Étiquette : ciel

L’Ă©toile de ma vie đŸŒ 

Une Ă©toile diffĂ©rente des autres brillait de mille feux dans le ciel noir d’encre…

Elle ne pouvait s’arrĂȘter de scintiller tant elle voulait qu’on puisse l’admirer sans jamais la perdre de vue


La nuit lui permettait d’ĂȘtre distinguĂ©e, unique au monde,

Et de voyager dans les airs sans aucune limite, ni aucune frontiĂšre…

La nuit l’enveloppait de sa profonde noirceur mais sans jamais la voiler…

Bien au contraire,

Elle la propulsait toujours au devant de la scùne telle une reine ou encore une star au sommet de sa gloire


La nuit était sa plus fidÚle alliée


GrĂące Ă  elle, elle n’Ă©teindrait jamais son incandescente flamme dans la noirceur de son opacitĂ©…

La nuit ne lui faisait plus peur…

Elle lui faisait battre Ă  nouveau son cƓur dans un rythme rĂ©gulier ou effrĂ©nĂ©,

Selon l’intensitĂ© de la voluptueuse noirceur de son encrier


La rendant alors beaucoup plus vibrante et pĂ©tillante…

Ainsi, celle-çi lui permettait de ne jamais sombrer dans l’oubli…

Pourtant, au tout dĂ©but de l’histoire, ce fut bien diffĂ©rent…

Puisque durant fort longtemps, elle avait toujours craint sa noirceur infinie


Mais ce n’Ă©tait plus le cas aujourd’hui…

Et chaque soir, elle aimait bien revĂȘtir son costume de lumiĂšre brillantissime pour aller danser,

Au bal masqué de sa bien-aimée,

La mystĂ©rieuse nuit opaque si attirante et troublante…

Un plaisir immense que celui de danser avec elle toutes les nuits sans oublier le fougueux baiser de minuit…

Lui faisant alors tourner la tĂȘte et pousser des ailes dans le dos pour s’envoler toujours plus haut…

Ce qu’elle pouvait se sentir sereine dans les bras de son ciel !

Blottie Ă  l’intĂ©rieur de son long manteau noir opaque si douillet…

Mettant bien en valeur ses contours pyramidales ainsi que sa jolie robe dorée pailletée.

Elle avait alors l’impression suprĂȘme de se rĂ©vĂ©ler,

D’ĂȘtre au firmament de son apogĂ©e


Et de pouvoir enfin tendre la main Ă  son prochain,

Pouvoir ainsi effacer tous les chagrins,

En Ă©clairant de mille feux leur chemin,

De sa vive et lumineuse clartĂ©…

De sa bienveillante bonté,

Toutes ces ùmes esseulées,

Perdues dans le désert,

Essayant de lutter tant bien que mal,

Dans les profondeurs abyssales,

Mais Ă  qui on avait fait tant de mal,

Qu’une certaine belle Ă©toile,

N’avait pas hĂ©sitĂ© Ă  tenir l’ultime promesse de tous les sauver…

De les libérer un à un de leur prison de tristesse


Tout en chassant leur mal-ĂȘtre…

Et en leur offrant protection et consolation


Grùce à la puissance de son infinie clarté,

Permettant ainsi de guider chacune de ces personnes dĂ©sespĂ©rĂ©es vers les chemins de la lumiĂšre et de la libertĂ©…

La belle Ă©toile apparaissait alors toute radieuse et lumineuse dans le si vaste ciel,

Tel un arc en ciel aux mille couleurs,

RĂ©duisant ainsi au silence toutes ces affreuses souffrances…

« Ô nuit ! Reste toujours mon amie ! »

« Mais il en sera toujours ainsi ma chĂšre petite Ă©toile chĂ©rie car vois-tu, je t’apprĂ©cie tant qu’il ne pourrait en ĂȘtre autrement »

« Oh merci infiniment ! Douce et tendre nuit de ma vie »

La nuit lui avait ainsi promis de toujours bien veiller sur elle


Puis ajouta ceci dans le creux de son oreille :

« Tu es si belle, merveilleuse Ă©toile de ma vie ! DĂ©sormais, tu seras pour toujours et Ă  jamais sous ma protection. Aucune malveillance ne pourra donc t’atteindre car vois-tu, tu fais dĂ©sormais partie de mon univers ; un univers qu’aucun homme sur terre n’oserait dĂ©fier tant il me craindrait… »

Et si jamais un jour on te pointait du doigt ; sache que ce ne serait que pour l’irradiance de ton intense clartĂ©…

VoilĂ  pourquoi, tu es devenue depuis quelque peu, mon Ă©toile scintillante prĂ©fĂ©rĂ©e…

Celle que j’aime tant chĂŽyer parmi toutes celles de mon ciel noir de jais…

Et sais-tu petite Ă©toile adorĂ©e que certaines personnes en quĂȘte d’espoir ou d’amour ne manqueront pas de te demander d’exaucer leur unique vƓu tout en admirant la magnificence de tes traits lumineux ?

Sais-tu aussi que certaines d’entre elles voudront que tu guides leur pas incertains Ă  travers l’obscuritĂ© de la forĂȘt enchantĂ©e ?

Je pense que tu le sais déjà fort bien ma chÚre petite étoile


Et connaissant ton cĂŽtĂ© protecteur ; tu te rĂ©jouiras sans doute Ă  l’avance de toutes ces missions Ă  entreprendre vu que tu as le cƓur sur la main…

Ah ! Petite Ă©toile de ma vie ! tu as tant de choses Ă  offrir Ă  ton prochain


Tu es si merveilleuse et fabuleuse dans mon univers de noirceur,

Que seule ta prĂ©sence suffit Ă  rendre mon coeur infiniment heureux…

Et surtout, n’oublie pas que dans mon ciel, tu seras toujours Ă©ternellement chez toi…

« Ah ! Petite Ă©toile de ma vie ! Ne cesse surtout pas de briller de mille feux dans mon paradis noir afin que je puisse toujours t’admirer »

« Car, comme tu le sais, je ne cesserai jamais de t’aimer
 »

CĂ©cile Vidal, La Suricate đŸŸđŸŸ

Publicités

Le flou total đŸ

Elle Ă©tait assise sur le sable et regardait la mer qui se trouvait juste en face d’elle. L’ocĂ©an si bleu et si calme lui rappelait des bribes de son passĂ©.

Un passĂ© qui lui paraissait pourtant ĂȘtre trĂšs proche comme si c’Ă©tait hier


Elle revoyait alors à travers les vagues bleutées, son doux visage auréolé de cheveux blonds dorés flottant au vent ainsi que ses magnifiques yeux verts qui avaient tendance à changer de nuance suivant la lumiÚre du jour


TantĂŽt ils pouvaient ĂȘtre gris/bleus, tantĂŽt verts/jaunes ou encore bleus/verts ; un peu comme la couleur de l’ocĂ©an indien qu’elle aimait tant…

Elle ne savait plus exactement…

Elle ne l’avait aperçu qu’une seule fois. Une seule et unique fois qui avait pourtant suffit Ă  lui faire battre le cƓur Ă  mille Ă  l’heure


Un instant si bref ; presque insaisissable


Elle seule, avait su arrĂȘter le temps par je ne sais quelle façon pour immortaliser ce moment et le figer Ă  tout jamais dans les recoins de sa mĂ©moire.

Un moment oĂč deux regards s’Ă©taient croisĂ©s avec une certaine Ă©ternisation d’une profondeur intense pour ensuite s’Ă©vanouir et s’Ă©vaporer dans l’air tel un nuage vaporeux finissant par totalement disparaĂźtre dans un ciel beaucoup trop bleu


Non, Mira n’arrivait pas Ă  oublier ces yeux verts qui se confondaient encore avec la profondeur de l’ocĂ©an…

Elle regardait le visage de cet homme inconnu se fondre dans l’eau tout en essayant de se remĂ©morer ce qu’il devait bien porter le jour de leur fugace rencontre


Un dĂ©tail qui la turlupinait encore et encore sans trop savoir pourquoi…

Sans doute une chemise bleue ciel Ă  manches courtes largement ouverte sur un torse nu imberbe ou plutĂŽt un t-shirt de la mĂȘme couleur faisant apparaĂźtre la musculature de ses bras bronzĂ©s.

« Mais que portait-il exactement ? » se demanda t-elle tout bas en caressant du dos de sa main le sable si chaud.

Tout s’embrouillait dans sa tĂȘte
 Elle ne savait plus


Avait-elle imaginé cette personne ? Ce doux visage ? Ces yeux verts/bleus ?

Non, elle jurerait que non… Elle Ă©tait sĂ»re et certaine de l’avoir croisĂ© sur cette plage il y quelques jours ou peut-ĂȘtre moins et qu’il lui avait mĂȘme souri.

Elle se souvenait encore de son sourire. Un sourire enjĂŽleur qu’il n’avait adressĂ© qu’Ă  elle et Ă  aucune autre


Ça, elle ne l’avait pas rĂȘvĂ©, tout de mĂȘme !

Un regard et un sourire inoubliables juste l’espace d’un instant sur cette immense plage dĂ©serte


Un regard et un sourire puis plus rien
 Le flou total


Sa tĂȘte Ă©tait lourde et elle se sentait horriblement fatiguĂ©e comme si elle avait fait un marathon alors qu’il n’en Ă©tait absolument rien


« Mira ! Mira ! Je te cherchais partout ! Enfin je te retrouve ! Tu vas bien ? » cria au loin une jeune femme.

Elle reconnaissait cette voix entre mille. C’Ă©tait son amie Lucia. Elle tourna la tĂȘte en sa direction et essaya de se relever mais eu subitement un petit vertige inopinĂ©.

InquiĂšte, son amie Lucia courut rapidement vers elle et s’empressa de lui agripper le bras pour la soutenir afin qu’elle ne tomba pas.

« Comment vas-tu ma ChĂ©rie ? Tu as l’air fatiguĂ©. Tu viens d’avoir un vertige. Il vaudrait mieux que tu rentres pour te recoucher »

« Non, ça va aller. Ne t’inquiĂšte pas. J’ai eu le tournis mais je t’assure que je vais bien. Je prĂ©fĂšre rester ici encore quelques instants. J’aime cet endroit »

« Tu en es certaine ? »

« Oui ma Lucia. Le vent du large me fait du bien »

« Soit ! Comme tu voudras. Tu sais que tu m’as fait peur hier. J’ai bien cru que je ne t’aurais plus jamais revue »

Mira se demanda Ă  quoi elle pouvait bien faire allusion.

Son vertige venant de se dissiper et se sentant nettement mieux ; elle lui posa sans plus attendre la question :

« Mais de quoi me parles tu ? »

« Tu ne t’en souviens vraiment plus ? »

« Mais non » s’agaça t-elle. « Allez, dis-moi ! Ça commence sĂ©rieusement Ă  m’inquiĂ©ter. Que s’est-il passĂ© hier ? »

« Le docteur m’avait prĂ©venu que tu perdrais momentanĂ©ment la mĂ©moire »

« Quel docteur ? Mais de quoi me parles tu encore ? » s’Ă©cria t-elle sous le coup de la panique.

« Du calme Mira ! Attends, je vais tout te raconter depuis le début »

« Je t’Ă©coute » dit-elle sous le ton de l’impatience.

« Hier aprĂšs-midi, tu faisais du kayak lĂ -bas prĂšs de la barriĂšre de corail. Subitement, ton kayak s’est retournĂ© pour je ne sais quelle raison et ensuite on ne t’a plus revue Ă  la surface de l’eau. Tu venais de t’ĂȘtre noyĂ©e »

« Quoi !!?? » s’exclama Mira.

« Si, c’est bien vrai. Et j’ai appris par la suite que ta tĂȘte avait heurtĂ© la coque de ton canoĂ« et qu’Ă  cause du choc assez violent, tu avais perdu connaiss
 »

« Quoi ! ? Mais qu’est-ce que tu me racontes lĂ  ? » coupa t-elle brutalement.

« La stricte vérité »

« Mais je ne me souviens pas de tout ça !! » s’Ă©cria t-elle, horrifiĂ©e d’apprendre une telle nouvelle Ă  son sujet.

« C’est normal que tu ne t’en souviennes pas pour l’instant. Tu as perdu partiellement la mĂ©moire Ă  cause du choc que tu as subi Ă  la tĂȘte. Bon, je peux Ă  nouveau te raconter la suite ? »

« Oui vas-y. Au point oĂč j’en suis. De toute façon, je ne me souviens de rien du tout » dĂ©plora t-elle.

« Bon, je reprends. Heureusement, un des sauveteurs avait remarquĂ© ton accident alors il est tout de suite venu te secourir. Ensuite, il t’a ramenĂ© ici et il a dĂ» te rĂ©animer car tu ne respirais plus du tout. S’il n’avait pas Ă©tĂ© lĂ , tu ne serais plus de ce monde aujourd’hui. C’Ă©tait trĂšs grave, tu sais… »

Mira n’en revenait toujours pas de ce que son amie venait de lui raconter. Elle restait encore abasourdie.

« Mais, mais
 je ne me souviens vraiment pas de tout ça
 » bredouilla t-elle toute dĂ©sorientĂ©e.

Lucia lui pressa affectueusement l’Ă©paule puis s’empressa d’ajouter :

« Le docteur m’a assurĂ© que petit Ă  petit tu finirais par retrouver ta mĂ©moire alors sois rassurĂ©e ma petite Mira. Il ne faut surtout plus que tu t’inquiĂštes pour ça »

Mira se mordit la lĂšvre infĂ©rieure. Elle ne se souvenait toujours pas de cette noyade. En revanche, elle revoyait sans cesse dans sa tĂȘte le visage de cet inconnu avec de jolis yeux verts rieurs.

« En plus, ton sauveteur Ă©tait vraiment trĂšs sexy. Un blond avec des yeux verts ; il me semble bien. Il a mĂȘme demandĂ© de tes nouvelles ce matin lorsque tu dormais. Tu en as de la chance ! Je crois que tu lui plais »

Mais alors ? se demanda soudainement Mira dans son for intĂ©rieur: Se pourrait-il que l’image de cet homme qu’elle avait dans la tĂȘte depuis son rĂ©veil, soit effectivement ce sauveteur ?

Et dire qu’elle pensait que sa mĂ©moire lui jouait des tours…

Ce regard et ce sourire étaient donc réels et non imaginaires ?

Ils lui étaient donc véritablement destinés


« Tu entends ce que je te dis Mira ? Tu as l’air ailleurs. Tu es sĂ»re que tu vas bien ? » demanda son amie quelque peu inquiĂšte.

« Désolée ma Lucia. Oui, je vais trÚs bien, rassure toi. Je suis juste un peu déconcertée et fatiguée »

« Et il y a de quoi ! Tu aurais pu mourir ! Mais n’y pense plus ! Tu es bel et bien vivante et surtout en bonne santĂ©. C’est tout ce qui compte… »

« Oui, tu as raison »

« Parfaitement ! Bon, ben… c’est pas tout mais moi, j’ai un rendez-vous ce soir avec un charmant garçon et j’ai la nette impression que c’est parti pour durer notre histoire. Est-ce que je peux te laisser ma ChĂ©rie ? car je dois me prĂ©parer pour ĂȘtre la plus belle pour aller danser »

SacrĂ©e Lucia ! Elle n’Ă©tait pas une personne Ă  se laisser abattre par quoi que ce soit ! Un vrai rayon de soleil !

« Mais biensûr que tu peux y aller ma Lucia. Moi, je vais rester encore un peu ici. Passe une bonne soirée et amuse toi bien ! »

« Tu es un amour ! J’y vais ! »

La silhouette de son amie courait dĂ©jĂ  vers le grand bĂątiment de l’hĂŽtel-restaurant « Les Rives bleues » qui se trouvait tout juste en bordure de la plage « Coco Lodge » puis finit par disparaĂźtre derriĂšre une dune de sable.

Le ciel venait de changer de nuance et le soleil commençait à plonger progressivement dans la mer.

Mira adorait les couchers de soleil et plus particuliĂšrement ceux des Ăźles.

Ils Ă©taient d’autant plus flamboyants qu’en mĂ©tropole et elle aimait les contempler.

« Bonsoir Mademoiselle. Puis-je m’asseoir ? »

Surprise par cette voix inconnue qui venait de troubler ses pensĂ©es ; Mira tourna la tĂȘte et reconnu presque immĂ©diatement ce visage ainsi que ces yeux verts


Elle resta sans voix tandis qu’il continuait :

« Avant que vous ne refusiez, je tiens Ă  me prĂ©senter. Je suis Patrick. Je ne sais pas si vous vous rappelez de moi. Je suis sauveteur et je travaille ici. C’est moi qui vous ai sauvĂ© hier aprĂšs-midi. Vous vous Ă©tiez noyĂ©e »

Mira n’en revenait toujours pas de se retrouver face Ă  l’homme qu’elle pensait avoir imaginĂ© dans son subconscient.

Il lui souriait tout en la regardant intensément de ses yeux verts.

Son cƓur se mit alors à battre plus fort.

À cet instant lĂ , elle aurait voulu le fuir mais il Ă©tait dĂ©jĂ  trop tard pour cette Ă©ventualitĂ©…

Le vent venait de se lever et les quelques mĂšches blondes et rebelles qui recouvraient le front de Patrick se mirent Ă  voleter dans tous les sens.

Il portait un bermuda noir ainsi qu’un t-shirt bleu ciel moulant laissant apparaĂźtre la virilitĂ© de son torse et de ses biceps saillants.

C’Ă©tait indĂ©niablement un trĂšs bel homme


Un peu comme dans les nombreux rĂȘves de son imagination dĂ©bordante sauf que cette fois-çi, il s’agissait de la rĂ©alitĂ© et non d’un conte de fĂ©es.

En se noyant dans cet ocĂ©an, elle avait attirĂ© ce sauveteur qui l’avait sauvĂ©e des sombres profondeurs


Ensuite, elle avait perdu la mémoire qui lui avait joué bien des tours.

Et Ă  prĂ©sent, venait d’apparaĂźtre cet homme qui se tenait assis tout prĂšs d’elle en train de lui parler de ce mĂ©morable moment oĂč il l’avait rĂ©animĂ© sur la plage.

Un moment qui selon ses dire l’avait particuliĂšrement touchĂ© vu que ce fut une grande premiĂšre pour lui.

Mira l’Ă©coutait sans dire un mot tout en lui jetant de brefs regards car elle n’osait le regarder dans les yeux.

Soudain, en observant plus attentivement ses lĂšvres remuer ; C’est alors qu’elle se souvint d’un dĂ©tail prĂ©cis oĂč plutĂŽt d’un instant qu’elle avait enfoui au fond de sa mĂ©moire et qui venait brusquement de lui revenir…

Il s’agissait d’un long baiser sans fin…

Un souffle de vie qui lui avait traversĂ© la gorge puis parcouru le corps telle une dĂ©charge Ă©lectrique refaisant ainsi battre son cƓur…

Une foudroyante dĂ©charge ; un vĂ©ritable coup de foudre ! qui l’avait alors rĂ©animĂ©e et laissait Ă  nouveau en vie sur notre planĂšte Terre…

Une renaissance grĂące Ă  un seul et unique baiser.

Patrick venait de terminer son récit et un silence se fit.

Soudain, il lui avoua que cet interminable bouche Ă  bouche lui avait fait prendre conscience qu’il venait d’ĂȘtre foudroyĂ© par l’amour et qu’il avait eu du mal Ă  se sĂ©parer des lĂšvres si douces de Mira.

Et qu’au moment oĂč elle avait enfin entrouvrit ses grands yeux gris/bleus hypnotisants ; ce fut alors pour lui comme une Ă©vidence…

À cet instant lĂ , il rĂ©alisa qu’il venait de tomber amoureux.

C’est pourquoi, il avait voulu la revoir ce soir car il Ă©tait dĂ©terminĂ© Ă  ne plus la perdre.

Oui, son souhait le plus ardent Ă©tait de faire un long chemin avec elle. Mais l’accepterait-elle ?

Il espérait que oui alors sans plus tarder, il lui posa la question qui lui brûlait tant les lÚvres.

À ce moment-lĂ , ses yeux verts s’intensifiĂšrent davantage, ne quittant plus ceux de Mira.

Rougissante, elle baissa les siens et ne lui répondit pas tout de suite.

Elle Ă©tait encore sous le coup de l’Ă©motion.

Sa mĂ©moire lui avait peut ĂȘtre jouĂ© des tours mais pas le commencement de cette belle histoire d’amour.

Un amour Ă  peine naissant et palpitant ; ici, sur cette magnifique plage de sable blanc alors qu’elle ne s’y attendait pas.

Une belle histoire qui sans nul doute resterait Ă  jamais gravĂ©e dans sa mĂ©moire et qu’elle raconterait plus tard Ă  leurs enfants en commençant par ceci :

Il Ă©tait une fois sur l’inoubliable plage de Coco Lodge, un homme et une femme


Concours d’Ă©criture : Le message đŸ“–

J’ai participĂ© Ă  un concours d’Ă©criture qui avait Ă©tĂ© proposĂ© par le site The Millennials stories et je dois bien avouer qu’au dĂ©but j’Ă©tais un peu intimidĂ©e par ce genre de dĂ©fi puis je me suis dis : « Pourquoi pas ? ». 

J’ai dĂ©jĂ  participĂ© Ă  des concours d’Ă©criture mais pas avec des images comme support.

J’espĂšre que j’aurai relevĂ© le dĂ©fi ! car j’ai vraiment apprĂ©ciĂ© y participer.

C’Ă©tait un peu comme un jeu… Une envie de me dĂ©passer…

Merci encore Ă  toi Andy !

Voici les images que j’ai choisi d’utiliser pour construire mon histoire : elles m’ont beaucoup inspirĂ©es. Elles proviennent de l’article d’Andy qui parle de son fameux : Concours d’Ă©criture

En espérant que vous apprécierez lire mon histoire qui porte le titre suivant :

LE MESSAGE : 

23H45. Jessica dormait Ă  poings fermĂ©s dans son lit. Elle Ă©tait en train de rĂȘver Ă  son chat « Tootsy » qu’elle avait perdu tragiquement, il y a trois ans, Ă©crasĂ© sur la route, tout prĂšs de sa maison de campagne, par un de ces chauffards inconscients sans scrupules, avides de vitesses et se fichant bien d’îter une vie animale


Elle le revoyait avec une nettetĂ© prĂ©cise dans diverses scĂšnes qu’elle avait toujours gardĂ© en mĂ©moire et qu’elle n’avait jamais oubliĂ© malgrĂ© le temps passĂ©.

TantĂŽt il Ă©tait en train de se caresser contre ses jambes tout en faisant ses pattes de velours, tantĂŽt il ronronnait trĂšs bruyamment lorsqu’elle lui caressait son ventre d’un blanc immaculĂ©.

Toutes ces images ne cessaient de tourner en boucle et la rendaient infiniment heureuse comme si son chat n’avait jamais quittĂ© cette terre, qu’il Ă©tait toujours lĂ , bien vivant, tout prĂšs d’elle, dans sa chambre, en train de dormir paisiblement dans le fameux fauteuil qui lui Ă©tait attitrĂ© et qu’elle avait surnommĂ© « Petit Prince » tant elle l’adorait.

Un fauteuil dont le revĂȘtement de velours si doux et si moelleux avait le don de le rendre totalement dingue lorsqu’à peine, il s’y s’allongeait et qu’il se mettait alors dans sa position prĂ©fĂ©rĂ©e : celle de l’escargot tout en mordillant avec dĂ©lectation le tissu de velours bleu turquoise.

Et bien entendu comme tous les chats, il lui arrivait Ă©galement d’y planter ses petites griffes acĂ©rĂ©es avec un certain plaisir non dissimulĂ© tant il se sentait dans une totale plĂ©nitude.

Comme Tootsy lui manquait ! Et le revoir ainsi, allongé dans son fauteuil, en train de la regarder intensément avec ses si jolis yeux jaunes la faisaient littéralement fondre.

Elle s’avança vers lui et commença Ă  lui caresser la tĂȘte tout en lui murmurant des mots doux.

Sous l’effet de ses caresses, Tootsy s’étira puis se mit soudainement Ă  miauler trois fois. Habituellement, elle aurait fait semblant de comprendre ce qu’il pouvait bien vouloir lui dire mais lĂ , dans son rĂȘve, il n’était pas nĂ©cessaire de le faire puisque comme par magie, ses miaulements se traduisirent instantanĂ©ment dans sa langue humaine. Et voici ce qu’elle entendit :

« Maman, tu me manques beaucoup
 »

Jessica fut un peu surprise de l’entendre parler ainsi mais nĂ©anmoins ravie car ce n’est pas si frĂ©quent de pouvoir enfin comprendre les miaulements de son chat. Sans plus attendre, elle lui rĂ©pondit :

« Moi aussi, mon bĂ©bĂ©, tu me manques Ă©normĂ©ment, j’espĂšre que tu le sais
 »

« Oui, je le sais Maman. C’est pourquoi, j’ai voulu te voir ce soir pour te dire aussi que je t’aimerai toujours
 »

« Oh ! Comme tu es mignon ! Moi aussi, je t’aimerai toujours mon Tootsy
 »

C’est alors qu’il rapprocha son museau tout blanc de ses longs cheveux cuivrĂ©s qui se balançaient juste devant sa truffe ; les renifla avec insistance un petit moment car il aimait bien sentir leurs parfums qui embaumaient le shampooing Ă  la fleur de TiarĂ© puis commença Ă  mordiller leurs pointes avec espiĂšglerie.

