounet :

Tu es un excellent danseur et ce depuis que tu es tout jeune et que tu avais appris à danser dans les bals de ta jeunesse lorsque tu avais la vingtaine.

√Ä l’√©poque, dans les ann√©es 1955, il √©tait important de savoir danser toutes les danses qui √©taient √† la mode si tu ne voulais pas passer pour un ringard et pouvoir ainsi inviter √† danser la gente f√©minine assez exigeante qui ne dansait qu’avec les bons danseurs‚Ķ

Tous les autres gar√ßons faisaient alors tapisserie ; eh oui ! C’√©tait nettement plus dur qu’aujourd’hui en mati√®re de s√©duction.

Et comme la danse √©tait entre autre justement une arme de s√©duction tr√®s pris√©e √† cette √©poque l√† ; alors vous l’aurez compris, les jeunes hommes se devaient d’√™tre d’excellents danseurs lors des bals.

Et donc, ce fut dans ces fameux bals que tu t’exer√ßas au fur et √† mesure et que tu devins par la suite un tr√®s bon danseur dont les pistes de danse n’avaient plus aucun secrets pour toi.

Tu excellais en la matière !

Et bien entendu, lorsque tu fus mut√© √† Madagascar dans le cadre de ton travail en 1968 (tu avais donc 33 ans) et que tu rencontras Maman √† Namakia (lieu o√Ļ √©tait situ√© la soci√©t√© Sucri√®re de Namakia ¬ę Siramamy ¬Ľ dans laquelle tu travaillais en tant que Comptable) et que vous sort√ģtes ensemble ; tu lui appris √† danser lorsque vous alliez au ¬ę Cercle ¬Ľ de Namakia ; l‚Äôunique √©tablissement du village qui organisait r√©guli√®rement des bals de fin de coupe (de la canne √† sucre) ainsi que toutes autres f√™tes ou √©v√©nements.

C’est pourquoi, au fil du temps, elle devint √† son tour une excellente danseuse tout comme toi.

Quelques ann√©es apr√®s vous vous mari√Ętes et e√Ľtes une petite fille qui n’√©tait autre que moi : C√©cile.

Et donc, tout comme ma Maman, je naissais √† l’h√īpital de Namakia, un certain Dimanche 13 F√©vrier 1977.

Mon petit fr√®re Olivier vint au monde en 1978 mais pas dans le m√™me village que moi puisque dans le cadre de ton travail, Maman et toi quitt√Ętes Namakia pour aller vous installer dans la belle Capitale d’Antananarivo.

Ce fut dans cette grande ville qu’Olivier poussa son premier cri.

Et donc tous les quatre vivions dans une charmante villa situ√©e au cŇďur d‚ÄôAntananarivo.

Les ann√©es pass√®rent comme un long fleuve tranquille puis toujours dans le cadre de ton travail, vous d√Ľtes quitter d√©finitivement Madagascar pour retourner en France.

Et les ann√©es pass√®rent entrem√™l√©es d‚Äôexpatriations en Afrique : C√īte d’Ivoire, Guin√©e, Tchad et √† nouveau un retour au source dans ma belle √ģle natale : Madagascar.

Et donc l’anecdote que je vais √† pr√©sent vous raconter se situe √† l’√©poque o√Ļ nous habitions √† nouveau √† Antananarivo, lieu de travail de mon Papa.

Nous √©tions dans les ann√©es 93 et j’√©tais √Ęg√©e de 16 ans.

L’√Ęge o√Ļ je voulais √† tout prix savoir danser comme vous deux, mes chers parents‚Ķ

Je ne sais pas pourquoi mais j’enviais tellement votre jeu de jambes ! Que je me disais :

¬ę C√©cile ! Tu ne peux pas ne pas savoir danser face √† tes danseurs de parents ! Regarde les comme ils dansent bien ! Non, si tu veux √™tre comme eux, il va falloir que tu observes bien attentivement leurs pas de danse. Et puis tu te dois de leur faire montrer que toi aussi, leur fille, tu as l’ADN de la danse en toi ! ¬Ľ

Et c’est ce que je fis au bout de quelques temps, lors d’une soir√©e dansante √† l’h√ītel-restaurant ¬ę Villas Caroline ¬Ľ de Flic en Flac situ√© √† L’√ģle Maurice.

Villas Caroline

Eh oui, mes parents, mon petit fr√®re et moi √©tions parti dans cette √ģle de r√™ve durant les vacances scolaires de P√Ęques.

Et cette soirée là, je ne sais pas pourquoi mais à force de vous observer en train de vous trémousser sur la piste de danse au rythme des différentes musiques endiablées que le DJ passait ; un déclic se fit dans ma tête et je commençais peu à peu à vouloir imiter vos pas de danse et tout particulièrement ceux de Maman…

Et devinez quoi ? Alléluia ! Je venais de réussir quelques timides chorégraphies un peu hésitantes au début mais ensuite elles furent beaucoup plus précises…

Ce qui m‚Äôenchanta de plus en plus et me permis d’avoir davantage confiance en moi.

Ce fut donc la premi√®re fois de ma vie que j’arrivais enfin √† faire les m√™mes pas de danse que vous et surtout ceux de ma tr√®s ch√®re Maman‚Ķ

Au d√©but, vous ne vous en √©tiez pas tout de suite aper√ßu mais lorsque vous m’avez tous les deux enfin remarqu√©e ; Maman n’avait pas pu s’emp√™cher de s’exclamer √† haute voix :

¬ę Mais ma Poupoule sait tr√®s bien danser ! √áa y est, tu danses comme moi, maintenant. Bravo ! ¬Ľ

Elle avait eu ce large sourire qui illuminait son visage tant elle était heureuse et fière de me voir enfin bien danser.

Quant √† toi, mon Papa, tu n’√©tais pas de reste. Tu n‚Äôarr√™tais pas de lever ton pouce en l’air pour me f√©liciter.

Tes yeux brillaient et cela se voyait que tu étais très fier de moi.

