√Čtiquette : chaton

Guerre ethnique au Tchad en 1990

Le Tchad :

article_CarteWeb_Tchad1
Le Tchad est un pays d’Afrique Centrale sans acc√®s √† la mer, situ√© au sud de la Libye, √† l’est du Niger et du Nigeria, au nord du Cameroun et de la R√©publique centrafricaine et √† l’ouest du Soudan.

G√©ographiquement et culturellement, le Tchad constitue un point de passage entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire.
Sa capitale est N’Djamena.

****

Histoire du Tchad :

article_sarko_tchad

Voici le Président du Tchad : Idriss Déby

6fca65c0-8b6d-11dc-8988-11358f84b847

Le Tchad, qui a fait partie des possessions Africaines de la France jusqu’en 1960, a subi 3 d√©cennies de guerre ethnique ainsi que des invasions par la Libye avant de retrouver une certaine paix en 1990.

a91c4874-3fe3-11e0-9503-6304ce6edd28

Voici des Goranes

Une paix qui ne dura h√©las pas tr√®s longtemps…

Je vais d’ailleurs vous raconter un bien mauvais souvenir que j’ai v√©cu (ma famille et moi) et dont je n’oublierai jamais…

****

Voici mon histoire : Guerre ethnique :

tchad_ndjamena

Par une belle matin√©e ensoleill√©e (nous √©tions le 2 D√©cembre 1990 et j’√©tais alors √Ęg√©e de 13 ans) nous re√ß√Ľmes un appel t√©l√©phonique nous annon√ßant qu’il y avait des rebelles qui venaient d’envahir N’Djamena pour prendre le pouvoir…

C’√©tait un coup d’√©tat qui avait √©t√© organis√© par surprise sous le commandement du G√©n√©ral Idriss D√©by afin de ne pas √©veiller les soup√ßons du Pr√©sident Tchadien de l’√©poque : Hiss√®ne Habr√©, son ancien compagnon d’armes…

Ainsi, avec l’appui de la France, le G√©n√©ral Idriss D√©by voulait chasser Hiss√®ne Habr√© de son pouvoir…

02bb26f8-24ce-11de-9edf-4cf8bdb26134

Armée de terre Epervier

photo_1201993046709-11-0_zoom

N’Djamena √©tait donc assi√©g√© par des rebelles (Goranes) qui voulaient renverser l’actuel gouvernement d’Hiss√®ne Habr√© et placer au pouvoir leur G√©n√©ral Idriss D√©by en tant que nouveau Pr√©sident de la R√©publique Tchadienne.

****

Petite parenthèse :

293554_photo_1329985756697-2-0

Voici Idriss Déby

Idriss Déby Itno, né en 1952 à Berdoba (au sud-est de Fada) est un homme politique Tchadien.

Le 2 d√©cembre 1990, avec l’appui de la France, il chasse du pouvoir son ancien compagnon d’armes Hiss√®ne Habr√© apr√®s une p√©riode de lutte arm√©e men√©e √† partir du Soudan et le remplace le 4 d√©cembre avec le titre de pr√©sident du Conseil d’√Čtat.

Il est ensuite d√©sign√© « Pr√©sident de la r√©publique du Tchad » le 28 f√©vrier 1991, apr√®s l’adoption de la Charte nationale).

c3e456b2-d595-11dc-b9e5-1a86badc46c6

****

J’en reviens donc √† mon histoire…

Comme tout coup d’√©tat Africain, ce fut la panique g√©n√©rale…

Apr√®s cet appel t√©l√©phonique, mes parents, mon fr√®re et moi, d√Ľmes pr√©parer nos bagages et prendre l’essentiel sans trop se charger.

Ce que nous f√ģmes assez rapidement car il fallait au plus vite quitter notre maison de fonction afin de rejoindre un √ģlot¬†(une maison r√©quisitionn√©e sous le commandement de l’arm√©e de Terre Fran√ßaise « Epervier » et qui y regroupait une petite minorit√© d’expatri√©s Fran√ßais tout comme nous…)

Les bagages faits et nos 3 chats install√©s dans leur sacs de voyage respectifs, nous part√ģmes direction cet √ģlot, en voiture.

Au cours de notre trajet, nous nous retrouv√Ęmes subitement nez √† nez devant un tank de l’arm√©e Fran√ßaise et je peux vous dire que la vision de cet √©norme engin fut tr√®s impressionnante car son canon √©tait tourn√© en notre direction…

k2_black_panther_mbt

L’espace d’un instant je crus d√©faillir tellement j’avais peur…

Tout de m√™me, ce n’est pas tous les jours que l’on se retrouve face √† face devant un tank…

Et pourtant ma famille et moi en faisions l’horrible exp√©rience.

J’en garde d’ailleurs un tr√®s mauvais souvenir…

Mis √† part cette mauvaise rencontre lors de notre trajet, nous trouv√Ęmes enfin l’adresse de l’√ģlot.

Une fois notre voiture gar√©e dans le jardin de celui-√ßi, tout pr√®s du portail (nous n’avions pas le choix puisqu’il y avait d√©j√† un bon nombre de voitures qui √©taient gar√©es en √©pis) ; nous d√©cid√Ęmes de laisser nos 3 chats et nos valises √† l’int√©rieur de notre v√©hicule.

Mes parents d√©cid√®rent de sortir nos chats de leur sacs de voyage afin qu’ils puissent se sentir plus √† l’aise et ouvrirent √©galement un petit peu les fen√™tres arri√®res de la voiture afin qu’ils puissent mieux respirer.

Ensuite, tous les 4, nous rejoign√ģmes¬†le petit groupe d’expatri√©s qui se trouvait d√©j√† √† l’int√©rieur de l’√ģlot.

Une fois √† l’int√©rieur,¬†les heures pass√®rent et pass√®rent sans que quiconque ne vienne nous sauver.

Ma famille et moi √©tions tr√®s inquiets car on avait l’impression d’√™tre abandonn√©s et vraiment coup√©s du monde…

C’√©tait interminable cette attente¬†et cela √©tait d√Ľ en grande partie √† cause de la mauvaise strat√©gie de l’arm√©e de terre Fran√ßaise et du Quai d’Orsay (le Minist√®re des affaires √©trang√®res).

****

Le temps passait irr√©m√©diablement lorsque soudain 2 goranes (des rebelles Tchadiens) arm√©s de leur kalachnikov et muni d’un pistolet, firent irruption dans le jardin en r√©clamant qu’ils voulaient juste une voiture (afin de pouvoir s’enfuir de N’Djamena, selon les dires du gardien de jour Tchadien de la maison).

photo-280085-LEt malheureusement, comme notre voiture se trouvait √™tre gar√©e pr√®s du portail,¬†vous devinez alors la suite…

Pourtant, il y avait bien un autre v√©hicule gar√© tout pr√®s de notre voiture et ce, juste en face du portail et qui se trouvait √™tre un 4X4 tout terrain…

Ce 4X4 √©tait vide,¬†c’est √† dire : sans aucun bagage et qui plus est sans animaux…

Mes parents ne voulaient pas donner leur voiture pour les simples et uniques raisons qu’il y avait tous nos bagages ainsi que nos chats qui √©taient rest√©s √† l’int√©rieur.

Mes parents ont tout fait pour faire entendre raison √† ce propri√©taire du 4X4 (qui √©tait √©galement le propri√©taire de la maison) mais celui-√ßi ne voulait en aucun cas donner son v√©hicule car il avait peur et qu’il √©tait tout bonnement un l√Ęche…

Je me souviens encore de cet homme¬†et p√®re de famille qui se fichait totalement de notre sort…

Ce jour-l√†, je me suis m√™me dis que c’√©tait un √™tre immonde, √©goiste et totalement indigne qui aurait du alors se retrouver √† notre place √† cet instant l√†… Oui, une situation des plus affreuses qu’il aurait du subir lui aussi…

D’ailleurs, si jamais il lisait cet article (que je souhaite), je tenais √† lui dire ceci :

« Vous √©tiez une v√©ritable ordure ce jour-l√† ! Oui une lamentable ordure ! Et vous vous √©tiez comport√© comme un l√Ęche ! Comment avez-vous pu oser ne pas donner votre 4X4 rutilant √† ces deux Goranes ? Hein ? Pourquoi ? La r√©ponse est √©vidente. Vous ne vouliez pas donner votre voiture toute neuve ! Allez au diable ! esp√®ce de sale cr√©tin ! »

****

Malgr√© un dialogue sans fin¬†√† b√Ętons rompus (vraiment pitoyable et grotesque) avec cet homme d√©nu√© d’intelligence et de bon sens (pour lui faire soit disant entendre raison) ; mes parents durent se r√©soudre au pire ; donner leur voiture car les rebelles commen√ßaient √† s’impatienter.

C’est alors que mon p√®re prit ses clefs de voiture et sortit dehors.

Ma mère le suivit afin de pouvoir sauver toutes nos affaires ainsi que nos chats dans le cas ou les rebelles leur donneraient peut-être cette éventuelle possibilité (Ce que ma mère et mon père espéraient vraiment).

Mon p√®re essaya donc¬†d’expliquer (par des gestes) aux goranes qu’il voulait r√©cup√©rer ses valises ainsi que ses chats.