Tootsy adorait jouer avec ses cheveux et Jessica le savait bien, c’est pourquoi, elle faisait exprĂšs de les laisser tomber en cascade sur le sommet de son crĂąne tout en leur faisant faire des mouvements de va et vient Ă  l’aide de sa main, lui balayant ainsi l’extrĂ©mitĂ© de son museau ; si bien, que cela avait tendance Ă  le rendre complĂ©tement fou et plus joueur que jamais.

Ensuite, tout en ronronnant, il terminait son jeu de mĂąchouillage capillaire en lĂ©chant le bout de ses doigts avec sa petite langue rose si rĂąpeuse et si chatouilleuse, qu’elle ne pouvait s’empĂȘcher de rire aux Ă©clats.

À ces moments-lĂ , elle aurait voulu figer le temps et garder pour toujours son chat Ă  ses cĂŽtĂ©s mais

elle savait bien que ce n’était pas possible


Cependant, tout Ă©tait possible dans son rĂȘve alors elle en profitait au maximum tout en espĂ©rant que celui-ci durerait le plus longtemps possible.

Mais ne dit-on pas que jamais rien ne dure ici-bas ?

Subitement, la derniĂšre image de son chat lui lĂ©chant le bout des doigts commença Ă  se flouter puis Ă  s’estomper de plus en plus jusqu’à totalement disparaĂźtre derriĂšre un gros nuage sombre.

« Non, ne t’en va pas, reste encore prĂšs de moi Tootsy
 » murmura-t-elle dans son rĂȘve.

Mais le nuage noir venait de tout effacer laissant place Ă  prĂ©sent, Ă  un vaste dĂ©sert aride inondĂ© d’une lumiĂšre blanche blafarde qui lui aveuglait les yeux.

Elle porta alors sa main droite en visiĂšre de façon Ă  se les protĂ©ger des Ă©blouissants rayons ardant du soleil puis se mit Ă  regarder autour d’elle.

Il n’y avait pas la moindre vĂ©gĂ©tation ; juste le dĂ©sert sablonneux qui n’en finissait pas et elle, toute seule en train d’errer…

Le soleil tapait fort ; il lui brĂ»lait la peau et l’air Ă©tait lourd.

Fort heureusement, une lĂ©gĂšre brise venait de temps en temps lui caresser le visage, lui procurant ainsi un certain bien-ĂȘtre qui lui donnait la sensation de rester fraĂźche et de ne pas trop transpirer vu qu’il faisait une chaleur insoutenable ici.

Comme elle Ă©tait pieds nus, elle pouvait ressentir la chaleur du sable chaud Ă  chacun de ses pas mais ce n’était pas si dĂ©sagrĂ©able vu qu’il n’était pas non plus brĂ»lant.

Ici, il n’y avait pas Ăąme qui vive. Tout Ă©tait cruellement dĂ©sertique. Le paysage ne se rĂ©sumait qu’à une vaste terre sans limite, de couleur ocre, accompagnĂ©e de hautes dunes sablonneuses de-ci delĂ  avec pour unique toile de fond un ciel bleu pĂąle sans nuages d’oĂč irradiait un soleil d’un jaune vif beaucoup trop Ă©clatant qui lui faisait mal aux yeux.

Et il faisait extrĂȘmement chaud. Une chaleur exubĂ©rante mais supportable grĂące aux quelques coups de vent intermittents qui au passage venaient lui Ă©bouriffer les cheveux et lui faire le plus grand bien.

Pour l’instant, Jessica n’éprouvait pas encore l’envie de boire mais cela ne tarderait pas arriver vu les rayons persistants de ce soleil implacable.

Elle marchait tranquillement sans trop savoir oĂč elle allait quand soudain le ciel commença Ă  s’obscurcir.

« Tiens, que se passe-t-il ? » se demanda-t-elle en le scrutant des yeux.

Quelques secondes aprĂšs, elle compris qu’il s’agissait d’une Ă©clipse solaire. Tout en se protĂ©geant les yeux, elle regarda en direct le soleil se voiler partiellement puis passer Ă  l’état d’éclipse totale rendant alors ces lieux des plus lugubre ; ce qui dĂ©stabilisa Jessica qui avait une sainte horreur de la nuit.

Jusque-lĂ , jamais encore elle n’avait assistĂ© Ă  ce type de phĂ©nomĂšne, mais elle savait bien qu’il fallait Ă©viter de regarder une Ă©clipse sans lunettes de protection alors elle prĂ©fĂ©ra baisser les yeux et attendre que le soleil revienne.

« Alors tu reviens ou pas ? » s’agaça t-elle tout en jetant furtivement un Ɠil au ciel qui Ă©tait toujours autant obscurci.

Mais au lieu que celui-ci rĂ©apparaisse ; Jessica remarqua qu’il venait subitement de se dissimuler derriĂšre les dunes de sable ocre.

« Eh ! Mais qu’est-ce que ça veut dire ? » s’écria-t-elle toute dĂ©contenancĂ©e.

Normalement, ce genre de phénomÚne ne se produisait jamais aprÚs une éclipse et le soleil aurait dû revenir alors que là, il avait totalement disparu.

Quant au ciel obscur, il était à nouveau redevenu clair et avait repris sa couleur initiale bleue azur comme lors de son arrivée dans ce désert.

« Ce n’est pas possible que le ciel soit redevenu bleu ! puisque le soleil n’est plus lĂ  ! Et pourquoi s’est-il dĂ©jĂ  couchĂ© ? Mais que se passe-t-il ici ? » s’exclama t-elle tout haut.

Mais ce qui la rendit encore plus perplexe, c’est qu’il ne faisait pas nuit. Or, la nuit aurait dĂ» tomber depuis dĂ©jĂ  longtemps puisque le soleil s’Ă©tait couchĂ©. Tout ceci n’était vraiment pas normal.

Soudain, sous ses yeux ébahis, le ciel bleu azur changea brusquement de couleur et se métamorphosa en un ciel bleu violet pour se teindre finalement en une couleur mauve profonde.

Jamais encore, Jessica n’avait assistĂ© Ă  un tel spectacle et ce, en quelques fractions de secondes seulement…

« Comme tout est Ă©trange ici ! » murmura-t-elle dans un souffle. « C’est Ă  n’y rien comprendre mais je dois bien reconnaĂźtre que ce ciel est vraiment magnifique. Je n’en avais jamais vu de semblable sur terre » s’extasia t-elle en admirant avec Ă©merveillement ce ciel qui semblait sortir tout droit d’un film de science-fiction.

Le paysage semblait alors beaucoup plus insolite comme si elle se trouvait dans un autre monde. Une autre dimension. Un lieu irrĂ©el mais si beau qu’elle en Ă©tait subjuguĂ©e et totalement fascinĂ©e au point mĂȘme de ne plus craindre de se retrouver toute seule ici.

Les cheveux Ă©pars et vĂȘtue d’une simple et longue tunique noire en satin qui volait au moindre coup de vent, Jessica marchait au hasard, sans trop savoir oĂč elle allait mais elle ne se sentait plus autant perdue qu’auparavant.

Elle dĂ©couvrait ce nouveau monde avec beaucoup de curiositĂ© tout en se demandant oĂč tout cela la mĂšnerait.

Et de toute façon, maintenant qu’elle Ă©tait ici, elle voulait aller jusqu’au bout de cette aventure incongrue et ne surtout pas retourner en arriĂšre. Il fallait au contraire, qu’elle avance.

Elle regarda Ă  nouveau le ciel. Il venait Ă  l’instant mĂȘme de changer de nuance. Il s’était Ă  prĂ©sent teintĂ© d’une jolie couleur mauve claire dans lequel venait de s’incruster par myriades des Ă©toiles multicolores qui commencĂšrent Ă  briller par intermittence ; ce qui la fit immĂ©diatement penser aux guirlandes lumineuses que l’on accrochait aux branches du sapin de NoĂ«l.

« Vraiment magnifique ! » s’émerveilla t-elle Ă  haute voix.

Elle venait de s’arrĂȘter de marcher et admirait toute la magnificence de ce ciel Ă©toilĂ© qui s’étendait Ă  l’infini. Il Ă©tait si spĂ©cial et tellement original, qu’elle en restait Ă©blouie.

« Dieu, que c’est beau ! » s’exclama t-elle en ayant presque les larmes aux yeux.

Ce ciel teintĂ© de mauve et envahit d’étoiles multicolores contrastait littĂ©ralement avec cet immense dĂ©sert de couleur ocre et totalement dĂ©pouillĂ© de vĂ©gĂ©tations. Et s’il fallait choisir entre le ciel et la terre ; son choix Ă©tait dĂ©jĂ  fait. Il faut dire que ce dĂ©sert n’était guĂšre accueillant tant il Ă©tait triste et fade


Regarder ce ciel lui faisait le plus grand bien. Il lui permettait d’oublier le cĂŽtĂ© sinistre de ces lieux ternes, sans vie et sans couleurs.

Ce ciel portait en lui toute la lumiùre dont elle avait besoin et lui redonnait de l’espoir.

Quant Ă  la nuit, elle ne semblait pas exister dans ce nouveau monde ; ce qui arrangeait bien Jessica qui la dĂ©testait au plus haut point. Elle avait toujours eu peur de la nuit. La nuit avait tendance Ă  lui faire perdre ses points de repĂšre. La nuit rendait tout diffĂ©rent. Et puis dans la nuit, on n’y voit strictement rien. Alors, qu’ici, le ciel restait perpĂ©tuellement inondĂ© d’une douce lumiĂšre, lui permettant ainsi de voir tout ce qui l’entourait comme si elle Ă©tait toujours en plein jour.

Cette lumiĂšre n’était ni jaune, ni blanche, ni blafarde ; elle restait d’une jolie couleur mauve tamisĂ©e rendant alors l’atmosphĂšre bien plus chaleureuse. Un peu comme si on se retrouvait dans une bulle de protection ou encore Ă  l’intĂ©rieur du ventre de sa mĂšre.

Et au milieu de ce triste désert inconnu, Jessica évoluait tranquillement tout en admirant ce ciel mauve étoilé qui lui redonnait du courage.

Au fond d’elle, elle espĂ©rait que cette aventure la conduirait vers un heureux dĂ©nouement.

Mais le seul inconvĂ©nient perturbateur qui commença Ă  se faire ressentir fut bien la soif. Elle lui brĂ»lait et assĂ©chait la gorge, l’empĂȘchant ainsi de dĂ©glutir convenablement et finissant par lui provoquer de terribles quintes de toux assez fatigantes.

À cet instant-lĂ , elle ne put s’empĂȘcher d’imaginer une paisible oasis se dressant droit devant elle, avec, posĂ© en son centre, sur une table basse, un grand verre de coca-cola bien glacĂ©, agrĂ©mentĂ© d’un zeste de citron vert car c’est ainsi qu’elle l’apprĂ©ciait et qui n’attendait qu’elle. Elle prenait alors le verre tout enveloppĂ© de condensation dĂ©goulinante et se mettait Ă  le boire goulument d’un trait. Et lĂ , enfin ! Sa soif Ă©tait Ă©tanchĂ©e.

Afin de rĂ©aliser son vƓu de dĂ©saltĂ©ration, elle se mit Ă  fermer les yeux et attendit quelques instants avant de les rouvrir. Mais une fois les yeux ouverts, elle ne vit strictement rien. Pas le moindre verre d’eau ni de boisson gazeuse ne s’était matĂ©rialisĂ©e devant elle alors elle prĂ©fĂ©ra oublier cette pensĂ©e et se concentrer plutĂŽt sur sa marche.

Et le temps s’écoula, s’égrĂšna sous cette Ă©crasante chaleur


Elle marchait toujours sans but prĂ©cis dans cet immense dĂ©sert lorsque soudain elle crut apercevoir au loin une silhouette allongĂ©e qui semblait porter quelque chose de trĂšs brillant devant elle mais de lĂ  oĂč elle se trouvait, elle n’arrivait pas Ă  voir clairement de quoi il s’agissait exactement.

Elle se frotta les yeux pour voir si elle n’avait pas Ă©tĂ© victime d’une hallucination Ă  cause de sa fatigue mais quand elle regarda Ă  nouveau au loin, la silhouette se profilait toujours. Ce n’était donc pas une hallucination


Un peu interloquée et ne sachant quoi faire face à cette inopinée présence, elle se demanda avec une certaine inquiétude si elle devait attendre sa venue ou au contraire la fuir.

La panique s’insinua en elle, entraünant ainsi de multiples questions qui commencùrent à lui envahir l’esprit :

Est-ce que cette soudaine apparition venue de nulle part Ă©tait humaine comme elle ? Et dans ce cas-lĂ , Ă©tait-ce un homme ou une femme ? Et le plus important de tout : est-ce qu’il ou elle lui voudrait du bien ou du mal ?

Mais Ă  peine s’était-elle posĂ©e toutes ces questions que l’étrange silhouette allongĂ©e vola subitement dans les airs et se dirigea droit vers elle telle une fusĂ©e.

« Mon Dieu ! » s’écria Jessica en sursautant. Trop tard ! DĂ©sormais, elle ne pouvait plus fuir


Instinctivement, elle ferma les yeux pensant ainsi qu’elle pourrait peut-ĂȘtre effacer cette vision et mĂȘme si cela n’avait rien donnĂ© tout Ă  l’heure concernant son souhait de dĂ©saltĂ©ration. Elle se concentra et compta alors jusqu’à 10 dans sa tĂȘte et lorsqu’elle arriva enfin au chiffre fatidique, les rouvrit aussitĂŽt s’attendant Ă  voir un monstre en face d’elle…

À sa grande surprise, ce qu’elle vit ne ressembla en rien Ă  un monstre mais plutĂŽt Ă  une Ă©trange jeune femme souriante qui tenait entre ses mains un Ă©norme globe terrestre tout illuminĂ© qui lui mangeait pratiquement tout le devant du corps.

Comme elle venait d’atterrir tel un boulet de canon ; elle Ă©tait encore toute aurĂ©olĂ©e d’un Ă©pais nuage de poussiĂšre de sable blanc mais peu Ă  peu, il finit par se dissiper permettant ainsi Ă  Jessica de pouvoir mieux distinguer ses traits.

La jeune femme accentua davantage son sourire comme pour lui faire montrer qu’elle n’était pas son ennemie ; ce qui la rassura grandement.

Cependant, il y avait quelque chose qui clochait chez elle. Elle ne semblait pas tout Ă  fait humaine par rapport Ă  quelques particularitĂ©s physiques qu’elle venait de remarquer.

En effet, mis Ă  part leurs formes en amande, ses grands yeux noirs frangĂ©s de cils Ă©pais ne ressemblaient pas Ă  ceux d’un humain. Ils Ă©taient d’un noir profond trĂšs opaque semblable Ă  de l’encre de chine et totalement dĂ©nuĂ©s d’iris, de pupilles ainsi que de sclĂšre : la fameuse membrane qui forme le « blanc » de l’Ɠil et que tout ĂȘtre humain bien constituĂ© a Ă  sa naissance. Mais lĂ , en leur absence, le regard de cette jeune femme Ă©tait des plus troublant et mystĂ©rieux ; voire presque rebutant tant leur noirceur profonde Ă©tait Ă©nigmatique.

Quant Ă  ses doigts dĂ©mesurĂ©s qui maintenaient l’énorme globe terrestre Ă  hauteur de sa poitrine ; ils Ă©taient palmĂ©s avec de longs ongles noirs recourbĂ©s si pointus qu’ils faisaient penser aux griffes acĂ©rĂ©es des grands fĂ©lins mais en beaucoup plus redoutables. C’était d’ailleurs, ce qu’il y a avait de plus effrayant chez elle ; si bien, que Jessica prĂ©fĂ©ra ne pas trop s’y attarder sous peine de paniquer.

Jessica continua son inspection physique.

La jeune femme avait de longs cheveux raides de couleur mauve striĂ©s de jolis reflets violet qui lui tombaient de chaque cĂŽtĂ©s du visage jusqu’aux Ă©paules ainsi qu’une Ă©paisse frange lisse qui lui arrivait au ras des sourcils. Une chevelure des plus originale que Jessica n’avait encore jamais vu sur terre et qu’elle trouvait plutĂŽt jolie. Toutefois, elle se demandait si leur texture ressemblait Ă  celles des humains. Il lui semblait que oui mais elle n’en Ă©tait pas sĂ»r.

Enfin, son visage poudrĂ© de blanc Ă  outrance et rehaussĂ© de rose Ă  joues nacrĂ© bien prononcĂ© ressemblait au maquillage si particulier des Geisha tandis que ses lĂšvres pulpeuses Ă©taient peintes d’un rouge vif brillant qui jurait avec la blancheur de son teint.

À force de l’observer, Jessica finit par en dĂ©duire que cette Ă©trange jeune femme devait ĂȘtre une extra-terrestre vu les traits physiques quelque peu hĂ©tĂ©roclites qui la caractĂ©risait.

Quant au reste de son anatomie : bras, jambes et pieds ; ils Ă©taient comme ceux des humains.

Ses bras Ă©taient revĂȘtus de longues manches chauve-souris de couleur noir qui lui retombaient le long des coudes Ă  cause du globe qu’elle portait.

Sa jupe noire moulante qui lui arrivait au-dessous des genoux laissait apparaĂźtre de jolies jambes fuselĂ©es avec des pieds nus dont les ongles avaient la mĂȘme couleur que celles de ses mains.

Par contre, elle ne pouvait pas encore voir l’ensemble de son corps Ă  cause de l’énormissime globe terrestre qu’elle tenait toujours contre elle, entre ses mains et qui lui cachait tout le devant de la poitrine jusqu’à la taille.

Mis Ă  part les yeux d’un noir opaque sans sclĂšre ainsi que les doigts dĂ©mesurĂ©s aux longs ongles noirs crochus ; Jessica n’était pas trop effrayĂ©e par cette jeune femme venue d’ailleurs ; sans doute parce qu’elle arborait constamment un sourire sur son visage impassible et qu’elle semblait ĂȘtre pacifiste envers elle.

Alors, pour briser la glace, elle décida de lui rendre le sien puis lui demanda :

« Comment vous appelez-vous ? »

La jeune femme ne cilla pas. Elle restait imperturbable et sans aucune rĂ©action. Ses grands yeux noirs vides d’expression ne cessaient de la fixer et pas un seul mot ne sortit de sa bouche. Elle semblait ailleurs…

Soudain, Jessica ouvrit les yeux grands comme des soucoupes.

Les longs cheveux raides et mauves de la jeune femme venaient subitement de se soulever tout seuls et commencĂšrent Ă  s’onduler tels des serpents, dans un mouvement rĂ©gulier, tout autour de son visage.

« Eh ! Mais comment faites-vous ça ? » s’écria Jessica, les yeux Ă©carquillĂ©s.

Toujours en apesanteur, les longs cheveux ne cessaient de s’onduler et de s’entremĂȘler entre eux lorsque soudain ils s’élevĂšrent dans leurs totalitĂ©s au-dessus de sa tĂȘte et restĂšrent ainsi suspendus dans les airs tout en continuant leurs jolies danses d’ondulation.

HypnotisĂ©e et sans voix devant ce phĂ©nomĂšne capillaire des plus insolite, Jessica n’en revenait pas de ce qu’elle voyait : les cheveux bougeaient rĂ©ellement tout seuls.

La chevelure mauve semblait ĂȘtre vivante.

Quel étrange phénomÚne ! se dit-elle intérieurement, totalement subjuguée.

Les cheveux continuaient toujours de s’onduler en apesanteur lorsque brusquement ils se figĂšrent et restĂšrent ainsi immobiles durant quelques minutes avant de finir par retomber lentement, mĂšches aprĂšs mĂšches avec dĂ©licatesse sur les fines Ă©paules drapĂ©es de noir de la jeune femme.

Comme par enchantement, ils avaient repris leur apparence de raideur bien lisse et encadraient Ă  nouveau le contour de son visage comme si aucune manifestation ne s’était passĂ©e.

« Mais comment avez-vous fait ça ?? » s’écria Ă  nouveau Jessica en espĂ©rant que la jeune femme finirait bien par lui rĂ©pondre.

Mais la jeune femme restait toujours autant imperturbable comme si elle n’entendait pas Jessica. Elle gardait ce mĂȘme sourire figĂ© qui ne l’avait jamais quittĂ© depuis qu’elles s’étaient rencontrĂ©es.

« RĂ©pondez-moi s’il vous plaĂźt
 » insista-t-elle.

Mais la jeune femme ne daignait toujours pas ouvrir les lĂšvres.

Mais pourquoi diable ne voulait-elle pas lui rĂ©pondre ? Était-elle muette ? Et pourquoi ce sourire perpĂ©tuel sur son visage ? s’interrogea t-elle.

« Vous ĂȘtes muette ? C’est pour ça que vous ne me parlez pas ? » questionna Jessica avec une pointe d’agacement dans la voix.

Brusquement, le globe que tenait la jeune femme entre ses mains se mit Ă  vibrer et Ă  briller plus intensĂ©ment. La lumiĂšre jaune qui l’enveloppait devint alors beaucoup plus incandescente et irradiante tel un soleil brillant de mille feux.

Ce fut à ce moment-là que la jeune femme émit enfin son premier son tout en gardant son perpétuel sourire :

« Bonjour Jessica ! Je suis Cortana. Je suis venue de trÚs loin pour vous dire un message »

« Me dire un message ? Mais de quoi me parlez-vous ? Et pourquoi ce globe bouge comme ça. Qu’est-ce qui se passe ? »

À prĂ©sent, le globe tressautait vigoureusement comme s’il allait exploser d’une minute Ă  l’autre. Manifestement, la jeune femme faisait beaucoup d’efforts pour pouvoir le maintenir tout contre elle afin qu’il ne lui Ă©chappa pas des mains. Ses longs doigts aux ongles noirs si pointus Ă©taient tendus Ă  l’excĂšs et semblaient se distendre tellement ils luttaient et rĂ©sistaient contre les tressautements violents.

Cependant, son visage n’exprimait aucune crispation d’effort et gardait toujours le mĂȘme sourire figĂ© comme si de rien n’Ă©tait.

De son cĂŽtĂ©, Jessica ne quittait pas des yeux le globe qui semblait ĂȘtre enragĂ©.

Soudain, son incandescente lumiĂšre devint brutalement aveuglante ; si bien qu’elle dĂ» fermer les yeux.

C’est alors que la jeune femme sortit à nouveau de son mutisme :

« Ne vous inquiĂ©tez pas Jessica. Ce globe qui reprĂ©sente votre planĂšte Terre n’explosera pas. Les violentes vibrations qui le secouent ainsi que la forte lumiĂšre aveuglante qui l’entoure ne sont que les manifestations d’un signe. Ce signe nous indique qu’il sera bientĂŽt prĂȘt Ă  vous transmettre le message dont je vous parlais tout Ă  l’heure. Moi, je ne suis que son intermĂ©diaire. N’ayez crainte, Jessica ; les deux manifestations vont bientĂŽt s’arrĂȘter. Gardez les yeux fermĂ©s et attendez mon signal »

Quelque peu dĂ©contenancĂ©e, Jessica s’exĂ©cuta et attendit.

Entre les mains de la jeune femme, le globe continuait toujours de vibrer avec violence lorsque soudain il s’arrĂȘta brutalement de bouger et resta totalement immobile.

Sa lumiĂšre aveuglante diminua peu Ă  peu d’intensitĂ© jusqu’à s’éteindre complĂ©tement, laissant place Ă  un globe qui Ă©tait devenu tout terne.

Il ne semblait plus ĂȘtre en vie.

À prĂ©sent, il avait pris une couleur grisĂątre et on pouvait voir sur son pourtour, sculptĂ©s en relief, les diffĂ©rents continents de la planĂšte Terre.

« Maintenant, Vous pouvez rĂ©ouvrir les yeux Jessica. Les manifestations viennent de s’arrĂȘter »

Jessica ouvrit aussitĂŽt les yeux et revit la fameuse boule terrestre qui lui avait tant fait peur tout Ă  l’heure et qui semblait s’ĂȘtre enfin calmĂ©e maintenant. Elle constata qu’elle n’était plus illuminĂ©e de son incandescente lumiĂšre si aveuglante et qu’elle avait pris une teinte grise.

« Le globe est devenu tout terne et il ne bouge plus du tout » dit-elle en regardant Cortana.

« Oui, comme je vous l’avais dit prĂ©cĂ©demment. Cette couleur grise est le processus normal qui fait suite aux deux manifestations. Et dans une trentaine de minutes, il vous annoncera enfin votre message »

« Mais de quel message s’agit-il ? »

« Je sais que tout cela doit vous paraßtre incongru mais je vous en prie, faites-moi confiance »

« Mais dans ce cas lĂ , est-ce que je peux vous poser d’autres questions ? »

« Oui, si cela peut vous aider à vous mettre en confiance »

« Heu
. Tout d’abord, qui ĂȘtes-vous exactement ? Une sorte d’extra-terrestre ? »

« Comme je vous l’ai dit tout Ă  l’heure, je m’appelle Cortana. Je suis effectivement une extra-terrestre mais je n’aime pas ce terme que je trouve pĂ©joratif et galvaudĂ©. Plus exactement, je suis une humanoĂŻde mais lĂ  encore, je prĂ©fĂšre dire que je suis une humaine tout comme vous mais avec quelques diffĂ©rences que vous avez dĂ» remarquer par rapport Ă  mes yeux, mes mains ainsi que mes cheveux. Toutes ces diffĂ©rences qui font que je suis un ĂȘtre exceptionnel, unique et Ă  part » ajouta-t-elle fiĂšrement dans un large sourire qui fit apparaĂźtre pour la premiĂšre fois une rangĂ©e de dents d’une Ă©clatante blancheur.

