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Son plus beau cadeau sur Terre 🎁 La suite…

L’hypnotisant et chaleureux feu de cheminĂ©e avec ses braises crĂ©pitantes et rougeoyantes dans son Ăątre.

Oh ! Rien que d’y penser, elle avait presque hĂąte !

Oui, un bon feu de cheminĂ©e qui lui rĂ©chaufferait le cƓur et l’ñme durant l’hiver.

Entendre le doux son du bois craquer au contact des flammes dansantes et lumineuses lui ferait trĂšs certainement oublier sa forĂȘt enchantĂ©e


L’oublier un temps soit peu, c’est vrai, mais pas dans ses rĂȘves nocturnes pendant que la neige se mettrait Ă  tomber dehors et finirait par la recouvrir intĂ©gralement d’un joli manteau d’une blancheur immaculĂ©e…

Voilà tout ce dont à quoi ce buffet en pin massif lui faisait penser


À toutes ces belles choses qui la rendaient infiniment heureuse…

Ah ! qu’elle aurait aimĂ©, Ă  cet instant prĂ©cis, se retrouver dans sa merveilleuse forĂȘt !

Mais cela n’aurait pas Ă©tĂ© raisonnable, Ă©tant donnĂ© qu’il avait bien trop plu.

Tout ne serait donc qu’humiditĂ© et rien que d’y penser Mira en fut Ă©cƓurĂ©e !

Non, il Ă©tait plus sage d’attendre que celle-ci redevienne bien sĂšche comme elle l’Ă©tait il n’y a pas si longtemps.

« Peut-ĂȘtre aprĂšs demain et biensĂ»r Ă  condition que Maman ne soit pas lĂ  » se dit-elle tout en baillant.

****

Mira attendait toujours bien sagement que sa Maman revienne mais elle trouvait que le temps Ă©tait de plus en plus long et commençait sĂ©rieusement Ă  s’inquiĂ©ter de son absence prolongĂ©e.

Soudain, elle sursauta en entendant :

« Cou-cou ! Cou-cou ! Cou-cou ! »

Le bruit provenait de l’horloge en bois qui se trouvait juste au-dessus de la porte de la cuisine.

CentrĂ©e au beau milieu de celle-ci ; une petite porte arrondie venait Ă  peine de s’ouvrir laissant surgir un oiseau qu’elle connaissait fort bien et qui avait le don de l’horripiler.

Il s’agissait de « Canari », le fameux oiseau de malheur qui se cachait Ă  l’intĂ©rieur et qui rĂ©apparaissait de temps en temps quand cela lui chantait.

Et lĂ , il Ă©tait en train de siffloter gaiement dans un son particuliĂšrement aigu qui l’agaçait :

« Cou-cou ! Cou-cou ! Cou-cou ! »

Elle le regarda d’un air mauvais et mĂ©prisant :

« Mais tais-toi donc le Canari ! Pfff ! Oh la la ! On a compris le message ! Il est telle heure ! Et alors ? C’est pas la fin du monde que je sache ! » lui lança t-elle rageuse avec cette irrĂ©sistible envie de lui arracher le bec en deux temps trois mouvements pour qu’il puisse se taire une bonne fois pour toutes.

« Cou-cou ! Cou-cou ! » continua de chanter le petit oiseau sans vergogne.

Il venait d’annoncer qu’il Ă©tait exactement 17H00.

Mira avait toujours aimĂ© cette bonne vieille horloge en bois qui devait trĂšs certainement dater de l’avant guerre.

Les jolies arabesques qui y Ă©taient gravĂ©es lui donnaient une allure des plus singuliĂšre et d’une rare authenticitĂ©.

C’Ă©tait vraiment une magnifique horloge !

Par contre, le petit ĂȘtre arrogant qui se renfermait dans ses entrailles n’avait pas le moins du monde sa grĂące.

À dire vrai, elle le dĂ©testait.

Certes, c’Ă©tait peut-ĂȘtre un bel oiseau avec son plumage jaune poussin des plus rayonnant mais elle n’arrivait plus Ă  supporter son sempiternel « Cou-cou » lui sortant de son minuscule bec orange vif.

Deux couleurs des plus criardes qui se voyaient Ă  des kilomĂštres Ă  la ronde !

C’est pourquoi elle aimait bien se moquer de lui en l’appelant : Canari.

Quant Ă  ses petits yeux noirs vifs et malicieux ; ils semblaient toujours la narguer lorsqu’il jaillissait subrepticement de son antre fermĂ©e Ă  double tour.

Sans doute qu’il se sentait Ă  l’abri, lĂ  haut, Ă  l’intĂ©rieur de son refuge et qu’il savait fort bien que Mira n’aurait pas pu lui faire quoi que ce soit


Ah ! Comme elle aurait voulu l’attraper pour lui rĂ©gler enfin son compte !

Oui ! Pour toutes ces fois oĂč il avait eu l’audace de la faire sursauter en lui chantant Ă  tue tĂȘte ses infernales coucous rĂ©pĂ©titifs


« Cou-cou ! Cou-cou ! »

Mais il ne perdait rien pour attendre celui-là


Un beau jour, elle se vengerait. Elle ne savait pas encore par quel moyen mais elle finirait bien par trouver…

Elle l’observa encore. C’est fou comme il avait l’air vivant, lĂ  haut sur son perchoir en train de lui chanter la sĂ©rĂ©nade !

C’en Ă©tait presque bluffant !

Monsieur Canari faisait son intĂ©ressant. Son grand show. Il devait trĂšs certainement se prendre pour Monsieur Rossignol alors qu’il avait une voix stridente de crĂ©celle !

Mira ne le dĂ©testait pas tant que ça


Non, c’Ă©tait bien pire. Elle le haĂŻssait !

Elle Ă©tait pourtant habituĂ©e Ă  le voir quotidiennement et ce depuis pas mal d’annĂ©es dĂ©jĂ  mais bizarrement, elle ne s’Ă©tait point faites Ă  son chant.

Non, celui-lĂ , elle n’arrivait toujours pas Ă  l’ingurgiter


Cependant, elle reconnaissait qu’il accomplissait fort bien son travail d’annonceur


Ah ça oui ! Et ce durant ces 5 annĂ©es oĂč elle avait habitĂ© ici.

Et d’aussi loin qu’elle s’en souvienne, jamais encore il n’avait eu la moindre extinction de voix


Non ! Une vraie machine de guerre ce Canari lĂ  ! Et biensĂ»r n’ayant pas la moindre pitiĂ© pour ses oreilles fines et si dĂ©licates.

Elle avait bien essayĂ© de se faire Ă  son chant oĂč encore de contrĂŽler ses sursauts lorsqu’il entonnait ses horribles coucou mais elle avait fini par jeter l’Ă©ponge…

C’Ă©tait tout bonnement impossible !

Résultat des courses : elle détestait toujours autant sa voix et continuait à tressaillir lorsque le volatile en bois sortait de sa cachette tel un clown machiavélique.

Dieu qu’elle le mĂ©prisait !

Mira l’observait encore lorsque soudain la petite porte en bois se referma enfin sur lui.

« Pfff, il Ă©tait temps ! » soupira t-elle en regardant les grandes aiguilles noires de l’horloge.

Elles annonçaient qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  17H15.

« Mais que pouvait bien faire Laura ? Elle n’Ă©tait toujours pas revenue » s’inquiĂ©ta t-elle en tournant la tĂȘte vers la porte d’entrĂ©e du salon.

****

Mira commençait à avoir une petite faim alors elle franchit le seuil de la cuisine dont la porte était restée grande ouverte.

Immédiatement, elle remarqua au loin une petite assiette garnie de madeleines dorées qui reposait sur la table centrale.

Juste Ă  cĂŽtĂ© de celle-ci se trouvait un bol Ă  anse accompagnĂ© d’une petite cuillĂšre Ă  cafĂ©.

Mira n’aimait pas trop les madeleines car elles avaient tendance Ă  lui coller au palais et puis il faut dire aussi que ce n’Ă©tait pas trop sa tasse de thĂ©.

Son intĂ©rĂȘt se porta donc sur le bol en porcelaine blanc Ă  gros pois rouges.

Que pouvait bien t-il contenir ? se demanda t-elle en ne le quittant pas de ses yeux perçants.

Sa curiositĂ© grandissait au fur et Ă  mesure qu’elle se rapprochait de la grande table.

Ses narines sentirent les effluves d’un parfum vanillĂ©.

Se pourrait-il que Laura lui ai préparé son dessert préféré ?

Une bonne et onctueuse crĂšme dessert Ă  la vanille ?

Hum ! Rien que d’y songer, Mira Ă©tait dĂ©jĂ  toute excitĂ©e Ă  l’idĂ©e qu’elle le dĂ©gusterait dans quelques secondes.

Un exquis dessert lacté rien que pour elle ! Elle en avait de la chance !

Et sa Maman avait bien veillĂ© Ă  le sortir du frigo Ă  l’avance car elle savait que Mira aimait le manger Ă  tempĂ©rature ambiante et non glacĂ©e.

Le goĂ»t s’en trouvait bien meilleur.

Décidément, elle avait vraiment une Maman en or.

C’Ă©tait donc ça la fameuse surprise que Laura lui avait concoctĂ©e ?

Pourtant, elle aurait jurĂ© que sa Maman lui avait bien dit qu’elle lui ramĂšnerait un cadeau en revenant de ses courses.

Mira plissa les yeux de contentement.

Se pourrait-il alors qu’il y ait une deuxiĂšme surprise ?

Elle s’apprĂȘtait Ă  dĂ©guster sa gourmandise lorsque soudain, elle entendit un drĂŽle de bruit qui provenait du salon.

Ah ! Non ! Personne n’avait le droit de la dĂ©ranger lorsqu’elle Ă©tait Ă  table !

« Fichu bruit ! Va t’en ! Et laisse moi savourer ce dĂ©licieux met »

Mira se pourlĂ©cha les babines, prĂȘte Ă  attaquer son savoureux dessert.

« Crrr, crrr, crrr »

Oh non ! Le bruit de tout Ă  l’heure venait encore de recommencer et cette fois-çi il ne s’arrĂȘtait plus.

« Ah ! Mais c’est pas vrai ça ! Je ne peux vraiment pas ĂȘtre tranquille aujourd’hui ! »

À contre cƓur elle laissa son assiette de cĂŽtĂ© et retourna vite sur ses pas.

Du seuil de la cuisine elle inspecta de ses yeux d’aigle le vaste salon.

« Crrr, crrr, crrr »

Le bruit s’intensifiait davantage. C’Ă©tait un peu comme un grattement Ă  une porte mais elle n’arrivait pas Ă  dĂ©celer de quoi il s’agissait exactement.

À l’affĂ»t et aux aguets, elle avança Ă  pas de loup Ă  l’intĂ©rieur du salon tout en scrutant les alentours mais ce n’Ă©tait pas si Ă©vident que ça vu qu’il faisait Ă  nouveau sombre ici.

Nous Ă©tions en plein mois d’octobre et le soleil se couchait beaucoup plus tĂŽt.

BientĂŽt il ne tarderait plus Ă  faire nuit noire.

« Crrr, crrr, crrr »

Les sens en alerte, Mira Ă©piait les moindres recoins de la piĂšce.

« Crrrr, crrr, crrr »

Par moment, le grattement s’interrompait, rendant alors difficile la recherche de sa provenance.

« Crrr, crrr, crrr »

« Ah la la ! Fichu bruit ! Mais oĂč te caches tu ? » s’agaça Mira.

Soudain AllĂ©luia ! Elle cru voir quelque chose bouger lĂ -bas, lĂ  oĂč Ă©tait placĂ© son fauteuil.

Vite, sans plus attendre, elle couru en sa direction puis au dernier moment décida de se positionner juste derriÚre lui afin de mieux épier la chose qui remuait.

Ses yeux verts n’Ă©taient plus que deux fentes extrĂȘmement Ă©trĂ©cis Ă  force de scruter dans la pĂ©nombre les contours de cette Ă©trangetĂ©.

Une étrangeté qui avait dû ressentir sa présence car à cet instant précis, elle ne bougea plus du tout.

Sans doute, avait-elle entendu Mira


« Mince alors ! Allez ! Gratte encore saleté ! Pourquoi tu bouges plus ? » marmonna t-elle entre ses dents.

Soudain, la bestiole recommença innocemment sa petite besogne sans prĂȘter attention Ă  Mira qui Ă©tait Ă  prĂ©sent juste derriĂšre elle.

Les yeux toujours Ă©trĂ©cis Ă  l’extrĂȘme, Mira reconnut enfin le petit animal.

« Quoi ! ? Ce n’Ă©tait qu’une vulgaire souris ! ? » s’indigna t-elle courroucĂ©e et prĂȘte Ă  lui bondir dessus.

Tout ce raffut n’était dĂ» qu’à une insignifiante petite souris ?

Une souris blanche qui Ă©tait en train de gratter frĂ©nĂ©tiquement avec ses pattes avant un coin fissurĂ© de la plinthe en bois du mur de droite. Celui-lĂ  mĂȘme oĂč se trouvait Ă  quelques centimĂštres son fauteuil en velours.

À l’attaaaaaque !!

Toutes griffes dehors, Mira bondit en avant tel un boulet de canon mais au moment oĂč elle allait se jeter sur le rongeur ; celui-ci se faufila aussi vite que l’Ă©clair par un petit trou attenant Ă  l’Ă©troite fissure qu’il n’avait pas eu le temps d’Ă©largir.

« Oh non ! SaletĂ© va ! T’as rĂ©ussi Ă  ĂȘtre plus rapide que moi ! » pesta t-elle dĂ©pitĂ©e d’avoir pu manquer son coup.

Et dire qu’elle avait Ă©tĂ© Ă  deux doigts de lui rĂ©gler son compte !

« Une vraie Speedy Gonzales ! celle-là ! » admit-elle avec une certaine fascination.

« Mais tu ne perds rien pour attendre ! » souffla t-elle sournoisement.

« En plus tu as osĂ© faire ta petite cachette juste Ă  cĂŽtĂ© de mon fauteuil. Ah la la ! Grave erreur, vilaine souris ! » s’insurgea t-elle en regardant d’un Ɠil l’intĂ©rieur du trou par lequel le rongeur s’Ă©tait introduit si lĂąchement.

Mais hélas, celui-ci semblait totalement vide.

Speedy Gonzales s’Ă©tait bel et bien volatilisĂ©e.

Elle avait dĂ» trĂšs certainement emprunter une des nombreuses galeries creusĂ©es par elle oĂč ses congĂ©nĂšres.

Car s’il y en avait une ; il devait alors y en avoir plusieurs


Elle prendrait alors son temps et un malin plaisir Ă  les pourchasser l’une aprĂšs l’autre…

En tous cas, Ă  l’avenir, elle resterait vigilante car elle dĂ©testait que des intrus envahissent son territoire.

Speedy Gonzales et le Canari ne perdaient rien pour attendre…

Mira regarda autour d’elle.

Avec la venue impromptue de cette souris, elle ne s’Ă©tait pas aperçu que le salon Ă©tait Ă  prĂ©sent plongĂ© dans le noir.

Elle ne craignait point la nuit mais elle commençait à se faire du mauvais sang pour sa Maman.

Elle jeta un Ɠil Ă  la porte d’entrĂ©e qui Ă©tait toujours obstinĂ©ment fermĂ©e


Mais que pouvait bien faire Laura Ă  cette heure si tardive ?

Pour passer le temps, elle décida de rester encore quelques instants devant le trou de la plinthe, histoire de voir si la souris finirait bien par en ressortir.

Mais Speedy Gonzales Ă©tait loin d’ĂȘtre bĂȘte.

Ce soir, il Ă©tait Ă©vident qu’elle ne montrerait plus le bout de son museau.

Mira devait se résigner.

Elle commença Ă  bĂąiller d’ennui et repensa Ă  nouveau aux douces paroles de sa Maman :

« Je te ramÚnerai une petite surprise ma Mira ! Sois bien sage surtout ! »

Les rĂ©pĂ©ter inlassablement dans sa tĂȘte lui permettaient de se rassurer et mĂȘme si elle commençait Ă  redouter le pire.