Ceux-√ßi ne s’y oppos√®rent pas mais ils voulaient en contrepartie, que mes parents se d√©p√™chent au plus vite afin qu’ils puissent quitter les lieux.

Vu leur excitation et leur impatience, cela se voyait qu’ils voulaient fuir au plus vite N’Djamena √† cause de l’arriv√©e des troupes du G√©n√©ral Idriss D√©by.

Mais l√† encore,¬†mes parents n’eurent pas de chance…

En effet, mon p√®re n’arrivait pas ouvrir la porti√®re avant (droite) √† cause de la serrure qui √©tait d√©fectueuse et qui devait normalement √™tre r√©par√©e dans les jours √† venir.¬†C’√©tait vraiment pas de chance !

****

Mon père dut batailler tant bien que mal avec cette satanée serrure mais heureusement, la portière finit enfin par céder !

Mais c’√©tait sans compter sur ces rebelles qui commen√ßaient de plus en plus √† s’exciter et √† s’√©nerver davantage…

L’un deux commen√ßa √† hurler en un dialecte incompr√©hensible car il pensait que mon p√®re avait fait expr√®s de leur faire cette ruse afin qu’ils ne puissent pas voler sa voiture.

C’√©tait un regrettable mauvais coup du sort qui s’acharnait une fois de plus contre nous…

De l√† ou je me trouvais, (derri√®re la grande baie vitr√©e du salon de la maison) je pouvais voir tr√®s nettement toute la sc√®ne et je peux vous dire que jamais je n’avais eu autant peur de ma vie…

C’√©tait horrible de voir mes parents confront√©s √† ces sales brutes de rebelles…

Je m’imaginais le pire et je n’avais pas si tort que √ßa…

****

Le gorane qui n’arr√™tait pas de hurler et qui avait les yeux inject√©s de sang car il √©tait sans aucun doute drogu√©, pointa subitement le canon de son pistolet dans le dos de ma m√®re qui essayait de sauver nos 3 chats et quelques uns de nos bagages.

Si vous vous souvenez bien,¬†mes parents avaient d√©cid√© de laisser nos chats en dehors de leurs sacs de voyage afin qu’ils puissent se sentir plus √† l’aise √† l’int√©rieur de notre voiture.¬†Eh bien, heureusement qu’ils avaient eu cette id√©e…

Deux chats avaient pu s’√©chapper de la voiture gr√Ęce √† ma m√®re qui les avait lib√©r√©s en d√©grafant leurs laisses qui √©taient attach√©es autour de leur cou et qui les emp√™chaient litt√©ralement de pouvoir se mouvoir et donc de s’enfuir…

Puis avec rage et d√©termination, elle les avait rapidement repouss√©s vers l’ext√©rieur de l’habitacle afin qu’ils puissent enfin se sortir de ce pi√®ge…

C’est vrai que ma m√®re avait fait preuve de beaucoup de sang froid ce jour-l√† car ces deux chats auraient pu ne jamais s’en sortir si elle ne les avait pas d√©tach√©s de leurs laisses…

Minouchkaya-et-son-petit-bebe-image-petite

Voici Minouchkaya (Vous savez, celle que j’avais sauv√©e in extr√©mis en Guin√©e √† Conakry)

Et donc, une fois délivrés, nos deux chats se mirent à courir très vite vers les buissons du jardin, tellement ils étaient effrayés.

Toujours avec autant de sans-froid, ma m√®re essaya de sauver tant bien que mal mon chaton blanc « Snoopy » qui s’√©tait cach√© sous le si√®ge avant du v√©hicule tellement il avait eu peur des Goranes mais h√©las, elle ne parvint pas √† le d√©livrer car il √©tait √©galement prisonnier de sa laisse qui l’emp√™chait de pouvoir se mouvoir et donc de s’enfuir de cet enfer.

MON PETIT SNOOPYNO

Voici mon petit Snoopy…

Mais √† ce moment l√†, ma m√®re ne se doutait pas une seule seconde que le Gorane drogu√©, la visait dans le dos avec son arme √† feu…

C’est alors que mon p√®re qui avait observ√© les intentions de ce gorane fit un geste h√©roique…

Sans plus attendre, il tapa tr√®s fort sur le canon de la kalachnikov afin de rabaisser l’arme au sol et de d√©tourner la trajectoire de la balle.¬†Le canon se rabattit violemment contre le sol au m√™me moment o√Ļ ce gorane (drogu√©) avait appuy√© sur la g√Ęchette.

Soudain, j’entendis une d√©flagration.¬†Un bruit terrible et affreux,¬†me laissant paralys√©e sur place…

La balle tir√©e de la kalachnikov venait de tomber au sol.¬†Cette ordure de rebelle avait manqu√© son sale coup…

Par son geste, mon p√®re avait sauv√© la vie de ma m√®re…

Mais h√©las, il fut l√©g√®rement bless√© au niveau du ventre car la chaleur du bout du canon de la kalachnikov avait litt√©ralement transperc√©e sa chemise et donc √©gratign√© au passage sa peau, faisant appara√ģtre au bout de quelques instants, une petite¬†aur√©ole de sang qui maculait sa chemise.

****

En voyant cette sc√®ne,¬†je d√©cidai de sortir de la maison car j’√©tais affol√©e et tr√®s inqui√®te.

Je sortis donc de la maison en courant...

Mais heureusement, une des personnes qui se trouvait √† l’int√©rieur stoppa ma course en me saisissant par la taille.

L’homme me plaqua contre lui et me dit tout doucement qu’il ne fallait plus que je fasse aucun geste…

En me stoppant dans ma course, j’eu le souffle coup√© et ne pu m’emp√™cher de pleurer (pas √† cause de la douleur mais par le fait que j’√©tais morte d’inqui√©tude pour mes parents).

Le geste de ce monsieur m’avait tout simplement sauv√© la vie car √† ce moment l√†, le deuxi√®me gorane me visait de loin avec sa kalachnikov…

Mon petit fr√®re qui se trouvait √† l’int√©rieur de la maison √©tait tr√®s angoiss√© car il venait de voir toute la sc√®ne.

****

Je regardais mes parents au loin et je me disais que c’√©tait la fin du monde…

Le Gorane qui m’avait vis√©, attrapa brusquement le bras de son acolyte…¬†Je crois bien qu’il essayait de le r√©sonner.

La situation les échappait.

Et c’√©tait une certitude, mes parents ne pourraient pas sauver l’int√©gralit√© de leurs affaires, rest√©es dans le coffre de leur voiture.¬†

D’ailleurs, l’instant d’apr√®s, les goranes se pr√©cipit√®rent √† l’int√©rieur du v√©hicule et s’enfuy√®rent en roulant √† grande vitesse, ne laissant appara√ģtre derri√®re eux, qu’un √©pais nuage de poussi√®re de terre rouge…

****

Ma m√®re √©tait sous le choc ainsi que mon p√®re…

Ils √©taient d√©sempar√©s et perdus…¬†Nous avions absolument tout perdu…

Nous n’avions plus aucun¬†bagage (les bijoux en or de ma m√®re qui √©taient des souvenirs de Madagascar et d’Afrique se trouvaient dans une de nos valises et ce fut un v√©ritable cr√®ve-coeur pour elle de savoir que ses biens les plus pr√©cieux furent entre les mains d’immondes salopards).

Mais dans ce terrible malheur, nous avions la chance d’avoir toujours nos deux chats qui avaient pu √™tre sauv√©s gr√Ęce √† Maman…

H√©las, ce ne fut pas le cas de mon chaton (que j’aimais tant) « Snoopy » qui √©tait rest√© coinc√© sous le si√®ge avant, c√īt√© conducteur de notre voiture…

J’imagine que ces ordures ont du l’abattre en le faisant souffrir (je ne sais de quelle mani√®re mais jusqu’√† aujourd’hui je pr√©f√®re ne pas trop y penser) vu que c’√©taient des sanguinaires !

****

Mais ce que j’ai retenu le plus de cette atroce journ√©e dont je ne cesserai jamais de me la rem√©morer avec beaucoup d’√©motion et de tristesse ; c’est que nous avions fr√īl√© la mort de tr√®s pr√®s et que dans cet infernal chaos, nous avions eu l’immense chance de pouvoir rester en vie tous les 4…

Cela aurait pu mal se terminer mais je remercie encore le ciel d’avoir √©pargn√© nos vies… Qu’il ne soit rien arriv√© √† ma m√®re, ni √† mon p√®re (juste une l√©g√®re blessure due √† la br√Ľlure de la chaleur du canon de la Kalachnikov) et ni √† mon petit fr√®re !

