Cat矇gorie : Chapitre 4 : La faille

Voici le quatri癡me chapitre : « La faille » de « La derni癡re danse de la lune »

La derni癡re danse de la lune : Chapitre 4 : La faille

la derniere danse de la lune

 

« Oups ! 癟a devait arriver ! Attendez je vais en allumer une autre » s’empressa de dire Tamara.

En effet, les bougies n’avaient eu de cesse de se consumer et on voyait pr矇sent un amas de cire blanche biscornu qui s’矇tait form矇 sur chacun des deux socles.

C’矇tait le t矇moignage du temps qui avait pass矇 se dit Elisa en regardant Tamara qui 矇tait d矇j en train d’allumer la m癡che d’une autre bougie l’aide de son fameux briquet provenant de l’H繫tel Paradise Beach.

Elle venait de prendre une autre bougie l’int矇rieur d’undes tiroirs du bas de l’armoire et avait bien pr矇cis矇 qu’il y en avait encore tout un stock entier et que si jamais l’une d’elles venait nouveau s’矇teindre, elles n’auraient aucun souci se faire de ce c繫t矇 l.

« Tant mieux ! » s’矇tait dit Elisa dans son for int矇rieur car les bougies lui procuraient un certain r矇confort qu’elle n’矇tait pas encore pr礙te voir dispara簾tre et surtout pas en cette longue nuit interminable.

Elle aimait bien sentir cette odeur de bougie qui br羶le. Cette effluve si particuli癡re qui envahissait toute la pi癡ce, lui rappelant de lointains souvenirs de son enfance.

Oui, de biens jolis instants qu’elle aurait bien aim矇 pouvoir un jour raconter l’homme de sa vie ainsi qu’ ses futurs enfants car elle comptait bien se sortir de cette impasse…

A force d’attendre dans cette cabane, elle avait retrouv矇 en elle un nouvel espoir ; sans doute gr璽ce la pr矇sence de Tamara qui avait r矇ussi d矇tendre l’atmosph癡re par ses multiples et diverses questions.

Et plus que jamais, elle voulait retourner sa vie d’avant et vivre sa continuit矇.

En tous les cas, il 矇tait hors de question que son destin ne se termine de mani癡re tragique et qui plus est dans une 簾le perdue, 矇loign矇e de tout.

Non, pas question ! et m礙me si cet individu 矇tait l, tapi quelque part dans le noir de cette for礙t lugubre, elle 矇tait fermement d矇cid矇e tout faire pour d矇jouer ses pi癡ges car elle avait en elle cette rage de vivre !
Et m礙me si le pire devait arriver, elle ne flancherait pas car son ma簾tre mot 矇tait inlassablement le m礙me « VIVRE ».

« Vivre ou survivre » se dit-elle tout en regardant les deux longues flammes des bougies qui dansaient gaiement au moindre mouvement de l’air, faisant appara簾tre leurs ombres chinoises d矇mesur矇es sur un pan du mur en bois de la cabane.

****

21H00. A l’int矇rieur de la cabane, les deux jeunes femmes tuaient le temps en discutant de tout et de rien.

Soudain, le hululement strident d’une chouette vint troubler leurs conversations.

Et en juger le son qui 矇tait tout proche, le rapace nocturne devait probablement se trouver non loin de la cabane, juch矇 sur une des branches des nombreux arbres qui l’entouraient.

C’矇tait bien la premi癡re fois qu’Elisa entendait ce type de son en direct. Biens羶r, comme tout le monde elle l’avait d矇j entendu la t矇l矇vision, dans certains films d’angoisse mais de l l’entendre d’aussi pr癡s et si clairement, c’矇tait totalement diff矇rent.

Dans d’autres circonstances, sa curiosit矇 l’aurait emport矇e et elle n’aurait pas h矇sit矇 une seule seconde sortir dehors et ce, m礙me en pleine nuit pour aller voir la fameuse chouette ou le hibou.

