Invasion de criquets dans la ville de N’Djamena

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Je me souviens d’un jour ou nous devions aller s√©journer 2 ou 3 jours dans un H√ītel qui s’appelle : « Novotel »…

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Voici l’H√ītel Novotel √† N’Djamena

Et ce jour-l√† comme par hasard, il y avait √† N’Djamena ; une invasion de criquets nomade…
Afin de nous rendre √† l’h√ītel Novotel ; ma famille et moi avions emprunt√© notre voiture et c’√©tait tr√®s dur pour mon p√®re de conduire car la visibilit√© de la route √©tait assez r√©duite √† cause de tous ces innombrables criquets qui volaient un peu partout dans l’air et qui venaient le plus souvent se fracasser contre notre pare-brise…
Et d’ailleurs, pour pouvoir d√©loger tous ces criquets vivants ou morts ; mon p√®re fut oblig√© d’utiliser ses essuie-glaces ; ce qui lui permit d’avoir une meilleure visibilit√© de la route ; quoique ce n’√©tait pas non plus gagn√©, tellement il y avait bien trop de criquets !!!

Wanderheuschrecke-03Tout le long de notre parcours, je ne pouvais m’emp√™cher de regarder tous ces nombreux criquets qui volaient dans tous les sens et qui venaient se coller contre la vitre de ma porti√®re…

essaim_criquetsEt je peux vous dire que je d√©testais les voir marcher, ces vilaines bestioles sur les vitres de notre voiture ; car j’en ai¬†une peur bleue de ces insectes !!!
Mais le plus dur et le plus p√©nible pour moi fut lorsque nous arriv√Ęmes enfin √† notre h√ītel et que nous devions obligatoirement sortir de notre v√©hicule afin de regagner la porte d’entr√©e de celui-√ßi…

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Voici une invasion de criquets !

Malgr√© que mes parents et mon fr√®re faisaient un rempart autour de moi afin de me prot√©ger des criquets ; je ne pouvais m’emp√™cher de pousser des petits cris tellement j’√©tais effray√© par ces horribles insectes…(dans ma famille, je suis la seule √† en avoir peur !!!)

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Des myriades de criquets !

Et donc, nous cour√Ľmes tous les 4 tr√®s rapidement, vers les portes d’entr√©es de l’h√ītel afin de nous y engouffrer mais une fois √† l’int√©rieur et avant que les portes ne se referm√®rent derri√®re nous ; une dizaine de criquets nous avaient suivi dans notre course folle ; ce qui ne me rassurait pas du tout. Et comme vous pouvez vous l’imaginer ; il y en avaient qui voletaient un peu partout √† l’int√©rieur du hall de l’h√ītel.

1001048-Criquetcriquets1Mais disons que cela n’√©tait rien compar√© aux innombrables criquets qui volaient √† l’ext√©rieur !!!
C’est bien simple ; on ne pouvait plus distinguer la couleur du ciel tellement celui-√ßi √©tait obscurcit par une nu√©e d’essaims de criquets faisant un bruit assourdissant √† cause du frottement incessant de leurs ailes…

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Vue du ciel : Invasion d’essaims de criquets

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A l’accueil de l’h√ītel, lorsque l’h√ītesse nous remit les clefs de nos chambres ; je ne savais pas qu’une autre √©preuve m’attendait…

Cliquez sur ce lien pour d√©couvrir L’H√ītel Novotel de N’Djamena :

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L’H√ītel Novotel :

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En effet, il se trouvait que nos chambres communicantes donnaient sur une des ailes ext√©rieures de l’h√ītel ; ce qui ne m’enchanta pas du tout…

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Couloirs ext√©rieurs de l’H√ītel Novotel menant √† nos chambres

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Et au moment d’ouvrir la porte de notre chambre ; nous f√ģmes donc, tr√®s attention de ne pas entra√ģner dans notre sillage les fameux insectes ; √©tant donn√© qu’il y en avaient encore un peu partout qui volaient dans tous les sens ou encore d’autres, qui restaient agglutin√©s contre les murs des couloirs ext√©rieurs de l’h√ītel…

9y8ia9s3Mais heureusement tout se passa sans encombres et finalement aucune de ces affreuses bestioles ne s’engouffra ou m√™me ne se trouva √† l’int√©rieur dans nos chambre…
Je pouvais enfin me d√©tendre…
Une fois apr√®s avoir pris une bonne douche, je m’allongeai sur mon lit et avec un soupir de soulagement je me disais en mon for int√©rieur, que j’√©tais en s√©curit√© ici ; alors qu’√† l’ext√©rieur ; la ville de N’Djamena √©tait envahie de ces essaims de criquets…

a41d30ca-48fe-11e1-8c33-83a9aa16abdcEt pourtant, je dois avouer que cette nuit l√†, mon sommeil avait √©t√© tr√®s r√©parateur mis √† part quelques mauvais r√™ves concernant ces ind√©sirables envahisseurs…

Je tenais √† vous raconter cette anecdote de ma vie d’expatriation pass√©e au Tchad car ce fut pour moi un souvenir fort m√©morable…Ce n’est pas tous les jours qu’on voit ce genre d’invasion d’insectes !!!

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Quelques explications sur le criquet nomade :

Schistocerca-gregaria-AdultLe criquet nomade ou criquet rouge est une espèce de criquet de la famille Acrididae, la seule du genreNomadacris.

SauteriauSa morphologie :
Taille des ail√©s m√Ęles : 6 √† 7 cm.
Taille des ailés femelles : 6 à 8,5 cm.

Son comportement :
Le criquet nomade a un comportement semi-arboricole.
Il privilégie les environnements herbacés souvent embroussaillés et denses avec de hautes graminées tels que : mais, canne à sucre, sorgho.
En saison sèche, il utilise des perchoirs arbustifs voire arborés.

3385054893_7930ebb74fSon alimentation :
L’esp√®ce est consid√©r√©e comme nuisible de par les ravages qu’elle peut faire¬†sur les plantes.
Le criquet nomade est un ravageur polyphage (le terme polyphage d√©signe ou qualifie tout organisme se nourrissant d’aliments vari√©s.
Les Tchadiens :
En g√©n√©ral, durant l’invasion des criquets, les Tchadiens aiment bien les attrapper pour ensuite les faire frire afin de pouvoir les d√©guster un peu comme √† la mani√®re des petites fritures de poissons…
Pour ma part, je n’ai jamais go√Ľt√© √† ce genre de met et je pense que je ne m’y risquerai jamais…

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Voici une friture de criquets !

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L’harmattan

Ce fut en 1989 que l’on repartait (mes parents, mon fr√®re et moi-m√™me) pour de nouvelles aventures Africaines !!! et cette fois-√ßi direction : Le Tchad √† N’Djamena (la Capitale)….
Comme vous pouvez l’imaginer, Le Tchad √©tait compl√®tement diff√©rent de la Guin√©e puisque son climat est d√©sertique au Nord et tropical au Sud…

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Il y a d’ailleurs des p√©riodes de grandes s√©cheresses ou l’on peut voir appara√ģtre des vents chauds, secs et poussi√©reux que l’on appelle : harmattan et qui n’arrivent qu’au nord du Tchad…

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Lorsqu’arrive cette p√©riode d’intense s√©cheresse ; je peux vous dire qu’il ne vaut mieux pas se retrouver √† l’ext√©rieur mais plut√īt se calfeutrer √† l’int√©rieur de sa maison…
L’harmattan ne dure en g√©n√©ral qu’1 √† 2 jours cons√©cutifs puis peut dispara√ģtre totalement….mais il peut tout aussi bien revenir tout au long de l’ann√©e…

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D√©but de l’harmattan qui commence √† se lever

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L’harmattan ne cesse de s’amplifier jusqu’√† ce que la visibilit√© devienne de plus en plus r√©duite…

A ces moments l√† ; le ciel devient rouge ou de couleur ocre…et on n’y voit plus rien tellement l’air est charg√© de poussi√®res de sable qui viennent du Sahara…

L’Harmattan :

vent_sable_002L’harmattan est un vent (aliz√©) chaud, sec et poussi√©reux d’Afrique de l’ouest¬†qui souffle vers le sud en provenance du Sahara dans le golfe de Guin√©e en hiver,¬†entre la fin novembre et le milieu du mois de mars.