Certes, on nous avait vol√© tous nos souvenirs de Madagascar et d’Afrique ainsi que nos biens les plus pr√©cieux ; sans oublier la perte de mon chaton mais dans tout ce drame, nous √©tions encore en vie et c’est ce qui est l’essentiel √† retenir finalement…

****

En conclusion de mon histoire, je terminerai mon récit en vous disant ceci :

« La vie est ce qu’il y a de plus beau et de plus important sur cette terre… Elle n’a pas de prix… Elle est tr√®s pr√©cieuse et plus que jamais, elle vaut d’√™tre v√©cue…

Une bien jolie d√©couverte

0a16

Je me rappelle encore d’un souvenir lointain qui date depuis fort longtemps : en effet, je devais bien avoir 10 ou 11 ans…
Mais je m’en souviens encore comme si c’√©tait hier…

Ce jour là, je me trouvais dehors en compagnie de mon petit frère en train de jouer avec nos chats et nos chiens.
Nous attendions l’arriv√©e de notre p√®re qui ne devait pas tarder √† rentrer de son travail afin d’aller d√©jeuner en famille au restaurant chinois qui s’appelait : « Le Jardin Chinois » et qui se trouvait non loin de notre villa.

Soudain nous entend√ģmes le klaxon de notre voiture que je savais parfaitement reconna√ģtre entre mille.¬†C’√©tait Papa qui arrivait enfin de son travail.
Je regardais ma montre. Il était exactement 12H00 pile.
Mon p√®re gara le 4×4 dans l’all√©e qui menait √† notre jardin pendant que notre gardien de jour refermait les portes du portail.

Mon fr√®re et moi, nous pr√©cipit√Ęmes vers lui afin de lui dire bonjour et de l’embrasser chacun notre tour.

Puis mon fr√®re d√©cida d’aller v√©rifier le fameux QG de ses fourmis car √† cette √©poque l√†, je remarquai qu’il aimait beaucoup les observer et m√™me leur donner √† manger ; voire les prot√©ger de tous pr√©dateurs car je crois bien qu’il devait en √™tre r√©ellement passionn√© de ces insectes (une similitude que mon fr√®re avait avec notre Maman qui adorait, elle aussi, lorsqu’elle √©tait petite, jouer avec ces charmantes petites bestioles) par rapport √† moi qui pr√©f√©rait de loin : les chats.

Bref, pendant que mon petit fr√®re observait ses ch√®res fourmis en train de construire leur forteresse, moi je regardais mon p√®re du coin de l’oeil.

fourmi_pivoine_3x_mpe65mm_mt24ex_2
Apr√®s que mon p√®re eut demand√© un verre d’eau glac√© au domestique qui se trouvait encore √† l’int√©rieur de notre maison en train de terminer son m√©nage et pendant que Maman se pr√©parait dans sa chambre pour s’appr√™ter √† sortir ; je ne pouvais m’emp√™cher de me dire rien qu’en regardant son visage qu’il avait d√Ľ s√Ľrement se passer quelque-chose aujourd’hui, car il me paraissait bien absent.

Je m’asseyais donc pr√®s de lui alors qu’il √©tait en train de boire son verre d’eau, tranquillement install√© sur le petit muret de notre gloriette qui √©tait situ√©e au centre de notre jardin puis je d√©cidai de lui poser la question qui me br√Ľlait les l√®vres :

« Papa, tu m’as l’air bien soucieux, il s’est pass√© quelque-chose ? on aurait dit que tu es un peu triste ? »

Papa me répondit avec un petit sourire :

 » Pourquoi tu me poses cette question ? Je vois que tu es toujours autant curieuse C√©cile… »

« Mais je vois bien que tu as l’air soucieux comme si tu avais fait quelque-chose…mais je sais pas quoi…Allez dis-moi…s’il te pla√ģt…s’il te pla√ģt »

« Mais je n’ai rien fait. Enfin, si…il y a quelque-chose. Tout √† l’heure lorsque je conduisais, j’ai failli √©craser un chat mais je ne sais pas vraiment si j’ai pu l’√©viter ou pas. Je ne sais pas du tout. Je pense peut-√™tre l’avoir √©vit√© mais maintenant je n’en suis plus si s√Ľr que √ßa…enfin bref, j’en sais rien du tout… »

« C’est vrai ?? Mais sur quelle route tu te trouvais ? »

« C’√©tait tout pr√®s de notre maison. Pas loin du tout, juste sur la route √† double sens qui est devant chez nous, l’avenue Madina Corniche »

« Mais alors, on devrait aller voir…Peut-√™tre que le chat doit √™tre toujours l√†…et s’il est bless√©, on pourrait le sauver. C’√©tait un chat, comment ? Comme nos 3 chats ? grands comme eux ? »

« Mais enfin C√©cile ! ce chat, m√™me s’il est encore vivant, il doit √™tre d√©j√† tr√®s loin. C’√©tait un petit chat. Enfin, je sais plus. Mais on ne va pas partir l√† pour aller chercher un chat. Oublie √ßa, surtout que Maman ne va pas tarder √† sortir pour qu’on aille au restaurant. Laisse tomber. Je sais que tu aimes les chats mais l√† je t’assure, √ßa sert √† rien du tout. Allez, laisse tomber. Je n’aurais pas d√Ľ t’en parler, d’ailleurs »

Je lui r√©pondis aussit√īt, avec un certain agacement dans la voix :

« Si ! il faut qu’on y aille ! ou alors j’irais voir sans toi mais je t’en prie, viens s’il te pla√ģt ! il faut se d√©p√™cher maintenant ! »

Je l’agrippai par le bras en le tirant fortement vers moi afin qu’il se l√®ve.

« Allez viens Papa ! »

Subitement, ne pouvant plus attendre, je me mis √† courir vers le portail et demandai au gardien de l’ouvrir afin que je puisse sortir.

Aussit√īt, mon p√®re courut derri√®re moi et cria :

« C√©cile ! Mais non ! o√Ļ vas-tu ? Reviens… »

Avant de sortir dans la rue, je lui dis de mon air le plus triste :

« Viens, on va juste aller voir Papa puis on revient. Je veux juste savoir qu’est-ce qu’est devenu ce chat… viens, s’il te pla√ģt… »

Puis mon p√®re me suivit et nous sort√ģmes ensemble dans la rue ; la fameuse avenue qui portait le nom de « Madina Corniche » pendant que le Gardien maintenait l√©g√®rement le portail entrouvert.

L’avenue grouillait de monde et il y avait un va et vient de voitures sur la grande route √† double sens.
Ici, c’√©tait loin d’√™tre le havre de paix de notre maison avec tous ces bruits assourdissants.

Soudain, j’aper√ßus √† ma droite, une femme Guin√©√®nne assez forte qui √©tait en train de faire griller des ma√Įs¬†au bord de la route (comme il en existe souvent ici, en Guin√©e) et qui venait de donner un magistral coup de pied dans l’arri√®re train d’un tout petit chat. Sans aucun doute un chaton.

Mais de l√† o√Ļ je me trouvais, je n’arrivais pas √† bien distinguer la sc√®ne alors je m’√©criai vers mon p√®re avec pas mal d’excitation dans la voix :

« Papa ! Papa ! Je viens de voir le chat ! Je suis s√Ľre que c’est celui que tu as failli √©craser ! C’est lui ! Viens ! La femme vient de lui donner un coup de pied ! Oh non ! Vite, il faut y aller ! »

Je courus tr√®s vite vers la femme Guin√©√®nne qui parut tr√®s surprise de me voir l√† ; sans doute qu’elle n’√©tait pas habitu√©e √† voir une petite fille « Blanche » qui √©tait en train de courir pour je ne sais quelle raison, sur cette avenue…

Puis la femme comprit et se mit à éclater de rire en regardant le petit chat qui fuyait.
Moi, de mon c√īt√©, en un clin d’oeil, j’avais aper√ßu la petite boule de poil de couleur tigr√©e rouquine qui courait en boitillant, vers une bouche d’√©gout.

Je courus tr√®s rapidement vers le chaton qui avait d√©j√† engouffr√© sa petite t√™te √† l’int√©rieur de l’√©gout (il avait pratiquement la moiti√© de son corps √† l’int√©rieur) puis d’un geste tr√®s rapide, j’attrapai sa queue et la tirait de toute mes forces vers moi afin que je puisse l’extirper de cet endroit si sale et puant.

Mais ce ne fut pas √©vident du tout car (ce n’est pas la meilleure mani√®re qu’il soit pour attraper un chat) le chaton √©tait non seulement tr√®s effray√© par le bruit de cette avenue si bruyante mais aussi par le sale coup de pied qu’il venait de re√ßevoir.

Mais je r√©ussis tant bien que mal √† l’attraper de justesse. A pr√©sent, je le tenais bien fermement dans mes mains afin qu’il ne puisse surtout pas s’√©chapper.
Il √©tait si fr√™le et si apeur√© qu’il tremblait de tout son corps dans mes bras.
Il me ragardait de ses petits yeux verts en amande et il ne cessait de cracher. Un vrai petit rebelle !

Minouchkaya :

Minouchkaya-et-son-petit-bebe-image-petite

Voici Minouchkaya √† l’√Ęge adulte. Ici, elle se trouve au Tchad avec l’un de ses chatons.

Ce chaton √©tait tout mignon et il ressemblait √©trangement √† la chatte de ma Maman qui s’appelait « Minith » et qui √©tait tr√®s gravement malade.
Il ne cessait de me mordiller le bout des doigts et il sortait les griffes car il √©tait tr√®s apeur√©. Quoi de plus normal, vu qu’il n’avait plus confiance en l’√™tre humain et qu’il devait penser que je voulais sans doute, lui faire du mal.