« Pourvu que sa Maman n’ait pas eu un accident sur la route » se demanda t-elle trĂšs inquiĂšte.

Mais il ne fallait surtout pas qu’elle perde les pĂ©dales.

Et pour cela, il valait mieux qu’elle resta positive en se disant que Laura ne tarderait plus Ă  revenir.

Soudain, elle repensa Ă  son onctueuse crĂšme dessert qu’elle avait bien failli oublier Ă  cause de la satanĂ©e Speedy Gonzales.

Celle-ci lui redonnerait du baume au cƓur concernant son inquiĂ©tude pour sa Maman et lui permettrait Ă©galement d’oublier le fĂącheux petit incident qu’elle avait eu avec le rongeur.

****

Mira venait Ă  peine de terminer sa dĂ©licieuse crĂšme dessert Ă  la vanille lorsqu’elle repensa encore aux paroles de Laura :

« Je reviendrai avec une petite surprise pour toi ma Chérie. Sois bien sage surtout ! »

VoilĂ  ce qu’elle lui avait dit avant de refermer derriĂšre elle, la lourde porte d’entrĂ©e en bois massif.

Elle ne pouvait s’empĂȘcher de se la ressasser en boucle.

Elle revoyait aussi l’image de son doux visage souriant avec ce joli foulard rose pastel nouĂ© autour de son cou dĂ©licatement parfumĂ©.

Un parfum aux notes florales emportĂ© dans le sillage du vent frais de cet aprĂšs-midi lĂ  et que Mira n’avait point oubliĂ©.

À cette pensĂ©e, elle eut une boule dans la gorge. Sa Maman lui manquait…

Soudainement, elle entendit le Canari chanter :

« Cou-cou ! Cou-cou ! »

Elle sursauta mais bizarrement ne lui en voulut pas.

Cet oiseau de malheur rompait le silence de plomb qui régnait dans la vaste maison et cela la rassurait.

Et mĂȘme si son « Cou-cou » Ă©tait dĂ©testable ; elle lui en Ă©tait quand mĂȘme reconnaissante


Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, elle mourait d’envie de lui arracher le bec !

Ce n’Ă©tait plus le cas maintenant. Le Canari Ă©tait devenu son ami.

Il venait d’annoncer qu’il Ă©tait exactement 19H00.

Son inquiétude redoubla.

Jamais encore sa Maman n’Ă©tait arrivĂ©e en retard. Elle respectait toujours ses promesses…

Mais que faisait-elle alors ?

Elle regarda par la baie vitrĂ©e. Le jardin Ă©tait dans l’obscuritĂ© totale et il n’y avait pas Ăąme qui vive.

Sa Maman ne donnait pas de cours le samedi au lycĂ©e et c’est pour cela qu’elle profitait toujours de ce jour pour faire ses courses.

« Maman ! Reviens moi ! S’il te plaĂźt ! »

Elle faisait cet ultime vƓu tout en regardant le ciel noir opaque dĂ©nuĂ© d’Ă©toiles


Soudain, elle entendit un cliquetis Ă  la porte.

Incroyable mais vrai ! Sa demande avait-elle été exaucée ? !

Vite, le cƓur battant et sans plus attendre, elle courut vers la porte et attendit.

Son impatience la rendait fébrile et trÚs nerveuse.

Subitement, la porte s’ouvrit enfin en grand, laissant apparaĂźtre sa douce et belle Maman qui lui lança :

« Coucou ma chĂ©rie ! Oui, je sais, je suis trĂšs en retard. Attends, je vais allumer. On n’y voit strictement rien ici ! »

Le grand lustre du salon s’illumina immĂ©diatement, Ă©clairant toute la piĂšce d’une intense lumiĂšre qui faisait plaisir Ă  voir.

Ainsi, le salon retrouvait enfin son cÎté chaleureux et sécurisant.

« Oh ma Chérie ! Tu as dû avoir peur toute seule ici dans le noir. Je suis vraiment désolée »

Laura dĂ©posa son gros sac de provisions sur le carrelage puis s’empressa de fermer Ă  clef la lourde porte en bois.

Elle se retourna et regarda Mira avec une extrĂȘme douceur dans le regard.

« Tu sais, je m’inquiĂ©tais pour toi ma Mira. Te savoir toute seule ici me tracassait. Mais je suis heureuse de te retrouver enfin. Allez, viens me faire un cĂąlin »

Tout en s’accroupissant, elle tendit les bras vers elle mais Mira ne broncha pas.

Elle restait immobile sans ciller.

« Que se passe-t-il ma Chérie ? Tu me boudes ? »

Le regard vert de Mira était réprobateur.

« Ah ! Je vois ! Tu m’en veux toujours. Mais tu sais ce n’est pas entiĂšrement de ma faute. Il y avait beaucoup de monde au supermarchĂ© et lorsque je conduisais sur la route qui mĂšne chez nous ; j’ai dĂ» faire un dĂ©tour Ă  cause d’un grave accident »

Les yeux verts de Mira s’arrondirent d’Ă©tonnement.

Mais alors l’absence prolongĂ©e de sa Maman Ă©tait donc dĂ» Ă  cause de toutes ces choses ?

« Tu m’en veux toujours ? » questionna Laura avec un petit sourire enjĂŽleur.

Avec de tels arguments ! Grand Dieu ! Biensûr que non ! Alors, contre toute attente, elle se précipita avec hùte vers sa Maman puis se caressa immédiatement tout contre elle en faisant ses pattes de velours.

« Oooh ! Ma jolie Mira ! » s’exclama Laura avec une certaine Ă©motion dans la voix.

Mira ronronnait de plaisir en ne cessant de se caresser contre elle.

« Mais toi aussi Maman ! Tu m’as manquĂ©e » miaula t-elle d’une petite voix en la dĂ©vorant des yeux.

« Oh ! J’aime quand tu me fais des cĂąlins comme ça ma Mira ! »

Laura lui caressa affectueusement la tĂȘte puis passa sa main sous son ventre tout blanc et si soyeux. Elle savait que Mira aimait bien qu’on le lui caresse en faisant de grands vas et vient.

Mira ronronnait de plus belle. Elle Ă©tait vraiment au septiĂšme ciel.

Laura lui fit ensuite un petit bisou sur le bout du nez.

« Ah ! mais j’allais oublier ta surprise ! » s’Ă©cria t-elle subitement.

« Attends, je vais la chercher dans le sac » ajouta t-elle en se relevant.

Quelques secondes plus tard, elle tenait dans sa main droite un sachet brillant qui ressemblait Ă  un gros paquet de chips.

Mira le reconnut immĂ©diatement avec son logo si particulier qui reprĂ©sentait l’empreinte d’un coussinet fĂ©lin.

« Tiens ! Regarde ! C’est pour toi ma Mira ! » s’enthousiasma Laura en commençant Ă  l’agiter de haut en bas.

« Tu reconnais ce bruit ? »

Bien Ă©videment qu’elle le reconnaissait !

Et quand bien mĂȘme il y aurait eu tout un tas de vacarme autour ; elle l’aurait encore reconnu entre mille


Mira ne cessa de le fixer de ses grands yeux verts en amande pendant que sa Maman continuait de le lui agiter sous le nez.

« Quel son merveilleux ! » miaula t-elle en ne le quittant pas des yeux.

Sa Maman venait de lui offrir un trĂšs joli cadeau : ses croquettes favorites d’aprĂšs le coussinet dorĂ© qui Ă©tait dessinĂ© dessus.

Sa marque prĂ©fĂ©rĂ©e ! Les savoureuses et fondantes croquettes de bƓuf aux lĂ©gumes verts dont elle raffolait tant.

Mira ronronna de plus belle Ă  l’idĂ©e de bientĂŽt les croquer


Mais elle ne ronronnait pas que pour elles


Est-ce que Laura s’Ă©tait aperçu qu’elle s’Ă©tait beaucoup inquiĂ©tĂ© pour elle ?

Et se doutait-elle un seul instant de l’immense amour qu’elle lui portait ?

Un amour qui surpassait tout le confort dont elle bénéficiait ici dans cette maison.

Un amour dĂ©bordant qui ne pouvait ĂȘtre comblĂ© et rassasiĂ© juste par des croquettes aussi affriolantes soient-elles.

Un amour qu’elle avait besoin de transmettre car elle n’Ă©tait peut-ĂȘtre qu’une chatte de gouttiĂšre, un fĂ©lin ronronnant Ă  la moindre caresse ou victuaille ; elle n’en restait pas moins un ĂȘtre vivant avec un cƓur rempli de sentiments Ă  l’intĂ©rieur.

Un cƓur qui n’oublierait jamais ce jour ou Laura l’avait adoptĂ©e un certain mois de juillet de l’annĂ©e 2013 Ă  la SPA ; juste en Ă©tant attirĂ©e par ses miaulements de dĂ©sespoir, sans mĂȘme la voir !

Ce jour oĂč elle Ă©tait encore tenue prisonniĂšre dans l’une de ces cages, enfermĂ©e Ă  double tour avec cinq autres amies comme elle qui attendaient en vain de se faire adopter mais sans aucun succĂšs.

Ce jour oĂč pourtant une certaine Laura avait su remarquer la dĂ©tresse dans sa voix Ă©raillĂ©e, Ă  force de miauler.

Ce jour qui avait changé irrémédiablement sa vie


Une complainte que Laura avait su Ă©couter et qui l’avait alors guidĂ©e et menĂ©e jusqu’Ă  elle.

Elle, la chatte de gouttiùre aux yeux verts


Et le coup de cƓur fut rĂ©ciproque. Aussi bien pour l’une que pour l’autre


Une rencontre qui Ă©tait sans doute Ă©crite


Le plus beau jour de sa vie…

Un jour Ă  jamais gravĂ© dans son petit cƓur de fĂ©lin.

Un cƓur qui avait enfin trouvĂ© sa Maman.

Une merveilleuse Maman qui l’avait sauvĂ©e et aimĂ©e de toute ses forces d’un amour inconditionnel


Un amour qui durerait encore et encore…

Son plus beau cadeau sur Terre…

 

Son plus beau cadeau sur Terre đŸŽ

Mira s’Ă©tait endormie dans le large fauteuil en velours si doux et si confortable qui se trouvait tout prĂšs de la grande baie vitrĂ©e.

À travers celle-ci, on pouvait voir un immense et magnifique jardin dont la pelouse venait tout juste d’ĂȘtre tondue il y a Ă  peine deux jours et qui Ă©tait Ă  prĂ©sent toute imbibĂ©e d’eau Ă  cause de l’interminable pluie.

Tout était redevenu calme dehors et peu à peu les petits moineaux revenaient se poser gaiement sur les branches dénudées des grands amandiers.
En haut de leurs cimes et par certaines ramifications de leurs branchages ; on pouvait remarquer quelques nids détruits.

Il faut dire que la tempĂȘte avait Ă©tĂ© d’une rare violence… Elle n’avait rien Ă©pargnĂ©…

Pourtant, Ă  voir les moineaux sautiller de branches en branches tout en piaffant entre eux ; ils ne semblaient guĂšre rancuniers au saccage de leurs petites demeures.

Sans doute que dans leurs langages d’oiseaux, ils prĂ©voyaient dĂ©jĂ  d’en reconstruire de nouvelles.

Par moment, ils venaient s’abreuvoir ou encore s’amuser dans les quelques flaques d’eau un peu boueuses qui s’étaient formĂ©es tels des petits cratĂšres dans les zones clairsemĂ©es de la pelouse.

Finalement, la pluie tant mĂ©prisĂ©e leur avait apportĂ©e de l’eau pour se dĂ©saltĂ©rer mais aussi la joie de pouvoir faire la toilette de leurs plumages.

Et c’était un spectacle des plus merveilleux que celui de pouvoir les observer en train de dĂ©ployer leurs petites ailes et secouer avec frĂ©nĂ©sie leurs plumes faisant alors jaillir d’innombrables gouttelettes d’eau autour d’eux.

Les moineaux avaient enfin retrouvĂ© leur joie de vivre comme si la tempĂȘte n’était jamais apparue


Mais ce n’Ă©tait hĂ©las pas le cas le cas pour tout le monde


Au centre du jardin, Ă  l’intĂ©rieur d’un pourtour de galets blancs ; de hauts rosiers buissons de couleur rouge-Bordeaux avaient perdu de leurs splendeurs Ă  cause des incessantes bourrasques de vent qui sans vergogne, les avaient entiĂšrement dĂ©pouillĂ©es de leurs si jolies et gracieuses pĂ©tales.

Elles s’étaient envolĂ©es de part et d’autre du jardin et reposaient de-ci de-lĂ  sur l’immense pelouse telles de belles endormies.

Elles avaient Ă©tĂ© arrachĂ©es de force Ă  leur mĂšre nourriciĂšre et ne tarderaient pas Ă  s’abĂźmer puis Ă  se flĂ©trir au fil des heures.

Mais pour l’instant, leur couleur rouge si profonde offrait un contraste des plus ravissant et romantique sur la vaste pelouse verte pomme.

La rageuse tempĂȘte n’avait pas rĂ©ussi Ă  dĂ©truire la magnificence de ce lieu habituellement si charmant par temps radieux


Les oiseaux tout comme les vĂ©gĂ©taux semblaient vouloir oublier ses terribles affres en continuant leur vie bien paisible tout en attendant avec une certaine impatience la venue de « Monsieur Soleil » qui les rĂ©chaufferait de bon cƓur de ses ardents et lumineux rayons.

****

La pluie s’était arrĂȘtĂ©e de tomber depuis dĂ©jĂ  quelques bonnes heures mais toujours pas de Monsieur soleil Ă  l’horizon…

Pourtant Ă  cet instant mĂȘme, le ciel venait de changer de nuance et sa couleur si grise de tout Ă  l’heure s’était alors transformĂ©e en un joli bleu gris parsemĂ© de gros nuages effilochĂ©s.

Des nuages qui n’allaient pas tarder Ă  s’Ă©vaporer selon les dires de l’annonce mĂ©tĂ©orologique diffusĂ©e hier soir Ă  la tĂ©lĂ©vision.

Cependant, Monsieur Soleil se faisait encore attendre et ne daignait toujours pas pointer le bout de son nez…

Que Diable attendait-il pour faire son entrée ?

Soudain, ĂŽ Miracle ! les premiers rayons apparurent et commencĂšrent Ă  traverser les vitres des deux grandes fenĂȘtres du salon ainsi que celle de la baie vitrĂ©e ; caressant au passage, la tĂȘte de Mira qui reposait sur l’un des accoudoirs moelleux du fauteuil.

La douce lumiĂšre s’insinua davantage Ă  l’intĂ©rieur de la piĂšce, la rendant alors beaucoup plus spacieuse et conviviale.

Elle finit ensuite par se projeter avec fougue sur les jolies courbes anatomiques de Mira et s’y attarda longuement en y faisant une jolie danse d’ondulation.

Elle explorait ainsi ce corps endormi en ne cessant d’y dessiner Ă  l’infini de douces vagues tels des tatouages Ă©phĂ©mĂšres.

Elle aimait jouer avec les sens de Mira mais que cherchait-elle exactement ?

Mira ne le savait que trop bien et faisait semblant de ne pas comprendre…

Elle ressentait les chaudes caresses des rayons du soleil lui réchauffer le corps mais elle ne voulait pas encore lui céder
 Pas tout de suite
 Pas maintenant


De son cĂŽtĂ© Mademoiselle LumiĂšre mettait du cƓur Ă  l’ouvrage en se faisant de plus en plus pressante et insistante


Elle jouait de plus belle avec Mira


Brusquement, comme si une mouche venait de la piquer ; elle fini par se lasser de ce petit jeu et dĂ©cida de terminer son incessante danse lumineuse en s’installant sur le bout de son nez ; obligeant ainsi cette derniĂšre Ă  ouvrir peu Ă  peu ses grands yeux verts en amande.

La lumiĂšre fut si forte que Mira dut les plisser afin de les accoutumer Ă  son intense luminosité 

Il faut dire que depuis pas mal d’heures dĂ©jĂ , il avait fait trĂšs sombre dans cette piĂšce.

