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Une Plume arc-en-ciel đŸŒˆ

 

Coucou ma chĂšre Plume !

Avant toute chose, je tenais à te remercier car tu as su insuffler en moi cette envie de vouloir réaliser un défi


« L’envie d’avoir envie » comme le dit si bien Johnny dans sa jolie chanson


Et si tu me lis, Ă  cet instant bien prĂ©cis, tu sauras toi de quoi je te parle mais entre nous soit dit et je pense que tu seras d’accord avec moi, faudrait-il aussi que je mette au parfum mes chers amis(es) lecteurs afin qu’il puisse comprendre de quoi il s’agit exactement


J’ai toujours aimĂ© les dĂ©fis, que ce soit dans le domaine du sport (surtout la course Ă  pied), oĂč encore d’essayer de rester le plus longtemps possible sous l’eau (dans ma baignoire, piscine oĂč l’ocĂ©an), oĂč de chanter a capella une chanson de MaĂźtre Gims (ça me dĂ©tend) oĂč mĂȘme de savoir citer comme ça les capitales du monde entier (mon petit plaisir personnel, va savoir pourquoi ?) en veillant Ă  ne pas me tromper.

Mais lĂ , il s’agit d’un dĂ©fi qui dĂ©passerait largement tout ce que je viens d’énumĂ©rer


Un défi beaucoup plus passionnant


Un dĂ©fi que j’affectionne particuliĂšrement et que pourtant je n’avais plus souhaitĂ© rĂ©aliser depuis le dĂ©cĂšs de mon cher et tendre Papounet


Un dĂ©fi que tous les amoureux de l’écriture apprĂ©cient en rĂšgle gĂ©nĂ©rale


Il s’agit bien-sĂ»r du dĂ©fi d’Ă©criture ! Et lĂ , bien-sĂ»r de ton dĂ©fi Ă  toi, ma trĂšs chĂšre Plume


Et je peux te dire qu’il m’a vraiment emportĂ©e tant j’ai Ă©tĂ© enthousiasmĂ©e par ton idĂ©e que vous pourrez chers amis lecteurs trouver ci-aprĂšs :

À prĂ©sent, si tu le veux bien ma chĂšre Plume, je t’embarque avec moi car je pense que tu dois ĂȘtre autant impatiente que je le suis


Impatiente de savoir dans quel lieu je souhaiterais t’emmener


Tu es fin prĂȘte ? Alors, c’est parti ! Nous allons maintenant droit en direction de mon pays natal ! Et me connaissant quelque peu depuis que nous nous suivons mutuellement sur WordPress en Novembre 2018, tu l’auras sans doute compris, nous partons toi et moi Ă  Madagascar.

Eh oui ! Cette grande üle qui est si chùre à mon cƓur !

Une Ăźle que l’on surnomme aussi « L’üle Rouge » en raison de sa latĂ©rite si pigmentĂ©e et dont tu pourras sous peu admirer


Et lĂ , bien Ă©videmment, comme par enchantement car nul besoin de prendre l’avion tant le voyage durerait trop longtemps : soit 11 heures de temps ! Et comme je suis d’un caractĂšre quelque peu impatient (oui, je l’avoue) alors j’ai dĂ©cidĂ© de nous tĂ©lĂ©porter toi et moi directement Ă  Antananarivo, la belle Capitale (lieu de naissance de mon frĂšre) puisque j’ai ce pouvoir entre les doigts.

Ben oui, c’est Ă  ça aussi que sert l’écriture !! Se permettre toutes sortes de choses incroyables qui n’existeraient point dans notre rĂ©alitĂ©.

Et lĂ , nous sommes donc Ă  Antananarivo et qui plus est pas dans n’importe quel endroit ! Un lieu que je voulais absolument que tu dĂ©couvres et qui n’est autre que le Palais de la Reine Ranavalona III.

Je ne sais pas si tu aimes l’histoire (pour ma part, j’adore) mais je me suis dit que cela te plairait de visiter ce chĂąteau appelĂ© « Rova ».

Un monument historique qui ne te laissera pas indifférente


Un monument qui fut hĂ©las endommagĂ© par un incendie en Novembre 1995 Ă  la maniĂšre de notre Dame de Paris (Avril 2019) mais qui depuis et bien heureusement a Ă©tĂ© petit Ă  petit reconstruit et dont tu pourras aujourd’hui apprĂ©cier sa belle architecture sous toutes les coutures.

Et tu ne m’en voudras pas, si Ă  un certain moment de notre visite, je versais ma petite larme d’émotion car oui, j’avais tout de mĂȘme 16 ans lorsque j’arpentais pour la toute premiĂšre fois les intĂ©rieurs du « Rova » en compagnie de ma famille.

Mais ne t’inquiĂšte pas, ma nostalgie sera vite dissipĂ©e en visitant ce lieu chargĂ© d’histoire avec toi


Et puis, Ă©tant ton guide touristique attitrĂ©, je ne manquerai pas de t’expliquer dans les moindres dĂ©tails Ă  l’aide de mon prĂ©cieux carnet de notes toutes les dates importantes de la trĂšs passionnante et si riche histoire de la monarchie Malgache. Ses Rois, ses Reines, Princes et Princesses


Si bien, que tu finirais toi-mĂȘme par tout savoir sur ledit sujet !

Si ! Si !