Que ta prog√©niture sache enfin bien danser ! (m√™me si je n’√©tais pas encore tout √† fait une pro mais je peux vous dire que c’√©tait d√©j√† un bon d√©but tout de m√™me !) te mettait en joie.

Et moi, je continuais de plus belle…

Ben, quoi ? Il fallait bien que je vous en mette plein les yeux. J’avais enfin en moi votre fameuse ADN de la danse qui se diffusait en moi ; je n’allais tout de m√™me pas en rester l√† et laisser de c√īt√© la magie de la Power Dance s’√©loigner de mon corps alors que j’avais enfin un bon feeling avec elle‚Ķ

Elle s’√©tait propag√©e en moi et cela n’√©tait pas pr√™t de s’arr√™ter‚Ķ Non, ce n’√©tait que le d√©but de mon ascension‚Ķ

Une ascension pour devenir à mon tour une très bonne danseuse…

Et ce jour-là, cette fameuse nuit là ; Olivier (mon petit frère) vous aviez aussi épaté en dansant sur la piste de danse…

Et quel bon danseur, il était !

La rel√®ve de la ¬ę POWER DANCE ¬Ľ √©tait donc assur√©e dans notre famille !

Ah ! Cette soirée là fut vraiment mémorable !

Danser dans la douce brise de la nuit, face √† l’oc√©an (sans pouvoir le voir √† cause de l’opacit√© de la nuit) en entendant par moment le clapotis des vagues, le ressac lorsque le DJ changeait son registre musical par quelques slows lents permettant ainsi d‚Äô√©couter les sons de l’oc√©an Indien.

Oui, toute cette ambiance √©tait magique, presque irr√©elle tant il y avait ce c√īt√© merveilleux qui planait tout autour de nous‚Ķ

Nous étions auréolés de myriade d’étoiles et totalement insouciants…

Heureux, tout simplement…

Danser avec ses parents et son petit frère et qui plus est, dans un magnifique décor paradisiaque ! fut un véritable enchantement.

J’avais l’impression de vivre un conte de f√©es…

Et toutes ces f√©es bienveillantes me prouvaient qu’elles s’√©taient bel et bien pench√©es sur mon berceau pour me donner leurs clefs du bonheur‚Ķ

Un bonheur que j’étais en train de vivre pleinement auprès de mes parents et de mon petit frère.

Oui, j’en √©tais tr√®s consciente et reconnaissante‚Ķ

Oui, je vivais un bonheur absolu…

Et apprendre √† danser dans une √ģle comme L’√ģle Maurice, n’√©tait que la cerise sur le g√Ęteau‚Ķ

Un rêve devenu réalité…

Un souvenir inalt√©rable que je n’oublierai jamais‚Ķ

T’en souviens-tu encore Mon Papa ? Cela remonte à si loin…

Mais je suis certaine que tu n’as pas pu oublier ce jour l√†, n‚Äôest-ce pas ?

Et te souviens-tu aussi lorsque j’avais dans√© ma toute premi√®re danse avec toi lors d’une autre soir√©e qui s’√©tait d√©roul√©e cette fois-√ßi √† L’h√ītel restaurant Hilton d’Antananarivo √† Madagascar ?

J’√©tais toute intimid√©e face √† toi car si j’avais appris √† danser √† L’√ģle Maurice toute seule en vous observant Maman et toi ; l√† par contre c’√©tait tout √† fait diff√©rent‚Ķ

Danser avec son p√®re qui est un excellent danseur ! La barre est plut√īt haute mais pas inaccessible surtout si on est devenue une passionn√©e de la danse‚Ķ

Ce que j’√©tais devenue au fil du temps‚Ķ

Cette soir√©e l√†, j’avais su relever le d√©fi de danser avec toi et m√™me si j’√©tais quelque peu emprunt√©e et malhabile face √† tes pas de danseur chevronn√©.

Et comme tu voulais que je sois √† la hauteur ; tu me donnais quelques conseils au passage afin d’√©viter quelques erreurs √† ne surtout pas commettre dans l’art de la danse.

Ah ! Mais c’est que mon Papa est un passionn√© de danse alors quand on a le rythme dans la peau comme lui ; il est bien normal d’√™tre exigeant et de ne pas du tout appr√©cier de se faire marcher sur les pieds ou encore d‚Äô√™tre trop rigide, pas assez souple si jamais vous d√©cidiez d’entamer quelques pas de danse avec lui et que biens√Ľr ; c’est lui qui m√®nerait alors la danse puisqu’il serait votre cavalier.

Et je l’avoue, ce soir-l√†, ce ne fut pas vraiment le top car je manquais encore de pratique du haut de mes 16/17/18 ans mais tu ne m’en tenu pas rigueur m√™me si tu √©tais tr√®s ¬†pointilleux √† ce sujet.

Mais les ann√©es passant, je te prouvais enfin le contraire ! J’avais finalement eu ma revanche‚Ķ

T’en souviens-tu encore mon Papa de ce fameux jour ? D’un certain 31 D√©cembre de l’an 2000 o√Ļ nous avions pass√©s en famille la Saint Sylvestre dans le restaurant ¬ę Le Parc ¬Ľ situ√© √† Al√®s.

Je suis certaine que oui…

J’avais √† cette √©poque l√†, exactement 23 ans !

Et donc le soir du r√©veillon, nous √©tions tous les 4 √† table, accompagn√©s de ma Tante Patricia (sŇďur de Maman) ainsi que de son compagnon.

L’ambiance √©tait √† son comble.

Il faut dire que le DJ passait de tr√®s bonnes musiques tr√®s entra√ģnantes et dansantes √† souhait pour notre plus grand plaisir.

Tant√īt, nous dansions tous ensemble sur tous nos airs favoris (ann√©es 80 et actuels) et tant√īt nous d√©gustions √† table l’excellent menu de f√™te.

C’√©tait vraiment une tr√®s belle soir√©e !