Elle se souvenait encore des myriades de gouttelettes de pluie qui n’avaient eu de cesse de se projeter avec fracas contre les vitres des deux fenĂȘtres ainsi que sur celle de la baie vitrĂ©e lui donnant alors un lĂ©ger mal de tĂȘte suivi d’une irrĂ©sistible envie de dormir et de rejoindre sans plus tarder son cher fauteuil si douillet.

Mais le soleil venait Ă  prĂ©sent la dĂ©ranger juste pour la rĂ©veiller alors qu’elle ; elle voulait encore et encore dormir telle une Belle au bois dormant.

« Soleil ! va-t’en ! Tu aurais dĂ» venir avant
 C’est trop tard maintenant ! Je ne veux plus sortir de mon fauteuil si doux et si moelleux
 Et puis tu as beau ĂȘtre le maĂźtre de l’univers que cela n’y changerait rien alors laisse-moi tranquille »

Mais Mademoiselle Lumiùre lui chuchota à l’oreille :

« Tu dois te lever Mira ! Tu as des choses à faire. Et puis, tu as suffisamment dormi, ne trouves-tu pas petite flemmarde ? »

« Non, non
 Pourquoi viens-tu me rĂ©veiller ? Va-t’en ! J’étais en train de faire un merveilleux rĂȘve
 Oh ! Et puis tu m’énerves ! OK ! Tu as encore gagnĂ© ! »

Sortant enfin de sa léthargie, Mira finit par ouvrir en grand ses jolis yeux verts irisés de constellations ambrées qui se voyaient davantage avec la lumiÚre du soleil.

Elle se leva de son fauteuil et s’Ă©tira longuement Ă  cause des courbatures qu’elle avait attrapĂ©es Ă  force d’ĂȘtre restĂ©e trop longtemps endormie dans la mĂȘme position.

À chaque fin de repas, elle avait pour habitude de faire une sieste.

C’Ă©tait pour ainsi dire, le meilleur moment de toutes ses journĂ©es mais aujourd’hui, son sommeil n’avait pas Ă©tĂ© rĂ©parateur Ă  cause du vacarme de cette fichue pluie qui lui avait donnĂ© un terrible mal de tĂȘte avant de s’endormir.

Et le comble de tout, c’est que celle-ci n’avait eu de cesse de tomber depuis 11 heures du matin jusqu’Ă  15H30 ; de quoi la mettre de trĂšs mauvaise humeur…

Mais fort heureusement, elle ne le resterait pas bien longtemps vu qu’elle Ă©tait d’une nature toujours trĂšs gaie et optimiste.

Elle fit un long bĂąillement Ă  s’en dĂ©faire la mĂąchoire mais c’était beaucoup plus pour exprimer son agacement que celui d’une fatigue quelconque puisqu’elle n’avait point sommeil Ă  cet instant-lĂ .

Monsieur soleil avait osé lui envoyer une de ses fidÚles servitrices pour la réveiller.

Et bien entendu, Mademoiselle LumiĂšre n’avait pas hĂ©sitĂ© la moindre seconde Ă  s’exĂ©cuter illico presto…

Elle, toujours prĂ©sente et si dĂ©vouĂ©e Ă  son poste depuis des millions et des millions d’annĂ©es devait trĂšs certainement trouver un certain plaisir non dissimulĂ© Ă  vouloir rĂ©veiller le monde entier.

Sa tĂąche quotidienne d’illuminer de mille feux notre planĂšte lui tenait tant Ă  cƓur qu’il ne valait mieux pas lui rĂ©sister


Et puis, de toute façon, elle avait l’art et la maniĂšre de savoir se faire respecter…

C’est pourquoi Mira ne lui en voulut plus du tout et quand bien mĂȘme son sommeil n’avait pas Ă©tĂ© rĂ©parateur ; eh bien, elle ferait avec


Monsieur Soleil n’avait donc pas eu si tort que ça de lui envoyer sa fidĂšle compĂšre pour la dĂ©loger de son fauteuil sinon qui d’autre l’aurait fait ?

Décidément, ces deux-là étaient trÚs complémentaires ! Et il savaient remplir leur rÎle à la perfection : lui, de tourner autour de notre bonne vieille planÚte terre et elle, de nous propager de ses intenses faisceaux lumineux.

Ainsi, grĂące Ă  l’éclat de leur rayonnement, le monde s’en trouvait heureux.

En conclusion, nous ne ferions pas grand-chose sans eux…

C’est pourquoi Mira se sentit Ă  prĂ©sent d’humeur plus guillerette et prĂȘte Ă  affronter cette fin d’aprĂšs-midi.

Elle s’étira encore tout en regardant le salon qui Ă©tait devenu nettement plus lumineux ; semblant alors reprendre enfin vie.

****

Mira avait toujours aimé cette piÚce qui ne manquait jamais de luminosité par temps radieux.

Par contre, par temps de pluie, le salon s’habillait alors d’une lugubre et austĂšre apparence qu’elle dĂ©testait au plus haut point ; lui faisant un tantinet peur et sursauter au moindre bruit.

Elle avait toujours eu une sainte horreur de la pluie et ce, depuis sa plus tendre enfance !

Mira s’Ă©tira une derniĂšre fois puis regarda par la baie vitrĂ©e l’immense pelouse qui Ă©tait toujours autant imbibĂ©e d’eau.

Elle leva les yeux au ciel et constata qu’il avait pris une jolie teinte d’un bleu limpide, sans le moindre nuages.

« Quel bien joli ciel ! » se dit-elle en ne se lassant pas de l’admirer.

Le fameux proverbe : « AprÚs la pluie vient le beau temps » était bien vrai.

La preuve Ă©tait devant ses yeux Ă©bahis.

Elle l’admira encore quelques instants puis dĂ©cida de s’extirper avec hĂąte de son fauteuil. Elle avait des tas de choses Ă  faire…

Finalement, cette fin de journĂ©e ne serait pas si morose que ça se dit-elle tout en marchant et en regardant autour d’elle.

Elle repensa alors Ă  Laura qui lui avait dit juste aprĂšs le repas de ce midi, qu’elle irait faire des courses mais qu’elle ne tarderait pas pour revenir.

Elle se souvenait également que celle-çi lui avait promis une petite surprise dÚs son retour. Mais laquelle au juste ?

Mira n’aimait pas trop les surprises et elle bouillonnait dĂ©jĂ  d’impatience de revoir au plus vite sa maman.

Mais en attendant celle-çi, que pourrait t-elle bien faire d’intĂ©ressant ?

Elle l’ignorait encore mais trouverait bien une idĂ©e d’ici lĂ …

****

Mira avait toujours aimé cette grande et belle demeure située en pleine campagne.

Elle Ă©tait certes assez Ă©loignĂ©e de la ville mais pas si isolĂ©e que ça par rapport au voisinage bienveillant qui l’entourait.

Oui, Mira Ă©tait vraiment heureuse de vivre ici.

Et parmi toutes les piÚces de la maison ; elle avait une nette préférence pour le grand salon.

C’Ă©tait son endroit favori.

Il faut dire que sa Maman Laura l’avait dĂ©corĂ© avec beaucoup de goĂ»t en agrĂ©mentant chaque pan de mur, de jolis tableaux d’aquarelles.

Ses propres Ɠuvres qu’elle aimait peindre durant ses heures de loisir car oui ; en dehors de son mĂ©tier de professeure de Français, Laura Ă©tait aussi une artiste peintre extrĂȘmement douĂ©e.

Mira ne se lassait jamais de regarder ses toiles tant elles Ă©taient belles.

Soudain, elle fut prise d’Ă©motion lorsque son regard s’attarda sur l’une d’entre elles.

Celle qu’elle prĂ©fĂ©rait le plus


Celle qui la représentait et dont elle était si admirative


Il s’agissait de son propre portrait.

Mira se souvenait encore de ce merveilleux jour oĂč Laura Ă©tait devenue sa mĂšre adoptive.

Il y avait 5 ans de ça.

5 ans de pur bonheur se dit-elle en admirant le tableau.

Une toile que sa douce et si belle Maman avait peint en son honneur pour lui dire Ă  quel point elle l’aimait de tout son cƓur et de toute son Ăąme.

La toile Ă©tait si bien rĂ©ussie que Mira avait l’impression de se voir dedans comme dans un miroir tant la ressemblance Ă©tait frappante.

Sa Maman avait su la dessiner et l’immortaliser telle qu’elle Ă©tait…

Oui, elle Ă©tait vraiment fiĂšre de ce tableau…

Elle avait eu beaucoup de chance de tomber sur une Maman telle que Laura


Et pour tout l’or du monde, elle n’en aurait souhaitĂ© une autre car oui, sa Laura Ă©tait un ĂȘtre unique et Ă  part


Cinq belles annĂ©es qu’elle grandissait et Ă©voluait Ă  ses cĂŽtĂ©s, entourĂ©e de plein d’amour.

Un amour pur et sincĂšre dont elle avait cruellement manquĂ© autrefois mais qui aujourd’hui comblait son cƓur.

Un amour si profond qu’elle avait fini par oublier les maltraitances subies dans son passĂ©…

Un passĂ© dĂ©sormais rĂ©volu car aujourd’hui, elle Ă©tait pleinement heureuse et Ă©panouie…

****

Mira sentit une agréable odeur de fraßcheur vivifiante.

Elle provenait du mobilier en bois de pin massif qui se trouvait dans le salon.

Il sentait agrĂ©ablement bon l’odeur des pins comme si on se retrouvait Ă  l’intĂ©rieur de l’une de ces forĂȘts enivrantes et revigorantes capables de libĂ©rer votre esprit.

Une odeur certes piquante et quelque peu entĂȘtante mais que Mira aimait respirer Ă  pleins poumons.

D’ailleurs, il n’y avait pas qu’elle qui apprĂ©ciait ces effluves mentholĂ©es.

Les rares convives qui passaient Ă  la maison aimaient aussi l’humer tout en faisant quelques remarques agrĂ©able Ă  son sujet :

« Hum, quelle agrĂ©able senteur Laura ! On se croirait dans une forĂȘt de pins tellement c’est vivifiant ! »

Ils pensaient alors que cette forte odeur de rĂ©sine devait sans aucun doute provenir de bougies d’ambiance alors qu’il n’en Ă©tait absolument rien.

Et c’est lĂ  que quelque peu amusĂ©e, Laura leur rĂ©pondait toujours invariablement ceci :

« Il s’agit de mes meubles et non de bougies parfumĂ©es. Ils sont tous en bois de pin »

S’ensuivait alors un petit silence d’Ă©tonnement rapidement rompu par quelques exclamations :

« Mais ce n’est pas possible !! Tu plaisantes ? Ça sent tellement bon. Tu en es certaine ? »

Et à son tour, elle leur rétorquait de son joli sourire un brin moqueur :

« C’est pourtant bien vrai. Et pour faire perdurer leur odeur si plaisante ; j’utilise une cire d’abeille liquide Ă  base d’huile essentielle de pin pour bien les nourrir et les faire briller. VoilĂ  le secret. Ni plus ni moins »

Mira aimait alors voir l’expression de leurs visages dubitatifs comme s’ils ne croyaient pas du tout Ă  ce que venait de leur rĂ©vĂ©ler sa Maman.

Et cela l’amusait d’autant plus lorsque venait le moment fatidique oĂč ils se rapprochaient du grand buffet en pin pour pouvoir le renifler de trĂšs prĂšs ; histoire de vĂ©rifier ses dires…

Oui, cela l’amusait toujours beaucoup


****

Mira s’approcha du grand buffet en pin et commença Ă  l’humer intensĂ©ment.

Elle ne pouvait s’empĂȘcher de faire ce petit rituel Ă  chaque fois qu’elle passait par ici, avant de franchir le seuil de la cuisine.

Elle le respira de trĂšs prĂšs et trĂšs longuement.

Cette effluve lui rappelait toujours celle de la forĂȘt qui se trouvait Ă  quelques mĂštres de leur demeure.

Quelques fois et lorsque Laura n’Ă©tait pas lĂ  ; elle aimait bien s’y aventurer tout en sachant que c’Ă©tait un lieu qui lui Ă©tait interdit.

En effet, Laura l’avait souvent mise en garde Ă  ce sujet, lui rĂ©pĂ©tant inlassablement les mĂȘme paroles :

« Je te prĂ©viens encore Mira ! Tu ne dois pas aller dans cette forĂȘt ! C’est bien trop dangereux et tu pourrais t’y perdre. Pourtant, je suis certaine que tu me dĂ©sobĂ©iras encore. Mais, tu ne devrais pas faire ça. J’espĂšre que tu ne le feras plus et que tu resteras bien sagement ici chez nous sinon je dirais Ă  Madame Sanchez de te garder chez elle »

Oh non ! Surtout pas Madame Sanchez !

Mira n’aimait pas du tout cette vieille dame avec sa grosse voix Ă©raillĂ©e d’ancienne fumeuse qui la faisait toujours peur.

Mais ce qu’elle dĂ©testait par-dessus tout Ă©tait bien lorsqu’elle celle-ci la prenait dans ses bras pour lui faire des cĂąlins…

Elle avait alors l’impression de littĂ©ralement Ă©touffer sous ces innombrables baisers baveux


Berk ! Elle n’aimait pas ça du tout !

Non, par pitiĂ© ! Surtout pas Madame Sanchez qui Ă©tait Ă  son goĂ»t bien trop dĂ©bordante d’amour envers elle


Certes, elle Ă©tait trĂšs gentille mais elle n’aimait pas son cĂŽtĂ© envahissant et disons-le trop Ă©touffant.

Madame Sanchez était une vieille dame ùgée de 90 ans qui vivait seule dans une grande demeure qui se trouvait non loin de la leur.

Elle n’avait plus aucune famille mais fort heureusement pas mal d’amis du voisinage y compris sa Maman venaient rĂ©guliĂšrement lui rendre quelques petites visites pour lui changer les idĂ©es et prendre de ses nouvelles.

À ces moments là, elle semblait alors beaucoup plus gaie.

Cependant, la solitude devait parfois la peser et c’est pourquoi elle avait autant besoin de transmettre son amour à tous ceux qui la cîtoyaient


Mira compatissait et avait de la peine pour elle alors elle acceptait sans trop rechigner ses bisous baveux ainsi que ses petites mignardises bien trop sucrés.

Elle savait aussi que Madame Sanchez adorait s’occuper d’elle


NĂ©anmoins, elle n’aimait pas du tout rester en sa compagnie car elle s’ennuyait Ă  mourir dans sa vieille maison et ce malgrĂ© la distrayante balançoire qui se trouvait dans son jardin.

Non ! Rien n’y faisait ! C’Ă©tait comme ça


Et Laura ne le savait que trop bien alors pourquoi lui infliger un tel chantage Ă  chaque fois qu’elle s’absentait de la maison ?

Certes, la forĂȘt lui Ă©tait interdite mais pourquoi en faire toute une histoire surtout qu’elle Ă©tait trĂšs dĂ©gourdie pour son Ăąge et pas du tout du genre Ă  se laisser influencer par n’importe qui et n’importe quoi…

Alors pourquoi ne pas lui faire tout simplement confiance ?

De toute façon, elle persisterait Ă  aller dans sa forĂȘt et ce malgrĂ© les nombreuses recommandations de Laura.

Ce n’Ă©tait sans doute pas trĂšs prudent de sa part, mais elle aimait le goĂ»t du risque et de l’aventure alors pourquoi s’en priverait-elle ?

Et puis c’Ă©tait aussi de son Ăąge de faire des petites bĂȘtises, non ? !

Elle ne voulait surtout pas vieillir sans les avoir commises sinon elle le regretterai trĂšs certainement…

Et puis cela lui faisait le plus grand bien de s’Ă©loigner de temps en temps de cette maison et de son jardin, si immense soit-il.

Car oui ! Mira aimait se sentir libre !