Car oui, je dois aussi t’avouer que je suis extrĂȘmement intarissable lorsque je me mets Ă  parler de mon Ăźle natale.

Une véritable bazarette !! Mais si tu aimes bavarder alors tu apprécieras


Eh bien voilà que notre visite culturelle des plus enrichissantes vient tout juste à peine de se terminer ma chùre Plume


Oui, je sais, les meilleures choses ont toujours une fin mais que dirais-tu à présent de prolonger notre voyage en allant à Mantasoa ?

Et c’est lĂ  que tu me dirais sans plus tarder avec curiositĂ© :

« Mantasoa ? C’est une ville ? »

Et je te répondrai alors avec une certaine excitation dans la voix :

« C’est un endroit magique ! Tu verras. Un lieu idyllique, un peu comme s’il Ă©tait hors du temps et qui se trouve en dehors de la ville de Tananarive »

« HĂąte d’y aller alors CĂ©cile ! »

« Oui, moi aussi ! Et lorsque nous arriverons lĂ -bas, nous sĂ©journerons durant deux jours dans un charmant hĂŽtel-restaurant qui s’appelle l’Ermitage »

« L’Ermitage ? Il porte bien son nom je trouve ! »

« Oui, comme tu dis ! C’est parce qu’il est situĂ© en pleine nature dans une tranquillitĂ© absolue tout prĂšs d’un grand lac artificiel portant aussi le nom de Mantasoa »

« Wahou ! J’ai vraiment hĂąte de dĂ©couvrir cet endroit CĂ©cile ! »

Et lĂ , en un claquement de doigt, nous voilĂ  dĂ©jĂ  toi et moi au cƓur de la forĂȘt d’eucalyptus de Mantasoa en train de nous promener tranquillement Ă  cheval tout en explorant et en respirant Ă  pleins poumons le bon air si pur et vivifiant de ce lieu incroyablement paisible.

Car oui, je ne te l’ai pas dit mais nous sommes d’excellentes cavaliĂšres Ă©mĂ©rites toi et moi et donc nul besoin de prendre des cours d’équitation au prĂ©alable


Eh oui ! C’est ça la magie de l’écriture !

Ainsi, si tu n’étais encore jamais montĂ© Ă  cheval de toute ta vie et que cela faisait parti de ta wish list (sait-on jamais), eh bien voici que ce vƓu est exaucĂ© !

Et c’est là que je rajouterai :

« Quel plaisir d’ĂȘtre ici en ta compagnie ma Plume ! »

Et toi de me répondre :

« Et moi donc Cécile ! Tu avais raison. Cet endroit est vraiment hors du temps ! »

Puis, pour terminer notre jolie balade, histoire de se sentir encore plus apaisĂ©es, montons Ă  bord de cette barque motorisĂ©e conduite par un guide Malgache connaissant comme sa poche le lac Mantasoa et laissons nous voguer et bercer par le doux clapotis des vagues tout en admirant les rares et belles demeures en bois qui bordent cet immense lac de rĂȘve


De quoi nous requinquer à bloc !! N’est-ce pas ?

Et je suis certaine Ă©tant donnĂ© que tu aimes la photographie que tu ne manqueras pas d’immortaliser notre pĂ©riple par de sublimes clichĂ©s !

Puis le lendemain, aprĂšs une bonne nuit de sommeil, il serait important d’aller visiter la maison du cĂ©lĂšbre architecte Jean Laborde se trouvant non loin d’ici.

Sur ce, allons-y ! Bien Ă©quipĂ©es de nos sac Ă  dos contenant victuailles et gourdes d’eau car il faudra tout de mĂȘme parcourir quelques bons kilomĂštres Ă  pied Ă  travers le village de Mantasoa avant de pouvoir nous retrouver enfin face Ă  la jolie demeure de Jean Laborde.

« Mais pourquoi ne pas nous tĂ©lĂ©porter directement lĂ -bas, CĂ©cile ? » me diras-tu alors peut-ĂȘtre.

Et c’est lĂ  que je te rĂ©pondrai avec un petit sourire malicieux :

« Pas cette fois-ci ma Plume mais tu verras tu aimeras cette marche Ă  pied tout comme je l’avais moi-mĂȘme apprĂ©ciĂ© Ă  l’ñge de 16 ans car je pense qu’il faut savoir aussi prendre son temps, savoir s’attarder sur la nature qui nous entoure et lĂ , ce sera vraiment le moment idĂ©al »

Et puis ce n’est tout de mĂȘme pas quelques kilomĂštres qui nous arrĂȘteront, n’est-ce pas ?

C’est que ça se mĂ©rite de visiter la maison de Jean Laborde !

Ah oui ! Et j’allais oublier de te dire l’essentiel Ă  son sujet. C’est lui qui dessina le fameux palais de la Reine Ranavalona que nous avons visitĂ© lors de notre arrivĂ©e Ă  Antananarivo. À l’origine, il Ă©tait construit en bois, ce qui explique pourquoi il pris aussi rapidement feu en 1995.

À prĂ©sent, un petit cours d’histoire s’impose afin que tu en saches davantage sur cet architecte ambitieux, loin d’ĂȘtre un homme ordinaire


Ce que tu dois savoir, c’est qu’il contribua beaucoup Ă  l’industrialisation Malgache durant le rĂšgne de la Reine Ranavalona 1Ăšre en lui fabriquant en premier lieu des fusils ainsi que des canons pour son armĂ©e Malgache.