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Charg√© de poussi√®res et de sables¬†(fines particules de 0,05 √† 1 microm√®tre), il¬†peut obscurcir l’atmosph√®re durant plusieurs jours et favorise les √©pid√©mies de¬†m√©ningite dans les pays sah√©liens ;
Notamment au Burkina Faso, au Mali et au Tchad, ce qui entra√ģne :
– La fragilisation des muqueuses par les particules en suspension ;

et/ou

– Par leur d√©ss√®chement, facilitant le passage du m√©ningocoque dans le sang.¬†La date de son d√©but d’apparition (entre fin novembre et d√©but janvier), sa dur√©e et son intensit√© peuvent fortement influencer les r√©coltes agricoles en Afrique de l’Ouest.
En effet, il repousse le front intertropical (FIT) au-dessus du golfe de Guin√©e, emp√™chant les pluies sur l’ensemble de la r√©gion.
On a remarqué pendant sa présence une nette augmentation des accidents de circulation et des accidents aériens.
Les hopitaux ont aussi not√© un nombre plus important d’hospitalisations pour des causes vari√©es :
– br√Ľlures domestiques,
– pouss√©es d’hypertension art√©rielle,
– bronchites,
Рdécompensation psychiatrique (agitation, dépression, etc.).
Harmattan √† N’Djamena :

f01Je me souviens encore d’un jour ou nous devions f√™ter le nouvel an dans un √©tablissement et qu’il fallait prendre la voiture pour pouvoir y acc√©der et c’√©tait justement au moment ou il y avait l’harmattan…
Ce fut un v√©ritable cauchemar….
Mon p√®re qui conduisait n’y voyait plus rien….et il fut m√™me oblig√© d’utiliser ses essuie-glaces afin de retirer toute cette accumulation de poussi√®re de sable…
Lorsque nous arriv√Ęmes enfin tant bien que mal, sur le fameux lieu ou se d√©roulait la f√™te…je peux vous dire que l’air √©tait tout simplement irrespirable tant la poussi√®re √©tait extr√™mement fine…
Cet air était suffocant.
Si bien qu’il fallait se boucher le nez, fermer les yeux et la bouche et courir rapidement, se r√©fugier √† l’int√©rieur du restaurant afin de ne pas se faire asphyxier par la poussi√®re qui restait en suspension dans l’air…
C’est vrai que de me rappeler de l’harmattan n’est pas vraiment un tr√®s bon souvenir ; mais bon, au moins j’ai su ce que c’√©tait vraiment…
Les Tchadiens connaissent bien l’harmattan et pour se prot√©ger de cette fine poussi√®re de sable ; ils portent un tissu enroul√© autour de leur t√™te, tel que vous pouvez l’aper√ßevoir sur cette photo…

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Guerre ethnique au Tchad en 1990

Le Tchad :

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Le Tchad est un pays d’Afrique Centrale sans acc√®s √† la mer, situ√© au sud de la Libye, √† l’est du Niger et du Nigeria, au nord du Cameroun et de la R√©publique centrafricaine et √† l’ouest du Soudan.

G√©ographiquement et culturellement, le Tchad constitue un point de passage entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire.
Sa capitale est N’Djamena.

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Histoire du Tchad :

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Voici le Président du Tchad : Idriss Déby

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Le Tchad, qui a fait partie des possessions Africaines de la France jusqu’en 1960, a subi 3 d√©cennies de guerre ethnique ainsi que des invasions par la Libye avant de retrouver une certaine paix en 1990.

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Voici des Goranes

Une paix qui ne dura h√©las pas tr√®s longtemps…

Je vais d’ailleurs vous raconter un bien mauvais souvenir que j’ai v√©cu (ma famille et moi) et dont je n’oublierai jamais…

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Voici mon histoire : Guerre ethnique :

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Par une belle matin√©e ensoleill√©e (nous √©tions le 2 D√©cembre 1990 et j’√©tais alors √Ęg√©e de 13 ans) nous re√ß√Ľmes un appel t√©l√©phonique nous annon√ßant qu’il y avait des rebelles qui venaient d’envahir N’Djamena pour prendre le pouvoir…

C’√©tait un coup d’√©tat qui avait √©t√© organis√© par surprise sous le commandement du G√©n√©ral Idriss D√©by afin de ne pas √©veiller les soup√ßons du Pr√©sident Tchadien de l’√©poque : Hiss√®ne Habr√©, son ancien compagnon d’armes…

Ainsi, avec l’appui de la France, le G√©n√©ral Idriss D√©by voulait chasser Hiss√®ne Habr√© de son pouvoir…

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N’Djamena √©tait donc assi√©g√© par des rebelles (Goranes) qui voulaient renverser l’actuel gouvernement d’Hiss√®ne Habr√© et placer au pouvoir leur G√©n√©ral Idriss D√©by en tant que nouveau Pr√©sident de la R√©publique Tchadienne.

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Petite parenthèse :

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Voici Idriss Déby

Idriss Déby Itno, né en 1952 à Berdoba (au sud-est de Fada) est un homme politique Tchadien.

Le 2 d√©cembre 1990, avec l’appui de la France, il chasse du pouvoir son ancien compagnon d’armes Hiss√®ne Habr√© apr√®s une p√©riode de lutte arm√©e men√©e √† partir du Soudan et le remplace le 4 d√©cembre avec le titre de pr√©sident du Conseil d’√Čtat.

Il est ensuite d√©sign√© « Pr√©sident de la r√©publique du Tchad » le 28 f√©vrier 1991, apr√®s l’adoption de la Charte nationale).

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J’en reviens donc √† mon histoire…

Comme tout coup d’√©tat Africain, ce fut la panique g√©n√©rale…

Apr√®s cet appel t√©l√©phonique, mes parents, mon fr√®re et moi, d√Ľmes pr√©parer nos bagages et prendre l’essentiel sans trop se charger.

Ce que nous f√ģmes assez rapidement car il fallait au plus vite quitter notre maison de fonction afin de rejoindre un √ģlot¬†(une maison r√©quisitionn√©e sous le commandement de l’arm√©e de Terre Fran√ßaise « Epervier » et qui y regroupait une petite minorit√© d’expatri√©s Fran√ßais tout comme nous…)

Les bagages faits et nos 3 chats install√©s dans leur sacs de voyage respectifs, nous part√ģmes direction cet √ģlot, en voiture.

Au cours de notre trajet, nous nous retrouv√Ęmes subitement nez √† nez devant un tank de l’arm√©e Fran√ßaise et je peux vous dire que la vision de cet √©norme engin fut tr√®s impressionnante car son canon √©tait tourn√© en notre direction…

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L’espace d’un instant je crus d√©faillir tellement j’avais peur…

Tout de m√™me, ce n’est pas tous les jours que l’on se retrouve face √† face devant un tank…

Et pourtant ma famille et moi en faisions l’horrible exp√©rience.

J’en garde d’ailleurs un tr√®s mauvais souvenir…

Mis √† part cette mauvaise rencontre lors de notre trajet, nous trouv√Ęmes enfin l’adresse de l’√ģlot.

Une fois notre voiture gar√©e dans le jardin de celui-√ßi, tout pr√®s du portail (nous n’avions pas le choix puisqu’il y avait d√©j√† un bon nombre de voitures qui √©taient gar√©es en √©pis) ; nous d√©cid√Ęmes de laisser nos 3 chats et nos valises √† l’int√©rieur de notre v√©hicule.

Mes parents d√©cid√®rent de sortir nos chats de leur sacs de voyage afin qu’ils puissent se sentir plus √† l’aise et ouvrirent √©galement un petit peu les fen√™tres arri√®res de la voiture afin qu’ils puissent mieux respirer.

Ensuite, tous les 4, nous rejoign√ģmes¬†le petit groupe d’expatri√©s qui se trouvait d√©j√† √† l’int√©rieur de l’√ģlot.

Une fois √† l’int√©rieur,¬†les heures pass√®rent et pass√®rent sans que quiconque ne vienne nous sauver.

Ma famille et moi √©tions tr√®s inquiets car on avait l’impression d’√™tre abandonn√©s et vraiment coup√©s du monde…

C’√©tait interminable cette attente¬†et cela √©tait d√Ľ en grande partie √† cause de la mauvaise strat√©gie de l’arm√©e de terre Fran√ßaise et du Quai d’Orsay (le Minist√®re des affaires √©trang√®res).

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Le temps passait irr√©m√©diablement lorsque soudain 2 goranes (des rebelles Tchadiens) arm√©s de leur kalachnikov et muni d’un pistolet, firent irruption dans le jardin en r√©clamant qu’ils voulaient juste une voiture (afin de pouvoir s’enfuir de N’Djamena, selon les dires du gardien de jour Tchadien de la maison).

photo-280085-LEt malheureusement, comme notre voiture se trouvait √™tre gar√©e pr√®s du portail,¬†vous devinez alors la suite…

Pourtant, il y avait bien un autre v√©hicule gar√© tout pr√®s de notre voiture et ce, juste en face du portail et qui se trouvait √™tre un 4X4 tout terrain…

Ce 4X4 √©tait vide,¬†c’est √† dire : sans aucun bagage et qui plus est sans animaux…

Mes parents ne voulaient pas donner leur voiture pour les simples et uniques raisons qu’il y avait tous nos bagages ainsi que nos chats qui √©taient rest√©s √† l’int√©rieur.

Mes parents ont tout fait pour faire entendre raison √† ce propri√©taire du 4X4 (qui √©tait √©galement le propri√©taire de la maison) mais celui-√ßi ne voulait en aucun cas donner son v√©hicule car il avait peur et qu’il √©tait tout bonnement un l√Ęche…

Je me souviens encore de cet homme¬†et p√®re de famille qui se fichait totalement de notre sort…

Ce jour-l√†, je me suis m√™me dis que c’√©tait un √™tre immonde, √©goiste et totalement indigne qui aurait du alors se retrouver √† notre place √† cet instant l√†… Oui, une situation des plus affreuses qu’il aurait du subir lui aussi…

D’ailleurs, si jamais il lisait cet article (que je souhaite), je tenais √† lui dire ceci :

« Vous √©tiez une v√©ritable ordure ce jour-l√† ! Oui une lamentable ordure ! Et vous vous √©tiez comport√© comme un l√Ęche ! Comment avez-vous pu oser ne pas donner votre 4X4 rutilant √† ces deux Goranes ? Hein ? Pourquoi ? La r√©ponse est √©vidente. Vous ne vouliez pas donner votre voiture toute neuve ! Allez au diable ! esp√®ce de sale cr√©tin ! »

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Malgr√© un dialogue sans fin¬†√† b√Ętons rompus (vraiment pitoyable et grotesque) avec cet homme d√©nu√© d’intelligence et de bon sens (pour lui faire soit disant entendre raison) ; mes parents durent se r√©soudre au pire ; donner leur voiture car les rebelles commen√ßaient √† s’impatienter.