Tiens, c’est vrai 癟a ! se demanda t-elle subitement. S’agissait-il d’une chouette ou d’un hibou ? Elle n’avait jamais su les distinguer tant ils se ressemblaient beaucoup en apparence. Pourtant, en regardant un jour un documentaire t矇l矇vis矇 sur ces 矇tranges oiseaux, elle avait appris qu’on pouvait les reconna簾tre gr璽ce la sp矇cificit矇 de leur t礙te.

En effet, le hibou avait de petites touffes de plumes de chaque c繫t矇 de celle-癟i que l’on appelait « aigrettes » tandis que la chouette n’avait rien de semblable.
Elisa se massa la tempe droite. Comment pouvait-elle songer ce documentaire l’heure actuelle ?

Soudain, comme pour la rappeler l’ordre, le rapace nocturne se mit nouveau hululer.

Nerveusement, elle se mordit la l癡vre inf矇rieure pendant que Tamara, elle de son c繫t矇, semblait 礙tre la recherche du fameux cri d’oiseau, en tournant lentement sa t礙te de gauche droite.
Elisa ferma les paupi癡res pour humecter ses yeux tellement ils 矇taient secs et les rouvrit presque aussit繫t lorsqu’elle entendit une troisi癡me fois le hululement strident de la chouette.

D’un geste machinal, elle regarda sa montre : il 矇tait exactement 21H30.

On aurait dit que le temps faisait expr癡s de se rallonger se dit-elle tout en se mordillant l’ongle de son pouce droit. Elle commen癟ait s矇rieusement en avoir marre de cette attente interminable et souhaitait d矇j 礙tre au lendemain.

« Vous entendez la chouette qui hulule ? » dit subitement Tamara en la fixant de ses grands yeux noirs brillants.

« Oui » r矇pondit Elisa.

« J’ai toujours trouv矇 cet oiseau fascinant »

« Fascinant ? et en quoi ? »

« Eh bien, d矇j il est nocturne, un peu comme la chauve-souris et il ne chasse que la nuit. Ensuite, j’aime bien lorsqu’il hulule. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve que ces oiseaux ont un c繫t矇 myst矇rieux. En fin de compte, ce sont des solitaires. Par contre, je n’ai jamais su diff矇rencier la chouette du hibou. Et vous ? Vous connaissez leurs diff矇rences ? »

Elisa n’avait pas trop envie d’aborder le sujet de ces volatiles qui contrairement Tamara, ne les trouvait pas autant fascinants que 癟a, alors pour couper court la conversation, elle lui r矇pondit :

« Non, je n’en sais rien du tout »

« Vous semblez agac矇e Elisa. A moins que je ne me trompe ? » dit-elle en la scrutant avec un petit sourire en coin.

« Oui d矇sol矇e, je suis un peu 矇nerv矇e par le temps qui passe mais ne faites pas attention mon humeur, c’est passager »

« Vous en avez marre d’attendre ? » questionna Tamara en accentuant davantage son demi-sourire qui semblait moqueur.

« Oui. J’aurais pr矇f矇r矇 qu’il fasse d矇j jour. C’est tellement insupportable d’attendre comme 癟a »

« Pour combien de temps d矇j deviez vous s矇journer dans cette 簾le ? » demanda Tamara en lissant sa longue queue de cheval brune.

« Justement, c’est pourquoi je suis tant impatiente. Je ne devais rester ici que deux jours et une nuit. Normalement, demain apr癡s-midi j’矇tais cens矇e quitter Diamond dans les alentours de 15H00 »

« Mais c’est une bonne nouvelle 癟a ! s’矇cria Tamara dans un large sourire.

« Oui, c’est vrai. Mais je trouve que c’est encore trop loin »

« Oui, certes. Mais lorsqu’ils s’aper癟evront que vous ne reviendrez toujours pas ; enfin je veux parler de l’h繫tel o羅 vous s矇journiez. Je suis certaine qu’ils enverront des secours. Vous ne pensez pas ? »

Elisa n’avait eu de cesse de penser d矇j ce sc矇nario mais le temps semblait se rallonger avant d’en arriver un tel cas de figure.