Puis comme il devint par la suite son amant et disons-le trÚs proche de la royauté Malgache alors il eut pas mal de faveurs et privilÚges pour réaliser grand nombre de ses projets industriels


Ainsi et toujours avec l’autorisation de la Souveraine, il fit de Mantasoa en 1837, une citĂ© quasi industrielle en y construisant : ponts, routes, barrages, hauts fourneaux, fours Ă  chaux ainsi que sa propre maison en bois que nous n’allons plus tarder Ă  visiter


Ben oui ! C’est qu’il lui fallait bien un habitat sur place pour pouvoir rĂ©aliser toutes ses Ɠuvres !

Et ce n’est pas fini ! C’est lui aussi qui imagina et crĂ©a le fameux lac artificiel « Mantasoa » dont tu as pu admirer la splendeur tout Ă  l’heure


Pour te dire ! Il fit pas mal de choses pour embellir et moderniser Mantasoa et mĂȘme  son propre tombeau qu’il avait alors bĂątit lui-mĂȘme par avance et dans lequel il repose dĂ©sormais depuis la date de son dĂ©cĂšs en 1878.

VoilĂ  pour le petit cours d’histoire qui me semblait nĂ©cessaire


Nous voici Ă  prĂ©sent Ă  l’intĂ©rieur de sa grande maison en bois


Qu’en dis-tu ma Plume ? Pas mal n’est-ce pas ? Je te laisse juger par toi-mĂȘme


Je ne sais pas pour toi mais moi ça me fait toujours quelque chose lorsque je me retrouve dans un lieu qui autrefois aurait Ă©té  habitĂ© par un personnage historique


Je me souviens notamment de la maison natale de Mozart à Salzbourg et maintenant voici celle de Laborde à Mantasoa


À chaque fois, je trouve cela toujours autant fascinant et incroyable


Voilà que notre visite vient de se terminer. J’espùre qu’elle t’aura plu !

Et Maintenant, je te propose une toute autre activité qui sans aucun doute te fera plaisir si tu aimes les animaux
 Enfin, surtout si tu aimes les singes


Et plus particuliĂšrement les LĂ©muriens


Ça te dit ? Alors, allons sans plus tarder nous rendre dans la rĂ©serve privĂ©e de « Lemurs’ Park », un immense parc botanique de 5 hectares se trouvant Ă  22 Km d’Antananarivo.

Là-bas, nous aurons le privilÚge de pouvoir observer 7 espÚces de lémuriens et qui plus est en totale liberté !

L’espĂšce la plus connue Ă©tant sans nul doute le LĂ©mur Catta reconnaissable Ă  sa longue queue rayĂ©e de 14 anneaux noirs et blancs


Ne sont-ils pas mignons ?

En plus, il peut mĂȘme leur arriver parfois de chanter et de danser


Si ! Si ! Je t’assure


Tiens ! Écoute celui-lĂ  qui te chante la sĂ©rĂ©nade et l’autre lĂ -bas qui veut Ă  tout prix que tu remarques sa danse


****

C’est si beau de les voir en libertĂ© dans ce bel environnement et non dans un zoo


VoilĂ  que tu as eu la chance de pouvoir rencontrer le symbole de la faune Malgache mais tu sais, notre voyage est loin d’ĂȘtre terminĂ© ! Il te reste encore pas mal de choses Ă  dĂ©couvrir !

Alors, dis-moi, as-tu le goĂ»t de l’aventure ? Je veux dire par lĂ , aimes-tu les sensations fortes ? Un petit peu d’adrĂ©naline, il en faut parfois dans la vie
 Alors, ça te dit ?

Et si oui et que tu n’as pas trop le vertige, partons immĂ©diatement rendre visite aux cĂ©lĂšbres Tsingy de Madagascar qui se trouvent au Parc National de Bemaraha, plus prĂ©cisĂ©ment dans la province de Majunga, Ă  environ 300 Km de Tananarive.

Mais rassure-toi, pas pour y faire de l’alpinisme mais juste pour observer d’un peu plus prĂšs ces incroyables et magnifiques cathĂ©drales rocheuses que l’on appelle « Tsingy » et que tu ne pourras voir nulle part ailleurs qu’ici, Ă  Madagascar


Petit cours de géologie ?

Toutes ces grandes étendues de calcaire que tu vois là sous tes yeux ébahis sont en partie composées de fossiles et de coquillages.

Incroyable, non ? Et te rends-tu compte qu’elles datent au moins de 160 millions d’annĂ©es, lorsque l’üle de Madagascar venait alors de se sĂ©parer de la plaque africaine


Ensuite, ce fut l’eau de mer et l’eau de pluie qui firent tout le reste en les ciselant et sculptant.

VoilĂ  pourquoi elles ont aujourd’hui cet aspect si Ă©trange et particulier que tu peux toi-mĂȘme constater


Et je peux te dire que c’est vĂ©ritablement un paysage unique au monde, presque surnaturel, je dirai


D’ailleurs, les Tsingy attirent toujours autant la curiositĂ© des botanistes, gĂ©ologues et biologistes


Et on peut parfaitement comprendre pourquoi !

Regarde comme elles sont impressionnantes, fascinantes !

