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Le flou total đŸ

Elle Ă©tait assise sur le sable et regardait la mer qui se trouvait juste en face d’elle. L’ocĂ©an si bleu et si calme lui rappelait des bribes de son passĂ©.

Un passĂ© qui lui paraissait pourtant ĂȘtre trĂšs proche comme si c’Ă©tait hier


Elle revoyait alors à travers les vagues bleutées, son doux visage auréolé de cheveux blonds dorés flottant au vent ainsi que ses magnifiques yeux verts qui avaient tendance à changer de nuance suivant la lumiÚre du jour


TantĂŽt ils pouvaient ĂȘtre gris/bleus, tantĂŽt verts/jaunes ou encore bleus/verts ; un peu comme la couleur de l’ocĂ©an indien qu’elle aimait tant…

Elle ne savait plus exactement…

Elle ne l’avait aperçu qu’une seule fois. Une seule et unique fois qui avait pourtant suffit Ă  lui faire battre le cƓur Ă  mille Ă  l’heure


Un instant si bref ; presque insaisissable


Elle seule, avait su arrĂȘter le temps par je ne sais quelle façon pour immortaliser ce moment et le figer Ă  tout jamais dans les recoins de sa mĂ©moire.

Un moment oĂč deux regards s’Ă©taient croisĂ©s avec une certaine Ă©ternisation d’une profondeur intense pour ensuite s’Ă©vanouir et s’Ă©vaporer dans l’air tel un nuage vaporeux finissant par totalement disparaĂźtre dans un ciel beaucoup trop bleu


Non, Mira n’arrivait pas Ă  oublier ces yeux verts qui se confondaient encore avec la profondeur de l’ocĂ©an…

Elle regardait le visage de cet homme inconnu se fondre dans l’eau tout en essayant de se remĂ©morer ce qu’il devait bien porter le jour de leur fugace rencontre


Un dĂ©tail qui la turlupinait encore et encore sans trop savoir pourquoi…

Sans doute une chemise bleue ciel Ă  manches courtes largement ouverte sur un torse nu imberbe ou plutĂŽt un t-shirt de la mĂȘme couleur faisant apparaĂźtre la musculature de ses bras bronzĂ©s.

« Mais que portait-il exactement ? » se demanda t-elle tout bas en caressant du dos de sa main le sable si chaud.

Tout s’embrouillait dans sa tĂȘte
 Elle ne savait plus


Avait-elle imaginé cette personne ? Ce doux visage ? Ces yeux verts/bleus ?

Non, elle jurerait que non… Elle Ă©tait sĂ»re et certaine de l’avoir croisĂ© sur cette plage il y quelques jours ou peut-ĂȘtre moins et qu’il lui avait mĂȘme souri.

Elle se souvenait encore de son sourire. Un sourire enjĂŽleur qu’il n’avait adressĂ© qu’Ă  elle et Ă  aucune autre


Ça, elle ne l’avait pas rĂȘvĂ©, tout de mĂȘme !

Un regard et un sourire inoubliables juste l’espace d’un instant sur cette immense plage dĂ©serte


Un regard et un sourire puis plus rien
 Le flou total


Sa tĂȘte Ă©tait lourde et elle se sentait horriblement fatiguĂ©e comme si elle avait fait un marathon alors qu’il n’en Ă©tait absolument rien


« Mira ! Mira ! Je te cherchais partout ! Enfin je te retrouve ! Tu vas bien ? » cria au loin une jeune femme.

Elle reconnaissait cette voix entre mille. C’Ă©tait son amie Lucia. Elle tourna la tĂȘte en sa direction et essaya de se relever mais eu subitement un petit vertige inopinĂ©.

InquiĂšte, son amie Lucia courut rapidement vers elle et s’empressa de lui agripper le bras pour la soutenir afin qu’elle ne tomba pas.

« Comment vas-tu ma ChĂ©rie ? Tu as l’air fatiguĂ©. Tu viens d’avoir un vertige. Il vaudrait mieux que tu rentres pour te recoucher »

« Non, ça va aller. Ne t’inquiĂšte pas. J’ai eu le tournis mais je t’assure que je vais bien. Je prĂ©fĂšre rester ici encore quelques instants. J’aime cet endroit »

« Tu en es certaine ? »

« Oui ma Lucia. Le vent du large me fait du bien »

« Soit ! Comme tu voudras. Tu sais que tu m’as fait peur hier. J’ai bien cru que je ne t’aurais plus jamais revue »

Mira se demanda Ă  quoi elle pouvait bien faire allusion.

Son vertige venant de se dissiper et se sentant nettement mieux ; elle lui posa sans plus attendre la question :

« Mais de quoi me parles tu ? »

« Tu ne t’en souviens vraiment plus ? »

« Mais non » s’agaça t-elle. « Allez, dis-moi ! Ça commence sĂ©rieusement Ă  m’inquiĂ©ter. Que s’est-il passĂ© hier ? »

« Le docteur m’avait prĂ©venu que tu perdrais momentanĂ©ment la mĂ©moire »

« Quel docteur ? Mais de quoi me parles tu encore ? » s’Ă©cria t-elle sous le coup de la panique.

« Du calme Mira ! Attends, je vais tout te raconter depuis le début »

« Je t’Ă©coute » dit-elle sous le ton de l’impatience.

« Hier aprĂšs-midi, tu faisais du kayak lĂ -bas prĂšs de la barriĂšre de corail. Subitement, ton kayak s’est retournĂ© pour je ne sais quelle raison et ensuite on ne t’a plus revue Ă  la surface de l’eau. Tu venais de t’ĂȘtre noyĂ©e »

« Quoi !!?? » s’exclama Mira.

« Si, c’est bien vrai. Et j’ai appris par la suite que ta tĂȘte avait heurtĂ© la coque de ton canoĂ« et qu’Ă  cause du choc assez violent, tu avais perdu connaiss
 »

« Quoi ! ? Mais qu’est-ce que tu me racontes lĂ  ? » coupa t-elle brutalement.

