Un jour extraordinaire â˜„

Je me rappelle encore d’un souvenir trĂšs intense passĂ© Ă  Madagascar, dans la Capitale d’Antananarivo…

J’avais 16 ans et j’Ă©tais en classe de 3iĂšme.

Nous Ă©tions dans les annĂ©es 92 et notre professeure Principal de l’Ă©poque avait eu l’idĂ©e d’organiser une sortie d’Ă©lĂšves…

C’Ă©tait un jour de semaine et plus prĂ©cisĂ©ment un matin aux alentours de 9H30.

Un matin tout Ă  fait ordinaire mais qui allait se transformer en un jour extraordinaire…

D’ailleurs, je m’en souviens encore comme si c’Ă©tait hier….

****

Voici mon histoire :

Mes camarades et moi Ă©tions en train d’attendre l’arrivĂ©e du bus dans la vaste cour du LycĂ©e Français de Tananarive (l’ancien lycĂ©e : Le MonastĂšre).

Nous Ă©tions accompagnĂ©s de notre professeure principal de Français (Je me souviens encore de son nom de famille : elle s’appelait Mme Origlio) et nous discutions avec elle de la fameuse sortie culturelle pendant que tous les autres Ă©lĂšves du LycĂ©e avaient dĂ©jĂ  tous rejoint leurs classes d’Ă©tudes…

À cet instant lĂ , le lycĂ©e semblait dĂ©sertique et Ă©tait devenu totalement silencieux mis Ă  part nos petits bavardages entre nous et notre professeure.

Je me disais mĂȘme qu’il Ă©tait redevenu ce qu’il Ă©tait autrefois : c’est Ă  dire, un MonastĂšre. Un monastĂšre paisible oĂč le silence Ă©tait roi…

Oui, cela faisait du bien de ne plus entendre le brouhaha perpétuel de tous ces élÚves.

On aurait mĂȘme dit que le temps s’Ă©tait figĂ© comme s’il n’y avait plus personne sur cette Terre…

Je n’exagĂšre pas le moins du monde en vous disant cela et pour tout vous dire, je savourais pleinement ce moment avec un immense plaisir.

Je regardais les alentours tout en discutant avec une amie de l’Ă©poque et nous nous disions, toutes les deux, que nous avions vraiment beaucoup de chance de pouvoir faire cette sortie (escapade) alors que tous les autres Ă©lĂšves du lycĂ©e Ă©taient en train d’Ă©tudier Ă  l’intĂ©rieur de piĂšces confinĂ©es, par cette si belle matinĂ©e chaude et ensoleillĂ©e…

****

Au bout de quelques minutes, le silence de plomb fut interrompu par l’arrivĂ©e de notre bus qui venait tout juste de s’engager dans la cour du lycĂ©e.

Il roulait dans notre direction tout en faisant pas mal de bruits Ă  cause des petits graviers que ses grandes roues projetaient de part et d’autres sur son passage.

Il Ă©tait en train de contourner la vaste cour puis fini par effectuer une marche arriĂšre afin de se placer directement devant la route principale d’oĂč il venait d’arriver.

La manƓuvre terminĂ©e, le chauffeur laissa tourner son moteur puis nous fit signe de nous rapprocher afin de monter Ă  l’intĂ©rieur de son bus.

Ce que nous fĂźmes rapidement.

Une fois Ă  l’intĂ©rieur, il vĂ©rifia que nous Ă©tions tous bien installĂ©s Ă  l’arriĂšre et nous demanda si nous voulions Ă©couter un peu de musique.

Ayant eu l’approbation de notre Professeure, mes camarades et moi lui rĂ©pondĂźmes tous en chƓur que oui !

****

Petite parenthĂšse avant de continuer mon histoire :

Madame Origlio avait la rĂ©putation d’ĂȘtre une excellente professeure qui savait hisser ses Ă©lĂšves vers le haut.

Elle Ă©tait ouverte d’esprit mais trĂšs stricte lorsqu’elle enseignait son cour de français et ne supportait pas les bavardages intempestifs dans sa classe.

Mais dans certaines occasions comme celle d’aujourd’hui par exemple, elle savait ĂȘtre souple et trĂšs gĂ©nĂ©reuse.

J’adorais Ă©tudier le français avec elle et je dois bien avouer que j’Ă©tais trĂšs douĂ©e en la matiĂšre (disons que ça aide beaucoup).

D’ailleurs, Ă  maintes reprises, elle en faisait souvent la remarque lorsque j’obtenais d’excellentes notes, suite aux multiples rĂ©dactions qu’elle nous imposait et dont les diffĂ©rents sujets avaient souvent le don (fort heureusement) de toujours m’inspirer.

Et pour donner l’exemple aux autres Ă©lĂšves, elle ne pouvait s’empĂȘcher de lire Ă  haute voix le texte de ma copie (avant de me la rendre) ; ce qui avait tendance Ă  m’intimider et Ă  vouloir me cacher mille pieds sous terre.

Je me souviens aussi des fins de trimestre avec ses fameux bilans qu’elle n’oubliait jamais de nous exposer en commençant toujours et inĂ©vitablement son discours par le mien et ce bien Ă©videment devant tous mes camarades de classe (chose qui me mettait indĂ©niablement trĂšs mal Ă  l’aise) :

« CĂ©cile ! Vous ĂȘtes une fois de plus la premiĂšre de votre classe dans ma matiĂšre ! FĂ©licitations ! »

DĂšs lors oĂč elle prononçait ces paroles, mon visage devenait soudainement rouge pivoine tellement j’Ă©tais embarrassĂ©e vis Ă  vis de mes camarades (Il faut dire aussi qu’Ă  cette Ă©poque lĂ , je n’avais aucune confiance en moi).

La suite était alors prévisible


Quelques-uns d’entre eux ne manquaient pas de lui rĂ©torquer avec un certain agacement :

« Mais Madame, c’est pas notre faute si elle a toujours de l’inspiration pour vos rĂ©dactions… C’est dur de rĂ©diger un texte comme ça, surtout si on n’est pas inspirĂ©… »

Et Mme Origlio leur rĂ©pondait invariablement ceci avec une pointe d’ironie :

« C’est parce que vous ne vous donnez pas la peine de vous atteler Ă  la tĂąche. Il faut le vouloir aussi et non attendre que cela vous tombe du ciel »

Puis elle rajoutait :

« Vous savez, si CĂ©cile rĂ©ussit Ă  faire de bonnes rĂ©dactions, ce n’est pas un simple hasard. Elle travaille tout simplement. Et Ă  force, elle s’amĂ©liore davantage. Mais si vous ne travaillez pas bien votre texte, celui-ci sera alors forcĂ©ment mauvais. C’est pourquoi, je ne cesse de vous rĂ©pĂ©ter Ă  chacun de mes cours que le travail compte Ă©normĂ©ment. Tout le monde peut avoir de l’imagination. Mais ce qui reste difficile, je vous l’accorde, c’est de pouvoir rĂ©diger votre texte en le rendant comprĂ©hensible, agrĂ©able Ă  lire et si possible sans fautes d’orthographe. Tout ceci n’est pas Ă©vident mais c’est possible Ă  force de travail »

Et certains d’entre eux lui rĂ©pliquaient alors aussitĂŽt en ricanant :

« Mais Madame ! c’est impossible de faire tout ça ! et en plus sans fautes d’orthographe ? »

« Pourtant, je vous affirme que c’est tout Ă  fait possible. Pourquoi croyez-vous que je sois ici alors ? Il faut travailler davantage et vous vous amĂ©liorerez tout comme le fait CĂ©cile »

« Oh non ! Ne leur dĂźtes surtout pas ça ! » me disais-je alors dans mon for intĂ©rieur ; le nez dans la feuille de copie qu’elle venait tout juste de me rendre.

Et malheureusement, je savais qu’Ă  ces moments-lĂ , toute la classe et y compris mon amie de l’Ă©poque (qui n’en Ă©tait pas vraiment une finalement) n’apprĂ©cieraient point tous ces compliments Ă  mon Ă©gard et que forcĂ©ment, j’attiserai leurs mĂ©pris.

C’est pourquoi, j’Ă©tais le plus souvent une personne solitaire lors des diffĂ©rents cours en classe ou encore pendant les rĂ©crĂ©ations.

Je n’avais pour ainsi dire qu’une seule amie mais lĂ  encore je savais pertinemment que le mot « amie » n’Ă©tait pas vraiment appropriĂ©, qu’il fallait le mettre entre parenthĂšse, puisqu’elle n’Ă©tait pas une vĂ©ritable amie comme j’aurais voulu qu’elle le soit.

En fait, ce que j’avais compris Ă  cette Ă©poque lĂ , c’est qu’il ne fallait surtout pas que je m’entiche d’avoir une amie sincĂšre puisque c’Ă©tait du domaine de l’impossible.

Par contre, ce que je savais au fond de moi, c’Ă©tait que la solitude Ă©tait la meilleure de mes amies et alliĂ©es puisque « ELLE » ne m’avait jamais laissĂ©e tomber, trahie ou contrariĂ©e.

D’ailleurs, jusqu’au jour d’aujourd’hui, j’aime toujours autant la solitude.

Alors vous l’aurez compris ; ce qui m’importait le plus lorsque j’étais Ă©tudiante en classe de 3iĂšme, c’Ă©tait d’ĂȘtre avant tout apprĂ©ciĂ©e par ma professeure de Français : Mme Origlio et d’avoir la joie de suivre chacun de ses cours.

D’ailleurs, Ă  la fin de mon annĂ©e de 3iĂšme, ce fut grĂące Ă  elle et Ă  ses conseils avisĂ©s que j’avais dĂ©cidĂ© d’emprunter une autre voie que celle qui m’Ă©tait destinĂ©e.

En effet, n’Ă©tant pas au niveau exigĂ© par rapport aux autres matiĂšres que j’avais du mal Ă  suivre ; Mme Origlio me conseilla la filiĂšre de la formation professionnelle de BEPacc (Brevet d’Ă©tudes professionnel d’Administration, Commercial et Comptable) qui au final contribua largement Ă  mon Ă©panouissement d’Ă©tudiante.

Je ne la remercierai jamais assez de m’avoir conseillĂ©e de suivre cette formation qui fut pour moi une belle rĂ©ussite au cours de mes deux annĂ©es de BEPacc passĂ©es au LycĂ©e Français d’Antananarivo et dont j’obtenu en finalitĂ© haut la main mes deux diplĂŽmes avec beaucoup de fiertĂ©.

****

AprĂšs cette longue parenthĂšse que je me devais de vous raconter, je peux enfin reprendre le cours de mon histoire.

Ce fut donc en musique, que le bus quitta enfin la cour du lycĂ©e et commença Ă  emprunter sans plus tarder la fameuse route qui nous conduirait au centre-ville d’Antananarivo.

C’Ă©tait parti pour l’aventure !

Mes camarades et moi, concrétisions enfin notre fameuse sortie culturelle !

Le bus nous emmenait donc en direction du Centre Culturel Albert Camus et moi, j’Ă©tais dĂ©jĂ  en train de rĂȘvasser en me disant que je dĂ©couvrirai enfin et pour la toute premiĂšre fois la fameuse salle de cinĂ©ma dans laquelle mes parents avaient dĂ©jĂ  visionnĂ© pas mal de films durant les annĂ©es 77 Ă  79…

Au fur et Ă  mesure que nous nous rapprochions de notre destination ; j’Ă©tais toute excitĂ©e de joie et je savourais pleinement chaque instant de notre voyage en bus.

Quant Ă  mes camarades, eux aussi Ă©taient aux anges et trĂšs impatients d’arriver au fameux Centre Culturel.

AprĂšs une bonne quarantaine de minutes de trajet et quelques embouteillages que l’on ne pouvait hĂ©las guĂšre Ă©viter, (La Capitale de Tananarive est rĂ©putĂ©e pour ses embouteillages) nous arrivĂąmes enfin Ă  bon port.

Le bus se gara ensuite devant le grand bĂątiment du centre Culturel.

****

A peine avais-je franchi le seuil du vaste hall du Centre Culturel ; lĂ  oĂč se situait le comptoir d’accueil ; que j’en fus totalement enchantĂ©e.

La dĂ©coration des lieux Ă©tait vraiment magnifique et d’une trĂšs grande classe…

La suite des événements promettait de me réserver de bien belles surprises


Et ce fut d’ailleurs le cas lorsque nous nous retrouvĂąmes au premier Ă©tage et que je poussais enfin une haute porte battante qui menait Ă  l’immense salle de cinĂ©ma Ă  l’intĂ©rieur de laquelle nous devions, mes camarades et moi visionner le fameux film tant attendu.

« Wahou ! » m’exclamais-je tout haut en regardant tout autour de moi.

C’Ă©tait un peu comme si je me retrouvais dans une salle de cinĂ©ma en France mais avec ce petit quelque chose de diffĂ©rent, d’original que je n’avais encore jamais vu ailleurs et qui se trouvait juste lĂ , devant mes yeux Ă©bahis.

La salle était vraiment trÚs spacieuse et avait des allures de Belle époque avec son sublime habillage (sol, plafond et murs) rouge bordeaux des plus profond et si raffiné.

Quant aux Ă©lĂ©gants fauteuils de velours de la mĂȘme couleur dominante ; ils vous invitaient Ă  vous y installer bien confortablement tant leurs revĂȘtements semblaient Ă  la fois doux et moelleux.

Tout n’Ă©tait que somptuositĂ© ici et la couleur rouge bordeaux y Ă©tait pour beaucoup.

En effet, grĂące Ă  elle, la salle de cinĂ©ma semblait tout droit sortir d’un bel opĂ©ra et c’Ă©tait sans doute pour cela qu’elle en devenait exceptionnelle, ne ressemblant alors Ă  aucune autre.

Avec de tels atours, cette magnifique salle ne pouvait que vous convier Ă  y passer un agrĂ©able moment lors de la diffusion d’un film sur son grand Ă©cran.

Et moi, j’Ă©tais dĂ©jĂ  trĂšs sensible Ă  toute cette ambiance feutrĂ©e et chaleureuse.

Sans oublier l’agrĂ©able fraĂźcheur de la climatisation qui contrastait avec la chaleur Ă©crasante du dehors.