Mais attention ma Plume, l’heure est grave maintenant…

Bon, peut-ĂȘtre que j’exagĂšre un peu aussi  mais nous voici devant un pont de singe ressemblant fortement Ă  celui du film d’ « Indiana Jones et le temple maudit ».

Ah ! La la ! Et comme tu peux le constater, il est juste exprùs au-dessus de ce canyon à couper le souffle


Comme si ça n’était dĂ©jĂ  pas assez compliquĂ© notre parcours !

Mais la question est : Oseras-tu le traverser pour pouvoir poursuivre notre randonnée ?

Je sais, ça donne le vertige et mĂȘme le tournis mais je voulais absolument t’emmener ici car je pense que c’est un lieu qui vaut vraiment le dĂ©tour


Alors ? Auras-tu osé finalement parcourir le fameux pont suspendu ?

Et si jamais c’était le cas, alors dis-toi que tu auras l’espace d’un instant rassasiĂ© ta soif de libertĂ© en endossant le rĂŽle intrĂ©pide d’Indiana Jones l’aventurier et crois-moi, ce n’est pas si frĂ©quent dans la vie de tous les jours


AprĂšs cette visite des plus vertigineuses mais Ă©poustouflante tu en conviendras, je te demande Ă  prĂ©sent de bien vouloir fermer les yeux et de compter jusqu’à 5


Oui, ça change un peu du claquement de doigt


Ça y est ! Tu peux maintenant les rouvrir


Alors, je te présente la plus belle merveille du monde, sa trÚs gracieuse Majesté « Renala ».

Admire sa force, sa grandeur
 Ça laisse sans voix, n’est-ce pas ?

Si bien, qu’on ne peut que s’incliner devant tant de beauté 

En fait, on se doit d’ĂȘtre infiniment respectueux lorsqu’on se retrouve ici, sur la plus belle avenue du monde


Non, pas celle des Champs-Elysées mais plutÎt celle des baobabs


Des baobabs que les Malgaches appellent « Renala » et qui signifie dans leur langue locale « MĂšre de la forĂȘt » parce qu’ils dĂ©passent d’une tĂȘte leurs compagnons forestiers


Cette allĂ©e de Baobabs pluricentenaires  (plus de 800 ans) bordant cette route de terre dans la province de TulĂ©ar (lieu natal de mon grand-pĂšre maternel) est Ă©galement un site protĂ©gĂ© depuis les annĂ©es 2007 car elle reste sans nul doute le plus prĂ©cieux hĂ©ritage de toutes les forĂȘts tropicales Malgaches


Ici, on peut contempler sans se lasser, le superbe et si majestueux Adansonia Grandidieri, l’une des 6 espĂšces de baobabs endĂ©miques de Madagascar pouvant atteindre les 30 mĂštres de haut et 7 mĂštres de diamĂštre !

De quoi en rester baba devant ce trĂšs grand roi !

Et pour la petite histoire, si tu veux tout savoir, ce baobab porte le nom spĂ©cifique de « Grandidieri » pour rendre hommage au botaniste et explorateur Français Alfred Grandidier qui l’avait pour ainsi dire dĂ©couvert lors de ses recherches botaniques Ă  Madagascar.

Alors ma Plume ? Est-ce sa MajestĂ© Renala t’a laissĂ©e sans voix de par son immense grandeur ? N’est-il pas le plus bel arbre du monde ? Pour ma part, je dirai qu’il le sera toujours


Et voilà que nous approchons bientît de la fin de notre voyage


Mais avant de devoir quitter Madagascar, je voulais te réserver le meilleur pour la fin
 Une toute derniÚre surprise


PrĂȘte Ă  t’envoler avec moi dans les airs pour la dĂ©couvrir ?

Ben oui, quand je te disais que l’écriture nous permet de rĂ©aliser toutes sortes de choses incroyables, c’était pas pour rien


Et lĂ , tels deux oiseaux migrateurs, parmi les nuages blancs dans le ciel bleu azur, nous voilĂ  en train de survoler avec allĂ©gresse mon village natal « Namakia » pour nous rendre dans un lieu qui me tient particuliĂšrement Ă  cƓur : « Empassy Boeny », l’immense plage de sable fin


Une plage magnifique, dĂ©sertique, romantique, totalement inconnue des touristes sauf de certains connaisseurs ayant connu Namakia oĂč encore natifs de lĂ -bas


Une plage que je foulais alors du pied pour la toute premiùre fois à l’ñge de 16 ans


Une plage oĂč mon pĂšre tomba amoureux de ma mĂšre lorsqu’il la vit remontant cette dune de sable blond pour aller cueillir les fruits d’un arbre exotique…

Une plage oĂč tout commença, s’imprĂ©gnant alors de merveilleux souvenirs


Jusqu’aux plus beaux instants passĂ©s en famille dans les annĂ©es 93/94


La plage qui restera pour moi le plus bel endroit de Madagascar


Je suis si Ă©mue de la revoir


D’ailleurs, quelques larmes coulent dĂ©jĂ  le long de mes joues car je repense Ă  mon pĂšre


À mon pĂšre qui aurait aimĂ© ĂȘtre ici


Mais grùce à toi, à la magie de ton défi, il est bien là, tout prÚs de moi


C’est si beau que j’en perds mes mots


Heureusement, ma mémoire, elle, continue de me soutenir, de me tenir par la main pour ne pas sombrer dans un chagrin


Car elle souhaite terminer mon récit dans une belle poésie en te disant ceci :