« La stricte vérité »

« Mais je ne me souviens pas de tout ça !! » s’Ă©cria t-elle, horrifiĂ©e d’apprendre une telle nouvelle Ă  son sujet.

« C’est normal que tu ne t’en souviennes pas pour l’instant. Tu as perdu partiellement la mĂ©moire Ă  cause du choc que tu as subi Ă  la tĂȘte. Bon, je peux Ă  nouveau te raconter la suite ? »

« Oui vas-y. Au point oĂč j’en suis. De toute façon, je ne me souviens de rien du tout » dĂ©plora t-elle.

« Bon, je reprends. Heureusement, un des sauveteurs avait remarquĂ© ton accident alors il est tout de suite venu te secourir. Ensuite, il t’a ramenĂ© ici et il a dĂ» te rĂ©animer car tu ne respirais plus du tout. S’il n’avait pas Ă©tĂ© lĂ , tu ne serais plus de ce monde aujourd’hui. C’Ă©tait trĂšs grave, tu sais… »

Mira n’en revenait toujours pas de ce que son amie venait de lui raconter. Elle restait encore abasourdie.

« Mais, mais
 je ne me souviens vraiment pas de tout ça
 » bredouilla t-elle toute dĂ©sorientĂ©e.

Lucia lui pressa affectueusement l’Ă©paule puis s’empressa d’ajouter :

« Le docteur m’a assurĂ© que petit Ă  petit tu finirais par retrouver ta mĂ©moire alors sois rassurĂ©e ma petite Mira. Il ne faut surtout plus que tu t’inquiĂštes pour ça »

Mira se mordit la lĂšvre infĂ©rieure. Elle ne se souvenait toujours pas de cette noyade. En revanche, elle revoyait sans cesse dans sa tĂȘte le visage de cet inconnu avec de jolis yeux verts rieurs.

« En plus, ton sauveteur Ă©tait vraiment trĂšs sexy. Un blond avec des yeux verts ; il me semble bien. Il a mĂȘme demandĂ© de tes nouvelles ce matin lorsque tu dormais. Tu en as de la chance ! Je crois que tu lui plais »

Mais alors ? se demanda soudainement Mira dans son for intĂ©rieur: Se pourrait-il que l’image de cet homme qu’elle avait dans la tĂȘte depuis son rĂ©veil, soit effectivement ce sauveteur ?

Et dire qu’elle pensait que sa mĂ©moire lui jouait des tours…

Ce regard et ce sourire étaient donc réels et non imaginaires ?

Ils lui étaient donc véritablement destinés


« Tu entends ce que je te dis Mira ? Tu as l’air ailleurs. Tu es sĂ»re que tu vas bien ? » demanda son amie quelque peu inquiĂšte.

« Désolée ma Lucia. Oui, je vais trÚs bien, rassure toi. Je suis juste un peu déconcertée et fatiguée »

« Et il y a de quoi ! Tu aurais pu mourir ! Mais n’y pense plus ! Tu es bel et bien vivante et surtout en bonne santĂ©. C’est tout ce qui compte… »

« Oui, tu as raison »

« Parfaitement ! Bon, ben… c’est pas tout mais moi, j’ai un rendez-vous ce soir avec un charmant garçon et j’ai la nette impression que c’est parti pour durer notre histoire. Est-ce que je peux te laisser ma ChĂ©rie ? car je dois me prĂ©parer pour ĂȘtre la plus belle pour aller danser »

SacrĂ©e Lucia ! Elle n’Ă©tait pas une personne Ă  se laisser abattre par quoi que ce soit ! Un vrai rayon de soleil !

« Mais biensûr que tu peux y aller ma Lucia. Moi, je vais rester encore un peu ici. Passe une bonne soirée et amuse toi bien ! »

« Tu es un amour ! J’y vais ! »

La silhouette de son amie courait dĂ©jĂ  vers le grand bĂątiment de l’hĂŽtel-restaurant « Les Rives bleues » qui se trouvait tout juste en bordure de la plage « Coco Lodge » puis finit par disparaĂźtre derriĂšre une dune de sable.

Le ciel venait de changer de nuance et le soleil commençait à plonger progressivement dans la mer.

Mira adorait les couchers de soleil et plus particuliĂšrement ceux des Ăźles.

Ils Ă©taient d’autant plus flamboyants qu’en mĂ©tropole et elle aimait les contempler.

« Bonsoir Mademoiselle. Puis-je m’asseoir ? »

Surprise par cette voix inconnue qui venait de troubler ses pensĂ©es ; Mira tourna la tĂȘte et reconnu presque immĂ©diatement ce visage ainsi que ces yeux verts


Elle resta sans voix tandis qu’il continuait :

« Avant que vous ne refusiez, je tiens Ă  me prĂ©senter. Je suis Patrick. Je ne sais pas si vous vous rappelez de moi. Je suis sauveteur et je travaille ici. C’est moi qui vous ai sauvĂ© hier aprĂšs-midi. Vous vous Ă©tiez noyĂ©e »

Mira n’en revenait toujours pas de se retrouver face Ă  l’homme qu’elle pensait avoir imaginĂ© dans son subconscient.

Il lui souriait tout en la regardant intensément de ses yeux verts.

Son cƓur se mit alors à battre plus fort.

À cet instant lĂ , elle aurait voulu le fuir mais il Ă©tait dĂ©jĂ  trop tard pour cette Ă©ventualitĂ©…

Le vent venait de se lever et les quelques mĂšches blondes et rebelles qui recouvraient le front de Patrick se mirent Ă  voleter dans tous les sens.

Il portait un bermuda noir ainsi qu’un t-shirt bleu ciel moulant laissant apparaĂźtre la virilitĂ© de son torse et de ses biceps saillants.