Libre comme l’Ă©tait le vent ou encore ces moineaux qui piaffaient gaiement entre eux sur les branches des grands amandiers


Elle avait besoin de cette liberté pour se sentir exister


Et la forĂȘt exaltait tous ses sens. Elle s’y sentait bien.

Elle aimait s’y balader mais toujours avec une certaine prudence car elle Ă©tait peut-ĂȘtre une grande aventureuse mais pas non plus une irresponsable inconsciente…

Elle savait fort bien que sa douce Maman Ă©tait une personne trĂšs inquiĂšte alors elle ne tenterait jamais le diable car elle l’aimait bien trop pour agir inconsidĂ©rĂ©ment


Mais Laura ne lui faisait pas encore entiĂšrement confiance. Elle l’a traitĂ©e toujours comme un bĂ©bé 

Son « petit bĂ©bĂ© » comme elle aimait l’appeler affectueusement


Mira aimait bien ce petit surnom mais elle ne le trouvait pas en accord avec sa personnalité intrépide.

De toute façon, personne ne pouvait lui mettre d’entraves pas mĂȘme sa bien-aimĂ©e Maman


C’est pourquoi, elle agirait toujours derriĂšre son dos durant ses absences pour pouvoir enfin partir en vadrouille.

Ben quoi ? Avait-elle le choix ?

Et il fallait qu’elle en profita encore car l’automne ne tarderait plus Ă  arriver


Elle s’en Ă©tait bien rendue compte avec l’interminable pluie d’aujourd’hui.

Elle savait alors qu’elle serait bien obligĂ©e de ralentir ses cadences d’aventuriĂšre dans sa forĂȘt ĂŽ combien si captivante car le temps hivernal deviendrait aussitĂŽt un obstacle avec son incessante et perpĂ©tuelle humiditĂ©.

L’insidieux froid que Mira dĂ©testait tant l’empĂȘcherait de faire ses petites escapades


Comme le temps deviendrait alors trop long durant cette période !

Mais elle finit par se rassurer en se souvenant d’une belle image qui lui revint en mĂ©moire.

LA SUITE…

Interview d’Andy Ferguson

RĂ©cemment, ce samedi 06 fĂ©vrier 2016, Andy Ferguson m’a nominĂ©e pour le Le Liebster Award .

C’est un passionnĂ© d’Ă©critures, de rugby et de sĂ©ries TV que j’ai pu rencontrer sur la vaste plateforme de WordPress grĂące Ă  mon amie La Belette .

En effet, Ă©tant intriguĂ©e par le titre de son blog « Southshield ; j’Ă©tais donc allĂ©e m’y balader un peu puis en le parcourant Ă  la va-vite (je dois bien l’avouer), j’avais dĂ©cidĂ© ensuite de le follow juste pour ne pas le perdre de vu afin de pouvoir par la suite m’en faire une idĂ©e…

Aujourd’hui, je ne regrette vraiment pas mon choix Ă©tant donnĂ© que j’ai d’ores et dĂ©jĂ  lu les 3 chapitres de son histoire et que j’ai tout de suite bien accrochĂ©.

Voici le premier chapitre de son histoire « Southshield » qui s’intitule :

Les secrets se cachent en forĂȘt

Il y a beaucoup de rebondissements dans la ville de Southshield et les hĂ©ros ont tous des particularitĂ©s que j’apprĂ©cie bien. Ils nous embarquent dans leur univers et sont sonvent loufoques Ă  souhait. Mais ce qu’il me tarde le plus de dĂ©couvrir est bien l’intrigue qui reste primordiale au coeur de cette histoire.

Vous voulez en savoir plus ? Il vous suffit alors de cliquer sur son lien et vous n’aurez qu’une envie : vous y abonner pour lire son histoire pleine d’intrigues.

Mis Ă  part son talent pour l’Ă©criture, Andy est trĂšs sympathique et il vous rĂ©pondra toujours avec beaucoup de franchise dans ses commentaires. J’ai remarquĂ© Ă©galement que c’est une personne qui ne manque pas d’humour et qui sait vous mettre Ă  l’aise…

Merci encore Ă  toi Andy de m’avoir nominĂ©e et c’est avec grand plaisir que je vais rĂ©pondre Ă  tes 11 questions.

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Voici le questionnaire d’Andy :

1. Mon fast and curious : chocolat/vanille ? matin/soir ? organisé/brouillon ? facebook/instagram ? fromage/dessert ? maison/jardin ? plage/montagne ? lire/écrire ? (Ahah, la derniÚre va vous énerver)

Je suis une grande gourmande mais avec modĂ©ration. Je suis plutĂŽt salĂ© (j’adore les plats exotiques Ă©picĂ©s) que sucrĂ© mais je dois bien avouer qu’avec le temps je me surprends Ă  aimer certaines pĂątisseries que je dĂ©testais lorsque j’Ă©tais plus jeune…

Mon petit péché mignon restera incontestablement le sorbet cassis mais la deuxiÚme tentation culinaire est bien le chocolat. Pas le chocolat noir que je trouve bien trop amer mais le chocolat au lait. Ah ! la bonne tablette de chocolat au lait et noisettes entiÚres !

CHOCO BON

J’adore le matin alors je me lĂšve trĂšs tĂŽt (Ă  part le week-end). Ne dit-on pas que l’avenir appartient Ă  ceux qui se lĂšvent aux aurores ?

Le soir est rĂ©servĂ© pour mes Ă©crits et ce depuis toujours. Je ne sais pas mais j’ai beaucoup plus d’inspiration la nuit que le jour.

Je suis trĂšs organisĂ©e dans la vie de tous les jours et assez stricte je dirais. C’est sans doute mon cĂŽtĂ© un peu pointilleux et sĂ©rieux.

En ce qui concerne l’Ă©criture, c’est totalement diffĂ©rent : je ne me donne aucune rĂšgle. C’est tellement un moment privilĂ©giĂ© pour moi que je me laisse aller ; disons que je lĂąche prise car pour moi cela reste de l’Ă©vasion, du rĂȘve et alors oui je dirais que je suis un tantinet brouillonne Ă  ce sujet…

Je suis Ă  peu prĂšs sur tous les rĂ©seaux sociaux. Etant d’une nature trĂšs curieuse, je me suis inscrite Ă  toutes ces plateformes juste comme ça, pour le plaisir…

Ah ! les plaisirs culinaires ! un vaste sujet. J’aime beaucoup le fromage (Ă  peu prĂšs tous) et en particulier le camembert mais je ne suis pas contre un bon fromage de chĂšvre chaud sur une tartine de pain croutillante Ă  souhait. Mon dessert number one prĂ©fĂ©rĂ© : des crĂȘpes nappĂ©es de confiture de fraises, d’abricots, de cerises ou de Nutella.

J’aime autant les intĂ©rieurs que les extĂ©rieurs (en toutes saisons). En ce qui concerne l’Ă©criture, je n’ai jamais encore essayĂ© mais je pense que je n’aimerais pas Ă©crire dehors (jardin, lieux publics, ect…) via mon ordinateur portable…

IndĂ©niablement je prĂ©fĂšre l’ocĂ©an. Ah ! la mer…C’est tout un poĂšme.

Tenez, voici justement un petit extrait tiré du poÚme de Blaise Cendrars (feuilles de route 1924) qui me convienne parfaitement :

Iles inoubliables et sans nom,

Je lance mes chaussures par-dessus bord car je voudrais bien aller jusqu’à vous.

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Pour rĂ©pondre Ă  la finalitĂ© de cette question, j’aime bien dĂ©couvrir et lire les oeuvres de certains(es) auteurs sur wordpress et je dois dire qu’il y en a pas mal qui sont trĂšs intĂ©ressants. Mais Ă©videmment ce que j’aime le plus c’est Ă©crire dans mon petit coin et m’Ă©vader toute seule dans mon monde sans voir le temps passer…

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2. Parle-moi de tes goĂ»ts musicaux, qu’est-ce que tu aimes Ă©couter et qu’est-ce que tu ne mettras jamais dans ta playlist ? Artistes, genre, chansons particuliĂšres, peu importe.

Je suis trĂšs sĂ©lective en ce qui concerne la musique. Je ne peux pas ĂȘtre fan Ă  proprement dit d’un(e) seu(e) chanteur(se) et d’ailleurs je ne pourrais jamais assister Ă  un concert d’une durĂ©e 2 heures Ă  Ă©couter le mĂȘme registre du mĂȘme artiste.

C’est pour cela que j’ai deux playlists bien distinctes : Voici un petit extrait de ma premiĂšre playlist que j’Ă©coute Ă  mes heures perdues :

– « Un monde meilleur » de Keen’v

– « Me quemo » de Kendji Girac

– « Sur ma route » de Black M

– « BrisĂ© » de MaĂźtre Gims

– « Wonderful life » de Zucchero

Et voici ma deuxiĂšme playlist (uniquement des musiques de films) que j’Ă©coute avant de me plonger dans mes Ă©crits : ça m’inspire Ă©normĂ©ment (mais je peux varier selon mon humeur par la premiĂšre playlist !) :

– « Love me like you do » de Ellie Goulding (musique du film cinquante nuances de Grey)

– « Forrest Gump theme soundtrack » de Alan Silvestri

– « 1492, conquest of paradise theme soundtrack » de Vangelis

– « Now, we are free » de Hans Zimmer (Soundtrack theme du film Gladiator)

– « Hold me, thrill me, kiss me, kill me » de U2 (Soundtrack theme du film Batman forever)

Ce que je ne pourrais jamais rajouter Ă  mes deux playlists, est bien la musique Metal. Mes petites oreilles de Suricate ont bien essayĂ© d’en Ă©couter un petit extrait un jour pour faire plaisir Ă  un ami mais c’est tout simplement insupportable pour moi.

3. Ton film et ta sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e prĂ©fĂ©rĂ©e ? Un film et une sĂ©rie que tu n’as pas aimĂ© ? Du tout.

Mon film prĂ©fĂ©rĂ© est sans conteste « 1492, Christophe Colomb » de Ridley Scott. Je vous dirai un jour pourquoi j’apprĂ©cie tant ce film en Ă©crivant un petit article Ă  ce sujet.

Ma sĂ©rie prĂ©fĂ©rĂ©e est « Les Tudors » de Michael Hirst avec le bel acteur principal Jonathan Rhys Meyers. Je ne m’en lasse jamais. Et puis j’aime beaucoup la main title theme soundtrack de ce feuilleton tĂ©lĂ©visĂ© qui fait partie de ma deuxiĂšme playlist dont je vous parlais prĂ©cĂ©demment.

the tu dors

Le film que je n’aime pas du tout : « Very bad trip » de Todd Phillips. Ce film ne me fait pas rire. Sans doute, suis-je la seule mais je n’adhĂšre pas du tout Ă  leurs blagues.

Une sĂ©rie que je n’ai pas aimĂ© : Toute la sĂ©rie des experts m’ennuie (Les experts Manhattan, les experts Miami, ect …) y compris le dernier en date « Les experts cyber ». Au dĂ©but j’aimais bien regarder ce genre de sĂ©ries mais Ă  prĂ©sent plus du tout. Je prĂ©fĂšre nettement « The fall » et « Esprits criminels ».

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4. Ton passe-temps favori ? A part l’Ă©criture. Et la lecture. Ne soufflez pas.

J’aime bien regarder des DVD en tout genre car je suis une cinĂ©phile. J’adore particuliĂšrement les films futuristes et fantastiques. Et si jamais je n’ai pas envie de regarder de DVD alors je joue Ă  des jeux vidĂ©os sur mon ordinateur portable (j’adore tous les Tomb raider sur PC et en particulier « Tomb raider anniversary ») ou encore j’Ă©coute mes airs prĂ©fĂ©rĂ©s.

lara l'aura tomb raider

5. Quatre mots qui te définissent. Verbes, adjectifs, noms communs, qualités et défauts acceptés.

– Je suis une personne trĂšs gĂ©nĂ©reuse et en gĂ©nĂ©ral je donne sans compter (ça dĂ©pend de certaines personnes)

– Je suis fidĂšle en amitiĂ© et je dĂ©teste au plus haut point l’hypocrisie et les couteaux dans le dos du jour au lendemain

– Je suis une personne loyale : on peut compter sur moi. Je ne suis pas une Suricate pour rien.

– Je suis trop spontanĂ©e et impulsive : ce qui peut me mettre en porte Ă  faux dans certains cas et situations.

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6. Quelque chose que tu fais tous les jours. Ou presque tous les jours.

J’ai mon petit rituel journalier : regarder dĂšs mon rĂ©veil mes notifications de messages sur mon smartphone et mĂȘme si je n’y rĂ©pondrai pas forcĂ©ment…

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7. Un problĂšme de sociĂ©tĂ© ou un thĂšme qui te tient Ă  coeur. Conteurs d’histoires, front of the line !

J’adore nos amis les cats mais je n’ai jamais militĂ© pour la cause animale.

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Par contre, je ne supporte pas la maltraitance sur les animaux tels que les chats, les chiens, les grands félins, ect.. 

D’ailleurs, Ă  ce sujet, lorsque j’habitais en Afrique en GuinĂ©e, il m’est arrivĂ© un jour une drĂŽle d’aventure que je vous invite Ă  dĂ©couvrir en cliquant sur ce lien :

Une bien jolie découverte

8. Un projet en cours ou un projet idéal.

Actuellement, j’Ă©cris une nouvelle en plusieurs parties dont le titre est : La derniĂšre danse de la lune . C’est une histoire qui me tient particuliĂšrement Ă  coeur.

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9. Une superstition Ă  laquelle tu crois… Ou tu te surprends de croire.

Je ne suis pas du genre Ă  ĂȘtre superstitieuse…Etant nĂ©e un certain 13 FĂ©vrier, J’aime particuliĂšrement lorsque ma date d’anniversaire tombe un Vendredi. Mais bon, pour cette fois-çi, ce ne sera pas le cas, hi hi !

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10. De quel personnage tu te rapproches le plus ET le moins dans mon histoire ? Pour les rĂ©ticents : quel personnage tu aimerais ET tu n’aimerais pas avoir comme ami ?

En ce qui concerne ton histoire « Southshield », je dirais que j’aime bien le personnage qu’incarne Olga Jorgen, la fille du commissaire Jorgen. Elle est intelligente et trĂšs futĂ©e. Elle s’est trĂšs bien adaptĂ©e Ă  ses camarades qui sont trĂšs loufoques. D’ailleurs elle a rĂ©ussi Ă  se faire intĂ©grer dans leur groupe « Les Hipsters ».

Au dĂ©but (chapitres 1 et 2), je dois bien avouer que je n’aimais pas trop le personnage de Rebecca Roger. Trop dĂ©jantĂ©e Ă  mon goĂ»t et surtout en ce qui concerne sa conception de l’amour : coucher avec un gars dĂšs le premier soir sans vraiment le connaĂźtre puis le jeter ensuite dĂšs le lendemain parce qu’elle s’ennuie de lui. Je trouve qu’elle ne se respecte pas elle-mĂȘme. Mais bon ! tous les goĂ»ts sont dans la nature, comme on dit !

Par contre, ce que j’ai aimĂ© chez elle dans le troisiĂšme chapitre, c’est qu’elle Ă©tait en proie au doute et que ça l’Ă©nervait d’avoir enfin des atomes crochus avec un homme. Et je dois dire que de la voir dans cet Ă©tat d’indĂ©cision me faisait vraiment plaisir. Ce sera un sacrĂ© dilemme pour elle en ce qui concerne sa relation avec cet homme. D’ailleurs, j’ai presque hĂąte qu’elle se stabilise enfin avec lui (il n’est pas comme les autres gars qu’elle a jusqu’Ă  prĂ©sent rencontrĂ© sur sa route). Mais ça, je le dĂ©couvrirai plus tard dans tes prochains chapitres.

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11. Ton opinion sur l’histoire de Southshield. Bonne ou mauvaise, critiques acceptĂ©es. (J’assume son cĂŽtĂ© un peu lent et contemplatif, j’aime ça!)

En ce qui concerne ton histoire, j’ai tout de suite Ă©tĂ© scotchĂ©e.