« Oui, vous avez sans doute raison » dit-elle. « De plus, je dois obligatoirement figur矇e dans leurs registres ainsi que dans leurs bases de donn矇es informatiques »

« Eh oui ! » s’empressa de rajouter Tamara. « Il faut donc toujours garder espoir et se dire que 癟a aboutira forc矇ment dans ce sens. Ils viendront donc nous chercher ! »

« Et nous quitterons enfin cet endroit de malheur ! » s’exclama Elisa en tapant du poing sur la table.

« Exactement ! » rench矇rit Tamara en souriant. « Vous voyez bien. Tout finira par s’arranger »

« J’aimerais tant revoir ma famille. Mes chers parents » dit Elisa en soupirant.

« En ce qui vous concerne, l’avenir est devant vous ma ch癡re Elisa. Vous avez de la chance d’avoir une famille qui attendra votre retour. Moi, je ne sais pas ce que je deviendrai. Je n’ai aucune famille. J’ai perdu mon mari. On venait peine de se marier. A croire que cela ne devait pas durer… » dit-elle m矇lancoliquement.

C’矇tait un fait ind矇niable, le retour de Tamara Epic矇a serait bien diff矇rent du sien. Sa situation 矇tait beaucoup plus plaindre…

« Je suis vraiment d矇sol矇e Tamara »

« Non c’est moi. Je ne devrais pas parler comme 癟a. Ce n’est pas de votre faute. C’est juste que je suis devenue am癡re » dit-elle, les yeux dans le vague, en regardant les flammes danser avec fr矇n矇sie.

Subitement, Tamara venait de changer de comportement et semblait ailleurs comme si elle 矇tait perdue dans de lointains souvenirs si bien qu’Elisa se demanda si elle n’avait pas commis une maladresse en lui faisant part de son souhait de revoir sa famille.

Tamara avait perdu l’homme de sa vie et vu la mani癡re touchante dont elle en avait parl矇 lors de leurs nombreuses conversations ; il 矇tait certain qu’elle resterait longtemps inconsolable. En plus, selon ses dires, elle n’avait plus aucune famille pour l’aider lorsqu’elle reviendrait Epic矇a. Elisa voulut la questionner ce sujet.

« Tamara ? 癟a va aller ? » demanda t-elle avec inqui矇tude.

« Oui 癟a ira Elisa. C’est juste un petit passage vide »

« Vous m’avez dit tout l’heure que vous n’aviez plus de famille. Je me demandais si vous vouliez un peu en parler. A moins que… »

« Non, 癟a ne me d矇range pas d’en parler. J’ai perdu mes parents lorsque j’avais 25 ans. Ils sont morts dans un grave accident de voiture. J’矇tais leur seule enfant et ils n’avaient aucun liens familiaux de leurs c繫t矇s. Heureusement, lorsque ce drame 矇tait arriv矇, j’矇tais d矇j ind矇pendante et j’habitais dans un petit appartement du centre-ville avec un travail bien r矇mun矇r矇 alors ce ne fut pas si difficile pour moi de m’en sortir toute seule question finances. Par contre, j’矇tais rong矇e de l’int矇rieur cause de leur disparition si brutale et longtemps j’矇tais rest矇e inconsolable. Et un tel point que je fus oblig矇e d’aller voir une psychologue 6 mois apr癡s leur mort »

« Oh ! je suis vraiment navr矇e Tamara. La perte tragique de vos parents. Toute cette souffrance. Vous avez d羶 vivre un v矇ritable calvaire. Et maintenant la mort de votre mari. Je suis tellement confuse. Vous auriez d羶 m’en parler avant… »

« Non, je n’aurais pas pu vous en parler avant Elisa. Je pr矇f癡re bien mieux le faire maintenant. Je vous fais beaucoup plus confiance. C’est pourquoi j’ose me d矇voiler davantage »

« Je comprends. Vous n’avez pas eu une vie facile… »

« D矇trompez-vous. Deux ans apr癡s la mort de mes parents, je rencontrais Juanes, l’homme de ma vie. Puis vous connaissez la suite… »

« Mais lorsque vous avez rencontr矇 votre mari, il n’avait pas de famille, lui non plus ?