C’Ă©tait indĂ©niablement un trĂšs bel homme


Un peu comme dans les nombreux rĂȘves de son imagination dĂ©bordante sauf que cette fois-çi, il s’agissait de la rĂ©alitĂ© et non d’un conte de fĂ©es.

En se noyant dans cet ocĂ©an, elle avait attirĂ© ce sauveteur qui l’avait sauvĂ©e des sombres profondeurs


Ensuite, elle avait perdu la mémoire qui lui avait joué bien des tours.

Et Ă  prĂ©sent, venait d’apparaĂźtre cet homme qui se tenait assis tout prĂšs d’elle en train de lui parler de ce mĂ©morable moment oĂč il l’avait rĂ©animĂ© sur la plage.

Un moment qui selon ses dire l’avait particuliĂšrement touchĂ© vu que ce fut une grande premiĂšre pour lui.

Mira l’Ă©coutait sans dire un mot tout en lui jetant de brefs regards car elle n’osait le regarder dans les yeux.

Soudain, en observant plus attentivement ses lĂšvres remuer ; C’est alors qu’elle se souvint d’un dĂ©tail prĂ©cis oĂč plutĂŽt d’un instant qu’elle avait enfoui au fond de sa mĂ©moire et qui venait brusquement de lui revenir…

Il s’agissait d’un long baiser sans fin…

Un souffle de vie qui lui avait traversĂ© la gorge puis parcouru le corps telle une dĂ©charge Ă©lectrique refaisant ainsi battre son cƓur…

Une foudroyante dĂ©charge ; un vĂ©ritable coup de foudre ! qui l’avait alors rĂ©animĂ©e et laissait Ă  nouveau en vie sur notre planĂšte Terre…

Une renaissance grĂące Ă  un seul et unique baiser.

Patrick venait de terminer son récit et un silence se fit.

Soudain, il lui avoua que cet interminable bouche Ă  bouche lui avait fait prendre conscience qu’il venait d’ĂȘtre foudroyĂ© par l’amour et qu’il avait eu du mal Ă  se sĂ©parer des lĂšvres si douces de Mira.

Et qu’au moment oĂč elle avait enfin entrouvrit ses grands yeux gris/bleus hypnotisants ; ce fut alors pour lui comme une Ă©vidence…

À cet instant lĂ , il rĂ©alisa qu’il venait de tomber amoureux.

C’est pourquoi, il avait voulu la revoir ce soir car il Ă©tait dĂ©terminĂ© Ă  ne plus la perdre.

Oui, son souhait le plus ardent Ă©tait de faire un long chemin avec elle. Mais l’accepterait-elle ?

Il espérait que oui alors sans plus tarder, il lui posa la question qui lui brûlait tant les lÚvres.

À ce moment-lĂ , ses yeux verts s’intensifiĂšrent davantage, ne quittant plus ceux de Mira.

Rougissante, elle baissa les siens et ne lui répondit pas tout de suite.

Elle Ă©tait encore sous le coup de l’Ă©motion.

Sa mĂ©moire lui avait peut ĂȘtre jouĂ© des tours mais pas le commencement de cette belle histoire d’amour.

Un amour Ă  peine naissant et palpitant ; ici, sur cette magnifique plage de sable blanc alors qu’elle ne s’y attendait pas.

Une belle histoire qui sans nul doute resterait Ă  jamais gravĂ©e dans sa mĂ©moire et qu’elle raconterait plus tard Ă  leurs enfants en commençant par ceci :

Il Ă©tait une fois sur l’inoubliable plage de Coco Lodge, un homme et une femme


Ce jour : DeuxiĂšme partie

LES 3 TIGROS

Jessica gara sa voiture dans l’Ă©troite ruelle qui Ă©tait quasi dĂ©serte Ă  cette heure de la matinĂ©e.

Il Ă©tait 08h30 et le soleil Ă©tait dĂ©jĂ  trĂšs ardent mais fort heureusement, aujourd’hui, il y avait pas mal de vent et c’Ă©tait assez agrĂ©able par rapport Ă  hier.

Jessica avait décidé de venir beaucoup plus tÎt afin de pouvoir bien profiter de ce jour.

Pour cela elle avait tout prĂ©vu : une petite glaçiĂšre remplie de deux accumulateurs, 3 bouteilles d’eau qu’elle avait pris le soin de congeler au prĂ©alable afin que la boĂźte de sorbet au cassis qu’elle adorait tant resta bien glaçée ainsi que les quelques victuailles tels que : petits sandwichs aux concombres et tomates assaisonnĂ©s de sauce vinaigrette aux herbes.
Oui, Jessica comptait bien en profiter au maximum ; Ă©tant donnĂ© que c’Ă©tait son dernier jour de congĂ©s.

Cette nuit, durant son sommeil, elle n’avait cessĂ© de rĂȘver Ă  sa fameuse rencontre d’hier : L’inconnu et son petit chaton si adorable.

C’Ă©tait tout de mĂȘme incroyable toute cette histoire : un chaton qui s’Ă©tait Ă©garĂ© juste sur la plage oĂč elle se trouvait et dont elle avait pris l’habitude de s’y prĂ©lasser depuis dĂ©jĂ  une semaine et puis cet homme qui Ă©tait venu vers elle et qui lui avait demandĂ© de dĂźner avec lui pour la remercier d’avoir retrouvĂ© son chat.

Oui, quelle histoire !!!

De toute façon, elle avait cessĂ© de rĂȘver et ne croyait plus du tout au Prince charmant. Non, cette pĂ©riode Ă©tait belle et bien rĂ©volue et ce depuis pas mal d’annĂ©es.
Jessica restait toujours mĂ©fiante surtout en ce qui concerne les hommes. Elle prĂ©fĂ©rait garder la tĂȘte froide et elle avait bien raison.

Ne dit-on pas qu’il vaut mieux ĂȘtre seule que mal accompagnĂ©e ?
Mais cette fois-çi il y avait quelque-chose de nouveau qui semblait faire changer le point de vue de Jessica.