Regarde cet océan indien


Respire ses embruns


Laisse toi aller,

Laisse ton esprit vagabonder dans le doux vent léger salé,

Un peu comme si le temps s’était arrĂȘtĂ©,

Un peu comme si tu étais soudainement  métamorphosée,

Ivre de liberté,

Contemplant ce paysage sans te lasser


SubmergĂ©e par l’émotion,

Par ce spectacle que tu souhaiterais permanent


Et lorsque viendra le soleil couchant,

Si rougeoyant,

Se fondre dans l’ocĂ©an,

Alors je saurai qu’Ă  cet instant, l’immersion de ta plume dans le bel encrier de Madagascar ressortira de mille couleurs


Des couleurs denses et intenses


Autant vibrantes que fascinantes…

Autant indĂ©lĂ©biles qu’inoubliables


Si bien, que tu deviendrais Ă  ton tour et pour toujours,

Une plume arcenciel


GrĂące Ă  Madagascar, la grande Ăźle exceptionnelle…

****

Merci encore pour ce dĂ©fi d’Ă©criture qui m’a permis de voyager dans mon passĂ© avec beaucoup de bonheur…

****

 

 

La lumiùre 🌄

                           ****
Elle pencha la tĂȘte et regarda autour d’elle. Elle ne supportait plus cette vie. Que faire si on n’a plus le goĂ»t de vivre ? Se relever les manches et continuer coĂ»te que coĂ»te ? Se mentir Ă  soi-mĂȘme ?

Sourire et mĂȘme rire devant des personnes afin de donner le change ? Se contrĂŽler et surtout ne rien laisser paraĂźtre devant qui que ce soit sinon
.eh bien sinon, tout serait dĂ©voilĂ© et mis au grand jour alors qu’elle ne voulait surtout pas que l’on sache son lourd secret.

Un secret qui la pesait depuis de nombreuses annĂ©es. Un poids aussi lourd qu’un menhir.

Un menhir qui n’en finissait pas de l’écraser et de la rĂ©duire en miettes


Mais c’était ainsi.

Cela lui rappela soudainement cette vieille chanson de Claude François « Comme d’habitude ».

Oui c’était vraiment comme ça sa vie ! Une vie faites d’habitudes et de lassitudes. Une vie pas si mal en somme si on se donne la peine de se dire qu’aprĂšs tout, la vie, c’est se donner une apparence aux normes de la sociĂ©tĂ© ; une apparence plaisante qui donnerait le change


Une sorte de leurre pour n’importe quelle personne que vous rencontreriez sur votre route


Oui, sa vie n’était qu’un amoncellement de tristesses ressemblant Ă  des feuilles mortes balayĂ©es par le vent automnal.

****

Elle regarda sa montre. Il était déjà 15H30. Comme le temps passait vite.

Ces temps çi, elle ne le voyait mĂȘme pas dĂ©filer tellement elle Ă©tait absorbĂ©e par la perpĂ©tuelle nostalgie de son passĂ©.

Elle regarda Ă  sa droite et aperçu un couple enlacĂ©s, assis sur un banc non loin d’elle qui avait l’air d’ĂȘtre incroyablement amoureux tellement ils se dĂ©voraient des yeux. Oui, c’est beau l’amour
 mais il n’est jamais parfait
.

AntinĂ©a ne croyait plus en l’amour et ce depuis pas mal d’annĂ©es. De toute façon pourquoi en rĂȘverait-elle ? Le mal qu’elle Ă©prouvait actuellement Ă©tait bien plus profond que celui du manque d’amour.

Alors, disons-le : le vaste sujet de l’amour Ă©tait loin de ses prĂ©occupations.

Par contre le mal qui la rongeait ; lui, il ne cessait de la torturer et de l’ensevelir un peu plus chaque jour sous la terre froide de cet automne.

Mais c’était sa vie et elle ne pouvait l’échanger contre une autre. Pour ce faire il aurait fallut rencontrer un bon gĂ©nie comme dans la lĂ©gende d’Aladin mais c’était tout bonnement impossible ! Et puis AntinĂ©a ne croyait guĂšre aux contes de fĂ©es.

Non, sa vie Ă©tait loin d’ĂȘtre un soleil radieux bien paisible


Et non, son soleil à elle, ressemblait plutÎt à une éclipse sans fin dont la lumiÚre serait cachée et assombrie par les idées noires de sa profonde tristesse.

Parfois, elle se remĂ©morait son passĂ© si joyeux et si vivant, sans tracas, qu’elle ne pouvait s’empĂȘcher de fondre en larmes


Elle revoyait avec beaucoup d’émotion au fin fond de son esprit, malgrĂ© l’épais brouillard de son dĂ©sarroi, l’apparition soudaine et magique d’une plage de sable blanc, d’un ciel bleu azur, parsemĂ© de petits nuages d’un blanc immaculĂ© et biensĂ»r, elle, oui ; elle, courant les cheveux au vent face Ă  son destin qui Ă©tait Ă  cette Ă©poque lĂ , remplit de belles promesses.

AntinĂ©a aimait alors figer cette image d’elle Ă  rĂ©pĂ©tition comme si elle appuyait Ă  l’infini sur la touche « repeat » de la manette de son magnĂ©toscope.