« Mais si, il en avait une. Ses parents 矇taient si charmants et si gentils. Je me rappelle encore d’eux, lorsqu’ils m’avaient invit矇e dans leur grande et si belle maison Epic矇a. Ils m’appr矇ciaient beaucoup vous savez et ils me consid矇raient comme leur fille. Mais h矇las, quelques mois plus tard, le p癡re de Juanes mourut brusquement d’une crise cardiaque. Juanes 矇tait effondr矇 mais heureusement que j’矇tais l pour le soutenir. Puis vint le jour le plus important de ma vie : notre beau mariage du 15 d矇cembre de l’ann矇e derni癡re. La m癡re de Juanes 矇tait pr矇sente lors de la c矇r矇monie mais elle 矇tait d矇j tr癡s malade. Quelques semaines apr癡s, elle mourut d’un cancer de la gorge. Mais avant de mourir, elle m’avait confi矇 que son souhait avait 矇t矇 exauc矇 : celui d’avoir pu assister au mariage de son unique enfant et qui plus est avec une femme telle que moi car elle me disait souvent que son fils avait enfin trouv矇 la perle rare. Je n’oublierai jamais ces paroles qu’elle m’avait adress矇es avant de s’矇teindre. Ce fut pour moi, l’un des plus beaux t矇moignages d’amour qu’elle ait pu me faire » dit-elle d’un air triste en 矇tant accoud矇e sur la table, sa joue droite reposant dans le creux de sa main.

Quelques secondes apr癡s, elle ajouta dans un profond soupir :

« Ah oui ! et j’allais oublier de vous dire aussi que les parents de mon mari n’avaient pas de liens familiaux tout comme les miens »

« C’est vraiment triste tout ce que vous venez de me raconter Tamara… »

« Oui c’est vrai. Mais que voulez-vous ? C’矇tait mon destin de ne jamais 礙tre heureuse bien longtemps. Par contre, je n’aurais jamais cru qu’on m’aurait arrach矇 le coeur en tuant mon mari alors que nous 矇tions en voyage de noces. Il 矇tait tellement tout pour moi. J’avais v矇cu de si belles choses avec lui. Mais l encore, cela ne devait pas durer. Je pense que je dois 礙tre maudite par ce fichu destin » dit-elle en ayant peu peu les yeux qui s’embu癡rent de larmes.

« Je suis tellement d矇sol矇e Tamara. Vous n’礙tes pas maudite. Il ne faut pas que vous pensiez 癟a »

« Pourtant, c’est ce qu… »

Tamara ne pu terminer sa phrase. A pr矇sent, les larmes coulaient abondamment sur ses joues sans qu’elles puissent les arr礙ter.

Elisa 矇tait impuissante face son immense chagrin. Elle la regardait avec beaucoup de compassion ne sachant quoi lui dire pour pouvoir soulager sa peine. Cette femme avait v矇cu tellement de drames dans sa vie. Et maintenant, l’assassinat de son mari. Plus d’une personne aurait sombrer sa place…

Comment aider une personne dans le d矇sarroi qui a tout perdu dans sa vie ? Quel espoir lui redonner ? Elisa h矇sita un instant puis se lan癟a :

« Vous savez, c’est normal ce que vous ressentez. Vous avez le contrecoup pr矇sent. Mais n’oubliez pas que nous sommes devenues amies. Et d癡s que nous serons de retour Epic矇a, croyez-moi, vous ne serez pas seule. Je serais l pour vous »

Tamara releva la t礙te et regarda Elisa. Ses grands yeux noirs en amande 矇taient rougi force d’avoir pleur矇. Elle essuya ses larmes avec le dos de sa main.

« Vous serez l pour moi ? » dit-elle la voix un peu enrou矇e.

« Oui. Et c’est tout fait normal. Nous sommes amies maintenant et je vous aiderai »

« Merci Elisa. Vous 礙tes si gentille avec moi »

« Et je vous le r矇p癡te encore. Vous ne serez pas seule. Je vous le promets » dit Elisa dans un large sourire afin de lui remonter le moral.