Un ce je ne sais quoi de diffĂ©rent et dont elle n’arrivait pas elle-mĂȘme Ă  comprendre.

Elle se sentait happĂ©e par cette Ă©motion qui la bouleversait et si c’Ă©tait un signe du destin ? ça peut exister ?? oui ? non ?
Enfin bref, de toute façon elle verrait bien la tournure des choses. Surtout ne rien laisser paraĂźtre. Rester sur ses gardes et ne plus y croire. C’est la plus sage des dĂ©cisions.

Elle n’avait qu’un seul objectif : terminer bien agrĂ©ablement ses vacances Ă  la mer et au passage adopter un petit chaton puisque cet homme le lui proposait alors pourquoi ne pas accepter l’offre ? 

Sur ces belles pensĂ©es, Jessica s’extirpa de son vĂ©hicule en prenant son grand sac de plage qui lui rappelait l’histoire du chaton qu’elle avait transportĂ© la veille Ă  l’intĂ©rieur.

Jessica aimait bien ce sac de couleur bleu ciel qui allait parfaitement avec sa tenue vestimentaire d’aujourd’hui : petit top blanc Ă  petites fleurs bleues et roses et fines bretelles croisĂ©es dans le dos avec un bermuda bleu pastel uni. Un look confortable et dĂ©contractĂ© qui lui allait Ă  rĂąvir et sans oublier ses tongues qui lui rappelaient Chenapan en train de les mordiller gentiment.
En se remémorant ce souvenir, elle se mit à sourire.

Bon, il ne fallait pas trop qu’elle traĂźne. Elle regarda sa montre : il Ă©tait exactement 09h00 et les magasins aux alentours commençaient Ă  peine Ă  ouvrir leurs portes.

Il Ă©tait encore trop tĂŽt pour faire du shopping et inutile d’emmener avec elle la petite glaçiĂšre qui l’encombrerait plus qu’autre chose. Mieux valait la laisser encore dans le coffre de la voiture.

Jessica dĂ©cida d’aller se promener le long de la plage cĂŽtĂ© promenade des Anglais car c’Ă©tait l’une des plus belles avenues de cette petite ville portuaire.

Elle marchait tranquillement en admirant les alentours puis elle aperçut un banc vide qui faisait face Ă  l’ocĂ©an alors elle dĂ©cida de s’y asseoir quelques instants.

Le vent du large lui soufflait doucement dans les cheveux et l’air sentait bon les embruns.
Il faisait dĂ©jĂ  trĂšs chaud mais c’Ă©tait tellement bien ventilĂ© que c’Ă©tait agrĂ©able.

Jessica adorait l’ocĂ©an depuis toujours. Cela lui rappelait de merveilleux souvenirs d’enfance qu’elle aimait bien se remĂ©morer en venant se balader ici.

La vue était parfaite. La mer méditerranée bleue marine si lisse comme une ardoise. La plage de sable fin doré quasi déserte mis à part quelques touristes par çi par là et des mouettes blanches qui volaient dans le ciel bleu azuré ; sans oublier le soleil à son zénith qui illuminait ce magnifique cadre.

Oui, tout était parfait sauf que ce soleil si magnifique soit-il commençait sérieusement à cogner.

Vite, il valait mieux qu’elle mette sa casquette Ă  visiĂšre pour se protĂ©ger la tĂȘte ainsi que ses jolies lunettes bleutĂ©es.

Mais Ă  peine, avait-elle glissĂ© la main Ă  l’intĂ©rieur de son sac de plage ; Jessica eut un sursaut lorsqu’elle entendit une voix l’interpeller dans son dos.

“Bonjour Jessica !!”

C’Ă©tait l’inconnu d’hier aprĂšs-midi et il se tenait lĂ  devant elle avec son Ă©ternel  large sourire. 

Cette fois-çi il portait des lunettes de soleil trÚs sombres qui lui cachaient les yeux et pas de casquette bleue marine.

Son t-shirt noir moulant Ă  manches courtes faisait apparaĂźtre un torse musclĂ© d’oĂč on pouvait lire devant : les inscriptions suivantes en caractĂšres blancs et gris : La vie est belle !!!

Il portait un bermuda long de couleur beige sable avec des tennis blanches. Un look trÚs décontracté qui lui allait plutÎt bien


Jessica pouvait sentir les effluves de son eau de toilette enivrante qui ressemblait fortement Ă  celle de Chrome Intense d’Azzaro : frais, Ă©picĂ© et boisĂ© avec une pointe de menthe glacĂ©e. Des fragrances qu’elle aimait bien


Ce qui ne faisait que rajouter un cÎté trÚs sexy à ce séduisant trentenaire.

Thierry lui serra la main puis lui demanda :

“Puis-je m’asseoir prĂšs de vous ?”

“heu… oui biensĂ»r
” rĂ©pondit Jessica.

Elle poussa son sac de plage vers elle afin de lui céder la place.

“Je vous ai vu au loin. J’Ă©tais en train de faire ma petite promenade matinale avant d’aller travailler. Vous allez bien ?”

“Oui trùs bien, merci. Je me baladai un peu dans le coin avant de venir dans votre restaurant.”

“Je pensais que vous ne viendriez pas. Je suis content que vous soyez venu comme convenu pour venir chercher votre chaton. Cela me fait vraiment plaisir de vous revoir. Sincùrement.”

“C’est trĂšs gentil Ă  vous de me donner un chaton. J’adore tellement les chats. C’est une passion que j’ai depuis toute jeune.”

“Et bien en ce qui me concerne, c’est pareil. J’aime beaucoup les chats. Ils sont tellement adorables. Comme je le vous disais hier, j’ai une chatte qui s’appelle Blanchette et qui a eu une portĂ©e de 5 chatons il y a deux mois et j’essaye de trouver des personnes qui aimeraient bien les adopter car je ne peux pas tous les garder Ă  part mon petit Chenapan dont je me suis tout de suite, pris d’affection.”