C’est alors que mon p√®re prit ses clefs de voiture et sortit dehors.

Ma mère le suivit afin de pouvoir sauver toutes nos affaires ainsi que nos chats dans le cas ou les rebelles leur donneraient peut-être cette éventuelle possibilité (Ce que ma mère et mon père espéraient vraiment).

Mon p√®re essaya donc¬†d’expliquer (par des gestes) aux goranes qu’il voulait r√©cup√©rer ses valises ainsi que ses chats.

Ceux-√ßi ne s’y oppos√®rent pas mais ils voulaient en contrepartie, que mes parents se d√©p√™chent au plus vite afin qu’ils puissent quitter les lieux.

Vu leur excitation et leur impatience, cela se voyait qu’ils voulaient fuir au plus vite N’Djamena √† cause de l’arriv√©e des troupes du G√©n√©ral Idriss D√©by.

Mais l√† encore,¬†mes parents n’eurent pas de chance…

En effet, mon p√®re n’arrivait pas ouvrir la porti√®re avant (droite) √† cause de la serrure qui √©tait d√©fectueuse et qui devait normalement √™tre r√©par√©e dans les jours √† venir.¬†C’√©tait vraiment pas de chance !

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Mon père dut batailler tant bien que mal avec cette satanée serrure mais heureusement, la portière finit enfin par céder !

Mais c’√©tait sans compter sur ces rebelles qui commen√ßaient de plus en plus √† s’exciter et √† s’√©nerver davantage…

L’un deux commen√ßa √† hurler en un dialecte incompr√©hensible car il pensait que mon p√®re avait fait expr√®s de leur faire cette ruse afin qu’ils ne puissent pas voler sa voiture.

C’√©tait un regrettable mauvais coup du sort qui s’acharnait une fois de plus contre nous…

De l√† ou je me trouvais, (derri√®re la grande baie vitr√©e du salon de la maison) je pouvais voir tr√®s nettement toute la sc√®ne et je peux vous dire que jamais je n’avais eu autant peur de ma vie…

C’√©tait horrible de voir mes parents confront√©s √† ces sales brutes de rebelles…

Je m’imaginais le pire et je n’avais pas si tort que √ßa…

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Le gorane qui n’arr√™tait pas de hurler et qui avait les yeux inject√©s de sang car il √©tait sans aucun doute drogu√©, pointa subitement le canon de son pistolet dans le dos de ma m√®re qui essayait de sauver nos 3 chats et quelques uns de nos bagages.

Si vous vous souvenez bien,¬†mes parents avaient d√©cid√© de laisser nos chats en dehors de leurs sacs de voyage afin qu’ils puissent se sentir plus √† l’aise √† l’int√©rieur de notre voiture.¬†Eh bien, heureusement qu’ils avaient eu cette id√©e…

Deux chats avaient pu s’√©chapper de la voiture gr√Ęce √† ma m√®re qui les avait lib√©r√©s en d√©grafant leurs laisses qui √©taient attach√©es autour de leur cou et qui les emp√™chaient litt√©ralement de pouvoir se mouvoir et donc de s’enfuir…

Puis avec rage et d√©termination, elle les avait rapidement repouss√©s vers l’ext√©rieur de l’habitacle afin qu’ils puissent enfin se sortir de ce pi√®ge…

C’est vrai que ma m√®re avait fait preuve de beaucoup de sang froid ce jour-l√† car ces deux chats auraient pu ne jamais s’en sortir si elle ne les avait pas d√©tach√©s de leurs laisses…

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Voici Minouchkaya (Vous savez, celle que j’avais sauv√©e in extr√©mis en Guin√©e √† Conakry)

Et donc, une fois délivrés, nos deux chats se mirent à courir très vite vers les buissons du jardin, tellement ils étaient effrayés.

Toujours avec autant de sans-froid, ma m√®re essaya de sauver tant bien que mal mon chaton blanc « Snoopy » qui s’√©tait cach√© sous le si√®ge avant du v√©hicule tellement il avait eu peur des Goranes mais h√©las, elle ne parvint pas √† le d√©livrer car il √©tait √©galement prisonnier de sa laisse qui l’emp√™chait de pouvoir se mouvoir et donc de s’enfuir de cet enfer.

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Voici mon petit Snoopy…

Mais √† ce moment l√†, ma m√®re ne se doutait pas une seule seconde que le Gorane drogu√©, la visait dans le dos avec son arme √† feu…

C’est alors que mon p√®re qui avait observ√© les intentions de ce gorane fit un geste h√©roique…

Sans plus attendre, il tapa tr√®s fort sur le canon de la kalachnikov afin de rabaisser l’arme au sol et de d√©tourner la trajectoire de la balle.¬†Le canon se rabattit violemment contre le sol au m√™me moment o√Ļ ce gorane (drogu√©) avait appuy√© sur la g√Ęchette.

Soudain, j’entendis une d√©flagration.¬†Un bruit terrible et affreux,¬†me laissant paralys√©e sur place…

La balle tir√©e de la kalachnikov venait de tomber au sol.¬†Cette ordure de rebelle avait manqu√© son sale coup…

Par son geste, mon p√®re avait sauv√© la vie de ma m√®re…

Mais h√©las, il fut l√©g√®rement bless√© au niveau du ventre car la chaleur du bout du canon de la kalachnikov avait litt√©ralement transperc√©e sa chemise et donc √©gratign√© au passage sa peau, faisant appara√ģtre au bout de quelques instants, une petite¬†aur√©ole de sang qui maculait sa chemise.

****

En voyant cette sc√®ne,¬†je d√©cidai de sortir de la maison car j’√©tais affol√©e et tr√®s inqui√®te.

Je sortis donc de la maison en courant...

Mais heureusement, une des personnes qui se trouvait √† l’int√©rieur stoppa ma course en me saisissant par la taille.

L’homme me plaqua contre lui et me dit tout doucement qu’il ne fallait plus que je fasse aucun geste…

En me stoppant dans ma course, j’eu le souffle coup√© et ne pu m’emp√™cher de pleurer (pas √† cause de la douleur mais par le fait que j’√©tais morte d’inqui√©tude pour mes parents).

Le geste de ce monsieur m’avait tout simplement sauv√© la vie car √† ce moment l√†, le deuxi√®me gorane me visait de loin avec sa kalachnikov…

Mon petit fr√®re qui se trouvait √† l’int√©rieur de la maison √©tait tr√®s angoiss√© car il venait de voir toute la sc√®ne.

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Je regardais mes parents au loin et je me disais que c’√©tait la fin du monde…

Le Gorane qui m’avait vis√©, attrapa brusquement le bras de son acolyte…¬†Je crois bien qu’il essayait de le r√©sonner.

La situation les échappait.

Et c’√©tait une certitude, mes parents ne pourraient pas sauver l’int√©gralit√© de leurs affaires, rest√©es dans le coffre de leur voiture.¬†

D’ailleurs, l’instant d’apr√®s, les goranes se pr√©cipit√®rent √† l’int√©rieur du v√©hicule et s’enfuy√®rent en roulant √† grande vitesse, ne laissant appara√ģtre derri√®re eux, qu’un √©pais nuage de poussi√®re de terre rouge…

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Ma m√®re √©tait sous le choc ainsi que mon p√®re…

Ils √©taient d√©sempar√©s et perdus…¬†Nous avions absolument tout perdu…

Nous n’avions plus aucun¬†bagage (les bijoux en or de ma m√®re qui √©taient des souvenirs de Madagascar et d’Afrique se trouvaient dans une de nos valises et ce fut un v√©ritable cr√®ve-coeur pour elle de savoir que ses biens les plus pr√©cieux furent entre les mains d’immondes salopards).

Mais dans ce terrible malheur, nous avions la chance d’avoir toujours nos deux chats qui avaient pu √™tre sauv√©s gr√Ęce √† Maman…

H√©las, ce ne fut pas le cas de mon chaton (que j’aimais tant) « Snoopy » qui √©tait rest√© coinc√© sous le si√®ge avant, c√īt√© conducteur de notre voiture…

J’imagine que ces ordures ont du l’abattre en le faisant souffrir (je ne sais de quelle mani√®re mais jusqu’√† aujourd’hui je pr√©f√®re ne pas trop y penser) vu que c’√©taient des sanguinaires !

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Mais ce que j’ai retenu le plus de cette atroce journ√©e dont je ne cesserai jamais de me la rem√©morer avec beaucoup d’√©motion et de tristesse ; c’est que nous avions fr√īl√© la mort de tr√®s pr√®s et que dans cet infernal chaos, nous avions eu l’immense chance de pouvoir rester en vie tous les 4…

Cela aurait pu mal se terminer mais je remercie encore le ciel d’avoir √©pargn√© nos vies… Qu’il ne soit rien arriv√© √† ma m√®re, ni √† mon p√®re (juste une l√©g√®re blessure due √† la br√Ľlure de la chaleur du canon de la Kalachnikov) et ni √† mon petit fr√®re !