« Oui, j’ai vu tout Ă  l’heure que vos cheveux volaient dans les airs ! Jamais encore, je n’avais assistĂ© Ă  un tel phĂ©nomĂšne… »

« Oui, je sais. Je vous dois quelques explications Ă  ce sujet. Tout Ă  l’heure, mes cheveux Ă©taient en apesanteur parce qu’ils Ă©taient en connexion avec le globe. À ce moment-lĂ , je ne pouvais pas encore vous parler car j’étais concentrĂ©e et en communion avec eux. Mes cheveux sont ultra sensibles et lorsqu’ils ressentent n’importe quelle manifestation ou Ă©vĂšnement Ă  venir, ils me l’annoncent en faisant des mouvement d’ondulation »

« Ils vous prĂ©disent donc l’avenir ? »

« Oui, en quelque sorte mais juste en ce qui concerne les manifestations de la nature. Par exemple, si jamais il y avait un sĂ©isme ou encore un tsunami ; mes cheveux seraient capables de me l’annoncer deux ou trois jours Ă  l’avance afin que je m’y attende et que je puisse trouver des solutions pour sauver l’humanitĂ© et mĂȘme si malheureusement on ne peut jamais Ă©viter les pertes »

« wahou ! En effet, des cheveux pareils, ce n’est pas courant ! Mais lĂ , il me semble qu’ils bougeaient Ă  cause de ce globe terrestre. Pourquoi ? »

« Ce globe reprĂ©sente la nature de votre planĂšte Terre. Il n’est donc pas ordinaire car il est vivant. C’est un peu comme si vous aviez lĂ , juste devant vos yeux votre propre planĂšte en miniature et que vous pourriez enfin voir tout ce qu’il y a Ă  l’intĂ©rieur »

« Ah d’accord, je comprends mieux… D’oĂč ce mystĂ©rieux message qui m’est destinĂ© ? »

« En effet, vous comprenez vite Jessica
 Avez-vous d’autres questions ? »

« Heu… »

Jessica voulait connaĂźtre le mystĂšre de ses yeux noirs mais elle n’osait pas lui poser la question. Ce fut Cortana qui la devança comme si elle lisait dans ses pensĂ©es telle une tĂ©lĂ©pathe.

« N’avez-vous pas des questions au sujet de la particularitĂ© de mes yeux ? Ils doivent vous paraĂźtre affreux et effrayants. Sans parler de mes mains
 »

Jessica fut surprise par les paroles négatives de la jeune femme mais soulagée que ce fut elle qui engagea la discussion à ce sujet


« Eh bien, il est vrai qu’ils ne sont pas communs mais j’aimerais beaucoup que vous m’en parliez »

« TrĂšs bien, je vous remercie. Mes yeux sont entiĂšrement colorĂ©s en noir parce qu’ils sont dotĂ©s d’un filtre protecteur qui me protĂšgent des rayons ultraviolets nocifs du soleil ainsi que de toutes sources de lumiĂšres agressives ou aveuglantes tel que ce globe par exemple. Ce filtre est un vĂ©ritable bouclier. Ainsi, je suis totalement immunisĂ©e du vieillissement oculaire ainsi que de toutes sortes de maladies de l’Ɠil »

« Wahou ! En effet, vos yeux sont vraiment exceptionnels. Je comprends mieux à présent, leurs couleurs si noires. Et vos mains ? »

« Mes mains sont démesurées pour pouvoir porter toutes sortes de choses trÚs lourdes ou trÚs volumineuses et sans en subir les conséquences. Par exemple, je serais capable de porter une masse de 500 kg sans aucune difficulté et sans le moindre effort. Quant à mes longues griffes ; elles me permettent de pouvoir me défendre de toutes agressions physiques. Ainsi, grùce à elles, je ne crains strictement rien »

« Wahou ! Je suis vraiment bluffĂ©e ! Vous ĂȘtes vraiment exceptionnelle comme personne ! »

« Merci, Jessica. Je suis heureuse que vous pensiez cela. Avez-vous d’autres questions Ă  me poser ? »

« Oui. Heu
 Avant que l’on se rencontre tout Ă  l’heure ; je vous avais vu voler dans le ciel comme si vous Ă©tiez une vĂ©ritable fusĂ©e. Comment est-ce possible ? »

Cortana accentua davantage son sourire laissant apparaĂźtre Ă  nouveau ses dents d’une extrĂȘme blancheur.

« Eh bien, mon espĂšce est capable de voler comme vos machines volantes ou encore comme un oiseau. J’ai Ă©galement la possibilitĂ© de choisir ma vitesse de vol selon mes dĂ©sirs. Tous les humains de mon espĂšce sont dotĂ©s de ce pouvoir surnaturel. C’est ainsi que nous sommes nĂ©s »

« wahou ! Vos pouvoirs sont vraiment extraordinaires ! Comme ça doit ĂȘtre merveilleux de pouvoir voler comme un oiseau
 Mais, je voulais vous demander
 Est-ce que vous ĂȘtes nombreux dans votre espĂšce ? »

« Oui, mais pas suffisamment. Actuellement, nous avons atteint le nombre de 5000 Uranusiens. Comme vous pouvez le constater, nous ne sommes pas aussi nombreux que votre planÚte Terre »

« Uranusien ?? » questionna Jessica, les sourcils froncés.

« Oui, Uranusien. LĂ  aussi, je vous dois quelques explications. Alors tout d’abord, je ne viens pas de ce dĂ©sert qui fait parti de la planĂšte « Strangia ». Strangia est une planĂšte inhabitĂ©e qui ne possĂšde aucune ressource naturelle pour pouvoir y vivre. Moi, je viens d’une autre planĂšte qui s’appelle « Uranus ». C’est une planĂšte gĂ©ante qui possĂšde toutes les ressources naturelles dont nous avons besoin contrairement Ă  Strangia »

« D’oĂč le terme Uranusien » enchaĂźna Jessica. « Vous ĂȘtes donc originaire d’Uranus ? »

« Oui, c’est bien ça. Et nous avons aussi des clans au sein de notre espĂšce. Moi, je fais partie du clan des Verseau. C’est une communautĂ© rĂ©volutionnaire qui mĂšne le combat de protĂ©ger les Humains de toutes les catastrophes naturelles qui menaceraient votre planĂšte Terre comme par exemple : les inondations, les feux de forĂȘts, les sĂ©ismes, ect
 C’est notre principale cause. Et biensĂ»r, nous avons aussi la facultĂ© de pouvoir vous annoncer des messages par le biais de notre globe terrestre »

« Wahou ! Vraiment impressionnant ! Et ces messages que vous transmettez, sont-ils bons ou mauvais ? »

« Ils sont toujours porteurs d’espoir et embellissent en gĂ©nĂ©ral votre vie de terriens car nous sommes infiniment respectueux de votre espĂšce. Nous sommes des idĂ©alistes ouverts d’esprits qui acceptons la diffĂ©rence. Nous sommes totalement dĂ©nuĂ©s de mĂ©chancetĂ©. D’ailleurs, dans notre planĂšte, il n’y a ni meurtres ni corruptions »

« Vous en avez de la chance ! HĂ©las, ce n’est pas le cas, pour nous les terriens. Notre humanitĂ© a pas mal de dĂ©fauts
 »

« C’est vrai, mais il y a aussi des exceptions et vous en faĂźtes partie »

« Merci de me dire ça, Cortana mais je pense ne pas ĂȘtre parfaite non plus
 »

« Tout un chacun a ses dĂ©fauts. Personne n’est parfait mais je sais lire en vous comme dans un livre ouvert. Vous avez beaucoup de qualitĂ©s que vous ignorez »

« Ah bon ? Je ne sais pas
 Peut-ĂȘtre… »

« Si, croyez-moi
 »

Jessica trouvait que les paroles de cette Ă©trange jeune femme Ă©taient sages et pleines d’esprit. Elle commençait Ă  lui faire davantage confiance et mĂȘme Ă  l’apprĂ©cier


Peut-ĂȘtre qu’en fin de compte, elle lui ouvrirait l’esprit sur certaines choses de la vie et que c’Ă©tait Ă©crit dans son destin de tomber sur elle, dans ce dĂ©sert…

Cependant, il y avait encore une question qui la turlupinait Ă  son sujet…

« Tout Ă  l’heure, vous avez mentionnĂ© que dans votre planĂšte, vous ne connaissiez ni le meurtre, ni la corruption
 »

« Oui, c’est vrai »

« Mais alors pourquoi est-ce que vous avez de telles griffes aux doigts ? »

Cortana regarda une de ses mains qui maintenait le globe. Son regard semblait lointain comme si cette question l’avait dĂ©rangĂ©e..

« Excusez-moi Cortana. Je n’aurais jamais dĂ» vous poser cette question et
 »

« Mais non, pas du tout » coupa t-elle aussitÎt en la fixant à nouveau de ses grands yeux noirs opaques.

« Votre question est trĂšs pertinente et je vais y rĂ©pondre. Il est vrai que ces ongles sont assez effrayants mais c’est ainsi que nous sommes nĂ©s. Nous ne pouvons pas les couper ni mĂȘme les raccourcir car ils sont en acier. Ces griffes nous servent Ă  nous protĂ©ger des terriens qui nous voudraient du mal et uniquement dans ce cas-lĂ  »

« Je vois… DĂ©solĂ©e pour cette question… Je comprends mieux Ă  prĂ©sent
 »

« Il n’y a pas de mal Jessica. C’est bien que vous m’ayez posĂ© cette question. Au moins, vous arriverez Ă  mieux connaĂźtre mon espĂšce. Avez-vous d’autres questions ? »

« Heu
 Que va-t-il se passer maintenant ? Il s’est dĂ©jĂ  Ă©coulĂ© 30 minutes, je pense… »

« Oui, c’est exact. Le globe va bientĂŽt vous annoncer votre message. Mais avant tout, pourriez-vous vous rapprocher un peu plus prĂšs de lui ? Rassurez-vous, il ne vous fera aucun mal »

Jessica hĂ©sita quelques secondes puis finit par se rapprocher du globe terrestre qui se mit subitement Ă  clignoter d’une incandescente lumiĂšre rouge.

« Que se passe-t-il !! » s’écria-t-elle paniquĂ©e.

« Ne vous inquiĂ©tez pas. C’est tout Ă  fait normal. À prĂ©sent, regardez bien le globe et ne dĂźtes plus un mot. C’est important que vous suiviez mes consignes. Entendu ? »

« Entendu »

Entre les mains de Cortana, le globe terrestre clignota encore 3 fois de suite de la mĂȘme incandescente lumiĂšre rouge puis se mit soudainement Ă  vibrer. À ce moment-lĂ , Cortana retira ses mains de celui-ci et fit un pas en arriĂšre tout en ne le quittant pas des yeux.

Comme par magie, le globe resta suspendu en apesanteur et totalement immobile.

L’instant d’aprĂšs, il se mit Ă  tourner lentement sur lui-mĂȘme dans le sens des aiguilles d’une montre sous le regard hypnotisĂ©e de Jessica qui n’en loupait pas une miette


Incroyable ! se dit-elle tout en se demandant comment il pouvait rester ainsi en apesanteur et pourquoi s’Ă©tait-il mis soudainement Ă  tournoyer


Cortana observait également la rotation du globe. Elle semblait concentrée.

Brusquement, le globe s’arrĂȘta de tournoyer et s’immobilisa net. Qu’allait-il bien se passer maintenant ? s’inquiĂ©ta Jessica qui n’en pouvait plus de ce suspens.

Soudainement, un phénomÚne des plus étrange commença à se produire devant ses yeux ébahis.

Les continents sculptĂ©s en relief venaient de se surĂ©lever simultanĂ©ment et s’étaient ainsi dĂ©tachĂ© de leurs ocĂ©ans respectifs.

Toujours tenue en haleine, Jessica ne quittait pas des yeux le globe.

Brusquement, le continent africain se surĂ©leva davantage et prit alors une hauteur bien plus Ă©levĂ©e que tous les autres continents avant de commencer Ă  s’illuminer progressivement d’une douce lumiĂšre verte qui devint finalement verte fluo.

Ainsi, L’Afrique et la grande Ăźle de Madagascar se diffĂ©renciaient de tous les autres continents qui avaient gardĂ© leur mĂȘme couleur grisĂątre.

Encore un phénomÚne des plus étrange se dit intérieurement Jessica mais néanmoins trÚs beau.

Cortana et elle suivaient des yeux l’Ă©volution de ce globe qui n’Ă©tait vraiment pas ordinaire.

Soudainement, L’Afrique qui Ă©tait tout illuminĂ©e de vert fluo se dĂ©tacha complĂ©tement de la boule terrestre telle une piĂšce de puzzle que l’on retirerait de son support et tomba sur le sable, juste aux pieds de Jessica.

En touchant le sol sablonneux, la piĂšce de puzzle de L’Afrique quitta aussitĂŽt sa lumiĂšre verte fluo et repris sa couleur grisĂątre du dĂ©but.

InterloquĂ©e, Jessica la regarda quelques secondes avant de jeter un regard interrogateur Ă  Cortana qui n’avait pas quittĂ© son sourire lĂ©gendaire.

« Il s’agit de la premiĂšre interprĂ©tation de votre message » lui dit-elle en pointant du doigt la piĂšce de puzzle qui reposait sur le sable. « Il vous en reste encore une » ajouta t-elle.

« Encore une ?? » s’exclama Jessica.

« Oui. Ensuite, vous devrez rassembler les 2 interprétations pour pouvoir composer votre message »

« Mais je ne comprends pas. Je devrais donc deviner de quel message il s’agit ? »

« Oui, c’est tout Ă  fait ça. Je n’ai pas voulu vous en faire part tout Ă  l’heure car je savais que cela vous aurait tracassĂ©. Mais ne vous inquiĂ©tez pas Jessica, je suis certaine que vous finirez par trouver de quoi il s’agit »

« C’est donc un jeu de rĂ©bus ? Mais pourquoi tant de mystĂšre et ne pas tout simplement me rĂ©vĂ©ler directement ce fameux message ? »

« Tout ceci ne vient pas de moi Jessica mais du globe terrestre. Il vous suffit de jouer le jeu et tout se passera bien. Toute chose ne vient pas toujours Ă  vous d’un seul claquement de doigt. Parfois les difficultĂ©s ont leurs avantages. Elles vous permettent de vous rĂ©vĂ©ler. Je suis certaine que tout se passera bien. Croyez moi et ayez confiance »

Jessica fit la moue puis fini par acquiescer d’un signe de tĂȘte.

« Alors, pour l’instant, ne vous occupez pas de la piĂšce de puzzle de L’Afrique » dit Cortana. « Laissez-la, telle qu’elle est, posĂ©e sur le sable et venez plutĂŽt regarder d’un peu plus prĂšs le globe terrestre »

Jessica s’exĂ©cuta sans rechigner.

À prĂ©sent, elle se trouvait trĂšs proche du globe qui Ă©tait toujours en apesanteur.

En l’observant, elle remarqua du premier coup d’Ɠil, sur son pourtour, la prĂ©sence d’une ouverture assez profonde qui avait la forme et les contours de L’Afrique. Elle compris aussitĂŽt qu’il s’agissait de l’emplacement oĂč Ă©tait positionnĂ©e la piĂšce de puzzle qui s’Ă©tait brusquement Ă©jectĂ©e tout Ă  l’heure. À sa place, il y avait un trou assez large dans lequel on pourrait aisĂ©ment y plonger une main.

En ne le quittant pas des yeux, elle demanda Ă  Cortana :

« Il y a une ouverture Ă  l’emplacement de L’Afrique et je voudrais savoir si je peux y plonger ma main… »

« Oui, allez-y Jessica. Vous ĂȘtes sur la bonne voie »

Sans plus attendre, Jessica plongea sa main droite Ă  l’intĂ©rieur du large trou. Ses doigts rencontrĂšrent alors quelque chose de plus ou moins dur mais elle ne savait pas trop de quoi il s’agissait. À force de le triturer du bout des doigts, elle en dĂ©duisit que cela pouvait ĂȘtre sans doute une petite carte plastifiĂ©e. Pour en avoir le cƓur net, elle essaya d’attraper l’objet entre son index et son majeur mais Ă  chaque fois il lui glissait des doigts. Elle souffla d’agacement. DĂ©cidĂ©ment, ce satanĂ© message Ă©tait sacrĂ©ment coriace. Elle ne se dĂ©couragea pas et se concentra Ă  nouveau. Quelques minutes s’écoulĂšrent.

« AllĂ©luia !! Je l’ai enfin !!! » s’écria-t-elle de joie.

« Ravie de l’entendre Jessica. Vous devrez garder pour vous ce qu’il y a d’écrit sur cette carte et en aucun cas me le divulguer. C’est une des rĂšgles du jeu du globe terrestre »

« OK, j’ai bien compris »

Avec hĂąte, Jessica regarda la petite carte qu’elle tenait dans sa main. Il s’agissait d’une carte de visite plastifiĂ©e de couleur bleue ciel. Sur le recto Ă©tait reprĂ©sentĂ©e l’image d’un trĂšfle Ă  4 feuilles tandis que sur le verso, on pouvait lire en lettres majuscules et caractĂšre gras le mot suivant : « RUOSIS »

Jessica rĂ©pĂ©ta plusieurs fois le mot « RUOSIS » dans sa tĂȘte pour voir si quelque chose lui reviendrait Ă  l’esprit mais pour l’instant, il n’y avait rien de bien concluant.

« Je verrai ça plus tard » murmura t-elle entre ses dents. « Et je finirai bien par trouver… » ajouta t-elle dans son for intĂ©rieur tout en retournant la carte entre ses doigts.

Cortana s’avança doucement vers elle avec cet Ă©ternel sourire sur les lĂšvres. Jessica la regarda en coin.

Visiblement, elle avait l’air de vouloir lui dire quelque chose alors elle dĂ©posa prestement la carte de visite sur le sable juste Ă  cotĂ© de la piĂšce de puzzle de L’Afrique et attendit que Cortana se rapprocha d’elle.

Sans son Ă©normissime globe terrestre qui lui mangeait entiĂšrement le buste jusqu’Ă  la taille ; Jessica pouvait enfin voir l’ensemble de son corps qui Ă©tait revĂȘtu d’un haut noir tout simple ainsi que d’une jupe noire moulante qui lui allait fort bien. HabillĂ©e ainsi, elle avait une certaine allure et ressemblait beaucoup Ă  une humaine. C’Ă©tait vraiment une jolie jeune femme se dit-elle mis Ă  part ses grandes mains dĂ©mesurĂ©es armĂ©es de griffes. Mais depuis leur rencontre, elle avait fini par s’y habituer.

« Vous vouliez me dire quelque chose ? » s’empressa t-elle de lui demander avec un petit sourire.

« Oui, en effet Jessica. Ma mission auprĂšs de vous est terminĂ©e et Ă  prĂ©sent je dois rejoindre ma planĂšte oĂč les miens m’attendent »

« Vous devez déjà partir ? Mais que ferais-je ici sans vous, dans ce désert ? »

« Vous ne serez pas longtemps seule. Une autre personne se manifestera une fois que je serai partie et une surprise vous attendra »

« Une autre personne ?? Et une surprise ?? » s’exclama Jessica.

« Oui. Je vous en parlerai avant mon départ. Mais avant cela, je voulais vous remercier Jessica »

« Me remercier ? »

« Oui. Parce que vous ĂȘtes quelqu’un de bien et que vous avez su me faire confiance. Vous vous ĂȘtes intĂ©ressĂ©e Ă  mes origines, Ă  mon peuple
 Tout ceci m’a beaucoup touchĂ©e
 C’est pourquoi, je tenais Ă  vous remercier »

« Merci de me dire ça. Moi aussi, je tenais Ă  vous remercier car vous m’avez appris beaucoup de choses que je n’oublierai jamais. Vous ĂȘtes Ă©galement quelqu’un de bien »

« Merci Jessica »

« Merci à vous »

« À prĂ©sent Jessica, si vous le voulez bien, je dois vous informer de ce qui se passera aprĂšs mon dĂ©part. Vous ĂȘtes prĂȘte Ă  Ă©couter bien attentivement mes consignes ? »

« Oui, je vous écoute »

« Lorsque je quitterai ces lieux, un homme tombera du ciel. Ce sera un Android ou si vous voulez un robot humanoĂŻde. Il viendra Ă  vous et vous demandera de lui remettre les interprĂ©tations que vous avez en votre possession : la piĂšce de puzzle de L’Afrique ainsi que la carte que vous avez trouvĂ© Ă  l’intĂ©rieur du globe terrestre. Vous devrez les lui remettre. Ensuite, concernant ces 2 interprĂ©tations, il vous posera quelques questions dont j’ignore totalement. Une fois que vous y aurez rĂ©pondu, il se passera un phĂ©nomĂšne et Ă  partir de ce moment lĂ , vous dĂ©couvrirez enfin votre surprise. VoilĂ , je vous ai tout dit »

« Mais de quel phĂ©nomĂšne s’agit-il ? »

« Je ne peux vous le dire Jessica. Je suis désolée. Mais ne vous inquiétez pas, tout se passera bien »

« Alors, je vous fais confiance
 Heu, j’aurai une derniĂšre question s’il vous plaĂźt »

« Allez-y. Je vous écoute »

« VoilĂ , ne le prenez surtout pas mal mais je voudrais savoir pourquoi vous avez constamment un sourire sur votre visage depuis que l’on s’est rencontrĂ©es ? »

« Vous ĂȘtes trĂšs observatrice Jessica. Cela vous a-t-il ennuyĂ©e ou agacĂ©e ? »

« Non, pas du tout mais je dois bien avouĂ© que cela m’avait un peu dĂ©routĂ©e au dĂ©but. Un sourire est plutĂŽt agrĂ©able Ă  regarder. Mais c’est juste, que vous n’aviez que cette expression sur le visage depuis notre rencontre alors cela a fini par attiser ma curiositĂ© ; d’oĂč ma question »

« Et c’est une question trĂšs pertinente. Je vais vous en donner la raison. J’ai toujours ce sourire parce que dans ma communautĂ©, nous ne connaissons ni la tristesse, ni la souffrance. Ainsi, nous sommes toujours heureux et c’est pourquoi nous souhaitons faire montrer cette belle image de nous vis-Ă -vis de vous les Terriens. D’oĂč ce sourire constant sur notre visage. C’est une conception que nous avons adoptĂ©e et que nous souhaitons perdurer »

« C’est une belle conception, je trouve. Merci pour cette explication Cortana »

« Merci Ă  vous Jessica. À prĂ©sent, je dois vous quitter. J’ai Ă©tĂ© trĂšs heureuse de faire votre connaissance. Je comprends tout Ă  fait qu’au dĂ©but, vous ayez eu peur de moi lors de notre rencontre. Surtout ne changez rien, Jessica. Vous ĂȘtes quelqu’un de bien et de bien belles choses vous attendent encore sur votre Terre, sachez-le »

« Merci Cortana »

« Merci Ă  vous. Je suis navrĂ©e mais il est temps que je m’en aille maintenant. Je vous dis donc au-revoir et peut-ĂȘtre Ă  bientĂŽt. Et n’oubliez pas tout ce que je viens de vous dire »

« Promis. Au-revoir Cortana ! »

Dans le dĂ©sert inondĂ© d’une douce lumiĂšre mauve, les deux jeunes femmes Ă©taient en train de se dire au-revoir. À proximitĂ© d’elles, le globe terrestre Ă©tait toujours en apesanteur et totalement immobile.

L’instant Ă©tait trĂšs Ă©mouvant, si bien que Jessica ne put s’empĂȘcher d’avoir quelques larmes aux yeux.

Elle n’aurait jamais crĂ» dans sa vie pouvoir tomber sur une telle personne dans ce dĂ©sert immense.

Une personne qui au prime abord lui avait fait peur mais qui par la suite lui avait donné une belle leçon de vie.

Une personne venue d’ailleurs qui avait de bien belles valeurs. Une rencontre unique et des plus improbable qu’elle n’oublierai jamais.

« Au-revoir Cortana ! Et merci pour tout »

« Au-revoir Jessica »

Suite Ă  ces mots, Cortana s’avança vers le globe terrestre et le prit Ă  nouveau entre ses si grandes mains puis tourna la tĂȘte en direction de Jessica pour lui adresser un dernier au-revoir avec le plus beau des sourires.

Jessica lui rendit le sien avec une certaine Ă©motion…

À cet instant prĂ©cis, elle pensa qu’elle n’oublierai jamais ce visage si souriant


Leurs regards se croisùrent pour la derniùre fois


À prĂ©sent, Cortana Ă©tait en train de se concentrer tout en regardant le ciel mauve Ă©toilĂ©. Ça y est, elle Ă©tait fin prĂȘte Ă  partir pour rejoindre sa planĂšte Uranus oĂč tous ses congĂ©nĂšres l’attendaient.

L’air triste, Jessica la suivait du regard. Une larme venait de couler sur sa joue.