Nous √©tions en train de discuter lorsque subitement, tu te mis debout (tu te trouvais √† c√īt√© de moi) et tu t‚Äôadressa √† moi en me tendant la main :

¬ę Une petite danse C√©cile ? C’est une valse. Tu sais danser les valses. Allez, viens avec moi, sur la piste de danse ¬Ľ

Je ne savais plus o√Ļ me mettre, surtout qu’il y avait pas mal de monde dans la salle du restaurant mais comme je voulais te faire ce plaisir (je n‚Äôavais pas vraiment le choix non plus et je suis certaine que tu l’avais fait expr√®s, non ? Mais si, te connaissant, je suis certaine que oui) et aussi parce que tu √©tais mon Papa d’Amour alors je pris ta main sans vraiment h√©siter puis tu m’entra√ģnas vers la piste de danse.

Il y avait quelques couples qui dansaient d√©j√† mais il n’y avait pas foule non plus‚Ķ

Tu me regardais de tes jolis yeux verts/jaunes pétillant de joie et tu me dis tout doucement, près de mon oreille, comme pour me rassurer :

¬ę Tout se passera bien. Tu es tr√®s jolie. Il te suffit de bien me suivre comme je te l’ai toujours appris. Allez ! En piste, maintenant ! ¬Ľ

Et mon cŇďur battait la chamade. Il fallait absolument que je sois √† la hauteur du danseur que tu √©tais et ne surtout pas tr√©bucher ou encore te marcher sur les pieds.

J‚Äôessayai de me d√©tendre mais c’√©tait tout bonnement impossible !

Puis, je fini par me laisser aller en √©coutant les vibrations de la musique s‚Äôinsinuer jusque dans mes oreilles, me donnant l’impression que j’√©tais seule avec toi ; toute seule, sur la grande piste de danse‚Ķ

La valse me donnait d√©j√† le tournis mais j’√©tais heureuse d’√™tre dans tes bras. J’√©tais fi√®re de danser avec toi‚Ķ

Tout le long de la danse, je faisais tout pour bien suivre tes pas et rester le plus souple possible dans tous mes mouvements.

Je me laissais aller dans le tourbillon de la valse et plus rien ne comptait…

Toutes les personnes assises nous regardaient, nous admiraient ; y compris Maman qui ne manqua pas de nous photographier afin d’immortaliser ce moment.

Un Papa et sa fille dansant une valse…

Que d’√©motions ! J’en √©tais toute retourn√©e car je dansais avec mon danseur de Papa‚ĶMon amour de Papounet !

Un moment intense que je n’oublierai jamais‚Ķ

Et lorsque la danse se termina alors que j’aurai souhait√© qu’elle continua encore ; quelques personnes nous applaudirent √† notre passage avant que nous regagn√Ęmes notre table.

Inutile de vous dire que je devins litt√©ralement rouge pivoine tant je fus intimid√©e par toutes ces personnes qui ne cessaient de me sourire tout en me disant que j’avais bien dans√© la valse avec mon Papa.

Ah ! T’en souviens-tu encore Papa ? Tu √©tais si fier. Si fier de moi.

Et moi aussi, je l’√©tais‚Ķ

Gr√Ęce √† toi et √† ton exp√©rience de danseur, tu m’avais fait vivre un moment exceptionnel‚Ķ

Un moment que chaque jeune fille devrait vivre avec leur Papa…

Un de ces moment qu’il faut savoir savourer dans l’instant et le garder √† jamais tout au fond de soi pour pouvoir un beau jour comme aujourd’hui se le rem√©morer en l’√©crivant sous forme d’un article afin de le faire lire au monde entier‚Ķ

De le faire tout simplement partager…

Oui, et particuli√®rement aujourd’hui, le jour de la f√™te des P√®res‚Ķ

Je t’aime mon Papa‚Ķ Pour toujours et √† jamais.

Et mon doux r√™ve sera lorsque nous danserons ensemble sur l’une de ces merveilleuses valses √† mon Mariage‚Ķ

Un beau jour qui se concr√©tisera, j’en suis persuad√©e‚Ķ

Et ce jour-là, nous virevolterons sur la piste de danse avec une certaine émotion qui nous submergera…

Un Papa et sa fille dansant une valse √† l’infini.

Un tourbillon de joie et d’amour.

L’amour d’un P√®re qui aime profond√©ment sa fille et d’une fille qui aime infiniment son p√®re…

Je t’aime, tout simplement…

Bonne f√™te mon Papa d’Amour !!

La derni√®re danse de la lune : Chapitre 4 : La faille

la derniere danse de la lune

 

« Oups ! √ßa devait arriver ! Attendez je vais en allumer une autre » s’empressa de dire Tamara.

En effet, les bougies n’avaient eu de cesse de se consumer et on voyait √† pr√©sent un amas de cire blanche biscornu qui s’√©tait form√© sur chacun des deux socles.

C’√©tait le t√©moignage du temps qui avait pass√© se dit Elisa en regardant Tamara qui √©tait d√©j√† en train d’allumer la m√®che d’une autre bougie √† l’aide de son fameux briquet provenant de l’H√ītel Paradise Beach.

Elle venait de prendre une autre bougie √† l’int√©rieur d’un¬†des tiroirs du bas de l’armoire et avait bien pr√©cis√© qu’il y en avait encore tout un stock entier et que si jamais l’une d’elles venait √† nouveau √† s’√©teindre, elles n’auraient aucun souci √† se faire de ce c√īt√© l√†.

« Tant mieux ! » s’√©tait dit Elisa dans son for int√©rieur car les bougies lui procuraient un certain r√©confort qu’elle n’√©tait pas encore pr√™te √† voir dispara√ģtre et surtout pas en cette longue nuit interminable.

Elle aimait bien sentir cette odeur de bougie qui br√Ľle. Cette effluve si particuli√®re qui envahissait toute la pi√®ce, lui rappelant de lointains souvenirs de son enfance.

Oui, de biens jolis instants qu’elle aurait bien aim√© pouvoir un jour raconter √† l’homme de sa vie ainsi qu’√† ses futurs enfants car elle comptait bien se sortir de cette impasse…

A force d’attendre dans cette cabane, elle avait retrouv√© en elle un nouvel espoir ; sans doute gr√Ęce √† la pr√©sence de Tamara qui avait r√©ussi √† d√©tendre l’atmosph√®re par ses multiples et diverses questions.