A pr矇sent, Tamara semblait un peu plus apais矇e alors Elisa en profita pour changer de sujet.

« Heu…Je saute un peu du coq l’璽ne mais n’auriez-vous pas une petite faim ? 癟a pourrait peut-礙tre vous faire du bien de manger quelque-chose. Il me reste encore quelques pains aux raisins dans mon sac, si vous voulez »

« Oui je veux bien, merci » dit Tamara en se frottant les yeux. « Auriez-vous aussi un peu d’eau ? Je ne sais pas pourquoi mais j’ai la gorge tr癡s s癡che » ajouta t-elle.

« Oui, attendez. Je vais chercher tout 癟a dans mon sac »

Elisa se leva de table et commen癟a fouiller l’int矇rieur de son sac de plage qui reposait sur le plancher, juste en dessous de la petite fen礙tre un ventail.

Quelques secondes apr癡s, elle revint et d矇posa sur la table le paquet de petits pains aux raisins entam矇. Avant de se rasseoir, elle tendit Tamara la canette de jus d’orange Minute Maid qu’elle avait jusqu’alors, bien conserv矇e dans son sac.

« Tenez, j’ai cette canette de jus d’orange si vous voulez, sauf qu’elle est chaude maintenant. On pourrait se la partager. 癟a nous donnerait un peu de tonus. A moins que vous pr矇f矇rez boire de l’eau pour accompagner vos pains aux raisins ? »

« Vous aviez cette canette de jus d’orange dans votre sac ? » s’exclama Tamara quelque peu interloqu矇e. « Wahou ! J’avoue que vous m’impressionnez vraiment Elisa ! Eh bien ce sera avec grand plaisir que je boirai ce jus d’orange avec vous. Et peu importe qu’il soit chaud ! En tout cas, je vois que vous avez beaucoup de choses int矇ressantes l’int矇rieur de votre sac de plage. C’est une vraie mine d’or ! »

Soudain, elle se mit rire aux 矇clats. Elle essaya tant bien que mal de se contr繫ler en plaquant sa main droite sur la bouche afin d’矇touffer son rire nerveux mais n’y arriva pas. Il devenait de plus en plus tonitruant et filtrait ais矇ment travers ses doigts.

« Ah ! Ah ! Ah ! » pouffa t-elle sans pouvoir s’arr礙ter. « Excusez-moi Ah ! Ah ! Ah ! Elisa ! Ah ! Ah ! Mais je dois bien…Hi Hi…avouer que…Ah ! Ah! Ah !… »

Le rire de Tamara 矇tait tr癡s communicatif alors Elisa n’y r矇sista pas plus longtemps et commen癟a rire son tour. Elle se surprit m礙me s’amuser de la situation en imitant la voix d’une personne tr癡s snob.

« Que voulez-vous ma ch癡re. J’ai absolument tout dans mon sac. Une vraie caverne d’Ali Baba.D’ailleurs, il est assez lourd et quelque peu encombrant mais il est vraiment indispensable ! Si, si, je vous assure. Je dirais m礙me que c’est un sac essentiel qu’il faudrait toujours avoir avec soi » dit-elle d’une voix moqueuse et enjou矇e.

Sur sa chaise, Tamara continuait toujours se tordre de rire, en se tenant le ventre et en pointant du doigt le fameux sac qui la rendait si hilare.

Elisa riait 矇galement. Elle rel璽chait enfin la pression et cela lui faisait le plus grand bien.

Il est vrai que c’矇tait une chose qu’elle n’avait plus jamais fait depuis un certain temps. Depuis qu’elle 矇tait tomb矇e sur Tamara…

****

22H30. Il faisait nuit noire dans la for礙t de Diamond et l’apparition d’un petit vent frais fit fr矇mir les feuilles des hauts arbres environnants.

La chouette qui 矇tait juch矇e sur la plus haute des branches de l’un d’eux, tourna la t礙te en direction de la cabane puis secoua ses ailes un instant avant de rester totalement immobile, les paupi癡res closes.