Elle aurait tellement voulu fixer ce souvenir d’elle et demander Ă  Monsieur Le GĂ©nie de la faire revenir en arriĂšre, dans le passĂ© de sa vie afin de revivre encore une derniĂšre fois cette joie de vivre de courir en riant sur cette immense plage de sable fin..

Mais le GĂ©nie ne lui exaucerait jamais ce vƓu. Il avait d’autres urgences primordiales Ă  rĂ©aliser dans son agenda surbookĂ©. Et une fois de plus, elle n’était dans les prioritĂ©s de personne et encore moins de ce cher exauceur de vƓux qui la fuyait…

****

Elle observa au loin des jeunes gens qui chahutaient en riant aux Ă©clats. Sa vie ne ressemblait en rien Ă  tous ces rires qui fusaient par delĂ  le vaste parc envahit de feuilles mortes.

Non, sa vie Ă  elle, ou plutĂŽt son semblant de vie Ă©tait sans saveur et sans couleurs


Et biensĂ»r, le rire n’y avait jamais sa place
 Mais AntinĂ©a ne s’en plaignait guĂšre. Encore une fois, une question d’habitudes


Elle dĂ©testait se plaindre. Surtout ne jamais se plaindre ! Ce serait dĂ©placĂ© de le faire. Ne surtout pas l’envisager et au contraire garder pour soi le lourd fardeau et continuer d’avancer avec cette charge, ce poids sur le dos en vous disant qu’il n’est pas si lourd que ça finalement


Et se dire que c’est ça la vie


Tout le monde ne peut pas ĂȘtre logĂ© Ă  la mĂȘme enseigne et fort heureusement d’ailleurs !

Non, ne surtout pas se plaindre et affronter cette vie qui vous pÚse malgré la forte et irrésistible envie de la quitter


Se dire que ce sera bientît la fin


La fin de ce calvaire et avoir le grand honneur de se fondre un beau jour dans la nature de notre vaste terre et y choisir sa propre rĂ©incarnation animale ou vĂ©gĂ©tale pour enfin ĂȘtre libre et heureuse !

AntinĂ©a voulait devenir un arbre mais pas n’importe lequel


Elle souhaitait devenir un grand et majestueux baobab qui était selon elle le plus bel arbre du monde végétal.

Et puis, sans oublier son imposante force si convoitée par ses congénÚres.

De plus, il ne manquait pas de vie de par sa sÚve intensément riche et si dense.

Quant à ses racines, elles formaient tout un assemblage de ramifications qui semblaient se rejoindre à l’infini


C’est pourquoi AntinĂ©a aimait autant le baobab car il reprĂ©sentait pour elle une force hors du commun qui pouvait dĂ©fier les lois physiques de la nature Ă  lui tout seul.

Oui, et sans aucun doute qu’il Ă©tait pour ainsi dire l’unique grand Roi de tous les arbres confondus.

****

En repensant Ă  sa future rĂ©incarnation, AntinĂ©a se mit subitement Ă  sourire ; chose qu’elle n’avait plus jamais fait depuis pas mal de temps dĂ©jà


C’était plutĂŽt bon signe


Tout le monde meurt bien un jour d’une maniùre ou d’une autre se dit-elle en soupirant.

Elle ne craignait pas la mort et elle serait bientĂŽt sa compagne.

Ce n’était plus qu’une question de temps et elle avait hĂąte de faire le grand voyage de sa vie
ou de sa mort ?

Elle regarda une derniĂšre fois autour d’elle. Il y avait quelques personnes qui allaient et venaient sans se soucier d’elle. Mais c’était tout aussi bien comme ça. Ne surtout rien laisser paraĂźtre de ce qu’elle avait en elle et en tĂȘte.

****

Cette envie de fuir subitement la terre en un rien de temps et d’en finir avec son mal ĂȘtre. Elle l’avait dans un coin de sa tĂȘte et se refusait toujours Ă  faire le pas…

Mais pas pour aujourd’hui, semblait-il.

Elle se ferait du bien pour une fois et elle en Ă©prouverait un immense plaisir. Ce serait disons-le, son petit pĂ©chĂ© purement Ă©goĂŻste qu’elle ne partagerait avec quiconque si ce n’est qu’avec sa propre conscience ou son ange gardien…

Soudain, elle eut un frisson qui lui parcourut l’échine lorsque le vent s’insinua Ă  l’intĂ©rieur du col de son manteau.

BientĂŽt elle serait aussi froide et insensible qu’un bloc de glace sorti d’un congĂ©lateur et elle n’aurait alors plus jamais froid


Cette sensation comme toutes les autres d’ailleurs, finiraient bien par s’en aller dĂ©finitivement et s’évanouir Ă  jamais de sa vie


Oui, elle avait hñte


Elle réajusta le col de son manteau et se mit à nouveau à sourire en regardant le ciel gris souris.

Elle aimait sa couleur plombĂ©e et si pesante comme s’il allait d’un moment Ă  l’autre, s’abattre sur elle, et sur la terre.

Cette pensĂ©e ne l’effraya aucunement et lui rappella les Bandes dessinĂ©es d’Asterix et d’ObĂ©lix dans lesquelles ils mentionnaient toujours que le ciel pouvait leur tomber sur la tĂȘte


Cela lui fit sourire Ă  nouveau…

De toute façon, AntinĂ©a ne souhaitait aucun dommage collatĂ©ral envers son prochain, bien au contraire puisqu’elle aimait les gens et la vie mĂȘme si c’était plutĂŽt difficile  à croire aujourd’hui


Et pourtant, elle voulait vraiment en finir avec la vie et quitter définitivement cette planÚte Terre.