D’une part, j’aime bien l’intrigue et d’autre part, je trouve que les personnages ont tous leur place dans ce scĂ©nario. Ils sont trĂšs diffĂ©rents les uns des autres et ils ont chacun leur particularitĂ© qui les rendent attachants ou intrigants.

En conclusion, je dirais que ton histoire est tout simplement captivante et que j’ai toujours envie de dĂ©couvrir la suite.

Merci encore Ă  toi Andy pour ce questionnaire que j’ai pris plaisir Ă  rĂ©pondre !

Amicalement,

CĂ©cile, la Suricate

Guerre ethnique au Tchad en 1990

Le Tchad :

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Le Tchad est un pays d’Afrique Centrale sans accĂšs Ă  la mer, situĂ© au sud de la Libye, Ă  l’est du Niger et du Nigeria, au nord du Cameroun et de la RĂ©publique centrafricaine et Ă  l’ouest du Soudan.

GĂ©ographiquement et culturellement, le Tchad constitue un point de passage entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire.
Sa capitale est N’Djamena.

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Histoire du Tchad :

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Voici le Président du Tchad : Idriss Déby

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Le Tchad, qui a fait partie des possessions Africaines de la France jusqu’en 1960, a subi 3 dĂ©cennies de guerre ethnique ainsi que des invasions par la Libye avant de retrouver une certaine paix en 1990.

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Voici des Goranes

Une paix qui ne dura hĂ©las pas trĂšs longtemps…

Je vais d’ailleurs vous raconter un bien mauvais souvenir que j’ai vĂ©cu (ma famille et moi) et dont je n’oublierai jamais…

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Voici mon histoire : Guerre ethnique :

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Par une belle matinĂ©e ensoleillĂ©e (nous Ă©tions le 2 DĂ©cembre 1990 et j’Ă©tais alors ĂągĂ©e de 13 ans) nous reçûmes un appel tĂ©lĂ©phonique nous annonçant qu’il y avait des rebelles qui venaient d’envahir N’Djamena pour prendre le pouvoir…

C’Ă©tait un coup d’Ă©tat qui avait Ă©tĂ© organisĂ© par surprise sous le commandement du GĂ©nĂ©ral Idriss DĂ©by afin de ne pas Ă©veiller les soupçons du PrĂ©sident Tchadien de l’Ă©poque : HissĂšne HabrĂ©, son ancien compagnon d’armes…

Ainsi, avec l’appui de la France, le GĂ©nĂ©ral Idriss DĂ©by voulait chasser HissĂšne HabrĂ© de son pouvoir…

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N’Djamena Ă©tait donc assiĂ©gĂ© par des rebelles (Goranes) qui voulaient renverser l’actuel gouvernement d’HissĂšne HabrĂ© et placer au pouvoir leur GĂ©nĂ©ral Idriss DĂ©by en tant que nouveau PrĂ©sident de la RĂ©publique Tchadienne.

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Petite parenthĂšse :

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Voici Idriss DĂ©by

Idriss Déby Itno, né en 1952 à Berdoba (au sud-est de Fada) est un homme politique Tchadien.

Le 2 dĂ©cembre 1990, avec l’appui de la France, il chasse du pouvoir son ancien compagnon d’armes HissĂšne HabrĂ© aprĂšs une pĂ©riode de lutte armĂ©e menĂ©e Ă  partir du Soudan et le remplace le 4 dĂ©cembre avec le titre de prĂ©sident du Conseil d’État.

Il est ensuite dĂ©signĂ© « PrĂ©sident de la rĂ©publique du Tchad » le 28 fĂ©vrier 1991, aprĂšs l’adoption de la Charte nationale).

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J’en reviens donc Ă  mon histoire…

Comme tout coup d’Ă©tat Africain, ce fut la panique gĂ©nĂ©rale…

AprĂšs cet appel tĂ©lĂ©phonique, mes parents, mon frĂšre et moi, dĂ»mes prĂ©parer nos bagages et prendre l’essentiel sans trop se charger.

Ce que nous fĂźmes assez rapidement car il fallait au plus vite quitter notre maison de fonction afin de rejoindre un Ăźlot (une maison rĂ©quisitionnĂ©e sous le commandement de l’armĂ©e de Terre Française « Epervier » et qui y regroupait une petite minoritĂ© d’expatriĂ©s Français tout comme nous…)

Les bagages faits et nos 3 chats installés dans leur sacs de voyage respectifs, nous partßmes direction cet ßlot, en voiture.

Au cours de notre trajet, nous nous retrouvĂąmes subitement nez Ă  nez devant un tank de l’armĂ©e Française et je peux vous dire que la vision de cet Ă©norme engin fut trĂšs impressionnante car son canon Ă©tait tournĂ© en notre direction…

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L’espace d’un instant je crus dĂ©faillir tellement j’avais peur…

Tout de mĂȘme, ce n’est pas tous les jours que l’on se retrouve face Ă  face devant un tank…

Et pourtant ma famille et moi en faisions l’horrible expĂ©rience.

J’en garde d’ailleurs un trĂšs mauvais souvenir…

Mis Ă  part cette mauvaise rencontre lors de notre trajet, nous trouvĂąmes enfin l’adresse de l’Ăźlot.

Une fois notre voiture garĂ©e dans le jardin de celui-çi, tout prĂšs du portail (nous n’avions pas le choix puisqu’il y avait dĂ©jĂ  un bon nombre de voitures qui Ă©taient garĂ©es en Ă©pis) ; nous dĂ©cidĂąmes de laisser nos 3 chats et nos valises Ă  l’intĂ©rieur de notre vĂ©hicule.

Mes parents dĂ©cidĂšrent de sortir nos chats de leur sacs de voyage afin qu’ils puissent se sentir plus Ă  l’aise et ouvrirent Ă©galement un petit peu les fenĂȘtres arriĂšres de la voiture afin qu’ils puissent mieux respirer.

Ensuite, tous les 4, nous rejoignĂźmes le petit groupe d’expatriĂ©s qui se trouvait dĂ©jĂ  Ă  l’intĂ©rieur de l’Ăźlot.

Une fois Ă  l’intĂ©rieur, les heures passĂšrent et passĂšrent sans que quiconque ne vienne nous sauver.

Ma famille et moi Ă©tions trĂšs inquiets car on avait l’impression d’ĂȘtre abandonnĂ©s et vraiment coupĂ©s du monde…

C’Ă©tait interminable cette attente et cela Ă©tait dĂ» en grande partie Ă  cause de la mauvaise stratĂ©gie de l’armĂ©e de terre Française et du Quai d’Orsay (le MinistĂšre des affaires Ă©trangĂšres).

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Le temps passait irrĂ©mĂ©diablement lorsque soudain 2 goranes (des rebelles Tchadiens) armĂ©s de leur kalachnikov et muni d’un pistolet, firent irruption dans le jardin en rĂ©clamant qu’ils voulaient juste une voiture (afin de pouvoir s’enfuir de N’Djamena, selon les dires du gardien de jour Tchadien de la maison).

photo-280085-LEt malheureusement, comme notre voiture se trouvait ĂȘtre garĂ©e prĂšs du portail, vous devinez alors la suite…

Pourtant, il y avait bien un autre vĂ©hicule garĂ© tout prĂšs de notre voiture et ce, juste en face du portail et qui se trouvait ĂȘtre un 4X4 tout terrain…

Ce 4X4 Ă©tait vide, c’est Ă  dire : sans aucun bagage et qui plus est sans animaux…

Mes parents ne voulaient pas donner leur voiture pour les simples et uniques raisons qu’il y avait tous nos bagages ainsi que nos chats qui Ă©taient restĂ©s Ă  l’intĂ©rieur.

Mes parents ont tout fait pour faire entendre raison Ă  ce propriĂ©taire du 4X4 (qui Ă©tait Ă©galement le propriĂ©taire de la maison) mais celui-çi ne voulait en aucun cas donner son vĂ©hicule car il avait peur et qu’il Ă©tait tout bonnement un lĂąche…

Je me souviens encore de cet homme et pĂšre de famille qui se fichait totalement de notre sort…

Ce jour-lĂ , je me suis mĂȘme dis que c’Ă©tait un ĂȘtre immonde, Ă©goiste et totalement indigne qui aurait du alors se retrouver Ă  notre place Ă  cet instant lĂ … Oui, une situation des plus affreuses qu’il aurait du subir lui aussi…

D’ailleurs, si jamais il lisait cet article (que je souhaite), je tenais Ă  lui dire ceci :

« Vous Ă©tiez une vĂ©ritable ordure ce jour-lĂ  ! Oui une lamentable ordure ! Et vous vous Ă©tiez comportĂ© comme un lĂąche ! Comment avez-vous pu oser ne pas donner votre 4X4 rutilant Ă  ces deux Goranes ? Hein ? Pourquoi ? La rĂ©ponse est Ă©vidente. Vous ne vouliez pas donner votre voiture toute neuve ! Allez au diable ! espĂšce de sale crĂ©tin ! »

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MalgrĂ© un dialogue sans fin à bĂątons rompus (vraiment pitoyable et grotesque) avec cet homme dĂ©nuĂ© d’intelligence et de bon sens (pour lui faire soit disant entendre raison) ; mes parents durent se rĂ©soudre au pire ; donner leur voiture car les rebelles commençaient Ă  s’impatienter.

C’est alors que mon pĂšre prit ses clefs de voiture et sortit dehors.

Ma mĂšre le suivit afin de pouvoir sauver toutes nos affaires ainsi que nos chats dans le cas ou les rebelles leur donneraient peut-ĂȘtre cette Ă©ventuelle possibilité (Ce que ma mĂšre et mon pĂšre espĂ©raient vraiment).

Mon pĂšre essaya donc d’expliquer (par des gestes) aux goranes qu’il voulait rĂ©cupĂ©rer ses valises ainsi que ses chats.

Ceux-çi ne s’y opposĂšrent pas mais ils voulaient en contrepartie, que mes parents se dĂ©pĂȘchent au plus vite afin qu’ils puissent quitter les lieux.

Vu leur excitation et leur impatience, cela se voyait qu’ils voulaient fuir au plus vite N’Djamena Ă  cause de l’arrivĂ©e des troupes du GĂ©nĂ©ral Idriss DĂ©by.

Mais lĂ  encore, mes parents n’eurent pas de chance…

En effet, mon pĂšre n’arrivait pas ouvrir la portiĂšre avant (droite) Ă  cause de la serrure qui Ă©tait dĂ©fectueuse et qui devait normalement ĂȘtre rĂ©parĂ©e dans les jours Ă  venir. C’Ă©tait vraiment pas de chance !

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Mon pÚre dut batailler tant bien que mal avec cette satanée serrure mais heureusement, la portiÚre finit enfin par céder !

Mais c’Ă©tait sans compter sur ces rebelles qui commençaient de plus en plus Ă  s’exciter et Ă  s’Ă©nerver davantage…

L’un deux commença Ă  hurler en un dialecte incomprĂ©hensible car il pensait que mon pĂšre avait fait exprĂšs de leur faire cette ruse afin qu’ils ne puissent pas voler sa voiture.

C’Ă©tait un regrettable mauvais coup du sort qui s’acharnait une fois de plus contre nous…

De lĂ  ou je me trouvais, (derriĂšre la grande baie vitrĂ©e du salon de la maison) je pouvais voir trĂšs nettement toute la scĂšne et je peux vous dire que jamais je n’avais eu autant peur de ma vie…

C’Ă©tait horrible de voir mes parents confrontĂ©s Ă  ces sales brutes de rebelles…

Je m’imaginais le pire et je n’avais pas si tort que ça…

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Le gorane qui n’arrĂȘtait pas de hurler et qui avait les yeux injectĂ©s de sang car il Ă©tait sans aucun doute droguĂ©, pointa subitement le canon de son pistolet dans le dos de ma mĂšre qui essayait de sauver nos 3 chats et quelques uns de nos bagages.

Si vous vous souvenez bien, mes parents avaient dĂ©cidĂ© de laisser nos chats en dehors de leurs sacs de voyage afin qu’ils puissent se sentir plus Ă  l’aise Ă  l’intĂ©rieur de notre voiture. Eh bien, heureusement qu’ils avaient eu cette idĂ©e…

Deux chats avaient pu s’Ă©chapper de la voiture grĂące Ă  ma mĂšre qui les avait libĂ©rĂ©s en dĂ©grafant leurs laisses qui Ă©taient attachĂ©es autour de leur cou et qui les empĂȘchaient littĂ©ralement de pouvoir se mouvoir et donc de s’enfuir…

Puis avec rage et dĂ©termination, elle les avait rapidement repoussĂ©s vers l’extĂ©rieur de l’habitacle afin qu’ils puissent enfin se sortir de ce piĂšge…

C’est vrai que ma mĂšre avait fait preuve de beaucoup de sang froid ce jour-lĂ  car ces deux chats auraient pu ne jamais s’en sortir si elle ne les avait pas dĂ©tachĂ©s de leurs laisses…

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Voici Minouchkaya (Vous savez, celle que j’avais sauvĂ©e in extrĂ©mis en GuinĂ©e Ă  Conakry)

Et donc, une fois délivrés, nos deux chats se mirent à courir trÚs vite vers les buissons du jardin, tellement ils étaient effrayés.

Toujours avec autant de sans-froid, ma mĂšre essaya de sauver tant bien que mal mon chaton blanc « Snoopy » qui s’Ă©tait cachĂ© sous le siĂšge avant du vĂ©hicule tellement il avait eu peur des Goranes mais hĂ©las, elle ne parvint pas Ă  le dĂ©livrer car il Ă©tait Ă©galement prisonnier de sa laisse qui l’empĂȘchait de pouvoir se mouvoir et donc de s’enfuir de cet enfer.

MON PETIT SNOOPYNO

Voici mon petit Snoopy…

Mais Ă  ce moment lĂ , ma mĂšre ne se doutait pas une seule seconde que le Gorane droguĂ©, la visait dans le dos avec son arme Ă  feu…

C’est alors que mon pĂšre qui avait observĂ© les intentions de ce gorane fit un geste hĂ©roique…

Sans plus attendre, il tapa trĂšs fort sur le canon de la kalachnikov afin de rabaisser l’arme au sol et de dĂ©tourner la trajectoire de la balle. Le canon se rabattit violemment contre le sol au mĂȘme moment oĂč ce gorane (droguĂ©) avait appuyĂ© sur la gĂąchette.

Soudain, j’entendis une dĂ©flagration. Un bruit terrible et affreux, me laissant paralysĂ©e sur place…

La balle tirĂ©e de la kalachnikov venait de tomber au sol. Cette ordure de rebelle avait manquĂ© son sale coup…

Par son geste, mon pĂšre avait sauvĂ© la vie de ma mĂšre…

Mais hélas, il fut légÚrement blessé au niveau du ventre car la chaleur du bout du canon de la kalachnikov avait littéralement transpercée sa chemise et donc égratigné au passage sa peau, faisant apparaßtre au bout de quelques instants, une petite auréole de sang qui maculait sa chemise.

****

En voyant cette scĂšne, je dĂ©cidai de sortir de la maison car j’Ă©tais affolĂ©e et trĂšs inquiĂšte.

Je sortis donc de la maison en courant...

Mais heureusement, une des personnes qui se trouvait Ă  l’intĂ©rieur stoppa ma course en me saisissant par la taille.

L’homme me plaqua contre lui et me dit tout doucement qu’il ne fallait plus que je fasse aucun geste…

En me stoppant dans ma course, j’eu le souffle coupĂ© et ne pu m’empĂȘcher de pleurer (pas Ă  cause de la douleur mais par le fait que j’Ă©tais morte d’inquiĂ©tude pour mes parents).

Le geste de ce monsieur m’avait tout simplement sauvĂ© la vie car Ă  ce moment lĂ , le deuxiĂšme gorane me visait de loin avec sa kalachnikov…

Mon petit frĂšre qui se trouvait Ă  l’intĂ©rieur de la maison Ă©tait trĂšs angoissĂ© car il venait de voir toute la scĂšne.