Pourtant je ne cessai de le rassurer en lui murmurant des mots doux tout près de ses petites oreilles si pointues :

« Coucou, toi ! non, non et non, tu ne m’√©chapperas pas. Je te tiens tr√®s bien. Tu te rends compte que tu aurais pu t’enfuir dans cet √©gout si sale. Non, tu ne seras plus dans la rue. Tu es sauv√© maintenant ! Et on ne te fera plus de mal…Eh !! tu sais que tu ressembles beaucoup √† Minith ! Tu le sais mon joli chaton ? Aie ! Aie ! Mais tu oses me mordre et me griffer petit rebelle ! »

Je passai devant la femme Guin√©√®nne qui venait il n’y a pas si longtemps d’√©clater de rire. Elle me regarda d’un air incr√©dule et pointa du doigt le chaton que je tenais dans les mains puis me dit :

« Ah ! Tu as trouv√© le chat ! Il voulait manger mon ma√Įs alors j’ai tap√© lui…Mais lui, il n’a plus sa maman, je crois…Tu vas prendre lui ? »

Mon père qui se trouvait tout près de moi, lui répondit :

« Oui, on va garder le chat mais toi pas tr√®s gentille avec le chat… »

La femme lui répondit en riant :

« Ah ! missieu ! Oui pas gentille avec lui mais vous maintenant garder lui dans votre maison…C’est bon pour lui…Lui, tr√®s content maintenant… »

Apr√®s avoir dit au revoir √† cette femme que je n’aimais pas du tout,¬†mon p√®re et moi, nous rend√ģmes tr√®s vite chez nous, avec notre merveilleuse d√©couverte.
Mon petit fr√®re ne s’√©tait m√™me pas rendu compte de notre absence tellement il √©tait absorb√© par ses ch√®res fourmis !
Je vins vers lui et lui dit :

« Regarde Olivier, ce qu’on a trouv√© Papa et moi ! t’as vu ? C’est un petit chaton »

Olivier qui √©tait accroupi, se leva et regarda la petite boule de poil qui ne cessait de se contorsionner dans mes mains pour pouvoir s’enfuir.

« Wahou ! Mais vous l’avez trouv√© o√Ļ ? C’est vrai qu’il ressemble beaucoup √† Minith ! Il fait que cracher ! »

« C’est gr√Ęce √† C√©cile ! » dit mon p√®re. « Elle a tout fait pour qu’on aille retrouver le chat que je pensais avoir √©cras√© sur la route. Le chat √©tait toujours l√† mais √† un moment donn√©, il a failli s’√©chapper √† l’int√©rieur d’un √©gout. Heureusement que C√©cile √©tait l√† pour l’emp√™cher d’aller plus loin sinon on ne l’aurait plus jamais retrouv√© ! »

 » Wahou ! C’est vrai C√©cile ? Va vite le faire montrer √† Maman maintenant…Vite, d√©p√™che toi… »

Aussit√īt dit et aussit√īt fait. Je me retrouvai donc en un rien de temps √† l’int√©rieur de notre maison, faisant montrer √† Maman et √† notre domestique « Mamadou » notre jolie d√©couverte…
Mamadou dit en s’√©criant √† Maman :

« Madame ! Ce chat, il ressemble trop √† Minith ! C’est vrai, regarde Madame…Lui, trop beau comme Minith… »

Maman lui répondit :

« C’est vrai Mamadou ! Ce chaton ressemble vraiment beaucoup √† Minith ! Mais dis moi C√©cile, c’est un m√Ęle ou une femelle ? Il faudrait v√©rifier. Tu peux me le donner, s’il te pla√ģt ? Je vais voir si c’est une fille ou un gar√ßon »

Je tendis le chat √† ma m√®re puis celle-√ßi commen√ßa √† bien l’observer. Au bout de quelques secondes, elle nous dit √† moi et √† Mamadou :

« C’est bien une femelle ! ah ! Je suis vraiment contente. En plus, elle est tr√®s belle ! Elle a la m√™me couleur que Minith. Son pelage est tigr√©. Il faudra bien la laver car elle est tr√®s sale »

Et ce fut ainsi que « notre belle d√©couverte » devint notre jolie « Minouchkaya ».

Elle resta aupr√®s de nous durant des ann√©es et des ann√©es, voyageant √† nos c√īt√©s, traversant les fronti√®res et toujours en nous apportant beaucoup de joie et de bonheur. Et au cours de ces ann√©es, elle nous donna √©galement de bien jolies port√©es de chatons pour notre plus grand plaisir.

Cette jolie petit rouquine aux yeux verts fut un v√©ritable don du ciel car elle rempla√ßa pour ainsi dire notre si douce Minith qui √©tait atteinte (√† cette √©poque l√†) d’un cancer g√©n√©ralis√© et qui mourut quelques temps plus tard, apr√®s que l’on eut d√©couvert Minouchkaya.

Maman pleura beaucoup Minith car elle l’adorait plus que tout mais elle pressentait aussi depuis pas mal de temps qu’elle aurait eu une autre chatte qui aurait √©t√© sa r√©plique exacte mais en plus costaude et que sa rempla√ßante aurait v√©cue bien plus longtemps qu’elle…

Tout cela pour vous dire que ce jour l√† o√Ļ j’avais bien observ√© mon p√®re ; et bien, je pense que c’√©tait un jour b√©ni des Dieux car gr√Ęce √† moi, je donnais √† ma douce Mamounette, l’opportunit√© et le bonheur d’avoir une seconde petite Minith…

Et qui sait ? Peut-√™tre que c’√©tait tout simplement la r√©incarnation de Minith et que c’√©tait la providence qui nous l’apportait comme √ßa, afin d’apaiser la perte de notre regrett√©e Minith, par je ne sais quel miracle de la vie…

Un bien joli miracle et une bien jolie anecdote que je souhaitais absolument vous raconter…

Un amour de chat

Par un beau jour de semaine ; mes parents, mon fr√®re et moi √©tions all√©s au restaurant « Chez Papy »…
Et comme √† notre accoutum√©e, mon fr√®re et moi avions command√© le m√™me menu dont nous raffolions particuli√®rement….
Alors que nous mangions tranquillement ; le neveu de « Papy » vint nous annoncer que sa chatte venait d’avoir une port√©e de 6 chatons (les chatons avaient 2 semaines) et qu’il souhaitait en faire adopter quelques uns….

Les-chatons-4

Ma Maman fut tr√®s int√©r√©ss√©e par cette proposition et demanda au Neveu, qu’elle souhaitait juste en adopter 3, si c’√©tait possible…
Le Neveu lui dit que c’√©tait tout √† fait possible et qu’il suffisait juste qu’elle choisisse les coloris des pelages des 3 chatons…
En effet sur les 6 chatons ; le Neveu nous dit qu’ils y en avaient 3 qui √©taient particuli√®rement beaux ; dont 1 m√Ęle qui √©tait tout blanc, 1 autre m√Ęle qui √©tait tout noir avec les 4 pattes blanches (comme si il avait enfil√© des chaussettes) et enfin une femelle qui avait une robe de couleur tigr√©e rouquine…
Le Neveu insista beaucoup sur le fait que ces 3 chatons √©taient vraiment tr√®s mignons (par rapport aux autres chatons de la port√©e) et que chacun avaient une tr√®s belle robe…
Il ne pouvait pas nous les faire montrer car ils √©taient chez lui, dans sa maison, mais il promit √† ma m√®re qu’elle n’en serait vraiment pas d√©√ßue, bien au contraire….
Ma m√®re qui aimait d√©j√† beaucoup les chats, lui fit enti√®rement confiance…
Puis le Neveu lui dit : « Vous verrez Madame, vos enfants aimeront beaucoup ces petits chatons…ils sont si mignons…Vous pourrez par exemple les prendre demain si vous le souhaitez… »
Mon fr√®re et moi √©tions tous les deux tout excit√©s et nous regard√Ęmes Maman en lui disant : « Oh oui, Maman !!! ce serait bien pour demain !!! »
Maman nous regarda √† son tour, en souriant et nous dit : « Mais oui pourquoi pas !!!… »
Puis Maman s’adressa √† nouveau au Neveu de « Papy » et lui dit : »Oui, ce serait parfait pour demain…On pourrait faire venir notre chauffeur le matin par exemple…et il viendrait ici au restaurant pour r√©cup√©rer les chatons…qu’en pensez-vous ? »
Le Neveu lui dit : »Mais biens√Ľr, pas de probl√®me…Vous ferez donc venir votre chauffeur, le matin vers 10 heures car je serais l√† en cuisine avec mon oncle…Je mettrai donc les 3 chatons dans un carton afin qu’ils ne s’√©chappent pas et je remettrai le carton √† votre chauffeur…Voil√† Madame….en tout cas je vous remercie de bien vouloir les adopter…et je suis s√Ľr qu’ils seront tr√®s heureux chez vous et que vos enfants s’occuperont bien d’eux…N’est-ce pas les enfants ? »
Le Neveu nous regarda avec un large sourire puis mon fr√®re et moi, on s’empressa de lui dire en choeur : « Oui !!! merci beaucoup Monsieur… »
« Mais de rien les enfants, c’est un plaisir pour moi… » dit-il en souriant…
Et inutile de vous dire que mon fr√®re et moi √©tions vraiment tr√®s impatient d’arriver d√©j√† au lendemain…