Quant aux gens heureux, ils devaient impĂ©rativement continuer leur vie et en profiter au maximum car elle, elle n’avait pas su le faire…

Soudain, elle s’aperçut avec amertume qu’elle n’avait jamais su d’ailleurs ce qu’était rĂ©ellement le bonheur


Pourtant, elle l’avait Ă  maintes reprises touchĂ© du doigt, effleurĂ© et mĂȘme apprĂ©ciĂ©  avec beaucoup de plaisir, de joie, de douceur et de dĂ©lectation sans jamais penser une seule seconde que celui-ci lui aurait un jour Ă©tĂ© comptĂ©, limitĂ© et mĂȘme impitoyablement volĂ© puis enfin retirĂ© sans vergogne, juste pour la punir et lui faire du mal.

Non, cela, elle ne l’aurait jamais cru.

Sans doute croyait-elle que sa chance l’accompagnerait pour toujours tout au long de sa vie durant. 

Et pourtant, elle savait bien, au fond d’elle, qu’une telle chance n’existait pas vraiment ou alors seulement dans les contes de fĂ©es.

Et si jamais la chance existait vraiment, alors ce serait sans aucun doute dans un temps bien déterminé.

AntinĂ©a se dit avec une certaine rancƓur que sa chance Ă  elle avait eu l’audace de lui faire signer un contrat du bonheur Ă  durĂ©e limitĂ©e et biensĂ»r machiavĂ©liquement Ă  son insu une clause indiquait en bas de page et en lettres minuscules : « Ă  court terme ».

En fait, sa chance avait Ă©tĂ© lĂąche envers elle et l’avait bel et bien laissĂ©e sur le bas cĂŽtĂ© de la route en mettant les voiles pour s’engager Ă©videmment dans un autre contrat du bonheur bien plus allĂ©chant avec une personne qu’elle avait choisie et trouvait bien plus intĂ©ressante qu’elle.

Oui, sa chance avait été cruelle envers elle et voulait lui faire payer les frais du bonheur qui à son goût avait été trop longtemps prolongé en ce qui la concernait.

Une sorte de sanction ou de taxe pour l’anĂ©antir et la rĂ©duire au silence puis au bout d’un certain temps en fines particules de poussiĂšres.

C’était ainsi et elle ne pouvait que se taire et accepter les clauses de sa malchance qui lui collait Ă  la peau et lui promettait un avenir sombre et triste et bien entendu Ă  long terme.

DĂ©cidĂ©ment, AntinĂ©a faisait fuir toutes les chances et attiraient comme un aimant toutes les malchances et qui plus est Ă  grande vitesse tellement ils l’apprĂ©ciaient lorsqu’elle se rongeait les sangs ou encore lorsqu’elle se mettait Ă  pleurer Ă  n’en plus finir.

Sa chance ne lui serait plus jamais rendue car elle ne voulait plus d’elle…

D’ailleurs, celle çi n’avait plus daignĂ© taper Ă  sa porte pour un temps soit peu lui faire Ă  nouveau signer un contrat du bonheur.

Non, son ex chance avait tenu sa promesse de ce cĂŽtĂ©-lĂ  et n’était plus jamais retournĂ© dans sa vie.

C’était le prix Ă  payer pour son ancien bonheur


HĂ©las, il n’y avait pas que son ex chance qui voulait la fuir…

Le monde entier voulait la fuir et Ă  une vitesse folle sans qu’elle puisse rĂ©aliser qu’un vaste dĂ©sert se formait dĂ©jĂ  en grandeur nature face Ă  elle, envahissant Ă©galement au passage les cĂŽtĂ©s, sans oublier derriĂšre elle.

Le dĂ©sert la pourchassait pour la recouvrir de son sable Ă©touffant et suffoquant jusqu’au point de le rendre irrespirable et l’emmener alors vers une mort certaine.

C’était ça sa vie


Un désert ou plutÎt le néant
 Un long tunnel sans fin


****

Elle s’en souvenait encore comme si c’était hier…

Tout était arrivé si vite. Trop vite et sans crier gare.

Sa chance qui l’avait lĂąchement abandonnĂ©e sans aucune pitiĂ©. Elle l’avait laissĂ©e lĂ  toute seule sans se soucier d’elle et n’était plus jamais revenue pour lui redonner le moindre goĂ»t de vivre.

Elle ne voulait pas la sauver des griffes de la malchance.

Tout était trop tard à présent


Il n’y avait plus aucune chance a l’horizon pour AntinĂ©a


Plus de sursis, pas mĂȘme le semblant d’une esquisse de joie ou d’espoir. Rien


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Souvent, on lui disait pour une raison oĂč pour une autre : »Ne t’en fais pas AntinĂ©a. Tu finiras bien par te rattraper tĂŽt ou tard. Ce sera mieux la prochaine fois. »

Autrefois, cette phrase aurait eu un sens particulier et sĂ©curisant pour AntinĂ©a mais aujourd’hui, cela ne voulait plus rien dire pour elle.

«Ce sera mieux la prochaine fois » chuchota t-elle en regardant le ciel gris souris.

Il n’y aurait pas de prochaine fois et c’était mieux ainsi.