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Je regardais mes parents au loin et je me disais que c’Ă©tait la fin du monde…

Le Gorane qui m’avait visĂ©, attrapa brusquement le bras de son acolyte… Je crois bien qu’il essayait de le rĂ©sonner.

La situation les Ă©chappait.

Et c’Ă©tait une certitude, mes parents ne pourraient pas sauver l’intĂ©gralitĂ© de leurs affaires, restĂ©es dans le coffre de leur voiture. 

D’ailleurs, l’instant d’aprĂšs, les goranes se prĂ©cipitĂšrent Ă  l’intĂ©rieur du vĂ©hicule et s’enfuyĂšrent en roulant Ă  grande vitesse, ne laissant apparaĂźtre derriĂšre eux, qu’un Ă©pais nuage de poussiĂšre de terre rouge…

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Ma mĂšre Ă©tait sous le choc ainsi que mon pĂšre…

Ils Ă©taient dĂ©semparĂ©s et perdus… Nous avions absolument tout perdu…

Nous n’avions plus aucun bagage (les bijoux en or de ma mĂšre qui Ă©taient des souvenirs de Madagascar et d’Afrique se trouvaient dans une de nos valises et ce fut un vĂ©ritable crĂšve-coeur pour elle de savoir que ses biens les plus prĂ©cieux furent entre les mains d’immondes salopards).

Mais dans ce terrible malheur, nous avions la chance d’avoir toujours nos deux chats qui avaient pu ĂȘtre sauvĂ©s grĂące Ă  Maman…

HĂ©las, ce ne fut pas le cas de mon chaton (que j’aimais tant) « Snoopy » qui Ă©tait restĂ© coincĂ© sous le siĂšge avant, cĂŽtĂ© conducteur de notre voiture…

J’imagine que ces ordures ont du l’abattre en le faisant souffrir (je ne sais de quelle maniĂšre mais jusqu’Ă  aujourd’hui je prĂ©fĂšre ne pas trop y penser) vu que c’Ă©taient des sanguinaires !

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Mais ce que j’ai retenu le plus de cette atroce journĂ©e dont je ne cesserai jamais de me la remĂ©morer avec beaucoup d’Ă©motion et de tristesse ; c’est que nous avions frĂŽlĂ© la mort de trĂšs prĂšs et que dans cet infernal chaos, nous avions eu l’immense chance de pouvoir rester en vie tous les 4…

Cela aurait pu mal se terminer mais je remercie encore le ciel d’avoir Ă©pargnĂ© nos vies… Qu’il ne soit rien arrivĂ© Ă  ma mĂšre, ni Ă  mon pĂšre (juste une lĂ©gĂšre blessure due Ă  la brĂ»lure de la chaleur du canon de la Kalachnikov) et ni Ă  mon petit frĂšre !

Certes, on nous avait volĂ© tous nos souvenirs de Madagascar et d’Afrique ainsi que nos biens les plus prĂ©cieux ; sans oublier la perte de mon chaton mais dans tout ce drame, nous Ă©tions encore en vie et c’est ce qui est l’essentiel Ă  retenir finalement…

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En conclusion de mon histoire, je terminerai mon récit en vous disant ceci :

« La vie est ce qu’il y a de plus beau et de plus important sur cette terre… Elle n’a pas de prix… Elle est trĂšs prĂ©cieuse et plus que jamais, elle vaut d’ĂȘtre vĂ©cue…

Une bien jolie dĂ©couverte

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Je me rappelle encore d’un souvenir lointain qui date depuis fort longtemps : en effet, je devais bien avoir 10 ou 11 ans…
Mais je m’en souviens encore comme si c’Ă©tait hier…

Ce jour lĂ , je me trouvais dehors en compagnie de mon petit frĂšre en train de jouer avec nos chats et nos chiens.
Nous attendions l’arrivĂ©e de notre pĂšre qui ne devait pas tarder Ă  rentrer de son travail afin d’aller dĂ©jeuner en famille au restaurant chinois qui s’appelait : « Le Jardin Chinois » et qui se trouvait non loin de notre villa.

Soudain nous entendĂźmes le klaxon de notre voiture que je savais parfaitement reconnaĂźtre entre mille. C’Ă©tait Papa qui arrivait enfin de son travail.
Je regardais ma montre. Il Ă©tait exactement 12H00 pile.
Mon pĂšre gara le 4×4 dans l’allĂ©e qui menait Ă  notre jardin pendant que notre gardien de jour refermait les portes du portail.

Mon frĂšre et moi, nous prĂ©cipitĂąmes vers lui afin de lui dire bonjour et de l’embrasser chacun notre tour.

Puis mon frĂšre dĂ©cida d’aller vĂ©rifier le fameux QG de ses fourmis car Ă  cette Ă©poque lĂ , je remarquai qu’il aimait beaucoup les observer et mĂȘme leur donner Ă  manger ; voire les protĂ©ger de tous prĂ©dateurs car je crois bien qu’il devait en ĂȘtre rĂ©ellement passionnĂ© de ces insectes (une similitude que mon frĂšre avait avec notre Maman qui adorait, elle aussi, lorsqu’elle Ă©tait petite, jouer avec ces charmantes petites bestioles) par rapport Ă  moi qui prĂ©fĂ©rait de loin : les chats.

Bref, pendant que mon petit frĂšre observait ses chĂšres fourmis en train de construire leur forteresse, moi je regardais mon pĂšre du coin de l’oeil.

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AprĂšs que mon pĂšre eut demandĂ© un verre d’eau glacĂ© au domestique qui se trouvait encore Ă  l’intĂ©rieur de notre maison en train de terminer son mĂ©nage et pendant que Maman se prĂ©parait dans sa chambre pour s’apprĂȘter Ă  sortir ; je ne pouvais m’empĂȘcher de me dire rien qu’en regardant son visage qu’il avait dĂ» sĂ»rement se passer quelque-chose aujourd’hui, car il me paraissait bien absent.

Je m’asseyais donc prĂšs de lui alors qu’il Ă©tait en train de boire son verre d’eau, tranquillement installĂ© sur le petit muret de notre gloriette qui Ă©tait situĂ©e au centre de notre jardin puis je dĂ©cidai de lui poser la question qui me brĂ»lait les lĂšvres :

« Papa, tu m’as l’air bien soucieux, il s’est passĂ© quelque-chose ? on aurait dit que tu es un peu triste ? »

Papa me répondit avec un petit sourire :

 » Pourquoi tu me poses cette question ? Je vois que tu es toujours autant curieuse CĂ©cile… »

« Mais je vois bien que tu as l’air soucieux comme si tu avais fait quelque-chose…mais je sais pas quoi…Allez dis-moi…s’il te plaĂźt…s’il te plaĂźt »

« Mais je n’ai rien fait. Enfin, si…il y a quelque-chose. Tout Ă  l’heure lorsque je conduisais, j’ai failli Ă©craser un chat mais je ne sais pas vraiment si j’ai pu l’Ă©viter ou pas. Je ne sais pas du tout. Je pense peut-ĂȘtre l’avoir Ă©vitĂ© mais maintenant je n’en suis plus si sĂ»r que ça…enfin bref, j’en sais rien du tout… »

« C’est vrai ?? Mais sur quelle route tu te trouvais ? »

« C’Ă©tait tout prĂšs de notre maison. Pas loin du tout, juste sur la route Ă  double sens qui est devant chez nous, l’avenue Madina Corniche »

« Mais alors, on devrait aller voir…Peut-ĂȘtre que le chat doit ĂȘtre toujours lĂ …et s’il est blessĂ©, on pourrait le sauver. C’Ă©tait un chat, comment ? Comme nos 3 chats ? grands comme eux ? »

« Mais enfin CĂ©cile ! ce chat, mĂȘme s’il est encore vivant, il doit ĂȘtre dĂ©jĂ  trĂšs loin. C’Ă©tait un petit chat. Enfin, je sais plus. Mais on ne va pas partir lĂ  pour aller chercher un chat. Oublie ça, surtout que Maman ne va pas tarder Ă  sortir pour qu’on aille au restaurant. Laisse tomber. Je sais que tu aimes les chats mais lĂ  je t’assure, ça sert Ă  rien du tout. Allez, laisse tomber. Je n’aurais pas dĂ» t’en parler, d’ailleurs »

Je lui répondis aussitÎt, avec un certain agacement dans la voix :

« Si ! il faut qu’on y aille ! ou alors j’irais voir sans toi mais je t’en prie, viens s’il te plaĂźt ! il faut se dĂ©pĂȘcher maintenant ! »

Je l’agrippai par le bras en le tirant fortement vers moi afin qu’il se lĂšve.

« Allez viens Papa ! »

Subitement, ne pouvant plus attendre, je me mis Ă  courir vers le portail et demandai au gardien de l’ouvrir afin que je puisse sortir.

AussitĂŽt, mon pĂšre courut derriĂšre moi et cria :

« CĂ©cile ! Mais non ! oĂč vas-tu ? Reviens… »

Avant de sortir dans la rue, je lui dis de mon air le plus triste :

« Viens, on va juste aller voir Papa puis on revient. Je veux juste savoir qu’est-ce qu’est devenu ce chat… viens, s’il te plaĂźt… »

Puis mon pĂšre me suivit et nous sortĂźmes ensemble dans la rue ; la fameuse avenue qui portait le nom de « Madina Corniche » pendant que le Gardien maintenait lĂ©gĂšrement le portail entrouvert.

L’avenue grouillait de monde et il y avait un va et vient de voitures sur la grande route Ă  double sens.
Ici, c’Ă©tait loin d’ĂȘtre le havre de paix de notre maison avec tous ces bruits assourdissants.

Soudain, j’aperçus Ă  ma droite, une femme GuinĂ©Ăšnne assez forte qui Ă©tait en train de faire griller des maĂŻs au bord de la route (comme il en existe souvent ici, en GuinĂ©e) et qui venait de donner un magistral coup de pied dans l’arriĂšre train d’un tout petit chat. Sans aucun doute un chaton.

Mais de lĂ  oĂč je me trouvais, je n’arrivais pas Ă  bien distinguer la scĂšne alors je m’Ă©criai vers mon pĂšre avec pas mal d’excitation dans la voix :

« Papa ! Papa ! Je viens de voir le chat ! Je suis sĂ»re que c’est celui que tu as failli Ă©craser ! C’est lui ! Viens ! La femme vient de lui donner un coup de pied ! Oh non ! Vite, il faut y aller ! »

Je courus trĂšs vite vers la femme GuinĂ©Ăšnne qui parut trĂšs surprise de me voir lĂ  ; sans doute qu’elle n’Ă©tait pas habituĂ©e Ă  voir une petite fille « Blanche » qui Ă©tait en train de courir pour je ne sais quelle raison, sur cette avenue…

Puis la femme comprit et se mit Ă  Ă©clater de rire en regardant le petit chat qui fuyait.
Moi, de mon cĂŽtĂ©, en un clin d’oeil, j’avais aperçu la petite boule de poil de couleur tigrĂ©e rouquine qui courait en boitillant, vers une bouche d’Ă©gout.

Je courus trĂšs rapidement vers le chaton qui avait dĂ©jĂ  engouffrĂ© sa petite tĂȘte Ă  l’intĂ©rieur de l’Ă©gout (il avait pratiquement la moitiĂ© de son corps Ă  l’intĂ©rieur) puis d’un geste trĂšs rapide, j’attrapai sa queue et la tirait de toute mes forces vers moi afin que je puisse l’extirper de cet endroit si sale et puant.

Mais ce ne fut pas Ă©vident du tout car (ce n’est pas la meilleure maniĂšre qu’il soit pour attraper un chat) le chaton Ă©tait non seulement trĂšs effrayĂ© par le bruit de cette avenue si bruyante mais aussi par le sale coup de pied qu’il venait de reçevoir.

Mais je rĂ©ussis tant bien que mal Ă  l’attraper de justesse. A prĂ©sent, je le tenais bien fermement dans mes mains afin qu’il ne puisse surtout pas s’Ă©chapper.
Il Ă©tait si frĂȘle et si apeurĂ© qu’il tremblait de tout son corps dans mes bras.
Il me ragardait de ses petits yeux verts en amande et il ne cessait de cracher. Un vrai petit rebelle !

Minouchkaya :

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Voici Minouchkaya Ă  l’Ăąge adulte. Ici, elle se trouve au Tchad avec l’un de ses chatons.

Ce chaton Ă©tait tout mignon et il ressemblait Ă©trangement Ă  la chatte de ma Maman qui s’appelait « Minith » et qui Ă©tait trĂšs gravement malade.
Il ne cessait de me mordiller le bout des doigts et il sortait les griffes car il Ă©tait trĂšs apeurĂ©. Quoi de plus normal, vu qu’il n’avait plus confiance en l’ĂȘtre humain et qu’il devait penser que je voulais sans doute, lui faire du mal.

Pourtant je ne cessai de le rassurer en lui murmurant des mots doux tout prĂšs de ses petites oreilles si pointues :

« Coucou, toi ! non, non et non, tu ne m’Ă©chapperas pas. Je te tiens trĂšs bien. Tu te rends compte que tu aurais pu t’enfuir dans cet Ă©gout si sale. Non, tu ne seras plus dans la rue. Tu es sauvĂ© maintenant ! Et on ne te fera plus de mal…Eh !! tu sais que tu ressembles beaucoup Ă  Minith ! Tu le sais mon joli chaton ? Aie ! Aie ! Mais tu oses me mordre et me griffer petit rebelle ! »

Je passai devant la femme GuinĂ©Ăšnne qui venait il n’y a pas si longtemps d’Ă©clater de rire. Elle me regarda d’un air incrĂ©dule et pointa du doigt le chaton que je tenais dans les mains puis me dit :

« Ah ! Tu as trouvĂ© le chat ! Il voulait manger mon maĂŻs alors j’ai tapĂ© lui…Mais lui, il n’a plus sa maman, je crois…Tu vas prendre lui ? »

Mon pÚre qui se trouvait tout prÚs de moi, lui répondit :

« Oui, on va garder le chat mais toi pas trĂšs gentille avec le chat… »

La femme lui répondit en riant :

« Ah ! missieu ! Oui pas gentille avec lui mais vous maintenant garder lui dans votre maison…C’est bon pour lui…Lui, trĂšs content maintenant… »

AprĂšs avoir dit au revoir Ă  cette femme que je n’aimais pas du tout, mon pĂšre et moi, nous rendĂźmes trĂšs vite chez nous, avec notre merveilleuse dĂ©couverte.
Mon petit frĂšre ne s’Ă©tait mĂȘme pas rendu compte de notre absence tellement il Ă©tait absorbĂ© par ses chĂšres fourmis !
Je vins vers lui et lui dit :

« Regarde Olivier, ce qu’on a trouvĂ© Papa et moi ! t’as vu ? C’est un petit chaton »

Olivier qui Ă©tait accroupi, se leva et regarda la petite boule de poil qui ne cessait de se contorsionner dans mes mains pour pouvoir s’enfuir.

« Wahou ! Mais vous l’avez trouvĂ© oĂč ? C’est vrai qu’il ressemble beaucoup Ă  Minith ! Il fait que cracher ! »

« C’est grĂące Ă  CĂ©cile ! » dit mon pĂšre. « Elle a tout fait pour qu’on aille retrouver le chat que je pensais avoir Ă©crasĂ© sur la route. Le chat Ă©tait toujours lĂ  mais Ă  un moment donnĂ©, il a failli s’Ă©chapper Ă  l’intĂ©rieur d’un Ă©gout. Heureusement que CĂ©cile Ă©tait lĂ  pour l’empĂȘcher d’aller plus loin sinon on ne l’aurait plus jamais retrouvĂ© ! »

 » Wahou ! C’est vrai CĂ©cile ? Va vite le faire montrer Ă  Maman maintenant…Vite, dĂ©pĂȘche toi… »

AussitĂŽt dit et aussitĂŽt fait. Je me retrouvai donc en un rien de temps Ă  l’intĂ©rieur de notre maison, faisant montrer Ă  Maman et Ă  notre domestique « Mamadou » notre jolie dĂ©couverte…
Mamadou dit en s’Ă©criant Ă  Maman :

« Madame ! Ce chat, il ressemble trop Ă  Minith ! C’est vrai, regarde Madame…Lui, trop beau comme Minith… »

Maman lui répondit :

« C’est vrai Mamadou ! Ce chaton ressemble vraiment beaucoup Ă  Minith ! Mais dis moi CĂ©cile, c’est un mĂąle ou une femelle ? Il faudrait vĂ©rifier. Tu peux me le donner, s’il te plaĂźt ? Je vais voir si c’est une fille ou un garçon »

Je tendis le chat Ă  ma mĂšre puis celle-çi commença Ă  bien l’observer. Au bout de quelques secondes, elle nous dit Ă  moi et Ă  Mamadou :

« C’est bien une femelle ! ah ! Je suis vraiment contente. En plus, elle est trĂšs belle ! Elle a la mĂȘme couleur que Minith. Son pelage est tigrĂ©. Il faudra bien la laver car elle est trĂšs sale »

Et ce fut ainsi que « notre belle dĂ©couverte » devint notre jolie « Minouchkaya ».