“Il est vraiment beau votre Chenapan et trĂšs espiĂšgle. Hier, il mordillait une de mes tongues puis il avait jouĂ© avec les franges de mon parĂ©o. Vous avez bien raison de le garder.”

“Oui, merci. Je l’adore mais si je ne m’y Ă©tais pas autant attachĂ©, je vous assure que je vous l’aurais bien donnĂ©.”

“Mais non ça va. Ce n’est pas grave du tout, je vous assure. Cela ne me fait rien d’en choisir un autre et puis j’aime tous les chats.”

“Ok merci. »Â 

Thierry retira ses lunettes de soleil et se passa la main dans les cheveux mais les mÚches rebelles et dorées lui retombÚrent aussitÎt sur le front.

“Vous venez souvent ici ? Vous ĂȘtes en vacances ?” demanda t-il.

“Cela fait une semaine que je viens ici car je suis effectivement en congĂ©s mais aujourd’hui c’est mon dernier jour. DĂšs Lundi je reprend le chemin du travail.”

“C’est vrai ?? et dire que j’aurais pu vous manquer si Chenapan n’Ă©tait pas allĂ© Ă  votre rencontre.”

Jessica regarda un bref instant les yeux bleus turquoises qui la fixaient puis dĂ©tourna la tĂȘte en ne sachant quoi lui rĂ©pondre.

“Excusez-moi, je ne voulais pas vous gĂȘner mais vous ĂȘtes si belle et je ne peux pas repousser mes sentiments. Je n’ai pas cessĂ© de penser Ă  vous hier soir, Ă  notre rencontre grĂące Ă  Chenapan. Rien n’Ă©tait prĂ©mĂ©ditĂ©. Je me disais mĂȘme que vous ne reviendriez plus jamais et cela me tourmentait. Je suis sĂ©rieux
”

“Mais on se connaüt à peine. Vous ne me connaissez pas
”

“Je ne vous connais pas. C’est vrai. Mais je vous vois telle que vous ĂȘtes et vous me plaisez beaucoup et peu importe tout le reste. Je suis cĂ©libataire depuis 6 mois et je recherche la femme de ma vie. Pas un simple flirt sans lendemain. J’ai essuyĂ© pas mal d’Ă©checs Ă  ce sujet. Je ne me jette pas sur n’importe qui comme ça tous les jours. Je ne suis pas un cavaleur mĂȘme si vous avez l’air de penser le contraire. Et encore une fois, je ne pense pas me tromper sur vous.”

Jessica ne savait plus trop oĂč elle en Ă©tait ; subitement tout allait trop vite et elle ne savait quoi lui rĂ©pondre Ă  ce moment lĂ  puis enfin, prenant son courage Ă  deux mains elle lui dit :

“Vous semblez sincĂšre mais je prĂ©fĂšre prendre mon temps. J’espĂšre ne pas vous froisser.”

“Mais bien au contraire. Je suis d’une nature patiente et d’instinct je sais si je peux me fier Ă  telle ou telle personne. Mais je vous comprends tout Ă  fait. Je ne suis qu’un Ă©tranger. Nous apprendrons Ă  nous connaĂźtre au fur et Ă  mesure. Mais en attendant, que diriez vous de choisir votre chaton ? Mon restaurant est Ă  deux pĂątĂ©s de maisons d’ici. Allons y si vous le voulez bien. Qu’en pensez-vous ?”

“Oui avec plaisir. Je veux bien.”

Ouf ! Jessica fut soulagée. Sauvée par le gong ; elle choisirait le chat puis disparaßtrait au plus vite.

Tous deux marchaient tranquillement, cÎte à cÎte parmi la foule qui commençait à envahir les petites rues qui menaient à la plage.

“VoilĂ , nous y sommes. Voici le restaurant dont je vous parlais. Je gĂšre le resto depuis dĂ©jĂ  4 ans. C’est un patrimoine familial que mes parents tenaient durant 30 ans. A prĂ©sent ils sont des retraitĂ©s et c’est moi qui en suis le principal propriĂ©taire. C’est beaucoup de travail mais je suis fier de cette succession familiale.”

Thierry entraĂźna Jessica Ă  l’intĂ©rieur de la grande salle climatisĂ©e du restaurant comportant une grande et large baie vitrĂ©e qui donnait sur une vue panoramique du bord de mer. Vraiment splendide !

Les couverts étaient déjà disposés sur chacune des tables rondes habillées de nappes blanches et agrémentées de petits vases de fleurs de bougainvilliers rose fushia.

La salle Ă©tait dĂ©corĂ©e avec beaucoup de goĂ»t et on pouvait entendre les premiĂšres notes musicales de “Song of Ocarina” provenant des 4 hauts-parleurs fixĂ©s Ă  des supports murales tout autour de la piĂšce.

Cette musique était vraiment belle et était parfaitement adaptée au cadre du restaurant. Décidément cet homme avait tout pour plaire.

« Vous aimez cette musique Jessica ?

« Oui beaucoup, j’ai d’ailleurs son album. C’est bien de DiĂ©go Mondena, n’est ce pas ?”

“Oui, en effet. Je vois que nous avons pas mal de points communs.”

Jessica esquissa un petit sourire. Oui il n’avait pas tort.

Des effluves d’oignons frits commencĂšrent Ă  s’Ă©chapper de la cuisine. Ca sentait trĂšs bon.

“C’est mon meilleur ami et associĂ© qui est dĂ©jĂ  aux fourneaux. C’est vrai qu’il est dĂ©jĂ  11h00. Comme le temps passe vite. Il est en train de prĂ©parer les crabes farcis ; la spĂ©cialitĂ© de la maison. Venez, je vais vous le prĂ©senter.”

Jessica suivit Thierry dans un Ă©troit corridor qui menait Ă  la cuisine.

“Et voici Vincent, le Chef cuisinier de notre Ă©tablissement. Vincent, je te prĂ©sente Jessica. La personne dont je t’ai parlĂ© hier.”