L’arriv√©e de la bo√ģte en carton :
Momo, notre chauffeur, tapa √† la porte fen√™tre du salon et nous dit √† travers la baie vitr√©e : « Les enfants, vous pouvez dire √† Madame, que j’ai la bo√ģte en carton avec les chats √† l’int√©rieur ?…Merci… »
Je lui r√©pondis avec excitation : « Oui, oui, attends je vais vite aller lui dire… »
Je courus et me pr√©cipitai vers la chambre de mes parents car Maman s’y trouvait √† l’int√©rieur….
J’ouvris la porte de la chambre et lui dit : « Maman, Maman, √ßa y est, Momo vient de revenir avec les chatons !!! on va vite les voir, tu viens ? »
Maman me dit « Mais biens√Ľr, attends, je viens tout de suite…. »

Les 3 adorables chatons :
Le carton √©tait pos√© √† m√™me le sol (de la v√©randa abrit√©e de notre maison) et on pouvait y entendre, √† l’int√©rieur, des petits miaulements…
Maman dit √† mon fr√®re et √† moi : « Allez, les enfants…Ouvrez le carton, maintenant… »
Nous ouvr√ģmes le carton et subitement, un petit chaton tout blanc sauta dans mes bras…

Barbouille
Je m’en souviens encore comme si c’√©tait hier…
Ce chaton s’√©tait litt√©rallement jet√© dans mes bras comme s’il me disait : « Je veux √™tre ton chat, C√©cile… »
Je le soulevai et le serrai tout contre moi en disant √† ma m√®re et √† mon petit fr√®re : « Je voudrais qu’il soit mon chat, il est trop beau…Il est tout blanc et sa queue est toute noire….Maman, Olivier…il sera mon chat, hein ? »
Mon fr√®re ne m’√©coutait pas du tout…et il tenait lui aussi dans ses bras, le second chaton noir et blanc dont le nez √©tait tout noir…

nb-allongee-donne-chatons-contre-bons-max
Au bout d’un instant, mon petit fr√®re dit √† ma m√®re et √† moi : »Maman, C√©cile, j’aime beaucoup ce chaton…Ses pattes sont toutes blanches comme s’ils portaient des chaussettes et en plus son nez est tr√®s sp√©cial…Il est tout noir… »
Ma m√®re ne fit pas attention √† ce que disait mon petit fr√®re car elle avait entendu un petit miaulement qui provenait de la bo√ģte en carton…
Elle s’approcha de la bo√ģte et se pencha en avant afin de regarder √† l’int√©rieur…
En effet, √† l’int√©rieur, se trouvait encore cach√©, dans un coin du carton ; le dernier chaton qui n’√©tait autre qu’une petite femelle toute tigr√©e couleur rouquine…
Cette petite derni√®re √©tait la plus sage des trois chatons et elle paraissait plus intimid√©e que les deux autres ; si bien que lorsque ma m√®re la prit dans ses bras, elle nous dit √† moi et √† mon fr√®re : « Les enfants, cette petite tigr√©e sera √† moi…J’aime beaucoup sa robe…elle est vraiment tr√®s belle… »
Puis ma m√®re nous dit : « Alors toi C√©cile, le chaton blanc sera √† toi et toi, Olivier, le chat noir et blanc sera √† toi…Quant √† moi, voici ma petite tigr√©e toute mignonne… »
Et ce fut donc, par cette belle matin√©e que nous re√ß√Ľmes, ma m√®re, mon petit fr√®re et moi, de bien jolis pr√©sents, tels que ces 3 adorables chatons…
Les jour suivant, ma m√®re nous aida √† trouver des pr√©noms √† nos chatons…
Elle finit d’ailleurs, par nous trouver de bien jolis pr√©noms qui allaient parfaitement avec ces adorables petites boules de poils…

Nos 3 chats : Pussy-Cat, Mitsou et Minith :

p1040810
Et ce fut ainsi que « Pussy-Cat » (mon chat), Mitsou (le chat de mon fr√®re) et Minith (la chatte de ma Maman) furent partis de notre vie durant plusieurs ann√©es, pour notre plus grand bonheur…

Ce jour : Deuxi√®me partie

LES 3 TIGROS

Jessica gara sa voiture dans l’√©troite ruelle qui √©tait quasi d√©serte √† cette heure de la matin√©e.

Il √©tait 08h30 et le soleil √©tait d√©j√† tr√®s ardent mais fort heureusement, aujourd’hui, il y avait pas mal de vent et c’√©tait assez agr√©able par rapport √† hier.

Jessica avait d√©cid√© de venir beaucoup plus t√īt afin de pouvoir bien profiter de ce jour.

Pour cela elle avait tout pr√©vu : une petite gla√ßi√®re remplie de deux accumulateurs, 3 bouteilles d’eau qu’elle avait pris le soin de congeler au pr√©alable afin que la bo√ģte de sorbet au cassis qu’elle adorait tant resta bien gla√ß√©e ainsi que les quelques victuailles tels que : petits sandwichs aux concombres et tomates assaisonn√©s de sauce vinaigrette aux herbes.
Oui, Jessica comptait bien en profiter au maximum ; √©tant donn√© que c’√©tait son dernier jour de cong√©s.

Cette nuit, durant son sommeil, elle n’avait cess√© de r√™ver √† sa fameuse rencontre d’hier : L’inconnu et son petit chaton si adorable.

C’√©tait tout de m√™me incroyable toute cette histoire : un chaton qui s’√©tait √©gar√© juste sur la plage o√Ļ elle se trouvait et dont elle avait pris l’habitude de s’y pr√©lasser depuis d√©j√† une semaine et puis cet homme qui √©tait venu vers elle et qui lui avait demand√© de d√ģner avec lui pour la remercier d’avoir retrouv√© son chat.

Oui, quelle histoire !!!

De toute fa√ßon, elle avait cess√© de r√™ver et ne croyait plus du tout au Prince charmant. Non, cette p√©riode √©tait belle et bien r√©volue et ce depuis pas mal d’ann√©es.
Jessica restait toujours méfiante surtout en ce qui concerne les hommes. Elle préférait garder la tête froide et elle avait bien raison.

Ne dit-on pas qu’il vaut mieux √™tre seule que mal accompagn√©e ?
Mais cette fois-çi il y avait quelque-chose de nouveau qui semblait faire changer le point de vue de Jessica.

Un ce je ne sais quoi de diff√©rent et dont elle n’arrivait pas elle-m√™me √† comprendre.

Elle se sentait happ√©e par cette √©motion qui la bouleversait et si c’√©tait un signe du destin ? √ßa peut exister ?? oui ? non ?
Enfin bref, de toute fa√ßon elle verrait bien la tournure des choses. Surtout ne rien laisser para√ģtre. Rester sur ses gardes et ne plus y croire. C’est la plus sage des d√©cisions.

Elle n’avait qu’un seul objectif : terminer bien agr√©ablement ses vacances √† la mer et au passage adopter un petit chaton puisque cet homme le lui proposait alors pourquoi ne pas accepter l’offre ?¬†

Sur ces belles pens√©es, Jessica s’extirpa de son v√©hicule en prenant son grand sac de plage qui lui rappelait l’histoire du chaton qu’elle avait transport√© la veille √† l’int√©rieur.

Jessica aimait bien ce sac de couleur bleu ciel qui allait parfaitement avec sa tenue vestimentaire d’aujourd’hui : petit top blanc √† petites fleurs bleues et roses et fines bretelles crois√©es dans le dos avec un bermuda bleu pastel uni. Un look confortable et d√©contract√© qui lui allait √† r√Ęvir et sans oublier ses tongues qui lui rappelaient Chenapan en train de les mordiller gentiment.
En se remémorant ce souvenir, elle se mit à sourire.

Bon, il ne fallait pas trop qu’elle tra√ģne. Elle regarda sa montre : il √©tait exactement 09h00 et les magasins aux alentours commen√ßaient √† peine √† ouvrir leurs portes.

Il √©tait encore trop t√īt pour faire du shopping et inutile d‚Äôemmener avec elle la petite gla√ßi√®re qui l‚Äôencombrerait plus qu‚Äôautre chose. Mieux valait la laisser encore dans le coffre de la voiture.

Jessica d√©cida d’aller se promener le long de la plage c√īt√© promenade des Anglais car c’√©tait l’une des plus belles avenues de cette petite ville portuaire.

Elle marchait tranquillement en admirant les alentours¬†puis elle aper√ßut un banc vide qui faisait face √† l’oc√©an alors elle d√©cida de s’y asseoir quelques instants.

Le vent du large lui soufflait doucement dans les cheveux et l’air sentait bon les embruns.
Il faisait d√©j√† tr√®s chaud mais c’√©tait tellement bien ventil√© que c’√©tait agr√©able.

Jessica adorait l’oc√©an depuis toujours. Cela lui rappelait de merveilleux souvenirs d’enfance qu’elle aimait bien se rem√©morer en venant se balader ici.