Certes, on nous avait vol√© tous nos souvenirs de Madagascar et d’Afrique ainsi que nos biens les plus pr√©cieux ; sans oublier la perte de mon chaton mais dans tout ce drame, nous √©tions encore en vie et c’est ce qui est l’essentiel √† retenir finalement…

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En conclusion de mon histoire, je terminerai mon récit en vous disant ceci :

« La vie est ce qu’il y a de plus beau et de plus important sur cette terre… Elle n’a pas de prix… Elle est tr√®s pr√©cieuse et plus que jamais, elle vaut d’√™tre v√©cue…

Souvenirs culinaires

Souvenirs culinaires en Guinée à Conakry : Année 1987 : Une douce gourmandise : Patates-douces-blanches

32636538 Je me rappelle encore lorsque ma m√®re faisait frire des patates douces √† chair blanche (√† peau blanche) et que du salon ou je me trouvais ; je pouvais sentir toutes les effluves de friture… patate-douceJ’attendais alors avec beaucoup d’impatience, le moment ou elle d√©poserait sur la grande table √† manger ; un grand saladier en verre dans lequel se trouvaient les fameuses tranches de patates douces frits et toutes dor√©es… 60735525_p Puis Maman ne manquait jamais de nous rappeler √† moi et √† mon fr√®re : « Les enfants, faites tr√®s attention !! j’ai d√©pos√© le saladier ici pour que les patates douces puissent se refroidir un peu car pour l’instant, elles sont tr√®s bouillantes !!! alors n’y touchez pas encore !!! d’accord ?? » Et je m’empressais de lui dire :  » Oui, Maman…On n’y touchera pas…c’est promis !!! » Mais c’√©tait tout simplement impossible pour moi d’attendre plus longtemps car la simple vue de ces patates me donnaient tout simplement l’eau √† la bouche… Et biens√Ľr, vous devinez la suite…Je me pr√©cipitai en cachette pendant que Maman avait le dos tourn√© et qu’elle se trouvait encore en cuisine ; pour chiper deux grandes tranches de patate douce… Sur le coup, c’est vrai que la chaleur des patates me br√Ľlait un peu le bout des doigts mais qu’importe du moment que j’avais r√©ussi √† en prendre au moins deux : une pour moi et une pour mon petit fr√®re. 8185233 Et quel plaisir immense ensuite, de pouvoir d√©guster cette ch√®re petite gourmandise… Je me souviens encore du go√Ľt de cette patate frite que j’avais plaisir √† avoir en bouche ; de la saveur de son sucre en poudre fondu et √† peine s√©ch√© qui la recouvrait si finement… sucre_poudre C’est vrai que je garderai toujours au fond de ma m√©moire cette jolie image de moi et de mon petit fr√®re en train de savourer avec d√©lice notre petit p√™ch√© mignon… sucre-en-poudre Ah les souvenirs d’enfance !!! quelles merveilles tout de m√™me !!!

Le Manguier voyageur

J’aimerais vous raconter un souvenir de la Guin√©e qui me touche particuli√®rement √† chaque fois que j’y songe lorsque j’ai de la nostalgie par rapport √† mon enfance pass√©e en Afrique…

A cette √©poque l√†, je devais bien avoir 9 ou 10 ans et je m’en souviens encore comme si c’√©tait hier…

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Le manguier de l’√©vasion :

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Comme je vous l’avais d√©j√† racont√© lors de mes pr√©c√©dentes anecdotes, notre maison de fonction √©tait situ√©e en bordure de mer et sa fa√ßade faisait face √† un haut mur ajour√© d’alv√©oles par lesquelles on pouvait aper√ßevoir une magnifique plage de sable blanc…

Parfois, il pouvait m√™me arriver que l’un de nos 3 chats passait la t√™te √† travers l’une d’entre elles ; afin de regarder sans doute juste par curiosit√© ; ce qui se passait derri√®re…

Et au devant, tout √† fait √† droite de ce haut mur,¬†se trouvait un grand et bel arbre fruitier qui n’√©tait autre qu’un manguier…

La partie inf√©rieure des branchages de celui-√ßi venait se coucher litt√©ralement sur le dessus du mur qui √©tait incrust√© de brisures de verres de bouteilles tr√®s tranchantes afin de dissuader les voleurs de franchir le mur c√īt√© plage.

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Mon arbre à moi !
Un arbre qui √©tait pour moi comme un confident bien vivant et bien plus encore car il me transportait √† chaque fois que je le souhaitais, loin du monde r√©√®l dans des voyages extraordinaires, au-del√† des fronti√®res, dans les airs ! vers de nouvelles contr√©es…

J’adorais ce manguier qui me permettait de m’√©vader l’esprit et de r√©aliser chacun de mes r√™ves rien qu’en regardant de mes yeux √©merveill√©s, la mer, le ciel et les nuages si blancs…

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De mon arbre, juch√©e tout √† fait en haut de la cime, je pouvais aper√ßevoir toute l’immensit√© de l’oc√©an Atlantique et sentir ses agr√©ables odeurs d’algues et d’embruns…

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J’√©coutais avec all√©gresse le bruit du ressac de la mer mais aussi celui du vent, entrem√™l√©s par les cries de joie des quelques enfants Guin√©ens qui jouaient, non loin de l√†, sur la plage…

Tous mes sens étaient en éveil :
– La vue de ce superbe tableau repr√©sentait tant√īt, (suivant les jours) une mer houleuse ou lisse comme une ardoise…

– Le bruit des vagues me ber√ßait tandis que le souffle du vent de la mer venait me rafra√ģchir les yeux qui restaient l√©g√®rement pliss√©s √† cause de la force de celui-√ßi…

– Le vent me caressait tout doucement le visage et me procurait une v√©ritable sensation de bien-√™tre et de fra√ģcheur gr√Ęce √† sa ventilation ; tellemement il faisait extr√™mement chaud en Guin√©e…

Je me rappelle qu’√† ces moments l√†, je me sentais si sereine, si libre, si heureuse et¬†en totale harmonie avec la nature, la mer, le ciel et le vent…

Ce vent que j’aimais tant et qui faisait virevolter par moment, ma longue queue de cheval blonde qui venait me chatouiller le visage…

A ces moments l√†, j’avais l’impression de m’envoler tel un oiseau dans ce ciel si bleu, parsem√© de nuages et qui me fascinait tant…

Je respirais l’air marin √† pleins poumons et je me sentais libre face au vent de la mer comme si je gouvernais le monde entier…(exactement comme la fameuse sc√®ne du film « Titanic » ou le h√©ros « Jack » se sentait √™tre le « Roi du Monde »)

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Je me sentais √™tre la Reine de tout l’oc√©an Atlantique !¬†et pourquoi pas du monde entier tellement j’√©tais devenue une g√©ante dot√©e d’une force surnaturelle qui pouvait surmonter n’importe quel probl√®me et biens√Ľr pouvoir aider mon prochain en un claquement de doigt et ce, sans aucun effort, telle une h√©roine de bande dessin√©e…

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Oui, gr√Ęce √† mon arbre magique, je pouvais accomplir tout ce que je ne pouvais pas r√©aliser en tant qu’√™tre humain mortel sur cette terre…

Ce manguier me grandissait et me permettait d’√™tre au-dessus de tout, rien qu’en touchant son √©corce qui √©tait √† la fois douce et rugueuse..

Oui, je pouvais ressentir toute sa force…

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Gr√Ęce √† lui, j’avais des ailes virtuelles dans le dos et je pouvais tout combattre sans craindre qui que ce soit car je devenais invincible et intouchable gr√Ęce √† ses pouvoirs surnaturels qu’il m’avait transmise…

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Mon chat Poussy-cat :

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J’aimais bien √©galement, emmener avec moi mon adorable chat Poussy-cat que j’installais bien confortablement dans son panier en raphia.

Ensuite, je reliais ensemble les deux anses du panier par une épaisse corde en plastique en formant un triple noeud afin que cela soit bien solide.

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Puis je rattachais le bout de la corde √† une grosse branche bien costaude afin que mon chat puisse dormir en toute tranquillit√© sans risque que la corde ne c√®de et que celui-√ßi ne tombe en bas de l’arbre.

Ce que je tiens √† signaler, c’est que ce genre de d√©sagr√©ment ne lui √©tait encore jamais arriv√© car je faisais toujours tr√®s attention √† la robustesse de la corde et biens√Ľr √† la solidit√© de la branche √† laquelle son panier √©tait suspendu.

Et voil√† que mon chat dormait paisiblement dans son panier qui faisait de temps en temps des vas et vient tel un balan√ßier √† cause du vent o√Ļ tout simplement parce qu’il s’√©tait mis debout sur ses 4 pattes pour pouvoir changer de position.

A ces moments-l√†, il faisait remuer assez dangereusement son panier mais disons qu’il √©tait tr√®s habile puisqu’il ne perdait jamais l’√©quilibre et qu’il arrivait toujours √† stabiliser le fameux balan√ßier.

Le panier de mon chat était suspendu à la plus haute des branches, tout près de moi et souvent je me mettais à lui caresser le dos, le ventre et la tête tout en lui murmurant des mots doux.

Inutile de vous dire que nous √©tions lui et moi en totale symbiose…

Poussy-cat n’avait pas du tout le vertige et cela se voyait qu’il avait totalement confiance en moi puisqu’il arrivait √† dormir pr√®s de deux heures de temps dans son panier qui √©tait suspendu dans le vide…

Je crois m√™me qu’il adorait ces moments-l√† avec moi et biens√Ľr, c’√©tait r√©ciproque en ce qui me concernait.