“Bonjour Mademoiselle. C’est un plaisir de vous connaĂźtre. C’est vous qui avait retrouvĂ© Chenapan ! encore merci. Je suis en train de cuisiner des crabes farcis, comme vous pouvez le voir.”

“Oui et je trouve que ça sent trùs bon.”

“Merci à vous.”

Vincent portait une toque et un tablier blanc nouĂ© Ă  la taille, maculĂ© d’Ă©claboussures de sauce tomate. Il avait de l’embonpoint au niveau du ventre et ses yeux Ă©taient noirs comme des olives.

Son visage écarlate, sans doute dû à la chaleur des cuissons des différents mets qui mijotaient doucement dans plusieurs grandes et hautes casseroles, affichait néanmoins un large sourire bien sympathique.

On pouvait ressentir qu’il aimait bien faire la cuisine et que c’Ă©tait un bon vivant.

Il est vrai que toutes ces odeurs culinaires ne pouvaient que vous mettre en appĂ©tit et Ă  n’en pas douter le fameux crabe farci, spĂ©cialitĂ© de la maison devait ĂȘtre une pure merveille des papilles.

“On va te laisser mon cher Vincent. Je vais dans la vĂ©randa avec Jessica pour lui faire montrer les chatons.”

“OK, je retourne aux fourneaux. Au-revoir Jessica et Ă  bientĂŽt, j’espĂšre !!! Ce fut un plaisir de vous rencontrer. Je vous souhaite une belle journĂ©e.”

“Merci beaucoup !! Pour moi aussi ce fut un plaisir. Au-revoir et bonne continuation !”

Jessica et Thierry quittĂšrent la cuisine et se retrouvĂšrent Ă  l’intĂ©rieur de la jolie vĂ©randa vitrĂ©e qui donnait Ă©galement vue sur la mer.

“Venez Jessica, je vais enfin pouvoir vous faire montrer nos adorables chatons. Ils sont là, dans cette caisse.”

Soudain elle sentit une petite morsure trĂšs lĂ©gĂšre Ă  la cheville et elle ne put s’empĂȘcher de sursauter.

C’Ă©tait Chenapan, toujours autant espiĂšgle celui-lĂ  !

“HĂ© !!” s’Ă©cria Jessica. « Tu veux jouer avec moi ? »

Thierry Ă©clata de rire.

“Je crois bien qu’il en a aprĂšs vos pieds !! C’est un petit joueur ce Chenapan !! Mais dis donc toi, tu vas arrĂȘter d’embĂȘter Jessica !”

Jessica sourit. Décidément ce Chenapan portait bien son nom !
Elle se rapprocha de la caisse et vit les 4 autres chatons qui jouaient ensemble. Qu’ils Ă©taient beaux ! Mais son regard fut attirĂ© par l’un d’entre eux qui Ă©tait tout blanc avec des yeux gris-bleus comme Chenapan.
Jessica prit le chaton dans ses bras et commença Ă  lui caresser la tĂȘte.

“Je vois que vous avez fait votre choix. C’est un mĂąle comme Chenapan. Les 3 autres sont des femelles.”

Jessica souriait. En effet elle venait de faire son choix.

“Je l’adore dĂ©jĂ . J’aime sa couleur toute blanche et il a vraiment de magnifiques yeux !”

“Oui vous avez raison. Et celui-lĂ  est trĂšs doux, il n’est pas comme Chenapan.

Il est disons plus calme et trùs calin. Je pense en effet que vous avez fait un excellent choix.”

Jessica ne cessait de caressait le petit ventre tout chaud du chaton qui fermait les yeux et ronronnait bruyamment.

“Je ne sais comment vous remercier. Il est vraiment trĂšs beau et j’en rĂȘvai dĂ©jĂ  depuis longtemps d’en adopter un. C’est vraiment trĂšs gentil de votre part.”

“Mais de rien Jessica !! C’est un rĂ©Ăšl plaisir !!!”

Et voilĂ  que les yeux bleus turquoise recommençaient Ă  nouveau Ă  la regarder avec insistance ; ce qui avait tendance Ă  la rendre nerveuse, si bien qu’elle se cramponnait Ă  ce chaton pour se donner une certaine contenance.

“Et bien je pense que je vais vous laisser Ă  prĂ©sent. Je vais devoir rentrer et ce sera mieux pour le chaton afin qu’il puisse s’acclimater Ă  son nouvel environnement”

“DĂ©jĂ  !” s’exclama aussitĂŽt Thierry.

Il se rapprocha davantage d’elle.

“Vous voulez dĂ©jĂ  vous enfuir et me laisser. Vous me plaisez tellement. Je vous en prie, ne partez pas encore. J’aimerai vous inviter Ă  dĂ©jeuner pour ce midi. Je demanderai Ă  ma soeur de me remplacer. Je vous emmĂšnerai ailleurs pour cette occasion. Je connais un petit restaurant qui fait d’excellentes moules mariniĂšre avec des frites faites maison ; que vous m’en direz des nouvelles. On peut y aller Ă  pied. Le restaurant n’est pas trĂšs loin d’ici. Vous aimez les moules ?”

“Oui j’aime bien mais je ne veux pas vous ennuyer plus
”

“Mais point du tout. Cela me ferait trĂšs plaisir au contraire. Et puis, ça ne vous engage Ă  rien. Il s’agit juste d’un dĂ©jeuner et ensuite vous jugerez de ne plus jamais me revoir si vous le souhaitez.”

Jessica se sentait toute bĂȘte. Oui aprĂšs tout il avait raison. Cela n’engageait Ă  rien. Alors pourquoi pas ? Et puis elle aimait beaucoup les moules mariniĂšres. Au diable sa glaciĂšre qui Ă©tait restĂ©e dans le coffre de sa voiture !