La vue était parfaite. La mer méditerranée bleue marine si lisse comme une ardoise. La plage de sable fin doré quasi déserte mis à part quelques touristes par çi par là et des mouettes blanches qui volaient dans le ciel bleu azuré ; sans oublier le soleil à son zénith qui illuminait ce magnifique cadre.

Oui, tout était parfait sauf que ce soleil si magnifique soit-il commençait sérieusement à cogner.

Vite, il valait mieux qu’elle mette sa casquette √† visi√®re pour se prot√©ger la t√™te ainsi que ses jolies lunettes bleut√©es.

Mais √† peine, avait-elle gliss√© la main √† l’int√©rieur de son sac de plage ; Jessica eut un sursaut lorsqu’elle entendit une voix l’interpeller dans son dos.

‚ÄúBonjour Jessica !!‚ÄĚ

C’√©tait l’inconnu d’hier apr√®s-midi et il se tenait l√† devant elle avec son √©ternel ¬†large sourire.¬†

Cette fois-çi il portait des lunettes de soleil très sombres qui lui cachaient les yeux et pas de casquette bleue marine.

Son t-shirt noir moulant √† manches courtes faisait appara√ģtre un torse muscl√© d’o√Ļ on pouvait lire devant : les inscriptions suivantes en caract√®res blancs et gris : La vie est belle !!!

Il portait un bermuda long de couleur beige sable avec des tennis blanches. Un look tr√®s d√©contract√© qui lui allait plut√īt bien‚Ķ

Jessica¬†pouvait sentir les effluves de son eau de toilette enivrante qui ressemblait fortement √† celle de Chrome Intense d’Azzaro : frais, √©pic√© et bois√© avec une pointe de menthe glac√©e. Des fragrances qu‚Äôelle aimait bien‚Ķ

Ce qui ne faisait que rajouter un c√īt√© tr√®s sexy √† ce s√©duisant trentenaire.

Thierry lui serra la main puis lui demanda :

‚ÄúPuis-je m’asseoir pr√®s de vous ?‚ÄĚ

‚Äúheu… oui biens√Ľr‚Ķ‚ÄĚ r√©pondit Jessica.

Elle poussa son sac de plage vers elle afin de lui céder la place.

‚ÄúJe vous ai vu au loin. J’√©tais en train de faire ma petite promenade matinale avant d’aller travailler. Vous allez bien ?‚ÄĚ

‚ÄúOui tr√®s bien, merci. Je me baladai un peu dans le coin avant de venir dans votre restaurant.‚ÄĚ

‚ÄúJe pensais que vous ne viendriez pas. Je suis content que vous soyez venu comme convenu pour venir chercher votre chaton. Cela me fait vraiment plaisir de vous revoir. Sinc√®rement.‚ÄĚ

‚ÄúC’est tr√®s gentil √† vous de me donner un chaton. J’adore tellement les chats. C’est une passion que j’ai depuis toute jeune.‚ÄĚ

‚ÄúEt bien en ce qui me concerne, c’est pareil. J’aime beaucoup les chats. Ils sont tellement adorables. Comme je le vous disais hier, j’ai une chatte qui s’appelle Blanchette et qui a eu une port√©e de 5 chatons il y a deux mois et j’essaye de trouver des personnes qui aimeraient bien les adopter car je ne peux pas tous les garder √† part mon petit Chenapan dont je me suis tout de suite, pris d’affection.‚ÄĚ

‚ÄúIl est vraiment beau votre Chenapan et tr√®s espi√®gle. Hier, il mordillait une de mes tongues puis il avait jou√© avec les franges de mon par√©o. Vous avez bien raison de le garder.‚ÄĚ

‚ÄúOui, merci. Je l’adore mais si je ne m’y √©tais pas autant attach√©, je vous assure que je vous l’aurais bien donn√©.‚ÄĚ

‚ÄúMais non √ßa va. Ce n’est pas grave du tout, je vous assure. Cela ne me fait rien d’en choisir un autre et puis j’aime tous les chats.‚ÄĚ

‚ÄúOk merci. »¬†

Thierry retira ses lunettes de soleil et se passa la main dans les cheveux mais les m√®ches rebelles et dor√©es lui retomb√®rent aussit√īt sur le front.

‚ÄúVous venez souvent ici ? Vous √™tes en vacances ?‚ÄĚ demanda t-il.

‚ÄúCela fait une semaine que je viens ici car je suis effectivement en cong√©s mais aujourd’hui c’est mon dernier jour. D√®s Lundi je reprend le chemin du travail.‚ÄĚ

‚ÄúC’est vrai ?? et dire que j’aurais pu vous manquer si Chenapan n’√©tait pas all√© √† votre rencontre.‚ÄĚ

Jessica regarda un bref instant les yeux bleus turquoises qui la fixaient puis détourna la tête en ne sachant quoi lui répondre.

‚ÄúExcusez-moi, je ne voulais pas vous g√™ner mais vous √™tes si belle et je ne peux pas repousser mes sentiments. Je n’ai pas cess√© de penser √† vous hier soir, √† notre rencontre gr√Ęce √† Chenapan. Rien n’√©tait pr√©m√©dit√©. Je me disais m√™me que vous ne reviendriez plus jamais et cela me tourmentait. Je suis s√©rieux‚Ķ‚ÄĚ

‚ÄúMais on se conna√ģt √† peine. Vous ne me connaissez pas‚Ķ‚ÄĚ

‚ÄúJe ne vous connais pas. C’est vrai. Mais je vous vois telle que vous √™tes et vous me plaisez beaucoup et peu importe tout le reste. Je suis c√©libataire depuis 6 mois et je recherche la femme de ma vie. Pas un simple flirt sans lendemain. J’ai essuy√© pas mal d’√©checs √† ce sujet. Je ne me jette pas sur n’importe qui comme √ßa tous les jours. Je ne suis pas un cavaleur m√™me si vous avez l’air de penser le contraire. Et encore une fois, je ne pense pas me tromper sur vous.‚ÄĚ

Jessica ne savait plus trop o√Ļ elle en √©tait ; subitement tout allait trop vite et elle ne savait quoi lui r√©pondre √† ce moment l√† puis enfin, prenant son courage √† deux mains elle lui dit :

‚ÄúVous semblez sinc√®re mais je pr√©f√®re prendre mon temps. J’esp√®re ne pas vous froisser.‚ÄĚ

‚ÄúMais bien au contraire. Je suis d’une nature patiente et d’instinct je sais si je peux me fier √† telle ou telle personne. Mais je vous comprends tout √† fait. Je ne suis qu’un √©tranger. Nous apprendrons √† nous conna√ģtre au fur et √† mesure. Mais en attendant, que diriez vous de choisir votre chaton ? Mon restaurant est √† deux p√Ęt√©s de maisons d’ici. Allons y si vous le voulez bien. Qu’en pensez-vous ?‚ÄĚ

‚ÄúOui avec plaisir. Je veux bien.‚ÄĚ

Ouf ! Jessica fut soulag√©e. Sauv√©e par le gong ; elle choisirait le chat puis dispara√ģtrait au plus vite.

Tous deux marchaient tranquillement, c√īte √† c√īte parmi la foule qui commen√ßait √† envahir les petites rues qui menaient √† la plage.

‚ÄúVoil√†, nous y sommes. Voici le restaurant dont je vous parlais. Je g√®re le resto depuis d√©j√† 4 ans. C’est un patrimoine familial que mes parents tenaient durant 30 ans. A pr√©sent ils sont des retrait√©s et c’est moi qui en suis le principal propri√©taire. C’est beaucoup de travail mais je suis fier de cette succession familiale.‚ÄĚ

Thierry entra√ģna Jessica √† l’int√©rieur de la grande salle climatis√©e du restaurant comportant une grande et large baie vitr√©e qui donnait sur une vue panoramique du bord de mer. Vraiment splendide !

Les couverts étaient déjà disposés sur chacune des tables rondes habillées de nappes blanches et agrémentées de petits vases de fleurs de bougainvilliers rose fushia.

La salle √©tait d√©cor√©e avec beaucoup de go√Ľt et on pouvait entendre les premi√®res notes musicales de ‚ÄúSong of Ocarina‚ÄĚ provenant des 4 hauts-parleurs fix√©s √† des supports murales tout autour de la pi√®ce.

Cette musique était vraiment belle et était parfaitement adaptée au cadre du restaurant. Décidément cet homme avait tout pour plaire.

« Vous aimez cette musique Jessica ?

« Oui beaucoup, j’ai d’ailleurs son album. C’est bien de Di√©go Mondena, n’est ce pas ?‚ÄĚ

‚ÄúOui, en effet. Je vois que nous avons pas mal de points communs.‚ÄĚ

Jessica esquissa un petit sourire. Oui il n’avait pas tort.

Des effluves d‚Äôoignons frits commenc√®rent √† s’√©chapper de la cuisine. Ca sentait tr√®s bon.

‚ÄúC’est mon meilleur ami et associ√© qui est d√©j√† aux fourneaux. C’est vrai qu’il est d√©j√† 11h00. Comme le temps passe vite. Il est en train de pr√©parer les crabes farcis ; la sp√©cialit√© de la maison. Venez, je vais vous le pr√©senter.‚ÄĚ

Jessica suivit Thierry dans un étroit corridor qui menait à la cuisine.