Pendant ce temps l, l’int矇rieur de la cabane, les deux jeunes femmes ne dormaient toujours pas. Sans doute d羶 la vitamine C du jus d’orange qu’elles venaient de boire goul羶ment il y a peine une heure et ce, jusqu’ la derni癡re goutte.

Elisa soupira fortement. C’矇tait une v矇ritable torture d’attendre inlassablement. Oui une vraie goutte chinoise qui commen癟ait lui vriller nouveau le cerveau.

Rire, lui avait fait peut-礙tre le plus grand bien tout l’heure mais pr矇sent, la ritournelle de l’attente interminable faisait nouveau son apparition, la tuant petit feu.

Soudain, Tamara brisa le silence tel un couperet.

« J’ai une envie pressante » annon癟a t-elle. « Il faut absolument que j’aille au petit coin »

Elisa fron癟a les sourcils et fut prise de panique l’id矇e de devoir r矇ouvrir la porte de la cabane. Finalement, elle regrettait d矇j de s’礙tre plainte de l’attente interminable.

« Mais il fait nuit noire dehors ! » s’矇cria t-elle sur le ton de la d矇fensive. « Comment allez-vous faire ? Et le cingl矇 qui est peut-礙tre l nous observer et attendre justement qu’on lui ouvre la porte »

« Je le sais bien Elisa. Mais je ne pourrais vraiment pas attendre. Je dois absolument y aller… »

« Mais vous ne pouvez pas aller dehors. Ce ne serait vraiment pas prudent. Ni pour vous, ni pour moi » r矇torqua t-elle.« Attendez, il doit s羶rement y avoir un seau o羅 v… »

« Non ! » coupa brutalement Tamara. Il n’y a aucun seau ici et pas m礙me l’int矇rieur de cette armoire. Et je sais de quoi je parle »

« Ok ! ne vous 矇nervez pas ! » dit Elisa un peu surprise par le ton que venait d’employer Tamara.

« D矇sol矇e Elisa » dit-elle en se radoucissant aussit繫t.

« C’est rien. De toute fa癟on, ce genre de d矇sagr矇ment nous serait t繫t o羅 tard arriv矇, n’est-ce pas ? »

« Oui. De toute fa癟on je ne pourrais jamais me retenir et faire 癟a ici. Jusqu’ pr矇sent, on s’en est plut繫t bien sorti vous et moi. Alors voil. Ecoutez-moi bien. Dehors, il y a une cabine de toilette qui se trouve juste derri癡re la deuxi癡me cabane et qui peut se fermer clef. Il suffit que j’y aille vite en faisant attention puis je reviendrai sans tarder. Je suis certaine que j’y arriverai »

Elisa 矇tait perplexe mais finit par acquiescer.

« Ne vous inqui矇tez pas Elisa. Tout ira bien »

« Mais alors, il faudrait vous munir de quelque-chose pour pouvoir vous d矇fendre au cas o羅 cet individu serait dans les parages ! » ajouta t-elle.

« Oui vous avez raison. Attendez que je r矇fl矇chisse »

Tamara regarda autour d’elle puis s’attarda sur le balai brosse qui 矇tait appuy矇 contre le mur de gauche de la cabane.

« Voil ! j’ai trouv矇 ce qui pourrait convenir » s’exclama t-elle. « Je d矇visserai le manche de ce balai brosse et comme 癟a le tour sera jou矇. Il deviendra alors une arme pour pouvoir me d矇fendre si jamais l’autre cingl矇 voulait m’attaquer »

****

Quelques minutes plus tard, Tamara d矇tenait un manche balai qui ferait office d’arme si jamais Philippo venait l’agresser au moment o羅 elle se retrouverait dehors.

« Vous pensez que 癟a suffira ? » dit Elisa nouveau perplexe.

« Oui, 癟a ira. Le manche a l’air tr癡s costaud. C’est du solide ! Il est en bois. Par contre il me faudrait votre lampe de poche sinon je n’y verrai strictement rien dans le noir »

L’espace d’un instant, Elisa h矇sita lui pr礙ter sa lampe de poche mais se dit que Tamara en aurait bien plus besoin qu’elle surtout dans cette for礙t lugubre…

Sans plus attendre, elle se pr矇cipita pour aller la chercher l’int矇rieur de son sac.