Le globe terrestre entre ses mains ; les pieds de Cortana commencĂšrent Ă  se surĂ©lever lentement du sol sablonneux jusqu’Ă  ne plus le toucher puis se retrouvĂšrent en apesanteur, Ă  quelques mĂštre au-dessus de Jessica.

Elle se concentra quelques secondes avant de subitement se propulser vers le haut telle une fusée et fendre les airs à une vitesse vertigineuse.

En un clignement d’Ɠil, elle venait de totalement disparaĂźtre…

Dans le ciel mauve Ă©toilĂ©, seule la trace d’une longue traĂźnĂ©e blanche et vaporeuse pouvait encore tĂ©moigner de son passage Ă©clair mais dans quelques minutes, elle aussi ne tarderait pas Ă  s’effacer


Cortana était bel et bien partie et Jessica se retrouverait à nouveau seule dans ce vaste désert aride.

Elle dĂ©tourna son regard du ciel puis ramassa sur le sable la piĂšce de puzzle ainsi que la carte de visite qu’elle rangea directement Ă   l’intĂ©rieur de la grande poche avant de sa longue tunique. Comme la piĂšce du puzzle Ă©tait beaucoup trop grande ; elle dĂ©passa lĂ©gĂšrement de sa poche.

À cet instant prĂ©cis, elle ne savait pas trop quoi faire alors elle dĂ©cida de marcher comme elle l’avait fait au dĂ©but de son aventure.

Le temps s’écoula sans que rien ne se passa.

Les rayons ardents du soleil Ă©taient peut-ĂȘtre absents mais la chaleur, elle ; Ă©tait toujours autant omniprĂ©sente


Les coups de vents s’étaient attĂ©nuĂ© et se faisaient de plus en plus rare.

Tout en marchant, Jessica jetait de temps en temps un regard furtif au ciel mais aucun homme robot ne semblait vouloir en tomber


Lorsqu’elle Ă©tait en compagnie de Cortana elle n’avait plus du tout Ă©prouvĂ© cette soif qui l’avait tant gĂȘnĂ©e lors de sa marche Ă  travers ce dĂ©sert mais voilĂ  qu’Ă  prĂ©sent, cela lui reprenait
 Mais pourquoi donc ?

Elle avait de nouveau cette folle envie de boire un grand verre de coca-cola bien glacĂ© tellement son gosier Ă©tait sec alors qu’en la prĂ©sence de Cortana, pas du tout


Comme tout cela Ă©tait Ă©trange et incomprĂ©hensible…

C’était un point dont elle n’arrivait pas encore Ă  Ă©claircir et qui l’agaçait car cette soif l’empĂȘchait de bien terminer son aventure…

Elle commençait Ă  se dĂ©courager lorsque soudain elle entendit un son qui provenait du ciel. Le son s’amplifia de plus en plus. Il s’agissait d’une mĂ©lodie. Une musique qu’elle connaissait bien et qu’elle aimait particuliĂšrement. Elle l’écouta tout en scrutant le ciel mauve Ă©toilĂ©.

Comme cette musique Ă©tait belle ! Mais comment diable avait-t-elle pu surgir de ce ciel ? Il n’y avait point d’appareils pour pouvoir la transmettre. Encore une fois, une bizarrerie de ce dĂ©sert


Elle s’était arrĂȘtĂ© de marcher et Ă©coutait la douce mĂ©lodie en ne cessant de scruter les moindres recoins du ciel. Toujours pas d’homme robot…

Elle avait parlĂ© trop vite. Soudain la musique s’arrĂȘta. Au milieu du ciel, surgi comme par enchantement, le fameux Android. Mais ce qui Ă©tait encore plus bizarre, c’est qu’il n’avait pas de tĂȘte.

Elle ne s’attendait vraiment pas Ă  ça et fut quelque peu dĂ©contenancĂ©e. Encore une fois, il faudrait qu’elle fasse avec et qu’elle accepta cette bizarrerie hĂ©tĂ©roclite
 De toute façon, elle n’avait guĂšre le choix


L’homme android tenait Ă  la main droite un grand parapluie ouvert de couleur rouge qui lui permettait de voler et de descendre du ciel avec plus ou moins de rapiditĂ© selon les caprices du vent.

Ainsi, il Ă©voluait tranquillement dans les airs telle la cĂ©lĂšbre Mary Poppins et n’allait plus tarder Ă  atterrir.

Au fur et Ă  mesure qu’il se rapprochait davantage d’elle et du sol sablonneux ; Jessica lui trouva une allure des plus austĂšre mais nĂ©anmoins trĂšs Ă©lĂ©gante. Il portait un costume trois piĂšces de couleur sombre avec une cravate qui semblait ĂȘtre grise ainsi que des chaussures noires.

Elle avait vraiment hĂąte de se retrouver enfin face Ă  lui mais avait tout de mĂȘme une certaine apprĂ©hension vu qu’il n’avait pas de tĂȘte.

De toute façon, elle le saurait bien assez vite vu que dans une poignĂ©e de quelques secondes il toucherait bientĂŽt le sol


Ce qui fut le cas…

L’homme Android venait d’atterrir en douceur dans un nuage de poussiùre sous le regard quelque peu inquiet de Jessica.

Soudain, les rebords du tissu de son parapluie se mirent étrangement à brûler.

« Votre parapluie est en train de brûler ! » lui cria t-elle affolée.

L’Android qui tenait toujours dans sa main droite la poignĂ©e de son parapluie, ne rĂ©agissa pas. Il faut dire qu’il n’avait ni tĂȘte, ni oreilles
 La communication promettait d’ĂȘtre compliquĂ©e


« Votre parapluie ! Il est train de brûler ! » répéta-t-elle en criant un peu plus fort.

À prĂ©sent, les petites flammĂšches Ă©taient devenue de grandes flammes et elles lĂ©chaient dangereusement une large moitiĂ© du tissu du parapluie. BientĂŽt elles finiraient par l’envahir totalement.

Prise de panique, Jessica allait de nouveau crier trùs fort lorsque soudainement, L’homme Android lança à quelques mùtres de lui le parapluie en flamme.

L’avait-il entendu ? Un peu abasourdie, Jessica regarda cet Ă©trange homme sans tĂȘte qui Ă  prĂ©sent, marchait d’un pas dĂ©cidĂ© vers elle.

Pendant ce temps lĂ , non loin d’eux, le parapluie continuait toujours de se consumer et au bout de quelques secondes, il ne resta de lui qu’une carcasse noircie et fumante qui reposait sur le sable ocre.

L’Homme se retrouva maintenant face Ă  elle.

« Je vous avais bien entendu Jessica » dit-il subitement. « Je savais parfaitement que mon parapluie Ă©tait en train de brĂ»ler et je l’aurai Ă©videmment jetĂ©. C’est toujours ainsi, lorsque nous venons Ă  Strangia. Les parapluies finissent par s’enflammer » continua-t-il dans une voix qui semblait sourire.

Un Android qui fait maintenant de l’humour se dit Jessica en virant les yeux au ciel. J’aurai vraiment tout vu dans ce dĂ©sert…

Un peu perplexe, Jessica regarda l’homme sans tĂȘte en se demandant d’oĂč pouvait bien sortir le son de sa voix. En l’observant, elle remarqua que son cou Ă©tait fermĂ© Ă  l’horizontal d’un couvercle rond qui semblait ĂȘtre de l’acier.

« Vous me paraissez un peu perdue et inquiĂšte » dit L’Android d’un ton amusĂ©. « Mais rassurez-vous, tout se passera bien » ajouta t-il.

Jessica ne savait quoi lui répondre.

Voyant qu’elle restait sans voix, L’Android continua sur le mĂȘme ton :

« Avant que vous ne me posiez la question qui vous taraude l’esprit ma chĂšre Jessica, je prĂ©fĂšre anticiper. VoilĂ , en ce qui concerne ma voix ; elle provient de l’intĂ©rieur de mon cou. C’est une sorte de boĂźtier Ă©lectronique implantĂ©e sur la paroi de ma gorge et qui me permet de parler mais aussi d’entendre. Ainsi je peux engager une conversation et Ă©couter tous types de sons. Maintenant, en ce qui concerne mes yeux, vous ne pourrez pas les voir non plus. Ils se trouvent sur ma gorge et non Ă  l’intĂ©rieur de celle-ci. Ce sont des lentilles oculaires ultra perfectionnĂ©es et invisibles Ă  l’Ɠil nu qui me permettent de voir mais aussi de mĂ©moriser tout ce que je regarde par des images photographiques que j’ai la possibilitĂ© d’enregistrer via mon disque dur interne qui se situe Ă  l’intĂ©rieur de mon corps »

« wahou !! J’avoue que je n’en reviens pas ! Et donc vous m’entendez et vous me voyez ? »

« Oui, tout Ă  fait. Et je peux vous dire que ma vue est excellente et que mon ouĂŻe est trĂšs fine. Tout Ă  l’heure, je vous ai vu virer les yeux au ciel »

« Wahou !! Tout Ă  fait surprenant ! Je suis dĂ©solĂ©e pour tout Ă  l’heure
 »

« Il n’y a pas de souci. Il faut dire que vous ne vous attendiez pas Ă  tomber sur un Android sans tĂȘte »

« Oui, c’est vrai. Mais en ce qui concerne votre adorat ? Vu que vous n’avez pas de nez. Comment avez-vous su que votre parapluie brĂ»lait ? »

« Il est vrai que je n’ai pas de nez et donc aucun sens de l’odorat mais je possĂšde un dĂ©tecteur de fumĂ©es Ă  l’intĂ©rieur de mon cou qui me prĂ©vient en cas d’Ă©ventuelles fumĂ©es d’incendie ou encore chimiques. Le dĂ©tecteur me renseigne Ă©galement sur la nature de l’incendie. C’est pourquoi, tout Ă  l’heure, je savais que c’Ă©tait mon parapluie qui brĂ»lait. De toute façon, Ă  chaque fois que je viens ici, c’est comme ça Ă  cause de l’air qui est trop chaud
 »

« Ah, d’accord
 Je comprends mieux. Votre crĂ©ateur vous a bien conçu »

« Oui, c’est vrai. Et vous savez, j’Ă©prouve Ă©galement certaines Ă©motions comme les humains. Je peux faire de l’humour, ĂȘtre triste ou encore avoir peur. Pas mal d’émotions en somme qui font parti de ma base de donnĂ©e informatisĂ©e mais par contre je ne connais pas le sentiment amoureux. Cela n’a pas Ă©tĂ© inclus dans ma programmation lors de ma crĂ©ation. Ce qui veut dire, que je ne serai jamais totalement comme vous ou encore Cortana »

« Vous connaissez Cortana ? Elle m’a parlĂ© de vous avant son dĂ©part »

« Oui, je la connais. Mais que depuis une trentaine de minutes seulement »

« Comment ça ? Je ne comprends pas »

« Eh bien, je l’ai rencontrĂ© dans le ciel lors de mon voyage en parapluie. J’avais pour mission de visiter une planĂšte inconnue lorsque je suis tombĂ©e sur elle par hasard. Nous nous sommes alors entretenu ensembles durant quelques instants. Et au cours de cet entretien, elle m’a donnĂ© quelques instructions Ă  votre sujet puis nous nous sommes quittĂ©. Et me voici ici, maintenant avec vous »

« Et donc, elle vous a transmis ses instructions. Quelles sont-elles ? »

« Avant d’en arriver lĂ , je tiens tout d’abord Ă  me prĂ©senter. Je me nomme Titanium. Je suis un Android homme, entiĂšrement conçu et crĂ©Ă© par les Uranusiens. Ma fonction principale est de visiter les planĂštes inexplorĂ©es et inhabitĂ©es afin d’y dĂ©couvrir Ă©ventuellement des vies extra-terrestre diffĂ©rentes de celle du peuple Uranusien et dans le mĂȘme temps, d’y dĂ©couvrir Ă©galement des ressources naturelles qui y seraient cachĂ©es. J’ai pour instruction ensuite de rapporter sur la planĂšte Uranus mes prĂ©lĂšvements d’échantillons organiques afin de les faire analyser ainsi que toutes mes recherches effectuĂ©es sous forme de films vidĂ©os et de photographies. En quelque sorte, on peut dire que je suis un explorateur du futur »

« C’est un travail passionnant que vous avez. Mais ce n’est pas trop risquĂ© d’aller explorer tout seul ces planĂštes inconnues ? Vous pourriez tomber sur un alien dangereux par exemple »

« Eh bien, cela dĂ©pend des planĂštes biensĂ»r. Mais pour l’instant je ne suis jamais tombĂ© sur un alien. Et puis je n’y vais pas toujours seul. Parfois, je peux y aller en binĂŽme selon les directives de mes crĂ©ateurs et le type de mission. Mais je dois avouer que j’aime effectuer mon travail en solitaire ; cela ne me pose aucun problĂšme »

« Et il y en a beaucoup des comme vous ? »

« Non, nous ne sommes que 4  sur la planÚte Uranus »

« Mais sans tĂȘte ? Avec les mĂȘme particularitĂ©s physique que vous ? »

« Oui, exactement pareil et du mĂȘme sexe. Nous sommes Ă©galement habillĂ©s de la mĂȘme façon »

« Et vous ĂȘtes construit Ă  partir de quelle matiĂšre ? »

« De l’acier, du verre, du mĂ©tal et des fils Ă©lectroniques. On ressemble un peu Ă  des ordinateurs hybrides »

« Mais pourquoi avez-vous Ă©tĂ© conçu sans tĂȘte ? »

En entendant la question, Titanium se mit Ă  rire.

« Eh bien
 Je savais que vous finiriez par me poser cette question et c’est bien normal, d’ailleurs. Nous avons Ă©tĂ© conçu ainsi pour crĂ©er un effet de surprise oĂč encore attiser la curiositĂ©. En n’ayant pas de tĂȘte, nous dĂ©stabilisons tout ĂȘtre vivant et forcĂ©ment nos adversaires oĂč ennemis si jamais nous en croisions sur notre route lors de nos explorations dans les planĂštes inconnues. De cette maniĂšre, nous nous protĂ©geons et nous anticipons tous les mauvais coups. N’avoir pas de tĂȘte comme vous les humains ou encore les Uranusiens est en quelque sorte notre force et notre diffĂ©rence »

« Je comprends et je dois bien reconnaĂźtre que cette diffĂ©rence n’est vraiment pas commune. Bravo Ă  votre concepteur qui a eu une idĂ©e trĂšs originale »

« Merci Jessica. Cortana ne s’était pas trompĂ© sur vous en me disant que vous Ă©tiez une personne tolĂ©rante et ouverte d’esprit »

« Elle vous a dit ça ? »

« Oui et elle a rajouté également que vous étiez une personne bien »

« J’en suis touchĂ©e et je dirais la mĂȘme chose sur elle. C’est une personne qui a beaucoup de sagesse. Mais dites-moi, jamais encore vous ne l’aviez rencontrĂ© sur la planĂšte Uranus ? »

« Non, jamais. Mais vous savez, on ne se connaĂźt pas tous Ă  Uranus. C’est une grande planĂšte »

« Oui, c’est vrai, vous avez raison
 »

« À prĂ©sent Jessica, si vous n’y voyez pas d’inconvĂ©nient, j’aimerais passer Ă  la mission « MESSAGE » Ă  laquelle je suis chargĂ©. C’est ainsi que Cortana l’a nommĂ©e. Peut-on commencer ? »

« Oui, biensĂ»r
 Allez-y »

« TrĂšs bien. Voici les instructions : PremiĂšrement, vous devez me remettre les 2 interprĂ©tations et une fois que ce sera fait, en deuxiĂšme Ă©tape, je vous poserai quelques questions Ă  ce sujet. Vous ĂȘtes prĂȘte ? »

« Oui, je suis prĂȘte »

« Pouvez-vous me remettre les 2 interprĂ©tations s’il vous plaĂźt ? »

« Oui, attendez »

Jessica sortit les 2 interprĂ©tations de la grande poche de sa tunique puis les tendit Ă  Titanium qui les prit l’une aprĂšs l’autre.

Ainsi la piĂšce de puzzle de L’Afrique se retrouva dans sa main droite tandis que l’autre maintenait la carte de visite.

Soudain, la plaque d’acier ronde qui recouvrait le dessus de son cou Ă  l’horizontal s’ouvrit telles les portes d’un ascenseur et laissa apparaĂźtre un vĂ©ritable trou bĂ©ant qui ressemblait Ă  un gros tuyau ouvert Ă  son embout.

Comme elle Ă©tait Ă  sa hauteur et juste en face de lui ; elle put voir aisĂ©ment ce qu’il y avait Ă  l’intĂ©rieur de ce gros tuyau. Sur les parois, il y avait tout un tas d’enchevĂȘtrement de fils Ă©lectroniques tandis qu’au centre, il n’y avait rien du tout.

Soudain, sous ses yeux Ă©bahis, elle vit les deux mains de Titanium se lever au-dessus de son cou et jeter simultanĂ©ment la piĂšce de puzzle ainsi que la carte de visite Ă  l’intĂ©rieur de celui-ci.

Les 2 interprĂ©tations venaient d’ĂȘtre engouffrĂ©es comme si elles avaient Ă©tĂ© littĂ©ralement avalĂ©es…

« Voici, c’est fait » dit Titanium. « À prĂ©sent, je vais vous poser quelques questions. Vous ĂȘtes prĂȘte Jessica ? »

Jessica se remit un peu de ses Ă©motions. Ce n’Ă©tait pas si Ă©vident de devoir revenir Ă  la rĂ©alitĂ© aprĂšs ce qu’elle venait de voir…

« Oui, je
 Enfin, oui, je suis prĂȘte » balbutia t-elle.

L’Android, lui, semblait imperturbable et continuait sa mission.

« Pouvez-vous me dire tout ce qui vous vient en tĂȘte concernant l’une de ces interprĂ©tations s’il vous plaĂźt ? Vous commencez par celle que vous voulez »

« Heu
 Oui
 Eh bien
 Je vous parlerai de la piĂšce de puzzle qui reprĂ©sente l’Afrique. Je ne sais pas si cela a un rapport quelconque mais bon je me lance. Autrefois, je faisais pas mal d’expatriations Ă  l’étranger et notamment en Afrique. Peut-ĂȘtre que cela a un lien avec le message que je dois recevoir. VoilĂ , c’est tout ce que je peux vous dire Ă  ce sujet »

« TrĂšs bien. Pour l’instant, vous vous en sortez plutĂŽt bien Jessica. Bon, maintenant, parlez moi de la seconde interprĂ©tation. Dites-moi tout ce qui vous passe par la tĂȘte. Je vous Ă©coute »

« Eh bien
 Il s’agit d’une carte de visite de couleur bleue ciel. Sur le recto, je me souviens qu’il y avait le dessin d’un trĂšfle Ă  4 feuilles. Pour moi, le trĂšfle est synonyme de chance et de porte bonheur. Sinon, je ne vois vraiment pas ce que je pourrais dire de plus Ă  ce sujet. Par contre, je me souviens que sur le verso de la carte, il y avait Ă©crit en lettre majuscules et caractĂšre gras le mot : RUOSIS. Mais que vous dire lĂ -dessus ? Pendant que je marchais dans le dĂ©sert, je me suis beaucoup triturĂ© le cerveau en ce qui concernait cet Ă©trange mot et Ă  force de chercher en inversant les lettres de leur place, j’ai rĂ©ussi Ă  trouver le nom d’un animal et je pens
 »

« Stooop !! ArrĂȘtez-vous !! Ne me dĂźtes pas le nom de cet animal ! » cria subitement L’Android comme si une mouche venait de le piquer.

« Mais pourquoi ? » s’Ă©cria Jessica. « Je ne sais mĂȘme pas si j’ai trouvĂ© le mot juste » ajouta t-elle.

« Je peux vous affirmez que vous avez trouvĂ© le mot juste. Maintenant, ma mission est presque terminĂ©e. Écoutez bien la suite des instructions. Vous ĂȘtes prĂȘte ? »

« Oui, je crois »

« TrĂšs bien. Allons y. Dans un premier temps, vous devrez bien fermer vos yeux puis dans un deuxiĂšme temps, vous devrez crier trĂšs fort le mot : RUOSIS en le rĂ©pĂ©tant 3 fois d’affilĂ©e tout en pensant dans votre tĂȘte au nom de cet animal que vous m’avez dit avoir trouvĂ©. Une fois que vous aurez fait Ă  la lettre toutes ces instructions ; il se passera un phĂ©nomĂšne et Ă  partir de ce moment-lĂ , vous dĂ©couvrirez enfin votre surprise comme vous l’avait annoncĂ© Cortana »

« Heu
 Excusez-moi. Avant de faire tout ceci ; il y a un point sur lequel j’aimerais revenir. Il s’agit du message. Au cours de mon aventure, le globe terrestre m’avait transmis 2 interprĂ©tations que je devais dĂ©coder pour trouver le message qui m’était  destinĂ© mais le problĂšme c’est que je n’ai toujours pas trouvĂ© de quoi il s’agissait. J’ai eu beau chercher mais en vain. Connaissez-vous ce fameux message qui m’est destinĂ© ? »

« Non, je ne connais pas ce message Jessica. C’est Ă  vous de le dĂ©couvrir. Soyez certaine que je suis vraiment dĂ©solĂ© de ne pas pouvoir vous aider mais ce sont les rĂšgles du globe terrestre »

« Bon, tanpis
 Ce n’est pas grave. Je me dĂ©brouillerai. DĂ©solĂ©e de vous avoir retardĂ© »

« Il n’y a pas de mal Jessica. Je suis certain que vous trouverez bientĂŽt la rĂ©ponse Ă  cette Ă©nigme »

« Je l’espĂšre aussi »

« Pouvons-nous continuer la mission ? »

« Oui. Alors je rĂ©capitule pour ne pas me tromper. Je dois bien fermer les yeux et crier fort le mot : RUOSIS en le rĂ©pĂ©tant 3 fois d’affilĂ©e tout en pensant au nom de l’animal que j’ai trouvĂ©. C’est bien ça ? »

« Oui, c’est bien ça Jessica. Et ne trichez pas au moment de fermer les yeux. Vous devrez les garder bien fermĂ©s. C’est trĂšs important, sinon vous gĂącheriez tout. D’accord ? »

« Je ne tricherai pas. Je vous le promet »

« TrĂšs bien, je suis heureux de l’entendre. Avant de poursuivre, je voulais vous dire que j’ai Ă©tĂ© trĂšs heureux de faire votre connaissance Jessica. Et enfin, j’espĂšre que votre surprise vous plaira »

« Merci beaucoup. Moi aussi j’ai Ă©tĂ© contente de vous connaĂźtre. Et en ce qui concerne la surprise, j’ai hĂąte de la dĂ©couvrir »

« Alors, ne tardons plus ! Lorsque je crierai TOP ! Vous y allez. Compris ? »

« OK, j’ai bien compris »

Quelques secondes s’écoulĂšrent lorsque soudain elle entendit le fameux TOP ! Vite, elle ferma bien les yeux et suivi les instructions Ă  la lettre.

Les paupiĂšres toujours closes, elle se demandait Ă  quel moment elle pourrait enfin les rouvrir. Pour plus de sĂ©curitĂ©, elle prĂ©fĂ©ra attendre quelques instants. Son cƓur battait la chamade et sa respiration Ă©tait saccadĂ©e. Qu’allait-il bien se passer ?

N’y tenant plus et estimant qu’elle avait suffisamment laissĂ© de temps s’écouler, elle ouvrit aussitĂŽt les yeux. Et ce qu’elle vit la stupĂ©fia


« Oh Mon Dieu ! »s’écria t-elle, une main recouvrant sa bouche tellement son Ă©motion Ă©tait forte.

L’homme robot avait totalement disparu. À sa place, sur le sable, se trouvait une petite boule blanche qui remuait un peu. C’était un petit chaton tout blanc qui Ă©tait dressĂ© sur ses quatre pattes et qui semblait un peu perdu.

Rapidement, elle s’approcha de lui, se pencha et le prit avec douceur dans ses bras.

« Comme tu es beau ! Fais-moi voir tes jolis yeux » s’extasia t-elle en rapprochant son visage de sa petite tĂȘte blanche.

Le chaton avait des yeux d’un bleu magnifique Ă  faire fondre n’importe quel ĂȘtre humain y compris ceux qui n’aimaient pas les chats.

Quant Ă  son pelage Ă  poils courts, il Ă©tait d’un blanc immaculĂ©.

Soudain, il fit un petit miaulement si faible que Jessica aurait pu ne pas l’entendre si elle n’avait pas rapprochĂ© son visage tout prĂšs de son museau.

Visiblement, il avait un peu peur d’elle alors pour le rassurer, elle lui caressa sa petite tĂȘte toute blanche tout en lui murmurant des mots doux.

« Ne t’inquiĂšte pas mon joli chaton. N’ai pas peur, maman est lĂ  pour te protĂ©ger »

« Miaou, miaou » miaula le chaton qui à présent la fixait de ses petits yeux bleus en amande.

« Tu es si mignon. Je ne m’attendais pas du tout Ă  toi. Quelle Belle surprise »

Elle fit un petit bisou sur le bout de sa petite truffe rose qui Ă©tait bien fraĂźche et un peu humide ; signe qu’il se portait bien et qu’il Ă©tait en bonne santĂ©.

« Oh ! Je t’aime dĂ©jĂ , toi »

« Miaou » miaula Ă  nouveau le chaton qui avait Ă  prĂ©sent appuyĂ© sa tĂȘte dans le creux de son avant bras repliĂ©. Il avait trouvĂ© une place confortable et semblait beaucoup plus apaisĂ©.