‚ÄúEt voici Vincent, le Chef cuisinier de notre √©tablissement. Vincent, je te pr√©sente Jessica. La personne dont je t’ai parl√© hier.‚ÄĚ

‚ÄúBonjour Mademoiselle. C’est un plaisir de vous conna√ģtre. C’est vous qui avait retrouv√© Chenapan ! encore merci. Je suis en train de cuisiner des crabes farcis, comme vous pouvez le voir.‚ÄĚ

‚ÄúOui et je trouve que √ßa sent tr√®s bon.‚ÄĚ

‚ÄúMerci √† vous.‚ÄĚ

Vincent portait une toque et un tablier blanc nou√© √† la taille, macul√© d’√©claboussures de sauce tomate. Il avait de l’embonpoint au niveau du ventre et ses yeux √©taient noirs comme des olives.

Son visage √©carlate, sans doute d√Ľ √† la chaleur des cuissons des diff√©rents mets qui mijotaient doucement dans plusieurs grandes et hautes casseroles, affichait n√©anmoins un large sourire bien sympathique.

On pouvait ressentir qu’il aimait bien faire la cuisine et que c’√©tait un bon vivant.

Il est vrai que toutes ces odeurs culinaires ne pouvaient que vous mettre en app√©tit et √† n’en pas douter le fameux crabe farci, sp√©cialit√© de la maison devait √™tre une pure merveille des papilles.

‚ÄúOn va te laisser mon cher Vincent. Je vais dans la v√©randa avec Jessica pour lui faire montrer les chatons.‚ÄĚ

‚ÄúOK, je retourne aux fourneaux. Au-revoir Jessica et √† bient√īt, j’esp√®re !!! Ce fut un plaisir de vous rencontrer. Je vous souhaite une belle journ√©e.‚ÄĚ

‚ÄúMerci beaucoup !! Pour moi aussi ce fut un plaisir. Au-revoir et bonne continuation !‚ÄĚ

Jessica et Thierry quitt√®rent la cuisine et se retrouv√®rent √† l’int√©rieur de la jolie v√©randa vitr√©e qui donnait √©galement vue sur la mer.

‚ÄúVenez Jessica, je vais enfin pouvoir vous faire montrer nos adorables chatons. Ils sont l√†, dans cette caisse.‚ÄĚ

Soudain elle sentit une petite morsure tr√®s l√©g√®re √† la cheville et elle ne put s’emp√™cher de sursauter.

C’√©tait Chenapan, toujours autant espi√®gle celui-l√† !

‚ÄúH√© !!‚ÄĚ s’√©cria Jessica. « Tu veux jouer avec moi ? »

Thierry éclata de rire.

‚ÄúJe crois bien qu’il en a apr√®s vos pieds !! C’est un petit joueur ce Chenapan !! Mais dis donc toi, tu vas arr√™ter d’emb√™ter Jessica !‚ÄĚ

Jessica sourit. Décidément ce Chenapan portait bien son nom !
Elle se rapprocha de la caisse et vit les 4 autres chatons qui jouaient ensemble.¬†Qu’ils √©taient beaux ! Mais son regard fut attir√© par l’un d’entre eux qui √©tait tout blanc avec des yeux gris-bleus comme Chenapan.
Jessica prit le chaton dans ses bras et commença à lui caresser la tête.

‚ÄúJe vois que vous avez fait votre choix. C’est un m√Ęle comme Chenapan. Les 3 autres sont des femelles.‚ÄĚ

Jessica souriait. En effet elle venait de faire son choix.

‚ÄúJe l’adore d√©j√†. J’aime sa couleur toute blanche et il a vraiment de magnifiques yeux !‚ÄĚ

‚ÄúOui vous avez raison. Et celui-l√† est tr√®s doux, il n’est pas comme Chenapan.

Il est disons plus calme et tr√®s calin. Je pense en effet que vous avez fait un excellent choix.‚ÄĚ

Jessica ne cessait de caressait le petit ventre tout chaud du chaton qui fermait les yeux et ronronnait bruyamment.

‚ÄúJe ne sais comment vous remercier. Il est vraiment tr√®s beau et j’en r√™vai d√©j√† depuis longtemps d’en adopter un. C’est vraiment tr√®s gentil de votre part.‚ÄĚ

‚ÄúMais de rien Jessica !! C’est un r√©√®l plaisir !!!‚ÄĚ

Et voil√† que les yeux bleus turquoise recommen√ßaient √† nouveau √† la regarder avec insistance ; ce qui avait tendance √† la rendre nerveuse, si bien qu’elle se cramponnait √† ce chaton pour se donner une certaine contenance.

‚ÄúEt bien je pense que je vais vous laisser √† pr√©sent. Je vais devoir rentrer et ce sera mieux pour le chaton afin qu’il puisse s’acclimater √† son nouvel environnement‚ÄĚ

‚ÄúD√©j√† !‚ÄĚ s’exclama aussit√īt Thierry.

Il se rapprocha davantage d’elle.

‚ÄúVous voulez d√©j√† vous enfuir et me laisser. Vous me plaisez tellement. Je vous en prie, ne partez pas encore. J’aimerai vous inviter √† d√©jeuner pour ce midi. Je demanderai √† ma soeur de me remplacer. Je vous emm√®nerai ailleurs pour cette occasion. Je connais un petit restaurant qui fait d’excellentes moules marini√®re avec des frites faites maison ; que vous m’en direz des nouvelles. On peut y aller √† pied. Le restaurant n’est pas tr√®s loin d’ici. Vous aimez les moules ?‚ÄĚ

‚ÄúOui j’aime bien mais je ne veux pas vous ennuyer plus‚Ķ‚ÄĚ

‚ÄúMais point du tout. Cela me ferait tr√®s plaisir au contraire. Et puis, √ßa ne vous engage √† rien. Il s’agit juste d’un d√©jeuner et ensuite vous jugerez de ne plus jamais me revoir si vous le souhaitez.‚ÄĚ

Jessica se sentait toute b√™te. Oui apr√®s tout il avait raison. Cela n’engageait √† rien. Alors pourquoi pas ? Et puis elle aimait beaucoup les moules marini√®res. Au diable sa glaci√®re qui √©tait rest√©e dans le coffre de sa voiture !

‚ÄúAlors c’est oui ? Je suis content. Merci d’accepter. Je vais t√©l√©phoner √† ma soeur. Excusez-moi, je reviens dans quelques minutes. Vous pouvez red√©poser le chaton dans la caisse puis vous le reprendrez plus tard.‚ÄĚ

‚ÄúD’accord‚ÄĚ r√©pondit Jessica.

Thierry lui sourit puis disparu √† l’int√©rieur de la grande salle du restaurant.
Jessica ne pouvait plus s’√©chapper et en m√™me temps elle n’y tenait pas tant que √ßa. Il √©tait non seulement bel homme mais il √©tait aussi tr√®s galant ; un vrai gentleman comme on en trouve peut et puis il lui plaisait bien.

Cette fois, elle en √©tait certaine, ce serait sans doute lui l’homme de sa vie.
Thierry réapparut.

‚ÄúVoil√† c’est fait ! On peut y aller Jessica.‚ÄĚ

‚ÄúJe viens‚ÄĚ r√©pondit-elle dans un demi-sourire tout en regardant le petit chaton tout blanc qu’elle venait de d√©poser √† terre et qui semblait lui miauler √† son intention :

‚ÄúVas y, c’est une personne formidable, n’ai pas peur !! le grand amour est devant toi. Suit le, tout simplement.‚ÄĚ

Et ce fut en cette belle journée ensoleillée de mois de Juillet que Jessica suivit Thierry pour ne plus jamais le quitter.

Tel fut le destin de ces deux êtres qui se marièrent 8 mois après leur rencontre.
Pourquoi attendre ? puisqu’ils √©taient faits l’un pour l’autre et que tous deux le savaient d√©j√† depuis longtemps ; d√®s la seconde o√Ļ ils s’√©taient rencontr√© Ce jour.

Ce jour unique et pas comme les autres.

Ce jour de l’amour…

 

Ce jour : Premi√®re partie

BLANCHEUR

Le soleil lui br√Ľlait la peau mais elle profitait de ce moment. Le ciel √©tait d’un bleu limpide sans nuages et ce soleil si br√Ľlant l’aveuglait litt√©ralement si bien qu’elle n’aper√ßut pas le petit chaton qui courait vers elle.

Soudain, elle le vit en train de machouiller une de ses tongues. 

‚ÄúH√© petit chenapan ! Que fais tu ? Tu vas ab√ģmer ma savatte.‚ÄĚ

Le chaton √©tait trop mignon. Son petit museau √©tait d’un blanc immacul√© alors que sa robe √©tait de couleur rouquine : vraiment trop craquant.

‚ÄúEt hop je te tiens mon petit ! Tu fais quoi ici sur cette plage ? Tu t’ais perdu ou bien on t’a abandonn√© ? tu ne portes pas de collier ?‚ÄĚ ¬†

Jessica caressait le doux pelage soyeux de Snoopy. Elle avait d√©cid√© de le garder au cas o√Ļ il aurait √©t√© abandonn√© et elle avait d√©j√† choisi son petit pr√©nom pour lui car elle l’aimait d√©j√† ce petit bout de chou.