Il faut dire que je l’adorais tellement mon Poussy-cat…

****

Une petite frayeur :
Je me rappelle d’un certain jour…

J’√©tais debout sur une des grosses branches du manguier et je regardais l’oc√©an droit devant moi tout en r√™vassant.

Il pouvait m’arriver √©galement de cueillir une ou deux mangues bien m√Ľres que je pla√ßais ensuite √† l’int√©rieur d’un sac en plastique rest√© accroch√© √† l’une des branches de l’arbre.

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Je n’aimais pas les mangues √† l’√©poque ; par contre ma Maman en raffolait alors le plus souvent je les lui donnais.

Aujourd’hui, j’ai appris √† les appr√©cier et je dois bien avouer qu’elles sont devenues l’un de mes fruits exotiques pr√©f√©r√©es.

De temps en temps, j’aimais bien aussi regarder la villa de notre voisin qui se trouvait √† droite de notre manguier, derri√®re le haut mur de cl√īture.

Comme je me trouvais √† la cime de l’arbre,¬†j’arrivais facilement √† observer son jardin o√Ļ se baladaient deux grands l√©vriers Afghans gris qui ne pouvaient pas me voir tellement j’√©tais bien cach√©e parmi les feuillages de mon manguier…

J’aimais bien les regarder et de temps en temps je voyais √©galement un des domestiques sortir de la villa pour leur donner √† manger.

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A un moment donn√©, je voulais juste changer de position car j’avais un peu des fourmis dans les jambes alors je d√©cidai d’agripper une des branches afin de me soutenir puis une autre et encore une autre quand soudain je faillis basculer en arri√®re.

En effet, avec horreur je m’aper√ßus que je tenais dans ma main droite un esp√®ce de long b√Ęton, un peu mou…

C’√©tait un phasme ! un de ces horribles phasmes bizarres que je d√©teste tant !

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Petite parenthèse : Le Phasme :
Les phasmes sont des insectes herbivores qui se fondent dans leur environnement en imitant à la perfection des brindilles, des feuilles mortes ou vertes, voire des lichens.

On parle dans ce cas d’homotypie et d’homochromie (respectivement « m√™me forme, m√™me couleur ») et ce type de mim√©tisme est √† l’origine de son nom vernaculaire : le ¬ę B√Ęton du Diable ¬Ľ.

Ce camouflage est pouss√© jusque dans leur fa√ßon de se mouvoir, puisqu’ils se d√©placent lentement, par √†-coups, comme une branche ballott√©e par le vent.¬†La plupart peuvent √©galement rester parfaitement immobiles pendant des heures.

****

Je poussai un grand cri¬†puis avec effroi et d√©go√Ľt je secouai fr√©n√©tiquement ma main puis illico presto cette esp√®ce de petite branche qui n’en √©tait pas une du tout tomba sur les graviers par terre, juste au pied de l’arbre…

Ameut√© par mes cris, le gardien de jour courut tr√®s vite vers le manguier o√Ļ j’√©tais perch√©e ; leva les yeux vers moi et me dit en fron√ßant les sourcils :

« C’est quoi C√©cile ! toi vu b√™te ? »

Du haut de mon arbre, Je lui répondis en criant :

« Oui Bas ! » (notre gardien de jour s’appelait Bas) « Il y a une grosse b√™te. Regarde ! Elle se trouve juste √† c√īt√© de toi. Regarde ! pr√®s de tes pieds. L√† ! L√† ! Il est toujours l√†, pr√®s de tes pieds ! »

Je lui d√©signai du doigt l’horrible bestiole qui marchait tr√®s lentement sur les petits cailloux blancs.

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Bas venait enfin d’aper√ßevoir le grand phasme…

Il le ramassa et le jeta tr√®s haut et tr√®s loin par dessus le mur de cl√īture puis l’horrible insecte vint alors s’√©craser sur le sable de la plage.¬†De l√† ou j’√©tais, j’avais vu toute la sc√®ne…

C’√©tait la seule et unique m√©saventure que j’avais eu sur mon arbre ! et heureusement !

Et je me rappelle que ce jour-l√† j’avais eu la trouille de ma vie surtout pour une personne telle que moi qui d√©teste tous les insectes √† part la coccinelle que j’arrive √† peu pr√®s √† tol√©rer…

Sinon en dehors de cette petite frayeur que j’avais eu, ce manguier √©tait pour moi un v√©ritable petit refuge dont j’adorais y passer des heures et des heures car il me permettait de voyager entre terre, mer et ciel comme si j’√©tais un oiseau ou tout simplement un des √©l√©ments de la nature tel que le vent…

C’est pourquoi, j’ai d√©cid√© √† travers cet article de l’appeler : Le manguier voyageur…

Je tenais absolument √† vous faire partager cette petite anecdote que je n’oublierai jamais car cela restera pour moi un de mes plus beaux moments magiques de mon enfance, pass√©e en Guin√©e √† Conakry…

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Je me souviens encore d’un tr√®s joli souvenir de la Guin√©e lorsque nous habitions encore, ma famille et moi dans notre charmante villa situ√©e en bord de mer, √† l’avenue Madina Corniche, dans la Capitale de la Guin√©e, √† Conakry…

****

Mon fr√®re « Olivier » aimait beaucoup s’amuser √† explorer notre jardin car je dois dire qu’il y avait une multitude de toutes sortes d’insectes tr√®s insolites et √©tant donn√© qu’il avait une passion certaine pour les fourmis ; il aimait bien √©galement observer d’autres sp√©cimens d’insectes pour son plus grand plaisir !

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Pour ma part, je n’aimais pas du tout le monde des insectes mais alors pas du tout, √† part peut-√™tre pour les fourmis ou encore les coccinelles mais c’est tout !

Un jour, pendant que je jouais avec nos deux chiens Urs et Biciline ainsi que nos 3 chats,¬†Olivier m’interpella et me demanda de le suivre car il avait quelque-chose √† me faire montrer.

Je le suivis avec pas mal d’inqui√©tude,¬†non pas que je me m√©fiais de lui car je dois bien avouer que jamais il ne m’avait jou√© un sale petit tour comme certains petits fr√®res osent le faire par sadisme envers leurs soeurs.

Non, bien au contraire, Olivier ne m’avait jamais fait quoi que ce soit pour m’effrayer en me lan√ßant un insecte sur moi par exemple, non jamais et tant mieux d’ailleurs !

Par contre, le seul inconv√©nient chez lui, √©tait que si jamais je voulais qu’il √©crabouille vite fait bien fait une mante religieuse (j’ai horreur de ces sales bestioles) qui osait se mettre en travers de mon chemin, il ne le faisait jamais car il estimait que chaque insecte m√©ritait de vivre et donc il prenait l’insecte en question et le jetait un peu plus loin afin que celui-√ßi puisse continuer sa petite vie…

Eh oui ! il était très respectueux de la nature et du monde des insectes, pour mon plus grand malheur ! (Je veux parler des insectes bien entendu)

Ce fut donc avec une l√©g√®re appr√©hension que je suivis mon petit fr√®re en me demandant tout de m√™me ce qu’il allait bien me faire montrer ; sans doute le fameux QG de ces ch√®res fourmis…

Enfin arriv√©s sur le fameux lieu o√Ļ se trouvait ladite chose, Olivier me dit :

« Viens avec moi C√©cile. Allez viens. Suis-moi et accroupis toi derri√®re ce petit arbuste. Regarde l√†-bas… Tu as vu ?? »

Une fois m’√™tre accroupie, je regardai dans la direction qu’il me d√©signait du doigt.

Et ce fut √† ce moment l√† que j’aper√ßus une bien √©trange bestiole que je n’avais jusqu’alors pas encore remarqu√©e dans notre jardin car cela ne faisait pas tr√®s longtemps que nous vivions en Guin√©e. Et donc, nous n’avions pas encore fait suffisamment le tour de toutes ces charmantes b√©b√™tes…

Cette bestiole l√†, semblait venir tout droit de l’√®re pr√©historique tellement elle √©tait diff√©rente de tous les insectes que j’avais jusque l√† d√©j√† vu dans ma vie d’enfant. Et il se trouvait que cet extraordinaire animal √©tait l√†, juste devant mes yeux, √† quelques m√®tres seulement de moi…

Vraiment incroyable¬†une telle d√©couverte ! et qui plus est dans notre jardin…

****

Puis, avec un petit sourire en coin, Olivier me dit :

« T’as vu ?? C’est la premi√®re fois que je vois un tel sp√©cimen. Il est beau, non ? Tu as vu ses pattes ? Et sa t√™te ? Trop bizarre, hein ?? »

« Oui c’est vrai, tu as raison » lui r√©pondis-je. « J’avais jamais vu une telle bestiole ! Elle fait un peu peur. Mais qu’est-ce qu’il fait l√† ?? » ajoutai-je avec curiosit√©.