Tout en fouillant dans ses affaires, elle aper癟ut au fond du sac, le mouchoir en tissu fleuri qui dissimulait l’int矇rieur, le fameux couteau Suisse que son p癡re lui avait offert pour son anniversaire.

En une fraction de seconde, elle fut tent矇e de le dire Tamara mais se ravisa aussit繫t.

En effet, en lui donnant sa lampe de poche, il fallait bien qu’elle ait au moins avec elle de quoi se d矇fendre si jamais elle aurait un 矇ventuel probl癡me durant son absence. En r矇fl矇chissant ce cas de figure, Elisa pr矇f矇ra donc se taire et cacher l’existence de son arme Tamara m礙me si au fond d’elle, elle savait que ce n’矇tait pas tr癡s honn礙te de sa part…

Vite, elle prit alors la lampe de poche puis referma le clip de son sac.

« Tenez, prenez ma lampe de poche Tamara ! et surtout ne tardez pas pour revenir »

« Oui, je ferai vite ! Ne vous en faites pas ! Et surtout, il faudra bien refermer la porte clef derri癡re moi lorsque je sortirai »

« Oui, compris » dit Elisa avec contrari矇t矇.

Tamara 矇tait en train de refaire sa queue de cheval tout en souriant Elisa.

« Je vois bien que vous 礙tes tr癡s inqui癡te Elisa mais je reviendrai » dit-elle en terminant de nouer sa longue chevelure brune.« Vous savez, je ne suis pas une personne qui se laissera faire si jamais cette ordure s’en prenait moi. Je me battrai, croyez-moi ! »

« Oui, je le sais bien mais… » balbutia Elisa en se tenant nerveusement les deux mains.

« Tout se passera bien. Faites moi confiance » ajouta t-elle d’un ton rassurant.

Subitement Elisa r矇alisa qu’elle allait se retrouver toute seule ici. Et si jamais le tueur s’en prenait Tamara. Mon Dieu, elle s’en voudrait de ne pas lui avoir dit qu’elle d矇tenait une arme l’int矇rieur de son sac.

Soudain, elle eut honte de son comportement…

Pourtant, elle avait encore la possibilit矇 de se rattraper mais les mots ne sortirent pas de sa bouche au moment o羅 Tamara lui tournait d矇j le dos en marchant d’un pas d矇cid矇 vers la porte…

****

Tamara se tenait pr矇sent devant la porte d’entr矇e, arm矇e de son manche balai la main droite et munie de la lampe de poche d’Elisa la main gauche.

« Ouvrez-moi s’il vous pla簾t ! Allez ! J’y vais maintenant Elisa ! Et surtout fermez bien la porte derri癡re moi ! »

Lorsqu’Elisa lui ouvrit la porte, il faisait tellement nuit noire dehors que c’矇tait pratiquement impossible de distinguer quoi que ce soit mais d癡s lors o羅 Tamara enclencha la lampe de poche, tout le devant de l’矇paisse for礙t fut si bien 矇clair矇e, qu’on pouvait aper癟evoir les branchages des hauts arbres se pencher machiav矇liquement vers l’avant de la cabane, telles de grandes griffes ac矇r矇es, rendant encore plus terrifiante la v矇g矇tation qui les entourait.

Tamara se retourna et lui jeta un bref regard accompagn矇 d’un petit sourire qui voulait dire qu’elle reviendrait au plus vite.

La lourde porte en bois se referma alors derri癡re elle, laissant place un vent l矇ger et froid qui vint s’engouffrer sournoisement l’int矇rieur de la cabane et travers le fin tissu de la tunique que portait Elisa, la faisant aussit繫t frissonner de tout son corps.

Vite, sans plus attendre elle tourna deux tours de clef dans la serrure et resta debout fig矇e regarder fixement la porte d’entr矇e.

Pourvu que tout aille bien se dit-elle avec beaucoup d’anxi矇t矇, tout en froissant avec nervosit矇 le pan de sa tunique…

****

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