‚ÄúTu verras, je prendrais bien soin de toi mon Snoopy et je t’aimerai √©norm√©ment ».

Oui c’√©tait le signe du destin et pourquoi pas ?¬†Apr√®s tout, elle en √©tait presque certaine que personne ne viendrait r√©clamer cette jolie petite boule de poil. Une rencontre des plus improbable mais pour une fois un bien joli cadeau tomb√© du ciel.

Jessica avait un grand sac de plage presque vide alors elle d√©cida d’y installer Snoopy afin que celui √ßi ne puisse pas s’enfuir. Juste le temps de quitter cette plage, de rejoindre rapidement √† pied son v√©hicule qui √©tait stationn√© √† quelques p√Ęt√©s de maison et hop ! le tour √©tait jou√©.

Au d√©but Snoopy eut peur d’√™tre √† l’int√©rieur du grand sac puis il finit par se trouver une occupation en jouant avec les franges de son par√©o l√©g√®rement humidifi√© par l’eau de mer et qui √©tait rest√© en boule tout √† fait au fond parmi toutes ses petites affaires.

Qu’est ce qu’il √©tait joueur ce petit Snoopy !

Jessica √©tait enfin √† l’int√©rieur de sa voiture et elle chantonnait de joie tellement elle √©tait heureuse.

Aujourd’hui √©tait un jour pas comme les autres. Un jour unique ! dont elle n’oublierait jamais.

Soudain quelqu’un tapa sur la vitre c√īt√© passager. C’√©tait un homme coiff√© d’une casquette bleu marine avec des yeux rieurs couleur turquoise qui criait :

‚ÄúMademoiselle ! Heureusement que je suis venu √† temps. Vous avez pris mon petit chaton. Je l’avais perdu ce matin. Je suis vraiment navr√© mais j’aimerais bien le r√©cup√©rer s’il vous pla√ģt ! »

L’homme en question avait un sourire colgate et il semblait √™tre sinc√®re dans ses dires en ce qui concernait le petit snoopy.

Mince alors ! C’√©tait trop beau pour √™tre vrai ! se dit Jessica.¬†Elle ouvrit sa porti√®re et se retrouva nez √† nez avec Monsieur qui avait perdu son chat.‚ÄĚ

Jessica lui dit presque à contre coeur :

‚ÄúSa t√™te est toute blanche et son corps est rouquin. C’est bien votre chat ? ‚ÄĚ

‚ÄúOui‚ÄĚ s’empressa de dire Thierry, tout en lui serrant la main. ‚ÄúC’est bien mon chaton. Je vous ai vu au loin sur la plage en train de mettre Chenapan √† l’int√©rieur de votre sac. Oui c’est son petit nom car il est tr√®s espi√®gle. Je disais donc : j’ai couru mais ensuite il y avait trop de monde et je vous avais perdu de vue puis je vous revois ici dans cette rue. Heureusement, j’aurais pu vous manquer mais ne vous inqui√©tez pas, je pense que vous croyiez qu’il √©tait abandonn√© n’est-ce pas ? Vous vouliez le garder ?‚ÄĚ

‚ÄúJe suis vraiment d√©sol√©e si j’avais su. Tenez, le voici‚ÄĚ s’empressa de r√©pliquer Jessica.

Elle attrapa le petit animal qui n’arr√™tait pas de jouer avec les franges de son par√©o au fond de son sac.

‚ÄúVoil√†. Tenez le.‚ÄĚ

Jessica tendit Chenapan √† son propri√©taire qui s’empressa de le prendre dans ses bras.

‚ÄúMerci beaucoup Mademoiselle. C’est chic de votre part.‚ÄĚ

Jessica regardait le petit chaton se blottir dans les bras de l’homme. Elle √©tait sans voix. Finalement, ce n’√©tait pas un si bon jour que √ßa. Jessica allait s’appr√™ter √† dire au revoir √† l’inconnu quand celui-√ßi lui dit dans un grand sourire :

‚ÄúJ’aimerais vous inviter √† d√ģner ou encore prendre un verre s’il vous pla√ģt. Pour vous remercier d’avoir retrouv√© mon chat.‚ÄĚ

Ses yeux bleus turquoise la dévoraient intensément avec toujours cet éternel sourire de séducteur.

‚ÄúHeu‚Ķmais ce n’est pas n√©cessaire. Je vous assure. Et puis j’avais d√©cid√© de l’adopter comme vous savez.‚ÄĚ

‚ÄúEt je suis certain que vous auriez pris grand soin de lui‚ÄĚ dit l’homme tout en caressant le dos de Chenapan qui lui mordillait le bout des doigts.

‚ÄúJ’aimerais vous inviter. Je m’appelle Thierry et vous ? ‚ÄĚ

‚ÄúC’est Jessica‚ÄĚ dit-elle.

‚ÄúJe suis propri√©taire de ce petit restaurant que vous voyez l√†-bas au bord de la plage et cela me ferait vraiment plaisir de vous inviter √† d√ģner. Il est justement presque 19 heures.‚ÄĚ

‚ÄúMais c’est √† dire que…Je n’habite pas ici et je dois rentrer. Je suis d√©sol√©e. »

‚ÄúBon je n’insiste pas Jessica mais je vois que vous avez l’air d’aimer nos amis les chats. Que diriez vous si je vous offrais un de mes chatons. Il se trouve que ma chatte a eu une port√©e de 5 chatons il y a deux mois et cela me ferait plaisir de vous en offrir un. Vous pourriez le choisir. Les chatons se trouvent sur la v√©randa de mon restaurant.‚ÄĚ

Jessica se mordit la l√®vre inf√©rieure. La tentation d’avoir un petit chaton ou tout simplement refuser. Pourtant elle avait tellement envie d’avoir une petite boule de poil. Que faire ? Accepter l’offre ?

‚ÄúJe vous promets que je n’attend rien en retour si cela vous pose probl√®me. C’est juste que vous m’avez l’air sympathique et que vous √©tiez pr√™te √† me prendre mon petit chenapan alors‚Ķ‚ÄĚ

L’homme souriait sans arr√™t et ne cessait de la regarder avec insistance. Jessica aimait bien son regard mais pas que‚Ķ

Il avait un corps agr√©able et de jolis cheveux blonds dor√©s dont quelques m√®ches rebelles qui lui tombaient sur le front. Mais qu’avait elle ? Non encore un s√©ducteur comme tant d’autres qui voulait sans aucun doute s’amuser et garder un petit souvenir de vacances sur son tableau de chasse.

Jessica d√©cida de refuser l’offre si tentante et fit mine d’ouvrir sa porti√®re. Il fallait qu’elle parte.

Thierry la regardait intensément puis lui dit :

‚ÄúC’est dommage. Pourtant j’√©tais vraiment sinc√®re, vous savez. C’est vrai aussi…je ne vais pas vous mentir, je vous trouve tr√®s belle. D√®s que je vous ai vu…Mais sans doute que je dois vous faire peur d’√™tre si pressant. Pourtant, je ne le fais pas expr√®s. Je pense qu’on pourrait mieux se conna√ģtre. Je pourrais vous donner mon num√©ro de mobile. J’insiste car‚Ķ‚ÄĚ

Le visage de Jessica devint rouge pivoine.

‚ÄúVous me plaisez, c’est tout. Et je recherche une relation s√©rieuse et sinc√®re, pas du tout un petit flirt sans lendemain. J’ai pass√© l’√Ęge‚ÄĚ dit Thierry.

Il la regardait toujours autant intensément mais il ne souriait plus ; son visage était grave.

Jessica lui répondit en bafouillant :

‚ÄúHeu… je ne sais que vous dire mais par contre je voudrais bien un petit chaton si‚Ķ‚ÄĚ

Thierry lui coupa les mots de la bouche en s’√©criant de joie :

‚ÄúMais biens√Ľr Jessica. L’offre tient toujours et cela me ferait plaisir.‚ÄĚ

Jessica sourit timidement et dit :

‚ÄúMerci. L√†, je dois rentrer chez moi mais je pourrais revenir demain matin par exemple pour prendre un petit chaton.‚ÄĚ

‚ÄúOk, pas de souci. Je vous attendrai Jessica‚ÄĚ puis il s’approcha d’elle mais Jessica eut un mouvement de recul.

Thierry lui sourit.¬†‚ÄúJe voulais juste vous serrer la main.‚ÄĚ

« Oui, biens√Ľr. D√©sol√©e‚ÄĚ dit Jessica avec nervosit√©.

La main de thierry enserra la sienne avec douceur tandis que le petit chaton était juché sur son épaule droite, en train de la fixer de ses petits yeux gris bleus espiègles.

Jessica ne le savait sans doute pas mais √† cet instant l√† ; cette poign√©e de main scellerait bient√īt son destin √† celui de ce bel inconnu pour toujours, en ce fameux jour d’√©t√© tout √† fait ordinaire du mois de Juillet.

Finalement ce fut un jour extraordinaire que Jessica raconterait un beau jour avec fierté et émotion à ses deux futurs enfants…