Elle resta auprÚs de nous durant des années et des années, voyageant à nos cÎtés, traversant les frontiÚres et toujours en nous apportant beaucoup de joie et de bonheur. Et au cours de ces années, elle nous donna également de bien jolies portées de chatons pour notre plus grand plaisir.

Cette jolie petit rouquine aux yeux verts fut un vĂ©ritable don du ciel car elle remplaça pour ainsi dire notre si douce Minith qui Ă©tait atteinte (Ă  cette Ă©poque lĂ ) d’un cancer gĂ©nĂ©ralisĂ© et qui mourut quelques temps plus tard, aprĂšs que l’on eut dĂ©couvert Minouchkaya.

Maman pleura beaucoup Minith car elle l’adorait plus que tout mais elle pressentait aussi depuis pas mal de temps qu’elle aurait eu une autre chatte qui aurait Ă©tĂ© sa rĂ©plique exacte mais en plus costaude et que sa remplaçante aurait vĂ©cue bien plus longtemps qu’elle…

Tout cela pour vous dire que ce jour lĂ  oĂč j’avais bien observĂ© mon pĂšre ; et bien, je pense que c’Ă©tait un jour bĂ©ni des Dieux car grĂące Ă  moi, je donnais Ă  ma douce Mamounette, l’opportunitĂ© et le bonheur d’avoir une seconde petite Minith…

Et qui sait ? Peut-ĂȘtre que c’Ă©tait tout simplement la rĂ©incarnation de Minith et que c’Ă©tait la providence qui nous l’apportait comme ça, afin d’apaiser la perte de notre regrettĂ©e Minith, par je ne sais quel miracle de la vie…

Un bien joli miracle et une bien jolie anecdote que je souhaitais absolument vous raconter…

Un amour de chat

Par un beau jour de semaine ; mes parents, mon frĂšre et moi Ă©tions allĂ©s au restaurant « Chez Papy »…
Et comme Ă  notre accoutumĂ©e, mon frĂšre et moi avions commandĂ© le mĂȘme menu dont nous raffolions particuliĂšrement….
Alors que nous mangions tranquillement ; le neveu de « Papy » vint nous annoncer que sa chatte venait d’avoir une portĂ©e de 6 chatons (les chatons avaient 2 semaines) et qu’il souhaitait en faire adopter quelques uns….

Les-chatons-4

Ma Maman fut trĂšs intĂ©rĂ©ssĂ©e par cette proposition et demanda au Neveu, qu’elle souhaitait juste en adopter 3, si c’Ă©tait possible…
Le Neveu lui dit que c’Ă©tait tout Ă  fait possible et qu’il suffisait juste qu’elle choisisse les coloris des pelages des 3 chatons…
En effet sur les 6 chatons ; le Neveu nous dit qu’ils y en avaient 3 qui Ă©taient particuliĂšrement beaux ; dont 1 mĂąle qui Ă©tait tout blanc, 1 autre mĂąle qui Ă©tait tout noir avec les 4 pattes blanches (comme si il avait enfilĂ© des chaussettes) et enfin une femelle qui avait une robe de couleur tigrĂ©e rouquine…
Le Neveu insista beaucoup sur le fait que ces 3 chatons Ă©taient vraiment trĂšs mignons (par rapport aux autres chatons de la portĂ©e) et que chacun avaient une trĂšs belle robe…
Il ne pouvait pas nous les faire montrer car ils Ă©taient chez lui, dans sa maison, mais il promit Ă  ma mĂšre qu’elle n’en serait vraiment pas déçue, bien au contraire….
Ma mĂšre qui aimait dĂ©jĂ  beaucoup les chats, lui fit entiĂšrement confiance…
Puis le Neveu lui dit : « Vous verrez Madame, vos enfants aimeront beaucoup ces petits chatons…ils sont si mignons…Vous pourrez par exemple les prendre demain si vous le souhaitez… »
Mon frĂšre et moi Ă©tions tous les deux tout excitĂ©s et nous regardĂąmes Maman en lui disant : « Oh oui, Maman !!! ce serait bien pour demain !!! »
Maman nous regarda Ă  son tour, en souriant et nous dit : « Mais oui pourquoi pas !!!… »
Puis Maman s’adressa Ă  nouveau au Neveu de « Papy » et lui dit : »Oui, ce serait parfait pour demain…On pourrait faire venir notre chauffeur le matin par exemple…et il viendrait ici au restaurant pour rĂ©cupĂ©rer les chatons…qu’en pensez-vous ? »
Le Neveu lui dit : »Mais biensĂ»r, pas de problĂšme…Vous ferez donc venir votre chauffeur, le matin vers 10 heures car je serais lĂ  en cuisine avec mon oncle…Je mettrai donc les 3 chatons dans un carton afin qu’ils ne s’Ă©chappent pas et je remettrai le carton Ă  votre chauffeur…VoilĂ  Madame….en tout cas je vous remercie de bien vouloir les adopter…et je suis sĂ»r qu’ils seront trĂšs heureux chez vous et que vos enfants s’occuperont bien d’eux…N’est-ce pas les enfants ? »
Le Neveu nous regarda avec un large sourire puis mon frĂšre et moi, on s’empressa de lui dire en choeur : « Oui !!! merci beaucoup Monsieur… »
« Mais de rien les enfants, c’est un plaisir pour moi… » dit-il en souriant…
Et inutile de vous dire que mon frĂšre et moi Ă©tions vraiment trĂšs impatient d’arriver dĂ©jĂ  au lendemain…

L’arrivĂ©e de la boĂźte en carton :
Momo, notre chauffeur, tapa Ă  la porte fenĂȘtre du salon et nous dit Ă  travers la baie vitrĂ©e : « Les enfants, vous pouvez dire Ă  Madame, que j’ai la boĂźte en carton avec les chats Ă  l’intĂ©rieur ?…Merci… »
Je lui rĂ©pondis avec excitation : « Oui, oui, attends je vais vite aller lui dire… »
Je courus et me prĂ©cipitai vers la chambre de mes parents car Maman s’y trouvait Ă  l’intĂ©rieur….
J’ouvris la porte de la chambre et lui dit : « Maman, Maman, ça y est, Momo vient de revenir avec les chatons !!! on va vite les voir, tu viens ? »
Maman me dit « Mais biensĂ»r, attends, je viens tout de suite…. »

Les 3 adorables chatons :
Le carton Ă©tait posĂ© Ă  mĂȘme le sol (de la vĂ©randa abritĂ©e de notre maison) et on pouvait y entendre, Ă  l’intĂ©rieur, des petits miaulements…
Maman dit Ă  mon frĂšre et Ă  moi : « Allez, les enfants…Ouvrez le carton, maintenant… »
Nous ouvrĂźmes le carton et subitement, un petit chaton tout blanc sauta dans mes bras…

Barbouille
Je m’en souviens encore comme si c’Ă©tait hier…
Ce chaton s’Ă©tait littĂ©rallement jetĂ© dans mes bras comme s’il me disait : « Je veux ĂȘtre ton chat, CĂ©cile… »
Je le soulevai et le serrai tout contre moi en disant Ă  ma mĂšre et Ă  mon petit frĂšre : « Je voudrais qu’il soit mon chat, il est trop beau…Il est tout blanc et sa queue est toute noire….Maman, Olivier…il sera mon chat, hein ? »
Mon frĂšre ne m’Ă©coutait pas du tout…et il tenait lui aussi dans ses bras, le second chaton noir et blanc dont le nez Ă©tait tout noir…

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Au bout d’un instant, mon petit frĂšre dit Ă  ma mĂšre et Ă  moi : »Maman, CĂ©cile, j’aime beaucoup ce chaton…Ses pattes sont toutes blanches comme s’ils portaient des chaussettes et en plus son nez est trĂšs spĂ©cial…Il est tout noir… »
Ma mĂšre ne fit pas attention Ă  ce que disait mon petit frĂšre car elle avait entendu un petit miaulement qui provenait de la boĂźte en carton…
Elle s’approcha de la boĂźte et se pencha en avant afin de regarder Ă  l’intĂ©rieur…
En effet, Ă  l’intĂ©rieur, se trouvait encore cachĂ©, dans un coin du carton ; le dernier chaton qui n’Ă©tait autre qu’une petite femelle toute tigrĂ©e couleur rouquine…
Cette petite derniĂšre Ă©tait la plus sage des trois chatons et elle paraissait plus intimidĂ©e que les deux autres ; si bien que lorsque ma mĂšre la prit dans ses bras, elle nous dit Ă  moi et Ă  mon frĂšre : « Les enfants, cette petite tigrĂ©e sera Ă  moi…J’aime beaucoup sa robe…elle est vraiment trĂšs belle… »
Puis ma mĂšre nous dit : « Alors toi CĂ©cile, le chaton blanc sera Ă  toi et toi, Olivier, le chat noir et blanc sera Ă  toi…Quant Ă  moi, voici ma petite tigrĂ©e toute mignonne… »
Et ce fut donc, par cette belle matinĂ©e que nous reçûmes, ma mĂšre, mon petit frĂšre et moi, de bien jolis prĂ©sents, tels que ces 3 adorables chatons…
Les jour suivant, ma mĂšre nous aida Ă  trouver des prĂ©noms Ă  nos chatons…
Elle finit d’ailleurs, par nous trouver de bien jolis prĂ©noms qui allaient parfaitement avec ces adorables petites boules de poils…

Nos 3 chats : Pussy-Cat, Mitsou et Minith :

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Et ce fut ainsi que « Pussy-Cat » (mon chat), Mitsou (le chat de mon frĂšre) et Minith (la chatte de ma Maman) furent partis de notre vie durant plusieurs annĂ©es, pour notre plus grand bonheur…

Ce jour : DeuxiĂšme partie

LES 3 TIGROS

Jessica gara sa voiture dans l’Ă©troite ruelle qui Ă©tait quasi dĂ©serte Ă  cette heure de la matinĂ©e.

Il Ă©tait 08h30 et le soleil Ă©tait dĂ©jĂ  trĂšs ardent mais fort heureusement, aujourd’hui, il y avait pas mal de vent et c’Ă©tait assez agrĂ©able par rapport Ă  hier.

Jessica avait décidé de venir beaucoup plus tÎt afin de pouvoir bien profiter de ce jour.

Pour cela elle avait tout prĂ©vu : une petite glaçiĂšre remplie de deux accumulateurs, 3 bouteilles d’eau qu’elle avait pris le soin de congeler au prĂ©alable afin que la boĂźte de sorbet au cassis qu’elle adorait tant resta bien glaçée ainsi que les quelques victuailles tels que : petits sandwichs aux concombres et tomates assaisonnĂ©s de sauce vinaigrette aux herbes.
Oui, Jessica comptait bien en profiter au maximum ; Ă©tant donnĂ© que c’Ă©tait son dernier jour de congĂ©s.

Cette nuit, durant son sommeil, elle n’avait cessĂ© de rĂȘver Ă  sa fameuse rencontre d’hier : L’inconnu et son petit chaton si adorable.

C’Ă©tait tout de mĂȘme incroyable toute cette histoire : un chaton qui s’Ă©tait Ă©garĂ© juste sur la plage oĂč elle se trouvait et dont elle avait pris l’habitude de s’y prĂ©lasser depuis dĂ©jĂ  une semaine et puis cet homme qui Ă©tait venu vers elle et qui lui avait demandĂ© de dĂźner avec lui pour la remercier d’avoir retrouvĂ© son chat.

Oui, quelle histoire !!!

De toute façon, elle avait cessĂ© de rĂȘver et ne croyait plus du tout au Prince charmant. Non, cette pĂ©riode Ă©tait belle et bien rĂ©volue et ce depuis pas mal d’annĂ©es.
Jessica restait toujours mĂ©fiante surtout en ce qui concerne les hommes. Elle prĂ©fĂ©rait garder la tĂȘte froide et elle avait bien raison.

Ne dit-on pas qu’il vaut mieux ĂȘtre seule que mal accompagnĂ©e ?
Mais cette fois-çi il y avait quelque-chose de nouveau qui semblait faire changer le point de vue de Jessica.

Un ce je ne sais quoi de diffĂ©rent et dont elle n’arrivait pas elle-mĂȘme Ă  comprendre.

Elle se sentait happĂ©e par cette Ă©motion qui la bouleversait et si c’Ă©tait un signe du destin ? ça peut exister ?? oui ? non ?
Enfin bref, de toute façon elle verrait bien la tournure des choses. Surtout ne rien laisser paraĂźtre. Rester sur ses gardes et ne plus y croire. C’est la plus sage des dĂ©cisions.

Elle n’avait qu’un seul objectif : terminer bien agrĂ©ablement ses vacances Ă  la mer et au passage adopter un petit chaton puisque cet homme le lui proposait alors pourquoi ne pas accepter l’offre ? 

Sur ces belles pensĂ©es, Jessica s’extirpa de son vĂ©hicule en prenant son grand sac de plage qui lui rappelait l’histoire du chaton qu’elle avait transportĂ© la veille Ă  l’intĂ©rieur.

Jessica aimait bien ce sac de couleur bleu ciel qui allait parfaitement avec sa tenue vestimentaire d’aujourd’hui : petit top blanc Ă  petites fleurs bleues et roses et fines bretelles croisĂ©es dans le dos avec un bermuda bleu pastel uni. Un look confortable et dĂ©contractĂ© qui lui allait Ă  rĂąvir et sans oublier ses tongues qui lui rappelaient Chenapan en train de les mordiller gentiment.
En se remémorant ce souvenir, elle se mit à sourire.

Bon, il ne fallait pas trop qu’elle traĂźne. Elle regarda sa montre : il Ă©tait exactement 09h00 et les magasins aux alentours commençaient Ă  peine Ă  ouvrir leurs portes.

Il Ă©tait encore trop tĂŽt pour faire du shopping et inutile d’emmener avec elle la petite glaçiĂšre qui l’encombrerait plus qu’autre chose. Mieux valait la laisser encore dans le coffre de la voiture.

Jessica dĂ©cida d’aller se promener le long de la plage cĂŽtĂ© promenade des Anglais car c’Ă©tait l’une des plus belles avenues de cette petite ville portuaire.

Elle marchait tranquillement en admirant les alentours puis elle aperçut un banc vide qui faisait face Ă  l’ocĂ©an alors elle dĂ©cida de s’y asseoir quelques instants.

Le vent du large lui soufflait doucement dans les cheveux et l’air sentait bon les embruns.
Il faisait dĂ©jĂ  trĂšs chaud mais c’Ă©tait tellement bien ventilĂ© que c’Ă©tait agrĂ©able.

Jessica adorait l’ocĂ©an depuis toujours. Cela lui rappelait de merveilleux souvenirs d’enfance qu’elle aimait bien se remĂ©morer en venant se balader ici.

La vue était parfaite. La mer méditerranée bleue marine si lisse comme une ardoise. La plage de sable fin doré quasi déserte mis à part quelques touristes par çi par là et des mouettes blanches qui volaient dans le ciel bleu azuré ; sans oublier le soleil à son zénith qui illuminait ce magnifique cadre.