Ses petits yeux Ă©taient fermĂ©s et il commençait Ă  s’assoupir paisiblement.

Avec tendresse, elle regarda ce petit ĂȘtre qui ne tarderait pas Ă  s’endormir. Il faut dire que c’était encore un bĂ©bĂ© et qu’à cet Ăąge-lĂ , les chatons dormaient beaucoup.

Son ventre doux et soyeux reposant sur son avant bras ; elle pouvait ressentir toute sa chaleur corporelle ainsi que les battements rĂ©guliers de son cƓur.

À ce moment-lĂ , elle ne put s’empĂȘcher de penser au passĂ© et revit son chat Tootsy lorsqu’il n’était qu’un bĂ©bĂ© et qu’il s’endormait alors dans ses bras tout comme celui-ci.

Elle souria puis caressa lĂ©gĂšrement de son index le sommet de sa petite tĂȘte blanche qui Ă©tait toujours enfouie dans le creux de son avant bras. Il dormait dĂ©jĂ  Ă  poing fermĂ©s.

****

La chanson du réveil de son smartphone entonna bruyamment « MYTH » de Beach House suivi quelques secondes aprÚs, de la douce voix robotisée féminine qui annonça : Il est 7H00.

La chanson reprit alors son cours. Cet air la mettait gĂ©nĂ©ralement toujours de bonne humeur et lui donnait l’envie de croquer la vie Ă  pleine dent.

Assise sur le rebord de son lit, elle attendit de retrouver ses esprits puis prit son smartphone qui reposait sur sa table de nuit. Elle ouvrit son Ă©tui portefeuille puis toucha de son index la croix qui s’affichait sur l’écran pour Ă©teindre la musique.

Au mĂȘme moment, elle aperçu tout Ă  fait en haut de l’écran les derniĂšres notifications qui s’affichaient. Elle soupira. Il y avait encore de nombreux messages. Trop de messages. Elle prendrait le temps de les lire plus tard. Pour l’instant, elle immergeait de son rĂ©veil matinal


Elle bailla longuement tout en s’étirant les bras et regarda Ă  travers les persiennes, le soleil qui brillait dĂ©jĂ . Elle aimait la saison de l’étĂ© car le soleil se levait toujours tĂŽt contrairement Ă  l’hiver qui retardait son arrivĂ©e. De toute façon, elle avait toujours dĂ©testĂ© l’hiver car la nuit tombait beaucoup trop vite Ă  cette pĂ©riode de l’annĂ©e ; ne laissant alors pas beaucoup de temps au soleil de pouvoir illuminer notre terre.

Le soleil lui rappelait son passĂ© d’expatriation Ă  l’étranger. Il lui faisait du bien et la rĂ©conciliait avec sa nouvelle vie en France. Il Ă©tait tout simplement sa source lumineuse dont elle ne pouvait se passer.

Comme elle était en congés, elle profiterait encore de cette belle matinée.

Et aujourd’hui, elle avait prĂ©vu de s’occuper des fleurs de son jardin. Il fallait impĂ©rativement qu’elle arracha toutes les mauvaises herbes qui les avaient envahi et cela promettait d’ĂȘtre une tĂąche des plus laborieuse. Mais comme elle adorait ses rosiers, elle le ferait sans protester.

Tout en prenant son petit dĂ©jeuner elle repensa Ă  son rĂȘve d’hier soir. Elle se souvenait avoir rĂȘvĂ© Ă  son chat Tootsy ainsi qu’à un immense dĂ©sert.

Un dĂ©sert dans lequel elle avait assistĂ© Ă  pas mal d’évĂ©nements inattendus et quelque peu incongru. Un dĂ©sert aride et si chaud qu’elle se souvenait avoir eu envie de boire Ă  chaque fois, un grand verre de coca-cola tellement son gosier Ă©tait sec.

Mais ce qu’elle avait le plus aimĂ© dans son rĂȘve avait bien Ă©tĂ© la sĂ©quence de la rencontre avec une jeune femme extra-terrestre qui avait su la mettre en confiance par sa grande gentillesse et son sourire permanent. Elle revoyait encore quelques bribes d’elle ainsi que du globe terrestre qu’elle tenait entre ses mains. Mais c’était Ă  peu prĂšs tout ce dont elle se souvenait.

Il lui semblait aussi qu’il y avait une histoire qui tournait autour d’un certain message qu’on devait lui transmettre ; mais lĂ  aussi ça restait vague. Par contre, elle se souvenait trĂšs clairement de la fin de son rĂȘve.

Il s’agissait d’un adorable chaton tout blanc avec de jolis yeux bleus qui ressemblait beaucoup Ă  son chat Tootsy mis Ă  part les yeux biensĂ»r…

Le petit dĂ©jeuner terminĂ©, Jessica sortit enfin dehors, une casquette de baseball sur la tĂȘte car les rayons du soleil promettaient de s’intensifier davantage au fur et Ă  mesure que la matinĂ©e avancerait.

Soudain, elle se souvint qu’elle devait absolument jeter les 3 gros sacs de poubelle qu’elle avait laissĂ© Ă  l’intĂ©rieur de son garage. Et comme elle ne voulait pas s’en charger plus tard, elle dĂ©cida de s’en occuper maintenant pour Ă©viter de le faire aprĂšs son travail de jardinage.

Sans plus attendre, elle s’empressa d’aller les chercher. Mais en en prenant un par son lien, elle trouva qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  trĂšs lourd alors elle prĂ©fĂ©ra abandonner les deux autres, le temps de jeter celui-ci.

Habituellement, elle Ă©tait tout Ă  fait capable d’en porter au moins deux Ă  la fois pour s’éviter de faire trop d’aller et retour entre sa maison et l’emplacement des bennes Ă  ordures mais lĂ , elle Ă©tait obligĂ©e de n’en porter qu’un Ă  cause de la douleur de son poignet qu’elle s’était froissĂ© il y a trois jours en Ă©laguant ses cerisiers.

Elle soupira d’agacement car elle serait obligĂ©e de faire trois aller-retour ; ce qui ne l’arrangeait pas du tout.

Comme elle Ă©tait tĂȘtue et quelque peu fainĂ©ante, elle essaya d’en porter deux Ă  la fois Ă  l’aide de sa main gauche mais constata trĂšs vite que ce n’était pas possible alors elle dĂ» se rĂ©signer Ă  n’en porter qu’un et devoir effectuer sans marmonner ses satanĂ©es aller-retour puisqu’elle n’avait guĂšre le choix.

Les quatre bennes Ă  ordures se trouvaient Ă  plusieurs mĂštres de sa maison ; alignĂ©es en bordure de la route principale oĂč son chat Tootsy s’était fait Ă©crasĂ© il y trois ans par un fichu chauffard qui n’avait mĂȘme pas daignĂ© s’arrĂȘter pour au moins dĂ©placer la petite dĂ©pouille et la mettre sur le bas-cĂŽtĂ©.

En regardant la route, elle se souvint encore du petit corps sans vie Ă©claboussĂ© de sang qui se trouvait au milieu de la route et qu’elle venait Ă  peine de dĂ©couvrir en allant justement jeter ses poubelles aux alentours de 8H00 du matin. Un horrible matin d’hiver qu’elle n’avait pas pu oublier et qui par moment lui revenait encore Ă  l’esprit.

Depuis, elle avait bien essayĂ© d’oublier cet affreux Ă©pisode de sa vie mais de temps en temps, et trĂšs prĂ©cisĂ©ment lorsqu’elle allait jeter ses poubelles, elle y repensait.

Le chemin qui allait de sa maison aux bennes Ă  ordures Ă©tait relativement loin mais elle ne se dĂ©couragea pas pour autant. Et puis le soleil Ă©tait lĂ  pour lui rĂ©chauffer le cƓur ainsi que les petits oiseaux qui chantaient gaiement dans les hauts arbres des jardins environnants.

Elle venait dĂ©jĂ  de terminer de faire deux aller-retour et se rĂ©jouissait Ă  l’avance d’en finir avec ce labeur qui n’était pas du tout sa tasse de thĂ©.

« Ouf ! Ce sera bientÎt terminé ! » soupira t-elle.

Le dernier sac de poubelle en main, elle marchait tranquillement sur le petit chemin de terre qui menait aux bennes Ă  ordures lorsqu’elle aperçu au loin un homme qui venait Ă  peine de sortir de sa voiture qui Ă©tait garĂ©e sur le bas-cĂŽtĂ© de la route, tout prĂšs de la premiĂšre benne.

Sa casquette de baseball lui cachait le visage et il semblait trĂšs pressĂ© vu la maniĂšre dont il venait de se dĂ©barrasser en vitesse de la boĂźte en carton qu’il tenait entre ses mains.

D’ailleurs, Ă  peine, Jessica venait d’arriver prĂšs des bennes qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  reparti dans un crissement de pneu.

Encore un de ses fous qui devrait Ă©viter de conduire se dit-elle en s’approchant de la premiĂšre benne.

Elle souleva son couvercle d’oĂč se dĂ©gagea une forte odeur nausĂ©abonde.

« Berk ! Dieu que ça pue ! »

Vite, elle jeta rapidement son sac Ă  l’intĂ©rieur. Mais avant de refermer le couvercle, elle cru entendre un petit bruit. Vu que la benne Ă©tait trop haute, elle se hissa sur la pointe des pieds tout en maintenant de sa main gauche le couvercle ouvert. Elle bloqua sa respiration tant l’odeur Ă©tait nausĂ©abonde et commença Ă  regarder Ă  l’intĂ©rieur. Elle ne vit rien de particulier Ă  part d’innombrables poubelles et une boĂźte de carton qui se trouvait juste au-dessus de toutes ces ordures. Elle attendit quelques secondes mais le fameux bruit qu’elle avait pourtant cru entendre ne rĂ©apparu plus.

Alors qu’elle s’apprĂȘtait Ă  fermer le couvercle, c’est alors qu’elle l’entendit Ă  nouveau et cette fois-ci de maniĂšre plus distincte. Cela ressemblait fortement Ă  un bruit Ă©touffĂ© d’un animal comme un rĂąle et il semblait provenir de la boĂźte en carton…

Vite, sans plus attendre, elle tendit le bras pour pouvoir l’attraper tout en tenant de sa main gauche le couvercle de la benne.

Ce ne fut pas simple, surtout d’une seule main mais comme elle Ă©tait tenace, elle finit par y arriver et rĂ©ussit enfin Ă  extirper la fameuse boĂźte de la benne Ă  ordures.

À prĂ©sent, elle la tenait bien fermement entre ses mains. Il s’agissait plus prĂ©cisĂ©ment d’une boĂźte Ă  chaussures pour hommes vu la paire de mocassins qui Ă©tait reprĂ©sentĂ©e dessus.

La boĂźte Ă©tait enroulĂ©e de gros ruban adhĂ©sif marron et elle semblait trĂšs lĂ©gĂšre. Pourtant, il y avait bien un animal Ă  l’intĂ©rieur vu qu’elle entendait par moment des bruits de frottements comme si celui-ci remuait. Par contre, elle n’entendit plus le rĂąle de tout Ă  l’heure..

Vite, elle s’accroupissa et dĂ©posa la boĂźte de carton sur le sol gravillonnĂ© puis Ă  l’aide de ses ongles tenta de retirer une Ă  une les bandes adhĂ©sives ; ce qui ne fut pas une tĂąche facile sans l’usage d’un objet coupant mais Ă  force de persĂ©vĂ©rance, elle fini par y arriver.

Ça y est, elle venait de terminer de retirer tous les adhĂ©sifs.

Avec hĂąte, elle retira enfin le couvercle de la boĂźte Ă  chaussures et ce qu’elle vit la fit presque tomber Ă  la renverse tant elle ne s’y attendait pas.

Un petit chaton tout blanc et tout frĂȘle aux yeux bleus la regardait. Il tremblait de tout son corps tellement il avait peur et son pelage Ă©tait rempli d’une fine poussiĂšre qui ressemblait Ă  de la terre.

Le contour de ses si jolis yeux Ă©taient vraiment sales. Cela se voyait qu’on ne s’était pas du tout occupĂ© de lui pendant un certain temps.

Elle déposa son index sur le bout de sa truffe. Fort heureusement, elle était humide et fraßche.

« Ouf
 » soupira Jessica rassurĂ©e.

C’était dĂ©jĂ  ça, vu que ce petit chaton Ă©tait tout maigre. Quelqu’un s’Ă©tait amusĂ© Ă  le maltraiter…

Soudain, elle se rappela le gars qui avait jeté la boßte de carton dans la benne.

Quel immonde fumier ! S’en prendre Ă  un animal sans dĂ©fense. Pourquoi, ne pas tout simplement le faire adopter plutĂŽt que de le jeter comme une vieille chaussette. Les personnes de son espĂšce ne devraient pas exister. Ils devraient au contraire en finir avec eux-mĂȘmes au lieu de s’acharner sur des animaux.

Vite, sans attendre une minute de plus, elle dĂ©cida de ramener chez elle sa petite merveille Ă  l’intĂ©rieur de cet immonde carton qui aurait pu l’Ă©touffer et qu’elle piĂ©tinerait bien volontiers mais plus tard


Tout le long de son trajet qui menait Ă  sa maison, elle repensa Ă  son rĂȘve d’hier soir. Elle venait de se souvenir du fameux message que le globe terrestre devait lui transmettre.

S’agissait-il de cet adorable chat qu’elle venait de rĂ©cupĂ©rer Ă  l’intĂ©rieur de la benne Ă  ordures ?

Il semblait que oui lorsqu’elle regarda les jolis yeux bleus qui ne cessaient de la fixer.

Soudain, elle se rappela de certains bribes de son rĂȘve qu’elle avait oubliĂ© et qui venaient Ă  l’instant de lui revenir en tĂȘte.

Les mots « RUOSIS », « AFRIQUE » et « TREFLE » clignotÚrent dans son esprit tels les ampoules lumineuses de Noël.

« Mais biensĂ»r ! » s’exclama t-elle tout haut.

Tout concordait parfaitement.

La piĂšce de puzzle de L’Afrique correspondait au premier chat qu’elle avait eu pour la premiĂšre fois en GuinĂ©e Ă  Conakry.

En ce qui concernait le trĂšfle qui Ă©tait dessinĂ© sur le recto de la carte de visite ; cela voulait dire qu’elle aurait bientĂŽt eu la chance et le bonheur d’avoir un chat.

Quant au mot RUOSIS qui Ă©tait Ă©crit en lettre majuscules et caractĂšres gras sur le verso de la carte ; il fallait tout simplement inverser les lettres et les mettre dans le bon ordre afin d’obtenir le nom d’un petit rongeur qui n’Ă©tait autre que la souris.

Tout le monde sait trĂšs bien que les chats aiment bien leur courir aprĂšs juste pour s’amuser ou encore dans le pire des cas, les attraper pour les manger
.

C’est alors qu’un large sourire Ă©claira le visage de Jessica.

À prĂ©sent, le soleil ne serait plus le seul Ă  lui rĂ©chauffer le cƓur.

DĂ©sormais, cette adorable merveille qui venait de lui tomber du ciel serait son plus grand bonheur


Tel Ă©tait le message qui lui Ă©tait destiné 

FIN

MĂ©tamorphose 🩋

0a16

Je me souviens encore d’un joli souvenir de mon enfance passĂ©e en GuinĂ©e Ă  Conakry. C’Ă©tait dans les annĂ©es 88 et j’avais 11 ans. Mon petit frĂšre, quant Ă  lui Ă©tait ĂągĂ© de 10 ans.

Maman adorait nous faire dĂ©couvrir tout ce qui Ă©tait en relation avec la nature : aussi bien dans le domaine vĂ©gĂ©tal qu’animal.

Depuis que nous vivions en Guinée, nous avions déjà appris pas mal de choses sur ces divers sujets et je dois bien avouer que nous aimions bien les découvrir au fur et à mesure car en matiÚre de bestioles, la Guinée en regorgeait de toutes sortes.

Et il ne fallait pas aller bien loin pour pouvoir les observer.

En effet, le jardin de notre maison de fonction Ă©tait un vĂ©ritable sanctuaire pour dĂ©nicher diverses espĂšces d’insectes…

Mon frĂšre et moi Ă©tions Ă  un Ăąge oĂč nous voulions tout savoir sur le rĂšgne animal et vĂ©gĂ©tal. Quoique pour ma part, je prĂ©fĂ©rais de loin les vĂ©gĂ©taux…

Par contre, mon frĂšre lui, aimait bien les deux (le monde vĂ©gĂ©tal et animal) et en savait dĂ©jĂ  un rayon par rapport Ă  moi car il se documentait beaucoup concernant ces deux sujets qu’il affectionnait particuliĂšrement.

****

L’expĂ©rience :

Ce jour-lĂ , je m’en souviens encore comme si c’Ă©tait hier. Maman voulait nous faire montrer une petite expĂ©rience qu’elle avait faites dĂ©jĂ  elle-mĂȘme lorsqu’elle Ă©tait enfant et qu’elle vivait Ă  Madagascar Ă  Namakia.

A cette Ă©poque lĂ , elle avait Ă  peu prĂšs le mĂȘme Ăąge que nous et aimait bien explorer la nature et ses insectes environnants.

Il fut donc primordial pour elle de nous faire montrer Ă  son tour, ladite expĂ©rience et je dois bien avouer que nous Ă©tions dĂ©jĂ  trĂšs excitĂ©s et impatients, mon frĂšre et moi, de pouvoir enfin la dĂ©couvrir…

Avant de nous entraĂźner dehors, elle prit une grosse boĂźte d’allumettes vide qu’elle transporta avec elle et nous dit qu’elle en aurait besoin au moment voulu.

boite

****

Exploration dans notre jardin :

Maman, mon petit frĂšre et moi sortĂźmes donc dehors et nous retrouvĂąmes dans notre charmant jardin puis elle nous dit sans plus attendre qu’elle Ă©tait Ă  la recherche d’une chenille Ă  papillons pour pouvoir rĂ©aliser sa fameuse expĂ©rience.

Au bout de quelques instants, elle finit par en trouver une qui Ă©tait collĂ©e Ă  l’envers sur une des feuilles d’un petit arbuste.

papillon cocon

Elle commença alors Ă  la dĂ©coller tout doucement car elle Ă©tait fragile et qu’il ne fallait pas trop la manipuler avec les doigts puis, une fois dĂ©collĂ©e de sa feuille, elle la dĂ©posa bien dĂ©licatement Ă  l’intĂ©rieur de la boĂźte d’allumettes qu’elle tenait toujours dans sa main.

La chenille en question s’Ă©tait dĂ©jĂ  enroulĂ©e dans son cocon de soie et remuait encore lĂ©gĂšrement Ă  l’intĂ©rieur de celui-çi car elle n’Ă©tait pas tout Ă  fait arrivĂ©e au stade de sa transformation en chrysalide.

En effet, maman voulait tout d’abord nous faire dĂ©couvrir l’Ă©volution de celle-çi lorsqu’elle s’Ă©tait Ă  peine enturbannĂ©e dans son fil de soie.

C’est pourquoi, elle avait fait exprĂšs de la choisir Ă  ce stade de mutation afin que nous puissions observer par la suite, chaque dĂ©tail de sa future transformation…

****

Petite parenthĂšse : La chenille :

papillon guinée

La chenille est la larve éruciforme des papillons. Certains hyménoptÚres dont les larves ressemblent beaucoup à celles des lépidoptÚres sont appelées fausse-chenille.

La chenille, une fois arrivĂ©e Ă  son plein dĂ©veloppement, s’enveloppe dans un cocon afin de se transformer en chrysalide qui va Ă  son tour devenir l’insecte adulte.

Seules certaines espĂšces de chenille tissent autour d’elles un vĂ©ritable cocon pour se mettre Ă  l’abri en vue de leur nymphose (la nymphose Ă©tant le passage Ă  l’Ă©tat de nymphe, que l’on appelle chrysalide chez les papillons).

chenille pour papy

D’autres se contentent de se fixer Ă  un support par une ceinture de soie, fil sĂ©crĂ©tĂ© de la mĂȘme maniĂšre, mais en faible quantitĂ©.

D’autres encore s’enterrent dans l’humus Ă  faible profondeur, dans une loge plus ou moins soyeuse : c’est le cas de la plupart des Sphinx.

chenille chenille

  1. TĂȘte 
  2. Thorax
  3. Abdomen
  4. Segment
  5. Corne post-abdominale
  6. Fausses pattes
  7. Stigmate
  8. Pattes
  9. PiĂšces buccales

****

Observation de la bestiole :

En ce qui concernait notre petite expĂ©rience, notre chenille avait d’ores et dĂ©jĂ  tissĂ© autour d’elle son fameux cocon (pas dans son intĂ©gralitĂ©) si particulier qui Ă©tait encore transparent et pas tout Ă  fait opaque puisqu’on pouvait encore la voir Ă  l’intĂ©rieur.

En effet, je pouvais aperçevoir son Ă©trange petite tĂȘte ainsi que son corps de couleur vert clair qui continuait Ă  se mouvoir dans sa fine enveloppe blanchĂątre.

A l’intĂ©rieur de son fin cocon, la bestiole semblait tout droit venir de la planĂšte Mars tellement elle avait un drĂŽle d’aspect. On aurait dit un petit alien…

Cela me faisait bizarre de pouvoir l’observer ainsi en direct, sur toutes les coutures et non dans un documentaire animalier.

C’Ă©tait bien plus intĂ©ressant et je dois bien avouer assez fascinant de la regarder et de la jauger dans les moindres dĂ©tails.

Elle paraissait Ă  la fois forte et fragile : d’une part Ă  cause de son cocon dont elle Ă©tait prisonniĂšre mais d’autre part, bien vivace lorsque qu’elle remuait de temps en temps Ă  l’intĂ©rieur de celui-çi.

En somme, ce petit ĂȘtre si bizarre et si petit soit-il avait dĂ©jĂ  une certaine force de caractĂšre qui ne nous laissait pas indiffĂ©rent, mon frĂšre et moi.

Elle avait rĂ©ussi Ă  attiser notre grande curiositĂ© et nous Ă©tions dĂ©jĂ  trĂšs impressionnĂ©s par elle…

Mais il n’empĂȘche qu’elle me faisait Ă©galement un peu peur Ă©tant donnĂ© que je n’aimais pas trop le monde des insectes…

****

La bestiole dans sa boĂźte d’allumettes :

Notre petite trouvaille Ă  l’intĂ©rieur de sa boĂźte d’allumettes lĂ©gĂšrement entrouverte ; maman, mon petit frĂšre et moi rentrĂąmes Ă  nouveau Ă  l’intĂ©rieur de notre maison.

Maman dĂ©posa la boĂźte sur l’une des Ă©tagĂšres du grand buffet de notre salon. Ainsi, nous pourrions voir facilement l’Ă©volution de la fameuse chenille lorsque nous le souhaiterions…

« VoilĂ  les enfants. Vous avez vu que la chenille remuait encore Ă  l’intĂ©rieur de son cocon. Ensuite, de plus en plus, elle va le consolider pour se transformer enfin en une chrysalide » dit-elle en nous souriant.

Olivier Ă©tait beaucoup plus curieux que moi et lui demanda presque aussitĂŽt :

« Maman ? Est-ce que la chenille va bien respirer ? »

« Mais oui Olivier. Regarde, j’ai laissĂ© entrouverte la boĂźte pour justement qu’elle ait son oxygĂšne. Ne t’inquiĂšte pas. Tout ira bien pour elle jusqu’Ă  ce qu’elle se transforme en chrysalide »

« Chouette ! On verra toute sa transformation alors ? » dit-il dans un large sourire.

« Eh oui mon Coco ! Toi et ta soeur pourrez voir toute son Ă©volution en direct. Ce sera bien mieux qu’un documentaire tĂ©lĂ©visĂ© ! »

En ce qui me concernait, je n’osais pas trop toucher la boĂźte oĂč Ă©tait logĂ©e cette Ă©trange bestiole mais cela m’intĂ©ressait tout de mĂȘme. Il est vrai que je n’aimais pas trop le monde des insectes mais en ce qui concernait celle-çi, j’avais envie de connaĂźtre son Ă©volution.

Et puis maman m’avait assurĂ© que la bestiole en question ne pourrait guĂšre s’enfuir vu que la boĂźte d’allumettes n’Ă©tait que lĂ©gĂšrement entrouverte. D’ailleurs, en voyant mon air inquiet, maman se mit Ă  rire.

« Mais ne t’inquiĂšte pas CĂ©cile ! Tu vois bien que cette chenille est enroulĂ©e dans son cocon. En plus, bientĂŽt elle ne bougera plus du tout. Crois-moi, tu ne risques rien. Et lorsqu’elle commençera Ă  sortir de son cocon, maman t’a dĂ©jĂ  dit qu’on irait ensemble dehors pour qu’elle puisse dĂ©ployer ses ailes. D’accord ? Tu es rassurĂ©e maintenant ma Poupoule ? »

« Oui, maman » dis-je dans un timide sourire quelque peu crispĂ©.

****

Olivier, contrairement Ă  moi Ă©tait fou de joie. De temps en temps il ne pouvait pas s’empĂȘcher de regarder par l’ouverture de la boĂźte pour y observer notre petite chenille.