Oui, je me sentais vraiment bien ici…

J’Ă©tais littĂ©ralement tombĂ©e sous le charme de cette salle et j’avais comme l’impression de me retrouver dans un cocon de bien ĂȘtre m’enveloppant peu Ă  peu de son infinie douceur.

Je me laissais alors totalement envahir et submerger par cette sensation unique d’apaisement tout en me disant que j’avais vraiment beaucoup de chance de me retrouver ici, et qui plus est dans mon beau pays natal de Madagascar.

Et rien que d’y penser, j’Ă©tais encore plus envoĂ»tĂ©e et fascinĂ©e par ce lieu hors du temps qui me transportait dans un autre monde, un autre univers.

Un univers fantastique et magique…

****

AprĂšs avoir longuement admirĂ© la vaste salle de cinĂ©ma ; je m’asseyais enfin bien confortablement dans l’un de ces fauteuils de velours rouge.

En caressant le tissu de ma main ; je constatais qu’il Ă©tait vraiment comme je me l’Ă©tais imaginĂ© : trĂšs doux et trĂšs soyeux.

Comme j’Ă©tais bien dans ce fauteuil !

À prĂ©sent, je n’avais qu’une seule hĂąte : regarder le fameux film qui n’avait eu que des Ă©loges auprĂšs des critiques de cinĂ©ma…

Et quel rĂȘve absolu pour une cinĂ©phile telle que moi de pouvoir enfin le regarder bien tranquillement dans une salle quasi dĂ©serte.

DĂ©serte et qui plus est sans ĂȘtre ennuyĂ©e par une personne trop grande qui se trouverait comme par hasard juste devant moi ou qui aurait une de ces criniĂšres volumineuses et sauvages nuisant fatalement et gravement Ă  la vision de mon film.

Oh oui ! Quel plaisir immense que celui de ne point subir toutes ces incommoditĂ©s et d’avoir l’impression unique d’ĂȘtre seule au monde comme si le film ne serait diffusĂ© que pour moi et moi uniquement.

J’en ferais l’expĂ©rience et j’Ă©tais dĂ©jĂ  aux anges…

****

Mes camarades Ă©taient eux aussi sous le charme de cette immense salle et Ă©taient de plus en plus excitĂ©s Ă  l’idĂ©e qu’ils regarderaient dans une poignĂ©e de minutes le fameux film.

N’ayant Ă  l’Ă©poque pas de meilleure amie attitrĂ©e ; je m’Ă©tais donc installĂ©e Ă  l’Ă©cart des autres Ă©lĂšves afin d’Ă©viter d’Ă©couter leur discussions entre eux.

Ainsi, je profiterai pleinement de mon film.

Confortablement assise dans mon fauteuil, j’attendais donc que les lumiĂšres s’Ă©teignent enfin mais il semblait que le projectionniste n’Ă©tait pas encore prĂȘt pour diffuser le film.

Sans doute un retard imprévu de sa part mais qui finirait bien par se régler.

Alors pour passer le temps, je décidais de me retourner pour voir quels élÚves se trouvaient derriÚre moi.

À ma grande surprise, il n’y en avait aucun Ă  part ma Prof de Français prĂ©fĂ©rĂ©e qui Ă©tait en train de me sourire et sur le point de me dire quelque chose vu qu’elle venait de se pencher vers mon fauteuil.

Je lui souris Ă©galement et c’est alors qu’elle me dit avec enthousiasme :

« Vous ne serez pas déçue CĂ©cile !Ce film vous plaira beaucoup ! Je l’ai dĂ©jĂ  vu et connaissant votre sensibilitĂ© je suis certaine qu’il vous Ă©mouvra. Sans parler de sa bande originale qui est vraiment sublime. Je sais que vous aimez les musiques de films, n’est-ce pas ? »

« Oui, c’est vrai Madame » lui rĂ©pondis-je un peu intimidĂ©e.

« Je pense que vous l’aimerez aussi» rajouta t-elle.

À peine eut-t-elle fini de prononcer ces quelques mots que soudainement toutes les lumiĂšres de la salle de cinĂ©ma s’Ă©teignirent toutes en mĂȘme temps.

Nous Ă©tions alors dans l’obscuritĂ© la plus totale et je ne voyais plus du tout le visage de Mme Origlio qui Ă©tait en train de me chuchoter :

« Ah ! Ça y est ! Le film va enfin commencer ma chĂšre CĂ©cile ! Je vous souhaite un trĂšs bon film ! »

« Merci. À vous aussi Madame » lui chuchotais-je Ă  mon tour.

On ne voyait strictement rien dans tout ce noir.

Je me retournais alors pour faire face Ă  nouveau au grand Ă©cran et constatais qu’il venait tout juste de s’illuminer en faisant apparaĂźtre les premiĂšres images du gĂ©nĂ©rique du film.

Des images rouges et noirs reprĂ©sentant des scĂšnes historiques d’AmĂ©rindiens ainsi que de Colons sous un fond musical qui me donna d’emblĂ©e des frissons.

Une musique à couper le souffle tant sa mélodie était des plus envoûtante et fascinante.

Une musique dont je tombais irrémédiablement amoureuse.

Et lorsque le titre du film apparu : « 1492, Christophe Colomb » ; suivi de ce texte :

« Il y 500 ans, L’Espagne Ă©tait une Nation LivrĂ©e Ă  la Peur Et Ă  la Superstition Sous la Loi de la Couronne Et d’une Inquisition Qui persĂ©cutait Sans merci Tous ceux qui osaient rĂȘver.

Un Seul Homme défia Ce pouvoir.

Conscient de son Destin, Il traversa La Mer des TĂ©nĂšbres, En quĂȘte d’Honneurs et d’Or Pour La Plus Grande Gloire de Dieu »

Je savais d’instinct que j’aimerais d’ores et dĂ©jĂ  ce film et mĂȘme en ne l’ayant jamais vu.

C’Ă©tait pour moi comme une certitude.

Et je ne m’Ă©tais point trompĂ©e puisqu’il devint par la suite mon film historique prĂ©fĂ©rĂ©.

Et l’ultime cerise sur le gĂąteau fut de pouvoir le regarder dans la mĂȘme salle de cinĂ©ma que mes parents avaient autrefois frĂ©quentĂ©e, des annĂ©es auparavant.

Des années avant ma naissance.

Oui, cela ne faisait qu’intensifier le cĂŽtĂ© magique et Ă©motionnel que j’éprouvais.

Une journĂ©e cinĂ©ma qui fut l’un des plus beaux moments de ma vie.

Un moment qui n’appartenait qu’Ă  moi, comme si le temps s’Ă©tait subitement arrĂȘtĂ© et suspendu dans l’air…

Un grand moment d’Ă©motion avec une musique de film inoubliable qui me donne encore la chair de poule Ă  chaque fois que je l’Ă©coute et une petite larme Ă  l’Ɠil de nostalgie…

Une musique qui restera Ă©ternellement dans mon cƓur et qui me rappellera toujours cette sĂ©ance de cinĂ©ma ainsi que mon Ăźle natale avec tous les merveilleux moments passĂ©s lĂ -bas.

Un chef d’Ɠuvre musical digne du trĂšs grand compositeur Vangelis et qui restera incontestablement ma bande originale number one parmi toutes celles que j’aime.

Un souvenir cinĂ©ma que je n’oublierai jamais et que je souhaitais tout simplement partager avec vous.

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Son plus beau cadeau sur Terre 🎁 La suite…

L’hypnotisant et chaleureux feu de cheminĂ©e avec ses braises crĂ©pitantes et rougeoyantes dans son Ăątre.

Oh ! Rien que d’y penser, elle avait presque hĂąte !

Oui, un bon feu de cheminĂ©e qui lui rĂ©chaufferait le cƓur et l’ñme durant l’hiver.

Entendre le doux son du bois craquer au contact des flammes dansantes et lumineuses lui ferait trĂšs certainement oublier sa forĂȘt enchantĂ©e


L’oublier un temps soit peu, c’est vrai, mais pas dans ses rĂȘves nocturnes pendant que la neige se mettrait Ă  tomber dehors et finirait par la recouvrir intĂ©gralement d’un joli manteau d’une blancheur immaculĂ©e…

Voilà tout ce dont à quoi ce buffet en pin massif lui faisait penser


À toutes ces belles choses qui la rendaient infiniment heureuse…

Ah ! qu’elle aurait aimĂ©, Ă  cet instant prĂ©cis, se retrouver dans sa merveilleuse forĂȘt !

Mais cela n’aurait pas Ă©tĂ© raisonnable, Ă©tant donnĂ© qu’il avait bien trop plu.

Tout ne serait donc qu’humiditĂ© et rien que d’y penser Mira en fut Ă©cƓurĂ©e !

Non, il Ă©tait plus sage d’attendre que celle-ci redevienne bien sĂšche comme elle l’Ă©tait il n’y a pas si longtemps.

« Peut-ĂȘtre aprĂšs demain et biensĂ»r Ă  condition que Maman ne soit pas lĂ  » se dit-elle tout en baillant.

****

Mira attendait toujours bien sagement que sa Maman revienne mais elle trouvait que le temps Ă©tait de plus en plus long et commençait sĂ©rieusement Ă  s’inquiĂ©ter de son absence prolongĂ©e.

Soudain, elle sursauta en entendant :

« Cou-cou ! Cou-cou ! Cou-cou ! »

Le bruit provenait de l’horloge en bois qui se trouvait juste au-dessus de la porte de la cuisine.

CentrĂ©e au beau milieu de celle-ci ; une petite porte arrondie venait Ă  peine de s’ouvrir laissant surgir un oiseau qu’elle connaissait fort bien et qui avait le don de l’horripiler.

Il s’agissait de « Canari », le fameux oiseau de malheur qui se cachait Ă  l’intĂ©rieur et qui rĂ©apparaissait de temps en temps quand cela lui chantait.

Et lĂ , il Ă©tait en train de siffloter gaiement dans un son particuliĂšrement aigu qui l’agaçait :

« Cou-cou ! Cou-cou ! Cou-cou ! »

Elle le regarda d’un air mauvais et mĂ©prisant :

« Mais tais-toi donc le Canari ! Pfff ! Oh la la ! On a compris le message ! Il est telle heure ! Et alors ? C’est pas la fin du monde que je sache ! » lui lança t-elle rageuse avec cette irrĂ©sistible envie de lui arracher le bec en deux temps trois mouvements pour qu’il puisse se taire une bonne fois pour toutes.

« Cou-cou ! Cou-cou ! » continua de chanter le petit oiseau sans vergogne.

Il venait d’annoncer qu’il Ă©tait exactement 17H00.

Mira avait toujours aimĂ© cette bonne vieille horloge en bois qui devait trĂšs certainement dater de l’avant guerre.

Les jolies arabesques qui y Ă©taient gravĂ©es lui donnaient une allure des plus singuliĂšre et d’une rare authenticitĂ©.

C’Ă©tait vraiment une magnifique horloge !

Par contre, le petit ĂȘtre arrogant qui se renfermait dans ses entrailles n’avait pas le moins du monde sa grĂące.

À dire vrai, elle le dĂ©testait.

Certes, c’Ă©tait peut-ĂȘtre un bel oiseau avec son plumage jaune poussin des plus rayonnant mais elle n’arrivait plus Ă  supporter son sempiternel « Cou-cou » lui sortant de son minuscule bec orange vif.

Deux couleurs des plus criardes qui se voyaient Ă  des kilomĂštres Ă  la ronde !

C’est pourquoi elle aimait bien se moquer de lui en l’appelant : Canari.

Quant Ă  ses petits yeux noirs vifs et malicieux ; ils semblaient toujours la narguer lorsqu’il jaillissait subrepticement de son antre fermĂ©e Ă  double tour.

Sans doute qu’il se sentait Ă  l’abri, lĂ  haut, Ă  l’intĂ©rieur de son refuge et qu’il savait fort bien que Mira n’aurait pas pu lui faire quoi que ce soit


Ah ! Comme elle aurait voulu l’attraper pour lui rĂ©gler enfin son compte !

Oui ! Pour toutes ces fois oĂč il avait eu l’audace de la faire sursauter en lui chantant Ă  tue tĂȘte ses infernales coucous rĂ©pĂ©titifs


« Cou-cou ! Cou-cou ! »

Mais il ne perdait rien pour attendre celui-là


Un beau jour, elle se vengerait. Elle ne savait pas encore par quel moyen mais elle finirait bien par trouver…

Elle l’observa encore. C’est fou comme il avait l’air vivant, lĂ  haut sur son perchoir en train de lui chanter la sĂ©rĂ©nade !

C’en Ă©tait presque bluffant !

Monsieur Canari faisait son intĂ©ressant. Son grand show. Il devait trĂšs certainement se prendre pour Monsieur Rossignol alors qu’il avait une voix stridente de crĂ©celle !

Mira ne le dĂ©testait pas tant que ça


Non, c’Ă©tait bien pire. Elle le haĂŻssait !

Elle Ă©tait pourtant habituĂ©e Ă  le voir quotidiennement et ce depuis pas mal d’annĂ©es dĂ©jĂ  mais bizarrement, elle ne s’Ă©tait point faites Ă  son chant.

Non, celui-lĂ , elle n’arrivait toujours pas Ă  l’ingurgiter


Cependant, elle reconnaissait qu’il accomplissait fort bien son travail d’annonceur


Ah ça oui ! Et ce durant ces 5 annĂ©es oĂč elle avait habitĂ© ici.

Et d’aussi loin qu’elle s’en souvienne, jamais encore il n’avait eu la moindre extinction de voix


Non ! Une vraie machine de guerre ce Canari lĂ  ! Et biensĂ»r n’ayant pas la moindre pitiĂ© pour ses oreilles fines et si dĂ©licates.

Elle avait bien essayĂ© de se faire Ă  son chant oĂč encore de contrĂŽler ses sursauts lorsqu’il entonnait ses horribles coucou mais elle avait fini par jeter l’Ă©ponge…

C’Ă©tait tout bonnement impossible !

Résultat des courses : elle détestait toujours autant sa voix et continuait à tressaillir lorsque le volatile en bois sortait de sa cachette tel un clown machiavélique.

Dieu qu’elle le mĂ©prisait !

Mira l’observait encore lorsque soudain la petite porte en bois se referma enfin sur lui.