Et plus que jamais, elle voulait retourner √† sa vie d’avant et vivre sa continuit√©.

En tous les cas, il √©tait hors de question que son destin ne se termine de mani√®re tragique et qui plus est dans une √ģle perdue, √©loign√©e de tout.

Non, pas question ! et même si cet individu était là, tapi quelque part dans le noir de cette forêt lugubre, elle était fermement décidée à tout faire pour déjouer ses pièges car elle avait en elle cette rage de vivre !
Et m√™me si le pire devait arriver, elle ne flancherait pas car son ma√ģtre mot √©tait inlassablement le m√™me « VIVRE ».

« Vivre ou survivre » se dit-elle tout en regardant les deux longues flammes des bougies qui dansaient gaiement au moindre mouvement de l’air, faisant appara√ģtre leurs ombres chinoises d√©mesur√©es sur un pan du mur en bois de la cabane.

****

21H00. A l’int√©rieur de la cabane, les deux jeunes femmes tuaient le temps en discutant de tout et de rien.

Soudain, le hululement strident d’une chouette vint troubler leurs conversations.

Et √† en juger le son qui √©tait tout proche, le rapace nocturne devait probablement se trouver non loin de la cabane, juch√© sur une des branches des nombreux arbres qui l’entouraient.

C’√©tait bien la premi√®re fois qu’Elisa entendait ce type de son en direct. Biens√Ľr, comme tout le monde elle l’avait d√©j√† entendu √† la t√©l√©vision, dans certains films d’angoisse mais de l√† √† l’entendre d’aussi pr√®s et si clairement, c’√©tait totalement diff√©rent.

Dans d’autres circonstances, sa curiosit√© l’aurait emport√©e et elle n’aurait pas h√©sit√© une seule seconde √† sortir dehors et ce, m√™me en pleine nuit pour aller voir la fameuse chouette ou le hibou.

Tiens, c’est vrai √ßa ! se demanda t-elle subitement. S’agissait-il d’une chouette ou d’un hibou ? Elle n’avait jamais su les distinguer tant ils se ressemblaient beaucoup en apparence. Pourtant, en regardant un jour un documentaire t√©l√©vis√© sur ces √©tranges oiseaux, elle avait appris qu’on pouvait les reconna√ģtre gr√Ęce √† la sp√©cificit√© de leur t√™te.

En effet, le hibou avait de petites touffes de plumes de chaque c√īt√© de celle-√ßi que l’on appelait « aigrettes » tandis que la chouette n’avait rien de semblable.
Elisa se massa la tempe droite. Comment pouvait-elle songer √† ce documentaire √† l’heure actuelle ?

Soudain, comme pour la rappeler √† l’ordre, le rapace nocturne se mit √† nouveau √† hululer.

Nerveusement, elle se mordit la l√®vre inf√©rieure pendant que Tamara, elle de son c√īt√©, semblait √™tre la recherche du fameux cri d’oiseau, en tournant lentement sa t√™te de gauche √† droite.
Elisa ferma les paupi√®res pour humecter ses yeux tellement ils √©taient secs et les rouvrit presque aussit√īt lorsqu’elle entendit une troisi√®me fois le hululement strident de la chouette.

D’un geste machinal, elle regarda sa montre : il √©tait exactement 21H30.

On aurait dit que le temps faisait expr√®s de se rallonger se dit-elle tout en se mordillant l’ongle de son pouce droit. Elle commen√ßait s√©rieusement √† en avoir marre de cette attente interminable et souhaitait d√©j√† √™tre au lendemain.

« Vous entendez la chouette qui hulule ? » dit subitement Tamara en la fixant de ses grands yeux noirs brillants.

« Oui » r√©pondit Elisa.

« J’ai toujours trouv√© cet oiseau fascinant »

« Fascinant ? et en quoi ? »

« Eh bien, d√©j√† il est nocturne, un peu comme la chauve-souris et il ne chasse que la nuit. Ensuite, j’aime bien lorsqu’il hulule. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve que ces oiseaux ont un c√īt√© myst√©rieux. En fin de compte, ce sont des solitaires. Par contre, je n’ai jamais su diff√©rencier la chouette du hibou. Et vous ? Vous connaissez leurs diff√©rences ? »

Elisa n’avait pas trop envie d’aborder le sujet de ces volatiles qui contrairement √† Tamara, ne les trouvait pas autant fascinants que √ßa, alors pour couper court √† la conversation, elle lui r√©pondit :

« Non, je n’en sais rien du tout »

« Vous semblez agac√©e Elisa. A moins que je ne me trompe ? » dit-elle en la scrutant avec un petit sourire en coin.

« Oui d√©sol√©e, je suis un peu √©nerv√©e par le temps qui passe mais ne faites pas attention √† mon humeur, c’est passager »

« Vous en avez marre d’attendre ? » questionna Tamara en accentuant davantage son demi-sourire qui semblait moqueur.

« Oui. J’aurais pr√©f√©r√© qu’il fasse d√©j√† jour. C’est tellement insupportable d’attendre comme √ßa »

« Pour combien de temps d√©j√† deviez vous s√©journer dans cette √ģle ? » demanda Tamara en lissant sa longue queue de cheval brune.

« Justement, c’est pourquoi je suis tant impatiente. Je ne devais rester ici que deux jours et une nuit. Normalement, demain apr√®s-midi j’√©tais cens√©e quitter Diamond dans les alentours de 15H00 »

« Mais c’est une bonne nouvelle √ßa ! s’√©cria Tamara dans un large sourire.

« Oui, c’est vrai. Mais je trouve que c’est encore trop loin »

« Oui, certes. Mais lorsqu’ils s’aper√ßevront que vous ne reviendrez toujours pas ; enfin je veux parler de l’h√ītel o√Ļ vous s√©journiez. Je suis certaine qu’ils enverront des secours. Vous ne pensez pas ? »

Elisa n’avait eu de cesse de penser d√©j√† √† ce sc√©nario mais le temps semblait se rallonger avant d’en arriver √† un tel cas de figure.