Une fois qu’il l’avait pour la Ă©niĂšme fois observĂ©e sur toutes les coutures ; il revenait alors en sautillant vers moi qui Ă©tait sagement installĂ©e dans le canapĂ© du salon en train de jouer Ă  un jeu vidĂ©o puis invariablement il me disait avec beaucoup d’enthousiasme :

« CĂ©cile ! J’ai encore regardĂ© la chenille. Elle remue toujours un peu. J’ai hĂąte qu’elle devienne une chrysalide comme maman nous a dit »

Sachant qu’il affectionnait particuliĂšrement le monde des insectes, je lui demandais alors :

« Et tu sais ce que c’est une chrysalide ? »

« BiensĂ»r. Maman nous a dĂ©jĂ  expliquĂ©. Et puis j’ai aussi appris en lisant mon magazine « Sciences et vies Junior ». Tu sais, c’est trop incroyable ces bĂȘtes lĂ  ! Moi, en tout cas je les aime bien. Et toi ? »

« Oui ça va. De toute façon, maman a dit que la chenille ne pouvait pas s’enfuir de la boĂźte… » dis-je avec une pointe d’apprĂ©hension dans la voix.

« Pfff ! N’importe quoi ! Tu vas pas avoir peur aussi de cette chenille ! BientĂŽt, elle ne pourra plus bouger du tout. Et puis maman nous a dit qu’elle ne voulait pas qu’elle sorte totalement de sa chrysalide lorsqu’elle deviendra un papillon. T’as rien Ă  craindre du tout CĂ©cile ! Je t’assure ! T’es trop inquiĂšte toi ! Allez, viens la voir de plus prĂšs avec moi » dit-il en m’attrapant dĂ©jĂ  par le bras.

« Oui ! Attends, j’Ă©teins d’abord mon jeu vidĂ©o puis je viens tout de suite la voir avec toi » dis-je un peu Ă  contre-coeur.

****

Quelques instants aprĂšs, j’Ă©tais Ă  ses cĂŽtĂ©s en train d’observer l’Ă©trange bestiole qui n’Ă©tait vraiment pas jolie…

Quant Ă  mon frĂšre, lui, il semblait totalement sous le charme de ladite bĂ©bĂȘte. Il en Ă©tait littĂ©ralement fascinĂ©.

papillon vert

J’aimais bien le regarder en train de s’extasier et s’exclamer au sujet de celle-çi. Il faut dire qu’il adorait tout ce qui se rapportait Ă  la nature. Tout l’intriguait Ă  ce sujet. Le monde des insecte l’Ă©merveillait. A ce sujet, il ressemblait Ă©normĂ©ment Ă  maman lorsqu’elle avait son Ăąge. Il Ă©tait d’ailleurs autant curieuse qu’elle et voulait toujours tout savoir et plus particuliĂšrement sur ces chĂšres insectes…

Oui, j’aimais bien le regarder en train d’observer notre chenille. C’est pourquoi il est tellement facile pour moi de vous raconter dans les moindres dĂ©tails ce joli souvenir de mon enfance.

Pendant qu’il observait la bestiole, moi, j’immortalisais cet instant dans un coin de ma tĂȘte tout en ne sachant pas qu’un beau jour j’aurais souhaitĂ© le retranscrire Ă  l’Ă©crit et qui plus est dans le vaste monde du virtuel.

Et puis, comme je vous l’avais dĂ©jĂ  dit dans un de mes nombreux articles de souvenirs, Olivier ne m’avait jamais fait un sale petit tour de gamin comme le font certains petits frĂšres envers leurs soeurs.

Non, je dois bien avouer qu’il n’Ă©tait pas du tout comme ça. Il savait que j’avais peur des insectes et que j’en avais une sainte horreur ; d’ailleurs il s’en moquait parfois mais jamais il n’allait plus loin que ça en m’en lançant une sur moi par exemple. Non, et fort heureusement d’ailleurs, sinon je n’aurais guĂšre apprĂ©ciĂ© et cela aurait valu Ă  mes yeux, d’ĂȘtre une trahison, ni plus, ni moins !

Bref, j’Ă©tais surtout intriguĂ©e par mon jeune frĂšre.

Le voir autant passionnĂ© par ces Ă©tranges bestioles me sidĂ©rait quelque peu mais je finissais par m’y adapter. Sans doute Ă©tait-ce dĂ©jĂ  l’amour inconditionnel d’une soeur aĂźnĂ©e envers son petit frĂšre car il faut bien que je l’avoue, j’Ă©tait totalement attendrie par lui.

C’Ă©tait disons plutĂŽt lui qui me fascinait autant que la petite bestiole.

Et vous me diriez alors pourquoi ? Tout simplement parce que d’une part je l’aimais et que d’autre part, je le trouvais trĂšs dĂ©brouillard pour son jeune Ăąge et trĂšs vif d’esprit.

C’Ă©tait dĂ©jĂ  un vĂ©ritable trombe de l’air qui adorait explorer, s’aventurer, trifouiller, fouiner sans peurs ni craintes dans Ă  peu prĂšs tout et n’importe quoi… Un vrai petit aventurier qui Ă©tait avide de savoir et de tout connaĂźtre sur notre belle et si vaste nature…

J’Ă©tais tout l’inverse, c’est pourquoi je l’admirais tant car contrairement Ă  lui, je n’Ă©tais pas une fanatique de la nature et encore moins des insectes…

Non, moi c’Ă©tait de grimper sur MON MANGUIER VOYAGEUR , de me jucher sur la plus haute des branches afin d’admirer le ciel, les nuages, les oiseaux, l’ocĂ©an, les vagues, ressentir le vent, laisser les rayons du soleil me chauffer le visage et le corps et observer de temps en temps, mon cher petit frĂšre en train de jouer en bas sur la terre ferme avec tous ces Ă©tranges insectes…

fourmi noire

 

1751106966_6573725355

Je lui laissai bien volontiers ce plaisir et prĂ©fĂ©rais le regarder du haut de mon arbre, en train de s’extasier sur telle ou telle espĂšce d’insecte qu’il venait de dĂ©nicher…

A le voir ainsi si dĂ©brouillard et si mĂ©ticuleux avec ces bĂ©bĂȘtes, je me disais souvent au plus profond de moi-mĂȘme qu’il Ă©tait l’aĂźnĂ© et que moi, j’Ă©tais sa petit soeur… Je ne ne sais pas pourquoi mais je le pensais rĂ©ellement Ă  cette Ă©poque lĂ . Il semblait si sĂ©rieux et attentionnĂ© envers la nature qui l’entourait alors que moi j’en Ă©tais parfaitement dĂ©sinvolte.

Ce n’Ă©tait pas pĂ©joratif pour moi de penser que j’Ă©tais sa petite soeur, bien au contraire puisque cela me rĂ©confortait de le savoir diffĂ©rent de moi. De le savoir si audacieux et si aventureux…

Tout ceci pour vous dire que notre chenille Ă©tait certes une formidable dĂ©couverte mais dĂ©couvrir le cĂŽtĂ© explorateur de mon jeune frĂšre l’Ă©tait tout autant…

****

Quelques jours aprĂšs (disons 5 jours plus tard), notre fameuse chenille ne bougeait plus du tout comme si celle-çi Ă©tait morte mais ce n’Ă©tait pas du tout le cas.

En fait, son enveloppe corporelle avait totalement changĂ©e d’aspect et de couleur. Elle semblait plus solide qu’avant et sa teinte Ă©tait entre le marron et le beige clair.

marron beige chrysalide

Olivier en était davantage fasciné car il savait que bientÎt la chrysalide deviendrait un majestueux papillon.

Il trĂ©pignait d’impatience et ne cessait de me rĂ©pĂ©ter :

« T’as vu CĂ©cile ! ça y est ! c’est comme maman nous a dit ! BientĂŽt, elle va dĂ©chirer sa chrysalide. J’ai trop hĂąte ! et toi ? »

« Moi aussi » dis-je dans un petit sourire.

Je ne sais pas pourquoi mais Ă  cet instant prĂ©cis oĂč je lui parlais, j’Ă©tais vraiment sincĂšre. J’avais hĂąte Ă©galement de voir enfin l’envolĂ©e de cette bestiole.

****

Petite parenthĂšse : La chrysalide :

chrysalide transf

Chez les insectes holomĂ©taboles (c’est-Ă -dire aux mĂ©tamorphoses complĂštes, par exemple les papillons et les abeilles), qui effectuent deux mues de mĂ©tamorphose, la chrysalide est le stade de dĂ©veloppement intermĂ©diaire entre la larve et l’adulte.

Les chrysalides durcissent et changent de couleur. Les papillons selon les espĂšces se mĂ©tamorphosent au bout d’une semaine.

Quelques heures avant l’émergence du papillon, l’enveloppe de la chrysalide devient transparente chez certaines espĂšces et laisse apparaĂźtre les couleurs des papillons.

Lorsque les segments abdominaux se distendent, l’émergence est imminente. Un autre nom pour dĂ©signer ce stade intermĂ©diaire est la nymphe.

chrysalide papillon

Une des caractĂ©ristiques de la nymphe est qu’elle ne se nourrit pas (ses piĂšces buccales et son tube digestif subissent aussi une mĂ©tamorphose importante) et qu’elle vit sur ses rĂ©serves.

La nymphe des lĂ©pidoptĂšres est souvent appelĂ©e chrysalide. La nymphe peut, selon les espĂšces, ĂȘtre protĂ©gĂ©e par un cocon.

****

La métamorphose :

Voici une vidĂ©o intĂ©ressante sur la mutation d’une chenille Ă  papillon : ici, il s’agit du Papillon Monarque.

****

Deux jours plus tard, maman s’Ă©cria :

« Regardez les enfants ! Venez voir ! Vite ! La bĂȘte est en train de crever son enveloppe. Vous voyez, regardez bien »

Je n’en revenais pas et je dois bien avouer que j’en fus littĂ©ralement subjuguĂ©e.

En effet, l’Ă©trange bĂȘte semblait pousser avec sa tĂȘte la fibre du cocon dans lequel elle Ă©tait enfermĂ©e.

De nouveau (comme au tout dĂ©but, oĂč maman l’avait dĂ©collĂ©e de sa feuille), l’insecte bougeait Ă  l’intĂ©rieur de son enveloppe qui Ă©tait trĂšs Ă©paisse et opaque.

Sous nos yeux d’enfants Ă©merveillĂ©s et fascinĂ©s, la vie naissait.

Un petit ĂȘtre voulait sortir de sa prison qui l’avait pourtant protĂ©gĂ©e jusqu’alors car il Ă©tait tout simplement dĂ©sireux de connaĂźtre la libertĂ©…

Du coin de l’oeil, j’observais Ă©galement mon petit frĂšre et j’Ă©tais heureuse de le voir heureux…

« Regarde maman, il vient de passer sa trompe. Il va pas tarder Ă  sortir de sa chrysalide. Hein, pas vrai maman ? »

trompe papillon

« Oui, mon Coco ! Effectivement. D’ailleurs, nous allons vite aller dehors, maintenant. Venez, suivez-moi. Vite, il va pas tarder Ă  sortir entiĂšrement de son cocon »

Maman transporta avec elle la boĂźte d’allumettes dont elle avait retirĂ© complĂštement le couvercle et sortit rapidement dehors avec nous, Ă  ses cĂŽtĂ©s.

****

L’envolĂ©e majestueuse :

le papillon et son cocon

A présent, le papillon dont les ailes étaient froissées et fripées ne tarderait plus à sortir de son épais cocon.

Il se dĂ©battait tant bien que mal mais s’arrĂȘtait de temps en temps car il Ă©tait encore faible.

Il se tortillait dans tous les sens et ne cessait de fissurer son cocon à force de se débattre.

Les antennes de sa tĂȘte Ă©taient d’ores et dĂ©jĂ  sorties Ă  l’extĂ©rieur ainsi que ses ailes et bientĂŽt la coque si Ă©paisse de son enveloppe ne tarderait pas Ă  se dĂ©tacher de son abdomen.

« Maman ! CĂ©cile ! Regardez ! ça y est ! il vient de sortir totalement de son cocon ! Vous avez vu ?? Wahou ! Il est trop beau ! T’as vu les couleurs de ses ailes CĂ©cile ? » s’exclama Olivier en me les montrant du doigt.

« Oui. Ses ailes sont jolies » rĂ©pondis-je tout bas, sous le coup de l’Ă©motion et de la fascination.

****

Maman Ă©tait vraiment heureuse de nous faire dĂ©couvrir en direct ce qu’elle mĂȘme avait vĂ©cu des annĂ©es auparavant lorsqu’elle n’Ă©tait qu’une enfant.

« Vous voyez les enfants. VoilĂ  ce que Maman avait vu lorsqu’elle Ă©tait petite fille Ă  Madagascar et dont je vous parlais Ă  chaque fois Ă  Sausset-Les-Pins. C’est beau, non ? »

« Oh oui Maman ! » rĂ©pondit aussitĂŽt mon petit frĂšre qui ne cessait de sourire tellement il Ă©tait Ă©merveillĂ©.

« Il va bientĂŽt s’envoler Maman ? »demandais-je un peu intriguĂ©e.

« Oui, ma Poupoule. Il ne va plus tarder »

J’Ă©tais aux anges de voir ma mĂšre et mon petit frĂšre si complices vu qu’ils aimaient bien les papillons puis spontanĂ©ment je fis une bise Ă  Maman comme pour la remercier de cet instant, de ce partage qu’elle venait de nous faire vivre.

« VoilĂ  ! il va s’envoler ! » s’exclama Olivier en tapant dans ses mains.

« Oui, mon Coco ! Il va s’envoler, maintenant » dit Maman, les yeux brillants de joie.

A cet instant prĂ©cis, Olivier ne put s’empĂȘcher d’effleurer les ailes du papillon.

« Ses ailes sont douces » chuchota t-il.

Et Ă  peine eut-il prononcĂ© cette phrase, que le papillon Ă©tira ses ailes et commença Ă  voleter maladroitement vers la branche la plus basse d’un arbuste.

papillon

Il s’y posa dessus puis commença Ă  se faire une petite toilette Ă  l’aide de ses longues pattes qu’il ne cessait de mouvoir vers sa petite tĂȘte.

envol du papillon

Au bout de quelques instants, il quitta sa branche puis vola davantage plus haut jusqu’Ă  ce qu’on ne puisse plus l’aperçevoir du tout.

En effet, il venait de voler par dessus le haut mur de clÎture alvéolé qui faisait face à la mer.

Sans doute avait-il Ă©tĂ© attirĂ© par l’ocĂ©an. Nul ne le saura jamais.

Quoi qu’il en soit, nous avions assistĂ© en direct, mon frĂšre et moi Ă  sa majestueuse envolĂ©e vers le vaste monde.

butter vole loin

****

Un spectacle magnifique de la nature que je tenais Ă  vous dĂ©crire dans les moindres dĂ©tails Ă  travers cet article et que je n’oublierai jamais.

La derniĂšre danse de la lune : Chapitre 1 : Elisa

la derniere danse de la lune

 

Elisa marchait le long de la plage de sable fin tout en chantonnant son air prĂ©fĂ©rĂ© : « Wonderful life » du chanteur Black.
Une bien jolie chanson qui Ă©tait tout Ă  fait en adĂ©quation avec ce moment de pur bonheur qu’elle Ă©tait en train de savourer sans se soucier du temps qui passe.

Ce fameux temps qui nous fait tant dĂ©faut dans notre monde moderne actuel et qui nous empĂȘche d’apprĂ©cier les joies simples de la vie.
Elisa avait conscience qu’elle avait beaucoup de chance d’ĂȘtre ici ; seule au monde (enfin presque) et loin de tout.

Elle avait enfin rĂ©alisĂ© son rĂȘve : celui de se promener bien tranquillement sur cette immense plage dĂ©serte car jamais, auparavant elle n’aurait cru cela possible et pourtant c’Ă©tait bel et bien rĂ©el et ce pour son plus grand plaisir.
Et comme le disait si bien la chanson : la vie est merveilleuse !

****

Elle se souvenait encore de son inoubliable pĂ©riple en catamaran avant de dĂ©barquer ici sur cette jolie petite Ăźle qui portait le nom de « Diamond » en raison de la puretĂ© de son lagon et de son sable si blanc.

La veille, elle se trouvait Ă  Bambousya (un village touristique et balnĂ©aire de la cĂŽte ouest de l’Ăźle EpicĂ©a) dans un charmant hĂŽtel-restaurant, le « Paradise Beach » situĂ© en bordure de mer avec un accĂšs direct sur une plage privĂ©e.

L’hĂŽtel disposait de 40 chambres Ă©quipĂ©es de la climatisation, minibar, tĂ©lĂ©phone, ect, sans oublier l’accĂšs gratuit Ă  internet, ce qui n’Ă©tait pas nĂ©gligeable Ă©tant donnĂ© qu’Elisa avait du mal Ă  vivre sans son smartphone ou sa tablette.
Mais pas pour aujourd’hui oĂč elle avait bien volontiers ranger toutes ces technologies modernes dans le placard de sa chambre afin de profiter pleinement de ce moment de libertĂ© et d’Ă©vasion !

Et puis de toute façon, la petite Ăźle « Diamond » Ă©tait situĂ©e dans une zone blanche donc il n’y avait pas de rĂ©seau internet et encore moins de wifi.

****

Le « Paradise Beach » proposait diverses activitĂ©s tels que : Golf, bodyboard, Planche Ă  voile, Kayak , Voile, Sentier de randonnĂ©e Ă  pied ou Ă  bicyclette, Parachutisme ascensionnel, Cours de golf y compris des excursions en bateau (catamaran ou grands voiliers) tout autour de la cĂŽte, vers de magnifiques Ăźlots.

Son Guide touristique qui s’appelait Philippo lui avait dĂ©crit qu’il y avait prĂšs d’une centaine de petits Ăźlots dont certains Ă©taient proches de la cĂŽte et d’autres plus loin et plus difficiles d’accĂšs et que quelques-uns d’entre eux seulement Ă©taient des rĂ©serves naturelles avec une faune endĂ©mique exceptionnelle oĂč l’on pouvait y croiser quelques spĂ©cimens d’animaux tout en se baladant.

Leurs eaux cristallines Ă©taient idĂ©ales pour y faire de la plongĂ©e en apnĂ©e ou encore du scooter sous-marin avait-il prĂ©cisĂ©. Plusieurs activitĂ©s s’offraient aux touristes s’ils le dĂ©siraient car tout Ă©tait possible selon lui si l’on souhaitait rĂ©aliser un rĂȘve bien prĂ©cis.

D’ailleurs, il lui avait fortement conseillĂ© de visiter l’un d’entre eux : « Diamond », rĂ©putĂ© pour ĂȘtre plus au calme car moins frĂ©quentĂ© et qui d’aprĂšs lui Ă©tait un vĂ©ritable paradis terrestre qu’elle ne serait pas prĂšs d’oublier et que l’occasion ne se prĂ©senterait pas deux fois si elle voulait en avoir plein la vue et vivre enfin une aventure extraordinaire Ă  la Robinson CrusoĂ©.
En effet, un bien joli programme en perspective…

Elisa avait donc fait son choix : elle avait optĂ© pour deux jours et une nuit Ă  Diamond en incluant les dĂ©jeuners/dĂźners, pique-niques, barbecues y compris quelques activitĂ©s telles que : Kayak, plongĂ©e sous-marine dans l’ocĂ©an Pacifique, farnientes et balades dans l’Ăźlot inhabitĂ©.

Le pĂ©riple s’effectuerait en catamaran de croisiĂšre privĂ©e en compagnie de son Guide Philippo qui serait le navigateur.
Mais ce qui l’enthousiasmait le plus dans toute cette expĂ©dition de rĂȘve Ă©tait de dormir une nuit dans une cabane qui se trouvait en haut d’une montagne, au coeur de la forĂȘt luxuriante de Diamond et Ă  quelques mĂštres d’une chute d’eau qui portait le nom du « Voile de la MariĂ©e » et qui d’aprĂšs son Guide Ă©tait d’une beautĂ© exceptionnelle Ă  couper le souffle.

****

Et voici qu’elle Ă©tait en train de marcher sur cette magnifique plage de sable fin qui ressemblait Ă  de la poudre de diamant tellement son Ă©clat Ă©tait intense et d’un blanc immaculĂ©.
Diamond portait vraiment bien son nom ! Tout Ă©tait sublime ici. Un vrai paysage de carte postale et d’un calme olympien…

Le soleil Ă©tait Ă  son zĂ©nith, il lui mordait la peau mais qu’importe puisqu’elle avait pris le soin de bien s’enduir le corps et le visage de protection solaire qui sentait agrĂ©ablement bon la fleur de TiarĂ©.
De plus, elle portait une casquette et par dessus son maillot de bain deux piÚces, une tunique de plage en voile soyeux de couleur bleue ciel, agrémentée de manches courtes chauve-souris joliment fendues sur les épaules.

Cette tenue fluide et aĂ©rienne Ă©tait bien appropriĂ©e Ă  la chaleur intense d’aujourd’hui.
Et pour ne pas dĂ©plaire, il y avait mĂȘme une lĂ©gĂšre brise qui venait lui caresser le visage, les cheveux ; ce qui rendait agrĂ©able sa marche, sous le soleil ardent de cette belle matinĂ©e de ce samedi 26 AoĂ»t 2015.

****

Cela faisait dĂ©jĂ  une bonne vingtaine de minutes qu’elle se promenait tranquillement sur cette plage et pas un seul chat Ă  l’horizon.
Son Guide Philippo ne lui avait pas menti ; cette petite Ăźle Ă©tait encore mĂ©connue des touristes car difficile d’accĂšs et seuls les insulaires et les guides expĂ©rimentĂ©s tel que lui pouvaient connaĂźtre cet endroit bĂ©ni des Dieux !

Elisa ne regrettait vraiment pas cette excursion ; elle se sentait bien ici, elle Ă©tait heureuse et parfaitement en osmose avec la nature.

****

Philippo ne tarderait pas Ă  la rejoindre, il Ă©tait restĂ© sur le catamaran qui Ă©tait amarrĂ© non loin d’ici afin d’y prendre quelques Ă©quipements pour cette nuit et ramener le repas et les boissons pour le dĂ©jeuner de ce midi.

Le menu prĂ©vu par le restaurant de l’HĂŽtel Ă©tait des plus allĂ©chants :

– Salade de cruditĂ©s variĂ©es et sambos au poisson,
– Langoustes grillĂ©es au beurre d’ail accompagnĂ©es de riz blanc, de curry de courgettes et d’aubergines avec du bon pili-pili (piment). Et pour terminer ce repas, en guise de dessert : Des bananes flambĂ©es au Rhum des Ăźles avec boules de glace au coco. Un vrai festin !

****

Elisa avait hùte de déjeuner car elle commençait à avoir faim.
Elle regarda sa montre bracelet waterproof qui avait Ă©tĂ© d’une trĂšs grande Ă©tanchĂ©itĂ© lorsqu’elle avait fait de la plongĂ©e sous-marine il y a une heure de temps dĂ©jĂ , en compagnie de son Guide.

Il Ă©tait 10H55.
Elle s’arrĂȘta un instant, se retourna, mit sa main en visiĂšre Ă  cause du soleil Ă©blouissant et regarda au loin.
Elle avait dĂ» beaucoup marcher car elle ne voyait plus du tout le catamaran. Mais que pouvait bien faire Philippo ? Il n’Ă©tait toujours pas revenu la rejoindre.

Sans doute qu’elle s’inquiĂ©tait pour rien. Il n’allait plus tarder Ă  prĂ©sent alors en attendant son retour, Elisa dĂ©cida de faire une petite halte ici.
Elle dĂ©posa son sac de plage qu’elle portait en bandouliĂšre puis en extirpa une grande serviette qu’elle Ă©tala sur le sable chaud.
Avant de s’allonger dessus, elle fouilla Ă  nouveau dans celui-çi et en sortit une petite bouteille d’eau dont elle but quelques gorgĂ©es qui la dĂ©saltĂ©rĂšrent aussitĂŽt tellement c’Ă©tait bien frais.

Jamais elle n’aurait pu faire ce petit voyage sans son fidĂšle sac de plage. En effet, il y avait pas mal de choses qu’elle avait transportĂ©es Ă  l’intĂ©rieur : une petite glaciĂšre isotherme souple contenant trois petites bouteilles d’eau glacĂ©es et une canette de jus d’orange Minute Maid, un paquet d’une dizaine de petits pains aux raisins qu’elle avait achetĂ© ce matin Ă  la pĂątisserie de l’HĂŽtel, ses tennis pour la promenade de tout Ă  l’heure dans la forĂȘt tropicale de Diamond pour y voir « le voile de la mariĂ©e », sa grande serviette Ă©ponge et une autre plus petite pour s’essuyer aprĂšs ses baignades, un maillot de bain une piĂšce de couleur bleu marine, des vĂȘtements de rechange, un gros tube de crĂšme solaire, une trousse de toilette et sans oublier sa grosse lampe de poche Ă©tanche pour ce soir.