« Pfff, il Ă©tait temps ! » soupira t-elle en regardant les grandes aiguilles noires de l’horloge.

Elles annonçaient qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  17H15.

« Mais que pouvait bien faire Laura ? Elle n’Ă©tait toujours pas revenue » s’inquiĂ©ta t-elle en tournant la tĂȘte vers la porte d’entrĂ©e du salon.

****

Mira commençait à avoir une petite faim alors elle franchit le seuil de la cuisine dont la porte était restée grande ouverte.

Immédiatement, elle remarqua au loin une petite assiette garnie de madeleines dorées qui reposait sur la table centrale.

Juste Ă  cĂŽtĂ© de celle-ci se trouvait un bol Ă  anse accompagnĂ© d’une petite cuillĂšre Ă  cafĂ©.

Mira n’aimait pas trop les madeleines car elles avaient tendance Ă  lui coller au palais et puis il faut dire aussi que ce n’Ă©tait pas trop sa tasse de thĂ©.

Son intĂ©rĂȘt se porta donc sur le bol en porcelaine blanc Ă  gros pois rouges.

Que pouvait bien t-il contenir ? se demanda t-elle en ne le quittant pas de ses yeux perçants.

Sa curiositĂ© grandissait au fur et Ă  mesure qu’elle se rapprochait de la grande table.

Ses narines sentirent les effluves d’un parfum vanillĂ©.

Se pourrait-il que Laura lui ai préparé son dessert préféré ?

Une bonne et onctueuse crĂšme dessert Ă  la vanille ?

Hum ! Rien que d’y songer, Mira Ă©tait dĂ©jĂ  toute excitĂ©e Ă  l’idĂ©e qu’elle le dĂ©gusterait dans quelques secondes.

Un exquis dessert lacté rien que pour elle ! Elle en avait de la chance !

Et sa Maman avait bien veillĂ© Ă  le sortir du frigo Ă  l’avance car elle savait que Mira aimait le manger Ă  tempĂ©rature ambiante et non glacĂ©e.

Le goĂ»t s’en trouvait bien meilleur.

Décidément, elle avait vraiment une Maman en or.

C’Ă©tait donc ça la fameuse surprise que Laura lui avait concoctĂ©e ?

Pourtant, elle aurait jurĂ© que sa Maman lui avait bien dit qu’elle lui ramĂšnerait un cadeau en revenant de ses courses.

Mira plissa les yeux de contentement.

Se pourrait-il alors qu’il y ait une deuxiĂšme surprise ?

Elle s’apprĂȘtait Ă  dĂ©guster sa gourmandise lorsque soudain, elle entendit un drĂŽle de bruit qui provenait du salon.

Ah ! Non ! Personne n’avait le droit de la dĂ©ranger lorsqu’elle Ă©tait Ă  table !

« Fichu bruit ! Va t’en ! Et laisse moi savourer ce dĂ©licieux met »

Mira se pourlĂ©cha les babines, prĂȘte Ă  attaquer son savoureux dessert.

« Crrr, crrr, crrr »

Oh non ! Le bruit de tout Ă  l’heure venait encore de recommencer et cette fois-çi il ne s’arrĂȘtait plus.

« Ah ! Mais c’est pas vrai ça ! Je ne peux vraiment pas ĂȘtre tranquille aujourd’hui ! »

À contre cƓur elle laissa son assiette de cĂŽtĂ© et retourna vite sur ses pas.

Du seuil de la cuisine elle inspecta de ses yeux d’aigle le vaste salon.

« Crrr, crrr, crrr »

Le bruit s’intensifiait davantage. C’Ă©tait un peu comme un grattement Ă  une porte mais elle n’arrivait pas Ă  dĂ©celer de quoi il s’agissait exactement.

À l’affĂ»t et aux aguets, elle avança Ă  pas de loup Ă  l’intĂ©rieur du salon tout en scrutant les alentours mais ce n’Ă©tait pas si Ă©vident que ça vu qu’il faisait Ă  nouveau sombre ici.

Nous Ă©tions en plein mois d’octobre et le soleil se couchait beaucoup plus tĂŽt.

BientĂŽt il ne tarderait plus Ă  faire nuit noire.

« Crrr, crrr, crrr »

Les sens en alerte, Mira Ă©piait les moindres recoins de la piĂšce.

« Crrrr, crrr, crrr »

Par moment, le grattement s’interrompait, rendant alors difficile la recherche de sa provenance.

« Crrr, crrr, crrr »

« Ah la la ! Fichu bruit ! Mais oĂč te caches tu ? » s’agaça Mira.

Soudain AllĂ©luia ! Elle cru voir quelque chose bouger lĂ -bas, lĂ  oĂč Ă©tait placĂ© son fauteuil.

Vite, sans plus attendre, elle couru en sa direction puis au dernier moment décida de se positionner juste derriÚre lui afin de mieux épier la chose qui remuait.

Ses yeux verts n’Ă©taient plus que deux fentes extrĂȘmement Ă©trĂ©cis Ă  force de scruter dans la pĂ©nombre les contours de cette Ă©trangetĂ©.

Une étrangeté qui avait dû ressentir sa présence car à cet instant précis, elle ne bougea plus du tout.

Sans doute, avait-elle entendu Mira


« Mince alors ! Allez ! Gratte encore saleté ! Pourquoi tu bouges plus ? » marmonna t-elle entre ses dents.

Soudain, la bestiole recommença innocemment sa petite besogne sans prĂȘter attention Ă  Mira qui Ă©tait Ă  prĂ©sent juste derriĂšre elle.

Les yeux toujours Ă©trĂ©cis Ă  l’extrĂȘme, Mira reconnut enfin le petit animal.

« Quoi ! ? Ce n’Ă©tait qu’une vulgaire souris ! ? » s’indigna t-elle courroucĂ©e et prĂȘte Ă  lui bondir dessus.

Tout ce raffut n’était dĂ» qu’à une insignifiante petite souris ?

Une souris blanche qui Ă©tait en train de gratter frĂ©nĂ©tiquement avec ses pattes avant un coin fissurĂ© de la plinthe en bois du mur de droite. Celui-lĂ  mĂȘme oĂč se trouvait Ă  quelques centimĂštres son fauteuil en velours.

À l’attaaaaaque !!

Toutes griffes dehors, Mira bondit en avant tel un boulet de canon mais au moment oĂč elle allait se jeter sur le rongeur ; celui-ci se faufila aussi vite que l’Ă©clair par un petit trou attenant Ă  l’Ă©troite fissure qu’il n’avait pas eu le temps d’Ă©largir.

« Oh non ! SaletĂ© va ! T’as rĂ©ussi Ă  ĂȘtre plus rapide que moi ! » pesta t-elle dĂ©pitĂ©e d’avoir pu manquer son coup.

Et dire qu’elle avait Ă©tĂ© Ă  deux doigts de lui rĂ©gler son compte !

« Une vraie Speedy Gonzales ! celle-là ! » admit-elle avec une certaine fascination.

« Mais tu ne perds rien pour attendre ! » souffla t-elle sournoisement.

« En plus tu as osĂ© faire ta petite cachette juste Ă  cĂŽtĂ© de mon fauteuil. Ah la la ! Grave erreur, vilaine souris ! » s’insurgea t-elle en regardant d’un Ɠil l’intĂ©rieur du trou par lequel le rongeur s’Ă©tait introduit si lĂąchement.

Mais hélas, celui-ci semblait totalement vide.

Speedy Gonzales s’Ă©tait bel et bien volatilisĂ©e.

Elle avait dĂ» trĂšs certainement emprunter une des nombreuses galeries creusĂ©es par elle oĂč ses congĂ©nĂšres.

Car s’il y en avait une ; il devait alors y en avoir plusieurs


Elle prendrait alors son temps et un malin plaisir Ă  les pourchasser l’une aprĂšs l’autre…

En tous cas, Ă  l’avenir, elle resterait vigilante car elle dĂ©testait que des intrus envahissent son territoire.

Speedy Gonzales et le Canari ne perdaient rien pour attendre…

Mira regarda autour d’elle.

Avec la venue impromptue de cette souris, elle ne s’Ă©tait pas aperçu que le salon Ă©tait Ă  prĂ©sent plongĂ© dans le noir.

Elle ne craignait point la nuit mais elle commençait à se faire du mauvais sang pour sa Maman.

Elle jeta un Ɠil Ă  la porte d’entrĂ©e qui Ă©tait toujours obstinĂ©ment fermĂ©e


Mais que pouvait bien faire Laura Ă  cette heure si tardive ?

Pour passer le temps, elle décida de rester encore quelques instants devant le trou de la plinthe, histoire de voir si la souris finirait bien par en ressortir.

Mais Speedy Gonzales Ă©tait loin d’ĂȘtre bĂȘte.

Ce soir, il Ă©tait Ă©vident qu’elle ne montrerait plus le bout de son museau.

Mira devait se résigner.

Elle commença Ă  bĂąiller d’ennui et repensa Ă  nouveau aux douces paroles de sa Maman :

« Je te ramÚnerai une petite surprise ma Mira ! Sois bien sage surtout ! »

Les rĂ©pĂ©ter inlassablement dans sa tĂȘte lui permettaient de se rassurer et mĂȘme si elle commençait Ă  redouter le pire.

« Pourvu que sa Maman n’ait pas eu un accident sur la route » se demanda t-elle trĂšs inquiĂšte.

Mais il ne fallait surtout pas qu’elle perde les pĂ©dales.

Et pour cela, il valait mieux qu’elle resta positive en se disant que Laura ne tarderait plus Ă  revenir.

Soudain, elle repensa Ă  son onctueuse crĂšme dessert qu’elle avait bien failli oublier Ă  cause de la satanĂ©e Speedy Gonzales.

Celle-ci lui redonnerait du baume au cƓur concernant son inquiĂ©tude pour sa Maman et lui permettrait Ă©galement d’oublier le fĂącheux petit incident qu’elle avait eu avec le rongeur.

****

Mira venait Ă  peine de terminer sa dĂ©licieuse crĂšme dessert Ă  la vanille lorsqu’elle repensa encore aux paroles de Laura :

« Je reviendrai avec une petite surprise pour toi ma Chérie. Sois bien sage surtout ! »

VoilĂ  ce qu’elle lui avait dit avant de refermer derriĂšre elle, la lourde porte d’entrĂ©e en bois massif.

Elle ne pouvait s’empĂȘcher de se la ressasser en boucle.

Elle revoyait aussi l’image de son doux visage souriant avec ce joli foulard rose pastel nouĂ© autour de son cou dĂ©licatement parfumĂ©.

Un parfum aux notes florales emportĂ© dans le sillage du vent frais de cet aprĂšs-midi lĂ  et que Mira n’avait point oubliĂ©.

À cette pensĂ©e, elle eut une boule dans la gorge. Sa Maman lui manquait…

Soudainement, elle entendit le Canari chanter :

« Cou-cou ! Cou-cou ! »

Elle sursauta mais bizarrement ne lui en voulut pas.

Cet oiseau de malheur rompait le silence de plomb qui régnait dans la vaste maison et cela la rassurait.

Et mĂȘme si son « Cou-cou » Ă©tait dĂ©testable ; elle lui en Ă©tait quand mĂȘme reconnaissante


Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, elle mourait d’envie de lui arracher le bec !

Ce n’Ă©tait plus le cas maintenant. Le Canari Ă©tait devenu son ami.

Il venait d’annoncer qu’il Ă©tait exactement 19H00.

Son inquiétude redoubla.

Jamais encore sa Maman n’Ă©tait arrivĂ©e en retard. Elle respectait toujours ses promesses…

Mais que faisait-elle alors ?

Elle regarda par la baie vitrĂ©e. Le jardin Ă©tait dans l’obscuritĂ© totale et il n’y avait pas Ăąme qui vive.

Sa Maman ne donnait pas de cours le samedi au lycĂ©e et c’est pour cela qu’elle profitait toujours de ce jour pour faire ses courses.

« Maman ! Reviens moi ! S’il te plaĂźt ! »

Elle faisait cet ultime vƓu tout en regardant le ciel noir opaque dĂ©nuĂ© d’Ă©toiles


Soudain, elle entendit un cliquetis Ă  la porte.

Incroyable mais vrai ! Sa demande avait-elle été exaucée ? !

Vite, le cƓur battant et sans plus attendre, elle courut vers la porte et attendit.

Son impatience la rendait fébrile et trÚs nerveuse.

Subitement, la porte s’ouvrit enfin en grand, laissant apparaĂźtre sa douce et belle Maman qui lui lança :

« Coucou ma chĂ©rie ! Oui, je sais, je suis trĂšs en retard. Attends, je vais allumer. On n’y voit strictement rien ici ! »

Le grand lustre du salon s’illumina immĂ©diatement, Ă©clairant toute la piĂšce d’une intense lumiĂšre qui faisait plaisir Ă  voir.

Ainsi, le salon retrouvait enfin son cÎté chaleureux et sécurisant.

« Oh ma Chérie ! Tu as dû avoir peur toute seule ici dans le noir. Je suis vraiment désolée »

Laura dĂ©posa son gros sac de provisions sur le carrelage puis s’empressa de fermer Ă  clef la lourde porte en bois.

Elle se retourna et regarda Mira avec une extrĂȘme douceur dans le regard.

« Tu sais, je m’inquiĂ©tais pour toi ma Mira. Te savoir toute seule ici me tracassait. Mais je suis heureuse de te retrouver enfin. Allez, viens me faire un cĂąlin »

Tout en s’accroupissant, elle tendit les bras vers elle mais Mira ne broncha pas.

Elle restait immobile sans ciller.

« Que se passe-t-il ma Chérie ? Tu me boudes ? »

Le regard vert de Mira était réprobateur.

« Ah ! Je vois ! Tu m’en veux toujours. Mais tu sais ce n’est pas entiĂšrement de ma faute. Il y avait beaucoup de monde au supermarchĂ© et lorsque je conduisais sur la route qui mĂšne chez nous ; j’ai dĂ» faire un dĂ©tour Ă  cause d’un grave accident »

Les yeux verts de Mira s’arrondirent d’Ă©tonnement.

Mais alors l’absence prolongĂ©e de sa Maman Ă©tait donc dĂ» Ă  cause de toutes ces choses ?