“Alors c’est oui ? Je suis content. Merci d’accepter. Je vais tĂ©lĂ©phoner Ă  ma soeur. Excusez-moi, je reviens dans quelques minutes. Vous pouvez redĂ©poser le chaton dans la caisse puis vous le reprendrez plus tard.”

“D’accord” rĂ©pondit Jessica.

Thierry lui sourit puis disparu Ă  l’intĂ©rieur de la grande salle du restaurant.
Jessica ne pouvait plus s’Ă©chapper et en mĂȘme temps elle n’y tenait pas tant que ça. Il Ă©tait non seulement bel homme mais il Ă©tait aussi trĂšs galant ; un vrai gentleman comme on en trouve peut et puis il lui plaisait bien.

Cette fois, elle en Ă©tait certaine, ce serait sans doute lui l’homme de sa vie.
Thierry réapparut.

“VoilĂ  c’est fait ! On peut y aller Jessica.”

“Je viens” rĂ©pondit-elle dans un demi-sourire tout en regardant le petit chaton tout blanc qu’elle venait de dĂ©poser Ă  terre et qui semblait lui miauler Ă  son intention :

“Vas y, c’est une personne formidable, n’ai pas peur !! le grand amour est devant toi. Suit le, tout simplement.”

Et ce fut en cette belle journée ensoleillée de mois de Juillet que Jessica suivit Thierry pour ne plus jamais le quitter.

Tel fut le destin de ces deux ĂȘtres qui se mariĂšrent 8 mois aprĂšs leur rencontre.
Pourquoi attendre ? puisqu’ils Ă©taient faits l’un pour l’autre et que tous deux le savaient dĂ©jĂ  depuis longtemps ; dĂšs la seconde oĂč ils s’Ă©taient rencontrĂ© Ce jour.

Ce jour unique et pas comme les autres.

Ce jour de l’amour


 

Ce jour : PremiĂšre partie

BLANCHEUR

Le soleil lui brĂ»lait la peau mais elle profitait de ce moment. Le ciel Ă©tait d’un bleu limpide sans nuages et ce soleil si brĂ»lant l’aveuglait littĂ©ralement si bien qu’elle n’aperçut pas le petit chaton qui courait vers elle.

Soudain, elle le vit en train de machouiller une de ses tongues. 

“HĂ© petit chenapan ! Que fais tu ? Tu vas abĂźmer ma savatte.”

Le chaton Ă©tait trop mignon. Son petit museau Ă©tait d’un blanc immaculĂ© alors que sa robe Ă©tait de couleur rouquine : vraiment trop craquant.

“Et hop je te tiens mon petit ! Tu fais quoi ici sur cette plage ? Tu t’ais perdu ou bien on t’a abandonnĂ© ? tu ne portes pas de collier ?”  

Jessica caressait le doux pelage soyeux de Snoopy. Elle avait dĂ©cidĂ© de le garder au cas oĂč il aurait Ă©tĂ© abandonnĂ© et elle avait dĂ©jĂ  choisi son petit prĂ©nom pour lui car elle l’aimait dĂ©jĂ  ce petit bout de chou.

“Tu verras, je prendrais bien soin de toi mon Snoopy et je t’aimerai Ă©normĂ©ment ».

Oui c’Ă©tait le signe du destin et pourquoi pas ? AprĂšs tout, elle en Ă©tait presque certaine que personne ne viendrait rĂ©clamer cette jolie petite boule de poil. Une rencontre des plus improbable mais pour une fois un bien joli cadeau tombĂ© du ciel.

Jessica avait un grand sac de plage presque vide alors elle dĂ©cida d’y installer Snoopy afin que celui çi ne puisse pas s’enfuir. Juste le temps de quitter cette plage, de rejoindre rapidement Ă  pied son vĂ©hicule qui Ă©tait stationnĂ© Ă  quelques pĂątĂ©s de maison et hop ! le tour Ă©tait jouĂ©.

Au dĂ©but Snoopy eut peur d’ĂȘtre Ă  l’intĂ©rieur du grand sac puis il finit par se trouver une occupation en jouant avec les franges de son parĂ©o lĂ©gĂšrement humidifiĂ© par l’eau de mer et qui Ă©tait restĂ© en boule tout Ă  fait au fond parmi toutes ses petites affaires.

Qu’est ce qu’il Ă©tait joueur ce petit Snoopy !

Jessica Ă©tait enfin Ă  l’intĂ©rieur de sa voiture et elle chantonnait de joie tellement elle Ă©tait heureuse.

Aujourd’hui Ă©tait un jour pas comme les autres. Un jour unique ! dont elle n’oublierait jamais.

Soudain quelqu’un tapa sur la vitre cĂŽtĂ© passager. C’Ă©tait un homme coiffĂ© d’une casquette bleu marine avec des yeux rieurs couleur turquoise qui criait :

“Mademoiselle ! Heureusement que je suis venu Ă  temps. Vous avez pris mon petit chaton. Je l’avais perdu ce matin. Je suis vraiment navrĂ© mais j’aimerais bien le rĂ©cupĂ©rer s’il vous plaĂźt ! »

L’homme en question avait un sourire colgate et il semblait ĂȘtre sincĂšre dans ses dires en ce qui concernait le petit snoopy.

Mince alors ! C’Ă©tait trop beau pour ĂȘtre vrai ! se dit Jessica. Elle ouvrit sa portiĂšre et se retrouva nez Ă  nez avec Monsieur qui avait perdu son chat.”

Jessica lui dit presque Ă  contre coeur :

“Sa tĂȘte est toute blanche et son corps est rouquin. C’est bien votre chat ? ”

“Oui” s’empressa de dire Thierry, tout en lui serrant la main. “C’est bien mon chaton. Je vous ai vu au loin sur la plage en train de mettre Chenapan Ă  l’intĂ©rieur de votre sac. Oui c’est son petit nom car il est trĂšs espiĂšgle. Je disais donc : j’ai couru mais ensuite il y avait trop de monde et je vous avais perdu de vue puis je vous revois ici dans cette rue. Heureusement, j’aurais pu vous manquer mais ne vous inquiĂ©tez pas, je pense que vous croyiez qu’il Ă©tait abandonnĂ© n’est-ce pas ? Vous vouliez le garder ?”