« Oui, vous avez sans doute raison » dit-elle. « De plus, je dois obligatoirement figur√©e dans leurs registres ainsi que dans leurs bases de donn√©es informatiques »

« Eh oui ! » s’empressa de rajouter Tamara. « Il faut donc toujours garder espoir et se dire que √ßa aboutira forc√©ment dans ce sens. Ils viendront donc nous chercher ! »

« Et nous quitterons enfin cet endroit de malheur ! » s’exclama Elisa en tapant du poing sur la table.

« Exactement ! » rench√©rit Tamara en souriant. « Vous voyez bien. Tout finira par s’arranger »

« J’aimerais tant revoir ma famille. Mes chers parents » dit Elisa en soupirant.

« En ce qui vous concerne, l’avenir est devant vous ma ch√®re Elisa. Vous avez de la chance d’avoir une famille qui attendra votre retour. Moi, je ne sais pas ce que je deviendrai. Je n’ai aucune famille. J’ai perdu mon mari. On venait √† peine de se marier. A croire que cela ne devait pas durer… » dit-elle m√©lancoliquement.

C’√©tait un fait ind√©niable, le retour de Tamara √† Epic√©a serait bien diff√©rent du sien. Sa situation √©tait beaucoup plus √† plaindre…

« Je suis vraiment d√©sol√©e Tamara »

« Non c’est moi. Je ne devrais pas parler comme √ßa. Ce n’est pas de votre faute. C’est juste que je suis devenue am√®re » dit-elle, les yeux dans le vague, en regardant les flammes danser avec fr√©n√©sie.

Subitement, Tamara venait de changer de comportement et semblait ailleurs comme si elle √©tait perdue dans de lointains souvenirs si bien qu’Elisa se demanda si elle n’avait pas commis une maladresse en lui faisant part de son souhait de revoir sa famille.

Tamara avait perdu l’homme de sa vie et vu la mani√®re touchante dont elle en avait parl√© lors de leurs nombreuses conversations ; il √©tait certain qu’elle resterait longtemps inconsolable. En plus, selon ses dires, elle n’avait plus aucune famille pour l’aider lorsqu’elle reviendrait √† Epic√©a. Elisa voulut la questionner √† ce sujet.

« Tamara ? √ßa va aller ? » demanda t-elle avec inqui√©tude.

« Oui √ßa ira Elisa. C’est juste un petit passage √† vide »

« Vous m’avez dit tout √† l’heure que vous n’aviez plus de famille. Je me demandais si vous vouliez un peu en parler. A moins que… »

« Non, √ßa ne me d√©range pas d’en parler. J’ai perdu mes parents lorsque j’avais 25 ans. Ils sont morts dans un grave accident de voiture. J’√©tais leur seule enfant et ils n’avaient aucun liens familiaux de leurs c√īt√©s. Heureusement, lorsque ce drame √©tait arriv√©, j’√©tais d√©j√† ind√©pendante et j’habitais dans un petit appartement du centre-ville avec un travail bien r√©mun√©r√© alors ce ne fut pas si difficile pour moi de m’en sortir toute seule question finances. Par contre, j’√©tais rong√©e de l’int√©rieur √† cause de leur disparition si brutale et longtemps j’√©tais rest√©e inconsolable. Et √† un tel point que je fus oblig√©e d’aller voir une psychologue 6 mois apr√®s leur mort »

« Oh ! je suis vraiment navr√©e Tamara. La perte tragique de vos parents. Toute cette souffrance. Vous avez d√Ľ vivre un v√©ritable calvaire. Et maintenant la mort de votre mari. Je suis tellement confuse. Vous auriez d√Ľ m’en parler avant… »

« Non, je n’aurais pas pu vous en parler avant Elisa. Je pr√©f√®re bien mieux le faire maintenant. Je vous fais beaucoup plus confiance. C’est pourquoi j’ose me d√©voiler davantage »

« Je comprends. Vous n’avez pas eu une vie facile… »

« D√©trompez-vous. Deux ans apr√®s la mort de mes parents, je rencontrais Juanes, l’homme de ma vie. Puis vous connaissez la suite… »

« Mais lorsque vous avez rencontr√© votre mari, il n’avait pas de famille, lui non plus ?

« Mais si, il en avait une. Ses parents √©taient si charmants et si gentils. Je me rappelle encore d’eux, lorsqu’ils m’avaient invit√©e dans leur grande et si belle maison √† Epic√©a. Ils m’appr√©ciaient beaucoup vous savez et ils me consid√©raient comme leur fille. Mais h√©las, quelques mois plus tard, le p√®re de Juanes mourut brusquement d’une crise cardiaque. Juanes √©tait effondr√© mais heureusement que j’√©tais l√† pour le soutenir. Puis vint le jour le plus important de ma vie : notre beau mariage du 15 d√©cembre de l’ann√©e derni√®re. La m√®re de Juanes √©tait pr√©sente lors de la c√©r√©monie mais elle √©tait d√©j√† tr√®s malade. Quelques semaines apr√®s, elle mourut d’un cancer de la gorge. Mais avant de mourir, elle m’avait confi√© que son souhait avait √©t√© exauc√© : celui d’avoir pu assister au mariage de son unique enfant et qui plus est avec une femme telle que moi car elle me disait souvent que son fils avait enfin trouv√© la perle rare. Je n’oublierai jamais ces paroles qu’elle m’avait adress√©es avant de s’√©teindre. Ce fut pour moi, l’un des plus beaux t√©moignages d’amour qu’elle ait pu me faire » dit-elle d’un air triste en √©tant accoud√©e sur la table, sa joue droite reposant dans le creux de sa main.

Quelques secondes après, elle ajouta dans un profond soupir :

« Ah oui ! et j’allais oublier de vous dire aussi que les parents de mon mari n’avaient pas de liens familiaux tout comme les miens »

« C’est vraiment triste tout ce que vous venez de me raconter Tamara… »

« Oui c’est vrai. Mais que voulez-vous ? C’√©tait mon destin de ne jamais √™tre heureuse bien longtemps. Par contre, je n’aurais jamais cru qu’on m’aurait arrach√© le coeur en tuant mon mari alors que nous √©tions en voyage de noces. Il √©tait tellement tout pour moi. J’avais v√©cu de si belles choses avec lui. Mais l√† encore, cela ne devait pas durer. Je pense que je dois √™tre maudite par ce fichu destin » dit-elle en ayant peu √† peu les yeux qui s’embu√®rent de larmes.