« Tu m’en veux toujours ? » questionna Laura avec un petit sourire enjĂŽleur.

Avec de tels arguments ! Grand Dieu ! Biensûr que non ! Alors, contre toute attente, elle se précipita avec hùte vers sa Maman puis se caressa immédiatement tout contre elle en faisant ses pattes de velours.

« Oooh ! Ma jolie Mira ! » s’exclama Laura avec une certaine Ă©motion dans la voix.

Mira ronronnait de plaisir en ne cessant de se caresser contre elle.

« Mais toi aussi Maman ! Tu m’as manquĂ©e » miaula t-elle d’une petite voix en la dĂ©vorant des yeux.

« Oh ! J’aime quand tu me fais des cĂąlins comme ça ma Mira ! »

Laura lui caressa affectueusement la tĂȘte puis passa sa main sous son ventre tout blanc et si soyeux. Elle savait que Mira aimait bien qu’on le lui caresse en faisant de grands vas et vient.

Mira ronronnait de plus belle. Elle Ă©tait vraiment au septiĂšme ciel.

Laura lui fit ensuite un petit bisou sur le bout du nez.

« Ah ! mais j’allais oublier ta surprise ! » s’Ă©cria t-elle subitement.

« Attends, je vais la chercher dans le sac » ajouta t-elle en se relevant.

Quelques secondes plus tard, elle tenait dans sa main droite un sachet brillant qui ressemblait Ă  un gros paquet de chips.

Mira le reconnut immĂ©diatement avec son logo si particulier qui reprĂ©sentait l’empreinte d’un coussinet fĂ©lin.

« Tiens ! Regarde ! C’est pour toi ma Mira ! » s’enthousiasma Laura en commençant Ă  l’agiter de haut en bas.

« Tu reconnais ce bruit ? »

Bien Ă©videment qu’elle le reconnaissait !

Et quand bien mĂȘme il y aurait eu tout un tas de vacarme autour ; elle l’aurait encore reconnu entre mille


Mira ne cessa de le fixer de ses grands yeux verts en amande pendant que sa Maman continuait de le lui agiter sous le nez.

« Quel son merveilleux ! » miaula t-elle en ne le quittant pas des yeux.

Sa Maman venait de lui offrir un trĂšs joli cadeau : ses croquettes favorites d’aprĂšs le coussinet dorĂ© qui Ă©tait dessinĂ© dessus.

Sa marque prĂ©fĂ©rĂ©e ! Les savoureuses et fondantes croquettes de bƓuf aux lĂ©gumes verts dont elle raffolait tant.

Mira ronronna de plus belle Ă  l’idĂ©e de bientĂŽt les croquer


Mais elle ne ronronnait pas que pour elles


Est-ce que Laura s’Ă©tait aperçu qu’elle s’Ă©tait beaucoup inquiĂ©tĂ© pour elle ?

Et se doutait-elle un seul instant de l’immense amour qu’elle lui portait ?

Un amour qui surpassait tout le confort dont elle bénéficiait ici dans cette maison.

Un amour dĂ©bordant qui ne pouvait ĂȘtre comblĂ© et rassasiĂ© juste par des croquettes aussi affriolantes soient-elles.

Un amour qu’elle avait besoin de transmettre car elle n’Ă©tait peut-ĂȘtre qu’une chatte de gouttiĂšre, un fĂ©lin ronronnant Ă  la moindre caresse ou victuaille ; elle n’en restait pas moins un ĂȘtre vivant avec un cƓur rempli de sentiments Ă  l’intĂ©rieur.

Un cƓur qui n’oublierait jamais ce jour ou Laura l’avait adoptĂ©e un certain mois de juillet de l’annĂ©e 2013 Ă  la SPA ; juste en Ă©tant attirĂ©e par ses miaulements de dĂ©sespoir, sans mĂȘme la voir !

Ce jour oĂč elle Ă©tait encore tenue prisonniĂšre dans l’une de ces cages, enfermĂ©e Ă  double tour avec cinq autres amies comme elle qui attendaient en vain de se faire adopter mais sans aucun succĂšs.

Ce jour oĂč pourtant une certaine Laura avait su remarquer la dĂ©tresse dans sa voix Ă©raillĂ©e, Ă  force de miauler.

Ce jour qui avait changé irrémédiablement sa vie


Une complainte que Laura avait su Ă©couter et qui l’avait alors guidĂ©e et menĂ©e jusqu’Ă  elle.

Elle, la chatte de gouttiùre aux yeux verts


Et le coup de cƓur fut rĂ©ciproque. Aussi bien pour l’une que pour l’autre


Une rencontre qui Ă©tait sans doute Ă©crite


Le plus beau jour de sa vie…

Un jour Ă  jamais gravĂ© dans son petit cƓur de fĂ©lin.

Un cƓur qui avait enfin trouvĂ© sa Maman.

Une merveilleuse Maman qui l’avait sauvĂ©e et aimĂ©e de toute ses forces d’un amour inconditionnel


Un amour qui durerait encore et encore…

Son plus beau cadeau sur Terre…

 

Son plus beau cadeau sur Terre đŸŽ

Mira s’Ă©tait endormie dans le large fauteuil en velours si doux et si confortable qui se trouvait tout prĂšs de la grande baie vitrĂ©e.

À travers celle-ci, on pouvait voir un immense et magnifique jardin dont la pelouse venait tout juste d’ĂȘtre tondue il y a Ă  peine deux jours et qui Ă©tait Ă  prĂ©sent toute imbibĂ©e d’eau Ă  cause de l’interminable pluie.

Tout était redevenu calme dehors et peu à peu les petits moineaux revenaient se poser gaiement sur les branches dénudées des grands amandiers.
En haut de leurs cimes et par certaines ramifications de leurs branchages ; on pouvait remarquer quelques nids détruits.

Il faut dire que la tempĂȘte avait Ă©tĂ© d’une rare violence… Elle n’avait rien Ă©pargnĂ©…

Pourtant, Ă  voir les moineaux sautiller de branches en branches tout en piaffant entre eux ; ils ne semblaient guĂšre rancuniers au saccage de leurs petites demeures.

Sans doute que dans leurs langages d’oiseaux, ils prĂ©voyaient dĂ©jĂ  d’en reconstruire de nouvelles.

Par moment, ils venaient s’abreuvoir ou encore s’amuser dans les quelques flaques d’eau un peu boueuses qui s’étaient formĂ©es tels des petits cratĂšres dans les zones clairsemĂ©es de la pelouse.

Finalement, la pluie tant mĂ©prisĂ©e leur avait apportĂ©e de l’eau pour se dĂ©saltĂ©rer mais aussi la joie de pouvoir faire la toilette de leurs plumages.

Et c’était un spectacle des plus merveilleux que celui de pouvoir les observer en train de dĂ©ployer leurs petites ailes et secouer avec frĂ©nĂ©sie leurs plumes faisant alors jaillir d’innombrables gouttelettes d’eau autour d’eux.

Les moineaux avaient enfin retrouvĂ© leur joie de vivre comme si la tempĂȘte n’était jamais apparue


Mais ce n’Ă©tait hĂ©las pas le cas le cas pour tout le monde


Au centre du jardin, Ă  l’intĂ©rieur d’un pourtour de galets blancs ; de hauts rosiers buissons de couleur rouge-Bordeaux avaient perdu de leurs splendeurs Ă  cause des incessantes bourrasques de vent qui sans vergogne, les avaient entiĂšrement dĂ©pouillĂ©es de leurs si jolies et gracieuses pĂ©tales.

Elles s’étaient envolĂ©es de part et d’autre du jardin et reposaient de-ci de-lĂ  sur l’immense pelouse telles de belles endormies.

Elles avaient Ă©tĂ© arrachĂ©es de force Ă  leur mĂšre nourriciĂšre et ne tarderaient pas Ă  s’abĂźmer puis Ă  se flĂ©trir au fil des heures.

Mais pour l’instant, leur couleur rouge si profonde offrait un contraste des plus ravissant et romantique sur la vaste pelouse verte pomme.

La rageuse tempĂȘte n’avait pas rĂ©ussi Ă  dĂ©truire la magnificence de ce lieu habituellement si charmant par temps radieux


Les oiseaux tout comme les vĂ©gĂ©taux semblaient vouloir oublier ses terribles affres en continuant leur vie bien paisible tout en attendant avec une certaine impatience la venue de « Monsieur Soleil » qui les rĂ©chaufferait de bon cƓur de ses ardents et lumineux rayons.

****

La pluie s’était arrĂȘtĂ©e de tomber depuis dĂ©jĂ  quelques bonnes heures mais toujours pas de Monsieur soleil Ă  l’horizon…

Pourtant Ă  cet instant mĂȘme, le ciel venait de changer de nuance et sa couleur si grise de tout Ă  l’heure s’était alors transformĂ©e en un joli bleu gris parsemĂ© de gros nuages effilochĂ©s.

Des nuages qui n’allaient pas tarder Ă  s’Ă©vaporer selon les dires de l’annonce mĂ©tĂ©orologique diffusĂ©e hier soir Ă  la tĂ©lĂ©vision.

Cependant, Monsieur Soleil se faisait encore attendre et ne daignait toujours pas pointer le bout de son nez…

Que Diable attendait-il pour faire son entrée ?

Soudain, ĂŽ Miracle ! les premiers rayons apparurent et commencĂšrent Ă  traverser les vitres des deux grandes fenĂȘtres du salon ainsi que celle de la baie vitrĂ©e ; caressant au passage, la tĂȘte de Mira qui reposait sur l’un des accoudoirs moelleux du fauteuil.

La douce lumiĂšre s’insinua davantage Ă  l’intĂ©rieur de la piĂšce, la rendant alors beaucoup plus spacieuse et conviviale.

Elle finit ensuite par se projeter avec fougue sur les jolies courbes anatomiques de Mira et s’y attarda longuement en y faisant une jolie danse d’ondulation.

Elle explorait ainsi ce corps endormi en ne cessant d’y dessiner Ă  l’infini de douces vagues tels des tatouages Ă©phĂ©mĂšres.

Elle aimait jouer avec les sens de Mira mais que cherchait-elle exactement ?

Mira ne le savait que trop bien et faisait semblant de ne pas comprendre…

Elle ressentait les chaudes caresses des rayons du soleil lui réchauffer le corps mais elle ne voulait pas encore lui céder
 Pas tout de suite
 Pas maintenant


De son cĂŽtĂ© Mademoiselle LumiĂšre mettait du cƓur Ă  l’ouvrage en se faisant de plus en plus pressante et insistante


Elle jouait de plus belle avec Mira


Brusquement, comme si une mouche venait de la piquer ; elle fini par se lasser de ce petit jeu et dĂ©cida de terminer son incessante danse lumineuse en s’installant sur le bout de son nez ; obligeant ainsi cette derniĂšre Ă  ouvrir peu Ă  peu ses grands yeux verts en amande.

La lumiĂšre fut si forte que Mira dut les plisser afin de les accoutumer Ă  son intense luminosité 

Il faut dire que depuis pas mal d’heures dĂ©jĂ , il avait fait trĂšs sombre dans cette piĂšce.

Elle se souvenait encore des myriades de gouttelettes de pluie qui n’avaient eu de cesse de se projeter avec fracas contre les vitres des deux fenĂȘtres ainsi que sur celle de la baie vitrĂ©e lui donnant alors un lĂ©ger mal de tĂȘte suivi d’une irrĂ©sistible envie de dormir et de rejoindre sans plus tarder son cher fauteuil si douillet.

Mais le soleil venait Ă  prĂ©sent la dĂ©ranger juste pour la rĂ©veiller alors qu’elle ; elle voulait encore et encore dormir telle une Belle au bois dormant.

« Soleil ! va-t’en ! Tu aurais dĂ» venir avant
 C’est trop tard maintenant ! Je ne veux plus sortir de mon fauteuil si doux et si moelleux
 Et puis tu as beau ĂȘtre le maĂźtre de l’univers que cela n’y changerait rien alors laisse-moi tranquille »

Mais Mademoiselle Lumiùre lui chuchota à l’oreille :

« Tu dois te lever Mira ! Tu as des choses à faire. Et puis, tu as suffisamment dormi, ne trouves-tu pas petite flemmarde ? »

« Non, non
 Pourquoi viens-tu me rĂ©veiller ? Va-t’en ! J’étais en train de faire un merveilleux rĂȘve
 Oh ! Et puis tu m’énerves ! OK ! Tu as encore gagnĂ© ! »

Sortant enfin de sa léthargie, Mira finit par ouvrir en grand ses jolis yeux verts irisés de constellations ambrées qui se voyaient davantage avec la lumiÚre du soleil.

Elle se leva de son fauteuil et s’Ă©tira longuement Ă  cause des courbatures qu’elle avait attrapĂ©es Ă  force d’ĂȘtre restĂ©e trop longtemps endormie dans la mĂȘme position.

À chaque fin de repas, elle avait pour habitude de faire une sieste.

C’Ă©tait pour ainsi dire, le meilleur moment de toutes ses journĂ©es mais aujourd’hui, son sommeil n’avait pas Ă©tĂ© rĂ©parateur Ă  cause du vacarme de cette fichue pluie qui lui avait donnĂ© un terrible mal de tĂȘte avant de s’endormir.

Et le comble de tout, c’est que celle-ci n’avait eu de cesse de tomber depuis 11 heures du matin jusqu’Ă  15H30 ; de quoi la mettre de trĂšs mauvaise humeur…

Mais fort heureusement, elle ne le resterait pas bien longtemps vu qu’elle Ă©tait d’une nature toujours trĂšs gaie et optimiste.

Elle fit un long bĂąillement Ă  s’en dĂ©faire la mĂąchoire mais c’était beaucoup plus pour exprimer son agacement que celui d’une fatigue quelconque puisqu’elle n’avait point sommeil Ă  cet instant-lĂ .

Monsieur soleil avait osé lui envoyer une de ses fidÚles servitrices pour la réveiller.

Et bien entendu, Mademoiselle LumiĂšre n’avait pas hĂ©sitĂ© la moindre seconde Ă  s’exĂ©cuter illico presto…

Elle, toujours prĂ©sente et si dĂ©vouĂ©e Ă  son poste depuis des millions et des millions d’annĂ©es devait trĂšs certainement trouver un certain plaisir non dissimulĂ© Ă  vouloir rĂ©veiller le monde entier.