“Je suis vraiment dĂ©solĂ©e si j’avais su. Tenez, le voici” s’empressa de rĂ©pliquer Jessica.

Elle attrapa le petit animal qui n’arrĂȘtait pas de jouer avec les franges de son parĂ©o au fond de son sac.

“Voilà. Tenez le.”

Jessica tendit Chenapan Ă  son propriĂ©taire qui s’empressa de le prendre dans ses bras.

“Merci beaucoup Mademoiselle. C’est chic de votre part.”

Jessica regardait le petit chaton se blottir dans les bras de l’homme. Elle Ă©tait sans voix. Finalement, ce n’Ă©tait pas un si bon jour que ça. Jessica allait s’apprĂȘter Ă  dire au revoir Ă  l’inconnu quand celui-çi lui dit dans un grand sourire :

“J’aimerais vous inviter Ă  dĂźner ou encore prendre un verre s’il vous plaĂźt. Pour vous remercier d’avoir retrouvĂ© mon chat.”

Ses yeux bleus turquoise la dévoraient intensément avec toujours cet éternel sourire de séducteur.

“Heu
mais ce n’est pas nĂ©cessaire. Je vous assure. Et puis j’avais dĂ©cidĂ© de l’adopter comme vous savez.”

“Et je suis certain que vous auriez pris grand soin de lui” dit l’homme tout en caressant le dos de Chenapan qui lui mordillait le bout des doigts.

“J’aimerais vous inviter. Je m’appelle Thierry et vous ? ”

“C’est Jessica” dit-elle.

“Je suis propriĂ©taire de ce petit restaurant que vous voyez lĂ -bas au bord de la plage et cela me ferait vraiment plaisir de vous inviter Ă  dĂźner. Il est justement presque 19 heures.”

“Mais c’est Ă  dire que…Je n’habite pas ici et je dois rentrer. Je suis dĂ©solĂ©e. »

“Bon je n’insiste pas Jessica mais je vois que vous avez l’air d’aimer nos amis les chats. Que diriez vous si je vous offrais un de mes chatons. Il se trouve que ma chatte a eu une portĂ©e de 5 chatons il y a deux mois et cela me ferait plaisir de vous en offrir un. Vous pourriez le choisir. Les chatons se trouvent sur la vĂ©randa de mon restaurant.”

Jessica se mordit la lĂšvre infĂ©rieure. La tentation d’avoir un petit chaton ou tout simplement refuser. Pourtant elle avait tellement envie d’avoir une petite boule de poil. Que faire ? Accepter l’offre ?

“Je vous promets que je n’attend rien en retour si cela vous pose problĂšme. C’est juste que vous m’avez l’air sympathique et que vous Ă©tiez prĂȘte Ă  me prendre mon petit chenapan alors
”

L’homme souriait sans arrĂȘt et ne cessait de la regarder avec insistance. Jessica aimait bien son regard mais pas que


Il avait un corps agrĂ©able et de jolis cheveux blonds dorĂ©s dont quelques mĂšches rebelles qui lui tombaient sur le front. Mais qu’avait elle ? Non encore un sĂ©ducteur comme tant d’autres qui voulait sans aucun doute s’amuser et garder un petit souvenir de vacances sur son tableau de chasse.

Jessica dĂ©cida de refuser l’offre si tentante et fit mine d’ouvrir sa portiĂšre. Il fallait qu’elle parte.

Thierry la regardait intensément puis lui dit :

“C’est dommage. Pourtant j’Ă©tais vraiment sincĂšre, vous savez. C’est vrai aussi…je ne vais pas vous mentir, je vous trouve trĂšs belle. DĂšs que je vous ai vu…Mais sans doute que je dois vous faire peur d’ĂȘtre si pressant. Pourtant, je ne le fais pas exprĂšs. Je pense qu’on pourrait mieux se connaĂźtre. Je pourrais vous donner mon numĂ©ro de mobile. J’insiste car
”

Le visage de Jessica devint rouge pivoine.

“Vous me plaisez, c’est tout. Et je recherche une relation sĂ©rieuse et sincĂšre, pas du tout un petit flirt sans lendemain. J’ai passĂ© l’Ăąge” dit Thierry.

Il la regardait toujours autant intensément mais il ne souriait plus ; son visage était grave.

Jessica lui répondit en bafouillant :

“Heu… je ne sais que vous dire mais par contre je voudrais bien un petit chaton si
”

Thierry lui coupa les mots de la bouche en s’Ă©criant de joie :

“Mais biensĂ»r Jessica. L’offre tient toujours et cela me ferait plaisir.”

Jessica sourit timidement et dit :

“Merci. Là, je dois rentrer chez moi mais je pourrais revenir demain matin par exemple pour prendre un petit chaton.”

“Ok, pas de souci. Je vous attendrai Jessica” puis il s’approcha d’elle mais Jessica eut un mouvement de recul.

Thierry lui sourit. “Je voulais juste vous serrer la main.”

« Oui, biensĂ»r. DĂ©solĂ©e” dit Jessica avec nervositĂ©.

La main de thierry enserra la sienne avec douceur tandis que le petit chaton était juché sur son épaule droite, en train de la fixer de ses petits yeux gris bleus espiÚgles.

Jessica ne le savait sans doute pas mais Ă  cet instant lĂ  ; cette poignĂ©e de main scellerait bientĂŽt son destin Ă  celui de ce bel inconnu pour toujours, en ce fameux jour d’Ă©tĂ© tout Ă  fait ordinaire du mois de Juillet.

Finalement ce fut un jour extraordinaire que Jessica raconterait un beau jour avec fierté et émotion à ses deux futurs enfants