« Je suis tellement d√©sol√©e Tamara. Vous n’√™tes pas maudite. Il ne faut pas que vous pensiez √ßa »

« Pourtant, c’est ce qu… »

Tamara ne pu terminer sa phrase. A pr√©sent, les larmes coulaient abondamment sur ses joues sans qu’elles puissent les arr√™ter.

Elisa √©tait impuissante face √† son immense chagrin. Elle la regardait avec beaucoup de compassion ne sachant quoi lui dire pour pouvoir soulager sa peine. Cette femme avait v√©cu tellement de drames dans sa vie. Et maintenant, l’assassinat de son mari. Plus d’une personne aurait sombrer √† sa place…

Comment aider une personne dans le désarroi qui a tout perdu dans sa vie ? Quel espoir lui redonner ? Elisa hésita un instant puis se lança :

« Vous savez, c’est normal ce que vous ressentez. Vous avez le contrecoup √† pr√©sent. Mais n’oubliez pas que nous sommes devenues amies. Et d√®s que nous serons de retour √† Epic√©a, croyez-moi, vous ne serez pas seule. Je serais l√† pour vous »

Tamara releva la t√™te et regarda Elisa. Ses grands yeux noirs en amande √©taient rougi √† force d’avoir pleur√©. Elle essuya ses larmes avec le dos de sa main.

« Vous serez l√† pour moi ? » dit-elle la voix un peu enrou√©e.

« Oui. Et c’est tout √† fait normal. Nous sommes amies maintenant et je vous aiderai »

« Merci Elisa. Vous √™tes si gentille avec moi »

« Et je vous le r√©p√®te encore. Vous ne serez pas seule. Je vous le promets » dit Elisa dans un large sourire afin de lui remonter le moral.

A présent, Tamara semblait un peu plus apaisée alors Elisa en profita pour changer de sujet.

« Heu…Je saute un peu du coq √† l’√Ęne mais n’auriez-vous pas une petite faim ? √ßa pourrait peut-√™tre vous faire du bien de manger quelque-chose. Il me reste encore quelques pains aux raisins dans mon sac, si vous voulez »

« Oui je veux bien, merci » dit Tamara en se frottant les yeux. « Auriez-vous aussi un peu d’eau ? Je ne sais pas pourquoi mais j’ai la gorge tr√®s s√®che » ajouta t-elle.

« Oui, attendez. Je vais chercher tout √ßa dans mon sac »

Elisa se leva de table et commen√ßa √† fouiller √† l’int√©rieur de son sac de plage qui reposait sur le plancher, juste en dessous de la petite fen√™tre √† un ventail.

Quelques secondes apr√®s, elle revint et d√©posa sur la table le paquet de petits pains aux raisins entam√©. Avant de se rasseoir, elle tendit √† Tamara la canette de jus d’orange Minute Maid qu’elle avait jusqu’alors, bien conserv√©e dans son sac.

« Tenez, j’ai cette canette de jus d’orange si vous voulez, sauf qu’elle est chaude maintenant. On pourrait se la partager. √ßa nous donnerait un peu de tonus. A moins que vous pr√©f√©rez boire de l’eau pour accompagner vos pains aux raisins ? »

« Vous aviez cette canette de jus d’orange dans votre sac ? » s’exclama Tamara quelque peu interloqu√©e. « Wahou ! J’avoue que vous m’impressionnez vraiment Elisa ! Eh bien ce sera avec grand plaisir que je boirai ce jus d’orange avec vous. Et peu importe qu’il soit chaud ! En tout cas, je vois que vous avez beaucoup de choses int√©ressantes √† l’int√©rieur de votre sac de plage. C’est une vraie mine d’or ! »

Soudain, elle se mit √† rire aux √©clats. Elle essaya tant bien que mal de se contr√īler en plaquant sa main droite sur la bouche afin d’√©touffer son rire nerveux mais n’y arriva pas. Il devenait de plus en plus tonitruant et filtrait ais√©ment √† travers ses doigts.

« Ah ! Ah ! Ah ! » pouffa t-elle sans pouvoir s’arr√™ter. « Excusez-moi Ah ! Ah ! Ah ! Elisa ! Ah ! Ah ! Mais je dois bien…Hi Hi…avouer que…Ah ! Ah! Ah !… »

Le rire de Tamara √©tait tr√®s communicatif alors Elisa n’y r√©sista pas plus longtemps et commen√ßa √† rire √† son tour. Elle se surprit m√™me √† s’amuser de la situation en imitant la voix d’une personne tr√®s snob.

« Que voulez-vous ma ch√®re. J’ai absolument tout dans mon sac. Une vraie caverne d’Ali Baba.D’ailleurs, il est assez lourd et quelque peu encombrant mais il est vraiment indispensable ! Si, si, je vous assure. Je dirais m√™me que c’est un sac essentiel qu’il faudrait toujours avoir avec soi » dit-elle d’une voix moqueuse et enjou√©e.

Sur sa chaise, Tamara continuait toujours à se tordre de rire, en se tenant le ventre et en pointant du doigt le fameux sac qui la rendait si hilare.

Elisa riait √©galement. Elle rel√Ęchait enfin la pression et cela lui faisait le plus grand bien.

Il est vrai que c’√©tait une chose qu’elle n’avait plus jamais fait depuis un certain temps. Depuis qu’elle √©tait tomb√©e sur Tamara…

****

22H30. Il faisait nuit noire dans la for√™t de Diamond et l’apparition d’un petit vent frais fit fr√©mir les feuilles des hauts arbres environnants.

La chouette qui √©tait juch√©e sur la plus haute des branches de l’un d’eux, tourna la t√™te en direction de la cabane puis secoua ses ailes un instant avant de rester totalement immobile, les paupi√®res closes.