Sa tĂąche quotidienne d’illuminer de mille feux notre planĂšte lui tenait tant Ă  cƓur qu’il ne valait mieux pas lui rĂ©sister


Et puis, de toute façon, elle avait l’art et la maniĂšre de savoir se faire respecter…

C’est pourquoi Mira ne lui en voulut plus du tout et quand bien mĂȘme son sommeil n’avait pas Ă©tĂ© rĂ©parateur ; eh bien, elle ferait avec


Monsieur Soleil n’avait donc pas eu si tort que ça de lui envoyer sa fidĂšle compĂšre pour la dĂ©loger de son fauteuil sinon qui d’autre l’aurait fait ?

Décidément, ces deux-là étaient trÚs complémentaires ! Et il savaient remplir leur rÎle à la perfection : lui, de tourner autour de notre bonne vieille planÚte terre et elle, de nous propager de ses intenses faisceaux lumineux.

Ainsi, grĂące Ă  l’éclat de leur rayonnement, le monde s’en trouvait heureux.

En conclusion, nous ne ferions pas grand-chose sans eux…

C’est pourquoi Mira se sentit Ă  prĂ©sent d’humeur plus guillerette et prĂȘte Ă  affronter cette fin d’aprĂšs-midi.

Elle s’étira encore tout en regardant le salon qui Ă©tait devenu nettement plus lumineux ; semblant alors reprendre enfin vie.

****

Mira avait toujours aimé cette piÚce qui ne manquait jamais de luminosité par temps radieux.

Par contre, par temps de pluie, le salon s’habillait alors d’une lugubre et austĂšre apparence qu’elle dĂ©testait au plus haut point ; lui faisant un tantinet peur et sursauter au moindre bruit.

Elle avait toujours eu une sainte horreur de la pluie et ce, depuis sa plus tendre enfance !

Mira s’Ă©tira une derniĂšre fois puis regarda par la baie vitrĂ©e l’immense pelouse qui Ă©tait toujours autant imbibĂ©e d’eau.

Elle leva les yeux au ciel et constata qu’il avait pris une jolie teinte d’un bleu limpide, sans le moindre nuages.

« Quel bien joli ciel ! » se dit-elle en ne se lassant pas de l’admirer.

Le fameux proverbe : « AprÚs la pluie vient le beau temps » était bien vrai.

La preuve Ă©tait devant ses yeux Ă©bahis.

Elle l’admira encore quelques instants puis dĂ©cida de s’extirper avec hĂąte de son fauteuil. Elle avait des tas de choses Ă  faire…

Finalement, cette fin de journĂ©e ne serait pas si morose que ça se dit-elle tout en marchant et en regardant autour d’elle.

Elle repensa alors Ă  Laura qui lui avait dit juste aprĂšs le repas de ce midi, qu’elle irait faire des courses mais qu’elle ne tarderait pas pour revenir.

Elle se souvenait également que celle-çi lui avait promis une petite surprise dÚs son retour. Mais laquelle au juste ?

Mira n’aimait pas trop les surprises et elle bouillonnait dĂ©jĂ  d’impatience de revoir au plus vite sa maman.

Mais en attendant celle-çi, que pourrait t-elle bien faire d’intĂ©ressant ?

Elle l’ignorait encore mais trouverait bien une idĂ©e d’ici lĂ …

****

Mira avait toujours aimé cette grande et belle demeure située en pleine campagne.

Elle Ă©tait certes assez Ă©loignĂ©e de la ville mais pas si isolĂ©e que ça par rapport au voisinage bienveillant qui l’entourait.

Oui, Mira Ă©tait vraiment heureuse de vivre ici.

Et parmi toutes les piÚces de la maison ; elle avait une nette préférence pour le grand salon.

C’Ă©tait son endroit favori.

Il faut dire que sa Maman Laura l’avait dĂ©corĂ© avec beaucoup de goĂ»t en agrĂ©mentant chaque pan de mur, de jolis tableaux d’aquarelles.

Ses propres Ɠuvres qu’elle aimait peindre durant ses heures de loisir car oui ; en dehors de son mĂ©tier de professeure de Français, Laura Ă©tait aussi une artiste peintre extrĂȘmement douĂ©e.

Mira ne se lassait jamais de regarder ses toiles tant elles Ă©taient belles.

Soudain, elle fut prise d’Ă©motion lorsque son regard s’attarda sur l’une d’entre elles.

Celle qu’elle prĂ©fĂ©rait le plus


Celle qui la représentait et dont elle était si admirative


Il s’agissait de son propre portrait.

Mira se souvenait encore de ce merveilleux jour oĂč Laura Ă©tait devenue sa mĂšre adoptive.

Il y avait 5 ans de ça.

5 ans de pur bonheur se dit-elle en admirant le tableau.

Une toile que sa douce et si belle Maman avait peint en son honneur pour lui dire Ă  quel point elle l’aimait de tout son cƓur et de toute son Ăąme.

La toile Ă©tait si bien rĂ©ussie que Mira avait l’impression de se voir dedans comme dans un miroir tant la ressemblance Ă©tait frappante.

Sa Maman avait su la dessiner et l’immortaliser telle qu’elle Ă©tait…

Oui, elle Ă©tait vraiment fiĂšre de ce tableau…

Elle avait eu beaucoup de chance de tomber sur une Maman telle que Laura


Et pour tout l’or du monde, elle n’en aurait souhaitĂ© une autre car oui, sa Laura Ă©tait un ĂȘtre unique et Ă  part


Cinq belles annĂ©es qu’elle grandissait et Ă©voluait Ă  ses cĂŽtĂ©s, entourĂ©e de plein d’amour.

Un amour pur et sincĂšre dont elle avait cruellement manquĂ© autrefois mais qui aujourd’hui comblait son cƓur.

Un amour si profond qu’elle avait fini par oublier les maltraitances subies dans son passĂ©…

Un passĂ© dĂ©sormais rĂ©volu car aujourd’hui, elle Ă©tait pleinement heureuse et Ă©panouie…

****

Mira sentit une agréable odeur de fraßcheur vivifiante.

Elle provenait du mobilier en bois de pin massif qui se trouvait dans le salon.

Il sentait agrĂ©ablement bon l’odeur des pins comme si on se retrouvait Ă  l’intĂ©rieur de l’une de ces forĂȘts enivrantes et revigorantes capables de libĂ©rer votre esprit.

Une odeur certes piquante et quelque peu entĂȘtante mais que Mira aimait respirer Ă  pleins poumons.

D’ailleurs, il n’y avait pas qu’elle qui apprĂ©ciait ces effluves mentholĂ©es.

Les rares convives qui passaient Ă  la maison aimaient aussi l’humer tout en faisant quelques remarques agrĂ©able Ă  son sujet :

« Hum, quelle agrĂ©able senteur Laura ! On se croirait dans une forĂȘt de pins tellement c’est vivifiant ! »

Ils pensaient alors que cette forte odeur de rĂ©sine devait sans aucun doute provenir de bougies d’ambiance alors qu’il n’en Ă©tait absolument rien.

Et c’est lĂ  que quelque peu amusĂ©e, Laura leur rĂ©pondait toujours invariablement ceci :

« Il s’agit de mes meubles et non de bougies parfumĂ©es. Ils sont tous en bois de pin »

S’ensuivait alors un petit silence d’Ă©tonnement rapidement rompu par quelques exclamations :

« Mais ce n’est pas possible !! Tu plaisantes ? Ça sent tellement bon. Tu en es certaine ? »

Et à son tour, elle leur rétorquait de son joli sourire un brin moqueur :

« C’est pourtant bien vrai. Et pour faire perdurer leur odeur si plaisante ; j’utilise une cire d’abeille liquide Ă  base d’huile essentielle de pin pour bien les nourrir et les faire briller. VoilĂ  le secret. Ni plus ni moins »

Mira aimait alors voir l’expression de leurs visages dubitatifs comme s’ils ne croyaient pas du tout Ă  ce que venait de leur rĂ©vĂ©ler sa Maman.

Et cela l’amusait d’autant plus lorsque venait le moment fatidique oĂč ils se rapprochaient du grand buffet en pin pour pouvoir le renifler de trĂšs prĂšs ; histoire de vĂ©rifier ses dires…

Oui, cela l’amusait toujours beaucoup


****

Mira s’approcha du grand buffet en pin et commença Ă  l’humer intensĂ©ment.

Elle ne pouvait s’empĂȘcher de faire ce petit rituel Ă  chaque fois qu’elle passait par ici, avant de franchir le seuil de la cuisine.

Elle le respira de trĂšs prĂšs et trĂšs longuement.

Cette effluve lui rappelait toujours celle de la forĂȘt qui se trouvait Ă  quelques mĂštres de leur demeure.

Quelques fois et lorsque Laura n’Ă©tait pas lĂ  ; elle aimait bien s’y aventurer tout en sachant que c’Ă©tait un lieu qui lui Ă©tait interdit.

En effet, Laura l’avait souvent mise en garde Ă  ce sujet, lui rĂ©pĂ©tant inlassablement les mĂȘme paroles :

« Je te prĂ©viens encore Mira ! Tu ne dois pas aller dans cette forĂȘt ! C’est bien trop dangereux et tu pourrais t’y perdre. Pourtant, je suis certaine que tu me dĂ©sobĂ©iras encore. Mais, tu ne devrais pas faire ça. J’espĂšre que tu ne le feras plus et que tu resteras bien sagement ici chez nous sinon je dirais Ă  Madame Sanchez de te garder chez elle »

Oh non ! Surtout pas Madame Sanchez !

Mira n’aimait pas du tout cette vieille dame avec sa grosse voix Ă©raillĂ©e d’ancienne fumeuse qui la faisait toujours peur.

Mais ce qu’elle dĂ©testait par-dessus tout Ă©tait bien lorsqu’elle celle-ci la prenait dans ses bras pour lui faire des cĂąlins…

Elle avait alors l’impression de littĂ©ralement Ă©touffer sous ces innombrables baisers baveux


Berk ! Elle n’aimait pas ça du tout !

Non, par pitiĂ© ! Surtout pas Madame Sanchez qui Ă©tait Ă  son goĂ»t bien trop dĂ©bordante d’amour envers elle


Certes, elle Ă©tait trĂšs gentille mais elle n’aimait pas son cĂŽtĂ© envahissant et disons-le trop Ă©touffant.

Madame Sanchez était une vieille dame ùgée de 90 ans qui vivait seule dans une grande demeure qui se trouvait non loin de la leur.

Elle n’avait plus aucune famille mais fort heureusement pas mal d’amis du voisinage y compris sa Maman venaient rĂ©guliĂšrement lui rendre quelques petites visites pour lui changer les idĂ©es et prendre de ses nouvelles.

À ces moments là, elle semblait alors beaucoup plus gaie.

Cependant, la solitude devait parfois la peser et c’est pourquoi elle avait autant besoin de transmettre son amour à tous ceux qui la cîtoyaient


Mira compatissait et avait de la peine pour elle alors elle acceptait sans trop rechigner ses bisous baveux ainsi que ses petites mignardises bien trop sucrés.

Elle savait aussi que Madame Sanchez adorait s’occuper d’elle


NĂ©anmoins, elle n’aimait pas du tout rester en sa compagnie car elle s’ennuyait Ă  mourir dans sa vieille maison et ce malgrĂ© la distrayante balançoire qui se trouvait dans son jardin.

Non ! Rien n’y faisait ! C’Ă©tait comme ça


Et Laura ne le savait que trop bien alors pourquoi lui infliger un tel chantage Ă  chaque fois qu’elle s’absentait de la maison ?

Certes, la forĂȘt lui Ă©tait interdite mais pourquoi en faire toute une histoire surtout qu’elle Ă©tait trĂšs dĂ©gourdie pour son Ăąge et pas du tout du genre Ă  se laisser influencer par n’importe qui et n’importe quoi…

Alors pourquoi ne pas lui faire tout simplement confiance ?

De toute façon, elle persisterait Ă  aller dans sa forĂȘt et ce malgrĂ© les nombreuses recommandations de Laura.

Ce n’Ă©tait sans doute pas trĂšs prudent de sa part, mais elle aimait le goĂ»t du risque et de l’aventure alors pourquoi s’en priverait-elle ?

Et puis c’Ă©tait aussi de son Ăąge de faire des petites bĂȘtises, non ? !

Elle ne voulait surtout pas vieillir sans les avoir commises sinon elle le regretterai trĂšs certainement…

Et puis cela lui faisait le plus grand bien de s’Ă©loigner de temps en temps de cette maison et de son jardin, si immense soit-il.

Car oui ! Mira aimait se sentir libre !

Libre comme l’Ă©tait le vent ou encore ces moineaux qui piaffaient gaiement entre eux sur les branches des grands amandiers


Elle avait besoin de cette liberté pour se sentir exister


Et la forĂȘt exaltait tous ses sens. Elle s’y sentait bien.

Elle aimait s’y balader mais toujours avec une certaine prudence car elle Ă©tait peut-ĂȘtre une grande aventureuse mais pas non plus une irresponsable inconsciente…

Elle savait fort bien que sa douce Maman Ă©tait une personne trĂšs inquiĂšte alors elle ne tenterait jamais le diable car elle l’aimait bien trop pour agir inconsidĂ©rĂ©ment


Mais Laura ne lui faisait pas encore entiĂšrement confiance. Elle l’a traitĂ©e toujours comme un bĂ©bé 

Son « petit bĂ©bĂ© » comme elle aimait l’appeler affectueusement


Mira aimait bien ce petit surnom mais elle ne le trouvait pas en accord avec sa personnalité intrépide.

De toute façon, personne ne pouvait lui mettre d’entraves pas mĂȘme sa bien-aimĂ©e Maman


C’est pourquoi, elle agirait toujours derriĂšre son dos durant ses absences pour pouvoir enfin partir en vadrouille.

Ben quoi ? Avait-elle le choix ?

Et il fallait qu’elle en profita encore car l’automne ne tarderait plus Ă  arriver


Elle s’en Ă©tait bien rendue compte avec l’interminable pluie d’aujourd’hui.

Elle savait alors qu’elle serait bien obligĂ©e de ralentir ses cadences d’aventuriĂšre dans sa forĂȘt ĂŽ combien si captivante car le temps hivernal deviendrait aussitĂŽt un obstacle avec son incessante et perpĂ©tuelle humiditĂ©.