Et pour je ne sais quelle raison, elle avait aussi prĂ©vu d’emmener avec elle, un briquet offert par l’hĂŽtel (non pas qu’elle fumait, bien au contraire mais juste au cas oĂč) ainsi que son couteau Suisse 21 piĂšces multifonctions ultra compact que son pĂšre lui avait offert pour son anniversaire, il y a 6 mois de ça et qu’elle avait dissimulĂ© dans un mouchoir en tissu fleuri afin de le protĂ©ger des intempĂ©ries. Un accessoire idĂ©al pour les dĂ©placements en extĂ©rieur lui avait-il soulignĂ©. Elle le revoyait encore en train de lui rabĂącher, dans un large sourire :

« Et surtout ne te dĂ©place jamais sans lui, il pourrait t’ĂȘtre utile et ce Ă  n’importe quelle occasion. C’est un couteau magique qui te simplifiera la vie…Je t’assure Elisa ! Prends en bien soin »

Et elle lui répondait invariablement :

« Oui, d’accord Papa c’est notĂ© ! Je le garderai bien prĂ©cieusement avec moi et je l’emmĂšnerai partout oĂč j’irais… »

Et c’est ce qu’elle avait fait aujourd’hui.
De toute façon ses parents lui avaient appris Ă  devenir une personne trĂšs prĂ©voyante et ce depuis sa plus tendre enfance alors disons que c’Ă©tait presque innĂ© chez elle de se dĂ©placer avec pas mal de choses dans son sac afin de ne rien manquer.

Et comme disait un certain proverbe : « Mieux vaut trop que pas assez ».
C’est pourquoi, mĂȘme si son guide Ă©tait chevronnĂ© dans son domaine et qu’il avait tout prĂ©vu pour ces deux jours, elle prĂ©fĂ©rait faire confiance Ă  son instinct.

Quoique pour l’instant tout allait pour le mieux ; pas le moindre nuage en vu, au sens propre comme au sens figurĂ©.
Tout s’Ă©tait parfaitement bien dĂ©roulĂ© jusqu’Ă  prĂ©sent ; alors aucune inquiĂ©tude Ă  avoir se dit Elisa en esquissant un demi-sourire.

****

AllongĂ©e sur sa serviette, sa casquette Ă  visiĂšre lui couvrant le visage ; Elisa ferma les paupiĂšres et commença Ă  s’endormir tout en Ă©coutant paisiblement le doux murmure du vent et le ressac incessant de la mer.
Et le temps s’Ă©coula, s’Ă©grena…
Elisa venait de s’assoupir et n’avait pas vu le temps passer…

Il était déjà 12H15.

****

Soudain, des petites gouttes d’eau froides lui tombĂšrent sur la jambe et le pied droit.
Oh non ! Se pourrait-il qu’il pleuve ?? Pourtant il faisait un temps si radieux !
Que c’Ă©tait dĂ©sagrĂ©able ! Si bien qu’Elisa commença Ă  se rĂ©veiller peu Ă  peu.

Elle retira sa casquette qui lui bouchait la vue puis avec effroi et stupĂ©faction vit une jeune femme qui se tenait lĂ , debout juste Ă  cĂŽtĂ© d’elle, le dos lĂ©gĂšrement courbĂ© en avant avec de longs cheveux noirs Ă©parses et dĂ©goulinants d’eau…

La jeune femme grelottait de froid ; sans doute dĂ» Ă  cause de l’humiditĂ© de ses vĂȘtements qui lui collaient Ă  la peau.
Elle avait le visage tuméfié avec un énorme bleu violacé sur le front et des traces de griffures sur la joue gauche.
Un petit filet de sang lui coulait le long de la narine droite jusqu’au menton et ses grands yeux noirs Ă©taient rougis par des larmes incessantes.

Elle portait un t-shirt blanc cassĂ©, dĂ©chirĂ© Ă  l’encolure et tĂąchĂ© d’aurĂ©oles de sang dĂ©lavĂ© au niveau du ventre. Son bermuda bleu ciel Ă©tait maculĂ© de traces de sang comme si elle s’Ă©tait essuyĂ© les mains dessus quant Ă  ses baskets, on ne distinguait plus vraiment leurs couleurs tellement elles Ă©taient sales.

Elle Ă©tait vraiment dans un piteux Ă©tat et n’arrĂȘtait pas de pleurer.
Elisa se redressa rapidement Ă  l’aide de ses coudes et se mit debout face Ă  la jeune femme puis lui demanda :

« Que vous est-il arrivĂ©e ? vous ĂȘtes blessĂ©e…qui vous a fait ça ? »

« J’Ă©tais dans la montagne lĂ -bas, avec mon mari et… »

La jeune femme renifla puis d’un revers de main essuya le petit Ă©coulement de sang qui lui sortait de sa narine droite. Les mots ne sortaient plus de sa bouche et elle semblait tĂ©tanisĂ©e alors Elisa s’approcha davantage d’elle et lui pressa gentiment l’Ă©paule pour l’encourager Ă  parler.

« Continuez, je vous prie…Que s’est-il passĂ© ? »

La jeune femme cessa de pleurer et dit d’une voix Ă©teinte :

« On Ă©tait dans cette forĂȘt lĂ -bas… »

Elle désigna du doigt une étendue de verdure luxuriante qui se trouvait au loin, juste aprÚs la plage.

« J’Ă©tais en train de prĂ©parer des sandwichs. On se trouvait prĂšs de notre cabane. Mon mari discutait avec notre Guide Batisto et je coupai du pain. Soudain, j’ai vu un homme qui venait vers nous. Il Ă©tait sorti de nulle part et il avait l’air trĂšs menaçant. J’ai criĂ© trĂšs fort pour avertir mon mari et Batisto mais subitement je ne sais pas pourquoi notre Guide s’en ait pris Ă  mon mari. Il le battait tellement fort qu’il s’est retrouvĂ© par terre. Batisto n’arrĂȘtait pas de lui taper dessus sans fin. Oh mon Dieu ! mon pauvre mari ! Je le voyais qu’il souffrait mais j’Ă©tais impuissante, incapable de l’aider. J’Ă©tais terrifiĂ©e. Subitement, l’autre homme s’est retrouvĂ© prĂšs de moi. Je ne l’avais pas vu venir car j’Ă©tais prĂ©occupĂ©e par mon mari. J’ai tentĂ© de m’enfuir mais il m’a rattrapĂ©. Ensuite, il n’a pas arrĂȘtĂ© de me battre ; il me donnait de violent coups sur tout le corps mais le pire fut lorsqu’il me donna un violent coup de poing au front. Je pense que j’ai dĂ» m’Ă©vanouir car je ne me souviens plus de rien. je ne sais plus ce qui s’est passĂ© en ce qui concerne mon mari. Et je…. »

La jeune femme s’arrĂȘta de parler. Des larmes lui coulaient Ă  nouveau le long de ses joues et tout son corps Ă©tait secouĂ© de tremblements tellement elle devait avoir froid mais malgrĂ© le choc qu’elle avait subi, elle continua son histoire :

« Lorsque j’ai repris connaissance et que je me suis relevĂ©, j’ai vu Ă  nouveau cet inconnu qui m’avait frappĂ©. Il riait avec notre Guide mais par contre je ne voyais plus nulle part mon mari. J’avais trĂšs mal Ă  la tĂȘte. Je titubais puis Ă  un moment donnĂ© j’ai vu par terre mon couteau de cuisine alors je m’en suis vite emparĂ© et je l’ai cachĂ© derriĂšre mon dos. C’est alors que Batisto s’est avancĂ© vers moi. Il n’arrĂȘtait pas de rire puis il m’a dit qu’il avait tuĂ© mon mari et qu’il avait adorĂ© lui faire du mal. Il me disait que mon Mari avait criĂ© comme une gonzesse. Ce sont ses propres mots. Cette ordure me dĂ©bitait ça avec le plus grand mĂ©pris alors comme j’avais beaucoup de haine Ă  ce moment lĂ  et qu’il se rapprochait de plus en plus de moi, je n’ai pas hĂ©sitĂ©, je me suis jetĂ©e sur lui et je lui ai enfoncĂ© le couteau dans le ventre, au plus profond que j’ai pu puis je l’ai vite retirĂ© pour le garder avec moi. Il a criĂ© trĂšs fort et ensuite il est tombĂ© par terre. L’autre type a vu son acolyte au sol et il a couru vers moi. J’Ă©tais effrayĂ©e. J’ai tentĂ© de me sauver mais il a finit par me rattraper et il m’a donnĂ© une grande gifle. J’avais trĂšs mal mais je ne sais comment et par quel miracle j’ai rĂ©ussi Ă  lui donner un coup de pied dans les parties. C’est Ă  ce moment lĂ  que j’ai vite ramassĂ© le couteau que j’avais perdu et lorsqu’il s’est approchĂ© Ă  nouveau de moi, je le lui ai enfoncĂ© dans la poitrine. L’homme criait de rage et il m’insultait en me regardant d’un air menaçant. Puis il a retirĂ© le couteau qui Ă©tait toujours plantĂ© dans sa poitrine et l’a jetĂ© par terre. Il y avait une grosse tĂąche de sang sur son t-shirt. Je me souviens ensuite qu’il m’avait menacĂ© en me disant qu’il reviendrait me tuer puis il a couru et a disparu dans la forĂȘt. Depuis, je ne l’ai plus jamais revu. Je ne sais pas ce qu’il est devenu mais j’aurais voulu qu’il meurt … »

Elisa en avait la chair de poule. Ce que venait de vivre cette jeune femme Ă©tait insoutenable.

« Mon Dieu ! Mais c’est terrible ce que vous venez de vivre ! C’est inimaginable ! Je suis vraiment dĂ©solĂ©e. Et qu’est devenu votre Mari ? Et ce guide qui l’avait battu ? »

La jeune femme continua son histoire :

« Lorsque cet homme qui m’avait frappĂ© s’est sauvĂ©, j’ai essayĂ© de rechercher Batisto car je ne le voyais plus nulle part alors je suis allĂ©e vers la chute d’eau qui se trouve Ă  quelques mĂštres des deux cabanes. C’est lĂ  que je l’ai revu. Il rampait tout prĂšs du bassin de la cascade. Je l’ai vu se redresser et marcher avec difficultĂ© vers l’avant de la forĂȘt ; il voulait sans doute s’enfuir lui aussi comme l’avait fait son acolyte, alors sans hĂ©siter, je me suis prĂ©cipitĂ© vers lui et je l’ai violemment poussĂ© dans le bassin. Il est tombĂ© dedans et lorsque je me suis rapprochĂ©, j’ai vu qu’il se dĂ©battait dans l’eau pendant un certain temps puis plus rien. J’ai constatĂ© alors qu’il Ă©tait mort. »

Elisa n’en revenait toujours pas. Quelle Ă©pouvantable histoire !!

« Et donc ce Batisto s’est noyĂ© dans ce bassin. Mais en ce qui concerne votre mari ? qu’est-il devenu ? »

« Mon mari est mort et je… »

« Mon Dieu ! ce n’est pas possible ! Mais oĂč l’avez-vous retrouvĂ© ? » dit Elisa totalement affarĂ©e.

« Je l’ai cherchĂ© partout et j’ai fini par tomber sur une de ses baskets que j’ai trouvĂ© Ă  cĂŽtĂ© d’un ravin, pas trĂšs loin de notre cabane. C’est lĂ  que j’ai revu mon mari au fond de ce prĂ©cipice. Il y avait plein de sang autour de lui…
« Mon Dieu ! mais c’est abominable ! Je suis tellement dĂ©solĂ©e que vous ayez perdu votre mari… »

Elisa Ă©tait abasourdie par ce qu’elle venait d’entendre. Elle commençait Ă  avoir de plus en plus peur mais elle ne pouvait pas se permettre de perdre son sang-froid face Ă  cette jeune femme qui Ă©tait en Ă©tat de choc et de dĂ©tresse. Alors elle se ressaisit et lui demanda :

« Comment vous appelez-vous ? »

« Tamara »

« Moi c’est Elisa. Encore dĂ©solĂ©e Tamara de vous rencontrer ainsi, en de telles circonstances. C’est si triste pour votre mari. Vous Ă©tiez ici en excursion ? »

« Oui, mon mari Juanes et moi Ă©tions venus ici pour notre voyage de noces. Je ne comprends pas pourquoi il y a eu tout ça. J’ai tout perdu Ă  cause de ces deux hommes. Ces monstres… »

Elisa n’avait plus de mots et ne savait comment consoler la jeune femme qui avait tellement subi alors elle fouilla dans son sac de plage et en sorti une petite serviette qu’elle tendit Ă  la jeune femme.

« Tenez, vous devriez vous essuyer. Vous ĂȘtes trempĂ©e. Vous devez avoir froid. J’ai aussi des vĂȘtements de rechange. Vous devriez retirer les vĂŽtres et enfiler ceci. Je pense qu’elle vous ira »

« Merci. C’est vrai que j’ai froid… »

La jeune femme s’exĂ©cuta. Elle retira son t-shirt tĂąchĂ© de sang ainsi que son bermuda qu’elle jeta en boule, Ă  ses pieds. Elle Ă©tait en petite tenue mais ne semblait pas trop ĂȘtre gĂȘnĂ©e devant Elisa. Elle commença Ă  s’essuyer frĂ©nĂ©tiquement le corps puis les cheveux.

En la regardant faire, Elisa remarqua qu’elle avait quelques bleus au niveau de la poitrine et des Ă©paules. Ces individus avaient dĂ» beaucoup la brutaliser d’oĂč l’apparition de ces marques. Cette femme avait vraiment beaucoup souffert mais elle avait rĂ©ussi Ă  se dĂ©fendre face Ă  ces deux tortionnaires et Elisa trouvait qu’elle avait eu beaucoup de cran et de courage pour se sortir de cet enfer.

Lorsque Tamara eut terminé de se sécher, elle enfila la tunique en voile imprimée de couleur fushia qui ressemblait à celle que portait Elisa à la seule différence du coloris.
En les voyant habillĂ©es ainsi, on aurait dit deux soeurs jumelles Ă  part que l’une Ă©tait blonde Ă  la peau claire et l’autre brune Ă  la peau ambrĂ©e.

« Vous ĂȘtes plus au sec ainsi et la tunique vous va bien » lui dit Elisa. Elle s’approcha de Tamara et lui toucha doucement le front.

« Est-ce que c’est encore douloureux ? »

« Un peu, mais ça va. Et je me sens beaucoup mieux dans ce vĂȘtement. Merci beaucoup Elisa »

« De rien. Et votre nez ? J’ai vu que vous saigniez tout Ă  l’heure… »

« Non, ce n’est rien. J’ai parfois des saignements de nez et ce depuis mon enfance mais ça n’a rien Ă  voir avec ces sales brutes. Mais ça va maintenant, je ne saigne plus du tout »

« Alors je suis rassurĂ©e »

Elisa avait remarquĂ© que les cheveux de Tamara Ă©taient trĂšs emmĂȘlĂ©s alors elle lui proposa son peigne Ă  larges dents pour les discipliner.

« Auriez-vous aussi un Ă©lastique pour que je puisse les attacher ? Je ne les supporte plus comme ça » demanda Tamara, tout en coiffant sa longue chevelure Ă©bĂšne.

« Oui, biensĂ»r »

Elisa fouilla dans sa trousse de toilette et en sorti un chouchou en velours noir.

« Tenez, c’est un chouchou. Je n’ai pas d’Ă©lastique »

« Ă§a ira trĂšs bien. Merci Elisa »

Tamara Ă©tait en train de nouer ses cheveux en une haute queue de cheval. CoiffĂ©e ainsi, elle Ă©tait complĂštement diffĂ©rente. Cela lui donnait un air dynamique et encore plus combatif que jamais, prĂȘte Ă  affronter n’importe quel adversaire. Du moins, c’est l’apparence que lui donnait cette nouvelle coiffure. En l’observant dans les dĂ©tails, Elisa avait encore une question qui lui brĂ»lait les lĂšvres ; un Ă©lĂ©ment qu’elle n’arrivait pas Ă  comprendre, alors elle se lança :

« Je me posais une question Tamara… »

« Oui, allez-y »

« Pourquoi Ă©tiez-vous toute trempĂ©e lorsque vous ĂȘtes venue vers moi ? »

« Heu…Oui c’est vrai, j’ai oubliĂ© de vous dire. Lorsque j’ai vu mon mari en bas dans le prĂ©cipice avec tout ce sang autour de lui, je ne pouvais plus supporter d’avoir le sang de ces sales types sur les mains alors j’ai dĂ©cidĂ© d’aller me les laver Ă  la cascade. En marchant, j’ai aperçu mon couteau de cuisine par terre qui Ă©tait plein de sang alors je l’ai ramassĂ© puis je me suis dirigĂ© Ă  la source de la cascade. Je me suis d’abord lavĂ© les mains puis j’ai commencĂ© Ă  rincer la lame du couteau. Mais c’est Ă  ce moment lĂ  que je n’ai pas fait attention et que j’ai glissĂ©. J’ai perdu l’Ă©quilibre et je suis tombĂ©e dans le bassin oĂč se trouvait le cadavre de cette ordure de Batisto. Heureusement, j’ai rĂ©ussi Ă  me sortir de lĂ  tant bien que mal car le bassin est trĂšs profond. J’Ă©tais entiĂšrement mouillĂ©e et je venais de perdre mon couteau alors j’ai voulu quitter cet endroit de malheur au plus vite. Au cours de mon trajet pour retourner Ă  la plage, j’avais beaucoup transpirĂ© et je me sentais toute poisseuse et sale, alors lorsque je me suis retrouvĂ© face Ă  la mer, j’ai vite retirĂ© mes baskets et sans rĂ©flĂ©chir je me suis jetĂ© Ă  l’eau. Je voulais me laver de toute cette crasse. Et c’est vrai qu’Ă  un moment donnĂ©, lorsque je nageais sous l’eau, j’ai repensĂ© Ă  mon mari. J’Ă©tais Ă  nouveau bouleversĂ©e et trĂšs en colĂšre. Alors j’ai voulu mourir…mais… »

Les yeux de Tamara Ă©taient embuĂ©s de larmes qu’elle ne pouvait rĂ©frĂ©ner. Emue par ce qu’elle venait de lui rĂ©vĂ©ler, Elisa eut un geste de tendresse envers elle. Elle lui prit les mains et les enserra tout doucement dans les siennes puis constatant qu’elle ne portait pas d’alliance, elle ne pu s’empĂȘcher de lui dire :

« Je viens de remarquer que vous ne portez pas d’alliance Ă  votre doigt ? »

Tamara regarda un instant sa main gauche qui Ă©tait effectivement dĂ©nudĂ©e. Elle resta un instant sans voix comme si elle se sentait fautive puis se remit Ă  pleurer si bien qu’Elisa regrettait dĂ©jĂ  de lui avoir posĂ© cette question.

« Vous allez trouver ça complĂštement idiot de ma part mais je vous assure que c’est la vĂ©ritĂ©. Lorsque je prends ma douche, j’ai pour habitude de retirer ma bague pour ne pas l’abĂźmer. Mais cette fois-çi j’ai dĂ» oublier de la remettre Ă  mon doigt. La bague est donc restĂ©e chez nous dans notre maison Ă  AntinĂ©a. BiensĂ»r lorsque mon mari et moi sommes venus Ă  Diamond, je m’en suis aperçu mais c’Ă©tait dĂ©jĂ  trop tard. Vous pensez que c’Ă©tait un mauvais prĂ©sage ? C’est vrai maintenant que j’y pense. Comment ai-je pu oublier mon alliance… » dit-elle les yeux noyĂ©s de larmes.

« Non, Tamara. Ne vous mĂ©prenez pas. Si je vous ai posĂ© cette question, ce n’est pas pour vous accabler. Vous ne devez pas vous sentir coupable par rapport Ă  cette bague, cela n’a rien Ă  voir du tout ! C’Ă©tait juste un oubli. Rien de plus. Ce n’Ă©tait en aucun cas un mauvais prĂ©sage comme vous venez de le dire. Non, rien de cela. Et puis, vous ne pouviez pas prĂ©voir ce qui allait se passer sur cette Ăźle »

« Je ne sais pas mais tout ce que je sais, c’est que j’ai perdu mon mari… »

« Oui et c’est vraiment tragique ce que vous avez vĂ©cu mais je vous en prie Tamara, chassez de votre esprit cette histoire de mauvais prĂ©sage. Vous n’y ĂȘtes absolument pour rien. Et moi, je suis lĂ  avec vous. Et je voulais vous dire aussi que lorsque vous m’avez racontĂ© tout Ă  l’heure que vous vouliez vous suicider, eh bien, j’ai Ă©tĂ© trĂšs Ă©mue d’apprendre cela. Je suis sincĂšre Tamara. Et sachez une chose, votre mari n’aurait jamais voulu que vous fassiez ce geste. Vous ĂȘtes en vie et c’est tout ce qui compte. Vous m’avez entendu ? Vous ĂȘtes une personne trĂšs forte. Et vous avez tout mon soutien »

« Merci Elisa. Vous ĂȘtes si gentille avec moi. Mais vous savez, c’est grĂące Ă  vous si je ne suis pas passĂ©e Ă  l’acte »

« GrĂące Ă  moi ? »

« Oui, grĂące Ă  vous. Lorsque je nageais sous l’eau et que je suis remontĂ©e Ă  la surface pour reprendre une derniĂšre fois mon souffle, j’ai remarquĂ© au loin une petite tĂąche bleue sur la plage. Je n’en croyais pas mes yeux alors je suis vite sortie de l’eau, j’ai enfilĂ© mes baskets et j’ai couru sans m’arrĂȘter vers cette tĂąche. Puis au fur et Ă  mesure que je m’en rapprochai, j’ai constatĂ© que c’Ă©tait bien une personne qui Ă©tait allongĂ©e sur une serviette. Et Ă  partir de ce moment lĂ , vous ne pouvez pas savoir Ă  quel point ce fut une vĂ©ritable dĂ©livrance pour moi lorsque je suis tombĂ©e sur vous et qui plus est une femme. Je n’aurais sans doute pas eu confiance si j’Ă©tais tombĂ©e sur un homme. C’est pourquoi je tenais Ă  vous remercier Elisa. Encore merci d’ĂȘtre lĂ  et de me soutenir »

« Mais c’est tout Ă  fait normal Tamara. Et je vous soutiendrai encore jusqu’au bout »

****

Elisa jeta un bref coup d’oeil Ă  sa montre. Il Ă©tait dĂ©jĂ  13H20.

Les sourcils froncĂ©s, elle regarda au loin l’imposante montagne qui se dressait juste aprĂšs la plage puis avec une certaine anxiĂ©tĂ© dans la voix, s’empressa de dire Ă  Tamara :

« Je voulais vous demander. En ce qui concerne l’homme qui s’est enfui. Il pourrait revenir ici pour nous faire du mal ? Il doit sans doute nous Ă©pier au moment mĂȘme oĂč nous parlons. Vous ne pensez pas ? Et si jamais il vous avez suivi ? »

« Non, il ne m’a pas suivi et j’en suis certaine car je n’ai eu de cesse de regarder autour de moi avant de venir sur cette plage »

Pourtant, il y avait quelque-chose qui clochait se dit Elisa dans son for intĂ©rieur. Une chose qui la tracassait encore. Mais quoi donc ? Soudain elle fut prise de panique. Elle l’avait complĂštement oubliĂ©. C’Ă©tait son Guide Philippo. Mais qu’Ă©tait-il devenu depuis tout ce temps ??

Avec affolement, elle fit part de son inquiétude à Tamara et sans plus attendre commença à lui raconter le début de son histoire :
« Moi aussi j’Ă©tais en excursion sur cette Ăźle. Mais avant de me retrouver ici Ă  Diamond, j’Ă©tais en catamaran avec mon Guide.

C’est lui qui naviguait le bateau et au cours de notre pĂ©riple, on avait fait de la plongĂ©e sous-marine ensemble. Ensuite on a dĂ©barquĂ© sur cette plage, il a amarrĂ© le bateau puis il m’a dit que je pouvais aller me promener un peu plus loin si je le souhaitai pendant qu’il dĂ©chargerait nos affaires. Je me suis donc baladĂ© puis j’ai dĂ©cidĂ© de m’allonger un peu en l’attendant. Je me suis endormie et vous ĂȘtes apparu. Et depuis notre rencontre, je n’ai plus jamais revu mon Guide qui s’appelle Philippo…Je me dema.. »

Soudain Tamara lui coupa la parole.

« Vous dĂźtes qu’il s’appelait Philippo ? Ce prĂ©nom me dit vaguement quelque-chose. C’est encore flou mais il me semble que j’ai entendu ce prĂ©nom lorsque j’Ă©tais Ă©vanouie. J’entendais des bribes de voix. Oui, j’en suis certaine maintenant. Je me souviens de ce prĂ©nom… »

Elisa n’osait y croire. L’idĂ©e mĂȘme de penser que Philippo pouvait avoir un lien avec toute cette sordide histoire lui fit dresser les cheveux sur la tĂȘte. Pour en avoir le coeur net elle posa la question cruciale qui Ă©clairerait enfin sa lanterne :

« Vous souvenez-vous des vĂȘtements que cet homme portait ? »

« oui, je m’en souviens clairement » s’empressa de dire Tamara. « Il portait un t-shirt jaune avec une inscription dessus. Attendez, ça va me revenir. Oui voilĂ , c’Ă©tait Ă©crit : Black and White »

Mon Dieu ! c’Ă©tait donc son Guide Philippo. Elle n’en croyait toujours pas ses oreilles et pourtant c’Ă©tait bien lui. Il n’y avait plus aucun doute lĂ -dessus. Elisa en avait la nausĂ©e.