Depuis quelques temps dĂ©jĂ , elle adorait regarder l’immensitĂ© du ciel surtout si celui-ci Ă©tait gris.

Elle avait fini par apprĂ©cier davantage le temps Ă  la pluie. Il lui faisait le plus grand bien. Elle avait l’impression d’ĂȘtre au cƓur de celui-çi et de s’y engouffrer, s’incorporer telle une aquarelle dont le peintre aurait mĂ©langĂ© diffĂ©rentes nuances de couleurs pour obtenir la meilleure teinte possible afin de realiser sa plus belle oeuvre d’art.

AntinĂ©a se fondait dans ce ciel gris. Elle lui appartenait Ă  l’infini et mĂȘme si celui-çi se faisait de plus en plus menaçant ; elle ne voulait plus le quitter car elle apprĂ©ciait sa noirceur.

Et puis, elle aimait bien aussi cette idĂ©e de se faire happĂ©e brutalement dans la violence de son tourbillon nuageux et grisĂątre entremĂȘlĂ© de pluie froide se fracassant sur son visage


Quel plaisir immense que de se noyer dans cette tempĂȘte qui ne tarderait plus Ă  venir…

Il s’approchait dĂ©jĂ  d’elle…

Antinéa était sous son emprise et incapable de lui résister tellement elle était fascinée par sa couleur grise et noirùtre.

Cela changeait des ciels bleus et du soleil que la plupart des gens aimaient. Le soleil les rassurait contrairement Ă  la pluie. Il rĂ©chauffait leurs cƓurs au sens propre comme au sens figurĂ©. Tout le monde aimait Monsieur le soleil mais pas AntinĂ©a


Ce n’est pas qu’elle le dĂ©nigrait ; bien au contraire. Mais ces temps çi, elle ne supportait plus son rayonnement ni mĂȘme sa source de chaleur si infime soit-elle vu que nous Ă©tions au mois d’Octobre.

C’était comme ça. Elle n’aimait plus le soleil qui aveuglait littĂ©ralement son passĂ© si radieux et le rendait flou, voire perdu Ă  jamais dans son intense luminositĂ©…

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Le ciel gris menaçant la rassurait et lui donnait des ailes dans le dos. Il avait l’avantage de la faire voler tel un oiseau et de monter trùs haut pour atteindre son objectif final : Les cieux.

AntinĂ©a ne voulait plus se poser de questions car il n’y avait plus aucun choix possible pour elle aujourd’hui.

Se taire et accepter son nouvel envol pour son prochain baptĂȘme de l’air Ă©tait imminent.

Surtout, n’avoir aucun regret. Pourquoi en aurait-elle d’ailleurs ?

Elle aimait ce que sa nouvelle vie lui offrirait pour pouvoir effacer pour toujours et à jamais son lourd fardeau qui la pesait depuis de trop nombreuses années.

S’enfuir de cette terre, il n’y avait que ça de vrai.

Le paradis l’attendait mais il Ă©tait encore cachĂ© sous ces gros nuages Ă©pais et menaçants qui obscurcissaient le ciel.

Soudain, il y eu l’apparition d’un ange qui exaucerait comme par magie sa requĂȘte du bonheur, en lui remettant comme convenu la clef en or du paradis.

L’ange Ă©tait souriant et ne la jugeait point. Il lui promettait de retrouver pour l’éternitĂ© et Ă  jamais sa joie de vivre d’antan.

Il lui remit Ă©galement une paire d’ailes d’un blanc immaculĂ© qui serait indispensable pour pouvoir quitter la planĂšte terre.

Elle serait alors prĂȘte a faire enfin ses ultimes adieux Ă  ce monde qui ne voulait pas d’elle et dont elle-mĂȘme ne voulait plus


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Puis, une fois aprĂšs avoir prononcĂ© le mot fatidique et irrĂ©versible adieu, AntinĂ©a dĂ©ploierait ses grandes ailes blanches et volerait dans l’immensitĂ© de ce ciel gris opaque en traversant avec allĂ©gresse les gros nuages pour ensuite rejoindre son beau et si merveilleux paradis qui lui promettait un avenir radieux…

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Et durant son grand voyage, elle n’aurait aucune amertume et aucun regret ; tel Ă©tait le contrat qu’elle avait signĂ© avec le bel ange si souriant et si accueillant…

Elle le lui avait promis…

Elle n’avait nulle crainte de l’obscuritĂ© de la mort puisqu’elle ne tarderait pas Ă  rejoindre sa lumiĂšre.

Une lumiĂšre qui lui rĂ©chaufferait le cƓur et l’esprit pour toujours et Ă  jamais et ce pour l’éternitĂ©.

Elle avait enfin pris la plus belle des dĂ©cisions de sa vie…

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Puis, une fois ĂȘtre rentrĂ©e Ă  l’intĂ©rieur de son rĂȘve ; le fameux paradis de ses dĂ©sirs ; elle se rĂ©incarnerait en un magnifique et majestueux baobab et retrouverait enfin la vie, grĂące Ă  la sĂšve de celui çi.

Un elixir qui lui procurerait le bonheur intense et Ă  l’infini qu’elle avait eu autrefois et dont elle avait si brutalement perdu au cours de sa vie.

Un bonheur enfin retrouvĂ©, des plus parfait et sans ombrages…

Celui dont elle avait toujours voulu et rĂȘvĂ© en secret…