L’insidieux froid que Mira dĂ©testait tant l’empĂȘcherait de faire ses petites escapades


Comme le temps deviendrait alors trop long durant cette période !

Mais elle finit par se rassurer en se souvenant d’une belle image qui lui revint en mĂ©moire.

LA SUITE…

Le dragon de feu et la rose rouge đŸŒ·

L’eau chaude du bain la dĂ©lassait de sa dure journĂ©e de travail tandis que le dragon qui lui collait Ă  la peau semblait nager avec elle tout en ondulant le long de sa cuisse.

Jessica se sentait bien. La voluptueuse mousse parfumĂ©e aux essences de jasmin Ă©tait en train de lui glisser le long des Ă©paules et du dos oĂč Ă©tait figĂ© sur son omoplate droite le dessin d’une petite rose rouge de la taille d’un bĂąton d’allumette.

Elle tendit le bras puis prit le verre de jus de fruits bien frais qui reposait sur le rebord de la baignoire et en bu quelques gorgĂ©es avant de finir par le boire d’un trait.

Jessica et son dragon apprĂ©ciaient toujours ces moments-lĂ  oĂč elle se plongeait avec dĂ©lectation dans un bon bain moussant.

Dans l’eau, ils ne semblaient alors former qu’un.

Redéposant son verre vide, elle replia son genou droit et se mit à observer son cher dragon noir et bleuté qui était tatoué sur sa cuisse.

Comme il Ă©tait un peu trouble ; d’un revers de main, elle retira la fine pellicule de mousse vaporeuse qui le recouvrait encore lĂ©gĂšrement puis de son index commença Ă  dessiner ses contours.

Grand comme sa main, le dragon ailĂ© et armĂ© de griffes acĂ©rĂ©es donnait l’impression d’ĂȘtre extrĂȘmement redoutable avec sa mĂąchoire grande ouverte comme s’il en voulait au monde entier mais pas pour Jessica.

Pour elle, il symbolisait la force, la droiture et la loyauté.

Et s’il exprimait une telle colĂšre ; c’Ă©tait seulement pour dissuader tous les dĂ©tracteurs qui oseraient s’en prendre Ă  elle.

Car oui, Jessica n’Ă©tait autre que sa bien-aimĂ©e qu’il ne fallait surtout pas bafouer.

C’est pourquoi, elle aimait tant qu’il soit ancrĂ© sur sa peau.

Il Ă©tait son bienveillant protecteur, son fidĂšle chevalier servant la suivant toujours Ă  la trace et qui sans nul doute n’hĂ©siterait pas Ă  donner de grands coups de griffes Ă  quiconque voudrait lui faire du mal dans l’un de ses horribles cauchemar.

IncrustĂ© Ă  jamais sur son Ă©piderme, il veillait nuits et jours sur elle et si jamais elle avait le moindre cafard, il avait le pouvoir et le don de la consoler rien qu’en la regardant droit dans les yeux.

Deux grands yeux extrĂȘmement Ă©trĂ©cis et certes terriblement menaçants mais seulement envers les malveillants car ce regard lĂ  ne jurait que pour Jessica.

Et dans les moments de détresse, sa féroce mùchoire démesurée semblait alors lui murmurer :

« Je te protĂ©gerai toute ma vie ma Jessica. Personne ne pourra jamais t’atteindre car nous ne faisons qu’un, toi et moi »

Oui, son dragon Ă©tait vraiment trĂšs important pour elle.

De sa main droite, elle caressa l’ensemble du tatouage tout en se remĂ©morant ce jour oĂč elle avait dĂ©cidĂ© de s’en faire un.

Son tout premier tatouage qui devait alors représenter son signe astrologique chinois sous lequel elle était née : le beau et si majestueux dragon de feu.

C’Ă©tait l’annĂ©e derniĂšre, peu avant sa date d’anniversaire car elle souhaitait absolument l’avoir dĂ©jĂ  sur sa peau lorsqu’elle soufflerait ses 39 bougies.

Elle avait demandĂ© au tatoueur de lui dessiner sur la cuisse droite un dragon aux ailes colorĂ©es de noir et de bleu ; ses deux couleurs favorites et avait insistĂ© sur le fait que sa tĂȘte devait ĂȘtre suffisamment tournĂ©e vers le haut donnant ainsi l’impression qu’il la regarderait en permanence.

Un détail qui était pour elle de la plus haute importance et qui avait quelque peu amusé le tatoueur.

Quelques heures plus tard, il venait enfin d’achever pour elle la plus belle des Ɠuvres d’art si bien qu’elle en resta longuement Ă©blouie et toute Ă©merveillĂ©e devant un tel travail d’orfĂšvre.

Le talentueux tatoueur lui avait dessinĂ© un magnifique dragon qui Ă©tait vraiment Ă  la hauteur de ce qu’elle avait toujours dĂ©sirĂ©.

Tout en repensant Ă  ce joli souvenir, l’eau de son bain Ă©tait en train de s’évacuer par le siphon de la baignoire.

Elle se mit debout puis commença Ă  s’essuyer soigneusement tout le corps avec sa serviette.

Quelques instants plus tard, le dos tournĂ© de biais face Ă  la grande glace de sa salle de bain ; elle Ă©tait en train d’admirer son autre tatouage : la fameuse rose rouge dĂ©pourvue d’Ă©pines qui se trouvait au milieu de son omoplate droite.

Elle se mit Ă  sourire.

Elle qui croyait ne pas faire d’infidĂ©litĂ© Ă  son cher dragon adorĂ© avait osĂ© se faire tatouer cette petite rose.

Mais pourquoi diable avait-elle fait cela alors qu’elle lui avait jurĂ© qu’il resterait le seul ?

Tout simplement, parce qu’elle ne s’attendait pas Ă  vivre une trĂšs grande histoire d’amour Ă  un Ăąge oĂč elle n’y croyait plus…

Alors pour l’amour d’un homme, elle s’Ă©tait fait tatouĂ© cette rose rouge qu’elle avait souhaitĂ© sans aucune Ă©pines car seul son dragon devait possĂ©der de telles armes.

Mais que le grand dragon se rassure, lui chuchota Jessica :

La petite rose rouge de l’amour ne le surpasserait jamais car lui seul, resterait avant tout et Ă  jamais son premier tatouage ainsi que sa plus grande force indĂ©lĂ©bile


Le flou total đŸ

Elle Ă©tait assise sur le sable et regardait la mer qui se trouvait juste en face d’elle. L’ocĂ©an si bleu et si calme lui rappelait des bribes de son passĂ©.

Un passĂ© qui lui paraissait pourtant ĂȘtre trĂšs proche comme si c’Ă©tait hier


Elle revoyait alors à travers les vagues bleutées, son doux visage auréolé de cheveux blonds dorés flottant au vent ainsi que ses magnifiques yeux verts qui avaient tendance à changer de nuance suivant la lumiÚre du jour


TantĂŽt ils pouvaient ĂȘtre gris/bleus, tantĂŽt verts/jaunes ou encore bleus/verts ; un peu comme la couleur de l’ocĂ©an indien qu’elle aimait tant…

Elle ne savait plus exactement…

Elle ne l’avait aperçu qu’une seule fois. Une seule et unique fois qui avait pourtant suffit Ă  lui faire battre le cƓur Ă  mille Ă  l’heure


Un instant si bref ; presque insaisissable


Elle seule, avait su arrĂȘter le temps par je ne sais quelle façon pour immortaliser ce moment et le figer Ă  tout jamais dans les recoins de sa mĂ©moire.

Un moment oĂč deux regards s’Ă©taient croisĂ©s avec une certaine Ă©ternisation d’une profondeur intense pour ensuite s’Ă©vanouir et s’Ă©vaporer dans l’air tel un nuage vaporeux finissant par totalement disparaĂźtre dans un ciel beaucoup trop bleu


Non, Mira n’arrivait pas Ă  oublier ces yeux verts qui se confondaient encore avec la profondeur de l’ocĂ©an…

Elle regardait le visage de cet homme inconnu se fondre dans l’eau tout en essayant de se remĂ©morer ce qu’il devait bien porter le jour de leur fugace rencontre


Un dĂ©tail qui la turlupinait encore et encore sans trop savoir pourquoi…

Sans doute une chemise bleue ciel Ă  manches courtes largement ouverte sur un torse nu imberbe ou plutĂŽt un t-shirt de la mĂȘme couleur faisant apparaĂźtre la musculature de ses bras bronzĂ©s.

« Mais que portait-il exactement ? » se demanda t-elle tout bas en caressant du dos de sa main le sable si chaud.

Tout s’embrouillait dans sa tĂȘte
 Elle ne savait plus


Avait-elle imaginé cette personne ? Ce doux visage ? Ces yeux verts/bleus ?

Non, elle jurerait que non… Elle Ă©tait sĂ»re et certaine de l’avoir croisĂ© sur cette plage il y quelques jours ou peut-ĂȘtre moins et qu’il lui avait mĂȘme souri.

Elle se souvenait encore de son sourire. Un sourire enjĂŽleur qu’il n’avait adressĂ© qu’Ă  elle et Ă  aucune autre


Ça, elle ne l’avait pas rĂȘvĂ©, tout de mĂȘme !

Un regard et un sourire inoubliables juste l’espace d’un instant sur cette immense plage dĂ©serte


Un regard et un sourire puis plus rien
 Le flou total


Sa tĂȘte Ă©tait lourde et elle se sentait horriblement fatiguĂ©e comme si elle avait fait un marathon alors qu’il n’en Ă©tait absolument rien


« Mira ! Mira ! Je te cherchais partout ! Enfin je te retrouve ! Tu vas bien ? » cria au loin une jeune femme.

Elle reconnaissait cette voix entre mille. C’Ă©tait son amie Lucia. Elle tourna la tĂȘte en sa direction et essaya de se relever mais eu subitement un petit vertige inopinĂ©.

InquiĂšte, son amie Lucia courut rapidement vers elle et s’empressa de lui agripper le bras pour la soutenir afin qu’elle ne tomba pas.

« Comment vas-tu ma ChĂ©rie ? Tu as l’air fatiguĂ©. Tu viens d’avoir un vertige. Il vaudrait mieux que tu rentres pour te recoucher »

« Non, ça va aller. Ne t’inquiĂšte pas. J’ai eu le tournis mais je t’assure que je vais bien. Je prĂ©fĂšre rester ici encore quelques instants. J’aime cet endroit »

« Tu en es certaine ? »

« Oui ma Lucia. Le vent du large me fait du bien »

« Soit ! Comme tu voudras. Tu sais que tu m’as fait peur hier. J’ai bien cru que je ne t’aurais plus jamais revue »

Mira se demanda Ă  quoi elle pouvait bien faire allusion.

Son vertige venant de se dissiper et se sentant nettement mieux ; elle lui posa sans plus attendre la question :

« Mais de quoi me parles tu ? »

« Tu ne t’en souviens vraiment plus ? »

« Mais non » s’agaça t-elle. « Allez, dis-moi ! Ça commence sĂ©rieusement Ă  m’inquiĂ©ter. Que s’est-il passĂ© hier ? »

« Le docteur m’avait prĂ©venu que tu perdrais momentanĂ©ment la mĂ©moire »

« Quel docteur ? Mais de quoi me parles tu encore ? » s’Ă©cria t-elle sous le coup de la panique.

« Du calme Mira ! Attends, je vais tout te raconter depuis le début »

« Je t’Ă©coute » dit-elle sous le ton de l’impatience.

« Hier aprĂšs-midi, tu faisais du kayak lĂ -bas prĂšs de la barriĂšre de corail. Subitement, ton kayak s’est retournĂ© pour je ne sais quelle raison et ensuite on ne t’a plus revue Ă  la surface de l’eau. Tu venais de t’ĂȘtre noyĂ©e »

« Quoi !!?? » s’exclama Mira.

« Si, c’est bien vrai. Et j’ai appris par la suite que ta tĂȘte avait heurtĂ© la coque de ton canoĂ« et qu’Ă  cause du choc assez violent, tu avais perdu connaiss
 »

« Quoi ! ? Mais qu’est-ce que tu me racontes lĂ  ? » coupa t-elle brutalement.

« La stricte vérité »

« Mais je ne me souviens pas de tout ça !! » s’Ă©cria t-elle, horrifiĂ©e d’apprendre une telle nouvelle Ă  son sujet.

« C’est normal que tu ne t’en souviennes pas pour l’instant. Tu as perdu partiellement la mĂ©moire Ă  cause du choc que tu as subi Ă  la tĂȘte. Bon, je peux Ă  nouveau te raconter la suite ? »

« Oui vas-y. Au point oĂč j’en suis. De toute façon, je ne me souviens de rien du tout » dĂ©plora t-elle.

« Bon, je reprends. Heureusement, un des sauveteurs avait remarquĂ© ton accident alors il est tout de suite venu te secourir. Ensuite, il t’a ramenĂ© ici et il a dĂ» te rĂ©animer car tu ne respirais plus du tout. S’il n’avait pas Ă©tĂ© lĂ , tu ne serais plus de ce monde aujourd’hui. C’Ă©tait trĂšs grave, tu sais… »

Mira n’en revenait toujours pas de ce que son amie venait de lui raconter. Elle restait encore abasourdie.

« Mais, mais
 je ne me souviens vraiment pas de tout ça
 » bredouilla t-elle toute dĂ©sorientĂ©e.

Lucia lui pressa affectueusement l’Ă©paule puis s’empressa d’ajouter :

« Le docteur m’a assurĂ© que petit Ă  petit tu finirais par retrouver ta mĂ©moire alors sois rassurĂ©e ma petite Mira. Il ne faut surtout plus que tu t’inquiĂštes pour ça »

Mira se mordit la lĂšvre infĂ©rieure. Elle ne se souvenait toujours pas de cette noyade. En revanche, elle revoyait sans cesse dans sa tĂȘte le visage de cet inconnu avec de jolis yeux verts rieurs.