Pendant ce temps l√†, √† l’int√©rieur de la cabane, les deux jeunes femmes ne dormaient toujours pas. Sans doute d√Ľ √† la vitamine C du jus d’orange qu’elles venaient de boire goul√Ľment il y a √† peine une heure et ce, jusqu’√† la derni√®re goutte.

Elisa soupira fortement. C’√©tait une v√©ritable torture d’attendre inlassablement. Oui une vraie goutte chinoise qui commen√ßait √† lui vriller √† nouveau le cerveau.

Rire, lui avait fait peut-√™tre le plus grand bien tout √† l’heure mais √† pr√©sent, la ritournelle de l’attente interminable faisait √† nouveau son apparition, la tuant √† petit feu.

Soudain, Tamara brisa le silence tel un couperet.

« J’ai une envie pressante » annon√ßa t-elle. « Il faut absolument que j’aille au petit coin »

Elisa fron√ßa les sourcils et fut prise de panique √† l’id√©e de devoir r√©ouvrir la porte de la cabane. Finalement, elle regrettait d√©j√† de s’√™tre plainte de l’attente interminable.

« Mais il fait nuit noire dehors ! » s’√©cria t-elle sur le ton de la d√©fensive. « Comment allez-vous faire ? Et le cingl√© qui est peut-√™tre l√† √† nous observer et √† attendre justement qu’on lui ouvre la porte »

« Je le sais bien Elisa. Mais je ne pourrais vraiment pas attendre. Je dois absolument y aller… »

« Mais vous ne pouvez pas aller dehors. Ce ne serait vraiment pas prudent. Ni pour vous, ni pour moi » r√©torqua t-elle.¬†« Attendez, il doit s√Ľrement y avoir un seau o√Ļ v… »

« Non ! » coupa brutalement Tamara. Il n’y a aucun seau ici et pas m√™me √† l’int√©rieur de cette armoire. Et je sais de quoi je parle »

« Ok ! ne vous √©nervez pas ! » dit Elisa un peu surprise par le ton que venait d’employer Tamara.

« D√©sol√©e Elisa » dit-elle en se radoucissant aussit√īt.

« C’est rien. De toute fa√ßon, ce genre de d√©sagr√©ment nous serait t√īt o√Ļ tard arriv√©, n’est-ce pas ? »

« Oui. De toute fa√ßon je ne pourrais jamais me retenir et faire √ßa ici. Jusqu’√† pr√©sent, on s’en est plut√īt bien sorti vous et moi. Alors voil√†. Ecoutez-moi bien. Dehors, il y a une cabine de toilette qui se trouve juste derri√®re la deuxi√®me cabane et qui peut se fermer √† clef. Il suffit que j’y aille vite en faisant attention puis je reviendrai sans tarder. Je suis certaine que j’y arriverai »

Elisa était perplexe mais finit par acquiescer.

« Ne vous inqui√©tez pas Elisa. Tout ira bien »

« Mais alors, il faudrait vous munir de quelque-chose pour pouvoir vous d√©fendre au cas o√Ļ cet individu serait dans les parages ! » ajouta t-elle.

« Oui vous avez raison. Attendez que je r√©fl√©chisse »

Tamara regarda autour d’elle puis s’attarda sur le balai brosse qui √©tait appuy√© contre le mur de gauche de la cabane.

« Voil√† ! j’ai trouv√© ce qui pourrait convenir » s’exclama t-elle. « Je d√©visserai le manche de ce balai brosse et comme √ßa le tour sera jou√©. Il deviendra alors une arme pour pouvoir me d√©fendre si jamais l’autre cingl√© voulait m’attaquer »

****

Quelques minutes plus tard, Tamara d√©tenait un manche √† balai qui ferait office d’arme si jamais Philippo venait l’agresser au moment o√Ļ elle se retrouverait dehors.

« Vous pensez que √ßa suffira ? » dit Elisa √† nouveau perplexe.

« Oui, √ßa ira. Le manche a l’air tr√®s costaud. C’est du solide ! Il est en bois. Par contre il me faudrait votre lampe de poche sinon je n’y verrai strictement rien dans le noir »

L’espace d’un instant, Elisa h√©sita √† lui pr√™ter sa lampe de poche mais se dit que Tamara en aurait bien plus besoin qu’elle surtout dans cette for√™t lugubre…

Sans plus attendre, elle se pr√©cipita pour aller la chercher √† l’int√©rieur de son sac.

Tout en fouillant dans ses affaires, elle aper√ßut au fond du sac, le mouchoir en tissu fleuri qui dissimulait √† l’int√©rieur, le fameux couteau Suisse que son p√®re lui avait offert pour son anniversaire.

En une fraction de seconde, elle fut tent√©e de le dire √† Tamara mais se ravisa aussit√īt.

En effet, en lui donnant sa lampe de poche, il fallait bien qu’elle ait au moins avec elle de quoi se d√©fendre si jamais elle aurait un √©ventuel probl√®me durant son absence. En r√©fl√©chissant √† ce cas de figure, Elisa pr√©f√©ra donc se taire et cacher l’existence de son arme √† Tamara m√™me si au fond d’elle, elle savait que ce n’√©tait pas tr√®s honn√™te de sa part…

Vite, elle prit alors la lampe de poche puis referma le clip de son sac.

« Tenez, prenez ma lampe de poche Tamara ! et surtout ne tardez pas pour revenir »

« Oui, je ferai vite ! Ne vous en faites pas ! Et surtout, il faudra bien refermer la porte √† clef derri√®re moi lorsque je sortirai »

« Oui, compris » dit Elisa avec contrari√©t√©.

Tamara était en train de refaire sa queue de cheval tout en souriant à Elisa.

« Je vois bien que vous √™tes tr√®s inqui√®te Elisa mais je reviendrai » dit-elle en terminant de nouer sa longue chevelure brune.¬†« Vous savez, je ne suis pas une personne qui se laissera faire si jamais cette ordure s’en prenait √† moi. Je me battrai, croyez-moi ! »

« Oui, je le sais bien mais… » balbutia Elisa en se tenant nerveusement les deux mains.