Le grand l√©zard venait de boire une petite lamp√©e d’eau d’une petite flaque boueuse (la veille, il y avait eu une forte pluie) puis il enfouit sa dr√īle de t√™te pr√©historique dans un petit trou qui devait √™tre assez profond car √† pr√©sent, je ne voyais plus que ses deux pattes arri√®res griffues ainsi que sa si longue queue…

C’est alors que mon fr√®re me dit :

« √ßa fait un moment que je l’observe et j’ai vu qu’il n’arr√™tait pas de sortir des trucs ronds et blancs du petit trou ; sans doute des oeufs et qu’il les crevait ensuite avec ses pattes de devant pour manger ce qu’il y a dedans. Je pense que ce doit √™tre un m√Ęle sinon il aurait pas manger ses propres oeufs si c’√©taient les siens… »

« Mais √† qui sont les oeufs alors ? demandai-je. « Berk, il est d√©gueulasse en tout cas. Pourquoi il mange √ßa ?? Il est m√©chant, je trouve. Il tue des b√©b√©s »

« Mais c’est la nature C√©cile ! Tu peux pas emp√™cher √ßa. Je pense que les oeufs appartiennent √† la femelle l√©zard qui lui ressemble un peu, sauf que j’ai remarqu√© qu’elle est beaucoup plus petite que lui. Je l’ai vu tout √† l’heure avant de voir le grand m√Ęle et elle mettait souvent sa t√™te √† l’int√©rieur du petit trou mais je sais pas trop ce qu’elle y faisait. Puis ensuite, j’ai vu le grand l√©zard qui venait tout pr√®s du trou pendant que la femelle √©tait partie. Et c’est l√† que j’ai mieux observ√© le man√®ge du m√Ęle et que j’ai voulu que tu vois √ßa. Depuis tout √† l’heure, il a d√©j√† mang√© 3 oeufs »

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« Mais tu le laisses faire ? Pourquoi ?? Et la femelle ?? Qu’est-ce qu’elle fait ?? pourquoi elle revient pas ?? »

« Mais elle √©tait revenue tout √† l’heure. Sauf que le m√Ęle lui barrait la route qui m√®ne √† ses oeufs et il avait l’air de la menacer alors elle s’est enfuit quelque part et depuis elle n’est plus revenue. Mais je voulais faire quelque-chose, c’est pour √ßa que je t’ai appel√©. Tu veux que je te dise mon plan ? »

« Mais c’est quoi comme plan ?? Qu’est-ce que tu veux faire ? Dis-moi… »

Avec de nouveau ce petit sourire que je lui connaissais si bien ; il me dit :

« Voil√†, j’aimerais l’attraper et le placer √† l’int√©rieur de la gloriette. Ensuite, on pourrait lui donner √† manger, prendre soin de lui et mieux l’observer. Tu sais, c’est rare une b√™te comme √ßa ! Moi, en tout cas, j’aimerais bien le faire et toi ?? »

« Eh bien, je sais pas trop… Il fait un peu peur quand m√™me. Comment on ferait pour l’attraper ? En plus, il a des griffes. Je sais pas trop… Tu crois vraiment qu’il faudrait faire √ßa ?? »

« Mais oui, pourquoi pas ?? Allez C√©cile ! N’aie pas peur. Je suis l√†. Regarde, j’ai d√©j√† cette ficelle en raphia que je viens de faire un noeud coulant pour pouvoir l’attraper. Toi, tu prendras ce b√Ęton pour l’emp√™cher de fuir et alors il sera pris au pi√®ge ici m√™me. C’est le lieu id√©al pour l’attraper, je trouve… »

****

En effet, nous nous trouvions dans l’all√©e principale qui menait √† notre jardin avec des murs en vis √† vis.

Il y avait le haut mur de cl√īture qui se trouvait √† notre gauche et dont le dessus √©tait parsem√© de bris de verres (pour dissuader les voleurs de le franchir) ; quant √† notre droite, il y avait le mur de notre propre maison qui longeait notre all√©e ; o√Ļ se trouvait tr√®s pr√©cis√©ment notre « Grand L√©zard »…

Aussit√īt dit, aussit√īt fait,¬†nous d√©cid√Ęmes de mettre √† ex√©cution notre plan machiav√©lique…

****

Mon fr√®re r√©ussit tant bien que mal √† capturer l’√©trange animal en lui passant la corde au cou pendant que moi je tapais tr√®s fort sur le sol de l’all√©e avec mon b√Ęton afin qu’il ne puisse pas se frayer un passage et s’enfuir entre nos jambes.

Accul√© au mur de notre maison,¬†le l√©zard √©tait bel et bien pris au pi√®ge tandis que mon fr√®re √©tait en train de bien lui nouer le collier autour de son cou tout en veillant √† ne pas trop le lui serrer trop fortement afin que celui-√ßi n’en soit pas g√™n√©.

Enfin captur√©, notre troph√©e se trouvait √† pr√©sent √† l’int√©rieur de notre gloriette, en train de ne cesser de glisser sur le carrelage √† cause de ses pattes griffues qui n’adh√©raient pas bien √† la surface trop lisse de celui-√ßi. Il essayait en vain de courir pour pouvoir s’enfuir mais sans succ√®s…

Le grand l√©zard √©tait attach√© de mani√®re √† ce qu’il ne puisse pas s’enfuir de la gloriette pour aller dans le jardin mais il avait assez de laisse et suffisamment d’espace pour pouvoir marcher et se d√©gourdir les pattes.

Quelques temps plus tard,¬†√† force de glisser sur le carrelage, il commen√ßait √† se fatiguer et s√Ľrement √† r√©aliser qu’il n’arriverait pas √† se sauver.

C’est alors qu’il finit par se calmer et donc √† ne plus se rebeller ; ce qui nous perm√ģmes √† mon fr√®re et √† moi de pouvoir faire enfin, plus ample connaissance avec notre nouvel h√īte que nous avions d√©cid√© de baptiser : « L√©on ».

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Léon, le lézard géant :

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Petite parenth√®se : « Le Crotaphytus collaris » :

Le Crotaphytus collaris est une espèce de sauriens de la famille des Crotaphytidae.

Ce lézard atteint environ 30 centimètres (queue comprise). Il a une large tête, des membres bien développés avec des doigts longs et pourvus de griffes. Le corps est assez aplati et large.

Le Crotaphytus collaris poss√®de un collier noir autour du cou, caract√©ristique.¬†La t√™te du m√Ęle peut √™tre jaune ou orange vif. Le reste de la livr√©e est color√©e, avec une dominance de bleu azur, vert – gris, parsem√©e de taches jaunes ou gris√Ętres.¬†Cette livr√©e peut √™tre assez vari√©e selon les sous-esp√®ces.

La femelle pr√©sente en g√©n√©ral des couleurs plus ternes dans les bruns, sauf lorsqu’elle est en p√©riode de ponte, o√Ļ apparaissent des t√Ęches et des traits rouge-orang√© sur la gorge et le flanc.

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Cela faisait d√©j√† pas mal de jours que L√©on vivait chez nous dans notre gloriette et je dois bien avouer que mon fr√®re et moi avions commenc√© √† nous y attacher tr√®s fortement…

Pour ainsi dire,¬†il √©tait devenu la mascotte de la maison et m√™me si au d√©but nos parents n’√©taient pas tout √† fait d’accord sur le principe de sa captivit√©, ils finirent par nous laisser faire, vu que Maman connaissait parfaitement ce genre de jeu qu’elle avait pratiquait elle-m√™me durant sa jeunesse, sauf qu’√† la seule diff√©rence pr√®s, c’est qu’elle n’avait encore jamais gard√© en captivit√© un l√©zard mais plut√īt jouer avec eux…

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Au fil des jours qui passaient,¬†L√©on √©tait devenu tr√®s gentil et il aimait bien qu’on lui donne toutes sortes de nourritures : Des petits insectes tels que des vers de terre, des sauterelles, des mantes religieuses g√©antes (cela ne lui faisait pas peur de gober de tr√®s gros insectes vu que sa gueule √©tait d√©mesur√©e) que je chargeais bien volontiers mon petit fr√®re de les lui donner, vu que j’avais une trouille bleue de tous ces insectes et encore plus des mantes religieuses ! Quelle horreur !¬†

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Pour ma part, j’aimais bien lui donner des petites feuilles de salade que Maman me donnait lorsqu’elle faisait de la salade verte pour ses repas…

Bref, mon fr√®re et moi, nous occupions fort bien de notre petit L√©on…

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Et comme on l’avait attrap√© durant nos cong√©s de scolarit√©,¬†on prenait bien soin de lui d√®s le lever du matin jusqu’en fin d’apr√®s-midi. On adorait jouer avec lui, le nourrir ou encore le caresser…

Il est vrai qu’en ce qui me concernait,¬†je n’avais jamais os√© lui caresser la t√™te ou encore le ventre et je pr√©f√©rais de loin que ce soit mon petit fr√®re qui lui fasse ce genre de soin.

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Mais √ßa n’emp√™chait pas que je l’aimais bien notre l√©zard m√™me si celui-√ßi avait une t√™te un peu √©trange et qu’il ressemblait quelque peu √† un tyrannosaure rex de la pr√©histoire, certes en version miniature et en beaucoup moins f√©roce ou effrayant que l’original… Je le trouvais tout de m√™me assez mignon !