Oui, tout était parfait sauf que ce soleil si magnifique soit-il commençait sérieusement à cogner.

Vite, il valait mieux qu’elle mette sa casquette Ă  visiĂšre pour se protĂ©ger la tĂȘte ainsi que ses jolies lunettes bleutĂ©es.

Mais Ă  peine, avait-elle glissĂ© la main Ă  l’intĂ©rieur de son sac de plage ; Jessica eut un sursaut lorsqu’elle entendit une voix l’interpeller dans son dos.

“Bonjour Jessica !!”

C’Ă©tait l’inconnu d’hier aprĂšs-midi et il se tenait lĂ  devant elle avec son Ă©ternel  large sourire. 

Cette fois-çi il portait des lunettes de soleil trÚs sombres qui lui cachaient les yeux et pas de casquette bleue marine.

Son t-shirt noir moulant Ă  manches courtes faisait apparaĂźtre un torse musclĂ© d’oĂč on pouvait lire devant : les inscriptions suivantes en caractĂšres blancs et gris : La vie est belle !!!

Il portait un bermuda long de couleur beige sable avec des tennis blanches. Un look trÚs décontracté qui lui allait plutÎt bien


Jessica pouvait sentir les effluves de son eau de toilette enivrante qui ressemblait fortement Ă  celle de Chrome Intense d’Azzaro : frais, Ă©picĂ© et boisĂ© avec une pointe de menthe glacĂ©e. Des fragrances qu’elle aimait bien


Ce qui ne faisait que rajouter un cÎté trÚs sexy à ce séduisant trentenaire.

Thierry lui serra la main puis lui demanda :

“Puis-je m’asseoir prĂšs de vous ?”

“heu… oui biensĂ»r
” rĂ©pondit Jessica.

Elle poussa son sac de plage vers elle afin de lui céder la place.

“Je vous ai vu au loin. J’Ă©tais en train de faire ma petite promenade matinale avant d’aller travailler. Vous allez bien ?”

“Oui trùs bien, merci. Je me baladai un peu dans le coin avant de venir dans votre restaurant.”

“Je pensais que vous ne viendriez pas. Je suis content que vous soyez venu comme convenu pour venir chercher votre chaton. Cela me fait vraiment plaisir de vous revoir. Sincùrement.”

“C’est trĂšs gentil Ă  vous de me donner un chaton. J’adore tellement les chats. C’est une passion que j’ai depuis toute jeune.”

“Et bien en ce qui me concerne, c’est pareil. J’aime beaucoup les chats. Ils sont tellement adorables. Comme je le vous disais hier, j’ai une chatte qui s’appelle Blanchette et qui a eu une portĂ©e de 5 chatons il y a deux mois et j’essaye de trouver des personnes qui aimeraient bien les adopter car je ne peux pas tous les garder Ă  part mon petit Chenapan dont je me suis tout de suite, pris d’affection.”

“Il est vraiment beau votre Chenapan et trĂšs espiĂšgle. Hier, il mordillait une de mes tongues puis il avait jouĂ© avec les franges de mon parĂ©o. Vous avez bien raison de le garder.”

“Oui, merci. Je l’adore mais si je ne m’y Ă©tais pas autant attachĂ©, je vous assure que je vous l’aurais bien donnĂ©.”

“Mais non ça va. Ce n’est pas grave du tout, je vous assure. Cela ne me fait rien d’en choisir un autre et puis j’aime tous les chats.”

“Ok merci. »Â 

Thierry retira ses lunettes de soleil et se passa la main dans les cheveux mais les mÚches rebelles et dorées lui retombÚrent aussitÎt sur le front.

“Vous venez souvent ici ? Vous ĂȘtes en vacances ?” demanda t-il.

“Cela fait une semaine que je viens ici car je suis effectivement en congĂ©s mais aujourd’hui c’est mon dernier jour. DĂšs Lundi je reprend le chemin du travail.”

“C’est vrai ?? et dire que j’aurais pu vous manquer si Chenapan n’Ă©tait pas allĂ© Ă  votre rencontre.”

Jessica regarda un bref instant les yeux bleus turquoises qui la fixaient puis dĂ©tourna la tĂȘte en ne sachant quoi lui rĂ©pondre.

“Excusez-moi, je ne voulais pas vous gĂȘner mais vous ĂȘtes si belle et je ne peux pas repousser mes sentiments. Je n’ai pas cessĂ© de penser Ă  vous hier soir, Ă  notre rencontre grĂące Ă  Chenapan. Rien n’Ă©tait prĂ©mĂ©ditĂ©. Je me disais mĂȘme que vous ne reviendriez plus jamais et cela me tourmentait. Je suis sĂ©rieux
”

“Mais on se connaüt à peine. Vous ne me connaissez pas
”

“Je ne vous connais pas. C’est vrai. Mais je vous vois telle que vous ĂȘtes et vous me plaisez beaucoup et peu importe tout le reste. Je suis cĂ©libataire depuis 6 mois et je recherche la femme de ma vie. Pas un simple flirt sans lendemain. J’ai essuyĂ© pas mal d’Ă©checs Ă  ce sujet. Je ne me jette pas sur n’importe qui comme ça tous les jours. Je ne suis pas un cavaleur mĂȘme si vous avez l’air de penser le contraire. Et encore une fois, je ne pense pas me tromper sur vous.”

Jessica ne savait plus trop oĂč elle en Ă©tait ; subitement tout allait trop vite et elle ne savait quoi lui rĂ©pondre Ă  ce moment lĂ  puis enfin, prenant son courage Ă  deux mains elle lui dit :

“Vous semblez sincĂšre mais je prĂ©fĂšre prendre mon temps. J’espĂšre ne pas vous froisser.”

“Mais bien au contraire. Je suis d’une nature patiente et d’instinct je sais si je peux me fier Ă  telle ou telle personne. Mais je vous comprends tout Ă  fait. Je ne suis qu’un Ă©tranger. Nous apprendrons Ă  nous connaĂźtre au fur et Ă  mesure. Mais en attendant, que diriez vous de choisir votre chaton ? Mon restaurant est Ă  deux pĂątĂ©s de maisons d’ici. Allons y si vous le voulez bien. Qu’en pensez-vous ?”

“Oui avec plaisir. Je veux bien.”

Ouf ! Jessica fut soulagée. Sauvée par le gong ; elle choisirait le chat puis disparaßtrait au plus vite.

Tous deux marchaient tranquillement, cÎte à cÎte parmi la foule qui commençait à envahir les petites rues qui menaient à la plage.

“VoilĂ , nous y sommes. Voici le restaurant dont je vous parlais. Je gĂšre le resto depuis dĂ©jĂ  4 ans. C’est un patrimoine familial que mes parents tenaient durant 30 ans. A prĂ©sent ils sont des retraitĂ©s et c’est moi qui en suis le principal propriĂ©taire. C’est beaucoup de travail mais je suis fier de cette succession familiale.”

Thierry entraĂźna Jessica Ă  l’intĂ©rieur de la grande salle climatisĂ©e du restaurant comportant une grande et large baie vitrĂ©e qui donnait sur une vue panoramique du bord de mer. Vraiment splendide !

Les couverts étaient déjà disposés sur chacune des tables rondes habillées de nappes blanches et agrémentées de petits vases de fleurs de bougainvilliers rose fushia.

La salle Ă©tait dĂ©corĂ©e avec beaucoup de goĂ»t et on pouvait entendre les premiĂšres notes musicales de “Song of Ocarina” provenant des 4 hauts-parleurs fixĂ©s Ă  des supports murales tout autour de la piĂšce.

Cette musique était vraiment belle et était parfaitement adaptée au cadre du restaurant. Décidément cet homme avait tout pour plaire.

« Vous aimez cette musique Jessica ?

« Oui beaucoup, j’ai d’ailleurs son album. C’est bien de DiĂ©go Mondena, n’est ce pas ?”

“Oui, en effet. Je vois que nous avons pas mal de points communs.”

Jessica esquissa un petit sourire. Oui il n’avait pas tort.

Des effluves d’oignons frits commencĂšrent Ă  s’Ă©chapper de la cuisine. Ca sentait trĂšs bon.

“C’est mon meilleur ami et associĂ© qui est dĂ©jĂ  aux fourneaux. C’est vrai qu’il est dĂ©jĂ  11h00. Comme le temps passe vite. Il est en train de prĂ©parer les crabes farcis ; la spĂ©cialitĂ© de la maison. Venez, je vais vous le prĂ©senter.”

Jessica suivit Thierry dans un Ă©troit corridor qui menait Ă  la cuisine.

“Et voici Vincent, le Chef cuisinier de notre Ă©tablissement. Vincent, je te prĂ©sente Jessica. La personne dont je t’ai parlĂ© hier.”

“Bonjour Mademoiselle. C’est un plaisir de vous connaĂźtre. C’est vous qui avait retrouvĂ© Chenapan ! encore merci. Je suis en train de cuisiner des crabes farcis, comme vous pouvez le voir.”

“Oui et je trouve que ça sent trùs bon.”

“Merci à vous.”

Vincent portait une toque et un tablier blanc nouĂ© Ă  la taille, maculĂ© d’Ă©claboussures de sauce tomate. Il avait de l’embonpoint au niveau du ventre et ses yeux Ă©taient noirs comme des olives.

Son visage écarlate, sans doute dû à la chaleur des cuissons des différents mets qui mijotaient doucement dans plusieurs grandes et hautes casseroles, affichait néanmoins un large sourire bien sympathique.

On pouvait ressentir qu’il aimait bien faire la cuisine et que c’Ă©tait un bon vivant.

Il est vrai que toutes ces odeurs culinaires ne pouvaient que vous mettre en appĂ©tit et Ă  n’en pas douter le fameux crabe farci, spĂ©cialitĂ© de la maison devait ĂȘtre une pure merveille des papilles.

“On va te laisser mon cher Vincent. Je vais dans la vĂ©randa avec Jessica pour lui faire montrer les chatons.”

“OK, je retourne aux fourneaux. Au-revoir Jessica et Ă  bientĂŽt, j’espĂšre !!! Ce fut un plaisir de vous rencontrer. Je vous souhaite une belle journĂ©e.”

“Merci beaucoup !! Pour moi aussi ce fut un plaisir. Au-revoir et bonne continuation !”

Jessica et Thierry quittĂšrent la cuisine et se retrouvĂšrent Ă  l’intĂ©rieur de la jolie vĂ©randa vitrĂ©e qui donnait Ă©galement vue sur la mer.

“Venez Jessica, je vais enfin pouvoir vous faire montrer nos adorables chatons. Ils sont là, dans cette caisse.”

Soudain elle sentit une petite morsure trĂšs lĂ©gĂšre Ă  la cheville et elle ne put s’empĂȘcher de sursauter.

C’Ă©tait Chenapan, toujours autant espiĂšgle celui-lĂ  !

“HĂ© !!” s’Ă©cria Jessica. « Tu veux jouer avec moi ? »

Thierry Ă©clata de rire.

“Je crois bien qu’il en a aprĂšs vos pieds !! C’est un petit joueur ce Chenapan !! Mais dis donc toi, tu vas arrĂȘter d’embĂȘter Jessica !”

Jessica sourit. Décidément ce Chenapan portait bien son nom !
Elle se rapprocha de la caisse et vit les 4 autres chatons qui jouaient ensemble. Qu’ils Ă©taient beaux ! Mais son regard fut attirĂ© par l’un d’entre eux qui Ă©tait tout blanc avec des yeux gris-bleus comme Chenapan.
Jessica prit le chaton dans ses bras et commença Ă  lui caresser la tĂȘte.

“Je vois que vous avez fait votre choix. C’est un mĂąle comme Chenapan. Les 3 autres sont des femelles.”

Jessica souriait. En effet elle venait de faire son choix.

“Je l’adore dĂ©jĂ . J’aime sa couleur toute blanche et il a vraiment de magnifiques yeux !”

“Oui vous avez raison. Et celui-lĂ  est trĂšs doux, il n’est pas comme Chenapan.

Il est disons plus calme et trùs calin. Je pense en effet que vous avez fait un excellent choix.”

Jessica ne cessait de caressait le petit ventre tout chaud du chaton qui fermait les yeux et ronronnait bruyamment.

“Je ne sais comment vous remercier. Il est vraiment trĂšs beau et j’en rĂȘvai dĂ©jĂ  depuis longtemps d’en adopter un. C’est vraiment trĂšs gentil de votre part.”

“Mais de rien Jessica !! C’est un rĂ©Ăšl plaisir !!!”

Et voilĂ  que les yeux bleus turquoise recommençaient Ă  nouveau Ă  la regarder avec insistance ; ce qui avait tendance Ă  la rendre nerveuse, si bien qu’elle se cramponnait Ă  ce chaton pour se donner une certaine contenance.

“Et bien je pense que je vais vous laisser Ă  prĂ©sent. Je vais devoir rentrer et ce sera mieux pour le chaton afin qu’il puisse s’acclimater Ă  son nouvel environnement”

“DĂ©jĂ  !” s’exclama aussitĂŽt Thierry.

Il se rapprocha davantage d’elle.

“Vous voulez dĂ©jĂ  vous enfuir et me laisser. Vous me plaisez tellement. Je vous en prie, ne partez pas encore. J’aimerai vous inviter Ă  dĂ©jeuner pour ce midi. Je demanderai Ă  ma soeur de me remplacer. Je vous emmĂšnerai ailleurs pour cette occasion. Je connais un petit restaurant qui fait d’excellentes moules mariniĂšre avec des frites faites maison ; que vous m’en direz des nouvelles. On peut y aller Ă  pied. Le restaurant n’est pas trĂšs loin d’ici. Vous aimez les moules ?”

“Oui j’aime bien mais je ne veux pas vous ennuyer plus
”

“Mais point du tout. Cela me ferait trĂšs plaisir au contraire. Et puis, ça ne vous engage Ă  rien. Il s’agit juste d’un dĂ©jeuner et ensuite vous jugerez de ne plus jamais me revoir si vous le souhaitez.”

Jessica se sentait toute bĂȘte. Oui aprĂšs tout il avait raison. Cela n’engageait Ă  rien. Alors pourquoi pas ? Et puis elle aimait beaucoup les moules mariniĂšres. Au diable sa glaciĂšre qui Ă©tait restĂ©e dans le coffre de sa voiture !

“Alors c’est oui ? Je suis content. Merci d’accepter. Je vais tĂ©lĂ©phoner Ă  ma soeur. Excusez-moi, je reviens dans quelques minutes. Vous pouvez redĂ©poser le chaton dans la caisse puis vous le reprendrez plus tard.”

“D’accord” rĂ©pondit Jessica.

Thierry lui sourit puis disparu Ă  l’intĂ©rieur de la grande salle du restaurant.
Jessica ne pouvait plus s’Ă©chapper et en mĂȘme temps elle n’y tenait pas tant que ça. Il Ă©tait non seulement bel homme mais il Ă©tait aussi trĂšs galant ; un vrai gentleman comme on en trouve peut et puis il lui plaisait bien.

Cette fois, elle en Ă©tait certaine, ce serait sans doute lui l’homme de sa vie.
Thierry réapparut.

“VoilĂ  c’est fait ! On peut y aller Jessica.”

“Je viens” rĂ©pondit-elle dans un demi-sourire tout en regardant le petit chaton tout blanc qu’elle venait de dĂ©poser Ă  terre et qui semblait lui miauler Ă  son intention :

“Vas y, c’est une personne formidable, n’ai pas peur !! le grand amour est devant toi. Suit le, tout simplement.”

Et ce fut en cette belle journée ensoleillée de mois de Juillet que Jessica suivit Thierry pour ne plus jamais le quitter.

Tel fut le destin de ces deux ĂȘtres qui se mariĂšrent 8 mois aprĂšs leur rencontre.
Pourquoi attendre ? puisqu’ils Ă©taient faits l’un pour l’autre et que tous deux le savaient dĂ©jĂ  depuis longtemps ; dĂšs la seconde oĂč ils s’Ă©taient rencontrĂ© Ce jour.

Ce jour unique et pas comme les autres.

Ce jour de l’amour