« En plus, ton sauveteur Ă©tait vraiment trĂšs sexy. Un blond avec des yeux verts ; il me semble bien. Il a mĂȘme demandĂ© de tes nouvelles ce matin lorsque tu dormais. Tu en as de la chance ! Je crois que tu lui plais »

Mais alors ? se demanda soudainement Mira dans son for intĂ©rieur: Se pourrait-il que l’image de cet homme qu’elle avait dans la tĂȘte depuis son rĂ©veil, soit effectivement ce sauveteur ?

Et dire qu’elle pensait que sa mĂ©moire lui jouait des tours…

Ce regard et ce sourire étaient donc réels et non imaginaires ?

Ils lui étaient donc véritablement destinés


« Tu entends ce que je te dis Mira ? Tu as l’air ailleurs. Tu es sĂ»re que tu vas bien ? » demanda son amie quelque peu inquiĂšte.

« Désolée ma Lucia. Oui, je vais trÚs bien, rassure toi. Je suis juste un peu déconcertée et fatiguée »

« Et il y a de quoi ! Tu aurais pu mourir ! Mais n’y pense plus ! Tu es bel et bien vivante et surtout en bonne santĂ©. C’est tout ce qui compte… »

« Oui, tu as raison »

« Parfaitement ! Bon, ben… c’est pas tout mais moi, j’ai un rendez-vous ce soir avec un charmant garçon et j’ai la nette impression que c’est parti pour durer notre histoire. Est-ce que je peux te laisser ma ChĂ©rie ? car je dois me prĂ©parer pour ĂȘtre la plus belle pour aller danser »

SacrĂ©e Lucia ! Elle n’Ă©tait pas une personne Ă  se laisser abattre par quoi que ce soit ! Un vrai rayon de soleil !

« Mais biensûr que tu peux y aller ma Lucia. Moi, je vais rester encore un peu ici. Passe une bonne soirée et amuse toi bien ! »

« Tu es un amour ! J’y vais ! »

La silhouette de son amie courait dĂ©jĂ  vers le grand bĂątiment de l’hĂŽtel-restaurant « Les Rives bleues » qui se trouvait tout juste en bordure de la plage « Coco Lodge » puis finit par disparaĂźtre derriĂšre une dune de sable.

Le ciel venait de changer de nuance et le soleil commençait à plonger progressivement dans la mer.

Mira adorait les couchers de soleil et plus particuliĂšrement ceux des Ăźles.

Ils Ă©taient d’autant plus flamboyants qu’en mĂ©tropole et elle aimait les contempler.

« Bonsoir Mademoiselle. Puis-je m’asseoir ? »

Surprise par cette voix inconnue qui venait de troubler ses pensĂ©es ; Mira tourna la tĂȘte et reconnu presque immĂ©diatement ce visage ainsi que ces yeux verts


Elle resta sans voix tandis qu’il continuait :

« Avant que vous ne refusiez, je tiens Ă  me prĂ©senter. Je suis Patrick. Je ne sais pas si vous vous rappelez de moi. Je suis sauveteur et je travaille ici. C’est moi qui vous ai sauvĂ© hier aprĂšs-midi. Vous vous Ă©tiez noyĂ©e »

Mira n’en revenait toujours pas de se retrouver face Ă  l’homme qu’elle pensait avoir imaginĂ© dans son subconscient.

Il lui souriait tout en la regardant intensément de ses yeux verts.

Son cƓur se mit alors à battre plus fort.

À cet instant lĂ , elle aurait voulu le fuir mais il Ă©tait dĂ©jĂ  trop tard pour cette Ă©ventualitĂ©…

Le vent venait de se lever et les quelques mĂšches blondes et rebelles qui recouvraient le front de Patrick se mirent Ă  voleter dans tous les sens.

Il portait un bermuda noir ainsi qu’un t-shirt bleu ciel moulant laissant apparaĂźtre la virilitĂ© de son torse et de ses biceps saillants.

C’Ă©tait indĂ©niablement un trĂšs bel homme


Un peu comme dans les nombreux rĂȘves de son imagination dĂ©bordante sauf que cette fois-çi, il s’agissait de la rĂ©alitĂ© et non d’un conte de fĂ©es.

En se noyant dans cet ocĂ©an, elle avait attirĂ© ce sauveteur qui l’avait sauvĂ©e des sombres profondeurs


Ensuite, elle avait perdu la mémoire qui lui avait joué bien des tours.

Et Ă  prĂ©sent, venait d’apparaĂźtre cet homme qui se tenait assis tout prĂšs d’elle en train de lui parler de ce mĂ©morable moment oĂč il l’avait rĂ©animĂ© sur la plage.

Un moment qui selon ses dire l’avait particuliĂšrement touchĂ© vu que ce fut une grande premiĂšre pour lui.

Mira l’Ă©coutait sans dire un mot tout en lui jetant de brefs regards car elle n’osait le regarder dans les yeux.

Soudain, en observant plus attentivement ses lĂšvres remuer ; C’est alors qu’elle se souvint d’un dĂ©tail prĂ©cis oĂč plutĂŽt d’un instant qu’elle avait enfoui au fond de sa mĂ©moire et qui venait brusquement de lui revenir…

Il s’agissait d’un long baiser sans fin…

Un souffle de vie qui lui avait traversĂ© la gorge puis parcouru le corps telle une dĂ©charge Ă©lectrique refaisant ainsi battre son cƓur…

Une foudroyante dĂ©charge ; un vĂ©ritable coup de foudre ! qui l’avait alors rĂ©animĂ©e et laissait Ă  nouveau en vie sur notre planĂšte Terre…

Une renaissance grĂące Ă  un seul et unique baiser.

Patrick venait de terminer son récit et un silence se fit.

Soudain, il lui avoua que cet interminable bouche Ă  bouche lui avait fait prendre conscience qu’il venait d’ĂȘtre foudroyĂ© par l’amour et qu’il avait eu du mal Ă  se sĂ©parer des lĂšvres si douces de Mira.

Et qu’au moment oĂč elle avait enfin entrouvrit ses grands yeux gris/bleus hypnotisants ; ce fut alors pour lui comme une Ă©vidence…

À cet instant lĂ , il rĂ©alisa qu’il venait de tomber amoureux.

C’est pourquoi, il avait voulu la revoir ce soir car il Ă©tait dĂ©terminĂ© Ă  ne plus la perdre.

Oui, son souhait le plus ardent Ă©tait de faire un long chemin avec elle. Mais l’accepterait-elle ?

Il espérait que oui alors sans plus tarder, il lui posa la question qui lui brûlait tant les lÚvres.

À ce moment-lĂ , ses yeux verts s’intensifiĂšrent davantage, ne quittant plus ceux de Mira.

Rougissante, elle baissa les siens et ne lui répondit pas tout de suite.

Elle Ă©tait encore sous le coup de l’Ă©motion.

Sa mĂ©moire lui avait peut ĂȘtre jouĂ© des tours mais pas le commencement de cette belle histoire d’amour.

Un amour Ă  peine naissant et palpitant ; ici, sur cette magnifique plage de sable blanc alors qu’elle ne s’y attendait pas.

Une belle histoire qui sans nul doute resterait Ă  jamais gravĂ©e dans sa mĂ©moire et qu’elle raconterait plus tard Ă  leurs enfants en commençant par ceci :

Il Ă©tait une fois sur l’inoubliable plage de Coco Lodge, un homme et une femme


Une petite chanson đŸŽ¶đŸŽ¶

Ce week-end (samedi 22/07/17 et Dimanche 23/07/17), j’avais envie d’ĂȘtre originale ; juste comme ça pour le plaisir…

Mon cĂŽtĂ© loufoque, sans aucun doute…

Alors je me suis dit :

« Et si je chantais une chanson et que j’enregistrais ma voix ? Pourquoi pas ? Le ridicule ne tue pas… C’est du moins, ce que l’on dit… »

Alors, je me suis lancĂ©e sans honte et sans trop me poser de questions car je suis une imprĂ©visible et que ça me plaĂźt d’ĂȘtre un peu hors des sentiers battus…

J’aime bien le chanteur Jean-Jacques Goldman et ce depuis toute jeune…

Il a en quelque sorte toujours Ă©tĂ© inclus dans les chansons que j’aimais bien Ă©couter durant mon enfance et adolescence…

Alors ce week-end, j’ai recherchĂ© via le moteur de recherche Google les paroles d’une de ses chansons  qui me plaisaient bien ; il s’agissait du titre suivant :

« Elle attend »

Pourquoi cette chanson ? Eh bien, je trouve qu’elle me correspond actuellement… VoilĂ , c’est tout simple…

Certes, elle n’est pas toute jeune mais qu’importe ! Ce qui est ancien peut ĂȘtre autant agrĂ©able que la nouveautĂ©…

J’ai choisi cette chanson pour le plaisir de me faire plaisir… Ni plus, ni moins…

L’espace d’un instant, j’ai pu ressentir ce que devait Ă©prouver un artiste lorsqu’il se met Ă  chanter sur scĂšne devant des milliers de personnes… sauf que moi, je me trouvais juste dans ma chambre et toute seule…

Mais bizarrement ou pas ; cela m’a fait beaucoup de bien…

Mais rassurez-vous, je ne suis pas en extase devant le son de ma voix…vu que je manque toujours de confiance en moi…

Non, cela m’a juste permis de me changer les idĂ©es en me faisant mon petit karaokĂ© chez moi…

Et je dois bien avouer que cela m’a transportĂ©e de joie et mĂȘme fait rire…

Être dans la peau d’une chanteuse le temps d’une soirĂ©e ; ce n’est pas si mal, finalement…

Alors prĂȘt(e) Ă  Ă©couter ma petite voix de Suricate ? Au risque de vous casser les oreilles… (Ăąmes sensibles, s’abstenir, ah ! ah !)

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Voici mon fameux chant :

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Voici les paroles de la chanson « Elle attend » :

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Elle attend que le monde change

Elle attend que changent les temps

Elle attend que ce monde Ă©trange

Se perde et que tournent les vents

Inexorablement, elle attend

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Elle attend que l’horizon bouge

Elle attend que changent les gens

Elle attend comme un coup de foudre

Le rĂšgne des anges innocents

Inexorablement, elle attend

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Elle attend que la grande roue tourne

Tournent les aiguilles du temps

Elle attend sans se résoudre

En frottant ses couverts en argent

Inexorablement, elle attend

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Et elle regarde des images

Et lit des histoires d’avant

D’honneur et de grands Ă©quipages

OĂč les bons sont habillĂ©s de blanc

Et elle s’invente des voyages

Entre un fauteuil et un divan

D’eau de rose et de passion sage

Aussi purs que ces vieux romans

Aussi grands que celui qu’elle attend

****
Elle attend que le monde change

Elle attend que changent les temps

Elle attend que ce monde Ă©trange

Se perde et que tournent les vents

Inexorablement, elle attend…

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Et voici la jolie chanson chantée par le talentueux Jean-Jacques Goldman : Gros bisous à tous et allez-y ! Chantez !!!

Un amour de Papa đŸ’–

Pour toi, Papa :

À l’occasion de la fĂȘte des PĂšres, en ce Dimanche 18 Juin 2017, je souhaitais te dĂ©dier cet article pour t’exprimer tout l’amour que j’ai pour toi.

C’est la premiĂšre fois que je fais un article en ton honneur et il Ă©tait temps d’ailleurs


Et pour t’émouvoir un peu, je voulais te raconter une anecdote qui me tient particuliĂšrement Ă  cƓur et qui nous lie toi et moi. Cela te fera aussi sourire en la lisant


Mais avant toute chose :

Bonne fĂȘte mon Papa adorĂ© que j’aime tant !

Tu es un Papa formidable et je voulais tout simplement te l’Ă©crire Ă  travers cet article.

Je sais que tu seras trĂšs Ă©mu mais c’est aussi le but recherchĂ©.

Ne dit-on pas que les paroles s’envolent et que les Ă©crits restent ?

Eh bien, je voulais que ce jour unique de fĂȘte des PĂšres reste Ă  jamais gravĂ© dans ta mĂ©moire ainsi que sur mon blog ; un peu Ă  la maniĂšre d’une photographie figĂ©e dans le temps


Alors, mon petit Papounet, es-tu prĂȘt Ă  lire la fameuse anecdote ? C’est parti !

Pour toi, mon Papounet :

Tu es un excellent danseur et ce depuis que tu es tout jeune et que tu avais appris Ă  danser dans les bals de ta jeunesse lorsque tu avais la vingtaine.

À l’Ă©poque, dans les annĂ©es 1955, il Ă©tait important de savoir danser toutes les danses qui Ă©taient Ă  la mode si tu ne voulais pas passer pour un ringard et pouvoir ainsi inviter Ă  danser la gente fĂ©minine assez exigeante qui ne dansait qu’avec les bons danseurs


Tous les autres garçons faisaient alors tapisserie ; eh oui ! C’Ă©tait nettement plus dur qu’aujourd’hui en matiĂšre de sĂ©duction.

Et comme la danse Ă©tait entre autre justement une arme de sĂ©duction trĂšs prisĂ©e Ă  cette Ă©poque lĂ  ; alors vous l’aurez compris, les jeunes hommes se devaient d’ĂȘtre d’excellents danseurs lors des bals.

Et donc, ce fut dans ces fameux bals que tu t’exerças au fur et Ă  mesure et que tu devins par la suite un trĂšs bon danseur dont les pistes de danse n’avaient plus aucun secrets pour toi.

Tu excellais en la matiĂšre !

Et bien entendu, lorsque tu fus mutĂ© Ă  Madagascar dans le cadre de ton travail en 1968 (tu avais donc 33 ans) et que tu rencontras Maman Ă  Namakia (lieu oĂč Ă©tait situĂ© la sociĂ©tĂ© SucriĂšre de Namakia « Siramamy » dans laquelle tu travaillais en tant que Comptable) et que vous sortĂźtes ensemble ; tu lui appris Ă  danser lorsque vous alliez au « Cercle » de Namakia ; l’unique Ă©tablissement du village qui organisait rĂ©guliĂšrement des bals de fin de coupe (de la canne Ă  sucre) ainsi que toutes autres fĂȘtes ou Ă©vĂ©nements.

C’est pourquoi, au fil du temps, elle devint Ă  son tour une excellente danseuse tout comme toi.

Quelques annĂ©es aprĂšs vous vous mariĂątes et eĂ»tes une petite fille qui n’Ă©tait autre que moi : CĂ©cile.