« C’est bien lui » dit-elle avec dĂ©goĂ»t. « C’est mon Guide. Il portait effectivement un t-shirt de cette couleur avec l’inscription que vous venez de mentionner : Black and White. Mon Dieu, et dire que j’avais fait de la plongĂ©e avec lui. Il semblait si gentil. C’est totalement insensĂ© ! Mais pourquoi aurait-il fait tout ça ? »

« Je ne sais pas. Mais en tous cas, il avait l’air de bien connaĂźtre notre guide Batisto. Je me rappelle encore de leurs satanĂ©s rires !! Moi aussi je n’aurais jamais cru que notre Guide nous aurait fait du mal. Et comme vous dĂźtes, lui aussi il paraissait ĂȘtre trĂšs gentil. Les apparences sont parfois trompeuses. On croit connaĂźtre une personne mais c’est tout l’inverse et j’en sais quelque-chose. A cause de ces deux hommes, j’ai tout perdu. Finalement, mon mari et moi n’aurions jamais dĂ» venir sur cette fichue Ăźle de malheur. Il serait encore en vie maintenant. Je regrette tellement qu’on soit venus ici ! »

« Vous avez raison Tamara. A cause d’eux, vous avez perdu votre mari. C’est tellement horrible ce que vous avez vĂ©cu ! Qu’allons nous faire maintenant ? On se retrouve toutes les deux seules sur cette Ăźle perdue. Qu’allons-nous devenir ? Qui va venir nous sortir de lĂ  ? »

« Je ne sais pas Elisa mais on va tout faire pour pouvoir s’en sortir. Et puis heureusement nous sommes deux »

« Oui, c’est vrai mais ce n’est pas rassurant avec ce sale type qui est dans les parages. J’ai quand mĂȘme peur. Vous auriez un plan en tĂȘte pour se sortir de cette galĂšre ? »

« Oui j’ai un plan qui pourrait ĂȘtre possible. DĂźtes-moi, quelle heure est-il ? »

Elisa regarda sa montre. Et dire qu’en venant sur cette Ăźle, elle se disait qu’elle oublierait les heures qui passent ; eh bien ce n’Ă©tait plus le cas Ă  prĂ©sent, au contraire le temps Ă©tait comptĂ© plus que jamais…

« Il est exactement 14H00 »

« Il faudrait quitter cet endroit au plus vite » dit Tamara.

« Mais pour aller oĂč ? »

Tamara regarda la forĂȘt luxuriante qui Ă©tait Ă  environ 3 kilomĂštres de lĂ  oĂč elles se trouvaient puis elle dit :

« Je pense qu’on devrait aller lĂ -bas dans la forĂȘt. Ici on est trop en vue. Et la nuit va vite tomber. En haut de cette montagne, il y a deux cabanes qui se trouvent l’une Ă  cĂŽtĂ© de l’autre. La deuxiĂšme qui Ă©tait juste derriĂšre la premiĂšre Ă©tait fermĂ©e Ă  clef car elle Ă©tait inoccupĂ©e. Mon mari et moi dormions dans la premiĂšre cabane. Ces cabanes sont des sortes de refuge pour les rares touristes qui sĂ©journent ici. On pourrait vous et moi, s’enfermer Ă  clef dans la cabane que je connais. Je me souviens que la porte d’entrĂ©e Ă©tait restĂ©e entrouverte avant que les deux hommes nous attaquent mon mari et moi. Je le sais car j’Ă©tais en train de prĂ©parer des sandwichs et que je faisais des allĂ©es et venues entre la cabane et l’extĂ©rieur. Moi, je ne vois que cette solution pour nous protĂ©ger de cet homme »

« Mais oĂč se trouve cette clef pour pouvoir s’enfermer dans cette cabane ? »

« Lorsque mon mari et moi dormions dans la cabane, nous nous y enfermions Ă  clef pendant que Batisto de son cĂŽtĂ© dormait sous sa tente Ă  quelques mĂštres de nous. Je me rappelle que tous les matins, il avait pour habitude de nous rĂ©clamer Ă  chaque fois la clef de notre cabane et j’avais remarquĂ© qu’il la rangeait toujours dans l’une des poches extĂ©rieures de son sac Ă  dos. Et quand votre guide nous avait agressĂ©, le sac se trouvait Ă  l’intĂ©rieur de notre cabane. Il Ă©tait posĂ© sur la table Ă  manger. Et je suis certaine qu’il doit toujours y ĂȘtre. Il faudrait absolument mettre la main dessus et rĂ©cupĂ©rer la fameuse clef. Et Ă  ce moment lĂ , on serait sauvĂ©es vous et moi ! Du moins, on serait beaucoup plus en sĂ©curitĂ© qu’Ă  l’extĂ©rieur. Je ne vois que cette solution pour l’instant. Ensuite, on verra bien ce qu’on pourra faire pour la suite des Ă©vĂšnements »

« Mais, vous oubliez un dĂ©tail Tamara ? Et si jamais ce Philippo Ă©tait revenu sur ses pas pendant que vous ĂȘtes venue sur cette plage ? Il pourrait alors se trouver dans cette cabane et avoir la fameuse clef avec lui ! C’est vraiment trop dangereux et risquĂ© d’aller lĂ -bas ! »

« Oui c’est vrai que c’est risquĂ© ! Mais nous n’avons pas le choix ! On ne peut pas rester ici indĂ©finiment. Personne ne viendra nous chercher. Mon mari et moi avions optĂ© pour 4 jours d’excursion Ă  Diamond et depuis notre arrivĂ©e ici, nous n’y avons dormi que 2 nuits. Alors vous comprendrez que dans l’immĂ©diat, personne ne viendra s’inquiĂ©ter de notre sort. Et en ce qui vous concerne, c’est pareil puisque vous venez Ă  peine de dĂ©barquer aujourd’hui sur cette Ăźle. Rappelez-moi Elisa, vous deviez sĂ©journer ici durant combien de jours ? »

« 2 jours et 1 nuit » dit-elle avec amertume.

« Vous voyez bien ! Personne ne viendra nous sauver avant ! Croyez-moi Elisa, il faut absolument rejoindre cette cabane si on veut s’en sortir ! »

Elisa constata avec effroi, qu’effectivement personne ne viendrait les secourir tant que ces jours d’excursions n’auraient pas Ă©tĂ© Ă©coulĂ©s. Et donc cette nuit promettait d’ĂȘtre longue et angoissante…

« Qu’en pensez-vous Elisa ? Il faut se dĂ©cider maintenant. Le temps est comptĂ© ! »

« Vous avez sans doute raison mais c’est effrayant de savoir que ce type est toujours lĂ  quelque part… »

« Oui, c’est vrai. Mais il est blessĂ© Ă  la poitrine et il perdait dĂ©jĂ  beaucoup de sang lorsque je l’ai vu s’enfuir. Il est donc en Ă©tat de faiblesse. Et n’oubliez pas, nous sommes deux ! On a un avantage sur lui ! on pourra mieux se dĂ©fendre si jamais ça tournait mal »

Elisa Ă©tait tout de mĂȘme perplexe mais ce que disait Tamara n’Ă©tait pas dĂ©nuĂ© de sens, bien au contraire. En effet, comme elle venait de le souligner Ă  l’instant, Philippo Ă©tait blessĂ© mais elle ne savait pas pourquoi, elle avait tout de mĂȘme peur de devoir s’aventurer dans cette forĂȘt.

« Et si on tentait d’aller plutĂŽt lĂ  oĂč le catamaran est amarrĂ© ? » dit-elle.

« Surtout pas ! et pour y faire quoi ? Il pourrait mĂȘme dĂ©jĂ  y ĂȘtre pendant que nous discutons. De plus on n’y serait pas Ă  l’abri vous et moi. Il faut au contraire partir d’ici et se diriger vers la cabane oĂč l’on pourrait s’y enfermer Ă  clef. On y serait beaucoup plus en sĂ©curitĂ©. Je vous assure. Et comme je vous l’ai dĂ©jĂ  dit, je connais bien l’endroit »

« D’accord, vous devez sans doute avoir raison. Il vaut mieux s’en tenir Ă  votre plan. Je pense effectivement qu’on serait beaucoup plus en sĂ©curitĂ© Ă  l’intĂ©rieur de la cabane »

« Oui, je le pense aussi. Il vaut mieux se dĂ©pĂȘcher Elisa car la nuit tombe vite ici. Ne perdons plus un instant. Allons-y »

Sur les conseils de Tamara, Elisa Ă©changea sa paire de tongues par ses tennis puis ramassa le reste de ses affaires qu’elle rangea Ă  l’intĂ©rieur de son sac de plage. Elle Ă©tait fin prĂȘte mais elle avait peur. Pourtant, il fallait bien qu’elle fasse confiance Ă  Tamara qui avait l’air d’ĂȘtre une personne combative et trĂšs dĂ©terminĂ©e. Ce qui Ă©tait rassurant en un sens mais voilĂ  elle doutait encore et ne pouvait s’empĂȘcher d’avoir de l’apprĂ©hension.

****

Et voici que les deux jeunes femmes couraient vers la grande Ă©tendue de forĂȘt verdoyante qui se trouvait droit devant elles.

Tamara avait prĂ©venu Elisa que la cabane se trouvait tout de mĂȘme assez loin et qu’il faudrait accĂ©lĂ©rer le pas afin de ne pas se faire prendre par la nuit.
Et c’est ce qu’elles faisaient Ă  cet instant lĂ . Courir sans s’arrĂȘter.

****

Enfin arrivĂ©es Ă  l’orĂ©e de la forĂȘt, toutes deux s’immobilisĂšrent.

Elles Ă©taient essoufflĂ©es par leur course alors avant de continuer leur chemin, Elisa proposa Ă  Tamara de boire un peu d’eau afin de reprendre des forces.
Une fois aprĂšs avoir Ă©tanchĂ© leur soif, elles Ă©taient prĂȘtes Ă  se remettre en route.

« Allons-y Elisa !! et surtout faites attention oĂč vous mettrez les pieds. C’est assez caillouteux par certains endroits… »

« OK. Merci Tamara. Je ferai attention »

**** 

Mon baptĂȘme de l’air

Dans les annĂ©es 87, nous partĂźmes de nouveau en Afrique ; direction : La GuinĂ©e, Ă  Conakry (La Capitale)…

carte-afrique

GuineeConakry1Carte
A cette Ă©poque lĂ , j’avais 10 ans et je peux vous dire que ce fĂ»t pour moi le plus beau et le plus mĂ©morable des voyages africains…
En effet, Ă©tant donnĂ© que je n’avais gardĂ© pratiquement aucuns souvenirs de la CĂŽte d’Ivoire ; ce fut donc avec dĂ©lĂšctation que je profitai pleinement de mon premier voyage Africain et disons-le ; de mon premier baptĂšme de l’air et ce ; mĂȘme si j’avais dĂ©jĂ  pris plusieurs fois l’avion avec mes parents lorsque j’Ă©tais encore un bĂ©bĂ©…
Mon premier baptĂšme de l’air :

BOEING747n
J’ai eu vraiment beaucoup de chance de pouvoir dĂ©couvrir la GuinĂ©e Ă  l’Ăąge de 10 ans !!! et d’y vivre en famille, durant 2 belles annĂ©es !!!
Mais je dois avouer que l’un de mes plus beaux souvenirs restera tout d’abord et avant tout, mon voyage en avion…
L’un de mes trĂšs grands moments Ă  mes yeux…

A présent, je vais vous raconter mon histoire :

Aeroport
A l’intĂ©rieur de l’aĂ©roport de Paris, Roissy Charles de Gaulle ; mes parents, mon petit frĂšre et moi attendions notre tour dans la file d’attente des passagers en partance pour la GuinĂ©e…
Lorsque vint enfin notre tour de remettre nos billets d’avion Ă  l’hĂŽtesse d’accueil ; ce fĂ»t dans une dĂ©marche assez rapide que nous commençùmes Ă  marcher dans l’interminable couloir d’embarquement qui menait Ă  l’entrĂ©e de notre boeing…
Et je dois dire qu’Ă  partir de ce moment-lĂ  trĂšs prĂ©cis, je commençai Ă  me dire : « CĂ©cile !!, ça y est, tu vas bientĂŽt te retrouver Ă  l’intĂ©rieur de l’avion et ce ; dans Ă  peine quelques minutes… »

aeroport_paris_orly
A l’intĂ©rieur de l’avion :

h-20-1833687-1260443838
La premiĂšre fois que je suis montĂ© dans un boeing ; ce fut pour moi une vĂ©ritable dĂ©couverte…
Je reviens donc Ă  mon histoire ou je me retrouvai enfin Ă  l’intĂ©rieur de l’avion…
Il devait bien ĂȘtre 21h00 du soir…(C’Ă©tait en juillet et donc il faisait encore jour…)
Lorsque nous entrĂąmes enfin, Ă  l’intĂ©rieur de l’avion ; ma famille et moi, fĂ»mes accueillis par 2 hĂŽtesses de l’air et 1 stewart qui nous dirent : « Bienvenue Ă  bord de notre Compagnie « Air Sabena ». Nous vous souhaitons un agrĂ©able voyage Madame, Mademoiselle et Messieurs… »
Pendant que je suivai mes parents et mon petit frĂšre dans l’Ă©troit couloir, j’observai aux alentours tous ces gens qui rangeaient leur affaires dans des compartiments qui se trouvaient au dessus leurs fauteuils ou encore des passagers qui commençaient Ă  s’installer dans leur siĂšges respectifs…
J’adorai dĂ©jĂ  toute cette effervescence…

Puis mon pĂšre s’arrĂȘta de marcher et nous dit : « Voici nos places et vous les enfants, vous ĂȘtes placĂ©s juste devant nous ; donnez-moi vos sacs, je vais les ranger en haut dans les compartiments… »
Une fois dĂ©barrassĂ©e de mon sac je m’installai dans mon fauteuil et je commençai Ă  dĂ©couvrir avec mes yeux d’enfant Ă©merveillĂ©s tout l’intĂ©rieur de l’avion tels que : les siĂšges, les hublots, le personnel naviguant, ect…
J’Ă©tais totalement fascinĂ©e par toute cette ambiance…
Il faut dire que c’Ă©tait vraiment une premiĂšre pour moi….
Mon petit frĂšre aussi Ă©tait aux anges car il dĂ©couvrait tout comme moi, l’intĂ©rieur de l’avion.
Mais ce qui lui plaisait le plus, vraisemblablement ; c’Ă©tait de regarder Ă  travers le hublot, la piste de l’aĂ©roport…

HUBLOT
D’ailleurs, lorsque nous Ă©tions rentrĂ© Ă  l’intĂ©rieur de l’avion ; mon frĂšre m’avait dit d’emblĂ©e : « CĂ©cile, je voudrais ĂȘtre placĂ© prĂšs du hublot, s’il te plaĂźt… »
Et comme je suis d’une nature gĂ©nĂ©reuse ; je lui disais que je n’y voyais aucun inconvĂ©nient…bien au contraire puisque je souhaitai moi-mĂȘme, ĂȘtre placĂ©e prĂšs du couloir afin de mieux regarder les allĂ©es et venues du personnel naviguant….(Ă  cette Ă©poque lĂ , c’Ă©tait un mĂ©tier qui me plaisait beaucoup : ça me faisait rĂȘver…)

DĂ©collage de l’avion :
Je parlai tranquillement avec mon frĂšre, lorsque soudain je ressenti des vibrations sous mes pieds…
En effet, l’avion commençait Ă  rouler doucement sur la piste…
Puis il se mit peu Ă  peu, Ă  accĂ©lĂ©rer sa vitesse…
A prĂ©sent, l’avion roulait tellement vite que je ne distinguai mĂȘme plus l’aĂ©roport Ă  travers le hublot…
Puis ce fĂ»t Ă  partir de ce moment que l’avion dĂ©colla…
Et je ressentis alors, comme une drĂŽle de sensation : C’Ă©tait comme si une lourde pesanteur s’abattait sur mon corps ; avec cette impression Ă©trange de m’enfoncer littĂ©ralement dans mon fauteuil…

La tĂȘte dans les nuages :
Mon petit frĂšre me regarda et me dit : « Wahou !!! t’as vu CĂ©cile…ça y est on est dans le ciel…. »
Et je lui rĂ©pondis aussitĂŽt : « Oui, ça fait bizarre…mon dieu, ça fait peur…t’as vu…regarde par ton hublot…on ne voit presque plus la terre…on est vraiment trĂšs haut dans le ciel…maintenant… »
Olivier me rĂ©pondit : « Oui c’est vrai…je ne vois plus la terre…ça y est…regarde les nuages…Wahou !!! c’est beau…t’as vu ? »
Je me penchais davantage pour pouvoir aperçevoir Ă  travers le hublot ; les jolis nuages qui ressemblaient Ă  du coton trĂšs vaporeux…

2256437618_67a3437dee
Puis je dis Ă  mon frĂšre : « C’est beau…on dirait des morceaux de coton gĂ©ants… »
Puis je sentis une main qui me touchait l’Ă©paule : C’Ă©tait ma Maman qui Ă©tait juste installĂ©e derriĂšre moi …
Je me retournai et aperçu son sourire…
Puis elle me dit : « T’as vu CĂ©cile…on est dans les nuages maintenant…t’as vu par le hublot ? »
« Oui, j’ai vu Maman…C’est vraiment trop beau…et je suis contente d’ĂȘtre dans cet avion… »

2663743365_93742a5d2a
Et Maman me dit « Je savais que tu aurais aimĂ© prendre l’avion…et tout Ă  l’heure on mangera le repas…tu verras comment c’est…surtout profite bien de ce voyage ma poupoule… »
et je lui rĂ©pondis : « Merci Maman…bisous »
Les hĂŽtesses de l’air :

media_xl_891982
Alors que je discutais avec animation avec mon frĂšre, j’entendis une voix, Ă  ma droite me dire : « Bonsoir les enfants, vous pouvez dĂ©tacher votre ceinture Ă  prĂ©sent… »
C’Ă©tait une hĂŽtesse de l’air qui s’adressait Ă  nous avec un large sourire et qui avait stoppĂ© devant elle un gros chariot dans lequel je pouvais aperçevoir des boissons et des petits sachets de cacahuĂštes apĂ©ritifs…
Puis, elle nous dit :  » Les enfants, vous dĂ©sirez boire quelque-chose ? »
Je lui rĂ©pondis timidement : « heu oui… »
L’hĂŽtesse de l’air dit : « Il y a du jus d’orange ou du jus de pomme ? »
Je lui dis : « Je voudrais un jus d’orange s’il vous plaĂźt »
L’hĂŽtesse dit : « Et vous jeune homme ? »
Mon frĂšre rĂ©pondit : « moi je prendrais aussi un jus d’orange s’il vous plaĂźt… »
AussitĂŽt dit et aussitĂŽt fait, l’hĂŽtesse nous donna nos boissons accompagnĂ©s de petits sachets de biscuits apĂ©ritifs…
J’adorai vraiment toute cette ambiance et je me sentais trĂšs bien dans ma peau…
Bref, j’Ă©tais heureuse !!!
Quelques instants plus tard, une autre hĂŽtesse de l’air nous donnait Ă  moi et Ă  mon frĂšre des trousses de toilette (de la Compagnie aĂ©rienne « Sabena »), des couvertures pour dormir, des masques de nuit, des jeux pour enfants (puzzle reprĂ©sentant l’avion « Sabena » ; jeu de l’oie, et jeux de dames) ainsi que des casques d’Ă©couteurs pour pouvoir Ă©couter de la musique ou encore Ă©couter le son du film que la Compagnie « Sabena » diffuserait ce soir…
Inutile de vous dire que mon frĂšre et moi Ă©tions ravis d’avoir reçu des jeux pour s’amuser…
Et sans plus attendre, on commença Ă  jouer au jeu de dames…ce qui nous permettait de passer un peu le temps…
Visite du cockpit :

cockpit-avion
Durant ce voyage, mon frĂšre et moi avions eu l’opportunitĂ© de visiter le cockpit ….
Mon frĂšre et moi regardions avec des yeux Ă©merveillĂ©s, tous ces boutons (certains Ă©taient lumineux et d’autres pas) et ces petites loupiotes qui n’en finissaient pas…..si bien que je m’Ă©tais demandĂ© comment pouvaient bien faire le pilote et le copilote pour ne pas s’y perdre…
Je me souviens mĂȘme que j’avais dis Ă  haute voix : « Il y a beaucoup de boutons !!! »

T1_N176_A1022_AirbusA-320cockpit-estrecho2
Et le commandant de bord m’avait dit en souriant : « Eh oui, vous avez vu les enfants !!! c’est vrai qu’il y a beaucoup de boutons mais mon collĂšgue et moi ; on est trĂšs habituĂ©s alors ça ne nous fait pas peur du tout…et peut-ĂȘtre qu’un jour le mĂ©tier de pilote de ligne vous plaira Ă  votre tour et qui c’est vous serez vous aussi peut-ĂȘtre amenĂ©s Ă  conduire des avions ? »
Et Olivier lui avait rĂ©pondu sans grande conviction : « Peut-ĂȘtre, je sais pas encore…en tout cas ça a l’air difficile… »
Puis ce fut sur ces derniĂšres phrases prononcĂ©es ; que notre visite du cockpit s’acheva…
Et inutile de vous dire que ce fut une trĂšs belle expĂ©rience pour moi et sans aucun doute, Ă©galement pour mon petit frĂšre…

Le dĂźner :
Je me souviens encore du repas qui n’Ă©tait pas si mal que ça puisque je l’avais apprĂ©ciĂ© :

airline-food-004
– Carottes rĂąpĂ©s, oeufs mimosas et petits canapĂ©s de pĂątĂ©,
– Cuisse de poulet accompagnĂ© de coquillettes au beurre,
– Une petite assiette de fromages,
– un bol de salades de fruits.

Je me souviens encore de ce menu car je l’avais notĂ© dans mon journal intime de l’Ă©poque…
Diffusion d’un film :
Je me rappelle que j’avais regardĂ© un bout de film ( je ne me souviens plus du tout du titre de ce film) mais qu’ensuite je m’Ă©tais endormie devant…
Puis je me souviens que mon pĂšre m’avait rĂ©veillĂ© et chuchotai : « Tiens, CĂ©cile, Mets ton masque de nuit, tu seras mieux avec…et comme il fait froid, tiens ta couverture…. »
Puis mon pĂšre dĂ©ploya la couverture et me la dĂ©posa sur les Ă©paules car il est vrai qu’il faisait lĂ©gĂšrement frisquet Ă  l’intĂ©rieur de l’avion…
Il fit de mĂȘme avec mon frĂšre puis nous souhaita une douce nuit et de beaux rĂȘves car Ă  partir de demain matin on se retrouverait tous les 4 en Afrique : En GuinĂ©e…
Le lendemain matin :
Ma Maman nous rĂ©veilla et nous dit d’aller faire rapidement un brin de toilette avant qu’il n’y ait trop de monde…
Ce que l’on fĂźt….
Et je peux vous dire que je garde un souvenir mĂ©morable des toilettes…
En effet, ils sont extrĂȘmements petits et ce ne fĂ»t pas si Ă©vident que ça de me laver le visage, de me brosser les dents ou encore de me coiffer les cheveux….
Mais bon…il fallait bien faire avec…
Quelques instants aprĂšs, mon frĂšre et moi prenions un petit dĂ©jeuner Ă  base : de lait, de biscottes, de confitures et de jus d’orange…
Puis le temps passa et soudain on entendit dans un micro ; la voix du Commandant de Bord qui annonçait à tous les passagers :
« Bonjour, je suis le Commandant de bord « X » ; et je vous annonçe que nous approchons des cĂŽtes GuinĂ©ennes et que nous allons entamer notre descente vers Conakry, la capitale ; dans quelques minutes…
Veuillez donc regagner votre siĂšge et attachez votre ceinture…
La tempĂ©rature extĂ©rieure est de 28 degrĂ©s celsus et il exactement 6h00, heure locale de Conakry et Ă  Paris il est exactement 8h00…
J’espĂšre que votre vol aura Ă©tĂ© agrĂ©able auprĂšs de notre Compagnie « air Sabena » et espĂ©rons vous revoir trĂšs prochainement Ă  bord de notre ligne. Merci Ă  vous et trĂšs bon sĂ©jour Ă  Conakry. »
L’atterissage :

200902080723
Ce fut au moment de l’atterissage que je dĂ©couvrai pour la premiĂšre fois que j’avais « le mal de l’air »…
Et je peux vous dire que durant quelques minutes ; (pour moi, cauchemardesques) j’Ă©tais devenue toute verte car j’essayai de me contrĂŽler afin de ne pas vomir…
Mais dĂšs lors ou les roues de l’avion touchĂšrent le sol GuinĂ©en ; je me senti de plus en plus mal….
Et ce qui devait arriver ; arriva… (si vous voyez ce que je veux dire)
Mais heureusement qu’il y avait le fameux sac en plastique, destinĂ© spĂ©cialement, pour ce genre de dĂ©sagrĂ©ment ; et qui Ă©tait plaçé, juste lĂ , devant moi ; Ă  l’intĂ©rieur de la housse, au dos du fauteuil avant…
Mais tout de mĂȘme ; quelle plaie, que celui d’avoir le mal de l’air !!! surtout si on aime les voyages en avion…
Mis Ă  part ce dĂ©sagrĂ©ment ; je garderai toute ma vie au fond de mon coeur, un trĂšs bon souvenir de ce merveilleux voyage en destination de la GuinĂ©e… car c’Ă©tait mon premier baptĂšme de l’air en quelque sorte ; mĂȘme si j’avais dĂ©jĂ  voyagĂ© en avion Ă©tant tout bĂ©bĂ©…