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Et ce fut donc durant pr√®s de 2 semaines que nous gard√Ęmes en captivit√© notre petit L√©on que nous aimions tant…

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Mais un jour, mon fr√®re et moi d√©cid√Ęmes qu’il fallait le remettre en libert√© car nous avions remarqu√© que de plus en plus, il y avait d’autres l√©zards de son esp√®ce qui venaient lui rendre visite par curiosit√© ou qui venaient lui chercher querelle…

Et comme il √©tait attach√© par une corde,¬†il ne pouvait pas bien se d√©fendre face √† ses d√©tracteurs qui n’h√©sitaient pas √† s’attaquer √† lui en le mordant, lui laissant au passage quelques vilaines petites cicatrices sur le corps…

De plus, mon fr√®re et moi n’√©tions pas non plus 24 h/24 √† le prot√©ger car nous avions aussi d’autres occupations et ce fut donc en parti √† cause de toutes ces raisons, que nous d√©cid√Ęmes un beau jour, de le rel√Ęcher afin qu’il redevienne libre comme il l’√©tait autrefois…

****

La liberté de Léon :

Ce jour l√†,¬†chose tr√®s rarissime¬†dans le domaine de nos amis les l√©zard, Monsieur L√©on ne voulait plus du tout nous quitter et ce malgr√© que mon fr√®re lui eut retir√© son collier…

Il s’√©tait trop habitu√© √† nous¬†et il restait plant√© l√†, √† nous regarder de ses petits yeux noirs en amande, comme s’il nous disait :

« Mais je ne veux pas partir ! Je veux rester avec vous ! S’il vous pla√ģt, laissez-moi avec vous ! Je vous aime bien, moi… »

Mon fr√®re et moi √©tions tr√®s tristes de le laisser partir mais on voulait vraiment qu’il retrouve sa libert√©…

Alors d’un geste de la main,¬†on lui faisait signe de s’en aller et on lui disait :

« Allez L√©on ! Il faut que tu partes maintenant. Tu verras, tu seras tr√®s heureux en libert√©. Allez, vas-y petit L√©on. Va retrouver ta libert√©. On ne t’oubliera jamais gentil petit L√©on…On t’aime, tu sais… »

Au bout d’un certain temps,¬†il inclina la t√™te comme s’il avait compris notre message puis il nous regarda pour la derni√®re fois de ses √©tranges petits yeux malicieux puis s’enfuya √† toutes pattes √† travers une des alv√©oles de notre mur de cl√īture qui donnait sur la plage…

Et hop ! en un rien de temps, il s’√©tait retrouv√© √† l’ext√©rieur de notre jardin, c√īt√© plage ; l’endroit m√™me o√Ļ tous ses amis les l√©zards de son esp√®ce, aimaient bien r√©chauffer leur corps au soleil et qui devaient tr√®s certainement l’attendre √† ce moment-l√†…

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Et voilà que notre ami Léon était bel et bien parti pour de nouvelles aventures.

Des aventures qui n’appartiendraient qu’√† lui…

D√©sormais, nous n’aurions plus jamais le plaisir et le privil√®ge de pouvoir observer notre petit l√©zard…

Mais c’√©tait notre souhait ! alors nous n’avions aucun regret √† ce sujet !

****

L√©on fut donc le seul et dernier des l√©zards de son esp√®ce √† √™tre rest√© en captivit√© chez nous et √©galement le seul √† √™tre observ√© de tr√®s pr√®s durant plusieurs jours…

****

Pour toutes celles ou tous ceux qui se demanderaient si un jour, mon fr√®re et moi √©tions tomb√©s par hasard sur notre petit L√©on ; la r√©ponse sera n√©gative…

L√©on avait quelques particularit√©s physiques telles que de longues balafres sur ses flancs ainsi qu’une t√™te bien sp√©cifique que l’on aurait pu reconna√ģtre entre mille parmi tous ses cong√©n√®res…

Non, notre L√©on ne revint plus jamais chez nous mais cela ne nous attrist√Ęmes pas ; bien au contraire, puisque nous nous disions qu’il devait sans doute couler des jours heureux ailleurs, avec ses amis(es) les l√©zards de son esp√®ce…

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C’√©tait l’histoire de L√©on, notre l√©zard g√©ant que je voulais absolument vous raconter car il faisait parti de l’un de mes plus beaux souvenirs pass√©s en Guin√©e lorsque j’avais 10 ans. Un √Ęge o√Ļ l’on est intr√©pide et que la d√©couverte est tr√®s enrichissante…

Une bien jolie d√©couverte

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Je me rappelle encore d’un souvenir lointain qui date depuis fort longtemps : en effet, je devais bien avoir 10 ou 11 ans…
Mais je m’en souviens encore comme si c’√©tait hier…

Ce jour là, je me trouvais dehors en compagnie de mon petit frère en train de jouer avec nos chats et nos chiens.
Nous attendions l’arriv√©e de notre p√®re qui ne devait pas tarder √† rentrer de son travail afin d’aller d√©jeuner en famille au restaurant chinois qui s’appelait : « Le Jardin Chinois » et qui se trouvait non loin de notre villa.

Soudain nous entend√ģmes le klaxon de notre voiture que je savais parfaitement reconna√ģtre entre mille.¬†C’√©tait Papa qui arrivait enfin de son travail.
Je regardais ma montre. Il était exactement 12H00 pile.
Mon p√®re gara le 4×4 dans l’all√©e qui menait √† notre jardin pendant que notre gardien de jour refermait les portes du portail.

Mon fr√®re et moi, nous pr√©cipit√Ęmes vers lui afin de lui dire bonjour et de l’embrasser chacun notre tour.

Puis mon fr√®re d√©cida d’aller v√©rifier le fameux QG de ses fourmis car √† cette √©poque l√†, je remarquai qu’il aimait beaucoup les observer et m√™me leur donner √† manger ; voire les prot√©ger de tous pr√©dateurs car je crois bien qu’il devait en √™tre r√©ellement passionn√© de ces insectes (une similitude que mon fr√®re avait avec notre Maman qui adorait, elle aussi, lorsqu’elle √©tait petite, jouer avec ces charmantes petites bestioles) par rapport √† moi qui pr√©f√©rait de loin : les chats.

Bref, pendant que mon petit fr√®re observait ses ch√®res fourmis en train de construire leur forteresse, moi je regardais mon p√®re du coin de l’oeil.

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Apr√®s que mon p√®re eut demand√© un verre d’eau glac√© au domestique qui se trouvait encore √† l’int√©rieur de notre maison en train de terminer son m√©nage et pendant que Maman se pr√©parait dans sa chambre pour s’appr√™ter √† sortir ; je ne pouvais m’emp√™cher de me dire rien qu’en regardant son visage qu’il avait d√Ľ s√Ľrement se passer quelque-chose aujourd’hui, car il me paraissait bien absent.

Je m’asseyais donc pr√®s de lui alors qu’il √©tait en train de boire son verre d’eau, tranquillement install√© sur le petit muret de notre gloriette qui √©tait situ√©e au centre de notre jardin puis je d√©cidai de lui poser la question qui me br√Ľlait les l√®vres :

« Papa, tu m’as l’air bien soucieux, il s’est pass√© quelque-chose ? on aurait dit que tu es un peu triste ? »

Papa me répondit avec un petit sourire :

 » Pourquoi tu me poses cette question ? Je vois que tu es toujours autant curieuse C√©cile… »

« Mais je vois bien que tu as l’air soucieux comme si tu avais fait quelque-chose…mais je sais pas quoi…Allez dis-moi…s’il te pla√ģt…s’il te pla√ģt »

« Mais je n’ai rien fait. Enfin, si…il y a quelque-chose. Tout √† l’heure lorsque je conduisais, j’ai failli √©craser un chat mais je ne sais pas vraiment si j’ai pu l’√©viter ou pas. Je ne sais pas du tout. Je pense peut-√™tre l’avoir √©vit√© mais maintenant je n’en suis plus si s√Ľr que √ßa…enfin bref, j’en sais rien du tout… »

« C’est vrai ?? Mais sur quelle route tu te trouvais ? »

« C’√©tait tout pr√®s de notre maison. Pas loin du tout, juste sur la route √† double sens qui est devant chez nous, l’avenue Madina Corniche »

« Mais alors, on devrait aller voir…Peut-√™tre que le chat doit √™tre toujours l√†…et s’il est bless√©, on pourrait le sauver. C’√©tait un chat, comment ? Comme nos 3 chats ? grands comme eux ? »

« Mais enfin C√©cile ! ce chat, m√™me s’il est encore vivant, il doit √™tre d√©j√† tr√®s loin. C’√©tait un petit chat. Enfin, je sais plus. Mais on ne va pas partir l√† pour aller chercher un chat. Oublie √ßa, surtout que Maman ne va pas tarder √† sortir pour qu’on aille au restaurant. Laisse tomber. Je sais que tu aimes les chats mais l√† je t’assure, √ßa sert √† rien du tout. Allez, laisse tomber. Je n’aurais pas d√Ľ t’en parler, d’ailleurs »

Je lui r√©pondis aussit√īt, avec un certain agacement dans la voix :

« Si ! il faut qu’on y aille ! ou alors j’irais voir sans toi mais je t’en prie, viens s’il te pla√ģt ! il faut se d√©p√™cher maintenant ! »

Je l’agrippai par le bras en le tirant fortement vers moi afin qu’il se l√®ve.

« Allez viens Papa ! »

Subitement, ne pouvant plus attendre, je me mis √† courir vers le portail et demandai au gardien de l’ouvrir afin que je puisse sortir.