Et donc, tout comme ma Maman, je naissais Ă  l’hĂŽpital de Namakia, un certain Dimanche 13 FĂ©vrier 1977.

Mon petit frĂšre Olivier vint au monde en 1978 mais pas dans le mĂȘme village que moi puisque dans le cadre de ton travail, Maman et toi quittĂątes Namakia pour aller vous installer dans la belle Capitale d’Antananarivo.

Ce fut dans cette grande ville qu’Olivier poussa son premier cri.

Et donc tous les quatre vivions dans une charmante villa situĂ©e au cƓur d’Antananarivo.

Les années passÚrent comme un long fleuve tranquille puis toujours dans le cadre de ton travail, vous dûtes quitter définitivement Madagascar pour retourner en France.

Et les annĂ©es passĂšrent entremĂȘlĂ©es d’expatriations en Afrique : CĂŽte d’Ivoire, GuinĂ©e, Tchad et Ă  nouveau un retour au source dans ma belle Ăźle natale : Madagascar.

Et donc l’anecdote que je vais Ă  prĂ©sent vous raconter se situe Ă  l’Ă©poque oĂč nous habitions Ă  nouveau Ă  Antananarivo, lieu de travail de mon Papa.

Nous Ă©tions dans les annĂ©es 93 et j’Ă©tais ĂągĂ©e de 16 ans.

L’Ăąge oĂč je voulais Ă  tout prix savoir danser comme vous deux, mes chers parents


Je ne sais pas pourquoi mais j’enviais tellement votre jeu de jambes ! Que je me disais :

« CĂ©cile ! Tu ne peux pas ne pas savoir danser face Ă  tes danseurs de parents ! Regarde les comme ils dansent bien ! Non, si tu veux ĂȘtre comme eux, il va falloir que tu observes bien attentivement leurs pas de danse. Et puis tu te dois de leur faire montrer que toi aussi, leur fille, tu as l’ADN de la danse en toi ! »

Et c’est ce que je fis au bout de quelques temps, lors d’une soirĂ©e dansante Ă  l’hĂŽtel-restaurant « Villas Caroline » de Flic en Flac situĂ© Ă  L’Ăźle Maurice.

Villas Caroline

Eh oui, mes parents, mon petit frĂšre et moi Ă©tions parti dans cette Ăźle de rĂȘve durant les vacances scolaires de PĂąques.

Et cette soirĂ©e lĂ , je ne sais pas pourquoi mais Ă  force de vous observer en train de vous trĂ©mousser sur la piste de danse au rythme des diffĂ©rentes musiques endiablĂ©es que le DJ passait ; un dĂ©clic se fit dans ma tĂȘte et je commençais peu Ă  peu Ă  vouloir imiter vos pas de danse et tout particuliĂšrement ceux de Maman


Et devinez quoi ? Alléluia ! Je venais de réussir quelques timides chorégraphies un peu hésitantes au début mais ensuite elles furent beaucoup plus précises


Ce qui m’enchanta de plus en plus et me permis d’avoir davantage confiance en moi.

Ce fut donc la premiĂšre fois de ma vie que j’arrivais enfin Ă  faire les mĂȘmes pas de danse que vous et surtout ceux de ma trĂšs chĂšre Maman


Au dĂ©but, vous ne vous en Ă©tiez pas tout de suite aperçu mais lorsque vous m’avez tous les deux enfin remarquĂ©e ; Maman n’avait pas pu s’empĂȘcher de s’exclamer Ă  haute voix :

« Mais ma Poupoule sait trĂšs bien danser ! Ça y est, tu danses comme moi, maintenant. Bravo ! »

Elle avait eu ce large sourire qui illuminait son visage tant elle Ă©tait heureuse et fiĂšre de me voir enfin bien danser.

Quant Ă  toi, mon Papa, tu n’Ă©tais pas de reste. Tu n’arrĂȘtais pas de lever ton pouce en l’air pour me fĂ©liciter.

Tes yeux brillaient et cela se voyait que tu Ă©tais trĂšs fier de moi.

Que ta progĂ©niture sache enfin bien danser ! (mĂȘme si je n’Ă©tais pas encore tout Ă  fait une pro mais je peux vous dire que c’Ă©tait dĂ©jĂ  un bon dĂ©but tout de mĂȘme !) te mettait en joie.

Et moi, je continuais de plus belle


Ben, quoi ? Il fallait bien que je vous en mette plein les yeux. J’avais enfin en moi votre fameuse ADN de la danse qui se diffusait en moi ; je n’allais tout de mĂȘme pas en rester lĂ  et laisser de cĂŽtĂ© la magie de la Power Dance s’Ă©loigner de mon corps alors que j’avais enfin un bon feeling avec elle


Elle s’Ă©tait propagĂ©e en moi et cela n’Ă©tait pas prĂȘt de s’arrĂȘter
 Non, ce n’Ă©tait que le dĂ©but de mon ascension


Une ascension pour devenir à mon tour une trùs bonne danseuse


Et ce jour-là, cette fameuse nuit là ; Olivier (mon petit frÚre) vous aviez aussi épaté en dansant sur la piste de danse


Et quel bon danseur, il Ă©tait !

La relÚve de la « POWER DANCE » était donc assurée dans notre famille !

Ah ! Cette soirée là fut vraiment mémorable !

Danser dans la douce brise de la nuit, face Ă  l’ocĂ©an (sans pouvoir le voir Ă  cause de l’opacitĂ© de la nuit) en entendant par moment le clapotis des vagues, le ressac lorsque le DJ changeait son registre musical par quelques slows lents permettant ainsi d’écouter les sons de l’ocĂ©an Indien.

Oui, toute cette ambiance était magique, presque irréelle tant il y avait ce cÎté merveilleux qui planait tout autour de nous


Nous Ă©tions aurĂ©olĂ©s de myriade d’étoiles et totalement insouciants


Heureux, tout simplement


Danser avec ses parents et son petit frÚre et qui plus est, dans un magnifique décor paradisiaque ! fut un véritable enchantement.

J’avais l’impression de vivre un conte de fĂ©es…

Et toutes ces fĂ©es bienveillantes me prouvaient qu’elles s’Ă©taient bel et bien penchĂ©es sur mon berceau pour me donner leurs clefs du bonheur


Un bonheur que j’étais en train de vivre pleinement auprĂšs de mes parents et de mon petit frĂšre.

Oui, j’en Ă©tais trĂšs consciente et reconnaissante


Oui, je vivais un bonheur absolu


Et apprendre Ă  danser dans une Ăźle comme L’Ăźle Maurice, n’Ă©tait que la cerise sur le gĂąteau


Un rĂȘve devenu rĂ©alité 

Un souvenir inaltĂ©rable que je n’oublierai jamais


T’en souviens-tu encore Mon Papa ? Cela remonte à si loin


Mais je suis certaine que tu n’as pas pu oublier ce jour lĂ , n’est-ce pas ?

Et te souviens-tu aussi lorsque j’avais dansĂ© ma toute premiĂšre danse avec toi lors d’une autre soirĂ©e qui s’Ă©tait dĂ©roulĂ©e cette fois-çi Ă  L’hĂŽtel restaurant Hilton d’Antananarivo Ă  Madagascar ?

J’Ă©tais toute intimidĂ©e face Ă  toi car si j’avais appris Ă  danser Ă  L’Ăźle Maurice toute seule en vous observant Maman et toi ; lĂ  par contre c’Ă©tait tout Ă  fait diffĂ©rent


Danser avec son pÚre qui est un excellent danseur ! La barre est plutÎt haute mais pas inaccessible surtout si on est devenue une passionnée de la danse


Ce que j’Ă©tais devenue au fil du temps


Cette soirĂ©e lĂ , j’avais su relever le dĂ©fi de danser avec toi et mĂȘme si j’Ă©tais quelque peu empruntĂ©e et malhabile face Ă  tes pas de danseur chevronnĂ©.

Et comme tu voulais que je sois Ă  la hauteur ; tu me donnais quelques conseils au passage afin d’Ă©viter quelques erreurs Ă  ne surtout pas commettre dans l’art de la danse.

Ah ! Mais c’est que mon Papa est un passionnĂ© de danse alors quand on a le rythme dans la peau comme lui ; il est bien normal d’ĂȘtre exigeant et de ne pas du tout apprĂ©cier de se faire marcher sur les pieds ou encore d’ĂȘtre trop rigide, pas assez souple si jamais vous dĂ©cidiez d’entamer quelques pas de danse avec lui et que biensĂ»r ; c’est lui qui mĂšnerait alors la danse puisqu’il serait votre cavalier.

Et je l’avoue, ce soir-lĂ , ce ne fut pas vraiment le top car je manquais encore de pratique du haut de mes 16/17/18 ans mais tu ne m’en tenu pas rigueur mĂȘme si tu Ă©tais trĂšs  pointilleux Ă  ce sujet.

Mais les annĂ©es passant, je te prouvais enfin le contraire ! J’avais finalement eu ma revanche


T’en souviens-tu encore mon Papa de ce fameux jour ? D’un certain 31 DĂ©cembre de l’an 2000 oĂč nous avions passĂ©s en famille la Saint Sylvestre dans le restaurant « Le Parc » situĂ© Ă  AlĂšs.

Je suis certaine que oui


J’avais Ă  cette Ă©poque lĂ , exactement 23 ans !

Et donc le soir du rĂ©veillon, nous Ă©tions tous les 4 Ă  table, accompagnĂ©s de ma Tante Patricia (sƓur de Maman) ainsi que de son compagnon.

L’ambiance Ă©tait Ă  son comble.

Il faut dire que le DJ passait de trĂšs bonnes musiques trĂšs entraĂźnantes et dansantes Ă  souhait pour notre plus grand plaisir.

TantĂŽt, nous dansions tous ensemble sur tous nos airs favoris (annĂ©es 80 et actuels) et tantĂŽt nous dĂ©gustions Ă  table l’excellent menu de fĂȘte.

C’Ă©tait vraiment une trĂšs belle soirĂ©e !

Nous Ă©tions en train de discuter lorsque subitement, tu te mis debout (tu te trouvais Ă  cĂŽtĂ© de moi) et tu t’adressa Ă  moi en me tendant la main :

« Une petite danse CĂ©cile ? C’est une valse. Tu sais danser les valses. Allez, viens avec moi, sur la piste de danse »

Je ne savais plus oĂč me mettre, surtout qu’il y avait pas mal de monde dans la salle du restaurant mais comme je voulais te faire ce plaisir (je n’avais pas vraiment le choix non plus et je suis certaine que tu l’avais fait exprĂšs, non ? Mais si, te connaissant, je suis certaine que oui) et aussi parce que tu Ă©tais mon Papa d’Amour alors je pris ta main sans vraiment hĂ©siter puis tu m’entraĂźnas vers la piste de danse.

Il y avait quelques couples qui dansaient dĂ©jĂ  mais il n’y avait pas foule non plus


Tu me regardais de tes jolis yeux verts/jaunes pétillant de joie et tu me dis tout doucement, prÚs de mon oreille, comme pour me rassurer :

« Tout se passera bien. Tu es trĂšs jolie. Il te suffit de bien me suivre comme je te l’ai toujours appris. Allez ! En piste, maintenant ! »

Et mon cƓur battait la chamade. Il fallait absolument que je sois Ă  la hauteur du danseur que tu Ă©tais et ne surtout pas trĂ©bucher ou encore te marcher sur les pieds.

J’essayai de me dĂ©tendre mais c’Ă©tait tout bonnement impossible !

Puis, je fini par me laisser aller en Ă©coutant les vibrations de la musique s’insinuer jusque dans mes oreilles, me donnant l’impression que j’Ă©tais seule avec toi ; toute seule, sur la grande piste de danse


La valse me donnait dĂ©jĂ  le tournis mais j’Ă©tais heureuse d’ĂȘtre dans tes bras. J’Ă©tais fiĂšre de danser avec toi


Tout le long de la danse, je faisais tout pour bien suivre tes pas et rester le plus souple possible dans tous mes mouvements.

Je me laissais aller dans le tourbillon de la valse et plus rien ne comptait


Toutes les personnes assises nous regardaient, nous admiraient ; y compris Maman qui ne manqua pas de nous photographier afin d’immortaliser ce moment.

Un Papa et sa fille dansant une valse


Que d’Ă©motions ! J’en Ă©tais toute retournĂ©e car je dansais avec mon danseur de Papa
Mon amour de Papounet !

Un moment intense que je n’oublierai jamais


Et lorsque la danse se termina alors que j’aurai souhaitĂ© qu’elle continua encore ; quelques personnes nous applaudirent Ă  notre passage avant que nous regagnĂąmes notre table.

Inutile de vous dire que je devins littĂ©ralement rouge pivoine tant je fus intimidĂ©e par toutes ces personnes qui ne cessaient de me sourire tout en me disant que j’avais bien dansĂ© la valse avec mon Papa.

Ah ! T’en souviens-tu encore Papa ? Tu Ă©tais si fier. Si fier de moi.

Et moi aussi, je l’Ă©tais


GrĂące Ă  toi et Ă  ton expĂ©rience de danseur, tu m’avais fait vivre un moment exceptionnel


Un moment que chaque jeune fille devrait vivre avec leur Papa


Un de ces moment qu’il faut savoir savourer dans l’instant et le garder Ă  jamais tout au fond de soi pour pouvoir un beau jour comme aujourd’hui se le remĂ©morer en l’Ă©crivant sous forme d’un article afin de le faire lire au monde entier


De le faire tout simplement partager


Oui, et particuliĂšrement aujourd’hui, le jour de la fĂȘte des PĂšres


Je t’aime mon Papa
 Pour toujours et Ă  jamais.

Et mon doux rĂȘve sera lorsque nous danserons ensemble sur l’une de ces merveilleuses valses Ă  mon Mariage


Un beau jour qui se concrĂ©tisera, j’en suis persuadĂ©e


Et ce jour-lĂ , nous virevolterons sur la piste de danse avec une certaine Ă©motion qui nous submergera


Un Papa et sa fille dansant une valse Ă  l’infini.

Un tourbillon de joie et d’amour.

L’amour d’un PĂšre qui aime profondĂ©ment sa fille et d’une fille qui aime infiniment son pĂšre…

Je t’aime, tout simplement…

Bonne fĂȘte mon Papa d’Amour !!