« Tout se passera bien. Faites moi confiance » ajouta t-elle d’un ton rassurant.

Subitement Elisa r√©alisa qu’elle allait se retrouver toute seule ici. Et si jamais le tueur s’en prenait √† Tamara. Mon Dieu, elle s’en voudrait de ne pas lui avoir dit qu’elle d√©tenait une arme √† l’int√©rieur de son sac.

Soudain, elle eut honte de son comportement…

Pourtant, elle avait encore la possibilit√© de se rattraper mais les mots ne sortirent pas de sa bouche au moment o√Ļ Tamara lui tournait d√©j√† le dos en marchant d’un pas d√©cid√© vers la porte…

****

Tamara se tenait √† pr√©sent devant la porte d’entr√©e, arm√©e de son manche √† balai √† la main droite et munie de la lampe de poche d’Elisa √† la main gauche.

« Ouvrez-moi s’il vous pla√ģt ! Allez ! J’y vais maintenant Elisa ! Et surtout fermez bien la porte derri√®re moi ! »

Lorsqu’Elisa lui ouvrit la porte, il faisait tellement nuit noire dehors que c’√©tait pratiquement impossible de distinguer quoi que ce soit mais d√®s lors o√Ļ Tamara enclencha la lampe de poche, tout le devant de l’√©paisse for√™t fut si bien √©clair√©e, qu’on pouvait aper√ßevoir les branchages des hauts arbres se pencher machiav√©liquement vers l’avant de la cabane, telles de grandes griffes ac√©r√©es, rendant encore plus terrifiante la v√©g√©tation qui les entourait.

Tamara se retourna et lui jeta un bref regard accompagn√© d’un petit sourire qui voulait dire qu’elle reviendrait au plus vite.

La lourde porte en bois se referma alors derri√®re elle, laissant place √† un vent l√©ger et froid qui vint s’engouffrer sournoisement √† l’int√©rieur de la cabane et √† travers le fin tissu de la tunique que portait Elisa, la faisant aussit√īt frissonner de tout son corps.

Vite, sans plus attendre elle tourna deux tours de clef dans la serrure et resta debout fig√©e √† regarder fixement la porte d’entr√©e.

Pourvu que tout aille bien se dit-elle avec beaucoup d’anxi√©t√©, tout en froissant avec nervosit√© le pan de sa tunique…

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La flamme de la vie ūüĒ•

bougie de la vie

Je m’appelle C√©cile et je suis n√©e dans la Grande √ģle, plus pr√©cis√©ment √† :

NAMAKIA

Je suis du signe du verseau :

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Et une petite Dragon de Feu qui sait aussi cracher ses flammes si…

DRAGON FLAMME DE FEU

« Petit Dragon » me prot√®ge toujours…

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Je suis une grande m√©lomane et j’adore √©couter toutes sortes de chansons. J’aime particuli√®rement les musiques de films qui m’inspirent √©norm√©ment lorsque j’√©cris.

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R√©cemment, un certain 13 F√©vrier 2016, j’ai f√™t√© mon anniversaire :

flamme tout feu

4 bougies pour 39 flammes qui dansent  !

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J’√©tais aux anges et heureuse de souffler mes 39 printemps !

39 Printemps ! et alors ? comme dirait la fameuse chanson de Shy’m ;¬†je me sens en totale harmonie avec moi-m√™me…¬†

Et c’est ce qui compte finalement, √™tre bien dans sa t√™te et en g√©n√©ral tout le reste suit…

J’ai toujours gard√© mon √Ęme d’enfant et ce n’est pas pr√®s de changer !

CECILOU 4 ANS

C√©cile √† l’√Ęge de 5 ans

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J’aime toujours autant l’√©criture et je dirais qu’elle ne fait que s’intensifier davantage avec les ann√©es qui passent…

LA DERNIERE DANSE DE LA LUNE

LEON

LE MANGUIER VOYAGEUR

GUERRE ETHNIQUE AU TCHAD

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Je suis beaucoup plus audacieuse et √ßa par contre c’est tout nouveau pour moi !

Je serai toujours une √©ternelle r√™veuse et¬†une id√©alise souvent incomprise mais peu importe, je suivrai toujours ma route…

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Cécilou, La Suricate aimera toujours autant la vie !

LA SURICATE

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photo C√©cile √† l'√Ęge de 16 ans √† la plage non loin de Namakia

J’ai 16 ans

CECILOU BLONDE

J’ai 25 ans

CECILE LIA

J’ai 32 ans

CECILE LOUP

39 Printemps !

Le papillon de la vie

Chrysiridia ripheus 1

Dans l’all√©e d’un jardin d’√©den,
Une roseraie m’√©merveille,
Si belle, si odorante,
Aux couleurs chatoyantes.

Un univers floral merveilleux,
O√Ļ j’aime m’y noyer les yeux.

Belle aquarelle aux tons pastels,
Doux papillon vagabondant,
Conscient de sa métamorphose,
Et qui ose,
Défier le temps et ses tourments,
Dans le sillage hasardeux du vent.

Petit insouciant, virevoltant,
Dans ce royaume de fleurs et de fées,
Jonch√© de p√©tales de roses et d’orchid√©es,
Tu es avide de liberté,
Et tu te moques de toutes ces épines acérées.

Tu ressembles √† cette envol√©e d’hirondelles,
Quittant leurs nids, vers l’infini,
O√Ļ seule, la nature serait Reine.
Et toi, Roi de la vie !

Je suis guidée par le battement de tes ailes,
Douce magie éternelle,
Sans contraintes ni querelles,
O√Ļ tous les r√™ves sont exauc√©s,
Comme dans les contes de fées.

O doux papillon de la vie !
Petit Prince insolent,
Comme je t’envie !
Tu suis ton chemin,
Sans tracas ni tourments,
Sans peur ni noirceur,
Tu suis tout simplement ton coeur.

Semblable au lever du jour,
Aur√©ol√© d’amour,
Tu joues avec le temps,
Avec plaisir et délectation,
telle une rose des vents.

Urania_ripheus
Poème écrit et inventé par : Cécile