Aussit√īt, mon p√®re courut derri√®re moi et cria :

« C√©cile ! Mais non ! o√Ļ vas-tu ? Reviens… »

Avant de sortir dans la rue, je lui dis de mon air le plus triste :

« Viens, on va juste aller voir Papa puis on revient. Je veux juste savoir qu’est-ce qu’est devenu ce chat… viens, s’il te pla√ģt… »

Puis mon p√®re me suivit et nous sort√ģmes ensemble dans la rue ; la fameuse avenue qui portait le nom de « Madina Corniche » pendant que le Gardien maintenait l√©g√®rement le portail entrouvert.

L’avenue grouillait de monde et il y avait un va et vient de voitures sur la grande route √† double sens.
Ici, c’√©tait loin d’√™tre le havre de paix de notre maison avec tous ces bruits assourdissants.

Soudain, j’aper√ßus √† ma droite, une femme Guin√©√®nne assez forte qui √©tait en train de faire griller des ma√Įs¬†au bord de la route (comme il en existe souvent ici, en Guin√©e) et qui venait de donner un magistral coup de pied dans l’arri√®re train d’un tout petit chat. Sans aucun doute un chaton.

Mais de l√† o√Ļ je me trouvais, je n’arrivais pas √† bien distinguer la sc√®ne alors je m’√©criai vers mon p√®re avec pas mal d’excitation dans la voix :

« Papa ! Papa ! Je viens de voir le chat ! Je suis s√Ľre que c’est celui que tu as failli √©craser ! C’est lui ! Viens ! La femme vient de lui donner un coup de pied ! Oh non ! Vite, il faut y aller ! »

Je courus tr√®s vite vers la femme Guin√©√®nne qui parut tr√®s surprise de me voir l√† ; sans doute qu’elle n’√©tait pas habitu√©e √† voir une petite fille « Blanche » qui √©tait en train de courir pour je ne sais quelle raison, sur cette avenue…

Puis la femme comprit et se mit à éclater de rire en regardant le petit chat qui fuyait.
Moi, de mon c√īt√©, en un clin d’oeil, j’avais aper√ßu la petite boule de poil de couleur tigr√©e rouquine qui courait en boitillant, vers une bouche d’√©gout.

Je courus tr√®s rapidement vers le chaton qui avait d√©j√† engouffr√© sa petite t√™te √† l’int√©rieur de l’√©gout (il avait pratiquement la moiti√© de son corps √† l’int√©rieur) puis d’un geste tr√®s rapide, j’attrapai sa queue et la tirait de toute mes forces vers moi afin que je puisse l’extirper de cet endroit si sale et puant.

Mais ce ne fut pas √©vident du tout car (ce n’est pas la meilleure mani√®re qu’il soit pour attraper un chat) le chaton √©tait non seulement tr√®s effray√© par le bruit de cette avenue si bruyante mais aussi par le sale coup de pied qu’il venait de re√ßevoir.

Mais je r√©ussis tant bien que mal √† l’attraper de justesse. A pr√©sent, je le tenais bien fermement dans mes mains afin qu’il ne puisse surtout pas s’√©chapper.
Il √©tait si fr√™le et si apeur√© qu’il tremblait de tout son corps dans mes bras.
Il me ragardait de ses petits yeux verts en amande et il ne cessait de cracher. Un vrai petit rebelle !

Minouchkaya :

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Voici Minouchkaya √† l’√Ęge adulte. Ici, elle se trouve au Tchad avec l’un de ses chatons.

Ce chaton √©tait tout mignon et il ressemblait √©trangement √† la chatte de ma Maman qui s’appelait « Minith » et qui √©tait tr√®s gravement malade.
Il ne cessait de me mordiller le bout des doigts et il sortait les griffes car il √©tait tr√®s apeur√©. Quoi de plus normal, vu qu’il n’avait plus confiance en l’√™tre humain et qu’il devait penser que je voulais sans doute, lui faire du mal.

Pourtant je ne cessai de le rassurer en lui murmurant des mots doux tout près de ses petites oreilles si pointues :

« Coucou, toi ! non, non et non, tu ne m’√©chapperas pas. Je te tiens tr√®s bien. Tu te rends compte que tu aurais pu t’enfuir dans cet √©gout si sale. Non, tu ne seras plus dans la rue. Tu es sauv√© maintenant ! Et on ne te fera plus de mal…Eh !! tu sais que tu ressembles beaucoup √† Minith ! Tu le sais mon joli chaton ? Aie ! Aie ! Mais tu oses me mordre et me griffer petit rebelle ! »

Je passai devant la femme Guin√©√®nne qui venait il n’y a pas si longtemps d’√©clater de rire. Elle me regarda d’un air incr√©dule et pointa du doigt le chaton que je tenais dans les mains puis me dit :

« Ah ! Tu as trouv√© le chat ! Il voulait manger mon ma√Įs alors j’ai tap√© lui…Mais lui, il n’a plus sa maman, je crois…Tu vas prendre lui ? »

Mon père qui se trouvait tout près de moi, lui répondit :

« Oui, on va garder le chat mais toi pas tr√®s gentille avec le chat… »

La femme lui répondit en riant :

« Ah ! missieu ! Oui pas gentille avec lui mais vous maintenant garder lui dans votre maison…C’est bon pour lui…Lui, tr√®s content maintenant… »

Apr√®s avoir dit au revoir √† cette femme que je n’aimais pas du tout,¬†mon p√®re et moi, nous rend√ģmes tr√®s vite chez nous, avec notre merveilleuse d√©couverte.
Mon petit fr√®re ne s’√©tait m√™me pas rendu compte de notre absence tellement il √©tait absorb√© par ses ch√®res fourmis !
Je vins vers lui et lui dit :

« Regarde Olivier, ce qu’on a trouv√© Papa et moi ! t’as vu ? C’est un petit chaton »

Olivier qui √©tait accroupi, se leva et regarda la petite boule de poil qui ne cessait de se contorsionner dans mes mains pour pouvoir s’enfuir.

« Wahou ! Mais vous l’avez trouv√© o√Ļ ? C’est vrai qu’il ressemble beaucoup √† Minith ! Il fait que cracher ! »

« C’est gr√Ęce √† C√©cile ! » dit mon p√®re. « Elle a tout fait pour qu’on aille retrouver le chat que je pensais avoir √©cras√© sur la route. Le chat √©tait toujours l√† mais √† un moment donn√©, il a failli s’√©chapper √† l’int√©rieur d’un √©gout. Heureusement que C√©cile √©tait l√† pour l’emp√™cher d’aller plus loin sinon on ne l’aurait plus jamais retrouv√© ! »

 » Wahou ! C’est vrai C√©cile ? Va vite le faire montrer √† Maman maintenant…Vite, d√©p√™che toi… »

Aussit√īt dit et aussit√īt fait. Je me retrouvai donc en un rien de temps √† l’int√©rieur de notre maison, faisant montrer √† Maman et √† notre domestique « Mamadou » notre jolie d√©couverte…
Mamadou dit en s’√©criant √† Maman :

« Madame ! Ce chat, il ressemble trop √† Minith ! C’est vrai, regarde Madame…Lui, trop beau comme Minith… »

Maman lui répondit :

« C’est vrai Mamadou ! Ce chaton ressemble vraiment beaucoup √† Minith ! Mais dis moi C√©cile, c’est un m√Ęle ou une femelle ? Il faudrait v√©rifier. Tu peux me le donner, s’il te pla√ģt ? Je vais voir si c’est une fille ou un gar√ßon »

Je tendis le chat √† ma m√®re puis celle-√ßi commen√ßa √† bien l’observer. Au bout de quelques secondes, elle nous dit √† moi et √† Mamadou :

« C’est bien une femelle ! ah ! Je suis vraiment contente. En plus, elle est tr√®s belle ! Elle a la m√™me couleur que Minith. Son pelage est tigr√©. Il faudra bien la laver car elle est tr√®s sale »

Et ce fut ainsi que « notre belle d√©couverte » devint notre jolie « Minouchkaya ».

Elle resta aupr√®s de nous durant des ann√©es et des ann√©es, voyageant √† nos c√īt√©s, traversant les fronti√®res et toujours en nous apportant beaucoup de joie et de bonheur. Et au cours de ces ann√©es, elle nous donna √©galement de bien jolies port√©es de chatons pour notre plus grand plaisir.

Cette jolie petit rouquine aux yeux verts fut un v√©ritable don du ciel car elle rempla√ßa pour ainsi dire notre si douce Minith qui √©tait atteinte (√† cette √©poque l√†) d’un cancer g√©n√©ralis√© et qui mourut quelques temps plus tard, apr√®s que l’on eut d√©couvert Minouchkaya.

Maman pleura beaucoup Minith car elle l’adorait plus que tout mais elle pressentait aussi depuis pas mal de temps qu’elle aurait eu une autre chatte qui aurait √©t√© sa r√©plique exacte mais en plus costaude et que sa rempla√ßante aurait v√©cue bien plus longtemps qu’elle…

Tout cela pour vous dire que ce jour l√† o√Ļ j’avais bien observ√© mon p√®re ; et bien, je pense que c’√©tait un jour b√©ni des Dieux car gr√Ęce √† moi, je donnais √† ma douce Mamounette, l’opportunit√© et le bonheur d’avoir une seconde petite Minith…

Et qui sait ? Peut-√™tre que c’√©tait tout simplement la r√©incarnation de Minith et que c’√©tait la providence qui nous l’apportait comme √ßa, afin d’apaiser la perte de notre regrett√©e Minith, par je ne sais quel miracle de la vie…

Un bien joli miracle et une bien jolie anecdote que je souhaitais absolument vous raconter…